House Proceedings — 8 March 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-03-08
Quebec — Debates (Hansard)
feuille de route de cette bénévole acharnée est longue et parsemée de
réalisations, comme par exemple un atelier intergénérationnel sur l'âgisme,
l'adaptation d'un projet sur la fraude envers les aînés, un atelier et un guide
d'information sur vivre et mourir dans la dignité. Elle porte
aussi le sceau de son implication au sein du conseil régional de la santé, de
la table étroite... en maltraitance envers les aînés.
titre de député d'Abitibi-Ouest, je salue la généreuse contribution de cette
grande dame, qui mérite notre admiration et notre reconnaissance. Merci
beaucoup, Madeleine.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député d'Abitibi-Ouest. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, pour votre
déclaration.
Poëti : Merci, M. le Président. J'aimerais commencer en remerciant toutes les
femmes pour le rôle fondamental qu'elles jouent au quotidien dans nos sociétés.
Pour célébrer cette
journée, j'ai eu le privilège, ce matin, de remettre huit médailles de l'Assemblée
nationale à huit femmes d'exception qui ont
su se démarquer : Mmes Heidi Rathjen, Coalition québécoise
pour le contrôle du tabac et cofondatrice de la Coalition pour le
contrôle des armes à feu; Me Kim Thomassin, associée, directrice du cabinet
McCarthy Tétrault; Mme Isabelle Hudon, Financière Sun Life; Mme Isabelle
Marcoux, présidente du conseil de Transcontinental;
Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de
Montréal; Stéphanie Trudeau, vice-présidente de Gaz Métropolitain; Sylvie Vachon, présidente-directrice générale
du portuaire de Montréal; et Daniele Henkel, qui est dans nos tribunes également,
femme d'affaires redoutable.
Ces femmes ont marqué et surtout démontré...
Le Vice-Président (M.
Ouimet) : En terminant.
M. Poëti : ...que rien ne pouvait empêcher leurs rêves, leurs plans et leur désir
de bâtir une carrière brillante bien à elles.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Je vous remercie...
M. Poëti : Elles sont toutes
un atout, un modèle...
Vice-Président (M. Ouimet) : ...M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
je dois vous interrompre. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Beauce-Nord pour sa déclaration.
Spénard : Merci, M. le Président. Le 22 février dernier, à la Citadelle de Québec,
le gendarme Paul-André Rodrigue, de
Beauceville, a reçu la Médaille de la bravoure des mains de Son Excellence le
gouverneur général David Johnston.
Membre de la
Gendarmerie royale, M. Rodrigue a reçu cette distinction pour ses actes de
courage en Haïti lors du terrible
tremblement de terre de janvier 2010. Alors qu'il participait à sa
deuxième mission de formation des policiers avec les Nations unies à Port-au-Prince, le Beauceron a risqué sa vie,
au mépris de son propre instinct de survie, pour sauver trois personnes des décombres dans les premiers
instants suivant le séisme. Pendant les trois longues semaines qui ont suivi, il a participé aux efforts de sauvetage et
d'aide humanitaire, et ce, même dans des zones considérées comme très à
risque.
C'est avec beaucoup
d'humilité que M. Rodrigue a accepté cet honneur. Le Beaucevillois a aussi été
décoré en janvier 2013 de la Citation
du commissaire pour bravoure. À mon tour maintenant à lui rendre
hommage pour son courage et son dévouement. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Beauce-Nord. Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Qui dit journée de ski dit détente après ski, et
quoi de mieux que de le faire dans
l'un des trois spas extérieurs de la Côte-de-Beaupré,
à proximité du fleuve ou dans les montagnes enneigées? À 20 minutes d'ici, vous trouverez quiétude
et ressourcement au Spa des neiges, situé à Sainte-Anne-de-Beaupré, à quelques
mètres des eaux glacées, avec vue sur l'île
d'Orléans, un endroit accessible pour toute la famille. Au retour d'une longue journée
de ski au Massif de Petite-Rivière-Saint-François, vous pourrez recharger vos
batteries à la Station Blü de Saint-Tite-des-Caps.
Lauréat du Grand Prix du design en 2011, ce lieu est reconnu à l'international
pour son design et pour ses installations exceptionnelles. Et enfin, après une
magnifique journée de ski, de raquette ou de «Fatbike», vous pourrez vous
prélasser au Nordique Spa Mont-Sainte-Anne de Saint-Ferréol-les-Neiges. Situé
en bordure d'un petit lac privé sur un terrain de plus de
300 000 pieds carrés, il se veut un spa intime et fort apprécié.
Voilà
d'autres raisons qui démontrent que la Côte-de-Beaupré est un incontournable
durant la saison hivernale. En espérant vous y croiser bientôt. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Mme la députée de
Taillon, à vous la parole.
Lamarre : Merci, M. le Président. En ce 8 mars 2016, je veux
rendre hommage au Centre des femmes de Longueuil,
actif chez nous depuis 1972. Sous le thème Appel à toutes pour se faire
entendre! , je veux faire entendre la détresse que ces femmes ont le
courage de dénoncer pour elles et pour beaucoup d'autres femmes.
Cette année,
150 nouvelles femmes ont frappé à la porte du centre, plutôt qu'environ 50
annuellement. Parmi elles, ce que certaines sont venues me dire hier
encore est troublant. Elles subissent déjà les répercussions des décisions du gouvernement quant aux coupures dans les services
publics, qui touchent malheureusement les plus démunis. Ces femmes vivent maintenant davantage d'angoisse et
d'insécurité : perte d'un emploi, manque d'accès aux soins pour elles ou
pour un proche et coupes en santé.
me fais la voix de ces femmes d'action et d'ambition qui disent non à ce qui
leur est imposé, je dis au gouvernement d'écouter les femmes, d'écouter
ces femmes, et je leur dis : Mesdames, je vous ai bien entendues et je
continuerai à parler pour vous.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Taillon. M. le député de Laval-des-Rapides, pour votre déclaration.
M. Polo : Merci beaucoup, M. le
Président. C'est avec immense plaisir que j'aimerais saluer aujourd'hui la présence à l'Assemblée nationale d'une cinquantaine
d'élèves du primaire et secondaire de la circonscription de
Laval-des-Rapides. C'est un honneur et un plaisir pour moi d'accueillir ici les
membres du Parlement étudiant du Mont-de-La Salle
et les élèves des écoles primaires Saint-Gilles, Saint-Julien,
Sainte-Marguerite et Simon-Vanier. Cette visite s'inscrit, M. le Président, dans notre volonté de nous rendre
plus accessibles auprès de nos
concitoyens, mais elle s'inscrit également
dans notre volonté de renforcer les liens qui les unissent aux différentes institutions démocratiques, et l'Assemblée nationale est le symbole de la
démocratie par excellence au Québec.
M. le Président, ce que nous souhaitons par cette initiative, c'est également
encourager ces jeunes, qui représentent l'avenir de notre société, à
s'impliquer dans les différents enjeux qui les influencent et qu'ils
influencent.
J'aimerais également souhaiter la bienvenue à
leurs accompagnateurs, Mme Caroline Hétu, de la commission scolaire
de Laval, et M. Dominique Mac Conaill, de l'école secondaire
Mont-de-La Salle, ainsi qu'aux parents ici présents. Merci beaucoup,
M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Laval-des-Rapides. M. le
député de Groulx,
à vous la parole.
Surprenant : Merci, M. le Président. J'aimerais, aujourd'hui, profiter de cette
journée importante, la Journée internationale
de la femme, pour souligner le travail de deux femmes d'exception de ma circonscription, qui rayonnent et se
démarquent par leur implication soutenue, entrepreneuriale, et fort appréciée
par le milieu socioéconomique de notre MRC.
Je pense spécifiquement aux créatrices d'emplois que sont Mmes Mona Beaulieu et
France Sylvain. Mme Beaulieu est directrice générale du Fonds
communautaire d'accès au microcrédit, organisme qui a pour mission de développer
le potentiel entrepreneurial des personnes à faibles revenus et exclues des
réseaux traditionnels de financement. Et Mme
Sylvain est directrice générale de la Société de développement
économique
Thérèse-De Blainville, dont la mission est de promouvoir et
supporter le développement économique de la MRC.
Mmes Mona
Beaulieu et France Sylvain font
partie des forces vives de notre communauté,
elles en sont une fierté, M. le
Président. Je leur témoigne donc
notre appréciation et souligne leur succès en leur souhaitant une
excellente Journée internationale de la femme. Bravo à vous deux!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le député de
Groulx. M. le député de Sainte-Rose, à vous la parole.
M. Habel : Merci, M. le Président.
C'est avec fierté que je suis ici pour féliciter des étudiantes de l'école
Curé-Antoine-Labelle. Une vingtaine de jeunes ont participé au projet Soupe
populaire. Mis sur pied par un comité d'étudiants, cet événement a eu pour but
de nourrir une centaine de bénévoles dans le besoin le 29 février dernier.
Krystel, Laurence, Samantha ont été
responsables du projet et sont venues me rencontrer pour me parler de cette
belle initiative. Je suis heureux d'y
avoir participé à leurs côtés, M. le
Président. Dès 5 heures du
matin, ces jeunes ont mis la main à
la pâte pour cuisiner un repas complet. Krystel a mené les opérations en
cuisine de main de maître, elle mérite une mention spéciale :
cuisiner 100 repas, c'est un exploit.
Je tiens à
remercier aussi M. Christian Roy, Mme Fadila Ait Hamouda ainsi que Mme Liette
Massé, présidente de la Soupière
Sainte-Rose, et ses bénévoles pour leur dévouement auprès des jeunes et de la
clientèle dans le besoin. Je suis très fier de vous, votre altruisme est
un exemple à suivre. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Charlesbourg... M.
le député de Sainte-Rose. Enfin, M. le député de Charlesbourg, pour votre déclaration.
Blais : Merci, M. le Président. En cette Journée internationale des femmes,
c'est avec plaisir que je souligne le 50e anniversaire de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale, l'AFEAS, un réseau de femmes
influentes regroupant des milliers de
membres à travers la province, des Québécoises qui prennent la parole et qui agissent dans
leur milieu.
J'aimerais
saluer les membres de l'AFEAS local de Charlesbourg présentes cet après-midi et leur souhaiter
la bienvenue à l'Assemblée nationale. Elles sont accompagnées de Mme Lorraine
Couture, présidente de l'AFEAS régionale Chaudière-Appalaches.
Ces femmes
d'action s'investissent dans plusieurs dossiers sociaux importants.
Elles sont, par exemple, les instigatrices de la Journée nationale
du travail invisible, qui se tiendra le 5 avril prochain. Les membres
organisent régulièrement des activités leur permettant d'initier débats et
réflexions sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
Enfin,
l'AFEAS de Charlesbourg aura le plaisir d'accueillir le choeur des Filles
du roy le 15 mars prochain à la salle
de la cité de Charlesbourg pour souligner la Journée internationale des femmes. Je vous félicite pour ce que vous faites et je
souhaite longue vie à l'AFEAS!
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Charlesbourg.
Voilà qui met
un terme à la rubrique Déclarations
de députés. Je suspends les travaux
de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 52)
Président : Mmes, MM. les députés, nous allons prendre quelques instants pour nous
recueillir, peut-être avoir
une pensée pour un humaniste tout à
fait exceptionnel qui est disparu la semaine dernière au Québec; je pense au père Benoît Lacroix, à sa famille puis
aux gens de Saint-Michel-de-Bellechasse qui l'ont connu, d'où il vient.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Ne soyez pas trop surpris de mon timbre de voix.
J'ai passé la semaine à l'hôpital et j'ai eu une intervention chirurgicale jeudi dernier. Ils m'ont passé toutes
sortes de choses par le larynx et l'oesophage, alors ça a irrité un peu et ça
irrite encore.
Normalement, on devrait avoir dans nos tribunes...
Oui, je le vois arriver. Alors, j'ai le plaisir de souligner la présence dans nos tribunes du consul général de la
République populaire de Chine à Montréal, le nouveau consul, M. Peng Jingtao, à l'occasion
de sa visite de prise de poste. M. Jingtao.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
M. le Président, il me fait plaisir de déposer aujourd'hui la nouvelle
politique québécoise en matière d'immigration,
de participation et d'inclusion et sa stratégie d'action 2016‑2021 intitulée Ensemble,
nous sommes le Québec .
Le Président : Ce document
est déposé. M. le ministre de la Culture.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui. Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer
les rapports annuels 2014‑2015 des
sociétés suivantes : la Société de la Place des Arts de Montréal, Société
de télédiffusion du Québec, le Grand Théâtre de Québec, de même que les rapports annuels 2014‑2015,
incluant les états financiers, du musée et de la Fondation du Musée des
beaux-arts de Montréal.
Président : D'ailleurs, sa directrice générale est avec nous,
si je me souviens bien. Je l'ai vue tout à l'heure.
Alors, ce document est déposé. M. le leader du
gouvernement.
Fournier : Merci, M. le Président. Je dépose les réponses du
gouvernement aux pétitions présentées par la députée de Pointe-aux-Trembles le 18 novembre et le
2 décembre, par le député de Richelieu le 26 novembre, par les
députés de Borduas et de Vachon le 3 décembre 2015, par le
député de D'Arcy-McGee le 10 février 2016.
Je dépose
également les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le
10 février par les députés de Borduas et de Nicolet-Bécancour et le
11 février 2016 par les députés de Chambly et de Repentigny.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma part,
je dépose la lettre de démission de Mme Hélène Simard, en date du
28 février 2016, en tant que membre de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse du Québec.
J'ai reçu
préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain, aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition, conformément à
l'article 97.1 de notre règlement. Je dépose le texte de ce préavis.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'aménagement du territoire et député de Champlain.
M. Auger : M. le Président, je
dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du territoire qui, les 23
et 25 février ainsi que le 8 mars 2016, a tenu des auditions
publiques dans le cadre de consultations particulières sur le projet de loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions
législatives en matière municipale concernant notamment le financement
politique.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Jean-Lesage.
M. Drolet :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 2 949 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'industrie québécoise du taxi représente plus de 1,4 milliard de
dollars d'investissements, plus de
500 millions de dollars d'activité économique à chaque année et plus de
22 000 emplois dans toutes les régions du Québec;
«Considérant
que cette industrie est encadrée de façon à assurer la sécurité des passagers
ainsi que l'équilibre entre l'offre et la rentabilité des entreprises;
«Considérant
que cette industrie est en pleine phase de modernisation, notamment sur le plan
des applications mobiles, des modes de paiement et de l'utilisation de
technologies vertes;
«Considérant
que, depuis plus d'un an, l'entreprise Uber et ses chauffeurs offrent des
services de transport par taxi
considérés comme étant illégaux par de nombreux intervenants, au péril du
gagne-pain de milliers de travailleurs;
«Considérant que les
activités de cette entreprise encourageraient l'évasion fiscale;
«Considérant que les activités de cette
entreprise encourageraient d'autres transporteurs à offrir leurs services
illégalement;
«Considérant
que cette concurrence, qualifiée par plusieurs de déloyale à l'endroit de
l'industrie du taxi, a des effets négatifs sur l'économie, sur les
finances publiques et sur [les sécurités] des passagers;
«Considérant que, malgré les efforts de contrôle des autorités
gouvernementales, le phénomène du transport illégal continue de prendre
de l'ampleur au Québec;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, [citoyens du Québec], demandons à l'Assemblée nationale
d'adopter des mesures législatives renforçant
les sanctions à l'endroit des entreprises et des personnes qui offrent, réalisent ou
encouragent le transport illégal de personnes, incluant la suspension du
permis de conduire, afin que les mêmes lois s'appliquent à tous.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question
de droit ou de privilège.
Je vous
rappellerai que, jeudi dernier, je vous avais signalé que je ferais une déclaration aujourd'hui, compte
tenu des événements que nous avons
connus jeudi, il y a maintenant 10 jours, sur l'interdiction d'applaudir, des
propos non parlementaires, des paroles interdites lors de la période des
questions et de réponses orales.
Avant de
poursuivre nos travaux, j'aimerais revenir sur les événements survenus, lors de
la période de questions et de réponses orales du jeudi 25 février 2016, qui m'avaient
amené à suspendre nos travaux. Lors de cette période de questions et de
réponses orales, le leader de l'opposition officielle a posé une question concernant un député
membre du groupe parlementaire
formant le gouvernement. À la suite
de la réponse du leader du
gouvernement à la deuxième question complémentaire à ce sujet,
plusieurs députés du groupe parlementaire formant le gouvernement se sont levés
et ont applaudi. Or, depuis l'automne
dernier, le quatrième alinéa de l'article 32 de notre règlement prévoit
que, et je cite : «Pendant la durée de la période de
questions, [les députés] doivent aussi s'abstenir d'applaudir.» Fin de la
citation.
Cette nouvelle règle de procédure a été
introduite le 15 septembre 2015, à la suite de l'adoption d'une motion
présentée conjointement par le leader de l'opposition officielle, le troisième
vice-président de l'Assemblée et député d'Abitibi-Ouest,
le leader du gouvernement, le leader du deuxième groupe d'opposition, la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et la députée d'Arthabaska.
Cette motion se lit comme suit, et je
cite :
«Que
l'Assemblée nationale mette fin aux applaudissements lors de la période de
questions et [de] réponses orales de toute séance, et ce, dès
aujourd'hui, le 15 septembre 2015;
«Qu'elle
demande au président de l'Assemblée nationale de débuter la suite de la période
des affaires courantes de toute séance 15 minutes après le début de la
rubrique des déclarations de députés, et ce, sans exception;
«Que le
règlement de l'Assemblée nationale soit modifié avant le 8 octobre 2015
pour tenir compte de l'adoption de cette motion;
«Enfin,
qu'elle demande au président de l'Assemblée nationale de donner suite à la
lettre du leader du deuxième groupe
d'opposition en date du 31 août 2015 et de convier le Comité de réflexion
visant à améliorer le fonctionnement de l'Assemblée nationale dans les
plus brefs délais.»
Après les
interventions de ses auteurs confirmant l'importance qu'ils accordent à cette
nouvelle règle, la motion a été adoptée à l'unanimité par les 116
députés alors présents. Le règlement a par la suite été modifié en conséquence
le 7 octobre 2015. Voilà pour la genèse de cette nouvelle règle de procédure.
Je reviens donc à la séance du 25 février
dernier. Lors de la reprise des travaux, à la suite de la suspension,
les trois leaders parlementaires ont réitéré l'importance de respecter la règle qui interdit les
applaudissements. Le leader du gouvernement a aussi insisté sur l'importance de respecter l'article 35 du règlement,
qui traite des paroles interdites et des propos non parlementaires.
Je suis entièrement d'accord avec le respect de ces deux règles de procédure. Il n'y a
toutefois pas de lien de cause à effet entre le respect de celles-ci et il y a
une certaine nuance à faire quant à leur application. De fait, l'application de la règle interdisant les
applaudissements relève d'un constat factuel plutôt que d'une
interprétation de la présidence. Le seul
rôle de la présidence est de constater s'il
y a eu ou non des applaudissements.
Or, le 25 février, ce constat a été fait sans aucune ambiguïté. Et, puisque les applaudissements sont maintenant
interdits durant la période de questions, et ce, sans
aucune exception, la présidence n'avait pas à se questionner sur les motifs qui
ont donné lieu à ces applaudissements.
Par contre,
par contre, la règle relative aux paroles interdites et aux
propos non parlementaires, prévue à l'article 35, en est une qui nécessite certaines nuances dans
son application. En
d'autres mots, c'est une règle dont l'application relève davantage d'une interprétation de la présidence. Contrairement à l'application de la règle relative aux applaudissements, la présidence ne peut pas juste constater; elle doit
aussi analyser. Certes, nous avons une liste de propos non parlementaires, et celle-ci peut servir de
guide à la présidence lorsqu'elle doit appliquer l'article 35. Cela dit,
en cette matière, rien n'est absolu,
et le jugement de la présidence dépend de la nature des propos et surtout du
contexte dans lequel ils sont prononcés.
L'article 35
est l'article qui, en
quelque sorte, constitue le coeur
même de nos débats parlementaires, puisqu'il
vient tracer les contours des interventions
des députés. Cet
article prévoit
notamment que le député qui a la parole ne peut attaquer la conduite d'un député si ce n'est par une motion mettant sa
conduite en question, ou imputer des motifs indignes à un député, ou encore refuser d'accepter sa parole.
L'application sensible et équilibrée de cet
article est capitale dans le
cadre de nos travaux, puisqu'il vient
encadrer l'exercice du privilège parlementaire constitutionnel de la liberté de
parole des députés. On sait que ce
privilège est l'outil le plus fondamental du député dans l'exercice de ses
fonctions parlementaires. Il est,
d'une certaine manière, un rempart important à la sauvegarde d'une société
démocratique comme la nôtre. Puisque ce privilège a une portée presque
absolue, il ne doit pas être exercé de n'importe quelle manière. C'est pourquoi
les assemblées législatives viennent, en
quelque sorte, baliser son application, comme cela a été fait par l'Assemblée,
ici, à l'article 35 du règlement.
Il revient
donc à la présidence, d'une façon quasi chirurgicale, de trouver une voie de
passage afin de permettre un débat
démocratique à la fois vigoureux et sain. Il est certain qu'un Parlement n'est
pas un salon de thé et que le niveau de tolérance de ses membres à subir la
critique et la pression doit être élevé. Cela dit, il y a des débats qui
peuvent devenir plus émotifs que
d'autres, notamment lorsque des individus sont concernés. Rappelons que l'Assemblée nationale est un
regroupement de 125 élus qui, malgré la particularité de leur travail, ne
sont certes pas dépourvus d'humanité.
Le jeudi
25 février dernier, les applaudissements qui ont donné lieu à la
suspension des travaux faisaient suite à la réponse du leader du gouvernement à une question du leader de l'opposition officielle
concernant un député du groupe parlementaire formant le gouvernement. Le même sujet
avait également été abordé la veille par le leader de l'opposition officielle, lors de la période
de questions du 24 février. À la suite de la question principale du 24 février,
j'ai fait la mise en garde suivante,
et je cite : «M. le leader, juste une réflexion pour tenter d'éviter de
mettre la conduite d'un député en question, ce que
vous n'avez pas fait, mais juste faire attention à ça.» Fin de la citation. À
la suite de la mise en garde que j'ai faite, les échanges ont eu lieu. Le sujet a été abordé de nouveau lors de la
période de questions du lendemain, et aucune question de règlement n'a alors été soulevée en vertu de
l'article 35.
Je ne suis
pas en train de vous dire qu'une question
de règlement doit être soulevée par
un député pour que des propos soient
jugés interdits ou non parlementaires, la présidence ayant toujours
le devoir de faire respecter le règlement. D'ailleurs, dans les
circonstances de la présente affaire, j'ai décidé de faire une mise en garde.
En effet, il n'est pas interdit de questionner le gouvernement à propos
d'un député. Ce qui est interdit, c'est d'attaquer la conduite d'un député.
Je n'entends
pas aujourd'hui faire la morale à qui que ce soit ni donner de
leçons. J'entends plutôt trouver une manière de vous tendre la main pour
améliorer le fonctionnement de notre Assemblée.
Lors des
discussions ayant précédé les modifications de notre règlement l'automne
dernier, l'objectif clair était d'améliorer
le décorum par deux mesures précises, soit que nous commencions nos travaux à
l'heure prévue et que nous cessions
d'applaudir lors de la période de
questions et de réponses orales. Le
règlement a par la suite été modifié en ce sens à l'unanimité des membres de cette Assemblée, et la
volonté alors affirmée était sans équivoque. Depuis ce jour, à
titre de
président, je fais tout mon possible non seulement pour qu'il n'y ait pas
d'applaudissements, mais également, également pour éviter qu'on les remplace
par toute autre forme de manifestation, les bravos, les ci, les ça.
Il importe également d'affirmer qu'il ne
faudrait pas que la transgression de la règle interdisant d'applaudir devienne un outil politique dont on se sert de temps à autre pour mettre l'accent sur
l'importance que représente pour un groupe
de députés un sujet abordé lors de la période de questions. Ce serait, vous en
conviendrez, passer totalement à côté des objectifs que nous voulions
L'intervention
des leaders à la suite de la suspension du 25 février me porte à croire
que personne ne remet en question
l'interdiction des applaudissements lors de la période de questions et de
réponses orales. C'est pourquoi je compte sur votre collaboration et sur votre sens de l'engagement pour m'aider à
faire respecter cette règle. J'en appelle également à votre collaboration pour que les paroles
prononcées en cette Chambre soient conformes aux prescriptions de
l'article 35 de notre règlement
afin que nos débats se déroulent dans le respect. C'est de cette manière que nous atteindrons notre objectif d'améliorer
notre décorum et nous projetterons ainsi une meilleure image de notre
institution. Je vous remercie. Est-ce qu'il y a des commentaires? M. le
leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, on accueille votre
décision. Pour ma part, je tiens à réitérer les propos que j'ai tenus lorsque l'incident est survenu, c'est-à-dire que, pour
nous, le respect du règlement, il est incontournable, et, dans notre esprit, nous avons respecté le règlement, nous
respectons le règlement et nous allons continuer à respecter le règlement,
y compris celui sur les applaudissements.
Je note dans votre décision qu'effectivement
vous établissez clairement les faits, ce qui s'est produit. Il y a eu transgression, effectivement, de notre
règlement sur les applaudissements. Vous avez raison de noter notre intention,
notre volonté de continuer à
respecter ce règlement que nous avons voulu pour les raisons que vous avez invoquées,
notamment parce que
les citoyens souhaitent que nous ayons des échanges plus respectueux, plus
respectueux notamment du décorum.
Et je termine
cette brève intervention, M. le
Président, en vous réitérant qu'à notre avis les questions que nous avons
posées, nous les avons posées d'une façon qui était légitime, qui était
respectueuse du règlement, qui était respectueuse du règlement, et nous pensons que, ces
questions-là, M. le Président, il
faut continuer à les poser, et nous
avons l'intention de continuer à les poser, toujours, toujours dans le
respect du règlement. Merci, M. le Président.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je ne pensais pas me lever, M. le Président, mais
les derniers propos de mon collègue me forcent à le faire. D'abord, pour vous rappeler à vous-même certains articles du
règlement. J'en profite pour alerter mon collègue de ces articles. Vous nous tendez la main pour que
nous appliquions le règlement. Comptez sur moi pour vous aider aussi à
l'appliquer, M. le Président.
J'ai
déjà dit qu'effectivement nous souhaitons que la règle qui prohibe les
applaudissements durant la période de
questions demeure. De la même façon,
nous souhaitons que les autres dispositions du règlement puissent aussi être
appliquées. Je comprends qu'il y a une différence que vous
faites entre l'observation factuelle et l'interprétation, quoique je ne vois
pas, dans le règlement, une telle règle d'interprétation. Mais, ceci étant,
j'ai noté quand même, dans votre décision, cette nuance.
L'article 35 :
«Le député qui a la parole ne peut :
parler d'une affaire qui [...] fait l'objet d'une enquête, si les paroles
prononcées peuvent porter préjudice à qui que ce soit...»
«Le député qui a la
parole ne peut :
«5° attaquer la
conduite d'un député[...];
«7° se servir d'un
langage [...] blessant à l'adresse de qui que ce soit...»
l'article 77, M.
le Président, on rappelle que «les questions
ne peuvent [...] être fondées sur des suppositions». Sachez qu'en toute occasion lorsque
des questions du même genre... puisque notre collègue dit qu'il va
réitérer le genre de questions
qui s'appuient sur des suppositions qui sont blessantes, qui attaquent la
conduite d'un député et qui, en plus, parlent d'une affaire dont il dit
lui-même qui est en enquête, nous allons le relever. Et sans doute que j'aurai
aussi l'occasion de vous parler alors du code d'éthique qui nous rappelle que
nous devons respect envers les membres de l'Assemblée. Je pense qu'au-delà des applaudissements
cela, M. le Président, devrait nous occuper tous, vous inclus.
Président : Alors, comme je l'ai dit plus tôt dans ma
déclaration, je vais faire évidemment respecter le règlement, tant celui qui concerne les
applaudissements que l'article
35. Et, bien sûr, vous l'avez signalé vous-même, l'un mérite plus que... un est plus
difficile à analyser et à interpréter que l'autre. Voilà.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef de
l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Hier soir, comme tout le monde le
sait, s'est ouvert, hier à Lévis, les premières audiences du BAPE concernant le projet Énergie Est.
Malgré les démarches
judiciaires entamées par le gouvernement, la compagnie s'est présentée en invoquant uniquement les lois fédérales.
D'aucune façon il ne fut question de l'application des lois du Québec. Alors, il ne faut probablement
pas s'en étonner puisque l'attitude de l'entreprise est essentiellement soutenue par sa prétention qu'elle a obtenu une
entente avec le gouvernement. Dans le fond, c'est un BAPE de façade pour sauver les apparences. C'est donc sans avis
de projet, sans étude d'impact que les travaux du BAPE ont commencé. Ce
n'est pas un vrai BAPE.
Alors,
j'aimerais donc que le premier ministre puisse clarifier la situation, lui qui,
d'une part, a entamé des poursuites en injonction et, d'autre part,
accepte que ce BAPE se tienne en dehors des exigences fixées par la loi.
Alors,
est-ce que le premier ministre va faire respecter les lois du Québec ou encore
va-t-il une fois de plus baisser les bras et uniquement s'assujettir aux
lois fédérales et à l'Office national de l'énergie?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je suis un peu surpris de la question
de mon collègue, non pas que le sujet ne soit pas d'intérêt public, il l'est certainement, mais il doit
être au courant que nous sommes devant les tribunaux actuellement pour justement faire appliquer
les lois du Québec, dont la nécessité de déposer un avis de projet, de faire
une étude d'impact et de procéder à des
études beaucoup plus larges que celles que nous faisons actuellement, qui, il faut le rappeler... Et
je vois le député de Jonquière, mon collègue, qui demandait qu'on fasse au moins un
BAPE 6.3, un BAPE générique, pour
au moins qu'on ait quelque chose pour présenter l'opinion du gouvernement du Québec à l'Office
national de l'énergie. Donc, ce n'est pas tout à fait la situation que lui-même
a décrite.
Maintenant,
je voudrais l'amener également à plus de constance dans ses prises de position à
lui sur cette question parce
qu'on entend parfois qu'il est pour ou contre, mais ce n'est pas définitif. Il
est question de Quick aux fraises, bien sûr, mais ça, c'est difficile de relier ça au débat de fond sur le sujet qui
nous intéresse aujourd'hui. Mais je ne sais toujours pas, et personne ne sait, M. le Président, quelle
est la position du chef de l'opposition officielle sur ce projet. Je pense
qu'il essaie de conserver une possibilité de
sortie de tous les côtés, alors que plusieurs membres de son caucus ont exprimé
clairement, Quick aux fraises ou pas, une opposition complète au projet.
Alors, ce que je vais lui dire, c'est que nous
allons continuer la formule actuelle qui fait l'objet d'audiences publiques,
que je souhaite pacifiques et respectueuses, en passant, mais que nous
continuons également de demander, comme nous
le faisons depuis 2014, à l'entreprise de respecter les lois du Québec, de
présenter un projet avec une étude d'impact, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Est-ce qu'un avis de projet a été
déposé par l'entreprise? La réponse est non. Est-ce que des études
d'impact ont été produites par l'entreprise? La réponse est non. Est-ce que ce
BAPE doit déboucher sur des autorisations gouvernementales? La réponse est non.
Le premier ministre, en laissant ce BAPE se dérouler, nuit à sa propre cause.
Alors,
pourquoi le premier ministre n'exige pas que l'entreprise respecte les lois du
Québec et que nous ayons droit à un véritable BAPE?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je suis quand même déçu un peu, parce que le collègue
doit bien se rendre compte, en y pensant bien, qu'il faudrait au moins que nous ayons un rapport du BAPE pour
nous présenter devant l'Office
national de l'énergie. D'ailleurs,
c'est ce que son collègue de Jonquière avait très
bien compris à l'époque et c'est ce
que Steven Guilbeault a dit lui-même
ce matin. Je le cite : Je ne pense pas que c'est un exercice qui est
futile, bien au contraire. On sait qu'il s'agit du codirecteur
d'Équiterre, qui, certainement, a une voix sur la question qui mérite d'être
entendue.
Mais
je vais répéter, M. le Président, ce que j'ai dit à mon collègue
il y a quelques instants. Depuis 2014, nous avons demandé par écrit à l'entreprise de déposer un avis de projet pour donner suite à
un ordre de notre part de procéder à
une étude d'impact. Jusqu'à maintenant, nous n'avons eu aucune réponse de l'entreprise, ce que je trouve très regrettable.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Nous avons donc décidé de faire appel aux tribunaux pour assumer
pleinement notre juridiction.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Avec ce qui s'est passé hier soir, la preuve est
faite que c'est un exercice de
relations publiques de la part du gouvernement et de TransCanada : pas de plan de mesures
d'urgence, pas d'avis de projet, pas d'étude d'impact.
Alors,
pourquoi le premier
ministre n'exige pas un véritable
BAPE afin que tous les Québécois et les Québécoises soient éclairés à propos de ce projet?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Donc, il est d'accord, M. le
Président, avec notre décision de
déposer une injonction? Quand il dit «exiger»,
je ne connais pas de façon plus efficace d'exiger que de déposer une demande
d'injonction devant les tribunaux. Bien sûr, le tribunal se prononcera
sur la question.
Mais
je vais revenir sur l'inconstance, du moins perçue, de ses positions sur la
question. Ce n'était pas plus tard qu'hier, je crois, dans Le Journal
de Montréal : «Le Parti québécois est contre le projet.» Je cite le
collègue : «Est-ce qu'il [sera] contre dans 10, 15 ans? Savez-vous à
combien sera le prix du pétrole dans 15 ans? Moi, je ne le sais pas.»
Donc, on comprend que, pour le Parti québécois, c'est le prix du pétrole qui va
déterminer qu'on est pour ou contre TransCanada Est. Alors, il faudrait peut-être
démontrer un peu plus de cohérence et de constance dans les opinions.
Ceci dit, je crois
que notre...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...gouvernement a pris la
bonne décision, soutenue et demandée par son parti politique, et nous
allons continuer, M. le Président.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. J'ai une autre question assez
simple à poser au premier ministre. Il avait promis sept conditions pour
autoriser le projet Énergie Est.
Est-ce que le
premier ministre peut nous dire actuellement si la compagnie a rencontré les exigences posées par son gouvernement?
Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je remercie encore une
fois le collègue de rappeler la
démarche très responsable et ordonnée qu'on
a prise dans cette question-là en demandant, de concert avec l'Ontario,
je pense qu'il faut le souligner... qui, en passant, il n'y a
pas plus tard qu'il y a quelques jours, à Vancouver, était la seule parmi
les deux partis d'opposition à défendre les intérêts économiques du Québec sur le dossier de Bombardier. Incroyable, il
fallait y être pour le croire, M. le
Président.
Alors,
effectivement, on a déposé sept conditions, pas eu de réponse
de l'entreprise. Alors, quand le gouvernement du Québec va se présenter devant l'Office national de
l'énergie, il va, d'une part, déposer et commenter le rapport du BAPE et, d'autre
part, commenter les réponses ou
l'absence de réponse de l'entreprise sur les sept éléments que le collègue a
mentionnés.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : La semaine dernière, la Procureur général a
provoqué la consternation générale, y compris même auprès du premier
ministre, en réitérant la position qu'elle a défendue devant les tribunaux, à
savoir qu'un mariage religieux peut être
dépourvu d'effet civil, ouvrant ainsi carrément la porte à l'absence de
protection des époux et des épouses, bien
sûr, voire à l'instauration d'un
régime religieux parallèle. Bien que la ministre ait tenté de
s'expliquer en invoquant la notion
aussi inusitée qu'inconnue en droit d'union spirituelle, c'est bel et bien de
mariage dont il est question dans le jugement.
Je réfère au paragraphe 10° :
«La Procureur général du Québec et madame[...]. [...]sont d'avis que les ministres du culte peuvent célébrer des mariages à
portée uniquement religieuse.»
Devant
les risques immenses qui sont associés à cette position, défendue pas par un
quidam, par la Procureur général elle-même,
est-ce qu'elle peut faire la seule chose qui s'impose et
indiquer qu'elle va changer sa position en Cour d'appel?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, dans un premier temps, je
pense qu'il est encore utile de rappeler à nos collègues l'article 35 de notre règlement. Le dossier dont
parle la collègue a fait l'objet d'un appel. Il est actuellement pendant. Nous
avons une obligation ici, dans cette
Assemblée, de respecter cet article, de respecter les dossiers qui sont devant
les tribunaux.
J'aimerais également,
M. le Président, rappeler à ma collègue l'article 18 de notre code de
déontologie des avocats : «L'avocat ne
doit pas faire de déclarations publiques ni communiquer des renseignements aux
médias au sujet d'une affaire pendante devant un tribunal s'il sait ou devrait
savoir que ces renseignements ou ces déclarations risquent de porter
atteinte à l'autorité d'un tribunal ou au droit d'une
partie à un procès ou à
une audition équitables.»
le Président, dans le dossier qui nous occupe, nous avons défendu et
continuerons de défendre la constitutionnalité des articles de notre Code civil. C'est ce que nous ferons. Quant au
fond du dossier, M. le Président, vous comprendrez que je ne commenterai
pas...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...un dossier qui fait l'objet d'un appel.
Le Président :
Mme la députée de Joliette, en complémentaire.
Hivon : C'est bien commode, soudainement, de se réfugier
derrière un devoir de réserve, alors qu'elle a donné des entrevues la semaine dernière, alors que le premier ministre
lui-même a commenté et que toute la communauté juridique a commenté.
Alors, je répète ma question : Est-ce que la
Procureur général va plaider de nouveau devant la Cour d'appel qu'un
mariage religieux peut ne pas faire l'objet d'une déclaration à l'état civil,
ne pas provoquer d'effet, ou, au contraire, va-t-elle prendre ses
responsabilités, plaider l'intégralité du respect de notre Code civil?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président,
je tiens à rassurer ma collègue, le Code civil et les dispositions du Code
civil continueront d'être défendus dans le
dossier, et, pour ce qui est des mariages, je pense qu'il est très clair... Les
dispositions du
Code civil sont claires : au Québec, le mariage se célèbre de deux façons,
une façon civile, purement civile, ou un mariage qui est célébré par un célébrant autorisé dans le cadre d'une cérémonie
religieuse qui comporte évidemment les aspects civils prévus au code, à notre code. Les dispositions qui encadrent les
formalités du mariage sont claires, et nous continuerons de les
défendre.
Le Président :
En terminant. Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Écoutez, je veux juste lire l'article 55 du jugement :
Procureur général du Québec et madame soutiennent plutôt qu'un ministre du
culte peut célébrer un mariage religieux
conforme à sa foi, sans [...] que ce mariage ait des conséquences civiles. Dans
ce cas, bien que les époux soient mariés religieusement, les autorités
civiles ne leur reconnaissent tout simplement pas le statut de gens mariés.»
C'est
ça qui a suscité toute la consternation. C'est ça qu'on veut savoir
aujourd'hui : Dans le mémoire qu'elle va déposer dans les jours qui viennent, est-ce qu'elle va plaider ça à nouveau
ou elle va plaider le respect de l'institution du mariage?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, nous défendons les dispositions de notre Code civil, nous
allons défendre la constitutionnalité des articles de notre Code civil. Les
mariages célébrés suivant les dispositions de notre Code civil emportent des
obligations et des droits pour les parties qui contractent un mariage. Toute
autre forme de célébration n'engendre pas
les parties... qui seront régies par les règles de l'union de fait. Mais le
mariage suivant les dispositions du Code civil continuera d'être défendu
devant les tribunaux. Mais je n'entrerai pas et...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...je ne commenterai pas les passages que ma collègue a cités.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
M. le Président, dans le dossier du financement à l'activité, le ministre de la
Santé a plaidé l'urgence pour donner un
contrat de 64 millions de dollars sans appel d'offres à la compagnie
Logibec. On n'a pas tous la même
définition d'urgence. En santé, une urgence, c'est des listes d'attente de plus
de 1 000 personnes en santé mentale, c'est des parents qui attendent 16 heures à l'hôpital avec leurs
enfants malades, c'est des personnes âgées qui attendent en souffrance du soutien à domicile. En santé, une
urgence, ce n'est pas de faire une évaluation administrative des coûts
du réseau.
plus, un réel appel d'offres public génère une saine concurrence sur les coûts.
Le ministre a justifié un simple avis
d'intention plutôt qu'un vrai appel d'offres public en affirmant qu'aucune
autre entreprise que Logibec ne serait en mesure de livrer de toute façon. Il a d'ailleurs défié toute autre
compagnie à se manifester. Or, il appert que deux autres compagnies se
sont manifestées.
Est-ce que les deux
autres entreprises ont soumissionné en dessous de 64 millions? À quel
montant ont-elles soumissionné?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Bien, M. le Président, c'est assez difficile d'avoir un débat ici, en Chambre, quand
l'intervention de la députée de Taillon est si pleine de faussetés, M.
le Président. M. le Président...
Le Président :
Monsieur...
Le Président :
S'il vous plaît! Monsieur...
Le Président :
Oui, c'est ça. Bien, voilà.
Barrette : ...à la recommandation de mes collègues. Alors, M.
le Président, la députée
de Taillon affirme en
cette Chambre qu'il y a un contrat de... qui a été donné, octroyé sans
appel d'offres. Il est où, le contrat? Il
n'y a pas de contrat qui a été octroyé sans appel d'offres, M. le Président, il n'y a pas de contrat donné tout court. Alors, on fait
un débat ici, on se lève en Chambre
et on insinue que les règles n'ont pas été respectées. Or, ce n'est pas le cas.
Je le répète, il n'y a pas de contrat d'octroyé.
Il y a par contre,
effectivement, un avis d'intention, c'est vrai. Un avis
d'intention, ce n'est pas un contrat et c'est un exercice qui permet de dire au marché, M. le Président : Voici
ce que nous voulons faire, et nous ne voulons pas le faire dans 10 ans pour le bénéfice des citoyens.
Si vous êtes intéressés et capables de livrer la marchandise, présentez-vous,
il y aura une analyse.
Le Président : En terminant.
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Notre système de santé est public, pas privé. Puisqu'il y a maintenant d'autres
candidatures, le ministre
doit lancer un appel d'offres public. Est-ce
que les deux autres entreprises
qui ont soumis des propositions sont en dessous des 64 millions
offerts à Logibec? À quel montant ont-elles soumissionné? S'il vous plaît, une
réponse, M. le ministre.
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, comment puis-je répondre à une question hypothétique? Il n'y a
pas eu de contrat octroyé, il n'y a pas eu, donc, de soumission. Me
demander quelle est la soumission amène à une réponse caduque.
Ce qui a été
convenu, M. le Président... Et j'invite la députée de Taillon
ainsi que tous les parlementaires à aller sur
le site Internet public où sont publiés ces avis d'intention là, où sont
décrits nos intentions, la portée du projet et ce qu'il faut faire pour éventuellement participer à la chose, la chose qui sera conclue à la suite de
l'analyse faite par une organisation indépendante qui est la GACEQ, M.
le Président. Alors...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Les Québécois
ont déjà payé très cher pour le gouffre sans fin du DSQ. Ils sont en droit
d'exiger que les prochains contrats
soient rigoureux. Est-ce qu'il y a bien d'autres entreprises qui ont soumis des
propositions? Et est-ce qu'elles sont en dessous du 64 millions?
Sinon, à quel montant ont-elles soumissionné?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, j'entends le leader de l'opposition
officielle dire : Parfait. Je ne
sais pas qu'est-ce qui est parfait dans la question, il n'y a pas
d'appel d'offres, il n'y a pas de soumission, il y a une procédure qui va faire
en sorte qu'il y aura ou non appel d'offres
dépendamment de ce que les compagnies auront présenté comme capacité de livrer la marchandise, M. le Président. Alors,
c'est tout. Alors, laissons la procédure suivre son cours, procédure qui est
parfaitement transparente, M. le Président, et qui va nous amener, sur une base
rationnelle, à prendre la décision ou non
d'aller en appel d'offres. Et là, croyez-le ou non, M. le Président, s'il y a
un appel d'offres, il y aura des soumissions avec des chiffres publics.
Le Président : En terminant.
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, depuis son arrivée au pouvoir il y a 23 mois, le premier
ministre a augmenté les impôts, les
taxes, les tarifs des Québécois en moyenne de 1 500 $ par famille.
Or, il y a un groupe, par contre, qui bénéficie de baisses d'impôt
perpétuelles, ce sont les médecins. Les médecins, depuis 2007, ont le droit de
s'incorporer et, par conséquent, sauvent des
milliers de dollars, plusieurs milliers de dollars par année d'impôt. Qui était
le ministre de la Santé lorsque cette
permission leur a été accordée? L'actuel premier ministre. Qui était le chef
syndical? L'actuel ministre de la Santé.
M. le Président, prenons l'exemple
d'une infirmière qui travaille sur un étage avec un médecin, avec les mêmes
patients. L'infirmière n'a pas le droit à
l'exemption fiscale, donc de s'incorporer, mais le médecin y a droit. Où est la
justice, hein? Quelle différence y
a-t-il? Est-ce que c'est l'avantage du sarrau? M. le Président, les médecins
ont des revenus garantis, payés par le gouvernement. Ils ne devraient
pas avoir le droit de s'incorporer. Le ministre de la Santé a dit qu'il ne comprenait pas ça, que lui, il n'en était pas
question. Tantôt, le premier ministre a dit qu'il était ouvert, que ce n'était
pas immuable.
Est-ce qu'il peut
s'engager aujourd'hui à retirer le droit d'incorporation aux médecins?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, quand on lui dit qu'on est ouverts, on est ouverts à
un débat rationnel et informé sur la
question. Alors, je vais me permettre de revenir à la racine de ce qu'il
mentionne, c'est un sujet important. Il faut savoir que c'est une loi qui a été déposée alors qu'il était lui-même au
gouvernement du Québec, qui permettait l'incorporation de plusieurs
professions, et personne n'a fait d'exception pour quelque profession que ce
soit à l'époque — en
passant, 2002 — il
pourra voir dans ses archives.
la suite, il revenait aux ordres professionnels eux-mêmes de déposer une
demande selon les lois sur les ordres professionnels.
Ça n'a rien à voir avec le ministère de la Santé pour voir si, oui ou non,
fiscalement, la disposition pouvait être
appliquée à telle ou telle autre profession, ce qui a été fait. Alors, ceci
étant dit, la comparaison qu'il fait avec d'autres professionnels, il faut la faire de façon
complète. Et je ne suis pas là pour défendre les médecins, moi, je ne pratique
plus la médecine depuis 2003. Eh non! J'aurais peut-être dû, ça aurait
peut-être été mieux pour moi, pour mon comptable peut-être, là, mais on ne peut
pas dire que c'est très avantageux pour moi de...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Je me sens très loin de cette question pour des raisons évidentes.
Mais, lorsqu'il parle d'autres professionnels,
il doit également mentionner qu'il y a d'autres professionnels de la santé qui,
comme les médecins, ne sont pas des employés du réseau de la santé, ce
qui est le cas de l'infirmière dont il parle, mais des professionnels indépendants, audioprothésistes et autres, qui
peuvent, dans le cadre des paiements publics qu'ils reçoivent, procéder à des
incorporations.
Alors, moi, je pense
que le débat peut être fait, doit être fait. La discussion peut être faite,
mais sur une base d'équité puis sur une base
rationnelle, en remontant l'histoire au début alors que lui-même a participé
aux premières briques de l'édifice.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Oui. M. le Président, le premier ministre ne comprend
pas ou ne veut pas comprendre le débat. En 2002, on a dit : Il y a des
professionnels qui vont pouvoir s'incorporer. Il n'a jamais été question que
des professionnels qui ont des revenus garantis à vie par le gouvernement, comme les médecins, puissent pouvoir s'incorporer. C'est lui qui
a mis ça en place en 2007.
M. le Président, un médecin spécialiste comme lui ou comme le ministre de la Santé gagne 410 000 $ par
année. Son salaire a augmenté de 70 %...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, les larmes me viennent peut-être en entendant les
chiffres mentionnés. Je peux l'assurer
que, depuis que je suis en politique, ce n'est pas le genre de revenus que j'ai
touchés. Maintenant, ceci dit, puis il le
fait lui-même, lui aussi fait de la politique, comme tous et chacun d'entre
nous, avec des degrés de sacrifices personnels qu'on connaît et qui varient selon les individus. Mais je veux quand
même lui rappeler encore une fois que, lorsque son gouvernement a déposé cette loi, il n'a pas fait
d'exception pour les médecins. Ces faits étaient bien connus, ce qu'il dit là,
personne n'a marqué dans la loi du Parti québécois «sauf les médecins». Et,
quand il parle de revenus garantis, je l'amènerais peut-être à un peu moduler
sa présentation parce que, pour autant que je me souvienne — et ça
ramène à plusieurs années — si, dans une semaine, je ne voyais pas de
patient, bien, il n'y avait pas grand-chose qui me revenait au bout de
la semaine comme revenus.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Alors, les gens travaillent,
posent des gestes, posent des actes qui sont rémunérés.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre ne comprend pas
qu'un professionnel qui a des revenus garantis par le gouvernement à vie
ne peut pas avoir des avantages fiscaux. Il me semble que c'est facile à
comprendre.
Quand
va-t-on cesser d'avoir un gouvernement par les médecins, pour les médecins?
Quand va-t-il commencer à gouverner pour tous les Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Monsieur, le fait d'être médecin de formation ne semble
pas un handicap insurmontable pour s'occuper
des affaires publiques. Sinon, on pourrait dire que c'est également le cas pour
un dentiste, un notaire, un avocat. Je
ne pense pas... Il n'y a pas lieu de traiter les professions différemment selon
qu'on parle d'une ou de l'autre. Encore une fois, les médecins, oui, bien sûr, voient des patients et sont
rémunérés parce qu'ils voient des patients ou qu'elles voient des patients, mais ils n'ont pas de revenu
garanti. Ça n'existe pas, le revenu garanti pour les médecins, à moins qu'on
voie des patients sans arrêt, sept jours semaine, 365 jours par année. Si on
arrête de voir les patients, bien, on n'a pas de revenus.
Alors,
ceci dit, les médecins travaillent fort, ils voient beaucoup de patients. On
avait un retard à appliquer. Je pense
que tout le monde s'entend que le retard, il est rattrapé, les médecins
québécois sont traités de façon très équitable...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard :
...et on pense à tous les Québécois, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la semaine dernière, la ministre de la Justice a
abordé la question d'union spirituelle,
un concept en droit nouveau dans notre droit. M. le Président, aujourd'hui,
c'est la Journée internationale de la femme. La position adoptée par la
Procureur général, ministre de la Justice, place les femmes dans une situation
de vulnérabilité, porte atteinte à l'égalité
entre les hommes et les femmes, qui est si chère au Québec. Le Code civil du
Québec, M. le Président, est là pour protéger les conjoints, protéger
les femmes.
Actuellement — et je
l'ai entendu tout à l'heure — la ministre nous dit qu'elle va continuer
à défendre les dispositions et la
constitutionnalité des dispositions du Code civil du Québec. Mais ce qu'on n'a
pas entendu clairement, c'est :
Va-t-elle changer sa position? Elle nous a dit tout à l'heure : J'invoque
l'article 35. Le premier ministre lui-même, sur la place publique, a rabroué la ministre de la
Justice pour dire : Un mariage, ça a des conséquences civiles au Québec,
M. le Président.
Pour
les avocats de la ministre qui vont aller plaider le dossier en Cour d'appel,
est-ce qu'elle peut leur envoyer un
signal clair? C'est quoi, la position du gouvernement du Québec? Est-ce qu'un
mariage, au Québec, ça a des conséquences civiles, surtout pour protéger
les femmes?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, même question posée différemment. Le
dossier fait l'objet d'un appel. Je n'entrerai pas dans le détail du dossier, le collègue le sait très bien. Je l'ai
dit, je l'ai réitéré, le premier ministre et moi, on a la même
interprétation, le même discours : Un mariage, c'est un mariage au Québec,
il n'y a pas... Le mariage, il est encadré par
les dispositions du Code civil. Le mariage peut être célébré de façon civile,
peut être célébré de façon civile dans le cadre d'une cérémonie religieuse par un célébrant autorisé. Le mariage
emporte des droits et des obligations. Le mariage, il est encadré par notre Code civil. Notre Code
civil, nous entendons continuer d'en défendre sa constitutionnalité devant
les tribunaux compétents.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, j'espère que la ministre va
continuer à défendre la constitutionnalité des dispositions du Code civil du Québec. C'est son travail d'assurer
l'ordre public sur l'ensemble du territoire québécois, M. le Président.
C'est une question fondamentale de protection des individus, de protection des
femmes.
ministre n'a pas répondu à notre question, est-ce qu'elle va indiquer
clairement que ses procureurs vont changer
de position, comme le premier ministre l'a demandé? Est-ce qu'il va falloir que
le premier ministre devienne le Procureur général de la province pour
que les dossiers soient plaidés de la bonne façon à la cour, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je le réitère, nous allons poursuivre nos démarches, nous
allons défendre la constitutionnalité des
articles de notre code parce que là est la question en litige dans le dossier
qui fait l'objet de tant de
commentaires. Je n'entrerai pas dans le détail, je l'ai réitéré, et j'invite
mon collègue à se référer à l'article 35, M. le Président, parce que le dossier est frappé d'un
appel. Et soyez assuré, M. le Président, que le droit civil, le droit qui
encadre les mariages sera défendu haut et fort devant la Cour d'appel.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, les Québécois écoutent la réponse de la ministre de la
Justice et ne trouvent pas ça clair
du tout. Le premier ministre a dit une chose, la ministre de la Justice n'est
pas capable de nous dire est-ce qu'elle va se rendre aux arguments du premier ministre. En première instance, M.
le Président, ce qui a été plaidé, c'est justement la constitutionnalité des dispositions du Code
civil du Québec, mais manifestement il y a eu une erreur qui a été commise
par les procureurs et par la ministre de la
Justice. On se retrouve dans une situation où on fait face à une dérive. Le
jugement, la position de la Procureur général va nous amener à une
dérive.
Est-ce que la
ministre va changer sa position?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : La dérive, M. le Président, c'est ceux et celles qui
prétendent que le droit est changé. Le dossier en question ne vient pas affecter le droit en vigueur au Québec. Les
dispositions encadrant le mariage au Québec sont là, elles sont valides et elles ont été jugées
constitutionnelles, et nous entendons poursuivre notre défense de ces
dispositions.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Au lieu de clarifier la situation, j'ai bien
l'impression que nous sommes tous encore plus confus. On pensait, la semaine dernière, que le premier
ministre avait rappelé la ministre à l'ordre, et que, donc, la position serait
claire, et qu'aujourd'hui ce serait très
facile d'avoir une réponse à notre question, à savoir si la position serait
modifiée devant la Cour d'appel. Or,
on ne réussit toujours pas à avoir une réponse à cette question pourtant très
simple. Je repose la question. C'est
la position de la Procureur général qui nous intéresse, celle qu'elle a
défendue en première instance, où elle disait qu'un mariage religieux
n'emporte pas nécessairement d'effets civils et qu'un ministre du culte a le
loisir de transmettre ou non la déclaration de mariage à l'État civil.
Est-ce qu'elle va
donc modifier cette position-là comme Procureur général devant la Cour d'appel?
C'est l'ensemble de la communauté juridique,
c'est l'ensemble des Québécois qui attendent, finalement, une réponse claire de
la ministre et Procureur général.
Le Président :
S'il vous plaît! Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, notre droit est clair. Le droit est clair, les articles...
Président : La question
a été posée dans l'ordre. Maintenant, c'est à la personne qui doit répondre de
répondre. Alors, je vous invite à écouter la réponse. Mme la ministre de
la Justice.
Mme Vallée : M. le
Président, notre droit est clair, et
nous allons poursuivre la défense de la constitutionnalité. Quant à l'obligation de transmettre la déclaration, M. le Président, j'invite la collègue à lire les articles 118
et 375 du code, qui ne peuvent être plus clairs quant à l'obligation de
sceller. 375, allez lire votre code, chère collègue.
Le Président : S'il vous
plaît! Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Effectivement, M. le Président, l'article 118, il est excessivement clair,
tout célébrant, qu'il soit célébrant
civil ou ministre du culte, doit donner sans délai à l'État civil la
déclaration de mariage. Or, c'est le contraire que la ministre, la Procureur général, a plaidé, elle a dit qu'il
pouvait y avoir des mariages uniquement à portée religieuse et qu'alors
les époux — paragraphe 55
du jugement — n'étaient
pas assujettis aux effets civils.
Est-ce qu'elle va changer cette position devant
la Cour d'appel et clarifier les choses?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président,
on est vraiment dans le coeur du débat. Je veux juste rappeler
l'article 35...
Le Président : M. le leader
du gouvernement... S'il vous plaît.
Fournier : M. le Président, je vous invite à appliquer le
décorum en cette Chambre. Lorsque nous répondons, nous aimerions avoir du calme. Nous le laissons
lorsqu'ils posent des questions, le simple respect réciproque devrait amener
l'opposition officielle à faire comme nous.
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président,
je le dis, je vais le répéter aussi souvent qu'on posera la question, nous
allons défendre la constitutionnalité des
dispositions de notre Code civil qui touchent et qui encadrent le mariage. Le
mariage, au Québec, il se célèbre de
deux façons : il se célèbre simplement dans une union civile ou il peut se
célébrer dans le cadre d'une
cérémonie religieuse dans laquelle on inclut les dispositions du Code civil.
Ceci, c'est ça qui constitue une célébration de mariage, M. le
Président.
Le Président : En terminant.
Mme Vallée : Et, oui, nous
allons défendre la validité des dispositions de notre code, ce n'est pas
compliqué.
Le Président :
Complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Dans le projet de loi n° 59, la ministre prétend s'attaquer au mariage
forcé grâce à des modifications au
Code civil. Alors, comment la ministre peut-elle prétendre agir contre les
mariages forcés, alors qu'elle accepte dans son plaidoyer que des mariages, qu'on les appelle unions spirituelles ou
mariages... se fassent sans que le Code civil ne s'applique? Quelle est la nécessité de créer de toutes pièces une
échappatoire permettant les mariages forcés et même la polygamie?
Le Président : S'il vous
plaît. S'il vous plaît, une question a été posée. Mme la...
Le Président : S'il vous
plaît! Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, il n'y a qu'un mariage qui entraîne des droits et des
obligations, c'est le mariage qui est célébré suivant les dispositions
du Code civil du Québec.
Pour ce qui est de la
question de ma collègue, le mariage est aussi assujetti à la loi fédérale sur
le mariage.
L'article 2 définit ce
qu'est le mariage. Le mariage, c'est l'union entre deux personnes à l'exclusion
de toute autre personne. La
loi sur
le mariage prévoit également les dispositions de fond, elle encadre l'âge légal
pour contracter mariage, qui est de 16 ans. Dans le projet de loi
n° 59, nous allons plus loin et allons plus loin pour assurer le
consentement...
Le Président : Principale, M.
le député de Gaspé.
Lelièvre : M. le Président, plusieurs régions comme la
Basse-Côte-Nord, l'Abitibi, la Mauricie, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie sont aux prises avec des
problématiques d'isolement et d'abandon
au plan des transports. En Gaspésie, par
exemple, le transport ferroviaire est interrompu depuis quatre ans. Le rail est
pourtant propriété de Transports Québec
depuis plus d'un an. L'avion coûte entre
1 000 $ et 1 800 $ pour Gaspé-Montréal. Le service
d'autobus a diminué de 50 %, voire
même a été interrompu dans certains secteurs, dont notamment Percé, suite à une
décision de la Commission des transports du Québec, depuis janvier
dernier.
Le 14 mars prochain, la CTQ doit réévaluer
le dossier, mais strictement sous l'angle de la situation financière d'Orléans Express, propriété de Keolis
multinationale. On ignorera les conséquences de la diminution du service sur
les régions, sur les utilisateurs,
toutefois. L'ultime insulte du 14 mars, l'audience se tiendra strictement
au centre-ville de Québec, obligeant des citoyens et des citoyennes des
régions de partout au Québec à faire plus de 1 500 kilomètres pour
être entendus.
Isolement et
abandon, voilà les mots qui décrivent exactement ce que vivent les gens des
régions. La Commission des transports doit aller à la rencontre des citoyens...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. Écoutez, la situation des régions, je
pense qu'on la connaît bien. Le gouvernement
est bien représenté partout dans les régions, et actuellement il y a des
supports financiers qui sont apportés au transport public dans les régions.
Peut-être pas suffisants au goût du député, mais je vous assure, M. le
Président, qu'on fait beaucoup d'efforts dans ce sens-là.
Ça va beaucoup plus loin. Ce n'est pas
simplement le fait de la Gaspésie, ce n'est pas simplement le fait du Saguenay,
c'est l'occupation du territoire. Et l'occupation du territoire, ce que ça veut
dire, c'est d'être capable de s'y rendre
puis d'être capable d'en revenir. Alors, dans cette perspective-là, la
Commission des transports du Québec va siéger,
effectivement, le 14 mars pour se pencher sur l'ensemble de cette
problématique-là. Et ce que j'espère au terme de tout ça, et ce que je demande à la commission, qui est quasi judiciaire,
qui est en parallèle du système, on en conviendra, là, je lui demande de
bien nous conseiller, de bien nous aviser sur ce qui serait préférable pour les
régions.
n'abandonne pas les régions, bien au contraire. Si on voulait les abandonner, on
abolirait ces structures-là. Je suis
le premier à croire à l'occupation du territoire. Le territoire du Québec, il
faut l'occuper, il faut l'occuper partout, mais il faut regarder comment on est capables de l'occuper de la bonne
façon, et vous pouvez être assuré, M. le député, du plein support du
gouvernement dans ça.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Gaspé.
Lelièvre : Incroyable, M. le Président! La Commission des transports
s'était engagée en octobre 2014 à revoir après un an la décision sur les conséquences sur les régions. Ce qu'on a
comme décision ultimement, ce qui paraît dans les journaux, c'est une audience strictement à Québec
qui va obliger les gens des régions à se déplacer pour faire valoir leurs
droits. C'est ça, respecter les régions? Moi, je ne pense pas.
Est-ce que le
ministre va obliger la Commission des transports à respecter son engagement
d'octobre 2014 et à aller en région écouter les gens qui
connaissent leurs problématiques?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : M. le Président, je comprends que la tenue des auditions, qui
se fera à Québec, est une contrainte pour
le député, mais je veux simplement lui faire remarquer qu'il a été élu
exactement pour ça, être ici, à Québec, puis représenter sa région. Alors, vous êtes le bienvenu d'assister, de représenter votre région, tout comme les
citoyens de votre région sont appelés à le faire.
est ici, à Québec, c'est ici qu'est le siège du gouvernement, c'est ici où
l'ensemble de la Commission des transports
gère les dossiers, regarde les dossiers, les analyse. Ça se peut que ça ne
fasse pas votre affaire, mais ce que je vous dis, c'est que c'est ici
que ça se passe actuellement, puis vous avez été élu spécifiquement pour les
représenter.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le député de Gaspé, en deuxième complémentaire.
Lelièvre : ...incroyable d'entendre une telle réponse! C'est vraiment
du mépris à l'égard des régions, puis je m'adresse directement au
premier ministre qui, j'espère, va ramener à l'ordre son ministre des
Transports; j'espère.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Moi, je ne crois pas que le règlement permet qu'il y
ait ce genre d'accusation sur l'interprétation que pose le député. Je
vous suggère, M. le Président, de bien comprendre que, lorsque...
Le Président :
M. le député de Gaspé, en évitant des motifs qui pourraient prêter à des
allusions indignes.
Lelièvre : Ce sont des réponses extrêmement difficiles à entendre.
Quand on dit que le rôle du député est d'aller représenter sa région, je regrette, mais les gens des régions ont droit
d'être entendus à un tribunal administratif comme la Commission des transports. C'est vraiment du
mépris, je le répète, et c'est d'ignorer la réalité des régions. Les gens
de Percé, des bénévoles, vont faire 1 500 kilomètres à leurs frais pour
venir être entendus. C'est inacceptable!
Président : Je vous rappelle, M. le député, d'éviter,
évidemment, les jugements de ce type-là. M. le ministre des Transports.
Daoust : Bref, M. le Président, je prends bonne note que le député
semble avoir une réticence à représenter sa région. Alors, de ce côté-ci
de la Chambre, on le fera.
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
Il est le député de Gaspé, il parle au nom des gens de Gaspé. Le monde de Percé
n'ont même plus de service d'autobus,
puis le ministre ose questionner la légitimité de la question d'un député qui
parle pour son monde? C'est...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je ne pense pas que notre collègue facilite votre main tendue pour que nous
ayons des travaux sereins, M. le Président, le ton qu'il utilise pour nous
faire valoir qu'il n'apprécie pas la réponse de notre collègue.
questions sont posées, il y a des réponses qui sont faites. Il a toujours la
possibilité d'aller au «hot room» pour déchirer
quatre ou cinq chemises s'il le veut, mais, dans ce salon, M. le Président, on
a décidé... et je suis votre guide pour que nous ayons des travaux respectueux avec le ton approprié, je vous
encourage à continuer de nous guider sur cette voie.
Le Président :
M. le ministre, veuillez continuer, s'il vous plaît, en faisant attention.
Daoust : Alors, simplement, je terminerai de la façon suivante, M. le
Président. Je me souviens du dossier McInnis
où le député, justement, a bien représenté sa région. Il était ici, il était en
commission parlementaire, on avait travaillé
de façon fort efficace ensemble. Et ce que je dis simplement, c'est que vous
avez une préoccupation pour votre région,
vous avez été élu pour représenter votre région, faites-le. Si vous ne voulez
pas l'assumer, on va s'en occuper, de ce côté-ci.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le
Président, je vais donner une autre
occasion à la ministre de la Justice de revenir sur ses propos. Le premier
ministre a dit qu'un mariage, ça
devait avoir des conséquences civiles, même un mariage religieux. La ministre de la Justice a dit... «"Un mariage religieux n'est pas nécessairement un mariage, mais parfois une union spirituelle sans
conséquence", estime la ministre.»
«"Pour avoir des
effets, une union doit être célébrée suivant les conditions prévues par le Code
civil", a-t-elle indiqué en entretien
avec Le Devoir . "Donc une union spirituelle qui serait
célébrée par un ministre du culte — d'une
église ou d'une secte — si elle ne respecte pas les conditions du
mariage, n'est pas un mariage et n'a pas d'effet."»
M. le Président, c'est simple, ce qu'on demande à la ministre : Dès que vous
avez une union, un mariage, est-ce
ça porte des conséquences civiles, comme le souhaite le premier ministre, comme le souhaitent tous les Québécois, comme le souhaitent la défense et la protection
de l'ordre public, M. le Président? C'est fondamental. Au Québec, on s'est donné des règles pour protéger les individus. Est-ce que
la ministre va revenir à la position historique du Québec, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Le Président :
S'il vous plaît!
Vallée : M. le Président, le mariage est encadré de
façon très claire par les dispositions du Code civil du Québec. Le
collègue fait référence à une entrevue accordée...
Vallée : Oui, parce que, dans certains cas, M. le Président, on
va bénir des unions en dehors des liens du mariage ou une fois que les gens auront préalablement contracté une union
civile. Une bénédiction d'union, un renouvellement
des voeux, c'est une union religieuse, ça ne constitue pas un mariage. Mais un
mariage, un mariage, une célébration du mariage peut se faire, oui, dans le
contexte civil, mais oui, dans un contexte civil incorporé à une cérémonie
religieuse.
Là, là, on tente, de
l'autre côté, de semer la controverse, alors que les dispositions de notre Code
civil ont fait l'objet, M. le Président, de défense devant les tribunaux et
continueront de le faire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la seule personne au Québec
qui sème la confusion, c'est la ministre
de la Justice. L'Église catholique, qui est au Québec
depuis toujours, a toujours interprété les dispositions du Code civil de la même façon : lorsque vous
vous mariez devant Dieu, vous devez, si vous êtes célébrant, transmettre la
déclaration de mariage. La
constitutionnalité des dispositions du Code civil du Québec n'est pas en cause
dans la question en cette Chambre aujourd'hui.
Ce qu'il faut faire, M. le Président, c'est que la ministre se lève et
dise : Dès que vous allez vous unir, que ça soit devant Dieu ou devant l'État, il y a transmission de la
déclaration de mariage, et ça emporte des conséquences civiles.
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le Code civil est clair, les
ministres du culte autorisés à célébrer
des mariages — parce qu'encore faut-il être autorisé — ont des obligations qui découlent du Code
civil. C'est clair. Ces dispositions, ces obligations, on les retrouve, oui, à l'article 118, on les
retrouve à l'article 375. On tente de semer la confusion. Un ministre autorisé,
un ministre du culte autorisé à célébrer des cérémonies de mariage est
contraint de respecter chacune des obligations prévues au Code civil.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, c'est simple, la citation que je vous ai lue tantôt.
Est-ce que la ministre va retirer ses
propos? Est-ce qu'elle va adopter la position qui a été présentée par le
premier ministre? C'est simple, M. le Président : Est-ce que la ministre accepte que, lorsqu'on se marie
devant un curé, un rabbin, un imam, le célébrant ne puisse pas transmettre la déclaration de mariage? Parce
qu'en quelque sorte c'est ce qu'elle tente de dire depuis tout à l'heure,
M. le Président. C'est simple, son rôle de
Procureur général, son rôle de ministre de la Justice, c'est de défendre
l'intégrité des dispositions du Code civil du Québec et d'assurer la
protection des femmes, M. le Président.
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le collègue peut être rassuré, nous
allons... et nous allons continuer de défendre les dispositions de notre Code civil. Le Code civil encadre le mariage,
encadre les droits et les obligations des gens qui contractent un mariage, encadre les droits et les
obligations de ceux qui sont autorisés à célébrer un mariage. Et ça ne peut
pas être plus clair. Et nous allons défendre ces dispositions dans le cadre du
dossier qui nous préoccupe.
Le Président :
Principale, M. le député de Bonaventure.
Roy : M. le Président, l'accord du bois d'oeuvre entre le
Canada et les États-Unis a pris fin en octobre dernier. Depuis avril 2013, le Québec a fait ses devoirs
afin d'atténuer les craintes des Américains avec la mise en place du nouveau
régime forestier. Jeudi, le premier ministre
Justin Trudeau va rencontrer le président Barack Obama pour discuter des
enjeux communs aux deux pays, et il est essentiel que le dossier du bois
d'oeuvre soit abordé.
premier ministre doit interpeller M. Trudeau pour que les intérêts de
l'industrie forestière québécoise soient défendus. L'accord expiré a été nettement plus avantageux pour l'Ouest.
Cette fois-ci, ça doit être à l'avantage de nos travailleurs et de nos
régions. Signe inquiétant : hier, la ministre fédérale responsable a été
incapable de dire qu'elle défendra les intérêts de l'industrie forestière du
Québec afin de ne pas froisser l'Ouest.
le Président, est-ce que le premier ministre a communiqué avec son homologue
fédéral afin de faire pression pour qu'il défende les intérêts du Québec
devant les Américains?
Le Président :
Mme la ministre de l'Économie.
Anglade : Merci, M. le Président. Je tiens à remercier le collègue
pour la question et lui dire à quel point nous sommes en accord avec les positions qu'il vient d'émettre. Vous
savez, M. le Président, le bois d'oeuvre... la question du bois d'oeuvre est essentielle au Québec, et
nous avons rencontré les gens de l'industrie. Nous avons également parlé
avec nos homologues fédéraux à plusieurs reprises. Et je peux lui dire une chose, à mon collègue
de l'opposition, c'est que nous allons défendre le
libre-échange, le régime forestier qui a été choisi au Québec pour vraiment
s'assurer qu'il y ait un libre-échange entre les États-Unis
et le Canada, entre les États-Unis et le Québec.
Que la position du Québec soit claire : nous, ce que nous voulons,
c'est que le régime forestier québécois soit reconnu. C'est ce que nous avons plaidé
avec nos homologues fédéraux, c'est ce que nous avons écrit sur papier
dans une lettre qui a été envoyée à mon homologue fédéral, et c'est d'ailleurs la position du
ministre Dion, aujourd'hui, dans les journaux, que c'est le libre-échange avec
les États-Unis qui va être défendu sur la
question du bois d'oeuvre. Or, notre position ne peut pas être plus claire, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, pendant que la ministre envoie des
lettres, là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ceux qui vivent de la forêt disent que
l'industrie régionale est en phase terminale. En phase terminale, M. le
Président. Le gouvernement libéral
n'a rien fait pour défendre l'industrie. Il n'a même pas contesté la surtaxe
sur le papier surcalandré qui pénalise l'usine de Kénogami et qui
pénalise l'usine de Dolbeau, dans le comté du premier ministre. Ils ont voulu
rencontrer le premier ministre. Ils l'ont rencontré puis ils disent que ça n'a
rien donné.
Alors, maintenant, la
vraie question qui se pose, c'est : Qu'est-ce que le député de Roberval va
faire?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
Lessard : M. le Président, je veux dire à mon collègue que
les représentations sont nombreuses, autant par ma collègue du Développement économique que le
premier ministre, à Washington la semaine dernière, que les interventions
qu'on a faites directement auprès du fédéral
et auprès de la ministre Freeland, dès la semaine dernière, avec les équipes de
la ministre du Développement économique, autant sur le papier surcalandré que
les échanges sur le bois d'oeuvre avec
le Conseil de l'industrie forestière. Et j'ai deux, trois déclarations du
Conseil de l'industrie forestière ainsi que des industriels qui félicitent le Québec dans sa position ferme, une
position claire : on va défendre notre industrie puis nos
travailleurs et le modèle d'affaires du Québec, M. le Président.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je
cède maintenant la parole à Mme la ministre responsable de la Condition
féminine.
Thériault : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le premier ministre du
Québec, le chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe
d'opposition, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et la députée
d'Arthabaska :
«Que l'Assemblée nationale souligne, aujourd'hui
le 8 mars 2016, la Journée internationale des femmes;
«Qu'elle réitère l'importance de préserver les
acquis obtenus grâce aux féministes d'hier et d'aujourd'hui;
«Que l'Assemblée nationale rappelle que malgré
les progrès notables qui ont marqué l'histoire récente du Québec,
les femmes se heurtent encore à de nombreux obstacles et qu'elle s'engage à
unir ses efforts pour y remédier notamment :
«En favorisant une plus grande présence des
femmes dans les instances décisionnelles;
«En soutenant
la lutte contre les stéréotypes sexuels et sexistes qui reproduisent les rôles
et modèles traditionnels;
«En encourageant la dénonciation [de] la lutte
contre toutes les formes de violences faites aux femmes;
«Et en
faisant la promotion d'une vision globale de la santé des femmes tenant compte
des facteurs socio-économiques qui influencent la santé; et
«Finalement,
qu'elle réaffirme l'importance de continuer à faire avancer la cause de
l'égalité entre les femmes et les hommes, valeur fondamentale de la
société québécoise.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre. Y
a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M.
le Président. Il y a consentement pour le débat, trois minutes par intervenant, à commencer par la ministre responsable de la
Condition féminine, l'auteure de la motion, suivie du chef de l'opposition officielle, du chef du
deuxième groupe d'opposition, et finalement Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants
d'une durée d'environ trois minutes, en commençant par vous, Mme la ministre
responsable de la Condition féminine.
Thériault : Merci, M. le Président. Distingués collègues, c'est
pour moi un grand honneur de prendre la parole au sein de cette Assemblée afin de souligner la Journée
internationale des femmes. Chaque année, le 8 mars nous permet de faire le point, de mesurer le chemin
parcouru et de regarder celui qu'il nous reste à parcourir. Comme toutes
les femmes du Québec, je suis fière de ce qui a été accompli, et je tiens à
exprimer toute mon admiration et toute ma gratitude à celles qui se sont
battues pour que nous puissions, nous, les femmes, prendre notre place.
L'histoire des
femmes du Québec et leur marche vers l'égalité est ponctuée d'événements
majeurs pour la démocratie tels que l'obtention du droit de vote, dont
le Québec a souligné le 75e anniversaire en avril dernier. Cette grande victoire a pu être obtenue grâce à la
détermination, à l'audace et au courage de toutes ces femmes qui, à l'issue
d'un long combat, ont renversé des préjugés
de l'époque afin de faire avancer l'égalité entre les femmes et les hommes.
C'est une valeur qui est désormais
fondamentale pour le Québec, puisqu'elle est inscrite à la Charte des droits et
libertés de la personne.
M. le
Président, il m'apparaît à propos de revenir sur les gains récents du mouvement
féministe et sur les défis autour
desquels nous devons unir nos forces. Il faut souligner que le Québec a réalisé
de nombreuses avancées au cours des 20 dernières années. Parmi les
avancées majeures ayant contribué à l'égalité, rappelons, entre autres, la Loi
sur l'assurance parentale, la
Loi sur
l'équité salariale, la
Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans les
organismes publics, la Loi visant à lutter contre la pauvreté et
l'exclusion sociale, la Loi facilitant le paiement des pensions alimentaires et
la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.
Tour à tour, tous les partis politiques qui ont occupé la place du gouvernement ont déposé, chacun à leur façon, des projets
de loi qui ont fait en sorte que les
droits des femmes ont pu avancer. Il
s'agit de progrès réels sur lesquels
nous devons contribuer à bâtir et à
travailler ensemble pour que l'égalité de droit devienne une égalité
de fait. C'est pour cela qu'aujourd'hui plus que jamais nous devons rassembler les forces du progrès et
rallier les hommes à la cause de l'égalité des sexes.
La quête de
cette égalité de fait effective et complète pour toutes les femmes du Québec
sera d'ailleurs au coeur de
notre prochaine stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
D'ici quelques semaines, notre gouvernement entend également déployer une nouvelle stratégie
pour prévenir et contrer la violence sexuelle. Cette stratégie mettra l'emphase sur la prévention et la
répression de toutes les formes de violence faite aux femmes, incluant l'exploitation sexuelle. Ces phénomènes sont intolérables dans une société
qui défend des valeurs de justice et d'égalité.
Collectivement, nous devons rassembler les forces
du progrès pour défendre les droits et les intérêts de toutes les femmes du Québec. Ce progrès passe notamment par
le ralliement des hommes à la cause de l'égalité. À
titre de ministre responsable de la Condition féminine, j'ai pour
mission de défendre les droits et les intérêts de toutes les femmes du Québec
en collaboration avec l'ensemble des groupes qui poursuivent ce même objectif.
M. le
Président, le premier ministre, mes collègues et moi tenions, en cette Journée
internationale de la femme, à le
redire haut et fort : L'égalité entre les femmes et les hommes est une
valeur fondamentale de la société québécoise, et jamais, jamais, M. le Président, nous n'accepterons que cela soit
remis en question. En terminant, vous me permettrez de nous souhaiter, à
tous et à toutes, une excellente Journée internationale des femmes.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la ministre. Et maintenant M. le chef de l'opposition
officielle pour son intervention.
Péladeau : Merci, M. le Président. C'est un honneur et un privilège de
souligner la Journée internationale des femmes à
titre de chef du Parti
québécois ainsi qu'au
titre de chef de l'opposition officielle.
L'égalité a
toujours été et restera au coeur de l'action politique du Parti québécois,
comme elle occupe une place centrale
dans notre projet de pays. La parité entre les hommes et les femmes dans toutes
les sphères d'activité et à tous les échelons de notre société est plus
qu'un indice de progrès, elle en est la condition.
Le thème proposé cette année par la Fédération des
femmes du Québec est Appel à toutes pour se faire entendre! .
À cet égard, je tiens à rappeler l'extraordinaire mobilisation qui a eu lieu autour du sommet des femmes qui s'est tenu
le 4 mars, un événement inspirant qui nous rappelle que l'égalité est un
projet de société qui requiert du travail, de l'ouverture,
du respect, parfois de l'audace et certainement de la constance et de la vigilance,
une vigilance que ne semble pas
exercer suffisamment le gouvernement au moment de mesurer les impacts réels des
coupes dans les centres de la petite enfance
auprès des femmes. Les centres de la petite enfance ont permis à des milliers
de femmes de sortir de la pauvreté et
d'accéder au marché du travail, en plus d'offrir à des enfants un meilleur
départ dans la vie. Il s'agit d'une grande réussite et d'une réalité que
je me permets de rappeler au premier ministre.
Il faut aussi
du courage. J'aimerais souligner, en cette Journée internationale des femmes,
le courage et la résilience des
femmes autochtones, qui souffrent toujours des conséquences de la colonisation,
des pensionnats et de la mise en réserve de leurs nations. Je tiens à
leur offrir toute notre compassion et notre soutien.
Je profite
également de l'occasion pour réitérer notre solidarité envers le mouvement
féministe. Certes, nous avons progressé collectivement, et le mouvement
des femmes y a grandement contribué, mais il reste beaucoup à faire, notamment pour obtenir la parité hommes-femmes en
politique et au sein des organisations gouvernementales et paragouvernementales. D'ailleurs, lors du sommet
des femmes, nous avons pris 10 engagements visant la parité en politique.
Le manque de temps m'empêche de les nommer.
Cependant, je
tiens à réaffirmer ceci : Chaque fois, chaque fois que nous avançons vers
une société plus égalitaire, c'est
tout le Québec qui évolue et qui grandit. L'inverse est aussi vrai. Lorsque les
droits des femmes reculent, c'est notre idéal d'un État, d'une société
plus juste et plus libre qui se replie.
Le Parti québécois a déjà fait plusieurs gestes pour combattre les
discriminations et pour favoriser l'égalité, et nous continuerons, comme aile parlementaire et comme formation politique, à nous engager pour l'égalité entre les hommes et
les femmes. Je suis convaincu que l'avenir
du Québec, que notre avenir collectif comme nation passe
par une égalité réelle de fait, une égalité systémique entre les hommes
et les femmes. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de
l'opposition officielle. M. le chef
de la deuxième opposition, pour votre intervention.
M. Legault : Merci,
M. le Président. On célèbre donc
aujourd'hui la Journée internationale des femmes. C'est une belle occasion de
faire le point en matière d'égalité entre les hommes et les femmes.
Comme
certains de mes collègues, j'ai eu le plaisir de participer, il y a quelques
jours, au sommet des femmes. J'ai
trouvé l'exercice très formateur. C'était l'occasion de s'arrêter, de se
questionner sur où on est rendus en 2016 au Québec. Pour moi, la réponse est claire. Depuis l'obtention du droit de
vote il y a 75 ans, les femmes ont fait des pas de géant. Que ce soit dans le milieu des affaires,
dans l'enseignement supérieur, dans les facultés de droit, de médecine, dans
la fonction publique, les femmes sont
aujourd'hui très présentes. On a eu, en 2012, une femme première ministre.
Donc, ce sont là de vraies réussites.
Nous pouvons tous être fiers des pas, donc, qui ont été accomplis, qui ont été
avancés au Québec au cours des dernières années.
Mais force
est de constater qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire. Par exemple, on
le voit ici, à l'Assemblée nationale :
seulement 27 % des députés sont des femmes, seulement 27 %, même pas
le tiers. Donc, c'est un chiffre qui varie d'une législation à l'autre,
mais on est encore loin de la parité, loin du 50 %. Malheureusement, la
politique, ça demeure encore beaucoup un «boys' club».
Donc, c'est
un enjeu qu'on doit prendre au sérieux, c'est un enjeu que toute la société
doit prendre au sérieux. L'évolution
se fait par étapes, et aujourd'hui mon impression, c'est qu'on est rendus à une
nouvelle étape. Il y a des outils qui sont disponibles pour atteindre la
parité non seulement à l'Assemblée nationale, mais dans toutes nos institutions.
Il y a des outils qui
peuvent être utilisés pour aller plus loin, et je pense notamment à la réforme
du mode de scrutin. C'est à nous
d'agir. La meilleure façon de rendre hommage à toutes celles qui se sont
battues pour le droit des femmes, c'est de continuer d'aller de l'avant,
c'est de continuer la marche vers l'égalité.
Donc,
en cette Journée internationale des femmes, je veux saluer toutes les
militantes qui se sont battues au Québec, qui se battent aussi ailleurs dans le monde pour améliorer le sort des
femmes. Vous êtes toutes une source d'inspiration. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de la
deuxième opposition. Enfin, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Alors, en cette journée internationale des droits des
femmes, journée importante pour les femmes
ici, au Québec, mais partout à travers la planète, plusieurs éléments ont été
nommés. J'ai envie de vous dire, M.
le Président, que, pour ma part et pour mon parti, si nous sommes féministes,
c'est parce que 27 % des membres
de cette Chambre sont des femmes, seulement. C'est parce que par centaines,
l'an dernier, des femmes ont dit : J'ai été victime d'agression sexuelle, mais je n'ai jamais osé le dire.
Parce qu'au Québec, pour 1 $ gagné par les hommes, les femmes gagnent 0,80 $, alors que, pour le
travail donné gratuitement aux soins des enfants, les femmes en font le double,
M. le Président. Je suis féministe parce que
les femmes autochtones risquent huit fois plus que les autres femmes du Québec
d'être assassinées, parce que
96 % des victimes d'agression sexuelle sont des femmes, parce que nos
petites filles estiment encore que
leurs capacités sont moindres que celles des garçons, parce que les
gouvernements successifs considèrent que les services publics, c'est une
dépense et non pas un levier pour rétablir les inégalités sociales, parce que
les femmes vivent encore de nombreuses
inégalités entre elles, soit à cause de leur orientation sexuelle, leurs
origines, leur couleur de peau, leurs
croyances religieuses, leurs capacités physiques ou intellectuelles. M. le
Président, je suis féministe, et mon parti
aussi, parce que je suis heureuse de faire
partie depuis plusieurs années de
cette grande famille de femmes féministes qui se sont battues contre les
injustices ici, au Québec, et partout à travers la planète.
Alors, tout comme mon
parti, d'ailleurs, qui est à 66 % représenté par des femmes dans cette
enceinte, nous sommes fiers d'être féministes en 2016, puisqu'il reste encore
beaucoup de chemin à parcourir. Et je souhaite donc à toutes les femmes de cette enceinte, du Québec, de la planète une belle
journée et une bonne Journée internationale des femmes, et, comme je l'ai scandé souvent dans la rue : Coude à
coude, sans relâche, pas question que les femmes lâchent! Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Sur cette motion? Oui?
Mme la députée de Lotbinière... Arthabaska, pardon.
Roy (Arthabaska) : Alors, M. le Président, moi, je bats le
record de Québec solidaire, je suis 100 % féminine, indépendante.
J'ai
entendu les propos de mes collègues, qui ont été assez historiques, et on a
fait l'éloge de ce que les militantes ont
fait pour faire avancer les femmes. C'est un discours à saveur assez politique.
Moi, ce que je veux vous parler, c'est quelqu'un
qui m'a toujours inspirée, c'est une féministe de la première heure. Je veux, à
titre plus personnel, vous parler de ma grand-mère.
grand-mère était professeure. Vous savez qu'à cette époque, lorsqu'on se
mariait, on devait arrêter de travailler, le mari devait subvenir aux besoins. Mais ma grand-mère a fait semblant
d'aller faire des ménages puis elle a continué à enseigner puis à gagner plus cher que mon grand-père, parce qu'elle
voulait que ses filles puissent aller à l'école puis puissent aller à l'école supérieure, parce que mon
grand-père était seulement un mesureur de bois et elle n'aurait pas eu
les moyens.
mères de famille ont dit : Elle ne peut pas enseigner la catéchèse à nos
enfants, puisqu'elle ne la suit pas. Elle ne s'est pas découragée. Elle est allée enseigner en anglais aux Cris à
La Tuque. Lorsqu'elle a terminé sa carrière, comme cadeau de retraite, elle a fondé une maison pour
femmes victimes de violence conjugale, Le Toit de l'amitié, à La Tuque.
C'était aussi des
battantes. Ce n'était pas de l'action politique, c'était de l'action de
terrain. Et je veux saluer aujourd'hui
toutes ces femmes-là qui sont dans l'anonymat et qui ont contribué à me
permettre, moi, d'avoir été la première femme avocate en privé à
Trois-Rivières, la première femme députée d'Arthabaska, la première femme
députée de Lotbinière. Toutes ces femmes-là ont contribué, et je leur lève mon
chapeau.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée d'Arthabaska. Alors,
cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. Toujours à la rubrique des motions sans
préavis, je cède la parole à Mme la députée de Joliette.
Hivon : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le
député de Borduas, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale réitère la primauté du Code civil du Québec et de ses dispositions
encadrant la célébration du mariage;
«Que
l'Assemblée nationale confirme l'obligation, pour tout célébrant, de
transmettre toute déclaration de mariage, sans exception, au Directeur de l'état civil, conformément à
l'article 118 du Code civil du Québec, afin de garantir aux époux
la pleine jouissance des droits et des protections édictés par le code.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Joliette. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Drainville :
Vote par appel nominal, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, qu'on appelle les députés.
• (15 h 25
15 h 27)
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, je vais relire la motion présentée par Mme
la députée de Joliette, conjointement avec M. le député de Borduas.
La motion se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale réitère la primauté du Code civil du Québec et de ses dispositions
encadrant la célébration du mariage;
«Que
l'Assemblée nationale confirme l'obligation, pour tout célébrant, de
transmettre toute déclaration de mariage, sans exception, au Directeur de l'état civil, conformément à l'article 118 du Code civil du Québec, afin de garantir aux époux la pleine jouissance des droits et
des protections édictés par le code.»
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Péladeau (Saint-Jérôme), M. Drainville (Marie-Victorin), M. Marceau
(Rousseau), M. Therrien (Sanguinet), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme
Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre
(Taillon), M. Traversy (Terrebonne), M. Lelièvre (Gaspé), M. Leclair
(Beauharnois), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Maltais (Taschereau), M.
LeBel (Rimouski), Mme Hivon (Joliette), M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont), M. Pagé (Labelle), M. Cousineau
(Bertrand), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Rochon (Richelieu), M. Villeneuve (Berthier), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Kotto (Bourget), M. Roy (Bonaventure).
Couillard (Roberval), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Paradis
(Brome-Missisquoi), M. Blais (Charlesbourg),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Hamad
(Louis-Hébert), M. Coiteux (Nelligan),
Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M.
Barrette (La Pinière), M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal),
Mme Charlebois (Soulanges), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Vien (Bellechasse), M. Billette
(Huntingdon), M. Daoust (Verdun), Mme St-Pierre (Acadie), M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), Mme Nichols
(Vaudreuil), M. Morin (Côte-du-Sud), Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M.
Sklavounos (Laurier-Dorion), Mme Boulet (Laviolette), M. Ouellette
(Chomedey), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard (Trois-Rivières), M.
Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Tanguay (LaFontaine), M. Simard (Dubuc), M. Drolet
(Jean-Lesage), M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières (Richmond), M. Auger
(Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin
(Pontiac), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides),
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay (Chauveau), Mme Sauvé
(Fabre).
Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Lemay (Masson),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Jolin-Barrette (Borduas).
M. Khadir (Mercier),
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
Mme Roy (Arthabaska).
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Que les députés contre cette motion veuillent
bien se lever. Y a-t-il des abstentions?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, y a-t-il consentement pour permettre à Mme la députée
d'Iberville de voter? Consentement?
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, y avait-il...
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, pour le résultat du vote,
Mme la secrétaire générale.
Secrétaire : Pour : 106
Contre :
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, la motion est adoptée.
Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de René-Lévesque et le député de Mercier :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des nombreux problèmes
rencontrés par la Société des traversiers dans le projet de construction
de deux navires pour la traverse Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine;
«Qu'elle
reconnaisse que ce dossier s'ajoute à la mauvaise gestion constatée dans les
projets menés par la STQ, notamment
les dépassements de coûts pour les travaux d'adaptation des infrastructures, la
baisse d'achalandage faisant suite à une augmentation des tarifs et les
bris de service causés par la mise en opération de nouveaux bateaux;
«Qu'elle
exige du gouvernement qu'il mandate dans les plus brefs délais le Vérificateur
général du Québec afin d'analyser l'ensemble de la gestion de la Société
des traversiers du Québec.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Nicolet-Bécancour. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, pour une nouvelle motion sans préavis.
Massé : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la
Chambre pour présenter la motion suivante conjointement avec le député
de Verchères :
«Que
l'Assemblée nationale réitère l'importance pour le Québec d'utiliser tous les
moyens en sa possession pour assurer un meilleur contrôle des armes
à feu;
«Qu'elle
rappelle que l'immatriculation des armes à feu représente un des moyens les
plus efficaces de contrôle des armes à
feu et que ce registre vise d'abord à assurer une meilleure protection aux
victimes potentielles et à leur entourage, à faciliter le travail
policier et à rendre possible les retraits préventifs;
«Qu'elle
rappelle que l'immatriculation des armes à feu vise non pas à criminaliser et à
opprimer les propriétaires d'armes, ni à restreindre la pratique de la
chasse [et] de la pratique [sportive] du tir, mais bien à sauver des vies;
«Qu'elle rappelle que
la
Loi sur les armes à feu et le registre fédéral, mis sur pied suite à la
tuerie sexiste de Polytechnique, ont conduit
à d'importants progrès en diminuant notamment le nombre d'agressions armées
dans des contextes de violence conjugale; et
«Qu'elle
salue les luttes féministes qui ont mené à un meilleur contrôle des armes à feu
au Québec et enjoigne l'ensemble des
membres de l'Assemblée nationale à collaborer à la mise sur pied rapide d'un
registre québécois d'immatriculation des armes à feu.» Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Très
bien. Y a-t-il d'autres motions sans préavis? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Oui, M. le Président, j'aurais une motion de consultation sur le livre vert
portant sur les orientations du ministère de l'Énergie, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Y a-t-il consentement pour
permettre au leader adjoint de déroger à l'article 84.1? Consentement.
Veuillez poursuivre, M. le leader adjoint.
Sklavounos : Oui, merci, M. le Président. Alors, je fais
motion, conformément à l'article 146 du Règlement de l'Assemblée
nationale, afin :
«Que
l'Assemblée nationale entérine le mandat donné à la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
dans le cadre de l'étude du livre vert intitulé...
Vice-Président (M. Ouimet) : M. le leader adjoint du
gouvernement. Je demanderais aux collègues qui doivent quitter
l'enceinte du salon bleu de le faire en silence, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, l'Assemblée poursuit ses
travaux. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui, merci, M. le Président. Je fais motion, conformément à l'article...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le député de Matane... de Matapédia, votre
collaboration.
Sklavounos : ...entérine
le mandat donné à la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles dans le cadre de l'étude du livre vert intitulé Orientations
du ministère de l'Énergie et
des Ressources naturelles en matière d'acceptabilité
sociale , déposé à l'Assemblée nationale le 16 février 2016 par le
ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles et ministre responsable du Plan Nord, de procéder à des
consultations particulières et de tenir des auditions publiques les 15,
16, 17, 22, 23 et 24 mars ainsi que le 5 avril 2016;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les organismes suivants : l'Union des
municipalités du Québec; la Fédération québécoise des municipalités; Me
Pierre Renaud, avocat-conseil, chef du groupe environnement...»
Vice-Président (M. Ouimet) : Juste un instant, M. le leader
adjoint du gouvernement. MM. les députés, j'ai demandé votre collaboration un peu plus tôt. Si vous devez avoir des
discussions, faites-le à l'extérieur du salon bleu. Veuillez poursuivre,
M. le leader adjoint.
Sklavounos : Merci, M. le Président. «...Me Pierre Renaud,
avocat-conseil, chef du groupe environnement chez McCarthy Tétrault; le Conseil patronal de l'environnement du
Québec; l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable; l'Association canadienne
de l'énergie éolienne; l'Association minière du Québec; l'Association pétrolière et gazière du Québec; l'Association
d'exploration minière du Québec; le Conseil du patronat du Québec; la
Fédération des chambres de commerce du Québec; l'Union des producteurs
agricoles du Québec; l'Assemblée des premières
nations du Québec et du Labrador; le Gouvernement de la nation crie, la
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante;
la MRC de la Minganie; le Centre québécois pour le droit de l'environnement; la
Coalition Québec meilleure mine; la
Chaire de responsabilité sociale et de développement durable [à l'UQAM]; le
Regroupement des organismes de
bassins versants du Québec; le Regroupement des conseils régionaux en
environnement du Québec; la réserve mondiale Manicouagan-Uapishka; la MRC de Caniapiscau; Hydro-Québec; Pétrolia;
Corporation de développement économique de Port-Cartier;
Mme Marie-Josée Fortin; Junex; Gaz Métro; Conseil régional de l'environnement
de la Côte-Nord; Union des consommateurs;
Nature Québec; Chambre de commerce de Gaspé; ville de Gaspé; ville d'Amqui;
Développement économique Sept-Îles;
Communauté métropolitaine de Montréal; Institut du Nouveau Monde; M. John
Hanger; Raymond Chabot Grant Thornton; Transfert environnement; Mme
Stéphanie Yates; Équiterre;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de
la manière suivante : 6 minutes au groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes au deuxième
groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de tous les organismes soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de
35 minutes partagées ainsi : 17 minutes 30 secondes pour le
groupe parlementaire formant le
gouvernement, 10 minutes 30 secondes pour l'opposition
officielle et 7 minutes pour le deuxième groupe d'opposition; finalement
«Que le ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Aux avis touchant les
travaux des commissions, maintenant, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, merci, M. le Président. Alors, j'avise
cette Assemblée que la Commission de la culture et de l'éducation poursuivra les consultations particulières à l'égard
du projet de loi n° 86, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue
de rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des parents au sein de l'instance décisionnelle de
la commission scolaire, aujourd'hui, à compter de 15 h 30 pour une
durée de 2 h 15 min et de 19 h 30 à 21 h 45,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Le Commission de la
santé et des services sociaux poursuivra, quant à elle, les consultations
particulières à l'égard du projet
de loi n° 81, Loi visant à réduire le coût de certains
médicaments couverts par le régime général d'assurance médicaments en permettant le recours à une
procédure d'appel d'offres, dès maintenant pour une durée de trois heures,
à la salle du Conseil législatif;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra, quant à elle, l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 77,
Loi sur l'immigration
au Québec, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et
de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Finalement,
la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 59, Loi édictant la
Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les
discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des
personnes, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures, à la salle des
Premiers-Ministres, 1.38 de l'édifice Pamphile-Le May, et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle du Conseil législatif.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint du gouvernement. Y a-t-il consentement pour déroger à l'article
143 du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions?
Consentement.
vous avise ou je vous informe que deux débats de fin de séance se tiendront
aujourd'hui. Le premier débat, sur une question adressée par Mme la
leader adjointe de l'opposition officielle à la ministre de la Justice,
concerne la contradiction de la position
défendue par la ministre devant la Cour supérieure concernant l'application du
Code civil au mariage religieux et sa position sur les mariages forcés
dans le cadre du projet de loi n° 59.
deuxième débat, sur une question adressée par M. le député de Gaspé au ministre
des Transports, concerne les
audiences de la Commission des transports du Québec sur la réduction des
services en région par Orléans Express.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, M. le leader de la deuxième
opposition.
Bonnardel : Merci, M. le Président. Je veux vous faire part,
M. le Président, d'une situation un peu particulière. Le 10 février dernier, mon collègue le député
de Nicolet-Bécancour déposait neuf questions écrites au feuilleton à
l'attention du ministre délégué aux Affaires maritimes. Toutes ces
questions visaient à faire le suivi de neuf orientations bien identifiées de la stratégie maritime du
gouvernement, entièrement distinctes les unes des autres, et l'information
demandée dans les questions était très précise.
Bizarrement,
M. le Président, plutôt que d'offrir une réponse, comme on est habitués, à
chacune des questions, le
gouvernement a choisi de fournir une seule réponse pour les neuf questions et
de toutes les retirer du feuilleton. Or, cette seule et unique réponse, M. le Président, n'a rien à voir avec les
questions qui avaient été soumises au ministère.
La réponse déposée par le gouvernement porte sur
l'ensemble de sa stratégie maritime et aborde trois éléments en particulier : un programme de soutien aux
infrastructures de transport maritime, la mise en place de zones
industrialo-portuaires, un centre d'expertise aux Îles-de-la-Madeleine. Mais,
M. le Président, cette réponse, là, n'a rien du tout à voir avec les questions que mon collègue avait écrites,
avait posées, et il pose de sérieuses questions quant à l'application des
règles parlementaires, et je m'explique.
Le fait de regrouper plusieurs questions, M. le
Président, en une seule réponse, le fait de ne pas répondre aux questions posées, et les articles 75 et 313 de
notre règlement mentionnent que toute question qui n'est pas d'actualité ou
n'est pas urgente doit être écrite et
inscrite au feuilleton. Ces questions demandent souvent, M. le Président, plus
de travail de recherche, c'est pourquoi il n'y a pas de délai limite
imposé au gouvernement pour fournir une réponse. Donc, le gouvernement ne peut pas invoquer des délais de
réponse trop courts pour justifier une réponse incomplète, puisqu'il n'est
soumis à aucune limite de temps.
L'article 314
dit que les règles relatives aux questions orales s'appliquent aussi aux
questions écrites. Donc, cela inclut
l'article 79, qui dit que la réponse à une question doit se limiter au point
qu'elle touche. À notre avis, vous comprendrez, M. le Président, que
l'article 79 n'est clairement pas respecté dans le cas présent, et la
jurisprudence parlementaire ne précise pas
s'il est permis ou non de fournir une seule et même réponse à plusieurs
questions écrites. Le seul cas
recensé, la décision 313.2, concerne une question qui avait été posée à deux
ministres à la fois. Dans le cas actuel, il s'agit de neuf questions posées, comme je l'ai mentionné plus tôt, au
même ministre, évacuées dans une seule réponse.
Je vous
demande donc, M. le Président, de rendre une directive claire qui répondra à
plusieurs questions : Est-il acceptable
que le gouvernement ne donne qu'une seule réponse à plusieurs questions écrites
adressées au même ministre sans que
cette réponse ne se rapporte à toutes les questions? Deuxième : Est-il
acceptable que toutes les questions soient retirées du feuilleton sans
que plusieurs d'entre elles n'aient été répondues?
Si les mêmes
règles s'appliquent tant pour les questions écrites que pour les questions orales, quelle interprétation la
présidence fait de l'article 79?
Donc,
j'aimerais savoir si cette réponse aux neuf questions déposées par le député
de Nicolet-Bécancour respecte l'article 79. Si oui, je vous demande de nous expliquer
précisément comment elle respecte l'article 79 et quelle est votre interprétation du respect de cet
article
pour les questions écrites. Puis je vous demande d'établir des
balises claires qui pourront nous
guider dans l'avenir. Sinon, bien, je vous invite, M. le Président, à réinscrire sans délai ces questions que mon collègue avait déposées au feuilleton,
comme ce fut le cas pour une question écrite le 17 mai 2002.
Je voudrais,
en terminant, M. le Président, que vous nous expliquiez aussi comment cette
pratique de regrouper des questions dans une seule réponse doit être vue
et interprétée face au respect des droits des parlementaires.
Et, en
terminant, donc, une autre fois, je dépose les questions écrites par mon collègue
et nécessairement la réponse du gouvernement pour ces neuf questions
écrites. Et vous comprendrez que la décision que vous allez rendre sera importante, car elle va nécessairement déterminer si cette pratique peut être répétée par la suite par le gouvernement, et si les oppositions, nécessairement, ne verront pas de réponses claires, et si les
droits des parlementaires seront brimés par le fait qu'un gouvernement pourrait décider
de donner une seule réponse à plusieurs questions. Voilà. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le leader de la deuxième opposition.
Premièrement, y a-t-il consentement pour permettre le dépôt des neuf questions
et des neuf réponses? Consentement? Très bien. Sur la même question, M.
le leader de l'o