House Proceedings — 9 December 2021 (42nd Legislature, 2nd Session)
2021-12-09
Quebec — Debates (Hansard)
Homme de
vision, il a permis de faire rayonner davantage le boulingrin en assurant sa pérennité grâce à l'établissement d'un partenariat visant à
faire connaître ce sport auprès des jeunes, ainsi que par l'amélioration des
installations, au bénéfice de ses coéquipiers.
Au cours de la pandémie, faisant preuve
d'altruisme, M. Cayer s'est investi au sein de notre communauté en
apportant réconfort auprès personnes aînées, durement éprouvées.
Aujourd'hui,
je tiens à saluer son dévouement et lui rendre hommage pour tout ce qu'il a
accompli jusqu'à présent au sein de la communauté lambertoise. Merci,
M. Cayer.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Sanguinet.
Mme McCann :
Merci, M. le Président. Alors, un important
anniversaire a lieu cette année dans ma circonscription de Sanguinet. Il s'agit du 25e anniversaire
d'existence de la Maison des jeunes l'Équinox, de Sainte-Catherine.
L'organisme, qui s'est donné comme mission d'améliorer la qualité de vie des jeunes de Sainte-Catherine et des
environs, est un leader incontesté sur le
territoire, alliant prévention, action et intervention. La Maison des jeunes
l'Équinox, M. le Président, est, en
soi, un milieu de vie et une ressource indispensable pour tous les jeunes qui
désirent du réconfort et une oreille attentive pour atténuer leurs
problèmes quotidiens.
À tous les
jeunes de la maison Équinox, je vous dis bravo pour votre joie de vivre, votre
engagement envers la société. Vous êtes non seulement notre belle jeunesse,
mais aussi notre belle richesse de demain. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, il me fait grand plaisir aujourd'hui de souligner le
50e anniversaire de Partage humanitaire.
organisme à but non lucratif a été fondé en 1971 par
Mmes Jocelyne Chartier, Yolande Laforte, Béatrice Laquerre, Louise Lesiège et
Pierrette Patenaude, qui constataient vraiment une absence d'activités de
loisirs auprès des aînés qui étaient
en hébergement à Laval. Aujourd'hui, Partage humanitaire, ce sont des services
d'animation-loisirs à des aînés
lavallois dans près d'une douzaine de ressources d'hébergement. Leur mission
contribue au bien-être et à la qualité de vie des aînés en perte
d'autonomie et qui vivent en hébergement, entre autres en CHSLD.
Grâce
à la résilience de cette personne si exceptionnelle, la directrice générale,
que je connais bien,
Mme Marie Bouchard d'Orval, durant la COVID l'organisme a su innover
grâce aux technologies. Et leur présence, je peux vous le dire, ça a été essentiel auprès de
tellement d'aînés qui se retrouvaient isolés, seuls, depuis le début de la
pandémie.
Chers employés et
bénévoles de Partage humanitaire, je vous dis merci mille fois pour votre
immense travail. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration est pour
Mme la députée de Huntingdon.
Mme IsaBelle : Merci, M. le Président. Dans notre visée de
l'autonomie alimentaire, l'association des productrices et producteurs maraîchers du Québec joue un rôle essentiel
par la force de ses 450 membres, qui produisent 80 % de la
production maraîchère du Québec.
Si l'association
existe depuis plus de 75 ans, cet automne elle a nommé à sa présidence
pour la première fois une femme, Catherine
Lefebvre, de l'entreprise Maraîchers L & L inc., de
Saint-Michel. Elle remplace Sylvain Terrault, de l'entreprise Hydroserre
Mirabel et Les Serres Lefort, après huit années de loyaux services. À la
direction générale, Patrice Léger Bourgoin prend la relève de Jocelyn St-Denis,
qui a occupé ce poste pendant trois ans.
D'emblée,
merci à MM. Terrault et St-Denis. Et félicitations à Mme Lefebvre et
à M. Léger Bourgoin! Nous vous souhaitons bon succès.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je désire
saluer les personnes qui travaillent dans les centres de la petite enfance
de la circonscription d'Hochelaga-Maisonneuve.
Elles
sont nombreuses, dans ces milieux de travail, à exercer des tâches de tout
genre, solidairement et en équipe. Peu
importe qu'elles soient éducatrices, éducatrices spécialisées, responsables à l'alimentation,
préposées, membres de l'équipe
pédagogique, de l'équipe administrative ou de l'équipe de direction, elles
participent toutes à la construction d'une base solide pour les enfants du Québec. Chères artisanes de la petite
enfance, tout ce que vous accomplissez permet aux parents québécois de travailler l'esprit
tranquille, sachant leurs enfants dans un lieu sécuritaire et stimulant, où ils
acquièrent les aptitudes nécessaires à leur futur parcours scolaire.
veux également partager mon émerveillement envers la vague de solidarité qui a
déferlé à travers le Québec pour soutenir l'ensemble des travailleuses des CPE.
Ce mouvement est représentatif du Québec que j'aime, celui qui se tient
ensemble et lutte pour que chaque enfant ait droit à un meilleur avenir.
C'est donc avec
beaucoup de reconnaissance que je salue les travailleuses des CPE Halte-Répit Hochelaga-Maisonneuve, La Maisonnette, Le Jardin charmant, Casse-Noisette, La Ruche,
La Vermouilleuse, CPE du Carrefour et L'Éléphant bleu. Bravo pour
votre leçon de solidarité! Merci pour tout, vous êtes géniales.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant
Mme la députée de Berthier.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, M. le
Président. Les services de sécurité incendie font un travail remarquable pour assurer la sécurité de nos citoyens. Derrière ce
travail, évidemment, se cachent des femmes et des hommes comme Daniel Brazeau.
M. Brazeau
prend sa retraite après 45 ans de loyaux services. Il a été directeur des
services de sécurité incendie de Lanoraie et
de Lavaltrie, dans le comté de Berthier. Il a aussi été directeur de celui de la MRC
D'Autray. En plus, il a été président de l'Association des chefs de
sécurité incendie du Québec.
M. Brazeau
a aussi mérité l'honorable mention de Chef pompier permanent de l'année par
cette même association, et ce, en 2015. 2017, c'est La Capitale qui
l'identifiait comme personnalité des services publics de l'année. L'inspirant
citoyen a d'ailleurs reçu le prix d'excellence Paul-Perrault pour son apport à
l'amélioration de la sécurité incendie.
M. Brazeau,
félicitations, et je vous souhaite une retraite pleinement méritée.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. La prochaine déclaration est pour Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, le comté de Gaspé est aux prises avec une grave crise du logement,
qui a des impacts réels sur les citoyens, les employeurs et les gens qui veulent venir y
vivre. Malheureusement, le gouvernement
refuse de reconnaître cette crise.
Partout dans le
comté, il y a une grande mobilisation sur cet enjeu crucial pour le développement
régional et l'occupation du territoire. En
tant que députée, il était important pour moi de donner la parole aux citoyennes
et aux citoyens pour montrer les différents visages de la
crise et documenter ses impacts dans une vidéo qui permettra, je l'espère, de
sensibiliser le gouvernement et de le faire agir sur la question.
tiens à remercier sincèrement Jo-Ann, Stéphane, Guy, Mireille, Audrey, Pascale,
Charlie-Maude, Justine, Olivier, Cathy, Roch, Danielle, Marie, François,
Maxime, Sylviane, Jesse et Caroline pour leurs témoignages et leur grande générosité. Vous m'avez à la fois touchée et encouragée.
Votre participation à cette démarche était précieuse. C'est en nous
unissant que nous pourrons faire bouger les choses. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le député
de Deux-Montagnes.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Permettez-moi de
féliciter l'entreprise Cogeco, qui
s'est vu décerner le sceau inaugural Terra Carta 2021 dans le cadre de
la COP26.
Le sceau inaugural
Terra Carta reconnaît des sociétés internationales qui stimulent l'innovation
et démontrent leur engagement envers la
création de marchés durables. Ce sceau est remis aux sociétés dont les
ambitions sont enlignées sur celles de la Terra Carta, un plan d'action
pour la nature, les gens et la planète lancé en janvier 2021.
tiens également à souligner qu'elle est la seule entreprise québécoise à avoir
reçu cet honneur parmi 44 entreprises dans le monde. Dans le cadre
des engagements pris par Cogeco afin d'atteindre son objectif de zéro émission
nette d'ici 2050, notons la divulgation de son impact climatique et de ses
émissions de gaz à effet de serre.
Nous
sommes fiers qu'une entreprise québécoise se soit vu décerner cette distinction
et encourageons toutes nos entreprises à s'engager dans la lutte contre
les changements climatiques. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais maintenant M. le
député de Portneuf.
M. Caron : Merci,
M. le Président. J'ai assisté, la
semaine dernière, au lancement d'un livre mettant en lumière des femmes
d'exception dans ma circonscription.
Portneuf,
ce sont, en effet, de nombreuses femmes qui s'illustrent dans des champs de
compétence très variés. Ce sont des
entrepreneures, des cheffes d'entreprise, des artistes, des artisanes, des agricultrices
ou encore des bénévoles. Ce sont des femmes de coeur, des femmes de
tête, des femmes de lumière, des femmes inspirantes, des femmes inspirées.
Merci
à Mme Du Sablon, une Portneuvoise très impliquée dans sa communauté,
d'avoir pris cette belle initiative de
publier le livre intitulé Femmes de Portneuf . Ces femmes qui ont tracé
leur chemin à leur manière, avec leurs valeurs, leurs doutes, leurs
ambitions et leur coeur sont de véritables modèles d'inspiration. Bravo à
elles! Je vous recommande à toutes et à tous la lecture de ce livre. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député.
Est-ce qu'il y aurait consentement pour permettre à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce de faire une 11e déclaration? Il y a consentement. Mme la
députée.
Mme Weil : Merci,
M. le Président. Aujourd'hui, il me fait plaisir de souligner le travail exceptionnel de la
Fondation Habilitas, située dans mon comté de Notre-Dame-de-Grâce.
Cette
fondation, affiliée aux écoles Mackay Centre et Philip Layton, a pour objectif
d'optimiser la qualité de vie des
enfants vivant avec un handicap, leur permettant d'atteindre leur plein
potentiel. Malheureusement, les parcs de quartier ne sont pas
construits pour les accueillir.
With determination, the foundation
launched their campaign Every child has a right to play to raise funds to build
an inclusive playground to make play and fun possible
despite each child's disabilities. The final concept for the school playground is inspired by the world's best
practices in physical education. Having this playground will change the life of
many children by having a positive impact on their motor and social skills.
Ce nouveau terrain de jeu inclusif offrira à ces enfants de nombreuses
opportunités de créativité et d'exploration.
Congratulations to the foundation for
raising the funds to make this miracle happen, because every child has a right
to play.
Chaque
enfant a le droit de jouer. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclarations
de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Président : Mmes et MM. les députés, bon jeudi à toutes et
tous. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton,
s'il vous plaît.
Président : Et, à l'article a du feuilleton, M. le
ministre responsable des Affaires autochtones présente le projet de loi n° 16, Loi modifiant diverses dispositions législatives
afin de mettre en oeuvre les Conventions complémentaires n° 22 et n° 27 à la Convention de la Baie James et du Nord québécois.
M. le ministre.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, M. le Président. Ce projet de loi assure la mise en oeuvre de
la Convention complémentaire n° 22 à la Convention de la Baie James
et du Nord québécois.
À cette fin, le
projet de loi modifie diverses lois pour que les Cris d'Oujé-Bougoumou soient
expressément reconnus par celles-ci comme une communauté crie bénéficiant des
mêmes droits que les autres communautés cries.
projet de loi assure également la mise en oeuvre de la Convention
complémentaire n° 27 à la Convention de la Baie James et du
Nord québécois.
Pour
ce faire, le projet de loi modifie la
Loi sur l'Office de la sécurité du revenu
des chasseurs et piégeurs cris, dont le
titre de cette loi, pour refléter les
changements apportés au Programme de sécurité du revenu des chasseurs et
piégeurs cris prévu au
chapitre 30 de
la Convention de la Baie James et du Nord québécois, devenu le Programme de
sécurité économique des chasseurs cris.
Président : Et, en application de l'ordre spécial, j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le
vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi, suivi des
députés indépendants. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Président : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
En conséquence, cette motion est adoptée. M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Fortin : Oui, merci,
M. le Président. Je remercie le ministre
pour le dépôt de son projet de loi. Peut-être qu'on pourrait susciter un peu plus d'enthousiasme de la part de la
partie du gouvernement avec des consultations
particulières sur cet enjeu-là.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. On pourra échanger des listes de groupes.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet :
Merci, M. le Président. Bien vouloir appeler l'article b du feuilleton, s'il
vous plaît.
Président : Et, à l'article b
du feuilleton, M. le
député de René-Lévesque présente le projet de loi
n° 690, Loi promouvant les
investissements socialement responsables. M. le député.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Ce projet de loi prévoit que la Caisse
de dépôt et placement du Québec et Investissement Québec devront adopter
une politique visant l'atteinte de la carboneutralité de leur portefeuille
ainsi qu'un plan de désinvestissement graduel de leurs actifs dans des
juridictions à fiscalité réduite et dans des activités consistant à acquérir,
détenir ou investir dans des ressources charbonnières, pétrolifères ou gazières
d'origine fossile.
Le projet de loi
modifie également la mission de La Financière agricole du Québec afin de
préciser qu'elle doit accomplir sa mission
en favorisant le respect de l'environnement et l'atteinte des objectifs du
gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques et
en promouvant des investissements socialement responsables.
Président : Et je
vous invite maintenant à m'indiquer le vote de vos groupes sur la présentation de ce projet de loi,
suivi des députés indépendants. M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
Merci. En conséquence, cette motion est également adoptée.
Nous en sommes à la rubrique
Dépôt de documents. M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M. le Président,
je dépose le rapport annuel 2020-2021 et le rapport de gestion 2020‑2021
de la Commission consultative de l'enseignement privé.
Le Président :
Merci. Ces documents sont déposés. M. le ministre de l'Environnement et de la
Lutte contre les changements climatiques.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport sur l'interdiction des transferts
d'eau hors Québec.
Le Président :
Merci. Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du
gouvernement à la question inscrite au feuilleton le 26 octobre par
le député de Pontiac. Merci, M. le Président.
Président : Merci. Ce document est déposé.
Pour
ma part, je dépose le rapport d'activité 2020‑2021 de la Fondation
Jean-Charles-Bonenfant.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, je dépose le rapport de la
Commission des finances publiques relativement au mandat de l'étude de la
politique budgétaire du gouvernement et de l'évolution des finances publiques. Dans le cadre de ce mandat, la commission a
procédé à l'audition du ministre des Finances le 7 décembre 2021 et
s'est réunie en séance de travail le 2 décembre 2021.
Je dépose également le rapport de la
Commission des finances publiques qui, les 2 et 8 décembre 2021, a procédé
à l'étude détaillée du projet de loi
n° 5, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l'occasion du
discours sur le budget du 25 mars
2021 et à certaines autres mesures. La commission a adopté le texte du projet
de loi avec des amendements.
la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 136 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'un nombre croissant de centres hospitaliers
doivent fermer leur service d'obstétrique partout au
Québec faute de main-d'oeuvre infirmière;
«Considérant que les sages-femmes, par leur niveau de
compétence et de polyvalence élevé, sont une valeur ajoutée au système de santé;
«Considérant que la pandémie a fait exploser les demandes de
suivis auprès de sages-femmes et que de plus en plus de
femmes veulent accoucher hors centre hospitalier;
«Considérant que la limitation du champ d'exercice constitue
un frein à l'apport des sages-femmes à un réseau en crise,
ainsi qu'aux besoins actuels des familles;
«Considérant
que l'article 63 de la
Loi sur les sages-femmes constitue une embûche
majeure à l'obtention d'un règlement sur l'assurance responsabilité équitable
et cohérent avec les autres professionnels du Québec;
«Considérant que le Québec est la seule province canadienne
qui liste, par règlement, les conditions nécessitant une
consultation ou un transfert pour les sages-femmes;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec :
«De moderniser le cadre législatif entourant la pratique des
sages-femmes en ouvrant le champ professionnel à la santé
des femmes en général — dépistage ITSS,
contraception;
«D'intégrer
le pouvoir de prescription à la
Loi sur les sages-femmes;
«D'abroger
le délai de suivi postnatal mère-enfant;
«D'abroger
l'article 63 de la
Loi sur les sages-femmes afin de permettre l'adoption
d'un règlement sur l'assurance responsabilité;
«De permettre
la délivrance d'attestations de pratique avancée;
«D'augmenter les cohortes dans le programme de formation
universitaire et de déployer des mesures particulières pour inciter les sages-femmes à effectuer la
supervision de stages.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est maintenant déposé.
J'ai reçu une demande
de M. le député de Portneuf pour la présentation d'une pétition non conforme. Y
a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement. M. le
député de Portneuf.
M. Caron : Merci, M.
le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 708 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que Pont-Rouge vit une croissance démographique importante
et que l'ajout de grands développements domiciliaires est prévu dans les prochaines années, entraînant ainsi une
augmentation significative de jeunes familles sur le territoire dans les
années à venir;
«Considérant que l'école primaire du Perce-Neige, située à
Pont-Rouge, est l'une des plus peuplées de la province, avec plus de 900 élèves;
«Considérant que les écoles du centre de services scolaire de
Portneuf situées dans les villes de Donnacona, Saint-Marc-des-Carrières
et Saint-Raymond atteindront leur capacité d'accueil maximale dans les
prochaines années;
«Considérant que les élèves de Pont-Rouge sont présentement
scolarisés à l'extérieur de leur milieu de vie dans l'une ou l'autre de
ces trois écoles;
«Considérant que bon nombre d'enfants continuent leur parcours
scolaire à l'extérieur de leur milieu de vie dans des établissements d'enseignement public et privé de la Communauté
métropolitaine de Québec, n'ayant pas
accès à un établissement à proximité de leur résidence;
«Considérant que le terrain où serait construite la nouvelle
école secondaire serait cédé au centre
de services scolaire de Portneuf
gracieusement par la ville de Pont-Rouge et que la superficie cédée permettrait
la construction de la nouvelle école;
«Considérant l'implication de la population de Pont-Rouge et
sa participation active à la venue d'une nouvelle école sur son
territoire;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec d'accueillir favorablement
le projet de construction d'une école secondaire dans la municipalité de
Pont-Rouge afin d'enclencher les travaux le plus rapidement possible.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous en sommes maintenant
à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à la cheffe
de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci,
M. le Président. Dans le scandale des
CHSLD, M. le Président, on sait que depuis le mois de janvier des gens savaient que les personnes
aînées allaient être particulièrement touchées, notamment dans les CHSLD.
On le sait puisque l'ancienne ministre de la
Santé nous l'a confirmé. On le sait parce que l'ancien sous-ministre l'a
confirmé. On le sait parce que l'INSPQ avait envoyé des signaux. On le sait parce que
la Protectrice du citoyen l'a mentionné dans son rapport. Pourtant, le premier ministre lui-même nous dit que, dans le fond, il ne l'avait
pas vu, on n'avait pas présenté ça, autour de la table, l'enjeu des CHSLD, pour
aller s'assurer que les personnes
vulnérables dans ces lieux puissent
être protégées.
le Président, le 9 mars, quatre jours avant qu'il y ait l'adoption
du décret d'urgence, il y a des scénarios qui ont été présentés au gouvernement par rapport à ce qui allait se passer dans la crise, différents scénarios. Ces
scénarios-là n'ont pas été rendus publics.
Aujourd'hui, je demande au premier
ministre de nous confirmer qu'il a
bel et bien ces scénarios en sa possession et je lui demande de les
rendre publics.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, la cheffe de l'opposition officielle a commencé la semaine en m'accusant et en
accusant le ministre de la Santé de la mort d'un homme à Senneterre.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : M. le Président, le premier ministre ne peut pas prêter de telles intentions, il ne
peut pas faire ce qu'il vient de
faire. On a demandé... Vous avez demandé, la semaine dernière, sur ce
débat-là, d'avoir des discussions respectueuses.
Je lui demande de faire la même chose.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, très clairement, tout le monde a
vu le point de presse de la cheffe de l'opposition officielle, qui faisait un
lien entre le décès de M. Genest et la responsabilité de certains acteurs
gouvernementaux, ce qui n'est pas
acceptable, M. le Président. Et on est capables, M. le Président, de poser des
questions adéquatement sans faire ce qui est fait.
Le Président :
Je vais vous demander... M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Le premier ministre a fait référence à une accusation directe, M. le
Président. Je ne crois pas que ces propos-là sont autre chose que de
prêter des intentions.
Le Président :
Je vais vous demander, s'il vous plaît, d'être très prudents. Je vais rappeler
encore à la prudence, comme je l'ai fait
depuis quelques jours déjà, sur des sujets aussi importants. On revient,
évidemment, à la période de questions, mais,
encore une fois, je vais vous demander votre collaboration. Ça a bien été et ça
va bien. C'est des sujets pas faciles, mais
je vais vous demander votre collaboration et d'être prudents dans la manière de
dire, la manière de faire également.
M. Legault :
Oui. M. le Président, hier, la cheffe de l'opposition officielle a dit ici,
dans cette Chambre, que j'étais la
seule personne à ne pas savoir qu'on était en train d'envoyer des aînés à
l'abattoir. C'est ça qu'elle a dit, hier, M. le Président.
le Président, la cheffe de l'opposition officielle nous dit, aujourd'hui, qu'on
savait en janvier. J'ai eu l'occasion d'en
discuter souvent avec l'ancienne ministre de la Santé, elle ne le savait pas.
Le sous-ministre à la Santé, les 15, 20 personnes qu'il y avait autour de la table ont discuté de
différents scénarios pour nos hôpitaux. On s'est dit : Combien il faut délester de lits?, parce qu'on s'attendait à ce que, selon
les différents scénarios, il y ait beaucoup de Québécois qui viennent occuper
les lits dans les urgences de nos hôpitaux.
Donc,
M. le Président, il y a encore deux enquêtes qui sont en cours. Moi, j'invite
la cheffe de l'opposition officielle à laisser la coroner, laisser la
Commissaire à la santé faire l'enquête, de ne pas essayer de le faire à leur
place.
Donc,
M. le Président, on veut aller au fond des dossiers, mais ce n'est pas exact,
de dire qu'en janvier on s'attendait à avoir de tels résultats dans les
CHSLD.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, le premier ministre ne répond
pas à la question. Il nous parle de scénarios et il nous dit : Laissons l'enquête se faire.
Pourtant, le problème, c'est que, devant la coroner, on nous a dit qu'on ne
pouvait pas rendre ces scénarios
publics, parce que le Dr Sauvé n'a pas pu répondre aux questions
concernant le contenu des scénarios, car l'avocate du MSSS s'y est
opposée sous prétexte que ces documents ont été remis au ministère du premier
ministre.
Je veux savoir si on
peut avoir les scénarios divulgués publiquement.
Le Président :
M. le premier ministre.
Président : S'il vous
plaît! J'entends des bruits. Je veux me concentrer sur la réponse du premier
ministre comme sur la question. M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, la Commissaire à
la santé et la coroner sont toutes les deux indépendantes. La coroner a même
été choisie par le Parti libéral du Québec. M. le Président, ils ont tous les
pouvoirs. La Commissaire à la santé a les mêmes pouvoirs qu'une enquête
publique. Donc, M. le Président, laissons la coroner et la Commissaire à la
santé faire leur travail.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Le premier
ministre ne répond pas à la question. Je demande au premier ministre de
s'élever. Je demande au premier ministre de nous dire publiquement qu'il a reçu
ces scénarios et de les rendre publics. On a le droit de savoir, les Québécois ont le droit de
savoir ce que contenaient ces scénarios. Pourquoi ne les rend-il pas
publics?
Le Président : M. le
premier ministre.
M. Legault :
C'est juste, quand même, spécial d'entendre la cheffe de l'opposition
officielle, après la semaine qu'elle vient de connaître, de demander de
s'élever. C'est quand même spécial.
M. le
Président, les seuls scénarios qu'on a eus à la table, c'est des scénarios
concernant les urgences : Est-ce que, si ça frappe plus fort, il faut libérer plus de lits, moins de lits?
Donc, M. le Président, cette information-là est disponible, et la coroner,
la Commissaire à la santé ont accès à ces documents.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
ces documents ne sont pas disponibles. Il ne répond pas à la question. Les documents ne sont pas disponibles, son avocate l'a
confirmé. Elle a dit que les documents étaient envoyés au bureau du premier
ministre et que c'est pour cette
raison qu'ils ne les rendaient pas publics. Pour un gouvernement qui n'a rien à se reprocher, il a beaucoup de choses à cacher.
Président : Je vais
vous demander, encore une fois, de faire attention, Mme la cheffe de l'opposition officielle. Le terme est bien connu. J'imagine qu'il vous a
échappé, mais je vais vous demander de retirer ce mot-là, c'est...
Le Président : Il est retiré.
Merci. M. le premier ministre, en réponse. M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, je n'ai aucun problème
à ce que ces documents-là soient transmis. Donc, on va s'assurer que
tous les documents soient donnés. Mais, à mon avis, ce n'est pas exact. Tous
les documents sont disponibles.
Le Président : Question
principale...
Le Président : S'il vous
plaît! Attentifs à la question de Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le
Président, le 20 février 2020, quelques
jours avant le premier décès en CHSLD, la ministre des Aînés affirmait
ceci en commission parlementaire : «Le ministre a une imputabilité, tout
comme les directeurs généraux[...], comme
les personnes qui travaillent au ministère de la Santé et des Services sociaux,
les sous-ministres, les sous-ministres adjoints.
Nous avons une imputabilité envers le public. Moi, je prends mes
responsabilités, et je pense que c'est comme ça. [...]Et c'est important de le mentionner, très, très important de le
mentionner.» M. le Président, elle a raison, elle est imputable. Et,
dans les dernières semaines, là, on a été témoins d'oublis, de contradictions,
d'informations inexactes. Bref, on est toujours dans un grand mystère autour de
ce qui s'est réellement passé.
Les familles ont besoin d'avoir des réponses, et
la ministre n'est pas disponible pour répondre. Mais sa cheffe de cabinet,
membre de la cellule de crise depuis le 9 mars, elle, elle est disponible.
Je le répète, les familles ont besoin de
réponses. Est-ce qu'elle peut aller témoigner devant la coroner?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président, c'est ce que j'ai répondu plusieurs fois au
cours des dernières semaines, puis,
malheureusement pour l'opposition, je ne changerai pas ma réponse ce matin,
c'est la coroner qui a le droit de convoquer les personnes qu'elle veut. Si la coroner juge à propos, comme elle le
fait depuis le début de l'enquête, M. le Président, de convoquer telle ou telle personne parce qu'elle
juge que cette personne-là peut lui donner des informations que l'on appelle des informations
probantes, c'est-à-dire qui peuvent aider à son enquête puis à établir les
faits, moi, je pense que tout le monde
est d'accord. On a d'ailleurs eu plusieurs personnes du ministère qui sont
allées retémoigner une deuxième fois, à
la demande de la coroner. Puis je pense qu'une des raisons pour lesquelles, M.
le Président, l'opposition peut poser les questions qu'elle pose aujourd'hui, c'est parce que, justement, il y a
une enquête, elle est publique, et les gens peuvent voir ce qui est en
train d'arriver à la commission.
Alors, si la coroner
demande, M. le Président, d'avoir d'autres personnes, ce sera son choix. Puis
jamais nous n'allons empêcher que des gens
du ministère ou qui que soit soient disponibles pour répondre aux questions de
la coroner. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, mardi, le premier ministre a dit :
«...à chaque matin, on avait une réunion de la cellule de crise. La ministre aux Aînés était là,
la directrice de cabinet [...] était là, la sous-ministre[...],
Mme Rosebush, était là. [...]il
y avait une vingtaine de personnes, puis on posait toutes les questions puis on
fouillait toutes les solutions possibles.» D'ailleurs, la ministre le
confirme, elle dit : «J'étais au bout du fil dès 7 heures le matin.
Je donnais mon point de vue. Peut-être que ce que je disais était pris en
considération une semaine ou deux après, mais je le disais.»
M. le Président, si
la ministre le disait, relayait l'information, pourquoi le premier ministre ne
l'a pas...
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors, écoutez, M. le Président, premièrement, pour ce qui est de ma collègue la ministre aux Aînés, je pense que c'est important de rappeler qu'elle a
fait un travail extraordinaire au cours des deux dernières années, durant la
crise. Je le sais, que ça a été un travail
très exigeant. Elle est, en ce moment, en repos. Puis je pense que tout le
monde est conscient que ça a été un
moment très difficile pour elle, dans les deux dernières années, comme plusieurs
de nos personnes qui ont eu des difficultés durant la crise.
Maintenant,
encore une fois, si la coroner juge à propos d'être capable de demander cette
personne-là ou d'autres personnes, lorsqu'elle pourra être disponible,
c'est à la coroner de décider...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...ce n'est pas à nous de décider, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, plus on en apprend, moins on comprend ce qui
s'est réellement passé.
Malgré tout le travail,
l'enquête de la coroner investigue seulement six CHSLD.
Malgré le travail
exceptionnel de la Protectrice du
citoyen, les familles n'ont pas eu accès à tous les
documents. Et la Commissaire à la santé a reçu de son patron, le ministre de la Santé, un mandat limité,
avec un rapport qu'on devrait recevoir quelque part entre Noël et le jour de
l'An.
M. le Président, si le premier ministre ne veut pas réécrire l'histoire, les familles,
elles, ont besoin de comprendre l'histoire.
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien, deux choses, M. le Président. Là, on passe
de l'enquête qui est avec la coroner Kamel et de l'enquête... du travail
qui est fait par la Commissaire à la santé, qui sont deux choses complètement
différentes.
le voit, là, la coroner Kamel a demandé une extension de son mandat pour
pouvoir avoir d'autres témoins, qui viendront s'ajouter aux témoins déjà
entendus en janvier. Donc, laissons faire cette enquête-là.
côté de la Commissaire à la santé, qui a un mandat beaucoup
plus large, et le premier ministre l'a dit très souvent, elle peut décider,
elle aussi, d'extensionner son mandat...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé : ...ou d'aller plus loin sur certains cas. Alors,
il y a déjà deux enquêtes qui sont en cours, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
M. le Président, le manque de matériel : la parole du premier ministre
versus la parole du terrain. Le 23 mars,
le premier ministre affirme : On est pas mal confortables avec les
masques. À ce même moment, un des fournisseurs d'équipements de
protection écrit dans un courriel au CHSLD de Laval que tout ce qu'il peut
fournir pour dépanner, c'est cinq petites
boîtes de masques bleus. Le 18 avril, maintenant, le premier ministre affirme : On en a, du matériel, je veux être bien clair. À ce même moment, au CHSLD Berthiaume-Du Tremblay,
le CIUSSS invitait le CHSLD à rationner l'usage des blouses parce
qu'il était incapable de lui en
livrer. 24 heures plus tard, un autre témoignage : «Je suis arrivée au CHSLD le 19 avril. Lors de la réunion de
l'équipe clinique, j'ai appris qu'il restait 200 jaquettes dans les
réserves alors que nous aurions dû normalement en utiliser 1 800
par jour.»
M. le Président, devant les faits, est-ce que le premier
ministre est prêt à se relever ici,
en Chambre, et affirmer que, du matériel, il n'en manquait pas?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : M. le
Président, je pense
que tout le monde qui a vécu la crise, puis particulièrement les gens qui étaient dans la cellule de crise, ont pu tous réaliser
comment il était difficile d'avoir de l'équipement de protection
individuelle. Je pense que, aujourd'hui, de prendre... Et je vais être très, très
clair, là. Tout à l'heure, j'ai utilisé l'expression de preuve probante.
Il est très facile, aujourd'hui, de prendre un communiqué, un courriel dans un contexte complètement individualisé et de dire, aujourd'hui, qu'ici, au salon bleu, on fait la preuve qu'a
plus b égale c. M. le Président, je m'en excuse, ce n'est pas notre travail à
faire, ici, c'est à la coroner... C'est à elle d'accumuler les faits, de
prendre l'ensemble des témoignages et, pour elle, d'obtenir, justement, les preuves
probantes qui pourraient démontrer telle ou telle chose. C'est son travail à
elle. Essayons donc de laisser
travailler la coroner. C'est ce que je dis depuis deux semaines, M. le Président. Puis, pendant ce temps-là, bien, on va pouvoir faire... passer
à l'action...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...ce que nous faisons, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Laporte.
Mme Ménard : M. le Président, la Protectrice
du citoyen affirmait que 48 % des travailleurs de la santé ont dit
manquer d'équipement de protection. Dans ma
circonscription, des établissements manquaient d'équipement. «Les directives
quant à l'approvisionnement n'étaient pas claires
et semblaient dépendre davantage des quantités disponibles que des normes
de sécurité.» Je répète, 48 % des travailleurs disaient manquer
d'équipement.
Le premier ministre
peut-il encore affirmer n'avoir jamais manqué d'équipement de protection?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Le Président :
S'il vous plaît! Pas de commentaire.
M. Dubé :
M. le Président, dans l'ensemble du réseau de la santé, il y a
1 600 installations : des hôpitaux, des CHSLD, des ressources intermédiaires. Plus de 1 600.
Dans un contexte où la crise a commencé, on a dit plusieurs fois, puis je tiens
à le répéter, que la consommation des équipements individuels,
des équipements de protection individuelle, est passée de 10 à 15 fois la consommation quotidienne
normale. Et ça, là, mettez ça l'échelle de 1 600 installations au Québec.
On a toujours dit...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé : ...et le premier
ministre a toujours
dit que dans l'ensemble il ne manquait pas d'équipement et qu'il devait...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : M. le Président, la semaine dernière, le Dr Villeneuve, de l'INSPQ, a répondu à
une question toute simple
de la coroner : Avez-vous eu de la pression pour adapter les recommandations de l'INSPQ à la pénurie d'équipement de protection sur le terrain? Il a répondu : Dire qu'on n'a pas eu
de pression, ce serait mentir. Mais, question, M. le Président : Qui a
mis de la pression pour changer les recommandations? Pour quels autres équipements y en a-t-il eu?
Pour les gants? Pour les jaquettes?
quand une commission d'enquête, M. le Président? Les familles
des personnes décédées veulent des réponses. À quand une commission
d'enquête?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien, écoutez, on peut changer la question,
l'inverser, faire tout ce que l'opposition fait depuis plusieurs semaines, c'est toujours la même question de prendre un exemple d'un témoignage
pendant une enquête, je le répète, qui est publique. Tout le monde les voit, les enquêtes, tout le monde voit les
témoignages. Et c'est ça que les gens veulent savoir, qu'est-ce qui
s'est passé. C'est exactement ce que la coroner fait. Qu'on parle d'équipement,
qu'on parle de personnes disponibles, qu'on
parle d'employés, moi, je pense que ce que les Québécois apprécient, c'est que
nous avons posé des gestes au moment
où on avait l'information. Et, les gens le voient très bien, déjà, à la
deuxième vague, on avait un bien meilleur contrôle...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...sur ce qui arrivait dans les CHSLD. C'est ça que les Québécois veulent.
Le Président :
Question principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Hier, j'ai posé au premier ministre une question au
sujet du financement potentiel d'une demi-équipe de baseball à Montréal.
Il n'a pas beaucoup aimé ma question. Pourtant, c'est une question importante. À quoi devrait servir l'argent des
contribuables québécois? À quoi devrait servir le temps précieux des ministres
élus par le peuple québécois? Autrement dit, à quoi devrait servir l'État
québécois?
Financer
les paris incertains d'un milliardaire qui cache son argent aux îles Caïmans,
est-ce que c'est le rôle du gouvernement
du Québec? Il manque d'argent pour le logement. Il manque d'argent pour nos
écoles. Il manque d'argent pour l'environnement. Tout ça est une
question de priorités, en fait.
hier, au lieu de justifier ses priorités, le premier ministre a contre-attaqué,
il a parlé de mon compte Twitter, tout en disant, sur le fond de ma question,
une chose et son contraire, tellement que le ministre de l'Économie a dû, par
la suite, rectifier le tir et corriger les propos du premier ministre.
Moi, je pense que les
familles du Québec ont droit de savoir à quoi leur argent va servir. Le premier
ministre peut-il, aujourd'hui, dire
clairement, là, clairement enfin, une fois pour toutes, aux familles
québécoises si leur argent va servir à financer le stade privé de
Stephen Bronfman?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, le chef parlementaire de
Québec solidaire nous avait promis de
faire de la politique autrement,
politique moderne. Donc, je m'attendais, ce matin, à ce qu'il se lève pour nous
féliciter de l'entente avec les trois syndicats d'éducatrices en
garderie, qui vont avoir 18 % d'augmentation de salaire. Non. Le chef de
Québec solidaire décide de prendre sa
question du jour pour nous parler d'une hypothétique équipe de baseball à
Montréal. Et il lui reste une autre
période de questions, M. le Président. Demain, je m'attends, parce qu'il y a
aussi un projet d'équipe de basketball... je m'attends à ce que, demain,
sa question va probablement être sur le basketball.
le Président, soyons clairs. D'abord, s'il y a un projet de sport professionnel
à Montréal, ce projet-là devra être appuyé
par la mairesse de Montréal. Deuxièmement, ce projet-là doit être à coût nul,
donc doit être... ne rien coûter aux contribuables,
parce que, oui, depuis qu'on est là, depuis trois ans, on a investi des sommes
records en éducation, en santé, dans tous les services qui sont donnés à
la population, puis on va continuer de le faire.
Le Président :
...complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, le premier ministre est dur à suivre. Hier, il nous a dit, et
je le cite : «...il n'est pas question que notre gouvernement mette un sou
des contribuables là-dedans.» Aujourd'hui, il dit : Ça va être à coût
nul. Moi, un stade à coût nul, je trouve que ça sonne comme un troisième lien
carboneutre, ce n'est pas sérieux.
J'aimerais
que le premier ministre soit clair et qu'il dise si, oui ou non, il va investir
de l'argent public dans le projet privé de Stephen Bronfman.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, il y a toutes sortes de projets économiques qui sont déposés
au bureau du ministre de l'Économie, puis on regarde les entrées
fiscales qu'il y aura puis l'aide qui est demandée, et c'est la même chose pour
les équipes de sport professionnel. Que ce soit du hockey, que ce soit du
baseball, que ce soit du basketball, si, demain, il y a un projet pour une équipe professionnelle de pétanque qui a des
retombées économiques importantes, on va l'étudier pour voir si ça
améliore les revenus nets du gouvernement du Québec, pour mieux financer
l'éducation...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...la santé, l'environnement. Donc, M. le Président, on va continuer...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : J'ai lu récemment, et ce n'était pas sur Twitter,
un économiste américain qui disait la phrase suivante : «Si l'objectif [c'est] d'injecter de l'argent
dans l'économie locale, ce serait plus efficace de le jeter par la porte
d'un hélicoptère que de l'investir dans un nouveau stade.»
M. le Président, tous les gens sérieux savent que les promesses de retombées
mirobolantes des équipes professionnelles sont
des promesses qui sont systématiquement brisées. Où est passé le sens des priorités
du premier ministre du Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, toutes les entreprises qui ont des projets pour créer des
emplois payants pour les Québécois, pour amener des revenus additionnels au gouvernement du Québec, on les regarde, on les étudie. Contrairement à Québec solidaire, notre parti, ce n'est pas un parti dogmatique.
On n'est pas un parti idéologique comme Québec solidaire, on
est un parti pragmatique, au service des Québécois.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Gaspé. À vous la parole.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, le milliardaire Stephen Bronfman passe le chapeau au gouvernement pour contribuer financièrement à son projet de baseball. Lui et son
groupe n'ont qu'une obsession, le retour d'une équipe à Montréal,
quitte à ce que ce soit un demi-club, que les Québécois paieront plein prix.
On connaît la chanson, ils veulent des fonds publics pour que les
profits se retrouvent dans leurs poches et que les pertes soient assumées par
les Québécois. On a le directeur Atlantique
de la Fédération canadienne des contribuables qui nous dit : «Une équipe
de baseball a à peu près le
même impact économique sur une communauté qu'un magasin à rayons de taille
moyenne.» Ce n'est ni plus ni moins qu'un milliardaire qui demande la charité,
milliardaire qui, d'ailleurs, est nommé dans les Paradise Papers.
Comment le ministre
du Baseball peut-il avancer que le projet sera à coût nul, sachant que les
retombées seront dérisoires?
Président : Je prends
le temps de vous dire qu'on se nomme par nos titres respectifs et officiels.
Alors, je vous demande de faire de la sorte et de ne pas répéter ce
terme-là.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Est-ce
qu'on pourrait avoir de l'attention?
Réponse du ministre de
l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, pour être rigoureux, le gouvernement doit analyser tous les projets de développement économique.
Baseball, une mine, hockey, on ne fait exception. Comme M. le premier ministre l'a dit tantôt, pour financer nos programmes
sociaux il faut qu'il y ait de la richesse collective.
Pour
le programme du retour potentiel du baseball à Montréal,
les promoteurs n'ont pas encore fait état public de leur projet. Conséquemment, on ne porte pas
opinion sur la validité du projet ou non. On va attendre les promoteurs. On
va attendre qu'ils présentent le projet à la société montréalaise. On va
attendre de voir comment la ville va réagir. Et, comme tout projet économique, s'il y a des retombées économiques qui
vont être supérieures aux coûts, qui seront démontrées, on agira. Pour
l'instant, il n'y a absolument rien à dire sur ce projet-là.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Le ministre a dit
que ce serait à coût nul pour les Québécois, mais, on le sait, ces prêts-là
ont tendance à devenir des subventions, quand ils ne le sont pas déjà au
départ.
Ma question est toute
simple, pour le ministre : Quels fonds vont être utilisés? Puis d'où
viendront-ils?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon : Encore une fois, M. le Président, un projet comme
celui-ci ne sera pas traité différemment d'aucun projet économique... de tous les projets économiques, je m'excuse. On
regarde toujours, dans nos interventions financières, quelles sont les
entrées d'argent, quelles sont les sorties, et, si c'est négatif, on dit non au
projet.
Dans
ce cas-ci, premièrement, il n'y aura pas de subvention. Je l'ai dit
publiquement, le gouvernement du Québec n'a pas besoin d'un troisième stade sur son bilan, donc on ne financera
pas un stade. On va regarder, quand le projet va être présenté... Il est
prématuré de porter des conclusions sans avoir tous les faits. C'est très
surprenant de voir ça présentement. On va attendre d'avoir les faits,
et, avec les faits, on décidera si on intervient ou non.
Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition... du troisième groupe
d'opposition, je m'excuse.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Revenu Québec demande aux
Québécois de faire patte blanche et de payer
des impôts, puis, quand ils ne le font pas, ils se font poursuivre par
l'agence. On s'attendrait à la même chose pour les milliardaires qui
cachent leur argent dans les paradis fiscaux.
Est-ce
que le ministre des Finances est d'accord? Est-ce qu'il va appeler mon projet de loi n° 690, que j'ai déposé ce matin, afin que l'argent
public ne serve pas à financer les entreprises qui brassent des affaires dans
les paradis fiscaux?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bon, comme vous
le savez, depuis 2015 la Commission
des finances publiques s'est penchée
sur la question de l'évasion et l'évitement
fiscal. Il y a eu un plan d'action qui a été déposé. Et, depuis ce temps-là, Revenu Québec est en action. Notre gouvernement a ajouté des
ressources, du personnel. On a augmenté la collaboration avec l'Agence du revenu du Canada. On a des
succès, mais on a encore du travail. On va continuer.
Le Président :
Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
M. le Président, Senneterre, Ville-Marie, Montbeillard,
Matane, Port-Cartier, Rivière-Saint-Jean, Sept-Îles, Port-Menier,
Chevery, Rivière-Rouge, Lachute, Gatineau, Chicoutimi, Roberval, Windsor et,
chez moi, Shawville. Ça, M. le
Président, c'est une liste non exhaustive, qui exclut les hôpitaux du Grand
Montréal puis de la Capitale-Nationale, des communautés qui ont vécu des
bris de service dans les derniers mois. Leur urgence a fermé, leur unité de
naissance a fermé, leurs soins intensifs ont
fermé. Mais, même avec une crise sans précédent comme celle-là, le ministre de
la Santé de la Coalition avenir
Québec a continué de nous dire que tout allait bien, que c'était une simple
réorganisation de services et qu'il y avait des corridors de services en
place.
M. le Président, la semaine
dernière, on a eu un rappel brutal de l'importance des services en région. La
demande du monde rural elle est bien simple : Dites-nous que vous
ne fermerez plus aucune urgence en région.
Pouvez-vous prendre
cet engagement-là?
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Pour chacune des villes que le député de Pontiac vient de nommer, M. le
Président, je pourrais mettre un mot à côté : pandémie. Pandémie, pandémie,
pandémie.
le Président, on a été frappés par une pandémie, on en connaît tous l'ampleur.
Les Québécois connaissent l'ampleur, le
désastre que le Parti libéral avait fait avec le réseau de santé. Et
aujourd'hui, pour le Parti libéral, de venir dire : Quand est-ce
que vous allez rouvrir les...
Le Président :
Est-ce qu'il y a une question de règlement, M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : M. le Président, écoutez, ça fait de nombreuses
séances que le député de Laval-des-Rapides s'en lave les mains
physiquement. Je ne pense pas que ça respecte le décorum.
Président : Regardez, bon... Non, je vais... Deux secondes.
M. le leader de l'opposition officielle, rapidement.
M. Fortin : De un, ce n'est pas une question de règlement. De deux, tout le monde
entendait la réponse du ministre de la Santé, tout le monde comprenait
ce qui se passait, il n'y avait aucun doute...
Le Président :
Je vais vous demander, là, l'important, et vous le savez, je vous l'ai dit
souvent... Je vais vous demander,
l'important, et je vous l'ai dit souvent, c'est de faire en sorte qu'on puisse
être attentif aux questions comme aux réponses,
d'éviter de vous interpeler, d'éviter de vous regarder puis de faire des gestes
qui ne servent pas, évidemment, notre période
de questions. À ce moment-ci, évidemment, j'entendais très bien la question
comme la réponse, mais j'ai aussi vu le député, et je vais vous demander de faire attention dans vos gestes
comme dans vos paroles, et je m'adresse à tout le monde, pour faire en
sorte qu'on ait encore une bonne période de questions et qu'on puisse aller le
plus loin possible.
On poursuit, s'il
vous plaît, sur la réponse. M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, je sais que ce n'est pas facile pour l'opposition, en ce
moment-là, de faire une introspection, M.
le Président, une introspection dans quel état ils nous ont laissé le système
de santé, je sais que c'est difficile, mais il faut qu'ils prennent acte
de ce qui est arrivé, M. le Président.
Alors,
imaginez-vous, les Québécois le savent, là, qu'est-ce que ce gouvernement-là,
précédent, a fait, en Outaouais, pendant
15 ans? Qu'est-ce qu'ils ont fait, pendant 15 ans, en Outaouais? Les
Québécois, ils le savent. Les gens de la région de Gatineau le savent.
Moi, je suis allé voir l'urgence de Gatineau. Dans un état où ça a été laissé,
le personnel...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...je pense que je me garderais une petite gêne, de la part du député de
Pontiac.
Le Président :
Première complémentaire...
Président : Encore une fois, on n'a pas le droit d'applaudir, on n'a pas le droit de dire bravo.
Vous le savez, je pense que je l'ai dit à peu près deux... au moins
deux, trois fois aujourd'hui. Je vous demande de bien saisir cette
information.
M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Je vais vous le dire, ce qu'on n'a pas fait en Outaouais, M. le Président : on n'a pas fermé une urgence pendant des
mois et des mois sans aucun plan de réouverture. Je vais vous dire ce qu'on n'a
pas fait en Outaouais : on n'a pas
fermé une unité d'obstétrique pendant deux ans, avant la pandémie, en passant,
sans aucun plan de réouverture. Je vais vous dire ce qu'on n'a pas fait en
Estrie, M. le Président : on n'a pas fermé une urgence de façon
permanente, de façon permanente, en disant aux gens que c'était une
bonne affaire.
Est-ce qu'ils peuvent
revenir sur cette décision-là, dire aux gens de Coaticook que leur urgence,
elle va rouvrir?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
Le Président : Encore
une fois, j'entends encore. Il n'y a
pas de bravo, il n'y a pas de commentaire. Je pense, c'est très clair. M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Sûrement pas un bravo pour l'administration qu'ils ont faite du réseau de la
santé, sûrement pas, M. le Président. Moi, ce que je dis, là, c'est qu'on a pris le
réseau de la santé dans un état lamentable, lamentable. On a été frappés
par une pandémie. On a posé des gestes pour s'assurer non seulement de la
sécurité des patients, mais de la sécurité
du personnel, qui ne pouvait pas travailler dans certaines installations, dans
certains hôpitaux, avec un manque de
personnel flagrant.
a mis en place, M. le Président, depuis des mois, suite à la convention
collective qui a été signée par ma collègue, et je l'en remercie...
Maintenant, on commence à récupérer du personnel...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...qui va venir nous aider, et on pourra ouvrir les urgences, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Ce que le ministre est en train de nous dire, c'est qu'il a regardé
tous les services et qu'il a fait un choix de fermer les urgences. Il a
fait ce choix-là d'un recul planifié pour les gens de région, M. le Président.
lui demande une chose, aujourd'hui, juste une : Prenez l'engagement qu'à
partir de maintenant vous ne fermerez plus aucune urgence en région.
C'est un service essentiel pour ces gens-là.
Le Président :
Et on s'adresse toujours à la présidence. M. le ministre de la Santé et des
Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, M. le Président, je n'aime pas utiliser cette raison-là, mais j'y reviens
souvent. Si le moindrement le
gouvernement précédent avait eu une vision d'engager du personnel et non de
couper du personnel, je pense qu'on aurait eu, au début de la pandémie, une situation complètement différente, M.
le Président. Je le sais, que c'est une introspection qui est difficile,
pour l'ancien gouvernement, mais c'est la triste réalité. Alors, merci.
M. Dubé :
Je le sais, qu'il n'aime pas ça, le député de La Pinière, mais c'est son
problème.
Président : M. le député de La Pinière... Encore une fois... M.
le député de La Pinière! C'est votre nom, M. le député de La Pinière. Deuxième
fois. Je vous demande d'arrêter.
Question principale,
M. le...
Le Président :
Pardon? Il vous restait du temps, monsieur... Aviez-vous terminé votre réponse,
M. le ministre?
M. Dubé :
M. le Président, je vais le dire clairement : Vous auriez dû l'arrêter
avant. C'est ce que j'ai dit.
Le Président : M. le... Vous avez complété. Question principale, Mme la leader du deuxième
groupe d'opposition.
Mme Labrie : En mai dernier, je demandais au ministre de l'Éducation de s'occuper du plomb dans l'eau parce que des milliers d'abreuvoirs étaient déjà
condamnés depuis des mois dans nos écoles. Et ce que je lui demandais, c'était
de mettre une date limite pour que les
correctifs soient faits et que l'eau soit potable dans chaque abreuvoir de
chaque école au Québec.
On va s'entendre que ce n'est pas une demande extravagante. J'espère que je ne me ferai pas traiter de pelleteuse
de nuages parce que je demande de l'eau potable dans tous les abreuvoirs dans
nos écoles au Québec.
mois de mai, le ministre lui-même me répondait que l'état de nos écoles,
c'était gênant, mais on n'a pratiquement pas avancé, depuis des mois. On dirait qu'il attend que ça se fasse tout
seul. Il se félicite d'avoir fait les tests pour évaluer le plomb dans l'eau puis il espère que les enfants
vont laisser couler l'eau pendant 30 secondes. Moi, chez nous, à
Sherbrooke, il y a des écoles qu'il y
a des cruches dans les corridors, puis les enfants boivent de l'eau à la
température de la pièce depuis des mois.
Est-ce
que le ministre peut s'engager à ce que tous les correctifs soient faits avant
la prochaine rentrée scolaire et que chaque enfant puisse avoir de l'eau
potable dans chaque abreuvoir de chaque école au Québec en 2022?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci, M. le Président. Ma collègue aborde une question extrêmement importante,
puis la première chose à faire, c'est
de rassurer les parents puis le personnel des écoles à l'effet que toutes les
fontaines d'eau ont été dépistées. Dans
l'ensemble du réseau scolaire, il y a plus de 3 000 écoles, toutes
les fontaines d'eau ont été dépistées. Et toutes les fontaines d'eau qui
étaient problématiques, en fonction des critères très élevés du gouvernement du
Canada, même ils ont changé des critères
tout récemment, eh bien, s'il y avait une problématique, ça a été condamné.
100 % des fontaines d'eau qui
sont actuellement ouvertes sont donc saines, sans inquiétude, nos jeunes et les
membres du personnel peuvent s'abreuver sans s'inquiéter.
pense que ça, c'est extrêmement important, parce que ce n'était pas le cas il y
a trois ans. Quand on est arrivés au
gouvernement, ce n'était pas le cas. Même si la sonnette d'alarme avait été
tirée en 2013 par un reportage de Radio-Canada, les gouvernements qui
étaient au Parti libéral, au Parti québécois, au Parti libéral se sont succédé
sans faire les tests de dépistage, sans condamner les fontaines d'eau
problématiques et sans les réparer.
Donc, les premières
étapes de dépistage...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...et de fermeture des fontaines d'eau dangereuses ont été faites, et on
poursuit le travail.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la leader du deuxième groupe d'opposition.
Mme Labrie :
Je n'ai pas entendu d'engagement, M. le Président. Il y a le tiers des points
d'eau qui ne sont pas conformes, dans
toutes les écoles du Québec, en ce moment. Moi, je n'en reviens pas qu'on
détecte du plomb dans l'eau dans nos
écoles puis qu'on attend que ça se règle tout seul. Et j'ai très peur de ce que
ça veut dire pour la ventilation, parce que ça a pris un an avant qu'on
ait des lecteurs de CO 2 dans les écoles. Puis d'ailleurs on ne sait
pas à quel point ils sont installés, en ce
moment, mais disons qu'on va bientôt avoir des réponses là-dessus, on va
bientôt savoir où sont les problèmes.
Comment
on peut croire la CAQ quand ils nous disent qu'ils vont faire les correctifs
pour la qualité de l'air quand ils ne le font pas pour la qualité de l'eau?
Moi, ça m'inquiète quand on voit comment le dossier de la ventilation a été
géré jusqu'à maintenant.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, ma collègue dit qu'on s'attend à ce que ça se règle tout seul.
Absolument pas. Absolument pas. Je ne suis pas un expert de la qualité de l'eau
ou des tests de plomb dans l'eau, c'est pour ça que mon ministère s'est tourné vers
une experte dont la compétence a été reconnue par tous, il n'y a
personne qui a remis en cause la compétence, l'indépendance, l'impartialité
de Mme Michèle Prévost, titulaire d'une chaire de recherche à
Polytechnique et titulaire de la
chaire de recherche du Canada CRSNG. Donc, on a fait notre travail. Et, au
moment où on se parle, il y a à chaque
jour, dans les écoles du Québec, des fontaines d'eau qui étaient condamnées et
qui sont réparées, qui sont réhabilitées, parfois en installant un
filtre, parfois en changeant juste la fontaine d'eau...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...parfois en faisant des travaux de réfection majeurs, mais on fait notre
travail.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la leader du deuxième groupe d'opposition.
Mme Labrie :
M. le Président, au moment où on se parle, il y a encore des milliers de points
d'eau qui ne sont pas conformes dans nos
écoles. Il y a encore des milliers de classes qui sont
dépourvues de lecteurs de CO 2 . On ne sait pas qu'est-ce qui se passe avec ça, là, en ce moment. Moi, ça m'inquiète.
C'est quand même minimal, c'est quand même la base, la ventilation, la qualité de l'air, la qualité de l'eau dans nos
écoles. Je suis très préoccupée par ça, puis je suis préoccupée de voir
le gouvernement attendre que ça se règle comme par magie.
Ça fait
partie des raisons,
d'ailleurs, pour lesquelles on demande une commission d'enquête sur la gestion
de la pandémie. Le dossier de la ventilation, il faut faire la lumière
là-dessus.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, je ne sais pas de quoi ma collègue parle quand elle dit que le
gouvernement attend que ça se règle
tout seul. C'est complètement inexact. On n'attend pas que ça se règle tout
seul, on fait notre travail. On a fait
les tests de dépistage de plomb avec les meilleurs procédés. On a agi sans
tarder. On a enfin sécurisé les fontaines d'eau. Auparavant, les parents
ne le savaient pas, si leur enfant pouvait s'abreuver à une fontaine où le taux
de plomb était trop élevé. Maintenant, tout
le monde peut dormir en paix, tout le monde pour être rassuré. L'eau qui est
dans nos écoles, elle est saine. On
est en train de réparer à chaque jour de plus en plus de fontaines d'eau pour
qu'il y ait davantage de points d'eau, mais tous les points d'eau qui
sont offerts en ce moment...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...tous les points d'eau sont sécuritaires. J'espère que ma collègue est
contente de ça.
Le Président :
Question principale, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Merci, M. le Président. Alors, on va rester dans l'eau, M. le Président.
Me croirez-vous si je vous dis qu'il y a une
municipalité dans mon comté qui n'a pas d'eau potable, à 40 minutes de
Montréal? Il n'y a pas d'eau potable à l'école. La qualité de l'air, pour eux
autres, on repassera; ils n'ont pas d'eau. Il n'y a pas d'eau. Est-ce que
le ministre de l'Éducation sait qu'il y a
une de ses écoles où il n'y a pas d'eau potable? Il n'y a pas d'eau potable au
centre communautaire. Est-ce que la Santé publique est consciente de ça?
Les producteurs laitiers de la municipalité sont approvisionnés par camion-citerne pour abreuver les vaches. Les vaches,
elles en donnent, du lait, mais elles n'en boivent pas, M. le Président,
ça leur prend de l'eau.
Alors,
le dossier de l'eau de Clarenceville
est un dossier qui est courant depuis plusieurs années, mais qui est toujours
pelleté. Et, naturellement, à
chaque fois qu'on repousse le projet,
les coûts augmentent. Là, ça ne rentre plus dans le programme...
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. Alors, quand on est arrivés en poste, M. le
Président, il y avait au-dessus
de 90 municipalités, c'est
triste à dire, qui n'avaient pas et qui n'ont pas d'eau potable. Maintenant, on
a réglé la situation dans une
quinzaine de petites municipalités.
Pour
votre municipalité, comme on a déjà discuté ensemble,
c'est certain qu'on est en accompagnement, on veut aider. Pourquoi? Parce qu'on a tous les programmes, au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation, on a une équipe spécialisée pour
justement amener l'eau potable dans les municipalités. On a augmenté les budgets.
On a même récemment annoncé 1 milliard de plus dans la TECQ, parce que
parfois, oui, les municipalités ne touchent pas au programme PRIMEAU mais ont besoin de se servir de la TECQ. Alors,
qu'est-ce qu'on a fait? On a augmenté à la hauteur de 1 milliard le programme de la TECQ, ce qui
a permis aux 10 municipalités d'avoir maintenant de l'eau potable, au
Québec.
n'est pas normal qu'une municipalité n'ait pas d'eau potable, sauf que notre
gouvernement est là, les montants sont
là, les programmes sont là, et en plus toutes nos équipes accompagnent les plus
petites municipalités. Alors, on travaille en collaboration. Puis, la
problématique que vous parlez, on en a déjà discuté ensemble...
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
...et, oui, on va aider pour que vous ayez l'eau potable, évidemment.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Eh bien, les gens de Clarenceville nous écoutent, ce matin, M. le Président, et
j'aimerais bien que les gens de
Clarenceville entendent qu'en 2022 les travaux vont commencer et que la
coordination va être faite entre les différents ministères.
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest :
Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, je sais très bien la situation, parce que,
le maire, on s'est quand même... on a
eu des discussions deux, trois fois ensemble, et M. le maire a des discussions
directement avec mon ministère.
faut comprendre que parfois ça peut arriver... Des municipalités demandent
d'avoir des raccordements pour l'eau potable,
mais il faut comprendre aussi qu'il y a des coûts. Et combien coûte l'eau
potable, pour l'amener dans les municipalités? Il faut aussi que les municipalités collaborent. On a donné toutes les
solutions, on a donné tous les programmes. On a le programme PRIMEAU, on a le programme FIMEAU, qu'on
avait... le programme FIMEAU. Puis, comme je l'ai dit, ce sont tous des
programmes qui ont été bonifiés.
Maintenant,
dans votre situation, vous le savez très, très bien, parce que, oui, il y a des
kilomètres et des kilomètres à travailler...
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
Mais on va réussir.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Oui, naturellement, il y a des kilomètres, parce que, règle générale, les
producteurs laitiers ne sont pas installés à côté de l'église. Donc,
oui, il y a des kilomètres.
le Président, les citoyens de Clarenceville ne demandent pas un stade de
baseball, ils ne demandent pas un troisième lien, ils ne demandent pas un
hôpital, ils demandent de l'eau. Et, comme
le premier ministre aime beaucoup les suggestions sensées, je vais lui en faire une :
Est-ce qu'on ne pourrait pas prendre les cinq, six ministres
ou ministères qui sont interpelés...
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Mme Laforest : M. le
Président, je vais le répéter, on
travaille très, très bien puis on s'entend très, très bien avec M. le maire. On lui a proposé des solutions. Notre
équipe a proposé des solutions. Oui, parfois, souvent, même, les municipalités
voudraient qu'on paie à 100 % les services d'eau potable, les services
d'infrastructures en eau potable. Parfois,
oui, les municipalités demandent qu'on paie l'entièreté de tout, toute la
situation en eau potable. Les municipalités doivent faire un effort, parce que, oui, les municipalités ont aussi des
sommes à investir. C'est un travail de partenariat. On va y arriver. Ça se passe très, très bien avec
votre maire. Alors, on va continuer de travailler ensemble, ne soyez pas
inquiète. Mais c'est vrai, parfois...
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
...qu'il faut avoir une bonne collaboration de tout le monde.
Le Président :
Dans les questions comme dans les réponses, on s'adresse à la présidence, bien
sûr.
M. le député de
Nelligan, pour votre principale.
M. Derraji :
Oui. M. le Président, ça fait deux semaines que je me lève dans cette
Chambre pour demander une seule chose au ministre de l'Économie : qu'il
nous dévoile la liste des 10 entreprises qui ont bénéficié de son pouvoir
discrétionnaire. Les journalistes aussi attendent cette fameuse liste,
attendent son fameux guide secret.
le Président, à chaque fois que je me lève, le ministre nous répond une seule
chose : J'écoute les employés et les fonctionnaires d'Investissement
Québec. Je vais vous lire le prêt n° 2 : «L'entreprise
ne présente pas de rentabilité historique ni prévisionnelle. Le secteur [...] régional a d'abord refusé
deux demandes au motif que, étant donné l'absence de rentabilité, elles
ne cadraient pas avec le PACTE.»
Juste
comprendre une chose : Est-ce qu'il a écouté réellement Investissement
Québec? Et sur quel critère il s'est basé pour octroyer ce prêt? Et
c'est quoi, le lien qu'il y avait entre cette entreprise et son propre cabinet?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, je vais répéter ce que j'avais dit à plusieurs reprises, je
pense que la cheffe d'opposition avait
raison, il y a quelques années, quand elle avait refusé, elle-même, de
divulguer le nom des entreprises.
L'article
citait qu'un demi-milliard en prêts non remboursés par les entreprises avait
été perdu. Je pense qu'en deux semaines je me serais attendu que la cheffe du Parti libéral ait pu parler au
député de Nelligan. Nous ne pouvons pas faire préjudice aux entreprises
en divulguant comme ça le nom d'entreprises avec qui Investissement Québec a
des relations de confiance.
faut faire confiance aux gens d'Investissement Québec. Le programme, qui a été
dessiné en quelques jours après la fermeture de l'économie, a été très
profitable. Les gens d'Investissement Québec ont utilisé leur jugement. Tous
les projets qui ont été présentés par
Investissement Québec ont été entérinés
par les directeurs d'Investissement
Québec. Il faut les remercier
pour le travail qu'ils ont fait durant la pandémie.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous
passons maintenant à la rubrique Motions sans préavis, et je
reconnais M. le ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. À
vous la parole.
Charette : Merci, M. le Président. M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Robert-Baldwin, la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, le député de Jonquière, le
député de Chomedey, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale souligne l'engagement du gouvernement du Québec dans la
lutte contre les changements climatiques;
«Qu'elle
rappelle la démarche entreprise par la Commission des partenaires du marché du
travail visant à identifier les compétences nécessaires à la réalisation
du Plan pour une économie verte;
«Qu'elle
rappelle la motion adoptée le 6 octobre 2021 demandant au
gouvernement de mettre sur pied sans délai un groupe de travail
interministériel et paritaire entre travailleurs et employeurs sur la
transition juste;
«Qu'elle
demande au gouvernement de produire une étude prospective des impacts des
changements climatiques sur l'emploi et d'identifier des sources de
financement [pour] la transition juste;
«[Enfin,
qu'elle] appuie la Déclaration sur la transition juste présentée lors de la
26e Conférence des parties à Glasgow le 4 novembre 2021.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président :
Alors, je vous demande vos votes respectifs sur cette motion. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Merci. Ainsi, cette motion est adoptée. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, le
député de Laurier-Dorion, le chef du troisième groupe d'opposition, le député
de Chomedey, le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale commémore les 12 ans du terrible séisme du
12 janvier 2010 qui a secoué Haïti, causant la mort de plus de
200 000 personnes et faisant des centaines de milliers de blessés;
«Qu'elle
rappelle que le Québec a été parmi les tout premiers États à témoigner de sa
solidarité, notamment par la mise sur pied d'un programme spécial de
parrainage destiné aux membres des familles gravement et personnellement
affectées par le séisme, programme qui a permis à plus de
5 000 personnes de refaire leur vie au Québec;
«Qu'elle rappelle
aussi le séisme du 14 août 2021, qui a fait plus de
2 200 morts et plus de 12 000 blessés;
«Qu'elle
souligne le courage remarquable de la population haïtienne face aux épreuves
qu'elle a dû surmonter dans la foulée de ces tragédies;
«Qu'elle
réitère sa solidarité indéfectible envers le peuple haïtien et la grande
communauté d'origine haïtienne au Québec;
«Qu'enfin, elle
observe une minute de silence en mémoire des victimes de ces tragédies.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, il y a un consentement pour
un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : le député de Viau, le ministre délégué à la Santé
et les Services sociaux, le député de Laurier-Dorion et le chef du
troisième groupe d'opposition.
Président : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions
soit limitée à un maximum de deux minutes chacune. M. le député de Viau, à vous
la parole.
M. Benjamin :
Merci, M. le Président. Donc, c'est toujours un moment très, très spécial pour
moi et, je suis sûr, aussi pour beaucoup de membres de la communauté haïtienne
du Québec, pour les membres de la communauté haïtienne du Québec, pour le peuple haïtien, lorsqu'ici, en
cette enceinte, nous, de l'Assemblée nationale, nous rappelons ici notre...
nous réitérons notre sympathie, notre solidarité envers le peuple haïtien.
sera toujours un moment de grande douleur lorsqu'on sait combien de failles que
ce séisme aura laissées dans la vie
de nombreux Haïtiens et dans la vie aussi de plusieurs Québécois, aussi,
puisque, rappelons-le, aussi, le 12 janvier 2010 il y avait
aussi plusieurs Québécoises et Québécois qui ont malheureusement laissé leur
vie en Haïti. Alors, je tiens à présenter
une fois de plus mes sympathies au peuple haïtien, aux membres de la communauté
haïtienne du Québec et à tous ces Québécois, toutes ces Québécoises qui
ont perdu un des leurs dans ce désastre.
Mais, M. le Président,
alors qu'au moment où nous parlons, au moment où nous intervenons en cette
Chambre, il y a encore ce que je qualifie de
«petits hommes» qui s'amusent à éteindre l'épopée de 1804, d'éteindre le
flambeau de l'expérience de 1804 du peuple haïtien, j'invoque ici le
poète Apollinaire pour dire qu'il est grand temps de rallumer les étoiles pour Haïti et pour le peuple haïtien,
puisqu'au-delà des drames, au-delà des désastres, Haïti, c'est avant tout...
et Malraux l'a bien dit dans L'immortel, Haïti,
avant tout, c'est la culture, c'est un peuple de peintres. Haïti, c'est la voix
de Dany Laferrière, de Rodney
Saint-Éloi, d'Emmelie Prophète. Haïti, c'est la voix de la grande chanteuse
Émeline Michel. Haïti, c'est la peinture de Préfète Duffaut, c'est le génie de
Manuel Mathieu. Haïti, c'est le cinéma fulgurant de Raoul Peck et c'est
la voix féminine qui rappelle au monde que les femmes sont au milieu et portent
le monde, de Gessica Généus.
Et, parce que la culture est au coeur de tout et
parce que c'est par la culture que nous nous sauverons, je vais partager avec
vous, puisque je crois qu'il est bon, parfois, que la poésie rentre aussi au
sein du salon bleu, ce poème que j'ai écrit en hommage à Haïti il y a
déjà autant d'années que 2010 :
«J'ai
fait provision d'eau pour mon ilienne
pour l'enfant qui a
faim
au temps des premiers
voyages.
«Toutes les villes
sont des îles
leurs fleuves, leurs
poètes.
«Toutes les rues sont
des îles
avec leurs arbres et leur
parfum
leurs langues et leur
musique.
il y aura toujours une île
sous mon chapeau de plume.
je n'ai que ma
presqu'île
jusqu'au tarissement
de la phrase.»
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. C'est la première fois, en cette Chambre, que je me
lève pour parler du 12 janvier 2010,
un moment qui sera gravé à tout jamais dans la mémoire de tous les Haïtiens.
200 000 morts, M. le Président, c'est énorme. Il n'y a pas un Haïtien sur cette planète qui n'a pas
perdu, cette journée-là, un ami, un parent. On s'en souviendra tous à
jamais.
le Président, on s'est demandé par la suite quoi faire pour aider. J'avais, en
2008, débuté une clinique en Haïti, une
petite clinique pour aider au niveau des soins neurologiques. C'est devenu un
centre d'aide, qui est devenu une petite urgence pour aider les gens qui étaient là-bas, qui étaient traumatisés,
qui avaient besoin d'aide au niveau de la chirurgie. J'ai pu me rendre là-bas
un mois plus tard pour venir aider puis donner des soins à la population,
là-bas, et j'ai vu un peuple qui
était dévasté, des gens qui avaient un stress post-traumatique. On entendait un
camion passer dans la rue, les gens se cachaient sous la table. La
mémoire était incroyable, de cet événement traumatisant.
Mais
j'ai vu le peuple haïtien dans son plus beau côté, M. le Président : la
résilience, la résilience du peuple haïtien. On s'est relevés, on a reconstruit notre vie. Les gens ont reconstruit
leur vie. Les gens ont reconstruit leur cité. Les gens ont reconstruit. Et
moi, je me suis dit : Comment je peux aider? On s'est dit qu'on allait
reconstruire le système de santé là-bas. On
a fait une petite clinique avec la Croix-Rouge canadienne à Jacmel. On a fait
une clinique à Mirebalais avec Partners
in Health, des États-Unis. Puis, malheureusement, M. le
Président, ce qui arrive trop
souvent, l'aide internationale s'est éteinte tranquillement. Et on a
voulu continuer, mais on ne pouvait plus continuer. Et ça, il faut pouvoir
garder cette aide en vie, M. le Président. Puis on l'a vu, cette année, le
malheur a refrappé, avec le tremblement de terre qu'on a vu dans le sud-ouest du pays. Cette fois, c'était
2 000 morts, M. le Président, 2 000 morts dans une toute
petite région. Heureusement, avec
l'aide de mon collègue ministre des Finances, le ministre de la Santé, on a
réussi à venir en aide en levant
1,5 million pour donner, avec de l'aide de court terme, de l'aide à long
terme également. On a travaillé avec l'Association des médecins haïtiens. Je remercie
Dr Schiller, docteur... et tous les médecins qui sont impliqués dans ce
groupe-là. Mais, M. le Président,
comme j'ai dit au consul puis à l'ambassadeur, il faut maintenir ces activités.
L'aide d'urgence ne suffit pas, il
faut garder des programmes en vie, principalement pour les mères et les
enfants, là-bas. Il y a encore des mères qui meurent, en Haïti, à l'accouchement. Il faut venir en aide à ces gens-là
de façon continue. Il faut garder cette résilience et remonter tout ce
qui est capable d'être remonté là-bas.
le Président, à tous mes frères et soeurs québécois et haïtiens, je remercie de
l'aide qu'ils ont apportée en Haïti et qu'on va continuer à apporter en Haïti.
La solidarité indéfectible de notre gouvernement et du peuple québécois envers
le peuple haïtien, il faut continuer. Je pense que la communauté haïtienne a
marqué à toujours l'histoire du Québec par les médecins qui sont venus ici, les
infirmières, les enseignants, et maintenant une génération de politiciens
d'origine québécoise. On va continuer à aider, on veut continuer à aider. Et ce
qu'il faut faire, c'est donner au peuple haïtien la capacité de donner toute son ampleur à ce qui se passe en Haïti et de
venir en aide non seulement ponctuellement, mais de façon... à long
terme pour que les choses s'améliorent dans notre pays. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le Président :
M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Dans les années 1990, j'ai
vécu un an en Haïti, à Fort-Liberté, dans le nord, tout près de Cap-Haïtien. J'étais observateur des
droits de la personne pour les Nations unies et j'ai eu la chance de me promener beaucoup dans cette région-là, en tout
cas, d'Haïti. Ce qui m'a frappé,
c'est la fierté du peuple haïtien, là, et cela malgré le dénuement
matériel de ce peuple. Ce qui m'a frappé, c'est la richesse de leur culture, la
beauté et la puissance expressive de leur langue, dont, ici, le collègue de Viau
vient de nous donner la preuve.
Cette fierté, quand
on regarde l'histoire longue d'Haïti, se comprend tout à fait. Pensons-y un peu.
Première république noire libre déjà en 1804. Où est-ce qu'était le Québec en
1804? L'avènement de la république haïtienne est à placer parmi les grands événements
de l'histoire mondiale. C'est un message envoyé à l'humanité entière.
Pourtant,
le racisme, le colonialisme, et les grandes puissances de l'époque, et les
grandes puissances d'aujourd'hui n'allaient pas se laisser ébranler par
ce sursaut de liberté de la part d'un peuple ayant subi l'esclavagisme. Les coups durs politiques se sont succédé :
indemnités imposées par la France, coup d'État, occupation par les États-Unis,
dictature brutale des Duvalier, coup d'État
en 2004 qui a chassé le président Aristide, dont on soupçonne le Canada
d'avoir été l'un des instigateurs, et plus récemment
cette année, événement terrible, l'assassinat horrible du président
Jovenel Moïse.
Malgré tout, le
peuple haïtien reste fier et résilient. Et aujourd'hui nous commémorons
l'événement parmi les plus tragiques de ce magnifique pays, le séisme de 2010,
qui a fait plus de 200 000 morts, des centaines de milliers de blessés. Rappelons-nous aussi le terrible séisme du
14 août 2021, encore une fois, 2 200 morts, 12 000 blessés. Un peuple frappé
durement par l'histoire et par la nature.
Malgré
cela, le peuple haïtien continue à montrer sa résilience, sa volonté de vivre, sa volonté d'avancer. Et c'est cette même résilience que nous voyons ici même
dans la diaspora haïtienne, diaspora qui rend notre pays encore plus riche
culturellement et économiquement. Le Québec et Haïti ont des liens fraternels,
des liens solides, des liens durables qui appellent à un devoir de solidarité
du Québec et du gouvernement du Québec.
nom de ma formation politique, je tiens à saluer la mémoire des victimes du
séisme du 12 janvier 2010 et du 14 août dernier. Merci.
Le Président :
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau :
M. le Président, je veux à mon tour joindre ma voix à celles de mes collègues
pour honorer la mémoire des victimes et participer à ce moment solennel.
Le séisme du
12 janvier 2010 a profondément ébranlé Haïti, son peuple et sa
diaspora très présente et enracinée ici, au Québec.
Plusieurs d'entre nous, on le voit, ont d'ailleurs ressenti en eux-mêmes
ces terribles événements. Je leur témoigne encore une fois ma profonde sympathie, ainsi qu'à toutes les personnes
qui ont été touchées de près ou de loin par ce drame absolument
épouvantable.
Ce jour-là, en Haïti,
le monde s'est arrêté. Le choc a été brutal. 35 secondes ont suffi pour
changer à jamais la vie de centaines de milliers d'hommes, de femmes et
d'enfants. Ceux qui ont survécu ont, bien sûr, pleuré leurs proches et leurs pertes, dont l'ampleur était absolument
inimaginable. Pendant ce temps, ils n'ont ressenti que vide et
impuissance.
Mais ce qui est
extraordinaire, c'est qu'ils ont par la suite découvert en eux des trésors de
force, de combativité, d'espoir et, on l'a
mentionné, de résilience. Il fallait d'abord faire fi de l'horreur et voir au
plus urgent, trouver des survivants.
centaine ont d'ailleurs été miraculeusement sauvés des décombres. Puis, il fallait parer au manque d'eau, de
nourriture, au risque d'épidémies.
Appuyé
par la communauté internationale, dont le Québec, le peuple haïtien s'est
reconstruit peu à peu, au propre comme au figuré. La convalescence est longue,
toutefois, d'autant plus que le pays a dû faire face à d'autres événements
dramatiques dans les années qui ont suivi et
encore aujourd'hui. On retient de ces épisodes que la force de caractère du
peuple haïtien est remarquable, que le pays
peut être meurtri mais jamais vaincu, que son avenir demeure plein de promesses
et que l'espoir triomphe toujours, car l'être humain est ainsi fait.
Je leur souhaite donc
aujourd'hui, au peuple haïtien, de retrouver la sérénité et la stabilité. Et,
au nom du Parti québécois, je l'assure de notre solidarité indéfectible. Merci,
M. le Président.
Président : J'invite maintenant les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes respectifs sur cette motion.
D'abord, M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Président : Cette motion est donc adoptée. Et je vais vous
demander de vous lever pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes de cette terrible
tragédie.
• (11 h
11 h 19)
Le Président :
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
à vous la parole.
Lessard-Therrien : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre
les changements climatiques, le député
de Robert-Baldwin, le député de Jonquière, le député de Chomedey,
le député de Bonaventure et le député de Rimouski :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec réitère qu'elle se considère liée à l'Accord de Paris;
«Par
conséquent, que l'Assemblée nationale
s'engage à honorer le pacte de Glasgow négocié lors de la 26e Conférence
des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Consentement, sans débat. Je vous demande vos votes
respectifs à nouveau. D'abord, Mme la leader du deuxième groupe
d'opposition?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
député de Mont-Royal—Outremont, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député de Bonaventure, le
député de Chomedey et le député de Rimouski, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des faits énoncés dans l'article Exploration
pétrolière en Gaspésie : les eaux dégradées des années plus tard , paru dans Le Soleil le 4 décembre 2021 et faisant
état d'une contamination de la nappe phréatique près du puits pétrolier
Bourque à Murdochville, et ce, depuis 2017;
«Qu'elle
reconnaisse le caractère précieux de l'eau douce du Québec et la nécessité de
protéger cette ressource de toute forme de contamination industrielle;
«Qu'elle
demande au gouvernement de produire et de rendre public un inventaire complet
de la qualité des eaux souterraines pour l'ensemble des puits pétroliers et gaziers
forés au cours des vingt dernières années, ainsi que pour tous ceux
considérés comme problématiques par le gouvernement.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement.
Nous
passons maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de la
culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 96,
Loi sur la seule langue officielle et commune du
Québec, le français, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 h 15, de 15 heures à
18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du
Conseil législatif;
Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 7, Loi visant à
faciliter le déroulement des
prochaines élections générales provinciales dans le contexte de la pandémie de
la COVID-19 et modifiant la Loi électorale, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 102, Loi visant principalement à renforcer
l'application des lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages,
à assurer une gestion responsable des
pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du Plan pour une économie
verte 2030 concernant les véhicules
zéro émission, aujourd'hui, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à
la salle Marie-Claire-Kirkland. Merci.
Président : Merci. À
la rubrique Renseignements sur les
travaux de l'Assemblée, je vous
informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 103, Loi
modifiant diverses dispositions législatives principalement aux fins
d'allègement du fardeau administratif, aujourd'hui, à 11 h 45,
au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
La période des
affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons passer aux affaires
du jour.
Et je suspends nos
travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 22)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Aux affaires du jour, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Caire : Ah! M. le Président... Alors, M. le Président... Ne bougez pas, je vais juste me remettre à
jour. Donc, M. le Président, je vous demande d'appeler l'article 3
du feuilleton afin que nous puissions, de consentement, procéder à toutes les
étapes de l'adoption du projet de loi et que la motion d'adoption de principe
soit mise aux voix sans débat.
Vice-Président (M. Picard) :
À l'article 3 du feuilleton, est-ce qu'il y a consentement afin de procéder à toutes les étapes de l'adoption
du projet de loi n° 8 et que la motion d'adoption du principe soit mise
aux voix sans débat? Consentement? Consentement.
En conséquence, et en
application de l'ordre spécial, j'inviterais dès maintenant les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs
groupes sur l'adoption du principe du projet de loi n° 8, Loi visant à reporter
l'entrée en vigueur de certaines
dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la
responsabilité du registre des lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la Commission Charbonneau
concernant le délai de prescription applicable à la prise d'une
poursuite pénale. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader adjoint du gouvernement, est-ce que
vous avez des indications concernant le vote des députés indépendants?
Caire :
Non, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. En conséquence, le principe du projet de loi n° 8, Loi
visant à reporter l'entrée en vigueur
de certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la
responsabilité du registre des
lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la Commission Charbonneau
concernant le délai de prescription applicable à la prise d'une
poursuite pénale, est adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : M. le
Président, je fais motion afin de déférer ce projet de loi à la commission
plénière et que, de consentement, nous puissions procéder aux écritures.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. En application de l'ordre
spécial, j'inviterais les leaders parlementaires à l'indiquer le vote de leurs groupes sur la motion
de renvoi en commission plénière. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. En conséquence, cette motion est adoptée.
Est-ce qu'il
y a consentement pour procéder aux écritures? Consentement. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, je fais motion afin que l'Assemblée se constitue en commission
plénière afin de procéder à l'écriture de ce projet de loi.
Vice-Président (M. Picard) : En application de l'ordre spécial,
j'inviterais les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la motion de M. le
leader adjoint du gouvernement proposant que l'Assemblée se constitue en commission
plénière. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. En conséquence, cette motion est adoptée.
application de l'ordre spécial, j'inviterais maintenant les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption de tous les articles du projet de loi n° 8
visant à reporter l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la
Loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du registre des
lobbyistes et donnant suite à la recommandation
de la Commission Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à
la prise d'une poursuite pénale. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président (M. Picard) :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Vice-Président (M. Picard) : M. le leader adjoint, est-ce que
vous avez des indications concernant le vote des députés indépendants?
Caire :
Non, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. En conséquence, tous les articles du projet de loi n° 8, Loi
visant à reporter l'entrée en vigueur
de certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la
responsabilité du registre des
lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la Commission Charbonneau
concernant le délai de prescription applicable à la prise d'une
poursuite pénale, sont adoptés.
En application de l'ordre spécial, j'inviterais
les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur le
titre
du projet de loi n° 8, Loi visant à reporter l'entrée en vigueur de
certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du registre des lobbyistes et
donnant suite à la recommandation de la Commission Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à
la prise d'une poursuite pénale. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président (M.
Picard) : M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Vice-Président (M. Picard) : M. le leader adjoint du gouvernement,
avez-vous des indications concernant le vote des députés indépendants?
Caire :
Non, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
En conséquence, le
titre du projet de
loi n° 8, Loi visant à reporter l'entrée en vigueur
de certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la
responsabilité du registre des lobbyistes et
donnant suite à la recommandation de la Commission Charbonneau concernant le
délai de prescription applicable à la prise d'une poursuite pénale, est adopté.
propose que la commission adopte une motion d'ajustement des références. En application de l'ordre spécial, j'inviterais maintenant les leaders parlementaires
à m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette motion. M. le leader adjoint
du gouvernement?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M.
Picard) : M. le leader adjoint du gouvernement, est-ce que vous avez
des indications concernant le vote des députés indépendants?
Caire : Non, M. le
Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. En conséquence, la motion d'ajustement des références est
adoptée.
En application de l'ordre spécial, j'inviterais
maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs
groupes sur l'adoption du rapport de la commission plénière. M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président (M. Picard) : M.
le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président (M. Picard) : Mme
la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) : M.
le chef du troisième groupe d'opposition?
Le Vice-Président (M. Picard) : M.
le leader adjoint du gouvernement, concernant les députés indépendants?
Caire : Non, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Non
quoi?
Caire : Je n'ai pas
d'indication, M. le Président, sur le vote des députés indépendants.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le leader adjoint du
gouvernement. En conséquence, le
rapport de la commission plénière est adopté. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Caire :
Oui, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article 3 du feuilleton.
Et je propose que nous procédions à l'adoption du projet de loi avec des
interventions d'un maximum de 10 minutes par groupe parlementaire.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Mme la ministre responsable des
Institutions démocratiques et de la Réforme électorale propose l'adoption du projet de loi n° 8,
Loi visant à reporter l'entrée en
vigueur de certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du
registre des lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la
Commission Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à la
prise d'une poursuite pénale.
Y a-t-il
consentement pour déroger à l'article 230 du règlement prévoyant que l'adoption d'un projet de
loi doit avoir lieu à une séance distincte de celle de l'adoption du
rapport de la commission plénière? Consentement.
Y a-t-il des interventions? Et je reconnais M.
le député de Maskinongé.
M. Allaire : Oui, merci, M. le
Président. D'entrée de jeu, je... Oh! Pardon.
Vice-Président (M. Picard) : ...consentement. Est-ce qu'il y a
consentement pour que les interventions soient limitées à
10 minutes? Consentement. M. le député de Maskinongé.
M. Allaire :
C'est justement ce que j'allais dire, M. le Président. Je vous avise d'ores et
déjà que je n'utiliserai pas mon 10 minutes. Je serai aussi bref qu'à la
vitesse à laquelle on a adopté les premières étapes, là, pour ce projet de loi.
D'ailleurs, vous me permettrez de remercier les
collègues pour leur ouverture d'y aller aussi rapidement. C'est vraiment apprécié. Je pense qu'on devrait prendre
l'habitude, d'ailleurs, puis faire ça plus souvent. Je trouve ça superefficace.
Je vois votre accord dans vos yeux, j'adore
ça. Oui, votre enthousiasme débordant. Mais merci. Sincèrement, c'est
franchement apprécié.
Pourquoi
on est, aujourd'hui, à adopter le projet de loi n° 8?
C'est qu'en fait on a déposé le projet de loi n° 6, initialement. Le projet de loi n° 6 a été sanctionné le 19 juin 2019, et, dans ce projet de loi, on
prévoyait une période, là, de
30 mois pour la mise en oeuvre, là, du fameux registre et sa mise en
place. Naturellement, les dernières semaines font en sorte, là, que la pandémie a frappé fort et a
causé des délais, naturellement, et c'est sûr que, là, le Commissaire au
lobbyisme voyait cette date
d'échéance arriver très rapidement, ce qui a fait en sorte, là, qu'il a pris
soin, là, d'écrire une lettre, une missive, là, à la présidente du
Conseil du trésor lui demandant, là, la possibilité, là, de retarder,
finalement, cette date d'échéance, ce qui
sous-tend, naturellement, de déposer, là, le projet de loi n° 8 pour... et c'est d'ailleurs la raison pourquoi on est ici
aujourd'hui à adopter ce projet de loi.
Trois
raisons ont justifié, là, la demande, là, du Commissaire au lobbyisme, qui est
d'abord, je l'ai dit un peu tantôt, là...
c'est lié au retard causé par la pandémie. Le deuxième, c'est l'impossibilité
de se prévaloir de contrats déjà autorisés avec des intégrateurs
préqualifiés pour la réalisation de la plateforme. Et la troisième raison,
c'est l'impossibilité de collaborer avec le ministère du Travail, de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, avec qui il avait envisagé de travailler initialement, parce que, maintenant, ce qu'il
souhaite, c'est développer une plateforme qui sera hébergée en mode infonuagique. Donc, c'est les trois principales
raisons, là, qui justifiaient, là, l'intervention du Commissaire au lobbyisme,
là, pour essayer de déplacer, finalement, la date d'échéance pour mettre
ce nouveau registre en opération.
Donc,
je ne serai pas plus long. Je vous remercie, M. le Président. Je remercie
l'ensemble des collègues. Je remercie, encore une fois, les différents partis
d'opposition qui ont accepté d'y aller beaucoup plus rapidement. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Maskinongé.
D'autres interventions? M. le député de LaFontaine.
Tanguay : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon
tour de prendre la parole sur l'adoption finale du projet de loi
n° 8. Le projet de loi n° 8, évidemment, on ne peut pas en parler
sans parler d'abord et avant tout du projet
de loi n° 6, projet de loi n° 6, quant à la première session de cette
législature... Il a été adopté à la première session de cette
législature. Là, on est dans la deuxième session de cette même législature.
projet de loi n° 6 avait deux objectifs. Puis, avant de parler du
projet de loi n° 8, on va parler du projet de loi n° 6. Le projet de loi n° 6 était très
important, avec deux volets. Le premier volet visait, puis c'est important à
souligner, la mise en application d'une recommandation de la commission
Charbonneau. Il avait été, donc, déposé par la ministre de la Justice de
l'époque, en février 2019, lors de sa présentation, qui avait eu lieu le
13 février 2019. Et il y avait eu des consultations particulières sur le projet de loi n° 6. Je
vais revenir un peu plus tard sur celles et ceux qui avaient participé, dans le
contexte du projet de loi n° 6, aux consultations particulières.
le fait, aujourd'hui, de demander une prorogation de délai avec le projet de
loi n° 8 ne met pas en veilleuse les consultations que nous avons... ou ne vient pas amoindrir, je devrais
dire, les consultations que nous avons tenues sur le projet de loi n° 6. Ça, c'est important que
tout le monde s'en rende compte, là. Je veux dire, des auditions, il n'y en
aura pas eu quant au projet de loi
n° 8. On aura eu, puis c'est important de le mentionner, quand même, des
rencontres avec le Commissaire au
lobbyisme, avec la ministre responsable, pour se faire expliquer ce qu'on
faisait. On est législateurs, on est responsables, on pose les questions. On a
posé toutes les questions, et nous avons eu toutes les réponses. Alors, à
celles et ceux qui, aujourd'hui,
diraient : Bien, comment ça il n'y a pas de consultations?, je profite de
la tribune pour dire : Il y en a eu sur le projet de loi n° 6.
Et la clause de mise
en vigueur du projet de loi n° 6 prévoyait déjà que, par règlement, le
gouvernement pouvait modifier la date de
mise en application. Là, on fait juste modifier le délai de mise en
application, toujours avec une clause où le gouvernement, sur conseil du
Commissaire au lobbyisme, va indiquer la date de mise en application du
registre.
Le registre, puis le
collègue en a parlé, de Maskinongé, le Commissaire au lobbyisme a besoin d'un
délai. On parle ici grosso modo, dans les
faits, là, d'un trois, quatre mois, trois, quatre mois pour avoir un registre
qui tient la route, un registre qui soit performant, parce que c'est
bien beau, dire : Aïe! on fait ça vite, vite, vite, cochez la case, on a
un registre, les principaux griefs qui
étaient par rapport à l'ancien registre, justement, c'est qu'il n'était pas
pratique, il était difficile à entrer
des inscriptions. Les cases n'étaient pas clairement définies, et, lorsque l'on
voulait entrer des modifications, bien,
le système faisait en sorte qu'il n'était pas malléable, pas maniable, pas
conçu pour ça... ou, si conçu pour ça, pas très bien conçu, et donc
désuet. Puis il y avait la nécessité de faire en sorte d'avoir un registre qui
soit performant, de un; de deux, un registre qui soit directement sous la
responsabilité du Commissaire au lobbyisme.
Commissaire au lobbyisme, M. le Président, va vous taper sur les doigts si vous
êtes un lobbyiste puis vous n'êtes pas
dûment inscrit, si vous n'avez pas bien défini votre mandat, si vous avez mal
ciblé celles et ceux que vous allez rencontrer et si vous ne respectez pas les
délais, notamment le délai de 30 jours que vous avez pour vous inscrire au
registre du lobbyisme. Vous pouvez aller voir un député, parler de
nécessaires modifications à une loi. Vous faites la rencontre aujourd'hui, vous n'êtes pas inscrit au registre,
si vous êtes lobbyiste, c'est correct, vous avez 30 jours. Mais, passé ce
délai-là de 30 jours, vous allez vous faire taper sur les doigts
par le Commissaire au lobbyisme.
Commissaire au lobbyisme disait, dans le contexte du projet de loi n° 6 :
Je peux-tu récupérer, moi, la gestion du registre? Parce que, là, je serai capable... De un, je suis celui qui
est en contact direct, matin, midi, soir, avec les lobbyistes, les lobbyistes-conseils, les lobbyistes
d'organisation, et je connais leur réalité, puis je peux ajuster la performance
du registre, de un. Et, de deux, bien, en étant le gardien des impératifs de la
loi, en ayant l'opportunité de mettre en application des clauses pénales, si
les lobbyistes ne se comportent pas comme il se doit et ne respectent pas les
impératifs, bien, je pense que le fait d'avoir, moi, le contrôle du registre, bien, ce serait important
de l'avoir dans la loi. Et c'est ce que nous faisions dans le projet de loi
n° 6.
Et les auditions... Encore une fois,
aujourd'hui, le Commissaire au lobbyisme, il avait jusqu'au 19 décembre.
Le 19 décembre, là, c'est dans 10 jours. On finit de siéger demain.
Le 19 décembre, il ne sera pas prêt, le Registre des lobbyistes,
puis ce n'est pas parce que les gens se sont traîné les pieds, ça fait
partie
des questions qu'on a posées, pas qu'on
doutait de la bonne foi de quiconque, mais c'est important de faire les
vérifications. Et là on parle d'une ouverture, donc, publique au
printemps 2022.
Alors, dans la loi,
projet de loi n° 6, adopté en juin 2019, il avait jusqu'au
19 décembre pour mettre en vigueur le registre du lobbyisme. On a posé
toutes les questions. On s'est fait donner un tableau où, là, étape par étape,
on voit qu'il y a eu des embûches, notamment
dans un contexte COVID, de télétravail, et aussi de disponibilités limitées de
certains collaborateurs pour que ça
en devienne une réalité. C'est justifié. On parle d'un trois, quatre mois, on
se dit au printemps, donc, printemps 2022.
Et là, lorsqu'on va lancer le Registre des lobbyistes, bien, il va être
performant, il n'y aura pas des ratés. Y
a-tu de quoi de plus plate, M. le Président, puis de démobilisant que de dire :
Bien, on lance un registre, on lance un nouvel outil, puis il y a des ratés. À un moment donné, il faut faire les
choses dans l'ordre, bien faire les choses. Et la transition entre
l'ancien et le nouveau doit se faire de façon ordonnée. Puis ça, ça se fait par
étapes, puis il faut suivre ces étapes-là.
Alors, le projet de
loi... Puis je vous ai dit un peu plus tôt que, le projet de loi n° 6, il
y avait deux volets. L'autre volet
excessivement important, M. le Président, c'était de faire en sorte de donner
suite aux recommandations de la commission Charbonneau et de venir modifier le
délai de prescription pour des poursuites pénales dans un contexte de lobbyisme. Autrement dit, l'ancienne prescription,
c'était un an après l'acte fautif, il n'y avait plus de recours. Maintenant,
ça a été changé, puis c'était une recommandation de la commission Charbonneau,
bien, c'est trois ans à compter de la connaissance, et ça ne doit pas, en
aucun temps, excéder sept ans de l'acte fautif.
Alors,
ça, ça tient la route. Ça fait en sorte que le commissaire peut enquêter, a le
temps de faire les poursuites si, le cas
échéant, c'est justifié. Le projet de loi n° 8 ne vient pas changer la
mise en application de ça. La prescription, elle est là, elle va
demeurer. Puis on va avoir un registre qui tient la route. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député de LaFontaine. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Puisqu'il n'y a pas
d'autre intervention, en application de l'ordre spécial, j'inviterais
maintenant les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes sur l'adoption du projet de loi n° 8,
Loi visant à reporter l'entrée en vigueur de certaines dispositions de
la Loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du registre
des lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la Commission
Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à une prise de
poursuite pénale. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader de l'opposition officielle?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Mme la leader du deuxième groupe d'opposition?
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le chef du troisième groupe d'opposition?
Vice-Président (M. Picard) : M. le leader adjoint du gouvernement,
avez-vous des indications à me transmettre concernant le vote des
députés indépendants?
Caire :
Non, M. le Président, je n'ai pas de telles indications.
Vice-Président (M. Picard) : Merci. En conséquence, le projet de loi
n° 8, Loi visant à reporter l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la Loi transférant au commissaire
au lobbyisme la responsabilité du registre des lobbyistes et donnant suite à la
recommandation de la Commission Charbonneau concernant le délai de prescription
applicable à la prise d'une poursuite pénale, est adopté.
M. le leader adjoint
du gouvernement, pour la suite de nos travaux.
Caire :
M. le Président, pourriez-vous appeler l'article 1 du feuilleton, s'il
vous plaît?
Le Vice-Président
(M. Picard) : À l'article 1, M. le ministre de la Justice propose
l'adoption du principe du projet de loi
n° 2, Loi portant sur la réforme
du droit de la famille en matière de filiation et modifiant le Code civil en
matière de droits de la personnalité et de l'état civil.
Y a-t-il des interventions? M. le député de Chapleau.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. J'en profite pour vous saluer, également saluer
les collègues de la banquette ministérielle et les collègues
de l'opposition. Je prends le temps également de remercier le ministre
de m'accorder sa confiance pour me permettre de le représenter aujourd'hui, à cette étape-ci du projet
de loi.
Donc, on
entame, justement, l'adoption de principe du projet de loi n° 2, qui représente le lancement d'une importante
réforme du droit de la famille. Les consultations
particulières sur le projet de loi n° 2 se sont d'ailleurs tenues la semaine dernière. Tout près de 30 groupes ont été entendus par la commission.
Un constat qui est ressorti des consultations, c'est que le projet
de loi n° 2 aborde des sujets
délicats, parfois émotifs, qui ont été évités durant des années mais dont il
est primordial, aujourd'hui, d'en parler.
La dernière
réforme majeure du droit de la famille date, comme vous le savez, d'il y a
40 ans. Certains d'entre nous n'étaient
même pas encore nés, et j'en suis. C'est vous dire à quel point les besoins des
familles québécoises ont considérablement changés et qu'une réforme était attendue depuis
très longtemps. Nous sommes donc très heureux de procéder aujourd'hui à l'adoption du principe du projet
de loi n° 2 portant sur la
réforme du droit à la famille
en matière de filiation et modifiant le Code civil en
matière des droits de la personnalité et d'état civil.
Tout
au long de nos travaux sur ce projet de loi, nous avons tenu compte, d'abord et
avant tout, du plus grand intérêt de l'enfant. Les enfants d'abord, voilà le principe fondamental qui a
guidé nos réflexions et nos actions. Le projet de loi vise notamment à protéger les enfants issus de
gestations pour autrui. Actuellement, au Québec, certains enfants naissent
d'une gestation pour autrui, et il est
essentiel de s'assurer que leurs droits et intérêts soient garantis et
protégés, comme ceux des femmes qui
les ont portés. C'est ce que prévoit le projet de loi n° 2 en proposant un
processus clair, prévisible et aussi sécuritaire.
projet de loi n° 2 consacre également la connaissance des origines comme
droit fondamental à la Charte des droits et libertés de la personne. Nous envoyons ainsi un message clair
à l'effet que chaque enfant qui le souhaite, qu'il soit adopté ou issu d'un don de gamètes, devrait avoir
accès à ses origines, l'objectif étant de permettre à tous de s'approprier
son identité et son histoire, et de pouvoir ainsi combler un besoin qui est
fondamental.
violence familiale est aussi un élément auquel nous accordons beaucoup
d'importance dans la réforme proposée. Pour plusieurs, c'est inconcevable que la violence
familiale ne soit pas déjà considérée dans toutes les décisions qui concernent
l'enfant. Et pourtant c'est une lacune que nous allons corriger avec le projet
de loi n° 2.
De plus, on donne un accès
universel à l'aide juridique à tous les enfants qui font l'objet d'une
intervention en protection de la jeunesse.
Nous proposons également de simplifier les démarches pour les familles en cas
de décès de l'un des conjoints.
Ainsi, la paternité d'un conjoint de fait qui décède pendant la grossesse de sa
conjointe, par exemple, pourra être
reconnue sans devoir passer devant le tribunal, même si le couple n'était pas
marié. Ça aussi, ça aurait dû être corrigé depuis longtemps.
La réforme
permettra également à un enfant de maintenir des relations avec un
ex-beau-parent significatif lorsque c'est dans son meilleur intérêt.
Nous élargissons aussi le concept de la tutelle supplétive.
Enfin, différentes positions nous ont été
présentées sur le sexe et l'identité de genre au cours des consultations. Nous
le réitérons, nous n'avons jamais voulu compliquer le processus d'affirmation
d'une personne trans ou forcer le dévoilement
de qui que ce soit. L'objectif a toujours été de répondre à un jugement du tribunal et de
mieux refléter les réalités des personnes issues des minorités
sexuelles.
Nous avons
annoncé, il y a quelques semaines déjà, que l'exigence d'opération pour le
changement de la mention de sexe serait retirée du projet de loi et que nous allions trouver une voie de passage pour que les mesures ne
puissent être perçues comme un coming
out forcé. Nous sommes en mode écoute et nous sommes très confiants de trouver
une solution.
En terminant, j'en profite pour remercier l'ensemble des groupes et des personnes
qui ont part