Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CAPERN 2019-09-25

Quebec — Committees

Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 25 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CAPERN 2019-09-25

Quebec — Committees

la suite de sa formation, le diplômé en agronomie peut exercer avec compétence

les fonctions de service-conseil ainsi

que de gestion et recherche et développement dans des domaines tels que la

production animale, les productions végétales et les sols et environnement. Il a en main... Il a également tout en

main pour être capable de faire face adéquatement aux dilemmes éthiques

suscités dans le cadre de l'exercice de sa profession.

En sus de ses

programmes de formation universitaire, la FSAA présente également une offre de

formation à distance, permettant ainsi aux producteurs et au grand

public de parfaire leurs connaissances dans un domaine qui les interpelle.

En recherche,

maintenant. L'Université Laval et la Faculté des sciences de l'agriculture et

de l'alimentation ont été parmi les

premiers au Canada à prioriser l'importance de l'agriculture durable et de la

réduction des pesticides en créant en

2001 la Chaire de recherche du Canada en phytoprotection. Point clé, la FSAA a

joué et continuera à jouer un rôle important dans le développement et dans la mise en oeuvre de méthodes de lutte aux

ennemis des cultures alternatives à l'utilisation des pesticides.

La réduction

graduelle des dépendances aux pesticides doit passer par la recherche et

développement de pratiques innovantes qui sauront pallier les effets

négatifs des produits chimiques tout en assurant des rendements économiques acceptables pour les producteurs. Les projets de

recherche réalisés à la FSAA s'inscrivent dans cette perspective et permettent

de développer des pratiques de remplacement innovantes dans la lutte

antiparasitaire.

L'utilisation

de pesticides et la mesure de leur impact sur l'environnement en milieu

agricole ou urbain font aussi l'étude... font aussi l'objet d'études

variées au Centre de recherche et d'innovation sur les végétaux, le CRIV, de l'Université Laval, et ce, depuis plusieurs

années. Ainsi, les chercheurs du CRIV ont notamment travaillé sur le

développement d'outils diagnostiques

et de méthodes de contrôle préventives pour diminuer l'utilisation des

pesticides. Ils ont également contribué au développement de méthodes de

lutte biologique et à l'amélioration génétique des plantes agricoles pour renforcer leur résistance aux stress biotiques et

abiotiques. Enfin, nos chercheurs se sont également penchés sur les impacts

environnementaux de l'utilisation des pesticides, et notamment

ceux sur les pollinisateurs.

En plus de contribuer à

l'avancement des connaissances, ces recherches permettent la formation de

personnels hautement qualifiés qui

travaillent sur des projets en lien avec la production végétale durable,

devenant ainsi de véritables acteurs

de changement lorsqu'ils intègrent le marché du travail. D'ailleurs, plusieurs

de nos anciens étudiants gradués, donc maîtrise,

doctorat, occupent d'ailleurs aujourd'hui des postes clés dans des ministères

et organismes gouvernementaux en lien avec l'utilisation des pesticides.

Pensons à l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, ARLA,

l'Agence canadienne d'inspection des

aliments, l'ACIA, l'Agriculture et Agroalimentaire, ministère du gouvernement

fédéral, ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les

changements climatiques, ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, et j'en passe. Ces

travaux de recherche posent les jalons de la phytoprotection de demain tout

en pointant des facteurs potentiels favorisant ou freinant leur adoption.

Bien que les recherches de plusieurs

professeurs-chercheurs de la FSAA se sont traduites au fil des ans par des activités de vulgarisation à l'intention des

professionnels du milieu et du grand public en général, il n'en reste pas moins

que des efforts additionnels en transfert

technologique devront être déployés

pour favoriser l'adoption de ces pratiques à grande échelle par les

agriculteurs.

Grâce à sa concentration de chercheurs touchant

toutes les disciplines de la science agronomique et par l'impact de ses étudiants aux trois cycles sur

l'agriculture de demain, la FSAA est un acteur stratégique important dans la

formation de professionnels oeuvrant

en agriculture. De ce point de vue, la FSAA s'affirme comme un artisan et un

acteur incontournable de penser et

opérationnaliser les prochaines étapes d'une transition optimisée, ce qui ne

signifie pas uniformisée, vers des pratiques de remplacement des

pesticides ou de réduction de leur utilisation.

Donc, je

rassure, en conséquence, les membres de cette commission qu'ils peuvent compter

sur la collaboration et l'engagement de la FSAA dans l'avènement de cet

objectif.

Je vous remercie de votre attention. Mes

collègues et moi sommes prêts à répondre à vos questions.

Le Président

(M. Lemay) : Merci beaucoup. Alors, sur ce, je cède maintenant la

parole au député de Bourget pour la période d'intervention avec les

membres du gouvernement.

M. Campeau :

Merci, M. le Président. Bonjour à tous, merci pour votre présentation. Donc, en

2001, vous aviez déjà un programme de

phytoprotection. J'ai bien l'impression qu'en 2001 il n'y a pas grand monde qui

savait l'écrire comme il faut, on n'en avait pas autant entendu parler

que maintenant. Alors, tant mieux.

Je me posais

juste des... Je me souviens, hier, que l'agronome, M. Robert, mentionnait

que nos agronomes sont bien qualifiés.

Alors, des fois, c'est comment on va les écouter, comment la structure est

présente autour. Mais il ne mettait pas en cause le fait qu'on a un manque de connaissances. Il y aura toujours de

l'amélioration à apporter là-dessus de façon continue.

Vous avez

parlé du dilemme éthique qui est regardé. Est-ce que je peux savoir c'est

quelle proportion du cours? C'est un cours? Qui le donne? Comment vous

attaquez cet aspect-là?

Le Président (M. Lemay) :

M. Roy.

M. Roy (Denis) : M. Roy... Je vais laisser la parole à M. Castonguay,

qui est directeur du programme en agronomie.

M. Castonguay

(François) : Oui. En fait,

au programme d'agronomie, il y a deux cours vraiment spécifiquement qui

sont sur l'éthique et le professionnalisme, et tous les étudiants, les

100 étudiants, 110 étudiants qu'on reçoit la première année

sont obligés de faire ce cours-là. Donc, c'est nécessairement obligatoire dans

le cursus.

Il y en a un qui s'appelle

Pratique professionnelle en agronomie, qui est directement dans l'application du code de déontologie de

l'Ordre des agronomes. Donc, on va placer... Bon, on va, déjà, présenter le

code de déontologie aux étudiants, mais

aussi on va les mettre dans des contextes, dans des activités

qu'ils vont faire où ils vont devoir pratiquer l'utilisation du code. Donc,

c'est des situations qui sont précises, qui sont... qui mettent les

étudiants dans des vraies situations, là, de problèmes

déontologiques. Donc, ça, c'est un code... ça s'appelle Pratique

professionnelle, ça se donne la dernière année, en quatrième année. Et

donc, encore une fois, tous les étudiants sont obligés de prendre ce cours-là.

l'autre cours, il s'appelle Enjeux éthiques de l'agroenvironnement... l'agroalimentaire, excusez-moi, où là on va traiter

de l'impact environnemental de l'agriculture industrielle, innocuité des aliments, prise de

décisions éthiques, sécurité alimentaire.

Donc, je sais que je lis un texte, mais évidemment vous comprendrez

que ce n'est pas moi qui donne ces cours-là. Donc, vous avez dans le document qui est... dans le mémoire qui a été

déposé à la commission une description plus détaillée de ces cours-là.

Donc,

ces deux cours-là, de pratique professionnelle et d'éthique, sont obligatoires

pour tous les étudiants qui vont être formés en agronomie.

Le Président

(M. Lemay) : Merci. M. le député.

M. Campeau : Parfait. Est-ce

que les professeurs-chercheurs

doivent être membres de l'Ordre des agronomes aussi?

M. Roy (Denis) : Contrairement au domaine, par

exemple, du génie, comme on a ici M. Damien De Halleux qui est ingénieur dans le domaine du génie alimentaire

ou agroenvironnemental, où là il y a un agrément qui est administré par le

bureau des ingénieurs du Canada, dans le cas

du programme d'agronomie, il n'y a pas cette obligation-là. C'est lors de sa

diplomation que l'agronome se présente à

l'ordre pour obtenir son assermentation. Par exemple, le 27 septembre

prochain, donc vendredi, dans la

région de Montréal, il va y avoir tout ce processus-là. Donc, on a beaucoup

d'agronomes de formation qui pourraient devenir des membres de

l'agronome.

Mais

notre réponse, c'est : Oui, c'est possible. On incite nos professeurs à

devenir membres de l'ordre. Mais nous, on

est toujours là pour développer les compétences et non pas se faire régir par

un ordre des agronomes. Donc, on a toujours une distanciation entre

former, faire de la recherche et regarder l'aspect qui est beaucoup plus lié à

la profession.

Dans le cas des actes

agronomiques bien spécifiques, nos chargés d'enseignement, tous ceux qui sont

rattachés au niveau des cours très

spécifiques, eux autres, ils sont membres de l'Ordre des agronomes, pour

s'assurer qu'on forme tous nos étudiants en regard des actes

agronomiques qui font

partie de la profession des agronomes.

Je ne sais pas si

François ou Josée veulent compléter.

Le Président

(M. Lemay) : ...M. le député.

M. Campeau :

Est-ce que ça arrive que certains de vos professeurs sont en plus conseillers,

peuvent aller conseiller des

agriculteurs? Est-ce que ça fait

partie de leur travail? Je ne le crois pas,

mais est-ce qu'ils peuvent en plus le faire? Est-ce que ça arrive?

M. Roy (Denis) : Je vais vous répondre sur la définition de la tâche d'un enseignant,

d'un professeur. On a trois

responsabilités : l'enseignement, la recherche et le service à la

collectivité. Donc, dans certains cas, on peut donner des conseils. Mais

ici je vais inviter mon collègue M. Grégoire à répondre à une question

plus spécifique.

M. Grégoire (Guillaume) : Je ne pense pas que ça soit impossible que ça

arrive. Maintenant, est-ce que les gens ont le temps de faire ça avec, déjà, la

charge d'enseignement et de recherche, tout ça? C'est ça, ça peut arriver.

D'après moi, c'est assez minime comme activité de conseiller des

producteurs, par exemple, là.

M. Roy (Denis) : Et, contrairement à d'autres universités, dans le cas de l'Université

Laval, on est quand même régis par une convention collective. Le

professeur a l'obligation, lors de la déclaration de sa charge, de rendre

publiques toutes ses activités d'activités-conseils. Ici, le directeur du

département peut certifier, M. De Halleux, de cet aspect-là.

Une voix :

Bien, en fait...

M. Campeau :

Ça peut peut-être... je m'excuse.

Le Président

(M. Lemay) : Allez-y, M. le député.

M. Campeau :

Ça peut peut-être paraître négatif, mais ma question ne se voulait pas une

allusion négative, c'est juste se renseigner, pas plus que ça.

J'imagine que, comme

toutes les universités, vous recevez aussi bien des agriculteurs que des

producteurs de pesticides ou des producteurs de grains. Vous devez regarder

l'ensemble de l'information.

Le Président (M.

Lemay) : M. Roy.

M. Roy

(Denis) : Bon, vous touchez

à l'aspect recherche. Le lien direct, au niveau d'un lien direct entre

producteur et agriculteur, se fait beaucoup par des consortiums.

Dites-vous que toute notre recherche

est à 95 % financée par les organismes subventionnaires gouvernementaux,

qu'ils soient fédéraux ou provinciaux, et

donc que c'est tout le temps la science qui prime. D'un autre côté, le 5 %

restant, dites-vous que la majorité

de ce 5 % là, ça peut être des contrats que les ministères, comme le

ministère de l'Agriculture, accordent

à notre faculté. C'est très, très rare que, là, on a des contrats ou des

activités directement reliés à un producteur ou autre compagnie. Puis là

je laisse ici M. Guillaume Grégoire aussi répondre à cette question.

M. Grégoire (Guillaume) : C'est ça. Donc, si on parle de recherche,

l'essentiel de la recherche est financé par des organismes subventionnaires,

donc publics, que ce soit au provincial ou au fédéral. Dans le cas de ce que

M. Roy vient de mentionner, on appelle ça des contrats de services,

pas vraiment de la recherche. Si, par exemple, on demande de tester l'efficacité d'un engrais, d'une semence, d'un

pesticide, ça représente une fraction de l'activité qu'on fait. Puis je dirais

que le système universitaire ne nous incite pas, en tant que

professeurs, de faire ce genre de recherche là parce que les frais administratifs sont très élevés. On parle de

40 % sur un contrat comme ceux-là, par exemple, versus 15 % ou

20 % dans le cas d'un organisme

subventionnaire. Et on ne peut pas vraiment former d'étudiants gradués ni

publier des résultats de ces recherches-là parce que c'est des résultats

privés. Donc, ce n'est pas quelque chose qui est encouragé par le système

universitaire, je dirais.

M. Roy

(Denis) : 40 % est une soupape de sécurité.

Le Président

(M. Lemay) : Alors, merci beaucoup. Sur ce, je cède la parole au

député de Dubuc.

M. Tremblay :

Merci, M. le Président. Bonjour.

M. Roy

(Denis) : Bonjour.

M. Tremblay :

Merci pour la contribution. Dites-moi, hier soir, l'agronome Louis Hébert a

fait mention d'une masse de recherche

substantielle en matière de projets recherche-développement. Sur le terrain, on

a pu ressentir, finalement, qu'il y avait une certaine demande en

matière de recherche et développement sur des projets précis. Puis ce qu'on en

comprenait hier, c'est qu'on avait suffisamment de recherche pour pouvoir

traiter des dossiers et puis qu'on pouvait presquement

mettre le volet recherche-développement plus en veilleuse. Est-ce que vous êtes

d'accord avec l'affirmation? On a comme deux discours ici.

M. Roy

(Denis) : M. Grégoire est prêt à répondre.

M. Grégoire (Guillaume) : Je ne pense pas. Je pense que la recherche, c'est au coeur de l'évolution de

l'agriculture d'aujourd'hui et de demain, là. Je ne pense pas qu'on peut arrêter de faire de la

recherche ou même réduire les efforts en recherche, au contraire. Là où on pourrait améliorer, c'est au niveau

du transfert technologique. On en parle dans notre mémoire, on en parle

dans... M. Roy vient d'en parler dans son allocution.

s'est fait beaucoup de recherche dans les 20, 30 dernières

années. Est-ce que toute cette recherche-là a été adoptée par les producteurs agricoles? Visiblement, non.

On peut se poser la question pourquoi. Il

y a différentes réponses possibles.

Souvent, il y a... Parfois, il y a

des contraintes économiques, qui fait que c'est plus difficile de mettre en

place ces éléments-là.

structure du transfert technologique au Québec est peut-être à revoir. Je lance la question, là. Dans les grandes

universités américaines par exemple, toutes ces universités-là qui ont des

programmes d'agriculture ont un service d'extension,

qu'on appelle. Donc, on a des professeurs embauchés à l'université, où leur

rôle est vraiment de faire le lien entre la recherche faite par les collègues

et les agriculteurs sur le terrain. Historiquement, au Québec, ce rôle-là était

plutôt joué par le MAPAQ. Dans les autres

provinces canadiennes, c'est la même chose. Bon, vous avez entendu parler cette

semaine des investissements du MAPAQ à ce

niveau-là. Donc, ça a été comme transféré dans peut-être une dizaine de centres

d'expertise au Québec, et je dirais que le

lien entre l'université et ces centres de recherche là est plutôt variable. Ce

n'est pas nécessairement fort.

Donc,

il n'y a pas toujours un lien fort entre la recherche qui se fait en

universitaire et le transfert technologique par ces organismes-là. C'est

peut-être là, je dirais, qu'il y aurait place à amélioration.

M. Roy

(Denis) : C'est vraiment ça, la compréhension. À l'université, c'est

de la recherche de pointe qui... au niveau

compétition mondiale. Parfois, dans ces centres de recherche là, c'est une

recherche plus pratique, plus ciblée. Donc, peut-être que M. Robert dit que sa recherche a une portée

restreinte, mais... tandis que nous, on parle de la chaire de recherche

du Canada où là on a un des plus grands spécialistes. Actuellement, il est en

Allemagne pour son expertise.

Donc,

vous voyez, l'évolution de l'agriculture au Québec passe par beaucoup de

recherche encore innovante et non pas à restreindre ces activités-là.

Merci.

Président (M. Lemay) :

M. Roy, vous pouvez être sûr que vous n'êtes pas le premier groupe qui

nous parle de la valorisation des

transferts technologiques. Donc, assurément que c'est bien entendu par les

membres de la commission. M. le député de Dubuc, la parole est à vous.

M. Tremblay :

Oui. Un autre mémoire, hier, Mme Proulx, si ma mémoire est bonne,

présentait un constat où il y avait un clash

entre les jeunes... ou les moins de 50 ans, qui sont diplômés, sont ferrés

dans le domaine, bonne expertise, tandis

que, selon son constat, les 50 ans et plus sont un peu, finalement,

déconnectés des connaissances de leurs propres terres. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat-là?

Est-ce qu'il existe aussi, sinon, des formations? Je vois qu'il y a de la

formation continue. Est-ce qu'on est efficace à niveau-là? Comment vous le

voyez?

Le Président

(M. Lemay) : M. Roy. Ah! madame...

Une voix :

Mme Fortin.

Le Président

(M. Lemay) : Mme Fortin.

M. Roy (Denis) : Madame, puis

M. Castonguay.

Le Président

(M. Lemay) : Parfait.

M. Roy

(Denis) : Pour la formation continue, pour bien se comprendre, auprès

des producteurs ou auprès des agronomes de plus de 50 ans?

M. Tremblay : Plus au niveau des producteurs, comme on l'a compris hier, selon le

constat. Est-ce qu'il est vrai que...

M. Roy

(Denis) : O.K. Je pense qu'on va passer à une autre question. On n'a

pas de réponse.

M. Tremblay : O.K. Dites-moi, en page 7, je vous cite : «...si la toxicité

de chacune des matières actives homologuée est évaluée — on parle des pesticides — on en connaît encore peu sur les effets

synergiques potentiels d'une combinaison de plusieurs pesticides»,

est-ce que c'est une priorité pour la FSAA?

M. Grégoire (Guillaume) : Peut-être, Josée serait plus en mesure de

répondre. Je dirais que c'est vrai en général. Dans la littérature scientifique, on commence à voir des recherches où,

par exemple, on va utiliser une approche... on va regarder toutes les molécules qui vont affecter,

par exemple, le foie et on va regarder la toxicité de ces molécules-là ensemble

plutôt que de regarder une molécule par elle-même, seule.

À la FSAA, je ne sais

pas. Peut-être, Josée, peux-tu compléter?

Le Président

(M. Lemay) : Mme Fortin.

Mme Fortin

(Josée) : Au niveau de la recherche, c'est extrêmement complexe,

regarder un mélange de composés et

les effets, O.K.? Donc, c'est un problème qui est international, je dirais, là.

Il n'y a personne qui a une solution magique pour ça.

Déjà,

de tester deux, trois composés ensemble, voir un effet, c'est complexe, alors,

quand on en met plusieurs... Parce qu'on sait bel et bien que, quand on

applique des produits, il y en a plusieurs qui se retrouvent... qui peuvent se

retrouver ensemble dans un environnement, et

ça fait

partie d'une des choses qu'on connaît moins sur l'impact des composés

chimiques. Ça inclut les pesticides et ça inclut d'autres types de

composés aussi, donc d'où le principe de précaution qu'on prend habituellement quand on homologue ou qu'on permet

ces produits-là, là. C'est habituellement considéré, là, dans les facteurs

de risque de ces composés-là.

Président (M. Lemay) : Merci, Mme Fortin. Sur ce, je cède la

parole à notre collègue députée d'Abitibi-Ouest, en vous rappelant qu'il

reste environ deux minutes.

Mme Blais

(Abitibi-Ouest) : Merci beaucoup, M. le Président. Hier, nous avons

reçu Mme Denise Proulx, sociologue de

l'environnement, professeure à l'UQAM. Elle

nous exprimait son désir de voir des agriculteurs

apprendre davantage à connaître la

nature parce qu'elle jugeait qu'avec la technologie moderne et les pesticides

une sorte de déconnexion avec le

milieu aurait lieu, selon elle. Qu'est-ce que vous pensez de cette

affirmation-là? Je ne sais pas si vous l'avez vue hier au soir.

Le Président

(M. Lemay) : M. Roy.

M. Roy (Denis) :

Personnellement, je ne l'ai pas vue. M. De Halleux a fait... On a visionné

plusieurs entrevues, mais celle-là, pas spécifiquement. J'ai lu les trois journaux ce matin, je n'ai pas eu cette déclaration très spécifique. Donc, je ne

serai pas en mesure de vous répondre parce que je n'ai pas écouté. Puis c'est quand même

une affirmation, ce n'est pas basé sur des faits. Donc, nous, on est

factuels, j'aimerais avoir plus de faits pour pouvoir vous répondre.

Mme Blais

(Abitibi-Ouest) : Parfait,

merci. Depuis le début du mandat, plusieurs groupes nous répètent l'importance

d'intégrer à la formation davantage de contenu sur les pesticides. Ce sont

85 % des agronomes qui sont formés à votre institution.

Je vous donne l'opportunité de répondre à ces groupes aujourd'hui. Avez-vous

l'intention d'ajouter un plan de cours davantage de contenu sur l'utilisation

responsable des pesticides?

M. Roy

(Denis) : Pour notre formation en agronome?

Mme Blais

(Abitibi-Ouest) : Oui.

M. Roy (Denis) : Donc là, j'invite le directeur de programme, qui est en train de

développer une approche programme par objectifs et compétences.

M. Castonguay

(François) : En fait, il faut

dire que je suis en poste depuis seulement quatre mois comme directeur du programme, donc j'ai beaucoup

de choses à apprendre du programme, malgré que, pour l'exercice aujourd'hui, j'ai fait beaucoup d'efforts sur les pesticides. Mais ce que je peux

dire par rapport à ça, c'est que je pense que, quand on

regarde... Quand on fait l'évaluation de tout ce qui se donne dans tous

les cours qui sont reliés aux pesticides à l'université, au programme d'agronomie, bon, il y a

des cours qui sont obligatoires, comme on a parlé, il y a

des cours qui sont à option, il y en

a beaucoup, de cours, qui parlent beaucoup

de l'utilisation rationnelle des pesticides, dans chacun des cours, puis

il y a beaucoup de cours aussi qui parlent des solutions

alternatives à ça. Donc, je crois qu'on fait déjà un bel effort pour

présenter aux étudiants d'autres alternatives que les pesticides.

Président (M. Lemay) :

...et je dois vous interrompre puisque, cette période d'échange étant terminée,

je dois céder la parole maintenant à la députée de Maurice-Richard.

Mme Montpetit :

Je vous remercie, M. le Président. Bonjour, madame, bonjour, messieurs. Merci

d'être avec nous aujourd'hui.

Quelques

questions de précision, en fait. C'est notre troisième journée de consultation,

donc on a plusieurs groupes qui sont

venus présenter dans les deux derniers jours, qui nous ont fait part

d'éléments. Je voyais, bon, c'est ça, dans votre mémoire, que vous formez, bon,

je ne dirais pas presque la totalité mais pas loin, 85 %, dans le fond,

des agronomes qui sont membres de l'ordre. Vous mentionnez dans votre mémoire

que plus de la moitié des cours... puis on y faisait référence, là, au niveau de la formation, plus de la moitié

des cours qui sont donnés au niveau du baccalauréat en agronomie visent

à développer des notions de base, notamment en termes d'utilisation rationnelle

et sécuritaire des pesticides. Il y a un groupe

qui soulignait le manque de formation des agronomes du Québec spécifiquement

sur les questions de toxicité des pesticides et soulignait... soulevait,

en fait, que c'est un problème, l'absence de formation sur l'impact des

pesticides, notamment sur la santé mais sur les écosystèmes également.

M. Roy

(Denis) : Mme Fortin.

Le Président (M.

Lemay) : Mme Fortin.

Mme Fortin

(Josée) : En fait, moi, je suis professeure responsable de la

formation sur les pesticides du baccalauréat en agronomie. Donc, c'est mon cours qui est le cours obligatoire du

baccalauréat sur ce sujet-là. Et ça fait depuis 1996 que le cours existe puis qu'il a été enseigné à tous

les étudiants qui voulaient le prendre. Il est obligatoire depuis la nouvelle

cohorte qui est entrée en 2017.

Avant, il était optionnel, mais plus de la moitié des étudiants inscrits au

baccalauréat en agronomie le suivaient tout de même. Pour un cours

optionnel, je dirais que c'est quand même bien.

C'est

un cours qui s'appelle Pesticides et environnement, donc deux volets, le volet

pesticides, le volet environnement, qui

couvre notamment tous les aspects reliés à la toxicité, la sécurité reliée avec

les pesticides également, comment les utiliser de façon sécuritaire. Ce n'est

pas un cours qui promouvoit l'utilisation des pesticides, mais qui promouvoit

la connaissance de ce que c'est, pour

pouvoir prendre des décisions éclairées. Donc, moi, je crois... considère que

les agronomes qu'on forme sont bien renseignés là-dessus.

contre, je vous dirais que, sur le terrain, ce n'est pas nécessairement... pas

les agronomes, mais les producteurs parfois,

les pesticides sont un peu vus comme étant un outil. Si je les utilise

aujourd'hui puis je ne fais pas attention à me protéger, par exemple, bien, je vais me coucher ce soir et je vais être

correct encore. Demain matin, je vais me lever, je vais être correct. Mais on ne sait pas dans 10, 15,

20 ans, ils peuvent développer des problèmes. Donc, c'est beaucoup ce

transfert-là de connaissances. Nos

agronomes l'ont, mais le message a de la misère à passer auprès des

utilisateurs au niveau de la question de

santé. Juste le port de l'équipement de protection par les utilisateurs, c'est quelque chose qui est mis un

peu de côté, alors que c'est primordial.

Le Président

(M. Lemay) : Merci pour ces éclaircissements. Mme la députée, la

parole est à vous.

Mme Montpetit : Donc, de votre point de vue, ce que je

comprends, c'est que les agronomes, pour vous, ont une formation suffisante pour être capables d'évaluer

la toxicité des produits qu'ils vont... des pesticides qu'ils vont recommander.

Puis je serais curieuse de vous entendre

aussi plus précisément sur, par

exemple, des pesticides comme le... ou des herbicides comme le glyphosate, sur des pesticides ou

herbicides sur lesquels la littérature va dans différentes directions. Comment,

comme professeure, justement, vous abordez ces questions-là avec les agronomes?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Fortin.

Mme Fortin (Josée) :

Les pesticides, c'est des molécules qui sont conçues pour être toxiques, O.K.?

C'est un poison qu'on met, O.K.?

Donc, ça, on ne se le cache pas. Donc, ils sont tous conçus pour être toxiques

envers certains organismes. Leur

spécificité envers ces organismes-là laisse parfois à désirer, et certains

produits, qu'on va dire, sont très spécifiques à certains... contre certains organismes. Mais il y a des effets

secondaires sur des organismes non ciblés qu'on va éventuellement observer mais auxquels on n'avait pas pensé, O.K.?

Donc, c'est des produits qui sont faits pour être toxiques. Donc, c'est

pour ça qu'il ne faut pas les prendre à la légère.

Là, j'ai perdu mon

fil. L'autre question était...

M. Roy

(Denis) : Je vais laisser M. Grégoire peut-être compléter pendant

que vous retrouvez votre fil.

Mme Fortin

(Josée) : O.K., O.K., O.K. Oui, c'est bon.

Mme Montpetit : Bien, je vais peut-être juste compléter ma

question, c'était sur des pesticides ou des herbicides où la littérature

scientifique n'est pas aussi claire qu'on le souhaiterait. Comment vous allez, justement,

transférer cette information-là aux étudiants en agronomie?

Mme Fortin

(Josée) : O.K. L'information continue... La recherche continue à

trouver des nouvelles choses, O.K.? Il

y a des pesticides qui sont plus étudiés que d'autres, on ne se le cachera pas.

Un pesticide comme le glyphosate, comme l'atrazine, on en entend parler parce qu'ils sont plus utilisés, donc

plus étudiés également, O.K.? Donc, quand on cherche à trouver des problèmes sur quelque chose, c'est

certain qu'on va finir, probablement, à en trouver, O.K.? Ces informations-là,

les étudiants, ils savent, ils savent que

l'information change dans le temps, et je pense que les personnes qui

réglementent les produits également savent que ça change dans le temps,

O.K.?

Donc,

plus on utilise un produit, plus on va avoir... on va en retrouver dans

l'environnement, puis plus on va en retrouver

dans l'environnement, plus on va être porté à étudier ces produits-là. Puis,

finalement, on va finir par se rendre compte

que, oui, ils causent des problèmes. Un produit comme le glyphosate, ça existe

depuis les années 70, O.K.? Donc, on

n'a pas entendu parler du glyphosate pendant un certain nombre d'années.

Pourquoi? Parce qu'on l'utilisait beaucoup moins depuis l'avènement des cultures modifiées génétiquement, O.K., qui

ont permis l'utilisation extrêmement répandue de ces molécules-là. Donc,

c'est un peu ça, là, plus on étudie un produit, plus on va finir par trouver

des choses sur ce produit-là.

Une voix :

M. Grégoire.

M. Grégoire

(Guillaume) : En fait, sur votre question juste avant, sur la

compétence des agronomes pour les pesticides,

c'est sûr que Josée enseigne dans son cours avec les molécules homologuées en

date de quand elle donne son cours.

Et il y a constamment des nouvelles molécules qui sont homologuées au Canada et

à l'international, et tout ça. Donc, je pense que les étudiants sont

bien formés quand ils prennent leur cours de pesticides.

Maintenant, est-ce

qu'ils sont toujours mis à jour par la suite, au fur et à mesure que les

nouvelles molécules rentrent? Je ne le sais

pas. Souvent, l'information sur ces molécules-là, les nouvelles molécules, est

donnée beaucoup par les fabricants.

C'est eux qui ont intérêt à informer le plus sur leurs molécules. Est-ce que

l'information est toujours bonne et scientifique?

Je ne sais pas, mais il y a comme une responsabilité des étudiants et des

agronomes de se tenir à jour auprès de différentes sources d'information

sur ces molécules-là.

Le Président

(M. Lemay) : Parfait, merci. Mme la députée.

Mme Montpetit :

Vous me devancez sur ma prochaine question. C'est là que j'allais, sur la

question de la formation continue des

agronomes. Puis mon objectif n'est pas du tout de faire le procès des

agronomes, là, j'ai bien entendu votre commentaire

sur l'importance aussi d'accompagner les producteurs sur... les agriculteurs,

sur leurs connaissances. C'est vraiment juste pour bien clarifier où sont...

s'il y a des manques et pour nous aider aussi dans nos travaux. Mais est-ce que vous donnez de la formation continue,

notamment, justement ça évolue assez rapidement, sur la toxicité des

pesticides?

Le Président

(M. Lemay) : M. Roy.

M. Roy (Denis) : Un commentaire rapide. Dans le plan stratégique de l'Université Laval,

dans le plan stratégique de la

faculté, qui va être adopté en 2020, la notion d'expérience étudiante est très

importante. L'expérience étudiante, c'est aussi acquérir par l'expérience, exemple, des stages, mais aussi de

s'assurer que, nos diplômés, tout au long de leur vie, on va être en mesure de leur redonner une

formation. Donc, si on nous donne des moyens, par exemple avec des ordres, de

pouvoir développer ce type de formation, ça va exactement répondre à notre plan

stratégique.

vous laisse les réponses plus spécifiques, peut-être? Est-ce qu'il y en a

d'autres? Non. Donc, c'est vraiment dans notre intention. Il faut nous donner les moyens, il faut nous donner

l'ouverture, puis nous, on va vouloir le faire. Parce qu'on veut former tous

nos diplômés, autant lorsqu'on les accueille qu'après leur diplomation, leur

permettre tout au long de leur carrière d'avoir une formation de pointe.

Le Président

(M. Lemay) : Merci, M. Roy. Mme la députée.

Mme Montpetit :

Mme Fortin, puis je vais vous laisser continuer, je vois que vous aviez

encore quelque chose à dire, mais je vais vous poser la question à vous, comme

professeure, comme vous enseignez spécifiquement cette matière : Justement, parce que ça évolue quand même assez

rapidement, la littérature est mise à jour relativement régulièrement, est-ce

que vous pensez que la formation, justement, des agronomes, en formation

continue, sur la toxicité des pesticides devrait être obligatoire?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Fortin.

Mme Fortin

(Josée) : En fait, la formation sur tous les différents volets de

l'agriculture, pas juste sur les pesticides, il faut qu'elle soit faite par les agronomes. C'est d'ailleurs une

obligation qu'ils ont. Mais ce qu'on essaie de leur montrer au

baccalauréat... On ne peut pas leur... On ne peut pas enseigner tout. Si je

prends juste le domaine des pesticides, là, il

y a une multitude de produits qui existent, qui sont homologués. On ne peut pas

en parler de tous. Ce qu'on essaie ou du moins ce que j'essaie de faire,

c'est de leur montrer qu'est-ce qu'il faut qu'ils regardent, comment aller

chercher leur information. Donc, ils ont

l'information de base, ils ont les connaissances générales qui sont nécessaires

pour pouvoir, de façon adéquate,

interpréter l'information, et surtout savoir où la chercher, et comment la

transférer aux producteurs. Donc, il faut

leur montrer comment apprendre, également, par eux-mêmes, parce que c'est des

domaines qui sont tellement vastes qu'on ne peut pas parler de toutes

les molécules, c'est impossible, ou de toutes les situations.

Le Président (M. Lemay) :

Merci. Mme la députée.

Mme Montpetit :

À votre connaissance, est-ce que... Parce que ce qui a été mentionné,

justement, par le groupe qui nous parlait de formation, c'est... ils

parlaient de votre cours, là, justement. Est-ce qu'à votre connaissance... Dans

le 15 %, là, d'agronomes qui n'est pas

formé par vous, est-ce qu'il y a cette... est-ce qu'il y a un cours aussi,

également, qui est obligatoire? Est-ce que, dans le fond, on... Est-ce

que l'ensemble des agronomes du Québec reçoivent une formation équivalente à

celle que vous donnez?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Fortin.

Mme Fortin (Josée) : Moi, je ne

suis pas en mesure de répondre à cette question-là, excusez-moi.

M. Roy (Denis) : Mais le cours

est devenu obligatoire depuis 2017. Donc, dorénavant, tous les diplômés vont

avoir suivi le cours.

M. Castonguay

(François) : En fait, la

seule autre université qui donne une formation

en agronomie, c'est McGill. Et, à ma

connaissance, ils ont un cours de pesticides obligatoire aussi depuis 2017. Le

contenu du cours, par contre, je ne le connais, je ne peux pas me

prononcer là-dessus.

Le Président (M. Lemay) :

Parfait. Mme la députée.

Mme Montpetit : Parfait. Je

vous remercie. Dans votre mémoire,

aussi, là, toujours pour être un petit peu sur le même

thème, vous faites état de plusieurs mesures préventives alternatives. Est-ce que

c'est à comprendre... Puis, tu sais, vous avez bien fait le point sur la

toxicité des molécules. Dans votre façon d'enseigner, aussi, est-ce que

les pesticides sont un dernier recours? Tu sais, dans quel paradigme

vous vous situez lors de la formation de vos agronomes?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Fortin.

Mme Fortin (Josée) : Premier

chapitre du cours, on parle de lutte intégrée, avec les pesticides comme

dernier recours. C'est ce que je vous

disais, quand on ne comprend pas quelque

chose, on ne peut pas vraiment

savoir si, oui ou non, on en a

besoin. Donc, l'objectif, c'est vraiment de faire comprendre c'est quoi, cet outil-là, les

différents aspects reliés à ça, dans un objectif de lutte intégrée, c'est-à-dire

que c'est le dernier recours qu'on utilise, c'est les pesticides.

Président (M. Lemay) :

Merci. Cependant, je dois vous interrompre, puisque nous sommes rendus maintenant à la période d'échange avec

la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.

Mme Lessard-Therrien :

Merci, M. le Président. Bonjour à tous, merci d'être là. Dans votre mémoire,

vous parlez que, dans le cadre de

leur formation, les étudiants en agronomie, ils ont l'opportunité d'être en

contact avec des experts oeuvrant comme professionnels dans leurs

milieux respectifs. Je me demandais, le pourcentage de professionnels qui sont

liés à l'industrie versus les gens qui

travaillent pour le domaine public, comment ça se départage un peu. Puis, je me

questionnais aussi sur la tendance de

vos étudiants par la suite, sur le marché du travail. On sait que le MAPAQ a

considérablement réduit ses effectifs

au niveau des agronomes dans leurs propres bureaux. Donc, quel constat vous

faites sur l'orientation de vos étudiants

par la suite? Est-ce qu'ils se dirigent plus vers le domaine public, vers le

domaine privé? C'est quoi, leurs intérêts? Donc, savoir un peu la

tendance au niveau de la relève.

M. Roy (Denis) : Je pense que

M. Castonguay a un bon exemple avec les clubs.

M. Castonguay (François) : En fait, c'est une bonne question, c'est une

question qu'il aurait fallu poser à l'Ordre des agronomes. Je sais où sont les graphiques de l'Ordre des agronomes

dans le référentiel, mais je ne pourrais pas mentionner exactement... avoir des chiffres précis vers où

ils vont, tu sais, en production animale ou en production végétale, ou s'ils

vont en recherche ou... Mais je pourrais...

Le Président (M.

Lemay) : Mme la députée.

Mme Lessard-Therrien :

Bien, peut-être d'abord répondre à ma première question?

M. Roy

(Denis) : Mais ce qu'on sait...

Mme Lessard-Therrien :

Oui?

M. Roy

(Denis) : ...c'est qu'il y a une réduction, les gouvernements se sont

un peu retirés, donc l'expertise gouvernementale a été réduite. Le mémoire de

l'OAQ démontre ça par des statistiques, ça a été rappelé par d'autres. Donc, évidemment, nous, on aimerait bien qu'on

revienne à une situation un peu plus équilibrée, parce que nos finissants

sont prêts, mais c'est un programme, une

formation professionnelle, ils sont prêts à oeuvrer. S'ils avaient la chance

d'être engagés selon leurs compétences et selon leurs qualifications

puis leur mérite par des organismes gouvernementaux, on pourrait libérer... On répondrait à votre question, je pense. C'est

comme ça. Ce n'est pas la faute des diplômés, ils se retrouvent dans un

marché du travail... si le gouvernement a fait des coupures, puis on subit des

coupures.

Mme Lessard-Therrien :

Non, non...

Le Président

(M. Lemay) : Mme la députée, allez-y.

Mme Lessard-Therrien :

Oui. Je suis d'accord avec vous. Je n'ai vraiment pas beaucoup de temps, mais,

tu sais, comme enseignants, vous devez

quand même les connaître, vos étudiants, c'est quoi, leurs intérêts, c'est

quoi, leurs préoccupations. Quand ils se dirigent vers un bac en

agronomie, justement, qu'est-ce qui les pousse à aller vers là?

Le Président

(M. Lemay) : M. Castonguay, environ 30 secondes.

M. Castonguay

(François) : Oui. Assurément que la majorité de nos étudiants ne

visent pas de travailler au MAPAQ en service-conseil, pour toutes sortes de

raisons que je pourrais énumérer ici, dont les questions salariales. Avant, on voulait avoir toutes des jobs...

j'exagère, là, mais toutes des jobs bien rémunérées à long terme. Maintenant,

les nouveaux étudiants, ce qu'ils

veulent, c'est des bons salaires, des bonnes conditions. Et puis le MAPAQ,

assurément qu'ils ont de la misère à recruter des bons conseillers.

Donc, même si...

Président (M. Lemay) : Merci. Merci, M. Castonguay. Je dois

vous interrompre. M. le député de Bonaventure, la parole est à vous.

M. Roy

(Bonaventure) : Merci, M. le Président. Donc, j'ai

2 min 50 s. Je vais être vite. C'est quoi, bon, le pourcentage

d'étudiants qui se trouvent un emploi, des agronomes, après avoir terminé, là?

Le Président

(M. Lemay) : M. Castonguay.

M. Castonguay (François) : Je pense que la majorité des étudiants qui

veulent travailler en agronomie, ça va être 100 %, là.

M. Roy

(Bonaventure) : C'est 100 %.

M. Castonguay (François) : Il y a des gens qui vont ailleurs, mais ceux qui

veulent travailler en agronomie trouvent un emploi.

M. Roy (Denis) : Nos programmes sont très... ils sont très payants, là, parce que c'est

pratiquement 100 % dans tous nos programmes.

M. Roy

(Bonaventure) : O.K. Est-ce que vous avez des échanges avec les

différents ministères pour avoir accès à des bases de données ou à de

l'information sur l'utilisation des pesticides?

Le Président

(M. Lemay) : M. Roy.

M. Roy (Denis) : Moi, je n'ai pas cette réponse, je pense... On est dans la

réglementation. Nous, on va avoir des statistiques pour nos projets de

recherche, pour notre formation, mais ce n'est pas... Je vais laisser

M. Grégoire, là...

M. Roy

(Bonaventure) : La question, c'est : Est-ce qu'il y a de

la fluidité et des échanges pour avoir accès à des données pour faire

vos travaux de recherche?

M. Grégoire (Guillaume) : Je

comprends votre question...

M. Roy (Bonaventure) :

Première question. Et je vais poser la deuxième parce qu'il doit me rester à

peu près 40 secondes, là.

Écoutez, il faut aller voir dans tous les coins,

là. Vous avez dit que les orientations de la recherche étaient en général dictées par les ministères. C'est bien ça?

Est-ce que, selon vous, ces orientations-là sont pertinentes ou elles reflètent

parfois les besoins de l'industrie?

Le Président (M. Lemay) :

Allez-y, M. Grégoire.

M. Grégoire (Guillaume) : Pour

répondre aux premières questions, en général on a accès aux mêmes données publiques que tout le monde pour ce qui est des

données des ministères. Si on en veut, des données, plus précises, il faut

faire une demande. Puis là ça peut prendre

un certain délai. Donc, on n'a pas de passe-droit ou de canaux plus rapides.

C'est pour la première question.

Deuxième

question. C'est sûr que la tendance, et pas juste en agriculture, dans toute la

science, c'est de faire des recherches

en partenariat. Et ça, c'est vrai dans tous les domaines. Donc, forcément, si

les organismes nous demandent de faire des partenariats de recherche avec des

partenaires privés, ça peut être des groupes de producteurs, ça peut être

n'importe quelle entreprise privée ou

même parapublique, forcément il faut que ce partenaire-là trouve son compte

dans le projet. Ça ne veut pas dire

qu'on va faire ce que le partenaire veut qu'on fasse, mais ça veut dire que les

orientations du projet vont être faites pour que le partenaire puisse se

servir de ces résultats-là à court ou moyen terme.

Le Président (M. Lemay) :

M. Roy... M. le député de Bonaventure.

M. Roy

(Bonaventure) : Ça

veut dire que, parfois, des portions des résultats de recherche peuvent être

non accessibles pour l'ensemble de la population.

M. Grégoire

(Guillaume) : Généralement

non. Quand c'est financé par un organisme public, on a des exigences, dans les programmes, de publier ces recherches-là,

que ce soit au point de vue plus de question scientifique et même, souvent,

publication plus vulgarisée professionnelle.

M. Roy (Denis) : Donc, on garde

la propriété intellectuelle ici. Aussitôt que le gouvernement met de l'argent,

c'est public.

Président (M. Lemay) : Merci beaucoup. Merci pour cet échange. Je

vous remercie pour votre contribution aux travaux de la commission.

Je suspends les travaux quelques instants afin

de permettre au prochain groupe de prendre place.

(Suspension de la séance à 12 h 14)

Président (M. Lemay) :

Alors, nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue à

Mme Maryse Bouchard. Donc, je

vous rappelle que vous avez 10 minutes pour faire votre exposé, puis nous

procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Donc, si vous voulez vous présenter, c'est libre

à vous, mais on sait bien que vous vous appelez Mme Bouchard, ainsi

que... Vous y allez avec votre exposé? La parole est à vous.

Mme Bouchard (Maryse) : Merci

beaucoup. Donc, merci au président et aux membres de la commission de me donner le privilège d'être ici aujourd'hui pour contribuer aux travaux de la CAPERN. Je m'appelle Maryse Bouchard,

je suis professeure de santé environnementale à l'Université de Montréal et je

suis également chercheuse de l'Hôpital Sainte-Justine.

Je suis biologiste de formation, détentrice d'un doctorat en sciences de l'environnement, et j'ai complété une formation postdoctorale en épidémiologie environnementale.

Aujourd'hui, je représente également mon collègue Marc-André Verner, professeur en toxicologie environnementale à l'Université de Montréal, il n'a pas pu se joindre à moi pour des raisons familiales; Patrick Ntantu n'a

pas non plus aussi être présent aujourd'hui, car il est à l'extérieur du pays.

Alors, ça, c'étaient les personnes avec qui j'ai corédigé mon mémoire.

Donc, depuis

une dizaine d'années, je mène des travaux de recherche pour identifier et

quantifier les risques découlant de

l'exposition aux pesticides pour les enfants. Les jeunes constituent un groupe

de la population à risque, car les processus développementaux, particulièrement ceux impliqués dans la formation

du cerveau, sont complexes et peuvent facilement être perturbés par l'effet des pesticides. Les

insecticides, particulièrement, sont problématiques, parce

que leurs mécanismes de

toxicité ciblent souvent le dysfonctionnement du système nerveux central.

Mon programme

de recherche en épidémiologie environnementale repose sur des études menées auprès de participants humains. Ces travaux de terrain

exigent un financement significatif. Je tiens à préciser que tous mes

travaux sont financés par des grandes agences publiques de recherche, je n'ai jamais

accepté de fonds provenant du privé, et mes recherches sont exemptes de conflits

d'intérêts.

J'ai commencé

à m'intéresser à la question des pesticides en 2010, pendant mon stage de

recherche postdoctoral à l'Université

Harvard. Avec mes collègues là-bas, j'ai réalisé une étude sur

1 139 enfants âgés de huit à 15 ans de la population générale américaine. Nos résultats ont montré que les enfants plus

exposés aux pesticides de la classe des organophosphorés étaient davantage

susceptibles d'être diagnostiqués avec un trouble déficitaire de l'attention

avec ou sans hyperactivité, TDHA.

Notons que les enfants avec un TDAH peuvent éprouver des difficultés,

entre autres, à rencontrer les attentes du système

scolaire. Ils peuvent nécessiter des services particuliers et un accompagnement spécialisé pour les soutenir dans leur parcours scolaire. Cette étude a été une des premières à montrer

que l'exposition aux pesticides, même aux faibles niveaux couramment

observés dans la population, pourrait être associée à une prévalence accrue de

TDAH chez les enfants.

En 2011, j'ai quitté Harvard pour faire un

second stage de recherche postdoc, cette fois-ci à UC Berkeley, avec Dre Brenda Eskenazi, une sommité mondiale dans le

domaine des effets des pesticides sur la santé des enfants. Dre Eskenazi

avait mis en place une étude auprès de

600 femmes enceintes vivant dans une communauté agricole juste au sud de San Francisco, en Californie. Pour chacune de ces

femmes, nous avons estimé l'exposition aux pesticides en mesurant des résidus dans l'urine des femmes à différents

moments de la grossesse. Notre étude a montré que l'exposition prénatale, soit

avant la naissance, aux pesticides, encore

une fois, de la classe des organophosphorés était associée à des déficits significatifs de quotient

intellectuel, Q.I.

Ce résultat

est important et susceptible d'avoir des conséquences à long

terme sur la vie des personnes parce

que le Q.I. prédit, à tout le moins en partie, le succès académique et

est même corrélé avec le revenu une fois à l'âge adulte. À ce jour, il s'agit probablement de l'étude la

plus convaincante sur le risque associé à l'exposition aux pesticides pour le

cerveau des enfants. En effet, cette étude

avait plusieurs forces notables, dont un long suivi du développement des jeunes

participants, soit dès le début de la vie foetale et jusqu'à l'âge de sept ans.

Plus important encore, deux autres équipes de

recherche, indépendantes de la nôtre, ont rapporté des résultats semblables, soit une relation entre l'exposition

prénatale aux pesticides et des habiletés intellectuelles réduites.

Collectivement, ces travaux suggèrent que les pesticides de la classe

des organophosphorés sont associés à des effets neurotoxiques se manifestant par des déficits cognitifs et des problèmes

de comportement chez les enfants. Ces observations ont été réalisées à des niveaux faibles d'exposition communément

rencontrés dans la population. Les effets des pesticides organophosphorés

représentent donc un fardeau substantiel

pour le bien-être des enfants et des coûts de société importants... sociétaux

importants. Interpellée par les

résultats de cette étude, l'académie américaine de pédiatrie s'est d'ailleurs

prononcée publiquement pour appeler les gouvernements à prendre une

série de mesures pour diminuer l'exposition de la population.

En 2013, peu

de temps après mon entrée de poste à l'Université de Montréal, j'ai entamé des

études, cette fois-ci, sur l'exposition des enfants canadiens, parce que

toutes les recherches dont je vous ai parlé avant étaient menées aux États-Unis. Et, cette fois-ci, j'ai voulu focuser

sur une autre classe de pesticides, les pyréthrinoïdes. J'ai conduit une étude

sur 779 enfants âgées de six à 11 ans vivant dans plusieurs provinces

canadiennes. Premier constat : 97 % des enfants présentaient des concentrations mesurables de

résidus urinaires de pyréthrinoïdes. Second constat : les enfants qui

avaient plus de résidus urinaires

étaient plus à risque de présenter des problèmes de comportement. Peu de temps

plus tard, d'ailleurs, une autre

étude a rapporté des résultats similaires. Ces résultats soulèvent des

inquiétudes, mais des études avec un but suivi à plus long terme seraient

souhaitables pour tirer des conclusions plus robustes sur les risques de ces

pesticides.

Nous sommes

maintenant en 2019, quelques années après la publication de ces études. Les

données de ventes de pesticides,

celles auxquelles on a accès, qui sont très parcellaires, montrent des

changements dans les types de produits utilisés. La tendance est à

mettre de côté les pesticides dont le risque a bien été démontré, pour

favoriser l'utilisation d'autres pesticides

pour lesquels les effets sur la santé publique sont peu ou pas connus. Si

l'abandon de produits démontrés comme étant dangereux est souhaitable,

la transition vers de nouveaux produits à la toxicité inconnue est loin d'être

rassurante.

Normalement,

les produits homologués par l'ARLA devraient être sécuritaires. Mais alors

comment se fait-il que nous

observions des résultats comme ceux des études dont je viens de vous parler?

Alors, les documents d'homologation, donc,

laissent croire que les risques devraient être négligeables. Donc, la réponse

nous amène à souligner deux principales faiblesses des analyses de risques à la base des décisions

d'homologation délivrées par l'ARLA. La première : l'utilisation de données de toxicité commissionnée par

l'industrie des pesticides, et donc possiblement biaisées. La seconde

faiblesse, c'est l'utilisation de

données presque uniquement provenant d'études animales, qui sont peu

appropriées pour estimer les véritables risques chez les êtres humains.

Donc, les

études chez les êtres humains sont claires, les risques des pesticides pour la

santé ne sont pas négligeables. Il est grand temps de reconnaître ces

risques et de prendre position pour protéger la santé de la population.

Nous

souhaitons donc formuler deux recommandations principales. La première :

évaluer les risques des pesticides au niveau du gouvernement du Québec. Nous

recommandons qu'une évaluation des pesticides soit effectuée au niveau provincial par un comité scientifique

transsectoriel formé uniquement d'experts indépendants. Un tel comité serait en

mesure de recenser les études

indépendantes, uniquement celles qui sont publiées dans des revues avec comités

de pairs, et donc disponibles

publiquement, pour émettre des recommandations au gouvernement. Ensuite,

lorsque des études épidémiologiques sont

disponibles, nous pensons qu'il faudrait accroître le poids de ces dernières

dans les analyses de risques, car elles sont plus représentatives des

conditions réelles d'exposition, et les effets mesurés sont plus pertinents

pour la santé humaine. Finalement,

une veille scientifique devrait être maintenue afin de procéder à une

réévaluation rapide lorsque des travaux apportant de nouvelles

informations sont publiés.

Notre seconde recommandation : soutenir

la recherche sur les impacts sanitaires des pesticides. Comme je le soulignais

plus tôt, les types de pesticides utilisés

changent avec le temps. Si nous détenons des connaissances suffisantes sur

certains produits, d'autres sont beaucoup

moins bien documentés. Ainsi, il nous apparaît souhaitable que le gouvernement provincial finance des travaux de recherche sur les risques

des pesticides dans la population québécoise. Nous croyons que ceux-ci doivent

être menés par des équipes de recherche indépendantes. Ces investissements en

prévention sont nécessaires pour protéger la santé publique.

Finalement,

nous croyons que la nouvelle exigence de la tenue obligatoire d'un registre

d'utilisation des pesticides à des

fins agricoles est une excellente mesure, mais son utilité dépendra de

l'accessibilité de ces données. Il est crucial que ces données soient accessibles aux chercheurs, à

une résolution géographique et temporelle très fine, afin de permettre de

connaître quels pesticides sont épandus, en

quelles quantités, à quels endroits et à quels moments. Il n'y a aucune raison

valable pour que ces informations d'intérêt public demeurent cachées. Merci.

Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, Mme Bouchard, pour

votre exposé. Je cède maintenant la parole au député de Bourget.

M. Campeau :

Bonjour, Mme Bouchard. Merci de votre présentation. Premièrement, ce n'est

pas tout le monde qui peut se vanter de n'avoir aucun fonds privé.

Bravo!

Mme Bouchard

(Maryse) : Merci.

M. Campeau :

Ce n'est pas tout le monde qui ose le faire.

comprends ce que vous voulez dire quand vous dites qu'on aurait une

homologation québécoise. Je comprends l'idée,

mais c'est comme de dire : On fait

partie d'un pays, on ne croit pas à ce

que les autres font, puis on ne croit pas les autres provinces, puis on va tout le faire nous autres mêmes, puis on va

tout garder les frais de tout ça. Il n'y aurait pas une autre solution, qui serait d'améliorer l'ARLA ou

de travailler conjointement avec d'autres provinces? Parce que ça me semble

tout prendre le fardeau, et, oui, on veut

bien faire, mais on n'est peut-être pas... On ne veut pas répéter les mêmes

erreurs, c'est sûr, mais on perdrait

aussi... — voyons — les connaissances qui existent déjà à

l'intérieur de l'ARLA. Parce que ce n'est pas tout négatif, ça.

Le Président

(M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Oui, effectivement. En fait, ce qui serait souhaitable, ça

serait que l'ARLA bonifie son processus, et là je crois que vraiment il

y a beaucoup de voix qui s'élèvent pour les inciter à le faire, et, je ne sais

pas, peut-être aussi que le gouvernement du

Québec peut également mettre de la pression. C'est hors de mon expertise un peu

de me prononcer là-dessus, mais je pense que

ça peut être fait en parallèle. Et mettons qu'il y a certains produits,

certains pesticides pour lesquels,

quand même, le gouvernement pourrait prendre des décisions qui viendraient

aller plus loin que celles du

fédéral. Parce que, pour l'instant, l'ARLA, les limites sont vraiment

importantes, là. Ils n'incluent presque jamais les études sur les êtres humains, ils se fient aux études sur les

animaux, ils se fient aux études de l'industrie. Donc, je pense que, si on veut être responsable, il faut arrêter

de s'en remettre à eux. C'est dommage que ce soit ainsi, mais je crois que

c'est important.

j'ajouterais en dernier lieu qu'il y a certaines juridictions, qui ne sont pas

très grandes, où il y a beaucoup d'activité d'évaluation de risques qui se fait, comme par exemple au Minnesota. Ce

n'est pas un très grand État, le Minnesota, et ils ont quand même du personnel qui se dévoue à cette

tâche-là. Donc, si on en fait une priorité, je crois qu'il y a moyen d'avancer

sur le front d'à tout le moins certains pesticides qui sont peut-être plus

utilisés ou dont les niveaux de risque sont vraiment très élevés, là. C'est sûr qu'on ne va pas avoir les

milliers, milliers de produits actifs qui existent, là, juste avec les

scientifiques qu'on a au Québec, on aurait de la difficulté à suffire à

la tâche.

Le Président

(M. Lemay) : Merci. M. le député.

M. Campeau :

Je vois que, dans la salle, il y a des gens qui sont très en faveur. Je vois

des grands signes de tête là-bas, mais c'est très correct de le faire.

veux juste comprendre, là. Je comprends qu'on voudrait faire des études sur les

êtres humains, mais, je veux dire, c'est osé, on ne veut pas rendre du

monde malade en même temps, là.

Mme Bouchard

(Maryse) : Soyons clairs, c'est des études où il ne s'agit pas du tout

d'administrer des doses de pesticide

aux gens. Parce qu'en réalité nous sommes tous exposés aux pesticides, comme je

le disais dans mon énoncé, c'est plus

de 95 %, là, d'entre vous, si on va mesurer... vous avez des résidus de

pesticides. Vous en consommez possiblement à chaque repas une petite

dose. Donc, nous, en épidémiologie, on peut tirer avantage de cette variabilité

naturelle qu'on retrouve dans la population.

y a des gens plus exposés, il y a des gens moins exposés, on peut catégoriser

les gens de cette façon-là. Évidemment, il va de soi qu'on n'expose

personne aux pesticides dans un «design» expérimental.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Campeau :

O.K. Quand vous mentionnez que les insecticides sont probablement les produits

qui ont le plus d'effets négatifs sur

l'être humain, parlez-vous de quelqu'un qui était à la plage, qui a fait

pschitt-pschitt sur soi-même ou vous

parlez vraiment des agriculteurs qui sont exposés à des quantités massives? Je

ne veux pas qu'on fasse peur aux gens de façon exagérée, à ce moment-là,

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Oui. Loin de moi

l'idée de susciter la panique dans la population. Les effets qu'on voit sont importants, à mon sens, au point de vue populationnel,

mais on ne parle pas de gens qui sont carrément malades. Donc, moi, les études

que j'ai menées, c'était en population générale, ce n'était pas chez des agriculteurs,

c'était donc à des niveaux d'exposition bas qu'on rencontre dans la population.

Et, les insecticides, le truc, c'est qu'ils

ciblent vraiment... la façon dont ils fonctionnent pour tuer les insectes,

habituellement c'est en interférant avec le système nerveux des insectes. Et

c'est peut-être surprenant, mais, en réalité, il

y a toutes sortes de mécanismes

physiologiques qu'on partage avec les insectes. On a des ions sodium comme eux

autres, on a... des canaux sodium, je

voulais dire, on a des neurotransmetteurs qu'on partage entre eux. Comme les

personnes qui ont parlé avant moi le

soulignaient, la spécificité des pesticides pour les espèces, donc, ce n'est

pas à 100 %. Les insecticides touchent les êtres humains aussi, et

même à des doses relativement modestes d'exposition.

Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, Mme Bouchard. M. le

député, je céderais maintenant

la parole à la députée de Laviolette—Saint-Maurice pour sa question.

Mme Tardif : Bonjour. Merci. Merci beaucoup, c'est très

intéressant vous entendre. Donc, bravo pour vos études.

Vous parlez

du besoin des études indépendantes, on l'a entendu souvent, on est conscients là. Selon vous, qui

doit être en charge des études indépendantes? Qui doit dicter les

recherches qui vont être faites par ces recherches, par ces chercheurs indépendants? Et de quel ordre de

grandeur voyez-vous le besoin d'investissement au Québec pour les équipes

de recherche indépendantes?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Donc, le financement peut passer, évidemment, via le ministère

de la Santé, directement avec des

experts choisis. Ça pourrait aussi passer par une priorité de recherche qui

serait ouverte, par exemple, au Fonds de

recherche en santé du Québec ou au Fonds de recherche du Québec — Nature et technologies pour ce qui est des

effets plutôt sur les écosystèmes.

Donc, ça, c'est des mécanismes de financement de

la recherche existants. On est habitués à ça, à passer par ces canaux-là, donc

on peut ouvrir un concours spécifiquement dédié aux recherches portant sur les

pesticides. Donc, les mécanismes sont déjà là, donc, pour distribuer les fonds

de recherche de cette façon-là. Les chercheurs soumettent des propositions de recherche, il y a des comités de

réviseurs qui sont formés, et on classe les applications des chercheurs selon

leurs qualités, et on choisit à qui on va financer.

Ensuite,

concernant les montants, bon, c'est un petit peu difficile à estimer, ça dépend

un peu de là où on veut aller, mais

l'idéal, c'est sûr que c'est des recherches avec un suivi longitudinal. J'ai

fait allusion à cette nécessité-là à quelques reprises, parce que ce n'est pas... On ne veut pas étudier les effets

aigus en empoisonnement, une grosse dose de pesticides. Ce qu'on soupçonne, c'est... ce dont on

s'inquiète, c'est l'effet de faibles doses sur une longue période. Donc, ce qui

serait important, ce serait un

financement qui dure, je dirais, à tout le moins une dizaine d'années. Et je

pense que ce serait de l'ordre de 10

ou 15 millions de dollars au total. Ce serait déjà une belle avancée pour

financer plusieurs équipes de recherche, là, qui pourraient faire des

travaux intéressants là-dessus.

Et on est

quelques équipes de recherche, dont je fais

partie d'un groupe, où on a

d'ailleurs, déjà, une

partie du travail qui est fait. Nous avons des

échantillons qu'on a collectés, qui sont dans une biobanque, et il nous manque

juste les fonds pour faire les mesures de pesticides dans ces

échantillons-là. Parce que c'est des mesures qui sont quand même assez

dispendieuses, mais, je veux dire, pas tant que ça non plus, là.

Le Président (M. Lemay) :

Parfait. Mme la députée, allez-y.

Mme Tardif :

En ce sens, puisque c'est tout de même assez alarmant, le message que vous nous

amenez, et qu'on entend très bien,

vous me parlez de recherche de 10 ans, est-ce que vous nous proposez

d'attendre 10 ans pour mettre des mesures en place? Je ne crois

pas.

Mme Bouchard

(Maryse) : Non, bien sûr que

non. Je crois qu'il y a déjà certaines classes de produits dont le risque

est assez bien démontré et, pour ceux-ci, je

crois qu'on pourrait agir sans attendre, j'en ai mentionné quelques-uns

dans mon énoncé. Mais c'est ça,

ces nouvelles molécules, ces nouveaux pesticides qu'on n'a pas encore eu le

temps d'étudier... Parce que l'industrie

réagit souvent comme ça, à mesure que... Nous, les scientifiques, on travaille

très fort pour amener des connaissances

toxicologiques sur une molécule, et puis là, dès que ça commence à être un peu

solide, ils lâchent la molécule puis ils en utilisent une autre, qui est

parfois très similaire, hein? Donc là, si on pouvait procéder par analogie

aussi, on pourrait peut-être

ne pas être obligés de tester des choses qui se ressemblent beaucoup,

beaucoup, là, on pourrait déduire les risques.

Mme Tardif :

Comme vous l'écrivez, la nouvelle exigence de la tenue obligatoire du registre,

là, d'utilisation des pesticides, qui doit

être complété par les agriculteurs, c'est une excellente mesure. Par contre,

il semble y avoir un fossé, parce que

les données ne se rendent pas aux scientifiques. Comment vous nous proposez de

fonctionner pour faciliter cette collecte de données là qui est

essentielle pour avoir un portrait global, d'ensemble, territorial aussi?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Donc, je pense

qu'on peut prendre exemple, en France, ils ont un excellent système pour recenser, pour documenter

toutes les utilisations de pesticides, et en Californie aussi. Donc, il y a des

expériences qui ont... des expertises qui

existent là qui sont très utiles, qui sont utilisées par les chercheurs comme

moi. J'ai des collègues aux États-Unis, en Californie, qui font

des études, qui ont mis à jour des risques importants en se servant de ce type

de registre là. Donc, ce que ça indique,

c'est que c'est quelque chose qui est tout

à fait atteignable, possible, mais il

s'agit d'avoir cette sensibilité-là, là, que c'est important de le

faire.

Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, Mme Bouchard. Maintenant, je cède la parole au député de Lac-Saint-Jean.

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : Merci, M. le Président. Écoutez, merci, Mme Maryse Bouchard, de votre

exposé, vos études, d'avoir déposé ce mémoire, d'avoir pris le temps de

vous asseoir avec nous.

Et vous avez

raison, on est tous exposés aux pesticides, aux médicaments, aux agents de

conservation, maintenant on parle des appareils électroniques, du vapotage.

Mais restons-en aux pesticides. Vous avez parlé des études, vous avez fait des

études, tout près, au niveau canadien. Dans vos études, là, au niveau

de votre échantillonnage des personnes, vous êtes-tu en mesure de me dire ceux qui vivent... Avez-vous des gens,

des agriculteurs qui ont été répertoriés là-dedans, des

familles agricoles, des enfants qui vivent sur des fermes?

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Non, dans mon

échantillon, il n'y en avait pas, non, parce qu'on avait focussé l'étude

sur des centres urbains. Donc, moi, je crois

qu'il y a vraiment un très grand besoin... un trou, là, un gap,

comme on dit, sur ces populations-là

qui... les communautés rurales. Si j'avais à, disons, m'immiscer dans

les personnes qui choisiraient quelles devraient être nos priorités de

recherche, c'est clair que c'en est une.

Le Président (M. Lemay) : ...

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : Parce que — merci,

M. le Président — ça

ressort beaucoup dans votre mémoire, hein, vous précisez beaucoup, là, au niveau

des producteurs, qui sont les plus exposés, et c'est sûr qu'il y a

un bassin là, quand même, d'échantillonnage incroyable. Puis les agriculteurs,

agricultrices ont tous des enfants sur les fermes.

Mme Bouchard (Maryse) :

Absolument.

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Puis

vous parlez beaucoup d'améliorer nos connaissances sur les risques des pesticides pour la santé humaine. C'est ce qui

manque, c'est ce qui ressort. Puis moi, j'ai lu d'autres mémoires que les gens

ne viendront pas ici, ils ont remis beaucoup en question Santé Canada.

Qu'est-ce que vous pensez de Santé Canada?

Le Président (M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard (Maryse) : Bon,

Santé Canada, ils sont très proches de l'ARLA. Je pense que l'ARLA relève presque de Santé Canada, donc c'est un petit peu

le même... Ils partagent la même philosophie, où l'emphase est vraiment mise sur les études toxicologiques. Il n'y a pas,

bon, énormément de recherche qui se fait, non plus, au niveau de Santé Canada. Mais, bon, c'est des partenaires importants de

recherche, quand même. Je vous dirais qu'ils ont financé une grande étude

de cohortes, donc une cohorte, c'est quand

on suit un groupe de personnes pendant de nombreuses années, ils ont donc une

grande étude, à laquelle je participe, qui est financée par Santé Canada, quand

même, pour élucider l'effet de différents contaminants

environnementaux, pas que les pesticides, comme vous l'avez mentionné, là,

toutes sortes d'autres produits chimiques. Donc, je pense qu'il y a

quand même de la recherche qui se fait, importante, financée par Santé Canada.

Le Président (M. Lemay) : Parfait.

M. le député, allez-y.

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : La mission, hein, de l'ARLA consiste à protéger de

manière ouverte et transparente la

santé et l'environnement des Canadiens. Dans un rapport de la vérification, déposé en janvier 2016, la Commissaire à l'environnement et au développement durable du Canada

indiquait que l'ARLA n'a pas toujours agi en temps opportun et qu'elle doit accélérer le processus

de son système de surveillance des risques après commercialisation si elle veut

éviter que les personnes et l'environnement soient exposés à des risques

jugés inacceptables liés à l'utilisation des pesticides.

Vous pensez quoi de ça, de la Commissaire à l'environnement

qui a émis ça?

Le Président

(M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard (Maryse) : Bien,

je suis complètement d'accord avec la Commissaire à l'environnement, là. Ça va de soi que je pense qu'on est vraiment très,

très loin du principe de précaution. En fait, c'est presque... Le principe

de précaution, on en parle quand on n'a pas

de données sur quelque chose, qu'on a juste des soupçons, pas de certitudes.

Mais là, pour certains produits, on

commence à avoir des données qui sont vraiment très, très solides, et pourtant

ces produits-là sont encore permis.

Comme le chlorpyrifos, qui est un organophosphoré, là, ce mot-là est revenu à

quelques reprises dans mon discours,

les données sont solides par rapport à ça, puis je ne comprends pas comment ça

se fait que c'est encore permis.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député, environ une minute.

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : Donc, M.

le Président, ce que je constate avec... il y a eu plusieurs groupes qui sont

venus et il y a des failles au niveau de

l'ARLA, des failles considérables. Et on est dans un système, comme mon

collègue tout à l'heure... mon député

ici, à l'autre bout, le mentionnait, on est dans un système, aussi, canadien,

fédéral, où est-ce qu'il n'y a pas de

frontières au niveau des aliments et des produits, et on doit se battre à armes

égales. Alors, au niveau de l'ARLA, je considère qu'il y a des failles.

Et, dernière question, c'est-u trop long,

15 ans, l'homologation?

Le Président (M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard (Maryse) : C'est

beaucoup trop long. C'est beaucoup trop long, évidemment, oui.

M. Girard (Lac-Saint-Jean) :

Qu'est-ce que vous proposez?

Mme Bouchard (Maryse) : Trois

ans.

Président (M. Lemay) : Très bien. Merci beaucoup, M. le député. Ceci

complète la période d'échange. Je cède maintenant la parole à la députée

de Maurice-Richard.

Mme Montpetit : Je vous

remercie, M. le Président. Bonjour, Mme Bouchard, c'est vraiment un grand

plaisir de vous recevoir ici aujourd'hui.

J'ai eu le grand bonheur, moi, dans ma formation en sciences de l'environnement,

de faire référence et de lire plusieurs de vos travaux, et j'ai beaucoup de

respect pour ce que vous faites, et ce que vous avez fait et ce que vous faites comme recherche. Mais,

également, j'avais collaboré, dans le cadre de ma recherche, avec l'école de

santé publique de Harvard aussi, sachez que

vous avez une très bonne réputation là-bas, puisqu'ils citent régulièrement vos

travaux de recherche.

D'entrée de jeu, moi, j'aimerais ça vous dire que, dans mon cas, vous prêchez à une

convertie sur tout ce qui est l'importance de la recherche et

l'importance de la science, non seulement pour savoir, pour faire un état de la

situation, mais surtout aussi pour prendre

des décisions au niveau politique. Je pense qu'on est dans une... Je pense que la

science devrait toujours nous gouverner, devrait gouverner l'État, en

termes de décisions.

Et on se retrouve dans une situation, ici, où il

y a encore beaucoup de flou, beaucoup de questions sans réponse, notamment

sur l'impact réel des pesticides sur la santé des Québécois,

et c'était la première ligne de notre mandat, d'ailleurs. J'ai moi-même fait une demande qu'il y ait

une recherche qui soit faite au

niveau national, justement

pour venir vraiment clarifier ces questions-là. Je suis contente que

vous le souleviez également de votre côté. Il y a plusieurs groupes de

recherche qui sont venus aussi

souligner l'importance de faire toute la lumière là-dessus. Parce que

je pense que, tant qu'on va demeurer dans

des zones de flou... Et c'est ce qu'on voit depuis trois jours, il y a beaucoup

de zones de flou encore sur la toxicité de certains pesticides, sur les doses, notamment, aussi, sur l'utilisation, et je pense qu'on se doit, si on veut prendre les décisions éclairées,

comme parlementaires, comme législateurs, d'avoir toute l'information qui est possible

à ce niveau-là.

Concernant la

recherche, moi, j'aurais une question, mais je... en tout cas, je ne veux pas

présumer de votre réponse, mais ce

matin, notamment, il y avait une motion, à l'Assemblée nationale, qui a

été déposée, qui suggérait de rendre disponibles

les... de transmettre, en fait, les données sur les pesticides à l'INSPQ.

J'aurais souhaité, moi personnellement, que cette motion soit beaucoup

plus large et qu'elle mentionne l'importance de rendre disponibles et

accessibles toutes les données sur les

pesticides à tous les chercheurs du Québec. J'aimerais ça vous entendre

là-dessus, mais je présume que, pour vous, ça pourrait faire une grosse

différence, comme chercheur, d'avoir accès à cette information.

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Merci beaucoup pour votre question et les points que vous avez amenés. Oui, moi,

je pense que c'est vraiment

essentiel que les chercheurs académiques, nous ayons accès à ces données-là parce qu'on est... Bien, premièrement, il y a des grands experts des pesticides au Québec,

j'en connais plusieurs. Ce serait dommage de se priver de leur expertise puis de qu'est-ce qu'ils pourraient apporter

s'ils avaient accès à ces données-là. Je crois que les gens de l'INSPQ font un très bon travail, mais ils

ne sont pas nombreux. Et puis je ne vois pas pourquoi est-ce qu'on limiterait

les données à cet organisme-là. Je souhaite vraiment, effectivement, recevoir

ces données-là, moi.

Le Président (M. Lemay) : Mme

la députée.

Mme Montpetit :

Oui. Puis, je pense, vous le mentionnez bien, de toute façon, puis on va avoir

d'autres chercheurs, d'autres experts aussi qui vont venir lors des

consultations, mais je pense qu'on a le privilège au Québec d'avoir des chercheurs d'une très, très grande qualité au

niveau de la santé environnementale, au niveau de ces dossiers-là. Donc, je

partage... je suis bien d'accord avec vos propos sur ces questions-là.

J'aimerais... parce que vous l'avez assez peu

abordé, puis je sais qu'au niveau de votre expertise... puis, moi, ça m'a

toujours beaucoup touchée, ces recherches-là que vous faites sur la question du

Q.I. J'aimerais ça vous donner l'opportunité vraiment de nous expliquer quels

sont les impacts, dans le fond, de tous ces neurotoxiques, qu'est-ce que vous

voyez comme conséquences. Parce que je pense qu'il y a des conséquences. Tu

sais, on a parlé beaucoup de l'alzheimer, du

parkinson, peut-être de l'autisme, mais, à travers vos recherches, je pense que

vous cernez le fait qu'il y a des

conséquences qui sont invisibles pour le moment mais qui pourraient être

extrêmement délétères pour une société, puis j'aimerais ça vraiment que

vous puissiez nous informer là-dessus.

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard (Maryse) : Donc,

le Q.I. Une chose que je veux dire en premier, c'est qu'il y a des gens qui... Le Q.I., c'est une mesure un peu mal aimée. Il y a

des gens qui pensent que c'est peut-être élitiste de mesurer ça, mais, en

réalité, le Q.I., pour évaluer ça, c'est une

série de tests qui évaluent toutes sortes d'habiletés différentes, qui

concernent la mémoire, l'habileté à

modifier des formes, comme, dans sa tête, de les virer de bord, tout ça. Donc,

c'est quand même une évaluation qui

est large et qui est aussi... La raison pour laquelle on aime l'utiliser, c'est

qu'elle est très valide, c'est-à-dire que, si on fait le test, puis on refait

le test un mois plus tard, puis... ça va donner des résultats qui sont très,

très similaires. Donc, c'est solide, c'est valide. On aime cette

mesure-là.

Ce qui est

important de voir aussi, c'est que le Q.I., j'y faisais allusion tantôt, c'est

fortement corrélé à la... pardon, le risque que... ou les chances que

les enfants terminent leur parcours scolaire. Loin de moi l'idée de dire que

c'est la seule chose qui compte, il y a

toutes sortes d'autres facteurs, de motivation, de ci, de ça, mais c'est quand

même très important. On voit aussi

que les enfants qui sont sous un certain seuil vont avoir besoin de services

spécialisés. Ça, ça coûte très cher.

Et, si,

aussi, on regarde d'un point de vue populationnel ce que ça cause, quand on a

une perte de Q.I., sur toute une population,

donc même si c'est quelques points de Q.I... Comme sur un individu, lui enlever

cinq points de Q.I., ça ne va pas

faire que cet individu-là va avoir une vie radicalement différente qu'il ou

elle aurait eue s'il avait eu cinq points de plus de Q.I. Mais, quand on

a toute une population, donc sur une courbe normale, et qu'on déplace les gens,

ça va de cinq points de Q.I... si on déplace

la courbe de distribution, on va se retrouver avec un nombre absolu deux fois

plus grand d'enfants qui vont être

sous la barre du 70 points de Q.I., qui est la barre qu'on appelle... en

dessous de ça, les enfants ont de la

difficulté, là, à finir l'école secondaire, admettons. Donc, ça va multiplier

par deux le nombre d'enfants qui vont avoir... qui vont tomber sous cette barre-là, juste en diminuant de cinq points

de Q.I. Donc, ça, c'est la différence entre un effet individuel, un petit effet individuel qui a un

grand effet populationnel. Puis, en santé publique, on essaie de regarder les

choses avec une lentille populationnelle.

Donc, on est responsable de la santé de tous les Québécois et Québécoises, là.

Donc, les nombres sont grands, et il faut considérer ça dans nos analyses.

Le Président (M. Lemay) : Mme

la députée.

Mme Montpetit :

Est-ce qu'à la lumière, justement, de vos recherches... Parce que vous l'avez

évoqué souvent, les conséquences,

justement, pour une société d'avoir une baisse ou un déplacement, en fait, de

ces courbes-là. Est-ce qu'à la

lumière de vos recherches vous avez des inquiétudes? Est-ce que vous avez des

données déjà qui pointent dans une certaine direction pour le Québec?

Le Président (M. Lemay) :

Madame.

Mme Bouchard

(Maryse) : J'hésiterais à dire qu'il y a une... Bien, c'est-à-dire

qu'on n'a pas de données temporelles. On ne peut pas vraiment savoir si

on est pire qu'avant ou quel est l'impact global des pesticides sur... comme le

capital intellectuel de notre population. Honnêtement, la question est

excellente, mais je n'ai pas la réponse.

À ce

moment-ci, vous seriez surpris de savoir à quel point il y a

peu d'études sur les pesticides. Moi, je vous ai présenté trois études,

là. Il n'y en a vraiment pas des tonnes, en réalité. C'est un sujet qui est

méconnu.

Le Président (M. Lemay) : Mme

la députée.

Mme Montpetit : Puis, je présume, quand vous faites référence au

peu d'études, il doit y en avoir encore moins qui sont issues de la

recherche indépendante.

Mme Bouchard

(Maryse) : Oui, c'est ça.

Puis, au Québec, franchement, on n'en a pas. Il n'y a pas d'étude sur

les effets neurotoxiques ou les effets sur la santé des enfants, des

pesticides. Il n'y en a juste aucune.

Mme Montpetit : Quel gain vous

verriez, justement, comme chercheur, si ces informations-là devenaient... si

l'ensemble des données devenaient disponibles? Qu'est-ce que vous voyez comme

possibilité avec ces données-là? Qu'est-ce

que ça ferait comme différence non seulement sociétalement, en termes de

recherche, mais également sur l'espace décisionnel?

Président (M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Donc, si on avait

accès aux données des registres d'utilisation de pesticides, on pourrait

croiser ces données-là avec les données, par exemple, médicales, administratives. On pourrait faire des bonnes études

robustes sur, par exemple, le soupçon de lien entre pesticides et autisme. Il y a

des gens qui ont évoqué qu'il pouvait y avoir un lien. Selon moi, ce

n'est pas démontré, mais, oui, il y a des études qui soupçonnent ça.

Québec, un grand avantage qu'on a : avec notre système de santé

universel, les données sont centralisées. Alors, si on a accès... Et là, si on

a, donc, la permission d'avoir accès aux données administratives du ministère

de la Santé, ministère de

l'Éducation, on est capable d'aller voir où sont les cas d'autisme, d'enfants,

en tout cas, qui sont sur le spectre, et on peut ensuite de ça aller voir est-ce que le fait de rester proche

d'un champ où il y a un épandage de telle molécule ou telle molécule augmente le risque. Ce seraient des

données concrètes, importantes, qui nous permettraient de mieux cibler sur

quels pesticides il faut réglementer plus sévèrement.

Parce

que moi, je ne suis pas en train de dire que tous les pesticides sont... Ils ne

se valent pas tous, quoi. C'est des milliers

de molécules différentes. Donc, il faudrait être capable de cibler c'est

lesquelles qui sont les plus dangereux, là.

Le Président

(M. Lemay) : Mme la députée, environ 30 secondes.

Mme Montpetit :

Oui. Non, mais peut-être juste pour conclure là-dessus, vous évoquez, dans le

fond, moi, ce que beaucoup de chercheurs

m'ont communiqué au cours des dernières années, à savoir qu'il y a beaucoup

d'hypothèses qui circulent, entre

autres sur est-ce qu'il y a des régions... Est-ce qu'on serait capable de

cartographier, dans le fond, certaines incidences de maladies, puis

est-ce que ça permettrait de tirer certaines conclusions?

Mais,

tant qu'on n'aura pas les données de disponibles, la recherche ne peut pas répondre

à ces questions-là, et on va refaire

les mêmes débats dans cinq ans, dans 10 ans, dans 15 ans. Donc, il

faut absolument que, la recherche, vous puissiez avancer. En tout cas,

moi, je suis très solidaire de cette demande-là.

Président (M. Lemay) : Donc, c'était... Merci. Il n'y aura pas de

réponse à ce commentaire. Je vais tout de suite céder la parole à la

députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.

Mme Lessard-Therrien :

Merci, M. le Président. Merci, Mme Bouchard, d'être là. Votre expertise

est fondamentale dans tous les débats

qui animent la société dernièrement. J'aimerais un peu vous entendre au niveau

des normes sur les aliments et sur

l'eau. Dans le fond, est-ce que la détermination des seuils acceptables de

résidus de pesticides dans les aliments, dans l'eau tient suffisamment

compte des risques neurodéveloppementaux? Il y a de nombreuses personnes qui

critiquent fortement la rigidité de ces

normes-là, on va en entendre, d'ailleurs, plus tard aujourd'hui, et il y a

d'autres personnes qui affirment

qu'elles sont, par exemple dans le cas de l'eau, 2 100 fois plus

souples qu'ailleurs dans le monde. Donc, peut-être nous entretenir un

peu là-dessus.

Le Président (M. Lemay) :

Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Donc, les normes, c'est un peu... sont basées un peu sur

les... Il y a les mêmes problèmes, un

peu, que je parlais tantôt par rapport à l'homologation, c'est-à-dire que les

données qu'on utilise sont vraiment des données chez les animaux.

fait, les normes, aussi, sur les résidus dans les aliments, si je ne me trompe

pas... là, je ne suis pas une spécialiste des normes comme telles, là,

mais ils dépendent beaucoup de... avec la pratique... comme comment que le

produit est recommandé d'être utilisé en

champ, c'est quoi, le maximum qui est susceptible de se retrouver là, puis,

bien, la norme est un peu basée là-dessus.

Donc,

il n'y a même pas tout le temps vraiment des études solides de toxicité, là, en

dessous de ça. Puis les normes, elles ne tiennent pas compte des

multiples pesticides qui sont en place.

Donc,

même chose pour l'eau, il y a vraiment... En plus, en réalité, vous savez,

c'est vraiment difficile de comprendre... puis c'est peut-être pour ça mon hésitation, là, puis que ma réponse

n'est pas excellente, c'est parce que c'est très difficile de comprendre comment la norme pour, mettons, tel

pesticide a été établie. Moi, j'ai déjà voulu enseigner dans mes cours un

exemple de comment les normes étaient calculées, puis j'ai vraiment passé du

temps, là, à chercher les documents à Santé

Canada puis à écrire à des gens, puis mes efforts n'ont pas porté fruit. J'ai

décidé de ne pas couvrir ça dans mon cours, parce que je n'avais pas

grand-chose d'intelligent à dire à mes étudiants, c'est superobscur, comment

c'est calculé. Donc, ça, c'est un peu troublant, là.

Le Président

(M. Lemay) : Mme la députée, très peu de temps.

Mme Lessard-Therrien : Oui, bien, j'aurais été curieuse de vous entendre quand on entend des

gens qui disent, par exemple dans le

cas des résidus de pesticides sur les fruits et légumes, que le risque est plus

grand de ne pas manger de fruits et légumes que de manger des fruits et

légumes qui ont des résidus de pesticides.

Mme Bouchard

(Maryse) : Oui... bon, bien, en réalité, c'est parce qu'on ne compare

pas des pommes avec des pommes quand on fait ça, là, mais je pense que c'est un

message de santé publique standard, là, qu'on veut dire aux gens de surtout manger des fruits et légumes, parce

qu'on n'en mange pas assez, puis je suis obligée d'être d'accord avec ça

en tant que professeure de santé publique.

Le Président (M. Lemay) :

Parfait. Merci. Ceci complète cette période d'échange. Je cède maintenant la

parole au député de Bonaventure.

M. Roy

(Bonaventure) : Merci, M. le Président. Bonjour,

Mme Bouchard. Écoutez, on a beaucoup entendu parler d'ARLA, là, qui, selon moi, manque énormément de

crédibilité. Le dossier d'accès aux données, hier on a eu quelque chose...

on nous a dit quelque chose qui m'a surpris.

Entre autres, l'Institut national de santé publique nous a dit qu'ils n'avaient

pas accès aux données du ministère de

l'Environnement parce que le ministère avait signé des ententes de

confidentialité avec les entreprises. Là, je n'en revenais pas. On a

Louis Robert qui nous dit que le secteur de la recherche, du transfert et service-conseil en Agriculture serait un petit peu

noyauté, c'est ce qu'il nous a dit. Et là vous nous dites que le ministère de

la Santé ne veut pas partager des données

avec vous pour faire des enquêtes sérieuses et avoir une bonne vision de

l'impact des pesticides. On fait quoi? Est-ce qu'on prend les tribunaux?

Le Président

(M. Lemay) : Mme Bouchard.

Mme Bouchard

(Maryse) : Bon. Je n'ai pas dit que le ministère de la Santé ne

voulait pas partager ses données avec moi, parce que je ne leur ai pas

encore demandé de toute façon.

M. Roy

(Bonaventure) : Ah! O.K.

Mme Bouchard

(Maryse) : Mais je voulais... parce que, oui, j'ai peut-être dit quelque

chose qui, quand même, insinuait que ça

n'allait peut-être pas être si facile que ça, parce qu'effectivement, au Québec, les chercheurs, nous trouvons que c'est très difficile d'avoir accès aux données

en général, qui proviennent des différents systèmes gouvernementaux. Il y a vraiment un

grand problème d'accès aux données d'ouverture.

Il y a

des pays en Europe du Nord, par

exemple au Danemark, où ils sont

exemplaires, là, quant au partage de données, et ça permet des avancées en recherche superimportantes. Il y a vraiment

des recherches fantastiques qui se font. Parce qu'on

est 8 millions de Québécois, je veux dire, si je pouvais avoir accès à ces

données-là, je pourrais faire des recherches, tu

sais, vraiment complètes, je pourrais explorer toutes sortes de questions, puis

habituellement c'est vraiment très difficile. Mais, avec ces données-là,

on ne pourrait pas tout faire, il faut absolument avoir...

Le Président

(M. Lemay) : Mme Bouchard...

Mme Bouchard (Maryse) :

...des données d'exposition.

Le Président

(M. Lemay) : M. le député, pour une complémentaire.

M. Roy ( Bonaventure) :

Dans un autre dossier, ça prendrait une politique nationale de transparence

des institutions gouvernementales.

Mme Bouchard

(Maryse) : Oui.

M. Roy

(Bonaventure) : C'est bon. Merci beaucoup.

Le Président

(M. Lemay) : Ceci complète la période d'échange, M. le député?

Excellent.

Alors,

à ce moment-ci, je vais suspendre les travaux jusqu'à 15 heures, où nous

allons reprendre les travaux. Et je demanderais aux gens de vouloir

libérer la salle puisqu'il y aura la tenue d'un caucus. Merci.

(Suspension de la séance à

12 h 59)

Président (M. Lemay) :

Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission

de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie

et des ressources naturelles reprend

ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir

éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.

cet après-midi, nous entendrons l'Association professionnelle en nutrition des

cultures, les Producteurs de grains du Québec, l'Institut national de la

recherche scientifique ainsi que le Consortium PRISME.

souhaite donc la bienvenue aux représentants de l'Association professionnelle en nutrition des

cultures, en vous rappelant que vous avez 10 minutes pour faire votre

exposé, puis nous procéderons à des échanges avec les membres de la commission.

Donc, je vous invite donc à vous présenter, ainsi que la personne qui vous

accompagne, puis vous pourrez procéder avec votre exposé. La parole est à vous.

M. Lavoie

(Sylvain) : Merci. M. le Président, Mmes et MM. les députés, bonjour. Je tiens à remercier les

membres de la commission de donner l'occasion à l'Association professionnelle

en nutrition des cultures de présenter son mémoire dans

le cadre des audiences sur l'examen des impacts des produits phytosanitaires

sur la santé publique et l'environnement.

Mon nom est

Sylvain Lavoie, je suis agronome, je suis président du conseil d'administration de l'association et directeur général de Synagri. Je suis accompagné

par M. Vincent Couture, également agronome, membre du conseil d'administration de l'APNC et directeur des productions

végétales et agroenvironnement de La Coop Comax.

Il s'est dit beaucoup

de choses au cours des derniers mois, et nous avions hâte de venir vous

exprimer notre point de vue. Le temps qui nous est alloué est trop court pour

aborder de long en large l'ensemble des éléments contenus à notre

mémoire. Nous vous invitons bien sûr à le lire attentivement.

Tout d'abord,

l'APNC rassemble des entreprises québécoises qui oeuvrent à la nutrition et la santé des

cultures tout en respectant les impératifs

environnementaux et la législation en vigueur. Nos membres sont des entreprises

impliquées autant dans le secteur des productions végétales que des services

complémentaires. Ils valorisent la santé des plantes en développant et

en utilisant toutes les alternatives disponibles pour une industrie

agroalimentaire durable.

D'entrée de jeu, nous croyons qu'il est possible

d'optimiser nos pratiques. Selon nous, une transition vers une agriculture plus durable doit inévitablement

passer par une utilisation judicieuse des produits phytosanitaires et des

pratiques culturales adéquates.

Sachez que l'APNC a l'intention de poursuivre ses efforts en ce sens en

collaboration avec l'ensemble des acteurs oeuvrant dans le secteur

agricole au Québec.

Nous sommes d'avis

que tous les acteurs ont un rôle à jouer afin de réduire les impacts de

l'utilisation des pesticides sur la

santé humaine et l'environnement. La responsabilité doit être partagée, et les entrepreneurs

agricoles doivent être au coeur de nos préoccupations.

Mais pourquoi

nos entreprises agricoles utilisent-elles des produits phytosanitaires? Pour

deux raisons, essentiellement :

la protection et la santé des cultures.

Précisons que toutes les molécules, que ce soit naturel ou de synthèse, peuvent

comporter un risque pour la santé et l'environnement si elles ne sont

pas appliquées convenablement.

L'association et ses membres reconnaissent avoir

une responsabilité de protéger la santé de la population et de l'environnement. Pour y arriver, nous suggérons

d'appliquer le concept 4B à la phytoprotection. Ce concept a fait ses preuves

pour le secteur des fertilisants. Le concept est simple, c'est : il s'agit

du bon produit, au bon endroit, au bon moment et à la bonne dose.

L'innovation,

le transfert technologique, l'amélioration génétique et la régie des cultures

sont au coeur de nos réalités quotidiennes.

Sans l'ombre d'un doute, l'utilisation de techniques et d'équipements à la fine

pointe de la technologie ainsi que de pratiques culturales adéquates

favorise un usage judicieux des produits phytosanitaires.

Par ailleurs,

nous avons un avantage sur d'autres juridictions : les citoyens

et le Québec tout entier peuvent compter sur l'expertise et l'encadrement professionnel de

centaines d'agronomes et technologues. Ils ont reçu une formation de pointe et, chaque jour, conseillent et

accompagnent nos entrepreneurs agricoles selon un même code d'éthique, et ce, peu importent leurs employeurs, selon la science, la

connaissance et la rigueur, tout en respectant les règles et les normes établies. Le travail de nos professionnels

est essentiel et doit été reconnu.

Le secteur

des produits phytosanitaires évolue sans cesse, et les agronomes et les

technologues sont au premier plan pour

les adapter selon leur évolution. La stratégie de lutte intégrée permet

d'ailleurs d'identifier le meilleur type d'intervention à réaliser avant

de soumettre une recommandation à un entrepreneur agricole.

Nos pratiques

agricoles sont certes perceptibles mais demeurent aujourd'hui parmi les plus

rigoureuses et les plus respectueuses

de l'environnement, comme nous l'évoquons à la conclusion de notre mémoire.

Selon l'Organisation des Nations

unies pour l'alimentation et l'agriculture, en 2016 le Canada se classait au

59e rang sur 60 quant à la quantité de pesticides utilisés par hectare. C'est deux fois moins qu'en France et

14 fois moins qu'au Costa Rica, d'où nous importons plusieurs

produits.

S'il en est

ainsi, c'est en

partie attribuable à de bonnes pratiques mais aussi à un

encadrement réglementaire strict et pour lequel nous estimons qu'il

répond adéquatement aux attentes des consommateurs en quête de produits sains

et abordables. Tous les paliers de

gouvernement de Québec à Ottawa ont leur mot à dire et jouent un rôle dans cet

encadrement. Nous avons la

Loi sur les

pesticides, la

Loi sur la qualité de l'environnement, l'Agence de

réglementation de la lutte antiparasitaire,

l'ARLA, de Santé Canada, les règles d'analyse de l'Agence canadienne

d'inspection des aliments, et il en est bien ainsi.

Qu'il y ait autant d'autorités gouvernementales

ne nous apparaît pas incongru. Nous évoluons dans un domaine scientifique et complexe. Toutefois, il est important

de faire preuve de rigueur, de se baser sur des faits scientifiques et de

respecter la crédibilité des autorités lorsque vient le temps de réglementer

l'utilisation des pesticides.

S'il y a un

effort supplémentaire qui devrait être consenti pour soutenir les entrepreneurs

agricoles, c'est, entre autres, dans le développement et le déploiement des

bandes riveraines au Québec. Au Québec, il existe une politique de protection des rives, du littoral et des plaines

inondables. Cette politique exige une bande de protection le long des cours

d'eau. Or, nous considérons que l'appui

financier actuellement disponible pour les entrepreneurs agricoles est

nettement insuffisant afin qu'ils

puissent mettre en place la protection nécessaire. Soulignons que les bandes riveraines,

jumelées à de bonnes pratiques culturales, figurent parmi les mesures à

privilégier pour éviter le détachement des berges.

De notre

côté, l'APNC ont notamment contribué à la mise en place et la protection de

deux initiatives pour protéger l'environnement :

le recyclage des contenants vides de produits phytosanitaires et la collecte de

produits phytosanitaires périmés. De

plus, l'APNC est actuellement en réflexion quant à la possibilité de mettre sur

pied un fonds dédié à la protection de l'environnement. Cette initiative

vise notamment à appuyer différents projets de bassin versant.

Enfin, nous constatons qu'il y a de

l'incompréhension de la part du grand public en ce qui concerne les activités

agricoles au Québec. Cela étant dit, nous comprenons les inquiétudes légitimes

de la population. Nous sommes d'avis que les efforts de sensibilisation doivent être

intensifiés afin de mieux faire connaître la réalité et les défis du secteur

agricole au Québec. En ce sens, nous réitérons que la plateforme d'information

discutée dans le cadre de la Politique bioalimentaire doit être mise en place rapidement. Conserver une

souveraineté alimentaire passe par la valorisation de nos pratiques, de nos entrepreneurs et de la qualité de nos

produits. Selon nous, cette initiative doit être portée par le gouvernement du

Québec et inclure tous les acteurs du secteur.

En terminant,

j'aimerais réitérer l'importance de réunir autour d'une même table l'ensemble

des acteurs, qui pourront élaborer des solutions pérennes pour

l'ensemble de la filière et tenant compte de la compétitivité du secteur. Cela

inclut inévitablement le respect de la

réciprocité des normes. Personne n'a l'ambition de nuire à la santé et à

l'environnement, que ce soit l'industrie ou les entrepreneurs agricoles.

Au contraire, jour après jour, nos membres travaillent au service des

entreprises agricoles et leurs gestionnaires, dont la mission première est de

nourrir le monde. Il nous faut ensemble conjuguer

la protection des cultures, ce qui permet à nos entreprises de demeurer

compétitives, pérennes et rentables, tout en préservant la santé des

entrepreneurs agricoles, des citoyens et de notre environnement. Merci à tous.

Président (M. Lemay) : Merci beaucoup pour votre exposé. Sur ce,

nous allons procéder avec les échanges avec les membres de la

commission. Et je cède la parole au député de Bourget.

M. Campeau :

Merci, M. le Président. Première question que j'aimerais vous demander, c'est :

C'est qui, vos membres?

M. Lavoie

(Sylvain) : Les membres de

l'APNC, ce sont les détaillants au Québec, dont Synagri fait partie, ici vous

avez M. Couture qui est membre de La

Coop Comax, La Coop fédérée, William Houde. Donc, tous les principaux détaillants

au Québec sont membres de l'association.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Campeau :

Quand on dit qu'on a les normes les plus rigoureuses, pourriez-vous qualifier

ça un peu plus? Basé sur quoi vous les voyez comme les plus rigoureuses?

Le Président (M. Lemay) :

M. Lavoie.

M. Lavoie (Sylvain) : Oui.

Alors, si on se compare... Je pense qu'à l'occasion on doit se comparer aussi

pour valider qu'est-ce qui se passe. Et puis

nous, on considère qu'au Québec... avec toutes les lois existantes en ce

moment, nous croyons qu'il y a beaucoup de normes qui aident justement à

réglementer l'application des produits.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Campeau :

On a, depuis le début de la commission, pas mal entendu parler de l'ARLA. Quel

est votre sentiment par rapport à

l'ARLA, d'où ils prennent leur information, les processus d'homologation des

produits, la durée d'homologation, et tout? Qu'est-ce que vous auriez

comme commentaire sur l'ensemble de l'oeuvre, je dirais?

Le Président (M. Lemay) : 17879M. Lavoie.

M. Lavoie

(Sylvain) : Oui. Merci.

Nous, nous supportons la réglementation canadienne qui est faite pas l'ARLA,

qui est Santé Canada. Alors, nous, notre travail comme détaillants

distributeurs, c'est d'appliquer l'utilisation des pesticides, s'assurer que nous comprenons aussi les

étiquettes, s'assurer qu'on peut accompagner aussi le producteur agricole dans

la recherche de solutions, mais on ne met pas, nous, en doute le travail que

Santé Canada fait.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Campeau :

Moi, ce n'est pas tellement la rigueur des gens qui sont là, comme les sources

d'information. C'est plus ça que

j'aimerais vous entendre là-dessus. Beaucoup de gens ont dit que les mémoires

venaient très majoritairement d'études

privées et qu'il y avait peu d'argent à l'ARLA pour faire des études publiques

qui ne sont peut-être pas biaisées, mais qui pourraient en avoir l'air.

Le Président (M. Lemay) :

M. Lavoie. Ah! M. Couture.

M. Couture

(Vincent) : Écoutez, je ne

saurais vous dire. On est deux agronomes ici. Notre diplôme, c'est qu'on

est des bacheliers en sciences appliquées de l'agriculture. Par contre, au

niveau scientifique, notre champ d'expertise s'arrête

là. On n'est pas familiers, à proprement dit, avec les façons de faire de

l'ARLA. Malheureusement, je dois vous retourner

vers l'ARLA. Je n'ai pas... Je suis rempli de bon vouloir. Malheureusement, je

n'ai pas la bonne réponse à votre question.

M. Campeau :

C'est tout à fait correct. Vous avec beaucoup parlé, à la fin, des bandes

riveraines, des organismes de bassin

versant. Est-ce qu'il y a un programme organisé pour travailler avec les OBV,

les organismes de bassin versant, actuellement?

Président (M. Lemay) : M. Couture.

M. Couture (Vincent) : Est-ce que vous pourriez gentiment mieux définir

votre question, à savoir si c'est pour la fondation qu'on souhaite

mettre en place ou si c'est par rapport à l'accompagnement qu'on pourrait faire

des différents comités?

M. Campeau :

C'est par rapport à l'accompagnement par rapport aux bandes riveraines.

Actuellement, ce que je comprends,

c'est que les bandes riveraines, c'est quand même une chose qui intéresse

beaucoup les organismes de bassin versant.

Et je me demandais, à ce moment-là, est-ce que vous partagez de l'information

avec ces gens-là, vous travaillez de concert.

M. Couture (Vincent) : Absolument. Je pense que, comme agronome,

individuellement, puis collectivement comme association, on a l'obligation de le faire. Premièrement, chaque

producteur, quand il fait... Chaque année, il a une obligation de faire un PAF, qu'on appelle, un plan

d'accompagnement en fertilisation. Et puis il a l'obligation de déclarer son

travail au niveau de la bande

riveraine. Ça, c'est le premier point. Puis, depuis trois ans, on a travaillé

avec différents organismes, dont l'UPA, où est-ce que, le 21 et

22 mars 2017, on a ensemble travaillé vers le programme de promotion

des bandes riveraines. Puis on même réinvité

M. Caron, ici présent, en mars 2018, à notre activité de cabane à

sucre des membres pour s'assurer qu'on est en même continuité pour la

promotion des bandes riveraines. Je ne sais pas si ça répond bien.

Le Président

(M. Lemay) : M. le député, allez-y.

M. Campeau :

Vous parlez de... c'est parce que je ne sais pas ce que ça veut dire, «le

déploiement des bandes riveraines». Est-ce que j'ai bien compris?

Le Président

(M. Lemay) : M. Couture.

M. Couture (Vincent) : Le français est peut-être une langue trop

compliquée pour moi, mais, dans le déploiement...

M. Campeau :

Non, dans ce cas-ci, je pense que c'est pour moi, là, je ne sais pas ce que ça

veut dire, là.

M. Couture (Vincent) : Non, non. En fait, le déploiement, c'est qu'on

veut dire qu'il faudrait... Collectivement, il faut en faire plus, il faut en faire plus grand, de couvrir de

territoire qu'on dit, dans le déploiement des bandes riveraines. C'est

l'ensemencement des bandes riveraines, là, je ne sais pas si le texte n'est pas

clair ou bien...

Le Président

(M. Lemay) : M. Lavoie, peut-être en complément?

M. Lavoie (Sylvain) : Bien, si je peux ajouter en terminant, c'est qu'on veut en faire plus.

Alors, on est dans les débuts, c'est un fonds qu'on veut créer pour

aider l'entrepreneur agricole. Je pense que c'est un devoir collectif d'aider l'agriculteur à gérer les bassins versants, les

bandes riveraines, et puis c'est là que nous, on veut intervenir. On veut

aider. On veut aider l'entrepreneur agricole.

M. Campeau :

Et dernière question sur ces mêmes bandes riveraines : Pourquoi il y a un

coût en arrière de ça? La portion de terrain qu'un agriculteur perd à ce

moment-là, c'est là le coût, n'est-ce pas?

Le Président

(M. Lemay) : M. Couture.

M. Couture (Vincent) : De façon très personnelle, comme agronome, je

travaille depuis quatre ans avec deux comités de bassin versant. Et puis il y a eu des implantations, la semaine

dernière, de semences pour un comité de bassin versant dont j'étais présent. Et

puis, oui à court terme, tout le monde voit la perte de superficie pour le

producteur, qui a un coût ou une

absence de rentabilité. Mais il y a aussi le défi de l'entretenir, cette

bande-là. Oui, il y a le coût la première... l'année 1 de la semence, proprement dite, mais par la suite

on souhaite planter des arbres, on souhaite... Il faut que ce soit fauché, que

ce soit entretenu justement pour ne pas

qu'elle déborde, qu'elle soit... qu'elle devienne plus nuisible que le service

qu'on souhaite qu'elle rende, là.

Le Président

(M. Lemay) : Merci, M. Couture. Maintenant, je céderais la

parole à la députée de Laviolette—Saint-Maurice.

Mme Tardif :

Merci, M. le Président. Bonjour, merci à vous. Je souris un peu parce que c'est

très intéressant : sur votre page

frontispice de votre rapport que vous nous avez déposé, vous avez mis notre

mandat. Et j'étais après décortiquer notre

mandat en parallèle avec votre rapport et je me demandais... Là, vous avez détaillé

dans votre mémoire la réalité des produits

phytosanitaires. Mais à aucun endroit, je crois, je n'ai vu d'impacts sur la

santé publique ou sur la santé

environnementale, sur la santé des humains. Est-ce que vous avez, de votre

côté, des analyses qui sont faites pour voir l'impact des produits que vous mettez en marché ou que vous

recommandez sur ces santés-là? Parce qu'en fait vous savez qu'on a eu plusieurs versions, et des chercheurs qui

sont venus nous parler. Donc c'est pour voir, vous, par rapport... Où vous vous

placez par rapport à ça?

Le Président

(M. Lemay) : Alors, M. Lavoie, allez-y.

M. Lavoie

(Sylvain) : Oui, merci.

Merci de votre question, elle est très pertinente. Alors, nous, on travaille

avec les étiquettes des produits. On s'assure de bien les comprendre. On veut

accompagner. Lorsqu'on tombe dans des données scientifiques comme ça, c'est certain que ce n'est pas notre expertise à

nous. Les produits sont disponibles sur le marché.

On travaille

aussi... Où est-ce que nous, on peut faire plus, et c'est aussi notre objectif,

c'est dans les équipements de

sécurité. Ça, c'est des choses qu'on sait qu'on peut faire plus. Aider les

entrepreneurs agricoles, les sensibiliser à l'utilisation sécuritaire, aussi. Parce qu'on l'a vu aussi, on

l'a vu dans des reportages. On peut s'améliorer dans ce côté-là. Puis, nous,

je pense qu'on peut aider aussi là-dedans.

Le Président (M. Lemay) : Parfait.

Mme la députée.

M. Couture

(Vincent) : Est-ce que je

peux apporter un petit complément, si vous le permettez, M. le Président?

Le Président (M. Lemay) : Ah!

Allez-y, M. Couture.

M. Couture

(Vincent) : Dans la mesure

de protection individuelle, absolument qu'on a tous un rôle à jouer, là,

pour la sécurité, on s'entend, du premier

utilisateur, qui est le producteur agricole. Puis ça, je pense qu'il faut en

être conscient, qu'on a une responsabilité partagée.

L'élément que

j'aurais aimé bonifier par contre, c'est qu'au niveau de l'environnement,

l'ensemble de la société, c'est un

principe qui est nouveau au Québec, ou un nouvel outil qui nous est mis à notre

disposition comme agronome, comme association,

là, il faut en faire la promotion, puis on a l'obligation de le faire aussi,

c'est primordial, c'est les indices de risque,

là, avec l'outil de SAgE Pesticides qui nous permet de prendre des meilleures

décisions sur toutes les fermes, à savoir,

un produit plus qu'un autre, un impact moindre, soit pour le producteur, et/ou

pour le producteur, pour la société au complet.

Mme Tardif : Vous pourriez ne

pas répondre à cette question, mais c'est juste une question de... une petite curiosité que j'ai. Ce n'est pas un piège. On a eu

les gens, là, le recteur et les enseignants de l'Université Laval qui étaient

ici... à savoir si vous avez fait votre

cours à l'Université Laval et si vous étiez dans la cohorte ou dans le

50 % qui ont fait le cours du professeur au niveau de l'utilisation

des pesticides.

Le Président (M. Lemay) :

M. Couture.

M. Couture

(Vincent) : Écoutez, je suis

peut-être plus jeune que M. Lavoie, donc je vais me permettre de répondre. Pour être très précis, j'ai

fait mes études à l'école qu'on appelle l'Institut agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, puis j'ai poursuivies à l'Université Laval. Il y a des avantages à faire les deux, c'est la compréhension

technique et plus scientifique, la

vulgarisation. Par contre, il y a une entente D.E.C.-bac qui fait que ma

formation de l'ITA m'a permis de ne pas... m'a économisé... Mais, oui, tous les étudiants, même maintenant...

je salue le geste, là, tous les étudiants ont l'obligation de faire le

cours à l'Université Laval, puis même McGill, il y a une démarche, si ce n'est

pas déjà réalisé.

Mme Tardif : J'ai une dernière

question. Votre mémoire évoque les problèmes de rentabilité de la production agricole, je pense que c'est important, on n'en a

pas beaucoup parlé, mais en cas de restriction sur les pesticides, et avez-vous

chiffré ce manque à gagner là? Parce qu'on

peut dire beaucoup de choses, mais nous, on s'appuie... on veut s'appuyer sur

des données tangibles.

Le Président (M. Lemay) :

Est-ce que c'est M. Lavoie, par hasard, qui voudrait répondre?

M. Lavoie

(Sylvain) : Oui, je peux

répondre. Non, on n'a pas un chiffre en soi. C'est difficile aussi de le chiffrer. Les céréales, les grains, entre autres, on est sur

un marché international, donc les compétiteurs, ce n'est pas seulement le

reste du Canada, c'est les États-Unis, c'est

le Brésil, c'est l'Europe. Alors, chaque pays a quand même ses propres modèles,

ses propres façons de faire. Et, pour nous,

par contre, ce qui est important, c'est vraiment que nos entreprises soient

pérennes, soient rentables et durables. Alors, c'est vraiment là notre

intervention.

Le Président (M. Lemay) : Merci

beaucoup.

Mme Tardif : Davantage que la

santé de vos producteurs agricoles?

Une voix : Pas du tout.

Le Président (M. Lemay) :

M. Couture, vous vouliez rajouter un bref commentaire?

M. Couture

(Vincent) : Oui, mais

sans... Oui. Je ne savais pas qu'il y aurait un commentaire de Mme la députée. Mais sans compromettre, jamais, la santé du producteur. Mais le bout que

j'aurais aimé vous parler... Vous parlez de la rentabilité du

producteur. Nous, tous les jours on est avec eux. Notre principal défi, c'est

la réciprocité des normes, qu'est-ce qui arrive versus qu'est-ce qui sort. Je pense que,

collectivement, comme société, on a un petit défi d'information, mais un petit défi de, comment dire ça... de

sécuriser ou de s'assurer qu'on a les mêmes choses qui rentrent que qu'est-ce

qu'on demande à nos producteurs. Je pense que

c'est notre premier défi pour les rendre compétitifs ou maintenir la compétitivité

des fermes.

Le Président (M. Lemay) :

Merci. Alors, sur ce, je cède la parole au député de Lac-Saint-Jean.

M. Girard (Lac-Saint-Jean) :

Merci, M. le Président. Bonjour, M. Lavoie. Bonjour, M. Couture.

Merci d'être présents. Merci aussi du

travail que vous avez fait dans votre rapport. C'est important d'avoir le point

de vue de tout un ensemble pour se faire une idée.

On sait que

c'est une question d'équilibre dans tout. Et, oui, effectivement, la santé des

agriculteurs, des citoyens est un

enjeu fondamental, la santé, de l'environnement, mais je veux aussi aller du

côté de la rentabilité, de la réciprocité, parce que ça fait

partie du mandat d'initiative. Vous parlez de réciprocité,

se battre à armes égales, c'est ça que ça veut dire?

M. Couture (Vincent) : Oui, exact...

M. Girard (Lac-Saint-Jean) :

O.K. Parfait. On va essayer d'avoir un échange tous les deux.

M. Couture (Vincent) : On peut

essayer.

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : Alors, quand on dit : Se battre à armes

égales, c'est une chose, sauf qu'au Québec vous venez de dire qu'on a des normes qui sont... puis c'est vrai, là,

elles sont beaucoup supérieures à nos voisins, tout ça. Moi, ma question que je me pose, c'est pourquoi

qu'on fait ça juste ici, au Québec, ce questionnement-là sur les pesticides? La

santé, il me semble que ça dépasse le Québec. On fait

partie du Canada.

Le Président (M. Lemay) :

M. Couture.

M. Girard (Lac-Saint-Jean) :

Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Couture

(Vincent) : Écoutez, je suis

à la même place que vous. Je viens d'une grande famille agricole, puis aux frontières du Québec avec l'État de New York

puis du Vermont, puis je peux juste affirmer la même chose que vous.

Mais par rapport...

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : On

a eu les producteurs d'abeilles qui sont venus, qui nous ont parlé de tout le problème, parce que les abeilles, ça voyage. Les

gens qui restent sur le bord du Québec puis sur le bord de l'Ontario, je veux

dire, ce n'est pas... il n'y a pas un mur de

ciment qui coupe ça en deux, là. Tu sais, si l'Ontario arrive puis qu'ils ont

les règles différentes des nôtres,

puis nous autres, on a des règles, puis que les produits ontariens rentrent

chez nous, parce que c'est comme ça

que ça fonctionne, vous le savez... Moi, comme citoyen, je veux m'assurer de

manger des légumes. Moi, quand

j'achète mon légume, ça arrive parfois, l'hiver, que je n'aie pas des légumes

du Québec, parce qu'on sait qu'on en... eux autres, ils en produisent. Moi, aussi, quand j'achète un légume, je

veux m'assurer que lui, là, il y ait les mêmes normes qu'au Québec, là.

Puis les oiseaux, tout ça, ça voyage, ça.

Qu'est-ce que

vous en pensez de ce mandat d'initiative là qui est ici, au Québec, là? Si on

parle de réciprocité, se battre à armes égales, est-ce que vous ne trouvez pas

aussi qu'il n'y aurait pas lieu d'en parler avec les provinces voisines?

M. Couture

(Vincent) : Effectivement,

je pense que c'est un défi qui nous appartient tous, de parler de ça avec les

voisins des deux côtés, là, je pense du côté de l'ensemble du Canada, mais nos

cousins que je citais aussi, là, l'État du Vermont puis l'État de New York. Mais, sur votre question plus large,

plus fondamentale, j'ai beaucoup d'idées, mais je pense qu'on ne pourra

pas répondre dans une minute.

Le Président (M. Lemay) : M. le

député.

M. Girard

(Lac-Saint-Jean) : On parle beaucoup aussi de toute la question de Santé Canada, de l'ARLA. Eux

autres aussi s'occupent du reste du Canada, du reste des provinces. Vous en

pensez quoi à ce niveau-là, au niveau de Santé Canada?

M. Couture

(Vincent) : Écoutez, nous,

comme je vous ai dit tantôt, on est des vulgarisateurs de la science, puis, honnêtement, si vous cherchez... Comme moi, mon

titre d'agronome, mon champ

d'expertise, c'est la gestion de coopératives. Malheureusement, je n'ai pas

l'ensemble de la réponse pour vous. Mais je suis conscient qu'on a des défis en ce sens-là. Quand on parle de la

réciprocité des normes ou qu'on parle des abeilles, on parle... on pourrait

parler de... Je suis sûr que vous allez parler ici d'autres molécules,

des herbicides, sûrement, dans la période qu'on va être. Le défi qu'on a, comme citoyens, pour demeurer compétitifs, c'est

que, si on fait un travail, on choisit collectivement, comme société,

d'enlever des outils, un coffre d'outils à nos producteurs, ça se peut que,

pour certains éléments... Puis je vais être plus clair dans ma réponse, c'est-à-dire que, si on enlève des produits, on

bannit des produits, ça se peut qu'il rentre... ça se peut que nos producteurs

deviennent moins compétitifs au niveau... Et je vais vous donner l'exemple du

maïs-grain...

Le Président (M. Lemay) : Je

vais devoir vous interrompre, puisque, la période avec le gouvernement étant

terminée, je cède maintenant la parole au député de Marquette pour son

intervention.

M. Ciccone : Merci

beaucoup, M. le Président. Bienvenue, M. Lavoie, M. Couture, merci d'être là. Je vais

entrer dans le vif du sujet, parce que

vous comprendrez qu'on est ici aujourd'hui, un, parce

qu'il y a une inquiétude au niveau

des produits des pesticides, le cas

de votre collègue M. Louis Robert, bien entendu, il y a également

des conflits d'intérêts qui ont

été soulevés. Croyez-vous que, justement, la recherche, telle qu'elle est faite présentement, est teintée? Parce qu'elle

est souvent financée par des compagnies privées qui produisent des pesticides.

Le Président (M. Lemay) :

M. Lavoie.

M. Lavoie

(Sylvain) : Oui, merci.

Bonne question. Ça arrive à l'occasion que nous participons... Oui, on a des gens qui

sont invités à participer sur des comités publics, privés, et c'est toujours

fait dans la recherche de notre expertise. Alors,

nous, quand on est demandés pour participer à un comité, que ce soit public ou

privé, c'est beaucoup plus sur l'expertise qu'ils viennent chercher, et nous, bien, si on est

invités à participer puis faire part de notre expertise, on n'a aucun problème

avec ça.

M. Ciccone : Je comprends, là, parce que vous êtes les

spécialistes dans le domaine, puis je comprends qu'on a essentiellement besoin de vous autres pour faire avancer la recherche. Mais, en même temps, moi, je parle du financement de la recherche. C'est financé. Est-ce que

ça pourrait être teinté, justement, parce

que ceux qui paient les sous

de cette recherche-là... Est-ce qu'on peut favoriser un côté ou l'autre?

Le Président (M. Lemay) :

M. Lavoie.

M. Lavoie

(Sylvain) : Bien, écoutez,

je pense que ça touche les règles de gouvernance aussi. Alors, je ne peux pas

répondre non plus pour soit les centres, à

leur place, mais je pense que des règles de gouvernance bien établies, avec des

sièges d'indépendants... peut certainement bien encadrer le risque, ce qu'on appelle conflits d'intérêts, et je pense que ça peut toucher à plein de domaines. Ça peut

être très bien encadré.

M. Ciccone : Merci. Nous avons beaucoup entendu parler des

méthodes préventives alternatives à l'usage des pesticides lors de nos travaux,

là, je veux dire, on en parle abondamment. Comment ça se traduit, ça, chez vous

au quotidien?

Le Président (M. Lemay) : M. Couture.

M. Couture

(Vincent) : Oui, merci. Au

quotidien... Excusez, je suis distrait par le... Au quotidien, en fait, chaque

agronome, chaque professionnel — j'aime bien dire «professionnel», parce

qu'il y a des technologues ou des agronomes qui travaillent tous les jours avec les producteurs — il y a un devoir qui est fait avec le

producteur de faire une analyse chaque année, normalement on appelle ça un

dossier client, puis il faut passer l'ensemble des processus de la ferme et

puis voir aux meilleures pratiques

culturales. C'est d'office de notre code de déontologie... excusez, de notre

Ordre des agronomes, normalement,

d'avoir un mandat d'initiative et puis une démarche claire où est-ce qu'on fait

la promotion des meilleures pratiques

culturales puis des luttes intégrées. Puis quotidiennement le MAPAQ nous envoie

des réseaux d'avertissements phytosanitaires où est-ce qu'il y a des

possibilités d'invasion d'insectes, tout ça. Ça fait qu'on ne fait pas «at

large», on fait au besoin si on sait qu'il y

a des risques. Je pense que ça fait

partie de la lutte intégrée ou d'une

approche e

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAPERN 2019-09-25
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions capern-42-1 journal-debats CAPERN-190925
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierf9dc49c27a3076f608a69f8d573617c538f66651

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