House Proceedings — 26 February 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-02-26
Quebec — Debates (Hansard)
m'étais fait un devoir de travailler pour les résidents de l'Île-des-Soeurs
afin qu'ils puissent bénéficier dans les meilleurs délais de services de
santé à proximité, notamment pour les aînés et les jeunes familles. Une
réalisation comme celle-ci, c'est une
victoire pour les citoyens et les citoyennes, et c'est ce qui me motive chaque
jour. Chers Verdunois, chères Verdunoises, comptez sur moi pour qu'on
puisse ensemble continuer à réaliser nos projets collectifs.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Merci. La prochaine déclaration à M. le député de
La Prairie.
Dubé : Alors, M. le Président, j'aimerais souligner aujourd'hui la
présence de deux classes, deux classes de cinquième année de l'école de
la Petite-Gare, à La Prairie, et de leurs professeures, Mmes McCann et
Girard.
En septembre dernier,
lors de la campagne électorale, ces deux enseignantes ont fait un projet sur la
politique québécoise afin de faire découvrir
à leurs élèves notre système démocratique. Pendant quatre semaines, les élèves
ont découvert les différents partis politiques, leurs chefs, les
candidats de leur comté et les programmes électoraux, et plusieurs ont
accompagné leurs parents dans les bureaux de vote.
L'initiative des professeurs aura sans doute
suscité un intérêt pour la politique auprès de leurs élèves, d'où leur présence
aujourd'hui. Souhaitons que cette
visite à l'Assemblée nationale soit une source d'inspiration et qu'elle amène
nos jeunes visiteurs à devenir des électeurs informés et, qui sait,
peut-être un jour siéger à l'Assemblée nationale. Merci pour votre visite. Merci
beaucoup.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Bienvenue à l'Assemblée nationale.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée
de Maurice-Richard.
Montpetit : Merci beaucoup, M. le Président. Vendredi dernier, la
planète s'est invitée au collège Regina Assumpta, une école de ma circonscription. Ce sont plus de
750 élèves du primaire et du secondaire qui se sont réunis pour
discuter d'environnement.
veux profiter de l'occasion, M. le Président, pour m'adresser à eux aujourd'hui
et féliciter tous ces élèves. C'est vraiment
inspirant de les voir se mobiliser à trouver des solutions pour rendre les
écoles du Québec plus vertes. Je veux les féliciter pour leur audace et pour
leur volonté d'éduquer, de mobiliser et de transformer les écoles du Québec
en écoles écoresponsables. C'est avec des initiatives comme celle-ci que nous
pouvons tous et chacun faire une différence pour préserver notre environnement
et lutter contre les changements climatiques.
terminant, M. le Président, je souhaite féliciter le collège Regina Assumpta,
tous ceux et celles qui ont rendu cet
événement possible et surtout tous les élèves qui se sont mobilisés pour
trouver des solutions concrètes à un enjeu qui nous préoccupe tous.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le député
de Maskinongé.
Allaire : M. le Président, aujourd'hui, je vous présente un jeune homme incroyable de
Saint-Paulin, l'une des 17 municipalités de la MRC de Maskinongé. Lucas Paquin-Bellemare, 16 ans, ira
représenter le Canada au Championnat du monde de taekwondo ITF
qui se tiendra en Allemagne en avril prochain.
Malgré
son jeune âge, Lucas est déjà un athlète de haut niveau. Il a remporté, en 2016,
la médaille d'argent lors de la Coupe du monde de Hongrie.
Afin
d'exceller dans ce genre de sport, il faut, bien sûr, être bien entouré. C'est pourquoi je lève aussi mon chapeau,
aujourd'hui, aux parents de Lucas, Lise
Bellemare et Mario Paquin, au club de taekwondo de Saint-Étienne-des-Grès,
qui lui a permis de se réaliser, ainsi qu'à toute la communauté de Saint-Paulin
et de ses environs, qui le soutiennent activement depuis de nombreuses années.
Bravo!
plus, pas plus tard qu'il y a trois jours, à la Coupe du monde du Québec, notre
sportif a remporté la médaille d'or.
route vers le championnat du monde, qui s'en vient à grands pas, c'est tous
ensemble, Lucas, que nous te disons : Bonne chance, champion! On
est avec toi puis on est fiers de toi.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le député de
Bonaventure.
M. Roy :
Merci, M. le Président. J'ai le plaisir de souligner le courage et la
détermination d'un citoyen de Port-Daniel—Gascons, M. Martin Parisé.
Martin Parisé est
atteint de paralysie cérébrale, mais cela ne l'a jamais empêché d'exceller dans
différentes disciplines sportives. Que ce soit
en athlétisme, en paracyclisme ou lors d'un marathon, Martin ne ménage aucun
effort.
Récemment,
il a participé au championnat de paracyclisme de Floride, où il a décroché
trois médailles et terminé deuxième
au cumulatif de la fin de semaine. La saison de l'athlète gaspésien sur le
circuit national débutera en mai avec le Défi sportif sur le Circuit
Gilles-Villeneuve à Montréal.
Merci,
M. Parisé, de nous montrer ce qu'est le courage et la détermination, vous êtes
un exemple à suivre. Bonne chance pour atteindre votre rêve, celui de
faire
partie de l'équipe nationale de paracyclisme et de prendre part aux Jeux
paralympiques! Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à
M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
Merci, M. le Président. Ingénieur de formation, M. Pierre Ducharme, ici
présent, a connu une longue carrière de gestionnaire, notamment au sein de la
société Olin Canada, une entreprise qu'il a réussi à rescaper après qu'elle
eut connu en 2014 un incident industriel majeur.
Leader apprécié, Pierre Ducharme a
dirigé bon nombre d'organismes régionaux à vocation économique. Depuis 2018, il occupe le poste de président du conseil
d'administration de Développement économique Bécancour. Pierre Ducharme
se fait aussi le promoteur d'idées, de partenariats, de projets novateurs et
créateurs de richesse pour notre région.
Je rends donc hommage à M. Pierre Ducharme
pour son engagement et sa confiance dans l'avenir de sa région.
L'implication des citoyens
dans leur collectivité demeure pour
moi l'un des meilleurs moyens d'en assurer la vitalité et la prospérité. C'est pourquoi, au nom de tous mes
concitoyens, je remercie M. Pierre Ducharme pour son dévouement au
sein de sa communauté. Merci, Pierre.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. La prochaine déclaration à M. le député de
Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Je voudrais aujourd'hui souligner une initiative écologique qui a vu le jour
dans ma circonscription, soit le premier système québécois de dépôt pour
gobelets réutilisables, La Tasse.
Plus
de 1 million de gobelets à usage unique de boissons pour emporter sont
jetés chaque minute dans le monde. C'est
une immense source de pollution et de gaspillage de ressources. Une excellente
solution pour contrer cette pollution est l'utilisation de tasses
réutilisables.
2017, des propriétaires de cafés indépendants ont rencontré l'équipe
d'écoquartier Villeray pour partager leur idée d'un système de dépôt
pour les conteneurs réutilisables de boissons à emporter. Le résultat est un
objet aussi esthétique que pratique et
écologique qui a fait l'objet d'un projet pilote qui est largement utilisé par
12 commerces du quartier Villeray à Montréal. Il est utilisé
maintenant par des milliers de personnes.
Alors
que le réseau s'ouvre maintenant à l'ensemble du Québec, je tiens à féliciter
toutes les personnes qui ont contribué au grand succès de cette
initiative à la fois créative et écologique. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la
parole à Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif :
M. Pierre Lefebvre a oeuvré pendant une trentaine d'années dans
l'enseignement. En plus de sa tâche
d'enseignant, il fut un infatigable bénévole, responsable du sport scolaire.
Son dévouement et sa passion lui ont valu le
titre d'Entraîneur par
excellence en athlétisme au Québec.
Grand
amant de la nature, il acquiert un chalet dans une zec, la zec Kiskissink, où
il occupe le poste de président de
l'association régionale des gestionnaires de zec du Québec pour la Mauricie
depuis 30 ans. La qualité de son travail et ses qualités d'écoute et de rassembleur ont permis de convaincre les
hauts dirigeants d'entreprises forestières d'opter pour une gestion
intégrée de tout le territoire en tenant compte des ressources fauniques.
participe aussi à la rédaction de mémoires régionaux, provinciaux, entre autres
dans le cadre de la commission Coulombe et dans le cadre aussi de la
modification du régime forestier. C'est en grande
partie grâce à lui si la
Mauricie est la première région du
Québec à avoir eu des plans d'aménagement forestier incluant le volet faunique
et une harmonisation des utilisateurs et des usages. Merci et bravo!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Comme dernière déclaration de député, Mme la
députée de Laporte.
Ménard : M. le Président, le milieu culturel et toute la
communauté lambertoise sont en fête. Depuis 100 ans, La Société chorale de Saint-Lambert, dont je salue
les représentants dans les tribunes, émerveille notre communauté avec
une musique vocale au répertoire diversifié, toujours interprétée de façon
élégante et d'une harmonie parfaite.
plus ancienne de ce genre au Québec, la chorale est bien établie, comme en
témoigne notamment la fidélité du
public. Elle contribue au rayonnement culturel et éducatif du Québec en
favorisant la connaissance et l'appréciation de la musique classique des
personnes de tous âges et offre une première scène aux artistes formés dans nos
institutions.
tiens à souligner la contribution de tous ceux qui de près ou de loin ont contribué
à la longévité de la chorale. Bon 100e anniversaire!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 52)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Bon
mardi à toutes et à tous. Bon début de semaine.
J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de M. Rémy Trudel,
ancien député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
M. Trudel.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je vous demande d'appeler
l'article a, s'il vous plaît.
Président : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre
de la Santé et des Services sociaux présente le projet de loi n° 7, Loi concernant certaines
conditions de travail applicables aux cadres du réseau de la santé et des
services sociaux. Mme la ministre.
McCann : M. le Président, permettez-moi de déposer le projet de loi
n° 7, Loi concernant certaines conditions de travail applicables
aux cadres du réseau de la santé et des services sociaux.
projet de loi clarifie l'intention du législateur quant à l'application et aux
effets de certains articles de la Loi modifiant
l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux
notamment par l'abolition des agences régionales.
D'abord,
il confirme que cette loi ne limite pas la capacité du ministre de la Santé et
des Services sociaux d'utiliser le pouvoir réglementaire prévu à
l'article 487.2 de la
Loi sur les services de santé et les services
sociaux.
projet de loi prévoit ensuite la possibilité pour la ministre de modifier,
rétroactivement au 23 mars 2015, le Règlement sur certaines conditions de travail applicables au cadre des
agences et des établissements de santé et de services sociaux, notamment en ce qui concerne les mesures
de stabilité d'emploi, l'indemnité de fin d'emploi et les congés de
préretraite et de retraite.
Le projet de loi
prévoit qu'à la date de l'édiction de ce règlement les articles 135 et 136
de la Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et
des services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales seront
abrogés. Toutefois, jusqu'à leur abrogation, ils s'appliqueront aux cadres dont
le poste a été aboli le 31 mars 2015
en application de l'article 189 de cette loi ou à la suite de toute autre
réorganisation résultant de l'application de celle-ci.
Enfin,
le projet de loi énonce son caractère déclaratoire et il précise qu'il a effet
malgré toute décision judiciaire et toute décision d'un organisme de
l'ordre administratif, exerçant une fonction juridictionnelle ou non, rendues
avant l'édiction du règlement de la ministre. Merci, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je vous demande d'appeler
l'article b, s'il vous plaît.
Président : À l'article b du feuilleton, M. le ministre
des Finances présente le projet de loi n° 11, Loi modifiant la Loi
sur l'assurance-dépôts. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : M. le Président, permettez-moi de présenter le projet de loi
n° 11, Loi modifiant la
Loi sur l'assurance-dépôts.
Ce projet de loi propose de conférer à
l'Autorité des marchés financiers, aux fins de la mise en oeuvre d'un ordre
de résolution visant des institutions de
dépôts faisant
partie d'un groupe coopératif, le pouvoir de convertir certains
titres émis par une de ces
institutions en d'autres titres émis par cette même institution ou une autre
institution de dépôts faisant
partie de ce groupe.
projet de loi propose également de conférer à l'autorité, aux mêmes fins, le
pouvoir de préciser par règlement des conditions et modalités pouvant
s'appliquer aux transferts de certains contrats financiers. Merci, M. le
Président.
Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition
officielle.
Proulx : Oui. M. le Président, peut-être seulement vous dire qu'on va prendre connaissance du projet puis on se réserve le droit de discuter pour des consultations
par la suite.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Tout à fait. Merci,
M. le Président. Simplement informer
le leader de l'opposition officielle
ainsi que les autres leaders, c'est un projet de loi qui est assez technique. On vous propose un briefing technique
et par la suite on conviendra ensemble s'il y a lieu de tenir des consultations
particulières.
Le Président :
L'Assemblée accepte-t-elle d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je vous demande d'appeler l'article c,
s'il vous plaît.
Président : À l'article c
du feuilleton, M. le ministre des Finances présente
le projet de loi n° 13, Loi
modifiant la
Loi sur les impôts, la
Loi sur la taxe de vente du Québec
et d'autres dispositions législatives. M. le ministre.
Girard (Groulx) : M. le Président, permettez-moi de présenter ce projet
de loi n° 13, Loi modifiant la
Loi sur les impôts, la Loi
sur la taxe de vente du Québec et d'autres dispositions législatives.
projet de loi prévoit la modification de diverses lois
afin de donner suite principalement à des mesures fiscales annoncées lors des discours sur le budget du
27 mars 2018 et du 28 mars 2017. Il donne suite également
à des mesures annoncées à l'occasion
du Point sur la situation économique
et financière du Québec présenté
le 3 décembre 2018 ainsi que dans ses divers bulletins
d'information publiés en 2016, 2017 et 2018.
Dans le but
d'introduire ou de modifier des mesures propres au Québec, ce projet de loi
modifie notamment :
la Loi constituant Capital régional et coopératif Desjardins, la Loi
constituant Fondaction, le Fonds de développement de la Confédération des syndicats nationaux pour
la coopération et l'emploi et la Loi constituant le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (F.T.Q.), afin de
reconnaître des nouveaux investissements pour l'application de leur norme
d'investissement et de créer une nouvelle catégorie au capital-actions de
Capital régional et coopératif Desjardins;
2° la
Loi sur les
impôts, afin d'apporter des modifications qui concernent entre autres :
Dans
le cadre du crédit d'impôt remboursable pour le soutien aux enfants, lequel
devient le crédit d'impôt accordant une
allocation aux familles, la bonification du montant maximal pour les deuxième
et troisième enfants, le supplément de
100 $ pour l'achat de fournitures scolaires et l'assouplissement des
critères d'admissibilité au supplément pour enfant handicapé nécessitant
des soins exceptionnels;
L'instauration d'un
crédit d'impôt remboursable pour le soutien aux aînés;
La bonification de certains crédits d'impôt visant
à améliorer la qualité de vie des aînés, tels que le crédit d'impôt pour
les travailleurs d'expérience;
La bonification des
crédits d'impôt remboursables pour les aidants naturels d'une personne majeure;
bonification des crédits d'impôt remboursables visant l'incitation au travail,
soit le bouclier fiscal, le crédit d'impôt attribuant une prime au
travail et le crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants;
L'instauration d'un
crédit d'impôt non remboursable pour l'achat d'une première habitation;
bonification des crédits d'impôt remboursables dont peuvent bénéficier les
sociétés dans le domaine de la culture;
La bonification du
crédit d'impôt remboursable pour stage en milieu de travail;
L'instauration
d'un crédit d'impôt remboursable pour encourager la formation des travailleurs
en emploi dans les petites et moyennes entreprises;
bonification temporaire du crédit d'impôt remboursable pour les titulaires d'un
permis de chauffeur de taxi et la
possibilité pour les membres d'une société de personnes de bénéficier du crédit
d'impôt remboursable pour les titulaires d'un permis de propriétaire de
taxi;
L'instauration
d'un crédit d'impôt temporaire pour l'échange d'actions de Capital régional et
coopératif Desjardins, la réduction
du crédit d'impôt accordé pour l'acquisition de ses actions et le maintien
temporaire du taux bonifié du crédit d'impôt pour l'acquisition des
actions émises par Fondaction;
L'instauration d'un crédit d'impôt remboursable
pour la transformation numérique de la presse écrite;
reconduction et la bonification des crédits d'impôt remboursables visant à
encourager la création de nouvelles sociétés de services financiers;
prolongation et la simplification des crédits d'impôt remboursables pour la
production au Québec d'éthanol, d'éthanol
cellulosique et de biodiesel et l'instauration d'un crédit d'impôt remboursable
temporaire pour la production d'huile pyrolytique au Québec;
La réduction des taux de la taxe compensatoire
des institutions financières;
3° la
Loi sur
les impôts, la Loi concernant les paramètres sectoriels de certaines mesures
fiscales et la
Loi sur la Régie de
l'assurance maladie du Québec, afin de bonifier les congés fiscaux pour la
réalisation de grands projets d'investissement;
4° la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la Régie
de l'assurance maladie du Québec, afin d'uniformiser les taux d'imposition des PME et de prévoir la réduction
graduelle du taux de cotisation des employeurs au Fonds des services de
santé pour l'ensemble des PME;
5° la
Loi sur
les impôts et la
Loi sur l'administration fiscale, afin de mettre en oeuvre
certaines mesures du Plan d'action pour assurer l'équité fiscale,
notamment en matière de lutte aux planifications fiscales agressives;
6° la
Loi sur
la taxe de vente du Québec, afin, notamment, d'éliminer graduellement les
restrictions à l'obtention d'un remboursement de la taxe sur les
intrants applicables aux grandes entreprises.
De plus, ce
projet de loi modifie la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la taxe de vente du
Québec afin d'y apporter des
modifications semblables à celles qui ont été apportées à la Loi de l'impôt sur
le revenu et la
Loi sur la taxe d'accise par des projets de loi fédéraux sanctionnés principalement en 2016, 2017
et 2018. À cet effet, il donne suite à des mesures d'harmonisation
annoncées dans divers bulletins d'information publiés notamment en 2016, en
2017 et en 2018. Ces modifications concernent entre autres :
1° l'ajout des infirmiers praticiens spécialisés à
la liste des professionnels autorisés à délivrer des attestations ou à
prescrire certains traitements à l'égard de personnes atteintes d'une
déficience;
l'admissibilité des frais de scolarité pour des cours axés sur des compétences
professionnelles dans le cadre du Crédit d'impôt pour frais de
scolarité;
l'admissibilité des allocations de sécurité du revenu de retraite versées aux
vétérans des forces canadiennes au fractionnement du revenu de retraite
entre conjoints et au crédit d'impôt pour revenus de retraite;
l'admissibilité au Crédit d'impôt pour frais médicaux des frais payés pour
l'achat à des fins médicales de certains produits du cannabis et à
l'égard d'un animal spécialement dressé pour venir en aide à des personnes
atteintes d'une déficience mentale grave;
5° l'élimination de la déduction au
titre d'un
prêt à la réinstallation;
6° la
modernisation des critères permettant de qualifier les polices d'assurance sur
la vie à
titre de polices exonérées;
7° le
remplacement des règles relatives aux immobilisations incorporelles par la mise
en place d'une nouvelle catégorie de biens amortissables;
8° la détaxation de la naloxone pour le
traitement d'une surdose aux opioïdes;
9° la taxation des produits du cannabis.
Enfin, ce
projet de loi apporte des modifications à caractère technique, de concordance
ou de terminologie à diverses lois.
Le Président : Merci, M. le
ministre.
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de
ce projet de loi? Adopté?
Le Président : Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Roberge : M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport sur
l'état et les besoins de l'éducation 2016-2018 du Conseil supérieur de l'éducation ainsi que les
états financiers des fondations universitaires de l'Institution royale pour
l'avancement des sciences de l'Université
McGill, de l'École des hautes études commerciales de Montréal et de
l'Université de Montréal pour l'exercice terminé le
31 mai 2018.
Le Président :
Ces documents sont déposés. Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel : Merci, M. le Président.
Alors, conformément à l'article 19.10 de la
Loi sur le processus de la détermination de la rémunération des procureurs
aux poursuites criminelles et pénales et sur leur régime de négociation collective, je dépose les prévisions budgétaires
du Comité de la rémunération des procureurs aux poursuites criminelles
et pénales pour l'exercice financier en cours, se terminant le
31 mars 2019, et pour l'exercice suivant, du 1er avril au
30 septembre 2019.
Le Président : Ce document
est déposé. Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation
Laforest : Oui, M. le Président. Conformément à l'article 50 de la
Loi sur l'éthique et la déontologie
en matière municipale, je dépose le
rapport de la mise en oeuvre de la
Loi sur l'éthique et la déontologie en
matière municipale couvrant la période du 1er novembre 2014 au
31 octobre 2018. Merci, M. le Président.
Le Président : Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose la réponse du gouvernement à la pétition déposée le 7 décembre 2018
par le député des Îles-de-la-Madeleine concernant l'amélioration des services
de garde aux Îles-de-la-Madeleine. Merci, M. le
Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le
7 décembre 2018 par le député de Bonaventure. Merci.
Le Président : Ce document
est déposé.
Pour ma part, en application de l'article 98
du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale,
je dépose le rapport intitulé Rapport d'enquête de la Commissaire à
l'éthique et à la déontologie au président de l'Assemblée
nationale au sujet de M. Jean-François Lisée, ancien chef de l'opposition officielle et député de Rosemont .
J'ai reçu
préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission des
institutions et député de Richmond.
Bachand : M. le Président, je
dépose le rapport de la Commission des institutions qui, le
21 février 2019, a tenu des
auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet
de loi n° 8, Loi modifiant la
Loi sur la sécurité civile concernant
l'assistance financière. Merci, M. le Président.
Le Président : Ce rapport est
maintenant déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droits ou de privilèges.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le Président, si
j'avais à résumer les dernières semaines, je dirais que le premier ministre s'est
mis la tête dans le sable. Il n'a écouté ni
la population ni les experts. C'est clair quand on parle de santé mentale,
c'est clair quand on parle de
protéger nos jeunes des commotions cérébrales, c'est clair quand on parle de
cannabis, c'est clair quand le premier ministre fait payer tous les
Québécois par les erreurs de son ministre de l'Immigration.
Ces erreurs
et ce manque de vision vont certainement nous coûter, M. le Président, des
millions. Le Conseil du patronat a
même affirmé que l'attitude du gouvernement mine la crédibilité du Québec sur
la scène internationale et renforce le cynisme à l'égard de notre
système d'immigration.
M. le
Président, la cassette du ministre de l'Immigration n'aura pas survécu aux tribunaux. Ce qui est
triste, c'est que le premier ministre a préféré laisser les tribunaux
dicter à son ministre la marche à suivre.
Est-ce que
le premier ministre peut se lever aujourd'hui en cette Chambre,
avouer qu'il a volontairement omis d'écouter les experts et l'ensemble de la population
et qu'il aurait dû respecter cet engagement du 29 janvier de traiter les 18 000 dossiers?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, on a actuellement un ancien système, un vieux système pour
choisir les nouveaux arrivants, un
système qui fonctionne mal, un système qui n'arrive pas à bien répondre aux
besoins des entreprises. Et ce n'est pas seulement moi qui le dis.
L'ancien
gouvernement avait, là, en fin de mandat, l'été dernier, mis en place un
nouveau système, qui s'appelle Arrima,
qui arrime beaucoup mieux les besoins des entreprises avec les candidats à
l'immigration. Ça permet, avec ce nouveau système, de choisir les
candidats qui répondent le mieux aux besoins des entreprises, plutôt que
l'ancienne approche, qui était une approche de premier arrivé, premier servi.
Donc, M. le
Président, nous, de notre côté, on souhaite le plus rapidement possible passer
au nouveau système pour, entre
autres, régler les problèmes de pénurie de main-d'oeuvre. Ce que je comprends,
c'est que le Parti libéral et Québec
solidaire préfèrent traiter 18 000 dossiers selon l'ancien système,
ce qui va prendre plus d'un an, avant de travailler avec un système plus
efficace. Ce n'est pas le choix qu'on a fait de notre côté, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : M. le premier
ministre, vous savez très bien qu'on peut le faire en parallèle. On peut aider
à traiter les anciens dossiers et
également avec le système Arrima. Chaque jour qui passe coûte cher aux
Québécois. M. le Président, le
premier ministre a dit qu'il voulait aller vite. Vous voulez aller vite. Nous
avons plus de 120 000 postes à combler au Québec.
Est-ce que le premier ministre peut nous
confirmer combien de dossiers seront traités en 2019?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
j'ai de la difficulté à suivre le chef de l'opposition officielle. D'un côté,
on a 18 000 dossiers qui doivent
être traités premier arrivé, premier servi. De l'autre côté, on a
91 000 déclarations d'intérêt selon le système Arrima, puis nous, on préfère utiliser ce système-là.
Donc, est-ce que le chef de l'opposition officielle est en train de nous dire qu'on devrait d'abord
regarder dans le 91 000 avant de regarder dans le 18 000? Il faudrait qu'il se fasse une idée, là.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Selon d'anciens cadres du ministère,
les 18 000 dossiers pourraient être traités en six mois, et ce,
pour 15 millions de moins que le plan du ministre.
Maintenant
que le gouvernement s'est fait remettre à sa place par les tribunaux,
est-ce que le premier ministre
peut au moins s'engager à traiter l'ensemble
des 18 000 dossiers, à fournir également un échéancier détaillé, tout en traitant
ceux du système Arrima?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, j'essaie de comprendre le chef
de l'opposition officielle. Ce qu'il
nous dit, c'est qu'on doit traiter
d'abord les 18 000 dossiers avant de regarder le nouveau système
Arrima, les 91 000 déclarations. Une journée,
il nous dit ça, puis, l'autre journée, il dit le contraire. Donc, est-ce qu'on
traite d'abord les 18 000 ou si on peut commencer à traiter les
91 000? Que propose-t-il, pour être clair?
Le Président : M. le chef de
l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, je pense que c'est clair que le premier ministre ne semble pas avoir
la volonté politique de traiter l'ensemble de ces dossiers-là, et ce,
malgré l'avis des experts, des chambres
de commerce, du Conseil du
patronat et, je suis sûr, peut-être même de son ministre de l'Économie. Je me
demande pourquoi il y a un acharnement à compliquer les choses.
Pourquoi ne pas utiliser le gros bon sens dans
ce cas-ci?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, le gros bon sens, c'est d'utiliser le
nouveau système, le système qui permet d'arrimer les besoins des entreprises avec les candidats, les qualifications des
candidats. Cependant, pour respecter la décision de la cour, on va continuer de traiter les
18 000 dossiers jusqu'à ce que notre projet de loi soit adopté, et
j'espère que l'opposition va nous appuyer.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, au jour 1 de la décision
politique du ministre de l'Immigration de déchiqueter les
18 000 dossiers qui touchent 50 000 personnes, on a été
très clairs et on a dit que cette décision était mal avisée, qu'elle était précipitée, qu'elle n'était pas humaine et
qu'elle était antiéconomique. Depuis hier, cette décision est maintenant rendue illégale. Le tribunal exige
que le gouvernement fasse ce que le premier ministre s'était engagé à
faire le 29 janvier dernier, à savoir traiter l'ensemble des
18 000 dossiers qui touchent 50 000 personnes. Qui gagne, M. le Président, quand on va devant les
tribunaux? On peut parler d'une certaine victoire pour les
50 000 personnes touchées, mais, au final, personne ne sort
véritablement gagnant de tout ça, et on aurait pu éviter d'être devant les
tribunaux, aujourd'hui, parce qu'il y avait des solutions claires.
Nous devons
retrouver la sérénité nécessaire pour avoir un débat constructif en cette
Chambre. Je tends la main au ministre de l'Immigration. Il peut décider
de traiter les 18 000 dossiers en six mois, il est capable de le
faire.
Eh bien, est-ce qu'il va le faire? C'est la
question que je lui pose.
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. Écoutez, je note le changement de ton de ma collègue et
j'apprécie ce changement de ton. Je trouve que nos débats seront
beaucoup plus harmonieux si elle adopte ce ton-là.
Deuxièmement,
M. le Président, j'accepte sa main tendue. Mais d'ailleurs je l'invite à me
rejoindre et à faire en sorte qu'on
puisse adopter rapidement le projet de loi n° 9 pour faire en sorte de
pouvoir utiliser pleinement le nouveau système
Arrima. Et je l'invite également à dire aux gens qui souhaiteraient être au
Québec d'appliquer dans le système Arrima
et, pour ceux qui sont sur le territoire québécois, d'appliquer dans le
Programme de l'expérience québécoise, parce que ça, c'est fondamental.
Ils peuvent obtenir un certificat de sélection du Québec s'ils parlent français
puis ont la connaissance... Parce que moi,
M. le Président, là, je ne veux pas faire en sorte de créer un autre inventaire
au niveau du gouvernement fédéral
comme le Parti libéral l'a fait, parce que c'est ça, la résultante de la
gestion libérale au cours des dernières années. Lorsque la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne
nous dit : Nous devons traiter tous les dossiers, engagez-vous à traiter tous les dossiers, ce que
les libéraux ont fait, c'est qu'il n'y avait pas de gestion de la demande et
qu'au fédéral ça a créé des inventaires de
30 400 dossiers en 2017, 38 500 personnes,
41 200 personnes présentement en inventaire au fédéral. Ça, c'est la méthode de gestion libérale, un
autre inventaire. Ce que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...souhaite
faire présentement, c'est créer un inventaire, un deuxième inventaire, au
fédéral pour que, les gens, ça prenne encore plus de temps...
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Je tends la main au ministre de l'Immigration, mais pour
avoir une réponse, notamment, M. le Président.
Ça coûterait moins cher de traiter les dossiers que de les éliminer. On
économiserait l'argent des contribuables si on décidait de traiter les
18 000 dossiers plutôt que de les envoyer à la déchiqueteuse.
Alors, M. le
Président, pourquoi, malgré la gifle sérieuse qu'il a reçue cette semaine, le
ministre s'entête-t-il et refuse de traiter l'ensemble des 18 000
dossiers dans les prochains mois?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, je vais essayer d'être clair. Du côté du Parti libéral, durant des
années, on a laissé des dossiers s'accumuler, notamment les
18 000 dossiers. À partir du moment où le Parti libéral donnait des certificats de sélection avec une absence de
gestion de la demande, il créait un autre inventaire au fédéral. Et aujourd'hui
on est rendus à 41 200 personnes
qui sont au niveau de l'inventaire fédéral, où il y a un CSQ qui a été émis par
le Parti libéral, et on dit aux gens : Attendez, attendez,
attendez.
Avec nous,
c'est terminé. On veut être beaucoup plus efficaces, beaucoup plus rapides, de
façon à faire en sorte que les gens
viennent rapidement au Québec pour qu'ils puissent exercer un emploi à la
hauteur de leurs compétences. C'est ça, le succès de l'immigration...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et c'est
surtout d'avoir un parcours personnalisé pour faire en sorte d'accueillir
respectueusement les gens.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Nous avons commencé les commissions parlementaires et on a
entendu le Conseil du patronat nous dire la chose suivante : Là, on est un
peu dans le brouillard, on est un peu, beaucoup dans le brouillard, on risque
de perdre des gens. Alors, il y a beaucoup
de crainte des employeurs de perdre ces bons candidats. Les milieux
économiques, les personnes touchées,
les experts demandent au ministre de traiter les 18 000 dossiers qui
touchent 50 000 personnes. C'est ça, la question.
Quand va-t-il
nous dire et nous confirmer qu'il va traiter ces dossiers? Pas nous sortir des
chiffres du fédéral, traiter les 18 000 dossiers actuels.
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, ce matin, justement, on avait
une commission parlementaire, puis Mme Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, est favorable au projet de loi n° 9 et est favorable au fait qu'on utilise le nouveau système Arrima.
La députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
l'a entendue, elle était présente dans la même commission que moi.
L'ensemble des groupes, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la Fédération des chambres de commerce du Québec,
le Conseil interprofessionnel du Québec, le Conseil du patronat aussi, les Manufacturiers et exportateurs du Québec ont
émis, suite au dépôt du projet de loi, des commentaires favorables au
projet de loi.
Est-ce
que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne peut s'engager, avec sa main tendue, à travailler en
collaboration avec nous pour
moderniser, améliorer le système de l'immigration beaucoup plus rapidement, de
façon à faire en sorte que maintenant on va avoir...
Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...un accueil respectueux pour les personnes immigrantes, qui vont
pouvoir travailler dans leur domaine de formation? Vous n'êtes pas
d'accord avec ça?
Le Président :
Question principale, M. le député de Nelligan.
Derraji : Justement, M. le Président, le Conseil du patronat a déclaré
en commission parlementaire : «La rareté de main-d'oeuvre, qui prive notre économie de milliards de dollars de
contrats et d'investissement, mérite qu'on porte une attention aux candidats qui pourraient rapidement assurer le
maintien de leur emploi ou de leur statut de travailleur au Québec.» M. Dorval faisait mention que les
entreprises ont besoin de prévisibilité. Elles ont besoin de savoir que la
main-d'oeuvre sera disponible.
Avec
3,9... de postes vacants, le Québec a continué de connaître la pénurie de
main-d'oeuvre la plus sévère au pays.
C'est aujourd'hui plus de 118 000 postes qui demeurent à combler dans
toutes les régions du Québec. La FCEI faisait état d'une croissance de
58,7 % des postes vacants de longue durée.
Est-ce
que la ministre du Développement économique régional a pris la peine de
présenter les inquiétudes des employeurs
en région à son collègue le ministre de l'Immigration, qui, à toute évidence,
n'avait pas prévu l'impact de son projet de loi n° 9 pour
l'ensemble de nos entrepreneurs?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le projet
de loi n° 9 ne change rien à la
réalité des personnes qui sont sur le territoire
québécois. Pour les gens qui sont avec un permis de travail
fédéral, leur statut ne change pas avec le projet de loi n° 9. Au contraire, on les invite à déposer leurs
dossiers dans Arrima ou à se diriger vers le Programme de l'expérience québécoise
pour faire en sorte qu'ils puissent obtenir leurs certificats de sélection beaucoup
plus rapidement.
J'entends le député
de Nelligan nous dire : Il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Oui, il y a
une pénurie de main-d'oeuvre. Vous avez été 15 ans au pouvoir, vous ne
l'avez pas prévue, vous n'avez pas adressé la question pour répondre à cette pénurie de main-d'oeuvre là. Nous, ce qu'on veut faire avec l'immigration, notamment,
c'est de répondre à cette pénurie de main-d'oeuvre là, M. le Président. Parce que, vous savez, M. le
Président, on s'est retrouvés dans un système
où c'était premier arrivé, premier servi, peu importent les emplois
disponibles, peu importe le profil des candidats.
Est-ce
que le député de Nelligan est contre le fait de créer un arrimage entre le
profil des candidats à l'étranger et les
emplois disponibles? Dans toutes les régions du Québec, les gens, ils disent et
les entreprises, elles disent : On crie à l'aide, on a besoin... Pour s'assurer que nos entreprises demeurent dans
les régions, pour assurer la vitalité de nos différentes régions, il faut avoir de la main-d'oeuvre qui est
qualifiée et qui est compétente, mais qui répond aux besoins de main-d'oeuvre.
Alors, je l'invite à
travailler avec moi au niveau de la régionalisation. Parce qu'on en parle, dans
le projet de loi n° 9, d'avoir des outils...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...pour régionaliser l'immigration et pour s'assurer que les postes, dans les entreprises
en région, soient comblés. Allez-vous nous accompagner?
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
Derraji : M. le Président, Mitch Garber disait, à RDI économie , hier, que les politiques
en immigration étaient problématiques à plusieurs niveaux. Les investisseurs de l'étranger
cherchent toujours les meilleures places pour leurs familles, pour leurs compagnies, pour leurs
employés, et les politiques plus restrictives nuisent beaucoup
à l'investissement étranger.
Il a affirmé avoir mentionné ses inquiétudes au ministre de l'Économie et au président
du Conseil du trésor.
Qu'est-ce que ces
deux hommes d'affaires ont à dire sur les mauvais signaux envoyés aux
investisseurs, aux nouveaux travailleurs par le projet de
loi sur l'immigration?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, savez-vous ce qui est un mauvais signal? Ça a
été le fait qu'on ne s'est pas occupés de l'immigration pendant
15 ans. Honnêtement, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : Vous savez, la réalité, là, quand on parle des chiffres, c'est le fait
que 59 % des nouveaux arrivants
ici, au Québec, depuis moins de cinq ans, occupaient un emploi
pour lequel ils étaient surqualifiés. Est-ce que le député de Nelligan, est-ce
que la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne sont fiers de ce chiffre-là? Ça, là, c'est la meilleure illustration du fait de dire qu'on choisissait des
gens qui ne répondaient pas aux besoins du marché du travail. Même chose,
pourquoi est-ce que les nouveaux arrivants ici depuis moins de cinq ans, leur taux de chômage est plus du
double de la population native au Québec?
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : Il y a une réelle problématique, et on va la régler en arrimant les besoins du marché du travail avec le profil de
compétence des gens.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
Derraji : M. le Président, la croissance économique du Québec nécessite de la prévisibilité et une
disponibilité des ressources pour permettre aux créateurs de richesses
de poursuivre leur mission essentielle, à savoir la prospérité économique. Le projet
de
loi sur l'immigration envoie des signaux négatifs sur l'un et l'autre de ces
aspects.
Est-ce
que le ministre va se rallier derrière les arguments du milieu
des affaires et, minimalement, prévoir des méthodes transitoires entre aujourd'hui
et l'utilisation du système Arrima?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, quand vous avez une entreprise,
il est vrai que vous avez besoin de prévisibilité. Qu'est-ce que ça veut dire, la prévisibilité, notamment lorsque vous investissez
dans votre entreprise puis que vous avez besoin de travailleurs pour la faire fonctionner dans les différentes
régions du Québec? C'est de s'assurer que vous allez pouvoir faire venir des
immigrants, des travailleurs pour venir dans les différentes régions du Québec
pour venir vous aider, vous
accompagner dans votre entreprise, pour assurer aussi que la personne
immigrante qui va choisir d'aller en région puisse demeurer en région,
puisse demeurer en lien avec sa communauté d'accueil et qu'elle ne quitte pas vers Montréal, comme ça s'est fait trop souvent.
Parce que, vous le savez, au niveau des régions, on a de la difficulté au
niveau de la régionalisation de
l'immigration. Nous, on a un plan pour assurer la régionalisation. Le projet de
loi n° 9 assure d'avoir un parcours personnalisé...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...pour s'assurer que l'immigration, au Québec, ça soit un succès. Où
vous avez échoué, nous, on va réussir.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du troisième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Bonjour, M. le Président. Depuis trois semaines, tout le monde dit au premier
ministre et son ministre de l'Immigration
que d'annuler le traitement des dossiers, bien, c'est inhumain — on le sait — c'est illogique, puis on apprend hier que c'est illégal. La cour a
effectivement affirmé ce que les juristes affirment depuis un certain
temps : on n'a pas le droit
d'aller à l'encontre de la loi québécoise. Ça démontre que ce projet de loi là
a été fait dans une précipitation, et
je dirais qu'il n'a pas été à l'écoute du gros bon sens. Pourtant, le premier
ministre, depuis son élection, ne cesse de nous rappeler qu'il faut utiliser le gros bon sens. Le gros bon sens, M.
le Président, est-ce que c'est de se dépêcher à déposer un projet de loi qui, dans le fond, ne permet même
pas de répondre aux besoins identifiés? À mon sens, non. Est-ce que le gros bon sens, c'est ce qu'on assiste depuis
des semaines avec le gouvernement présent? À mon sens, non. Le gros bon sens, c'est qu'une personne qui, elle, s'est
engagée à respecter le processus d'immigration, a rempli les papiers, a investi
l'argent nécessaire, elle ait une réponse.
C'est ça, le gros bon sens. Et d'ailleurs on a déjà perdu quelques semaines
de non-traitement de dossiers considérant le projet de
loi sur la table.
Alors, est-ce que le
premier ministre va demander à son ministre de revoir son projet de loi?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
on a actuellement deux systèmes pour choisir les nouveaux arrivants :
l'ancien système, qui fonctionne premier arrivé, premier servi, puis un nouveau
système, qui s'appelle Arrima, où on choisit d'abord les personnes qui répondent le mieux aux besoins
des entreprises. Nous, on préfère le deuxième système.
Nous, on préfère passer le plus rapidement possible au deuxième système. Ce que je comprends,
c'est que, dans notre Assemblée, il y a deux partis sur quatre, dont Québec solidaire et le Parti libéral, qui disent : Il faut d'abord
revoir les 18 000 dossiers,
même si ça ne répond pas aux besoins du
marché du travail, plutôt que de se concentrer d'abord sur les besoins du
marché du travail. C'est un choix que
font Québec solidaire et le Parti libéral. On commence à les voir d'ailleurs de
plus en plus ensemble. Mais, nous, de notre côté...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Legault : ...on préfère un système qui répond mieux aux
besoins du marché du travail. L'économie, c'est important.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : M. le Président, avant de dire que les dossiers
déposés dans l'ancien système ne correspondaient pas aux besoins du marché du
travail, il faudrait commencer par regarder ces dossiers-là. C'est un minimum.
Mais le ministre aime bien, en cette Chambre, brandir le
rapport de la Vérificatrice générale sur l'inaction libérale. Mais la réalité, c'est que, maintenant, c'est lui, le ministre,
et il ne fait pas assez pour s'attaquer aux problèmes identifiés dans ce
rapport, notamment la francisation.
Pourquoi défendre un projet de loi qui ne répond
pas à cet enjeu fondamental? Le ministre peut-il...
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le Président, je remercie le collègue de Laurier-Dorion pour sa question. Écoutez, le projet
de loi n° 9, c'est une première étape vers une réforme du système d'immigration, notamment pour répondre au rapport de la Vérificatrice
générale qui a été rendu à l'automne 2017. Alors, j'entends bien la préoccupation
du député de Laurier-Dorion relativement à la francisation. Effectivement, c'est pour ça, entre autres, que, dans le projet de loi, on met certaines dispositions relativement à l'accompagnement
des personnes immigrantes, pour être en mesure de déployer des services à la fois pour les personnes immigrantes
dès le pays d'origine, mais aussi ici pour les travailleurs temporaires,
pour leur offrir des services en matière de
francisation. Parce que, nous, ce qu'on veut faire, c'est de s'assurer que les
gens qui sont sur le territoire
québécois, qui parlent français et qui travaillent, bien, ils puissent demeurer
et faire leur vie au Québec...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...en fonction
des besoins du marché du travail. Alors, je le remercie pour sa question.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : M. le Président, le ministre manque d'humilité. C'est son
projet de loi, c'est sa première décision, et là il s'est planté. L'erreur est humaine, M. le Président. Il peut
admettre son erreur et se concentrer sur les réels enjeux. Par exemple, les organismes communautaires, qui
font un travail remarquable en matière d'intégration et de francisation,
manquent de ressources en ce moment.
Au lieu de
s'entêter avec un projet de loi bâclé, le ministre va-t-il se concentrer sur la
francisation et l'intégration des personnes immigrantes?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, encore une fois, oui, c'est un des objectifs du projet de loi
n° 9, mais c'est une première étape, le projet de loi n° 9. Ce
qu'on fait, c'est qu'on place l'assise juridique pour faire en sorte que le système d'immigration amène certaines réformes. On
veut amener le système d'immigration dans un système qui va être basé sur un système de déclaration d'intérêt et où
on va s'occuper des gens aussi. Mais c'est l'ensemble des partenaires, autant le ministère de
l'Éducation, qui donne des cours de francisation, autant les organismes
communautaires et autant le ministère
de l'Immigration. Mais ce qu'il faut faire, c'est avoir une synergie, puis
c'est pour ça qu'on met, dans le projet de loi, le rôle de coordination du ministère de l'Immigration, de façon à
faire en sorte que, maintenant, bien, on ne travaille plus en silo puis qu'on travaille d'une seule
voix, puis qu'on s'assure de voir qu'est-ce qui est bien fait dans certains
ministères, et qu'on s'assure d'avoir une cohérence gouvernementale...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...sur
l'ensemble de la francisation et de l'intégration. On agit, M. le Président, et
j'invite le député à collaborer avec nous.
Le Président : Question
principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé :
M. le Président, en matière de laïcité, le gouvernement a annoncé son intention
de régler la question du port des
signes religieux durant cette session parlementaire. Alors, il peut compter sur
notre collaboration pour adopter la meilleure
loi possible sur cet enjeu. Mais la laïcité, c'est beaucoup plus large que ça.
Il se trouve que, depuis 11 ans,
le cours d'éthique et culture
religieuse est un échec, notamment parce
qu'il véhicule des valeurs qui ne
sont pas les nôtres, stigmatise les
enfants en fonction d'une pratique
religieuse, discrimine les enfants non pratiquants, propage les stéréotypes, véhicule des dogmes religieux, va à l'encontre de
l'égalité entre les femmes et les hommes. Et ça, c'est un rapport du Conseil du statut de la femme. Je demande au
gouvernement du Québec de voir plus grand et de régler la question du cours
d'éthique et culture religieuse.
Va-t-il
adopter notre motion qui fait en sorte qu'on règle cet enjeu-là et qu'on pense
de façon beaucoup plus large la question de la laïcité au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, je suis content de voir que le chef de la
deuxième opposition est pas mal sur la même longueur que nous, la même
longueur d'onde que nous sur la laïcité, sur l'interdiction des signes
religieux pour les personnes en autorité.
Donc, encore une fois, comme dans le dossier de tantôt, le Parti québécois va
être avec la CAQ contre Québec solidaire, qui va être avec le Parti
libéral.
Maintenant,
M. le Président, concernant le cours d'éthique et culture religieuse, on l'a
déjà dit depuis plusieurs années
quand on était dans l'opposition, ce cours doit être complètement revu. Donc,
ça fait
partie des priorités du ministre de l'Éducation. Donc, ce sera
quelque chose qui sera regardé, mais je pense qu'on doit commencer par livrer
certains dossiers. On ne peut pas régler
toutes les erreurs en six mois, donc on va commencer par régler certaines
erreurs puis ensuite on réglera les autres.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le
Président, le premier ministre pourrait commencer juste à sa droite, ce serait
déjà un bon exemple. Je tiens à dire une
chose : Sur cet enjeu-là, le gouvernement se retrouve avec Québec
solidaire, qui ne veut pas abolir le
cours d'éthique et culture religieuse. Son ministre de l'Éducation, il a aimé
ça enseigner le cours, puis lui, il pense qu'il ne faut pas l'abolir. Nous, on pense que des représentations
simplistes qui disent : Des chrétiens en soutane et grosses croix, des musulmanes portant la burqa, des
autochtones avec des plumes sur la tête, c'est le genre d'images discriminatoires
qui ne devraient pas avoir lieu.
Ce cours-là va à l'encontre des objectifs de
laïcité. Est-ce qu'il veut l'abolir, comme nous?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, le chef de la deuxième opposition vient de
donner un bon exemple où il doit y avoir des changements importants, une
réforme importante dans le cours d'éthique et culture religieuse. Je comprends
que le chef de la deuxième opposition trouve
qu'on ne va pas assez vite, mais, à un moment donné, il faut faire les choses
dans l'ordre, et c'est ce qu'on essaie de faire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bérubé :
M. le Président, ce n'est pas qu'il ne va pas assez vite, c'est qu'il ne va pas
assez loin. Et notre position en matière de
laïcité va beaucoup plus loin que celle de la Coalition avenir Québec. S'il est
sérieux dans ce qu'il entreprend en
matière de laïcité, il va considérer l'abolition du cours d'éthique et culture
religieuse, sinon il va se retrouver dans le même camp que le Parti
libéral, qui l'a créé, et Québec solidaire, qui ne veut pas l'abolir.
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je répète au chef du deuxième groupe
d'opposition qu'on est d'accord pour une réforme importante du cours d'éthique
et de culture religieuse. Pourtant, le chef de la deuxième opposition était
avec moi quand on l'a mis en place, ce nouveau cours. Évidemment, il y a
encore des améliorations à apporter.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault :
Je comprends que le chef de la deuxième opposition le voit comme nous, qu'il y
a des choses à apporter, à changer, mais on
n'est pas obligés de jeter le bébé avec l'eau du bain. On a le droit
d'expliquer l'histoire des religions
aux personnes, aux jeunes qui viennent dans nos écoles. Donc, j'espère qu'on va
pouvoir travailler ensemble sur ce dossier-là.
Le Président :
Question principale, M. le député de Vimont.
Rousselle : Merci, M. le Président. Depuis plus d'un an, 1 030 travailleurs et travailleuses d'ABI
ont été mis en lock-out par la compagnie. Ces travailleurs et
travailleuses sont privés de leur gagne-pain. À son arrivée en poste, le ministre du Travail a tenté de se montrer
rassurant, mais sans succès. Il s'est rendu à Pittsburgh, il a annoncé aussi la
mise sur pied d'un conseil de médiation. Devant l'impasse, il a annoncé la
création d'un comité restreint.
ministre du Travail s'était commis sur la date du 30 novembre afin
d'arriver à une entente. Première échéance, échec. Il s'est ensuite commis sur la date du 21 décembre. Encore
un échec. Nous sommes le 26 février et toujours pas de résultat. Rappelons qu'en campagne électorale
le premier ministre avait déclaré qu'il allait intervenir personnellement
afin de régler ce conflit rapidement. Le syndicat veut maintenant aller en
arbitrage, mais pas la compagnie.
ministre peut-il nous indiquer quelle solution il retient finalement, et c'est
quoi, maintenant, sa nouvelle échéance?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Boulet : Merci, M. le Président. Ce que j'apprécie de la
déclaration de mon collègue, c'est qu'il met en relief l'inaction du gouvernement libéral. Le lock-out a
effectivement été déclaré le 11 janvier 2018, et, entre le 11 janvier
2018 et le 1er octobre de l'année dernière, rien. Nomination d'un
médiateur spécial; au-delà, rien.
Nous avons été en
action, et mon collègue vient de bien identifier les actions qui ont été prises
depuis notre assermentation : formation
d'un conseil de médiation, rencontres avec les parties, détermination d'un
échéancier, formation d'un groupe d'experts. Il y a des solutions, il y a un
arbitrage de différents potentiels, il y a une proposition de règlement qui peut venir. Il y a aussi,
évidemment, d'autres solutions. Si nos collègues devant nous peuvent nous
exprimer ou nous proposer d'autres solutions, vous êtes les bienvenus. Mais
j'apprécie que vous mettiez en relief ce que nous avons fait depuis le
1er octobre. Merci.
Le Président :
Première...
Le Président :
S'il vous plaît! Première complémentaire, M. le député de Vimont.
Rousselle : M. le Président, nous ne sommes pas en mars 2018 et ni en juin 2018. Nous sommes maintenant en février 2019. Le conflit dure maintenant depuis plus d'un
an. Le ministre est en poste depuis le 18 octobre 2018. Il
a posé lui-même deux échéanciers, qu'il a même dû repousser dû à son incapacité
à trouver une solution.
À quand, M. le Président,
une piste de solution pour les travailleurs et travailleuses d'ABI?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Les personnes qui sont aguerries en matière de négociation connaissent l'importance de la confidentialité des échanges. Lors des
rencontres que j'ai eues avec les parties, elles m'ont exprimé clairement
non seulement leur volonté de négocier, mais leur volonté de faire une entente
entre elles-mêmes. Il faut parfois donner le
temps aux discussions. Il y a
évidemment des options. Il y a des alternatives qui sont analysées par les
parties. Je les ai rencontrées de nouveau la
semaine dernière. On ne cesse d'être en action. Il y a des opportunités qui se
présentent...
Le Président : En terminant.
M. Boulet : ...et il y a des
décisions à prendre, et on fait le suivi. Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Vimont.
Rousselle : Merci, M. le Président. Le ministre a passé sa carrière à
représenter les employeurs en conflit de travail. Il ne réussit pas à
trouver une solution.
Est-ce que le
premier ministre peut s'en mêler, et de rencontrer les travailleurs,
travailleuses qu'il s'est engagé... et à leur parler à ce qu'il entend
faire?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Boulet : M. le Président, lors de la dernière campagne électorale, ça
a toujours été clair dans les propos du premier ministre et dans les miens, ainsi que mon collègue de
Bécancour-Nicolet, le dossier de lock-out que vous avez laissé en plan entre le 1er janvier et le 1er
octobre 2018, on en fait une priorité. On est constamment actifs, les médias le
reconnaissent en Mauricie et au
Centre-du-Québec. Laissez-nous aller, laissez les parties négocier. Elles ont
un devoir de négocier de bonne foi. On les laisse aller. Et l'hypothèse
d'un règlement viendra en temps et lieu. Merci.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Je veux, aujourd'hui, parler de la
crise du recyclage au Québec. Le lobby Éco
Entreprises Québec, qui représente les Coca-Cola et les Nestlé de ce monde, a
déposé, aujourd'hui, son rapport du projet
pilote Verre innovation. Ce lobby se targue, depuis tôt ce matin, sur toutes
les tribunes, que son projet est un véritable succès, mais le ministre de l'Environnement doit faire très attention
parce qu'il y a clairement ici une tentative de maquiller la réalité. La
technologie est très coûteuse. Elle est difficile à utiliser, fragile et pas
adaptée à notre climat. Pire, cette technologie
ne permet pas de faire la base du recyclage, qui est de faire du verre avec du
verre. Karel Ménard, le plus grand expert de la question au Québec, a
démissionné jeudi dernier, et il faisait
partie du comité de suivi du projet
pilote.
Est-ce que le
ministre de l'Environnement va, comme les libéraux avant lui, gober aveuglément
tout ce que le lobby Éco Entreprises Québec lui dit?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Question importante, et ce qu'on a eu l'occasion de répéter à plusieurs
reprises ces dernières semaines, c'est que
la question de la consigne ne doit pas être une solution en
soi. Le mandat qui m'a été clairement
confié par le premier ministre est celui de regarder l'ensemble de la gestion
des matières résiduelles. La
récupération en fait partie, le recyclage en fait partie, et plusieurs
rapports sont attendus dans les prochaines semaines et les prochains
mois.
La collègue
fait mention d'un rapport qui a été déposé par une entité, Éco Entreprises
Québec. Actuellement, il y a
également la CMM qui consulte ses villes membres et qui se propose de tenir une consultation au cours des prochaines semaines
pour un rapport qui, lui, serait publié à la fin de l'été. Il y a également
l'UMQ, que je rencontrais pas plus tard
qu'hier, qui également est à consulter ses membres. Donc, on a pris l'engagement
de régler cette question-là, non pas uniquement par l'angle de la consigne, mais au niveau
de la gestion des matières résiduelles dans son ensemble. Donc, très
prochainement, dans les prochains mois, certainement, nous ferons connaître
notre position...
Le Président : En terminant.
M. Charette : ... et, non, ça ne
touchera pas que la consigne, mais réellement une vision globale.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci. Je suis
contente de voir que le ministre aussi est prêt à entendre d'autres personnes
que seulement EEQ, Éco Entreprises Québec. D'ailleurs, le
8 février dernier, j'ai rencontré le ministre de l'Environnement
pour lui demander d'exiger de RECYC-QUÉBEC un portrait rigoureux de la crise du
recyclage, de poser des questions parce
qu'il y a toutes sortes de chiffres qui circulent en ce moment. Une chatte y
perdrait ses petits. Une chose est certaine, il ne faut pas que le
ministre écoute uniquement Éco Entreprises Québec.
D'ailleurs,
est-ce qu'il a exigé, auprès de RECYC-QUÉBEC, dont c'est le mandat, de lui
donner les bons chiffres? Est-ce qu'il va les rendre publics, ces
chiffres-là?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Charette : En fait, il y a plusieurs données qui sont disponibles selon les
interlocuteurs à qui on s'adresse. La
collègue a raison sur un point : il y a
aussi plusieurs réponses à la question, en ce sens qu'il y a certainement lieu de moderniser les
centres de tri, un peu comme le réclame Éco Entreprises Québec, mais il y a également
lieu de revoir la chaîne entière de
gestion des matières résiduelles. Actuellement, au Québec, on peut se targuer d'avoir un très bon taux
de récupération — ça,
il n'y a aucun doute là-dessus — grâce
à l'effort des citoyens, des citoyennes. Cependant, plus on poursuit la chaîne du
recyclage...
Le Président : En terminant.
M. Charette : ...c'est là où on perd
certainement un potentiel intéressant.
Le Président : Deuxième complémentaire,
Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Si on reste sur la
crise du recyclage et du verre au Québec, le Québec tourne en rond depuis très longtemps,
et on a l'impression que c'est toujours le lobby qui mène le bal. Il est temps que le ministre
de l'Environnement reprenne le
contrôle de la situation. D'ailleurs, à Québec solidaire, on suit ce
dossier depuis très longtemps et on a une proposition à faire à M. le
ministre de l'Environnement.
Est-ce que le
ministre accepte de mettre sur pied une commission parlementaire pour étudier en toute transparence les solutions durables à cette
crise du recyclage du verre au Québec qui dure depuis longtemps?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette : Merci,
M. le Président. La collègue
fait référence à juste
titre à la crise du verre, et cette crise du verre fait suite à la crise du papier, et on est à
la veille de vivre également une crise du plastique. Donc, ça illustre à quel
point, au cours des dernières années, on a laissé une situation se dégrader.
Je peux
assurer la collègue que, très bientôt, on fera savoir nos intentions à ce niveau-là. L'idée d'une commission
parlementaire ou d'un mandat d'initiative à ce
moment-ci ne nous apparaît pas nécessaire
parce qu'il y a plusieurs tables
de travail qui oeuvrent à conseiller le
ministère. Je faisais référence notamment à UMQ, CMM, Éco Entreprises Québec
et plusieurs interlocuteurs...
Le Président : En terminant.
M. Charette :
...qui travaillent sur le dossier. Donc, rapidement, on pourra revenir avec un
plan de match pour répondre à l'incapacité...
Le Président : Question
principale, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : M. le Président, en
novembre 2016, le premier ministre disait la chose suivante : «...je
présenterai bientôt un plan de match pour
qu'Hydro-Québec exporte davantage[...]. [...]Tout le monde va y gagner. Un
gouvernement de la CAQ va donc lancer
un grand chantier qui va créer des milliers d'emplois payants. Je parle de
lancer une Baie-James du XXIe
siècle...» Suite à cette déclaration, le premier ministre avait aussi affirmé
que nous connaîtrions les détails en 2017.
Évidemment, aujourd'hui, nous sommes toujours
devant le néant. J'ai posé la même question ici au ministre, et sa réponse était : «Notre message est
[...] clair, il est très simple, [et] même, de toute évidence, il est
responsable : On [va] travailler
sur l'exportation des surplus énergétiques.» M. le Président, les
Québécois veulent plus d'information, pas une simple affirmation de l'évidence.
Nous voulons tous exporter nos surplus. Ceci dit, ce qui est très clair
aujourd'hui, c'est la rebuffade de l'Ontario d'hier, mais la
satisfaction d'alliance énergétique, elle, on n'en sait toujours rien.
Est-ce que le
ministre va nous expliquer clairement c'est quoi, son plan? À qui va-t-il
vendre nos surplus? À quelles conditions? Et combien ça va nous coûter,
M. le Président?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
M. Julien : Oui. Merci, M. le
Président. Écoutez, je suis un peu surpris de voir l'attitude de mon collègue
de Laval-des-Rapides, une attitude que je qualifierais de résignée.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Julien :
J'ai vu certains gazouillis, je pense que c'est comme ça qu'on appelle ça,
c'est presque s'il... ce dernier se
réjouissait d'un éventuel échec. Mais, ici, on parle en réalité de discussions
à long terme pour être en mesure de procurer, via les surplus d'Hydro-Québec, une énergie propre, une énergie
renouvelable, en réalité procurer un avantage économique pour le Québec. Mais de penser qu'entre novembre
2018 et aujourd'hui on aurait une entente, bien non. De penser que le
parcours serait court et non ardu, bien non. Mais on a des ententes, là, sur le
point d'arriver avec le Maine, avec le Massachusetts.
Deux, trois, quatre, cinq ans de discussions. Il faut comprendre aussi ce que
semble oublier l'opposition : qu'avec
l'Ontario on a déjà des ententes aussi. Actuellement, on exporte deux térawattheures jusqu'en 2023.
Donc, pour nous, on ne sera pas résignés, on va poursuivre les
discussions. Et effectivement...
Le Président : En terminant.
M. Julien : ...on compte bien
exporter nos surplus pour le bénéfice économique.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : M. le Président, le premier ministre a dit à plusieurs reprises qu'il est un «deal
maker». En novembre dernier, il a
présenté un deal, qu'il ne pourrait refuser, au premier ministre Ford. Il a
tout offert aux Ontariens, sa
chemise, les pantalons, et tout le reste. Il a offert une copropriété
des nouveaux barrages, des jobs payantes aux travailleurs ontariens et, en plus, il a promis de
l'électricité qui ne serait pas chère en Ontario.
Malgré tout, il s'est faire
dire non, il s'est fait revirer de bord cavalièrement.
Après avoir tout offert au gouvernement voisin,
est-ce que le ministre peut dire aux Québécois jusqu'où son gouvernement est
prêt à aller pour réaliser la pensée improvisée de son...
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : M. le Président,
résignation, c'est ce que j'entends, résignation.
Le Président : S'il vous
plaît!
Julien : On sera très loin d'être résignés, on va continuer nos
échanges. Effectivement, on a un surplus actuellement, on a de la capacité de distribution, on a une énergie
verte, renouvelable. Franchement, les États provinciaux comme au sud de la
frontière ont tout intérêt à regarder notre énergie pour la réduction des GES,
pour faire de la transition énergétique.
On a un superproduit et on va poursuivre les discussions. Et ce n'est pas vrai
qu'on va s'arrêter à une seule déclaration.
On va poursuivre les discussions parce qu'on le sait, que notre produit, c'est
le meilleur. Et soyez assurés que nos voisins éventuellement vont
adhérer à ça.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : M. le Président, à chaque jour qui se passe, on s'aperçoit que
ce ne sont pas des nouveaux barrages que le premier ministre proposait à
l'époque, mais bien des nouveaux mirages. Après tout, il disait qu'avec son
alliance énergétique le Québec deviendrait la batterie de l'Amérique du Nord. À
l'époque, il visait trois régions : la Nouvelle-Angleterre — c'est
nous qui avons négocié le contrat; l'État de New York — c'est nous, en 2017, qui avons envoyé les
propositions; l'Ontario — c'est nous, en 2016, qui avons signé la plus
grosse entente de l'histoire. Le plan du premier ministre était d'en
faire plus. Mais, pour une alliance, il faut avoir des alliés.
Comment
allez-vous écouler les surplus d'Hydro-Québec? Et allez-vous déjà annoncer la
mort de l'éphémère projet...
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Julien : Oui, M. le Président. Écoutez, il faut prendre le temps de
faire les choses dans des négociations avec des projets de plusieurs milliards d'exportations. Actuellement,
l'Ontario a 58 % de sa production électrique qui vient en réalité de
centrales nucléaires. Au cours des prochaines années, tout le monde sait que
les 20 centrales nucléaires de l'Ontario
vont nécessiter des sommes importantes pour les réhabiliter, pour les mettre
aux normes. Nous, on pense que la proposition que fera le gouvernement
du Québec, que fait le gouvernement du Québec d'exporter sera une soupape intéressante pour l'Ontario. Et on va continuer
les discussions parce que c'est une énergie propre, renouvelable, et ça va
profiter à la richesse de tous les Québécois.
Aucunement question, M. le Président, d'être résignés. Et, si vous travaillez
contre, au moins ne faites pas de mal.
Le Président :
Question principale, M. le député de Viau.
Benjamin : M. le Président, le 7 février, la ministre du Tourisme
annonçait qu'elle entamait une tournée des régions et elle irait à la rencontre de l'industrie touristique. Nous
reconnaissons tous l'importance des retombées économiques de cette industrie pour l'économie québécoise, et
ce, partout au Québec. L'idée d'une tournée comme celle-ci est une bonne
façon, d'ailleurs, d'aller à la rencontre
des différents partenaires, mais encore faut-il le faire correctement. Le
Québec compte 22 associations
touristiques. Or, la ministre ne fera que 18 arrêts. Elle a décidé de regrouper
quelques associations. Par exemple,
elle va au Bas-Saint-Laurent, mais pas en Gaspésie. Sa consultation du 8 avril
regroupera donc les régions de Percé et La Pocatière, un très grand
territoire : sept heures de route, 614 kilomètres.
Puisque
la ministre prétend vouloir connaître et entendre les acteurs de l'industrie,
pourquoi ne va-t-elle pas à la rencontre
des 22 associations touristiques dans chacun de leur territoire, question de
bien connaître les enjeux locaux?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Proulx (Berthier) : Merci, M. le Président. Merci... du collègue de la
circonscription de Viau. C'est la première fois, M. le Président, qu'une ministre du Tourisme décide de faire la
tournée entière du Québec. C'est la première fois...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Mme Proulx
(Berthier) : ...qu'une ministre s'engage...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Proulx (Berthier) :
...à faire la tournée des régions. On a commencé, la semaine passée, M. le
Président, avec le Centre-du-Québec.
Et, oui, on fait 18 des 22 régions touristiques, M. le Président, parce que
vous savez quoi? On doit siéger ici,
au salon bleu de l'Assemblée nationale. Et, oui, on a décidé de regrouper
certaines régions sous la proposition de
l'alliance touristique du Québec et des associations touristiques du Québec. On
est bien conscients que le Bas-Saint-Laurent,
ce n'est pas la Gaspésie, M. le Président. Mais on a décidé de regrouper nos
efforts et faire en sorte qu'on
puisse être sur le terrain, aller rencontrer les gens de l'industrie, parce que
l'objectif premier de cette tournée-là, M. le Président, c'est d'être sur le terrain, d'aller voir les gens de
l'industrie et d'arriver en 2020 avec un plan de développement
économique de l'industrie touristique du Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Viau.
Benjamin : M. le Président, j'inviterais Mme la ministre à prendre
connaissance du travail accompli par ses prédécesseurs dans ce dossier-là, notamment en matière de tourisme
d'agrément. «...je suis certaine que les entreprises, les associations
et les élus se déplaceront pour venir à notre rencontre.» C'est ce qu'a déclaré
l'attachée de presse de la ministre au
journal L'Avantage gaspésien . Cette déclaration m'apparaît un peu
déconnectée, mettre le poids sur les épaules des intervenants de se déplacer, alors que, dans les faits, la ministre
devrait vouloir véritablement entendre tous les partenaires.
Va-t-elle modifier
son agenda pour consulter...
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Proulx (Berthier) : M. le Président, de mettre le poids sur les gens
de devoir se déplacer... Je tiens à rappeler au collègue qu'on fait 18
des 22 régions touristiques au Québec. 18 des 22 régions. On invite tous les
partenaires à se déplacer, à venir sur le terrain avec nous parler des enjeux
de main-d'oeuvre, parler des défis auxquels font face les restaurateurs, les hôteliers et, ensemble, sur le
terrain, à écouter ces gens-là, M. le
Président. C'est de cette façon-là
que nous, notre gouvernement, nous allons produire, dès 2020, un plan de développement économique de l'industrie touristique, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Proulx (Berthier) : ...parce
que, pour nous, l'industrie touristique, c'est un levier économique
important.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Viau.
Benjamin : M. le Président, la tournée, qui a débuté vendredi dernier à Drummondville, a connu un
faux départ. Lorsque le journal L'Express a tenté d'en
savoir davantage sur la vision de la ministre,
celle-ci a fermé la porte aux questions locales,
notamment, en refusant de commenter la fin du Mondial des
cultures, alléguant que le sujet prioritaire était sa tournée. Elle a même
demandé aux journalistes d'arrêter de la questionner sur le sujet. Elle ne veut
visiblement pas écouter tous ses partenaires.
Est-ce que la ministre
peut nous dire pourquoi et surtout pour qui elle fait cette tournée?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Proulx (Berthier) : M. le Président, pour une ministre qui ne souhaite pas écouter les gens de l'industrie, je tiens à rappeler à mon collègue de Viau qu'encore une fois, là, on fait
18 des 22 régions touristiques du Québec. Vous savez
quoi, M. le Président? Est-ce que je connais toute la bible de l'industrie
touristique du Québec? La réponse, c'est non. Alors, on avait invité les journalistes, M. le Président, pour parler de cette formidable tournée, parler des gens, parler des
gens de l'industrie, qui font que le Québec est fier d'être vendu à
l'international et ici, au Québec, M. le Président.
je profite de cette tribune-là pour inviter tous les médias. Il nous reste
encore 16 régions à faire. Ça me fera plaisir de les rencontrer, M. le
Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci, M. le Président. Je suis préoccupée par le silence du gouvernement caquiste au sujet
du financement de la culture.
Depuis sa nomination, la ministre de la Culture n'a cessé de
vanter la politique culturelle du précédent gouvernement mais n'a toujours pas confirmé le maintien des
604 millions de dollars nécessaires à la poursuite de sa mise en oeuvre.
Dans un
article de La Presse ,
la ministre affirmait que les réponses quant au financement de la politique
culturelle seraient offertes dans la
mise à jour économique de décembre. Soit la ministre n'a pas fait ses devoirs
soit elle n'a pas l'écoute du ministre des Finances, puisque,
malheureusement, il n'y avait rien pour la culture dans la mise à jour
économique. Lorsque je l'ai questionnée en
Chambre au sujet de l'avenir de la politique culturelle, elle a annoncé des
changements d'orientation sans jamais les préciser, sauf peut-être
changer un slogan.
ministre peut-elle, une fois pour toutes, rassurer les artisans du milieu de la
culture quant à l'avenir de la politique culturelle mais surtout
concrètement énoncer...
Le Président :
Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Oui. Merci. Je remercie la collègue pour sa question.
D'entrée
de jeu, je voudrais vous dire qu'en ce qui a trait au financement, comme vous le savez, il y a un budget
qui s'en vient, et mon collègue le ministre
des Finances, avec lequel j'ai eu plusieurs échanges, sera au rendez-vous. Et
les demandes du milieu ont été
également entendues. Et, lorsque vous me dites... et je vais être très
transparente ici, lorsque vous dites
que j'ai mentionné qu'on trouverait certains chiffres à la mise à jour de
novembre, j'avoue, M. le Président... de
décembre, que j'ai peut-être parlé un petit peu trop vite. J'avais trop
d'enthousiasme. Chose certaine, chose certaine, je me bats et je me
battrai jusqu'au bout pour que nos artistes, nos créateurs, nos productrices,
nos producteurs, nos réalisatrices, nos
réalisateurs, nos acteurs, nos actrices, qui font rayonner le Québec à
l'étranger, aient tout ce qu'ils ont besoin,
qu'on soit là pour les soutenir, les supporter, pour faire rayonner la culture
du Québec à l'étranger. Ils sont bons, il faut en prendre soin.
Le Président :
En terminant.
Mme Roy :
Et moi, j'ai vraiment confiance en notre ministre.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci à tous.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Ce n'est pas terminé.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du groupe formant
l'opposition officielle. M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement
avec la députée de Marie-Victorin, la cheffe du troisième groupe d'opposition
et le député de Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement de prendre acte du jugement de la Cour
supérieure enjoignant le ministère de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion de traiter les 18 000
dossiers en attente dans le programme régulier des travailleurs qualifiés;
«Qu'elle
demande au gouvernement de s'engager formellement à compléter le traitement de
tous ces dossiers.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de
cette motion?
Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Pour la deuxième
motion, un membre du deuxième groupe d'opposition, M. le député de
Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre de la Santé et des Services sociaux, le
député de Jean-Lesage et le député de Chomedey, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de mettre fin dans les meilleurs délais possible à la rémunération des médecins liée à la
surveillance générale des activités
médicales des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première
ligne.»
Le Vice-Président (M.
Picard) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger :
Consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Oui, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Je demanderais le vote par appel nominal, s'il
vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Que l'on appelle les députés.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Donc, nous allons débuter.
Nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix de la motion
présentée par M. le député de Jonquière, proposant :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec
de mettre fin dans les meilleurs délais possible à la rémunération des
médecins liée à la surveillance générale des activités médicales des
infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne.»
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Bérubé (Matane-Matapédia),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), Mme Richard (Duplessis), M. Roy
(Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard
(Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe
(Papineau), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx
(Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid
(Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau),
M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay
(Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron
(Portneuf), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe
(Ungava), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval),
M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic),
M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau),
M. Derraji (Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Ghazal
(Mercier), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti
(Jean-Lesage), Mme Dorion (Taschereau).
M. Ouellette
(Chomedey).
Le Vice-Président (M.
Picard) : Que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Est-ce qu'il y a des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 114
Contre :
Le Vice-Président (M.
Picard) : La motion est adoptée. Toujours à la rubrique Motions sans
préavis, un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti :
M. le Président, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante conjointement avec le député de Pontiac, le député de Jonquière
et le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse qu'au Québec l'âge de la majorité est établi
à 18 ans et qu'à cet âge les
Québécoises et Québécois sont reconnu-e-s capables de prendre des décisions par
eux-mêmes concernant leurs habitudes de vie et leur santé;
«Que l'Assemblée nationale réaffirme
qu'à partir de 18 ans les Québécoises et Québécois sont réputé-e-s adultes
et donc sont égaux en droit et en responsabilité.»
Le Vice-Président (M.
Picard) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion?
Schneeberger : Pas de consentement.
Le Vice-Président (M.
Picard) : Pas de consentement. Un membre du groupe formant le
gouvernement. M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur.
M. Roberge : M. le
Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de
Saint-Laurent, le député de Bonaventure, le leader du troisième groupe
d'opposition et le député de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale souligne
avec fierté les 50 ans de l'ENAP du réseau de l'Université du Québec et
rende hommage aux professeurs contractuels ainsi qu'aux professeurs réguliers;
«Que l'Assemblée félicite également
les milliers de diplômés de l'ENAP qui ont choisi de se doter des meilleures
connaissances pour assurer des services publics de qualité au Québec.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Schneeberger :
Il y aura consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté. Pas d'autres motions?
À la rubrique Avis
touchant les travaux des commissions, M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, M. le Président, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail poursuivra
les consultations particulières sur le projet de loi n° 10, Loi modifiant
la
Loi sur l'équité salariale afin principalement d'améliorer
l'évaluation du maintien de l'équité salariale, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 17 h 45 et de 19 h 30 à
20 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra les consultations
particulières sur le projet de loi n° 9, Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à
répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 h 15 et
de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 3, Loi visant l'instauration d'un
taux unique de taxation scolaire, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 18 heures, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de
l'édifice Pamphile-Le May. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement
pour déroger à l'article 143 du règlement concernant l'horaire des
travaux des commissions? Consentement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui,
après les affaires courantes pour une durée de 45 minutes, à la salle
RC.161, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un
mandat d'initiative portant sur l'enjeu de l'accès aux soins en santé mentale.
la rubrique Renseignement sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe que
demain, lors des affaires inscrites par
les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le chef du
deuxième groupe d'opposition. Cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement d'abolir le cours d'éthique et [de] culture religieuse.»
La période des affaires courantes étant terminée, nous
allons maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader du
gouvernement.
Schneeberger : Oui.
Alors, M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 1 du feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) :
À l'article 1 du feuilleton, Mme la ministre de la Sécurité propose
l'adoption du principe du projet de
loi n° 1, modifiant les règles encadrant la nomination et la destitution
du Commissaire à la lutte contre la
corruption, du directeur général de la Sûreté du Québec et du Directeur des
poursuites criminelles et pénales. Y a-t-il des interventions? Mme la
ministre.
Guilbault : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, M. le Président, chers collègues, bonjour.
Nous procédons aujourd'hui à l'adoption du principe du projet de loi
n° 1, que j'ai présenté à l'Assemblée nationale le 29 novembre dernier et qui s'intitule Loi modifiant les règles
encadrant la nomination et la destitution du commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur
général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites criminelles et
pénales.
J'ai eu des
discussions avec bon nombre de mes collègues de l'Assemblée nationale
concernant les orientations de ce projet de loi. Nous souhaitons aller de
l'avant avec un projet empreint des valeurs fondamentales de la société québécoise, soit l'impartialité, la transparence,
la neutralité et l'équité. C'est donc dans cette volonté que s'inscrit
l'objectif central du projet de loi n° 1. J'en rappelle brièvement
les modalités avant de poursuivre.
Essentiellement, ce projet de loi vise à
favoriser une plus grande neutralité et à améliorer la transparence des processus de nomination et de destitution du
Commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur général de la Sûreté
du Québec et du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Il est
impératif que ces processus offrent les garanties de neutralité suffisantes que nous sommes en droit
d'attendre des titulaires de ces fonctions névralgiques. À cet effet, il est,
entre autres, prévu de soumettre la
candidature proposée par le premier ministre au vote des membres de l'Assemblée
nationale et de permettre que le candidat
soit préalablement rencontré par des députés de chaque parti autorisé
représenté à l'Assemblée nationale,
lors d'un entretien tenu à huis clos. Ce projet de loi précise du même coup le
processus de sélection du directeur
général de la Sûreté du Québec afin de le rendre analogue à celui du
Commissaire à la lutte contre la corruption et du Directeur des
poursuites criminelles et pénales.
Maintenant,
permettez-moi, M. le Président, de situer le contexte dans lequel s'inscrivent
le projet de loi n° 1 et l'objectif qu'il poursuit.
À différentes occasions au cours des dernières années,
l'indépendance des personnes occupant des fonctions cruciales telles que celles
visées par le présent projet de loi a suscité des critiques dans le cadre de
débats publics. On soulignait notamment que
les processus de nomination et de destitution du Commissaire à la lutte contre
la corruption, du Directeur des poursuites criminelles et pénales et du
directeur général de la Sûreté du Québec pouvaient susciter certaines questions
quant à la neutralité nécessaire à l'exercice de leurs fonctions.
Le rapport de
la commission Charbonneau, déposé le 24 novembre 2015, soulignait que les
modes de nomination et de destitution
du Commissaire à la lutte contre la corruption, tels qu'ils étaient prévus à ce
moment, n'offraient pas de garantie
d'indépendance comparable à celle prévue pour d'autres titulaires de charge
publique d'importance similaire au
Québec. Il y était question du risque potentiel d'influence lors d'une
situation de renouvellement de mandat. Le rapport soulignait aussi l'absence de modalités de fin
d'emploi. Cela avait pour effet que le commissaire pouvait être destitué
par le gouvernement sans motif et sans préavis. En réponse aux recommandations
formulées par cette commission, le précédent
gouvernement a proposé la Loi visant à accroître la compétence et
l'indépendance du commissaire à la lutte contre la corruption et du Bureau des enquêtes indépendantes ainsi que
le pouvoir du directeur des poursuites criminelles et pénales d'accorder certains avantages à des
témoins collaborateurs, qui a été sanctionnée le 14 février 2018. De fait,
cette loi est venue renforcer l'indépendance
du Commissaire à la lutte contre la corruption en faisant de cet organisme
un corps de police à part entière. Elle a de
plus modifié les modes de nomination et de destitution du commissaire. Ces
mesures ont corrigé en
partie les lacunes
soulevées par la commission Charbonneau, soit : la durée du mandat du
commissaire est dorénavant établie à
sept ans sans possibilité de renouvellement; la destitution ou la suspension
sans rémunération en cours de mandat
doit désormais se fonder sur une raison valable; l'aptitude des candidats est
évaluée par un comité de sélection
dont la composition est prévue par la loi en fonction de critères déterminés
par un règlement du gouvernement. Ce
que ces mesures n'ont pas assuré cependant, c'est la neutralité du choix d'un
candidat, puisque le pouvoir de le nommer et de le destituer appartient
encore au gouvernement.
De plus, les
modifications apportées aux lois existantes ont accentué la disparité entre les
modes de nomination et de destitution du Commissaire à la lutte contre
la corruption et du directeur général de la Sûreté du Québec.
Actuellement, la
Loi sur la police prévoit que
le directeur général de la Sûreté du Québec est nommé par le gouvernement.
Aucune autre disposition n'encadre ce processus de sélection et de nomination.
Pour ce qui est de sa destitution,
elle ne peut survenir que sur recommandation de la ministre de la Sécurité
publique après enquête menée par
celle-ci ou par la personne qu'elle désigne.
Toutefois, même si la loi ne
l'obligeait pas, un comité de sélection a été formé afin d'établir une
liste de candidats déclarés aptes à exercer cette fonction, lors du dernier
processus de sélection du directeur général
en 2014. Ce comité était composé d'un directeur de corps de police municipal et
d'un directeur général de la Sûreté
du Québec retraité, d'un administrateur d'État du gouvernement du Québec et du
directeur général de l'École nationale de police du Québec.
Pour
ce qui est du Directeur des poursuites criminelles et pénales, le processus de
nomination est prévu dans la
Loi sur
le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Il est nommé par le
gouvernement sur la recommandation de la ministre de la Justice à partir d'une liste de personnes qui ont été
déclarées aptes à exercer cette charge par un comité de sélection. Ce comité est composé de la
sous-ministre de la Justice, d'un avocat recommandé par le bâtonnier du Québec,
d'un professeur de droit recommandé par les doyens des facultés de droit des
universités du Québec, d'une personne recommandée
par des organismes représentants le milieu municipal et d'une autre personne
choisie par la ministre parmi les
personnes oeuvrant dans un organisme qui a pour objet d'aider les victimes
d'actes criminels. Et finalement les critères que le comité de sélection
doit considérer pour évaluer les candidats sont prévus au Règlement sur les
critères pour la sélection du directeur des poursuites criminelles et pénales.
Cependant,
comme pour le Commissaire à la lutte contre la corruption, la neutralité du
choix d'un candidat est toujours matière à débat, puisque le pouvoir de
le nommer appartient au gouvernement. Ainsi, le projet de loi n° 1 prévoit la modification du mode de nomination du
Commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur général de la Sûreté du Québec et du Directeur des poursuites
criminelles et pénales. Ces nominations seraient désormais faites par l'Assemblée nationale sur motion du premier ministre
et avec l'approbation des deux tiers de ses membres. À l'égard de la nomination
du Directeur des poursuites criminelles et pénales, une recommandation de la
ministre de la Justice devrait préalablement avoir été formulée au
premier ministre.
Avant
que le premier ministre présente sa motion portant sur l'un ou l'autre des
trois postes, le candidat serait rencontré par des députés lors d'un entretien
tenu à huis clos. À cette fin, le premier ministre désignerait un député
de son parti et demanderait au chef de
chaque autre parti autorisé représenté à l'Assemblée nationale de faire de
même. Par la suite, dans les
15 jours suivant cette demande, les députés transmettraient au premier
ministre un rapport conjoint et confidentiel contenant la recommandation de
chacun sur la candidature de la personne rencontrée. Par ailleurs, il serait
maintenant nécessaire, pour qu'une
destitution soit effective, que les deux tiers des membres de l'Assemblée
nationale se soient montrés en faveur
d'une motion présentée par le premier ministre. À l'égard du Directeur des
poursuites criminelles et pénales, une recommandation de la ministre de la
Justice devrait préalablement avoir été formulée au premier ministre.
Par ailleurs, outre la destitution par
l'Assemblée nationale, les cas de destitution prévus dans la
Loi sur la police
continueraient de s'appliquer au Commissaire à la lutte contre la
corruption et au directeur général de la Sûreté du Québec.
projet de loi prévoit également que la ministre de la Sécurité publique pourrait
relever provisoirement de ses fonctions le directeur général de la Sûreté du Québec avec rémunération dans le
cas d'une situation urgente nécessitant une intervention rapide ou dans un cas présumé de faute grave. La
ministre de la Sécurité publique et la ministre de la Justice ont déjà un tel pouvoir à l'égard
respectivement du Commissaire à la lutte contre la corruption et du Directeur
des poursuites criminelles et pénales.
Enfin,
pour ce qui est de la sélection des candidats, le projet de loi modifie la Loi
sur la police afin que le processus et
les exigences concernant le directeur général de la Sûreté du Québec soient
analogues à ceux concernant le Commissaire à la lutte contre la corruption et le Directeur des poursuites criminelles
et pénales. Ainsi, le projet de loi prévoit la formation d'un comité de sélection par la ministre de la
Sécurité publique pour évaluer les candidats à ce poste, l'introduction d'un
pouvoir réglementaire afin de définir les critères servant à
l'évaluation des candidats et les conditions auxquelles doit satisfaire un
candidat pour être nommé directeur général ou directeur général adjoint de la
Sûreté du Québec.
Au cours des derniers
jours, nous avons mené des consultations particulières durant lesquelles
différentes organisations ont eu l'occasion de partager leurs avis sur le
projet de loi et lors desquelles les parlementaires ont pu échanger à ce sujet. Je peux vous assurer que nous
garderons à l'esprit les différents points de vue exprimés lors de ces
consultations.
D'ailleurs, avant d'aller plus loin, je tiens à
remercier celles et ceux qui ont contribué à enrichir le débat lors de ces
consultations. Je remercie donc les membres de la Commission des institutions,
les députés ainsi que les groupes et les
organismes qui ont pris part aux consultations particulières, soit le Barreau
du Québec, la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, l'Association des
directeurs de police du Québec, l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec, Me Martine
Valois et M. Denis Saint-Martin, membres du Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau, le
Commissaire à la lutte contre la corruption, la Sûreté du Québec et le
Directeur des poursuites criminelles et pénales.
Globalement,
nous pouvons affirmer que l'essentiel des avis reçus sont plutôt favorables au
projet de loi que nous avons présenté
et à l'objectif qu'il poursuit. Cela dit, certains éléments soulevés par ces
intervenants nous ont donné matière à réflexion. Nul doute que nous
aurons l'occasion d'y revenir dans la poursuite de nos travaux.
En conclusion, les
changements proposés visent à assurer la neutralité et la transparence dans les
processus de sélection, de nomination et de
destitution des personnes appelées à diriger les trois institutions visées par
le projet de loi n° 1. De ce
fait, M. le Président, j'invite cordialement les membres de l'Assemblée
nationale à adopter le principe du projet
de loi n° 1, Loi modifiant les règles encadrant la nomination et la
destitution du commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur général de la Sûreté du Québec et du directeur
des poursuites criminelles et pénales. Merci de votre attention.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Je reconnais maintenant Mme la
députée de l'Acadie et porte-parole de l'opposition officielle en
matière de sécurité publique.
St-Pierre :
Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir de prendre la parole en cette
Chambre pour ce projet de loi, projet de loi n° 1. Donc, c'est un
projet de loi qui est fort important. C'est un projet de loi qui parle de
sécurité publique, qui parle de justice. C'est un projet de loi qui a trois
volets, c'est-à-dire qu'il touche la Sûreté du Québec, l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption, et également le DPCP,
le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Donc, c'est un projet de loi costaud, important. C'est un
projet de loi qui, comme l'a dit la ministre, amène aussi, peut-être, à certaines réflexions et qui pourront,
ces réflexions-là, se retrouver dans un projet de loi qui sera, à la fin,
bonifié et qui fera, évidemment, on le souhaite, l'unanimité.
M. le
Président, lorsque la ministre a lancé son projet de loi lors d'une conférence
de presse avec sa collègue la ministre
de la Justice, elle a dit, dans la première ligne de son communiqué :
«C'est un projet de loi qui remplit les engagements du gouvernement, l'engagement pris par la CAQ lors de la
campagne électorale.» Ce n'est pas tout à fait ce qui a été pris comme engagement pendant la
campagne électorale, et je vais en faire la démonstration pendant ma
présentation.
La ministre
fait appel à la neutralité. Évidemment, ce sont des postes très importants, et
ces postes-là doivent faire en sorte
que la population doit avoir une confiance, une confiance inébranlable aux
personnes qui occupent ces fonctions. Dans
son communiqué, on lit la citation suivante : «Le projet de loi que nous
déposons aujourd'hui vise à favoriser une plus grande neutralité du processus de nomination, en nous assurant
qu'il repose d'abord et avant tout sur la compétence et l'expérience des candidats. Puisque notre
démarche s'appuie sur des principes fondamentaux comme la rigueur et la transparence, j'ai bon espoir que ce projet de loi
fera l'objet d'un consensus à l'Assemblée nationale. Nous faisons appel
à la collaboration des partis d'opposition pour que ce projet de loi chemine
rapidement.»
Collaboration, oui, en effet. D'ailleurs,
lorsqu'on nous a annoncé que nous étions d'accord avec certaines dispositions
du projet de loi, il y a eu une surprise de l'autre côté. Bien sûr, M. le
Président, il a fallu une réflexion. Nous
avons analysé la situation. Nous en avons discuté en caucus et nous en sommes
venus à la conclusion que, pour faire en
sorte que la population ait encore plus confiance en ces nominations, bien, on
pense qu'effectivement on pourrait aller vers ce processus de nomination en ayant l'aide, l'éclairage des députés
de l'Assemblée nationale. Qui dit collaboration ne veut pas dire à-plat-ventrisme, ne veut pas dire se plier. Qui dit
collaboration... bien, la collaboration, ça va des deux côtés. Il faut
que la collaboration soit du côté du gouvernement de la CAQ et aussi qu'il y
ait la collaboration des partis de l'opposition. Nous en sommes.
D'ailleurs,
M. le Président, ce projet de loi fait en sorte que nous allons nommer ces
personnes avec un processus très,
très rigoureux qui a déjà été mis en place, notamment, du côté de la Sûreté du
Québec par ma prédécesseure... pas ma prédécesseure,
par la prédécesseure de la ministre de la Sécurité publique. Les nominations à
la Sûreté du Québec n'avaient pas été
enchâssées dans un projet de loi. Donc là, on enchâsse ce processus avec un
comité de sélection qui va analyser les candidatures aptes à occuper la
fonction de directeur de la Sûreté du Québec. On propose un mandat de cinq ans renouvelable cinq autres années. Il y a eu des
discussions là-dessus pendant la commission parlementaire. Je pense qu'on
pourra en rediscuter pendant le débat
article par article.
On parle aussi de l'Unité permanente anticorruption,
fort important. Ce poste a été également... a fait l'objet d'une loi qui a été votée ici, à l'Assemblée nationale, un projet de loi qui avait été déposé par Martin Coiteux, qui
était, à ce moment-là, ministre de la Sécurité publique, qui fait en sorte que le
poste est pour une durée de sept ans non renouvelable. Je pense que tout
le monde s'entend là-dessus à la
lumière de ce que nous avons vu dans les différentes expériences dont
nous avons été témoins au cours des dernières années.
M. le Président, les principes évoqués par le gouvernement en appui du projet de loi sont :
renforcer la confiance envers nos institutions, renforcer l'indépendance de ces institutions — très
important — rendre
le mode de nomination plus neutre, favoriser la transparence du processus
de nomination. Ces principes, nous les faisons nôtres et nous
abordons le projet de loi avec une volonté de bonifier son contenu à
l'aune de ceux-ci.
La Sûreté du Québec, qui est le plus grand corps de police du Québec,
est le seul corps de police national au Québec. Il a pour mission de maintenir la paix et l'ordre,
la préservation de la vie, la sécurité et les droits fondamentaux des personnes
et la protection de leurs biens. La Sûreté du Québec dessert 1 039 municipalités au Québec avec un effectif de 7 800 personnes.
Le commissaire à la lutte à la corruption,
qui dirige un corps de police spécialisé dans la lutte à la corruption et qui
forme l'Unité permanente anticorruption, l'UPAC, avec des équipes
désignées par le gouvernement, notamment celles de Revenu Québec, la Régie du bâtiment du Québec et la Commission
de la construction du Québec... Il y a
aussi le Directeur des poursuites criminelles et pénales, une institution mise sur pied en 2007 par le gouvernement libéral de l'époque, dont la fonction est de déterminer, au nom du Procureur général du Québec, si la suite d'une enquête... une poursuite
judiciaire doit ou non être lancée. On comprend aisément qu'il s'agit d'institutions névralgiques de l'État québécois. Il faut donc soupeser avec beaucoup
d'attention toutes les modifications qui sont apportées au cadre législatif les
régissant.
D'ailleurs,
comme l'a mentionné la ministre, nous avons entendu, en consultations particulières, huit groupes qui sont venus nous faire part de
leurs commentaires et de leurs suggestions pour bonifier le projet de loi. Ce fut un exercice très
enrichissant, malgré le fait qu'il y
a eu des désistements, et nous en
étions un peu surpris, mais, bon, voilà, il y a eu quand même
huit groupes qui ont pris la peine de venir. Et cette consultation a démontré que le projet de
loi devant nous est imparfait.
C'est normal, tout projet de loi est perfectible, et nous espérons que le gouvernement
sera ouvert à des améliorations et saura saisir l'occasion d'élargir le projet
de loi pour donner suite à certaines recommandations.
que nous recherchons dans le cadre du projet
de loi, c'est à nous assurer que les
titulaires des trois fonctions visées
puissent bénéficier d'un processus de sélection rigoureux — je
pense que ça, c'est vraiment essentiel, et c'est le cas — qu'ils
puissent prendre les décisions qui leur reviennent en toute indépendance, sans possibilité d'influence, donc un mur, un mur entre ces personnes et les
influences qu'il pourrait y avoir.
Donc, je le
disais tout à l'heure, le projet
de loi vient introduire dans la Loi
sur la police un processus de sélection rigoureux pour la nomination du directeur
général de la Sûreté du Québec. Nous en sommes très heureux, puisqu'il s'agit d'une initiative qui découle de l'action de la députée
d'Anjou—Louis-Riel, qui, sans être forcée par la loi, avait mis en place le processus de sélection proposé en 2014. D'ailleurs, le
directeur qui a été nommé à l'époque a été mandaté pour aller du côté du SPVM pour faire en sorte qu'on
puisse rétablir une certaine confiance, et restructurer le SPVM, et apporter certains correctifs. Donc, le processus
étant déjà dans la loi... n'étant pas dans la loi, nous
devons bien sûr l'enchâsser dans une loi, ce qui est une
bonne chose.
Il y a
la question de la destitution. Donc, il y a
une zone d'ombre, dans le projet de
loi, dans cette loi. Cette zone
d'ombre se trouve très certainement dans le processus de destitution qui est
proposé pour les trois titulaires de charge publique.
En effet, un des très nombreux intervenants l'ont souligné... de très nombreux intervenants, dis-je, l'ont souligné, l'indépendance
de ces acteurs se trouve affaiblie par la proposition du gouvernement, et il faut vraiment, je pense, se pencher là-dessus et apporter des correctifs. Et, d'après
ce que je viens d'entendre, je pense qu'il y a une ouverture de ce côté-là.
Je vais citer
Me Martine Valois, qui est venue en commission parlementaire, et son
commentaire a été très intéressant.
Tout d'abord, elle parle de... C'est
peut-être la seule personne qui est venue dire que ce n'était peut-être pas
une bonne chose de faire ces nominations aux
deux tiers. Et je pense que c'est bon de répéter ce qu'elle a dit pour qu'après
nous puissions avoir des discussions très
franches sur le sujet. Donc, elle parle de la commission Charbonneau :
«Dans son rapport, la commission
Charbonneau recommandait de réformer le mode de nomination et de destitution du
commissaire — on parle
de l'UPAC — afin
qu'il soit analogue à celui du directeur [de la Sûreté du Québec]. Selon la
commission Charbonneau, le mode de
nomination et de destitution du commissaire avant l'adoption du projet de loi
n° 107 — c'était
le projet de loi de l'époque — n'offrait pas de garantie
d'indépendance comparable à celle prévue pour d'autres titulaires de charge
publique d'importance similaire au Québec.
«[...]Cette
recommandation — et je
cite toujours — a été
mise en oeuvre par le projet de loi n° 107 sanctionné le 14 février 2018. Suivant la loi actuelle,
le commissaire est nommé par le gouvernement sur recommandation d'un comité
de sélection composé du sous-ministre de la
Sécurité publique, du secrétaire du Conseil du trésor, d'un avocat recommandé
par le bâtonnier du Québec, d'un directeur
de corps de police recommandé par le conseil d'administration de l'Association
des directeurs de police du Québec et d'une
personne recommandée par des organismes représentant le milieu municipal. Les
candidats jugés aptes sont choisis sur la base de critères prévus dans la loi
et fondés sur la compétence, dont les connaissances — bien
sûr — en
droit criminel et pénal.
«Le commissaire
est nommé par le gouvernement pour un mandat non renouvelable de sept ans.
Selon la commission Charbonneau, la
nomination pour une durée fixe non renouvelable est essentielle — et je cite la commission ici, en citant Mme Valois — "afin d'éviter les risques potentiels
d'influence dans le but d'obtenir un renouvellement de mandat". Ces restrictions importantes au
pouvoir de nomination par le gouvernement sont semblables à celles qui existent
pour le choix du directeur sur un modèle
lui-même analogue au processus de nomination des juges de la Cour du Québec,
et des cours municipales, et des juges de paix magistrats.
«[...]Depuis,
suivant la loi actuelle, le commissaire ne peut être destitué sans motif par le
gouvernement [...] avant que le
rapport de la Commission de la fonction publique ne soit rendu. Le changement
apporté au mode de destitution du
commissaire par le projet de loi [...] visait ainsi à prévenir les cas
d'ingérence dans l'exercice des fonctions du commissaire, qu'elle vienne
du gouvernement [ou] de l'Assemblée nationale...»
Et là on
continue en disant : «La condition de destitution pour une cause garantit
au commissaire qu'il peut mener ses enquêtes sans crainte d'être démis
de ses fonctions.» Et je pense qu'il faut insister là-dessus. Il va falloir
qu'on se penche et qu'on analyse la pertinence de trouver une voie de passage
ici.
Elle souligne, Me Valois : «Les
amendements contenus au projet de loi n° 1 mettent en péril ces garanties
d'indépendance. Les changements au mode de nomination et de destitution du
commissaire contenus dans le projet de loi
n° 1 ne respectent pas la recommandation du rapport de la commission
Charbonneau. Ils constituent un recul, dit-elle, important en ce qui a
trait à l'indépendance du commissaire et du directeur. L'amendement apporté par
l'article 4 du projet de loi n° 1 supprimant l'exigence d'une
destitution du commissaire pour cause est une atteinte non justifiée à l'indépendance du commissaire. Cet amendement
permettra de relever le commissaire de ses fonctions selon le bon plaisir
d'une majorité des membres de l'Assemblée
nationale sans que ne soit démontrée l'existence d'un motif le justifiant.»
Je pense
qu'on nous a pas mal ouvert les yeux pendant les consultations, pendant la
commission parlementaire. Et moi, je
pense qu'on doit vraiment regarder cette question-là de façon très, très, très
pointue et de façon à faire en sorte qu'on puisse s'assurer que tout est
dans l'ordre et tout est bien fait.
«La nécessité de mettre le commissaire à l'abri
des influences des membres de l'Assemblée nationale est particulièrement
importante au regard de la nature du mandat du commissaire, puisque ce dernier
est responsable des actions de prévention et de lutte contre la corruption dans
le secteur public.»
Donc, elle
poursuit en disant : «Montesquieu écrivait que la forme de gouvernement
qui respecte la liberté des citoyens
est celle dans laquelle les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ne sont
pas concentrés entre les mains des mêmes personnes ou organes.»
Il faut dire que Me Valois n'est pas tout à
fait d'accord avec les nominations aux deux tiers de l'Assemblée nationale. Cependant, elle souligne des bons
points par rapport à cette question de la destitution. La destitution, c'est un
geste qui est grave,
qui est important, et ça ne peut pas se faire selon les humeurs d'un
gouvernement, ça ne peut pas se faire
selon les humeurs d'une assemblée nationale. Il faut vraiment qu'on soit
conscients que, si une personne doit être
destituée, c'est parce qu'il y a quelque chose de grave qui s'est passé et que cette personne-là
mérite toute notre attention, et ça doit être fait avec l'aide aussi... on parle
de la Commission de la fonction publique. Je pense que c'est une très bonne
idée. Ce sont des personnes professionnelles
qui peuvent analyser les dossiers de façon très approfondie et avec énormément
de rigueur.
Lorsqu'elle
dit qu'elle est en désaccord avec les nominations aux deux tiers, je cite un
article ici, une entrevue qu'elle a
donnée, elle dit : «Un processus de nomination d'un nouveau commissaire
devra être lancé, mais [Mme] Valois ne
croit pas que celui-ci devrait être nommé aux deux tiers des voix de
l'Assemblée nationale comme le réclame [...] la Coalition avenir Québec.
La spécialiste souligne qu'à l'instar du DPCP le commissaire de l'UPAC doit
exercer ses fonctions "pour l'État,
mais en dehors de l'État", à l'abri des influences. À cet égard, son
statut est différent de celui du Vérificateur général, dont le choix
doit être entériné aux deux tiers des voix.»
Il faut dire
que la commission Charbonneau recommandait que le commissaire à l'UPAC soit
nommé sur le même mode que le DPCP,
le directeur des poursuites pénales et criminelles. Et là, dans ce projet de
loi là, bien, on vient changer la façon de nommer le Directeur des poursuites
criminelles et pénales. Donc, le gouvernement de la CAQ va dans le sens de la
commission, bien sûr, mais va aussi un peu plus loin, c'est-à-dire on en ajoute
une autre couche, c'est-à-dire qu'ici, à l'Assemblée nationale, nous allons procéder à la nomination des deux
tiers. Il y a certains dangers, tout n'est pas parfait, mais cependant je pense qu'il y a là-dedans
quelque chose qu'on peut analyser de façon très objective et très positive.
On était surpris...
J'entendais la ministre, la semaine dernière, surprise de voir qu'on était en
faveur de la nomination aux deux
tiers, et elle disait : Je suis surprise de voir... ils ont dit, en
commission parlementaire, qu'ils n'étaient pas d'accord avec ça. Moi, je lui rappelle que c'est ça, la
collaboration. Elle a fait appel à la collaboration. Puis c'est intéressant,
quand on parle en Chambre, que la
personne qui est porteuse du dossier puisse peut-être écouter. Et on est là
dans un esprit de collaboration, et cette collaboration-là, elle devrait
aussi inclure nos amis du gouvernement, parce que la population s'attend à ce que ce projet de loi là soit... il
ne sera certainement pas parfait, mais soit nettement meilleur que ce qui a été