Public Finance — 3 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2019-10-03
Quebec — Committees
(Onze
heures quarante-deux minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Chers collègues, je constate que nous avons quorum. Nous
pouvons entreprendre nos travaux.
Comme vous le savez,
la commission est réunie afin de procéder aux consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 36, Loi
modifiant la
Loi sur les compagnies concernant la participation et la prise de
décision aux assemblées des personnes morales sans capital-actions.
Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Alors, M. Émond (Richelieu) est remplacé par M. Allaire
(Maskinongé).
Président (M. Simard) :
Merci. Bienvenue à tous. Ce matin, nous débuterons par les remarques
préliminaires et nous entendrons, par
la suite, bien sûr, nos invités, l'Association professionnelle des
courtiers immobiliers du Québec ainsi que l'Institut de gouvernance
numérique.
Comme
nous avons commencé nos travaux légèrement en retard, j'aurais besoin d'un
consentement pour que nous puissions
poursuivre jusqu'à midi... jusqu'à 13 h 15, pardon. Je crois
comprendre qu'il y a eu consensus à cet effet. Y a-t-il consentement? Consentement. Très
bien.
J'invite donc, d'ores et déjà, le
ministre des Finances à faire ses remarques préliminaires pour une
période maximale de six minutes. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Alors, bonjour. Merci, M. le Président. Nous entreprenons aujourd'hui
les consultations particulières sur le projet de loi n° 36, Loi
modifiant la
Loi sur les compagnies concernant la participation et la prise de
décision aux assemblées des personnes morales sans capital-actions.
Permettez-moi,
dans un premier temps, de saluer tous mes collègues qui participeront à cet
exercice ainsi que tous les
collaborateurs qui sont présents avec vous. Merci également
aux groupes et aux personnes qui viendront échanger avec nous sur les
mesures proposées, et je veux vous assurer que nous abordons cette étape dans
un esprit d'ouverture.
Le projet de loi n° 36 vise essentiellement les organismes à but non
lucratif qui sont régis par la
Loi sur les compagnies.
Ils sont plus de 42 000 au Québec. C'est un projet de loi qui contient peu
d'articles, mais qui est néanmoins important. Il nous permet d'ouvrir la porte à l'utilisation
d'outils de communication modernes afin de faciliter la participation des membres à la vie démocratique de leur
organisation. Il est important de spécifier que le projet de loi ne modifie en rien les
pouvoirs de l'assemblée des membres ni ceux du conseil d'administration. Nous
souhaitons qu'il soit adopté dans les meilleurs délais afin que ces
mesures puissent entrer en vigueur le plus rapidement possible.
vous remercie, et nous pouvons maintenant entreprendre cette consultation, qui, j'en suis
convaincu, sera constructive.
Le Président
(M. Simard) : Merci à vous, M. le ministre. J'invite maintenant
le porte-parole de l'opposition officielle et député de Robert-Baldwin à
prendre la parole.
M. Leitão :
...brièvement, M. le Président, moi aussi. Bonjour. Merci à tous les collègues
d'être là. Comme M. le ministre a mentionné, c'est un projet de loi qui est relativement consensuel. Alors, j'ai hâte d'entendre les
groupes qui sont là pour qu'ils nous donnent leur opinion.
Président (M. Simard) :
Merci, M. le Président. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition, le député de Rosemont.
M. Marissal : Ce sera très bref aussi, que des gentillesses, aujourd'hui, à dire. D'abord, bonjour, M. le Président. Il y a un moment qu'on s'est vus. M. le ministre, je me suis presque ennuyé ces derniers temps. Il me semble, il y a longtemps qu'on n'a pas eu l'occasion de
travailler ensemble. Collègues. Sinon, sur le fond, procédons, en ce qui me
concerne.
Le Président
(M. Simard) : Merci à
vous, M. le député de Rosemont, cher collègue. M. le
député de René-Lévesque, à vous la parole.
M. Ouellet :
Je serai gentil. Procédons.
Président (M. Simard) :
Alors, je souhaite la bienvenue aux représentants de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.
Je vous rappelle que vous disposez d'une période de 10 minutes.
Auriez-vous l'amabilité, d'abord, de vous présenter?
Mme Saucier
(Julie) : Alors, bonjour, je suis Julie Saucier, présidente et chef de
la direction de l'association.
Mme Bélanger (Martine) : Martine Bélanger, chef des opérations au bureau de
Québec pour l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du
Québec.
Le Président
(M. Simard) : Bienvenue à vous deux, on vous écoute.
Mme Saucier (Julie) : Merci
beaucoup. Alors, bonjour à tous, M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés. Au nom de l'Association professionnelle des courtiers
immobiliers du Québec, j'aimerais vous remercier de nous offrir l'opportunité
de nous exprimer sur les consultations particulières sur le projet de loi
n° 36.
L'Association
professionnelle des courtiers immobiliers du Québec est une association à but non lucratif, qui a été fondée
le 1er janvier 2019 — donc, ça ne fait vraiment pas
longtemps — à la suite de la fusion des chambres immobilières
du Grand Montréal, de Québec et des Laurentides. L'APCIQ est constituée en
vertu de la
partie III de la
Loi sur les compagnies du Québec. Nous
représentons aujourd'hui plus de 12 000 courtiers immobiliers et
agences immobilières, soit 90 % des courtiers et agences de la province.
L'APCIQ
est responsable de promouvoir et de défendre les intérêts des courtiers
immobiliers en tenant compte des enjeux
auxquels sont exposées la profession du courtage immobilier et les diverses
réalités professionnelles et régionales de ses membres. Nous contribuons aussi à la mise en place et à la
promotion des mesures favorisant l'accès à la propriété. L'association
offre de la formation, des outils et des services liés au domaine de
l'immobilier et facilite la collecte, la diffusion
et l'échange d'information de nature immobilière. L'APCIQ compte
50 membres permanents à son siège social à Québec et aux bureaux administratifs de L'Île-des-Soeurs. De plus,
elle possède deux filiales, soit la Société Centris inc. et le Collège
de l'immobilier du Québec.
gouvernance de l'APCIQ est une forte représentation de la diversité de la
provenance de nos membres, et un minimum
de 10 régions administratives du Québec est représenté à notre conseil
d'administration. 15 administrateurs sont élus par l'ensemble des
courtiers membres.
Le poids économique
du secteur immobilier est important. Dans le marché immobilier québécois, on
dénote 86 500 transactions
immobilières de 2018 par des courtiers immobiliers. Chaque transaction au
Québec génère plus de 46 000 $
en dépenses accessoires, comme pour les notaires, les arpenteurs ou encore pour
tout ce qui est relié à la rénovation.
Cela représente une injection de
3 980 000 000 dollars dans l'économie québécoise en 2018.
31 000 emplois sont créés au Québec chaque année grâce à la
revente de maisons.
sa création, à la suite de la fusion des chambres immobilières du Grand Montréal, de Québec et des Laurentides, l'Association
professionnelle des courtiers immobiliers a été confrontée à un grand
défi : assurer la participation du plus grand nombre de ses membres à son association générale... à son
assemblée générale de fondation et pour les assemblées générales à
venir, alors que ses 12 000 membres proviennent des quatre coins du
Québec.
Selon
la législation provinciale en vigueur, il n'est pas permis aux organismes à but
non lucratif de tenir une assemblée générale
à distance pour ses membres, puisque la loi ne prévoit aucun mécanisme de vote
ou de tenue d'assemblées des membres
à distance. Pourtant, l'encadrement législatif québécois permet déjà à... la
participation à distance aux assemblées pour les actionnaires au sein d'une société par actions, aux
administrateurs des organismes à but non lucratif et aux membres du
comité exécutif du conseil d'administration d'un même type d'organisme.
Même au niveau
fédéral, la
Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif prévoit que
«sauf disposition contraire[...], toute
personne en droit d'assister à une assemblée peut, conformément aux éventuels
règlements, y participer par tout
moyen de communication — téléphonique,
électronique ou autre — permettant
à tous les participants de communiquer adéquatement entre eux et mis à leur
disposition par l'organisation. Elle est alors réputée [...] avoir assisté
à l'assemblée.»
Actuellement,
pour plusieurs organismes, le respect des conditions de quorum des assemblées
générales est souvent ardu, en raison
de l'absence du grand nombre de membres. Les sociétés tendent donc de pourvoir
d'une meilleure représentativité et d'une vie démocratique en meilleure
santé au sein de leur organisme en cherchant des moyens qui faciliteront la
participation à ces importantes assemblées.
De son côté, l'APCIQ a décidé d'entreprendre des
démarches auprès du gouvernement, afin de permettre la tenue d'assemblées et de votes à distance, par des moyens technologiques
appropriés, dans l'intérêt de ses membres. Cela est
d'autant plus important que la raison même de la création de l'association est
de permettre aux courtiers immobiliers de tous les horizons de faire
entendre leur voix et de participer à une réflexion globale sur la profession.
En outre, ces
démarches visent à réduire considérablement les impacts environnementaux
émanant des déplacements de ses
membres à un seul et même endroit et, par le fait même, de diminuer notablement
les coûts associés à ces déplacements et
aux enjeux logistiques. Nous avons la certitude que plusieurs autres organismes
doivent faire face à ces mêmes enjeux géographiques, environnementaux,
monétaires et de volume.
Dans un souci
de permettre à ses membres, répartis sur l'ensemble du territoire québécois...
et de s'enquérir aisément de leur
droit de vote, l'APCIQ souhaite faire usage d'applications interactives
accessibles pour les membres. Ces solutions incluent, entre autres, le feed-back interactif, une solution clé en
main et sur mesure, qui répond efficacement aux besoins de notre association.
Il est important de noter que ces types d'applications permettent de voter sans
inconvénient, mais surtout de manière
sécuritaire et confidentielle, puisque chaque membre a accès au formulaire de
votation à l'aide d'une clé d'usage unique réservée.
L'Association professionnelle des courtiers
immobiliers du Québec supporte l'entièreté du projet de loi n° 36 dans sa forme actuelle. Nous croyons que ce projet
de loi est un bon premier pas vers une meilleure vie démocratique pour les organismes à but non lucratif tels que le
nôtre. Nous sommes toutefois conscients que l'application de cette loi n'est
pas une nécessité pour tous les organismes à but non lucratif et qu'en effet
certains organismes pourraient souhaiter se soustraire
de cette option dans leurs actes constitutifs. Ce sont aux organismes d'évaluer
si certains obstacles à la participation lors des assemblées peuvent être
amoindris par la tenue d'assemblées générales et de votes à distance.
Il est
évident que la présentation d'un tel projet de loi amène des discussions plus
larges sur l'utilisation des outils numériques
pour résoudre des enjeux de gouvernance, mais aussi sur des possibles impacts
sur les élections des administrateurs.
Nous ne nous opposons pas à une réflexion plus
large sur la gouvernance numérique, mais nous croyons qu'il ne faudrait pas que cela ralentisse la capacité
d'organisations comme la nôtre de permettre la participation de chaque membre dès
maintenant. Nous souhaitons vivement que notre prochaine assemblée générale
annuelle, qui aura lieu au printemps prochain,
puisse permettre à nos membres de toutes les régions du Québec d'exercer leur
droit de vote et de faire e