CAT — 26 April 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2017-04-26
Quebec — Committees
Président (M. Auger) : Avec
plaisir. Merci beaucoup. Donc, pour les cinq prochaines minutes, M. le député de Blainville, porte-parole de
la deuxième opposition.
M. Laframboise : Oui. Merci beaucoup, M. le
Président. M. le ministre, mesdames messieurs du milieu, autant de la Régie du logement que de la Société d'habitation du Québec... Bon, évidemment, moi, j'ai deux blocs, donc, que je
diviserai : le premier sera sur la Régie du logement; le deuxième, sur la Société
d'habitation.
Évidemment,
par rapport au logement, je vais juste citer un
article de La Presse
de novembre 2016, là, c'est sous la plume
de Maxime Bergeron, qui disait que la crise du logement est bel et bien révolue
au Québec, le taux d'inoccupation était de 4,4 % au Québec en
novembre 2016. Donc, ça, ça veut dire quoi? Ça veut dire évidemment qu'il y a
plus de logements disponibles. Pour
l'industrie du logement c'est plus difficile, et mon intervention, ce sera de
voir qu'est-ce que la Régie du logement a comme efficacité pour
s'assurer au moins que ceux dans ce milieu-là... parce qu'on a un parc immobilier, au Québec, qui est vieillissant, et,
évidemment, avec un taux d'inoccupation que ça faisait plusieurs années qu'on n'avait pas vu, il y a effectivement un
problème pour l'industrie du logement locatif. Donc, juste voir comment
la Régie du logement compense ou si elle a
toujours ces mêmes problèmes de traitement des demandes puis que ça n'évolue
pas. Donc, on va voir ça dans un premier bloc.
deuxième bloc, ce sera le volet Habitation. Je l'ai dit au ministre hier dans
les crédits sur la métropole, juste Montréal,
quand on parle de l'île de Montréal, depuis 2009 à 2016, les citoyens entrants
ont été de 273 000, alors que les citoyens
sortants ont été de 403 000. Donc, il y a 130 000 citoyens qui ont
quitté l'île de Montréal. Une des raisons, c'est évidemment le logement.
Le ministre l'a avoué hier, les coûts de logement, d'habitation à Montréal sont
plus élevés. Évidemment, c'est une réalité.
Il y a eu deux nouvelles circonscriptions électorales qui se sont ajoutées sur
la Rive-Nord de Montréal, il y en a
une qui s'est perdue sur l'île. Donc, à quelque part, est-ce que le
gouvernement est conscient, là, des problèmes
d'habitation sur l'île de Montréal et dans tout le Québec, évidemment? Donc, on
aura la chance, dans le deuxième bloc, de discuter, évidemment, des
problèmes de l'habitation au Québec.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le député de Blainville.
Donc, premier bloc
d'échange, Mme la députée de Marie-Victorin, pour 18 minutes.
Fournier : Merci, M. le Président. On sait qu'actuellement on connaît
un grave problème d'insalubrité du parc
de logements au Québec. Seulement à Montréal, on parle d'environ 57 000
logements qui sont déclarés insalubres. Au Québec, en contrepartie, on a près de 300 000 propriétaires
d'immeuble locatif pour qui souvent la possession d'un immeuble, bien,
ça constitue en quelque sorte leurs fonds de retraite. Et, pour ces
propriétaires-là, actuellement, les investissements
qu'ils doivent réaliser dans leurs immeubles, ils sont incapables de les
rentabiliser rapidement. On parle d'échéance
d'environ 40 ans pour des travaux majeurs, alors que c'était environ huit ans
dans les années 80. Donc, on comprend
qu'il n'y a pas beaucoup d'incitatifs pour que les propriétaires procèdent à
des rénovations importantes de leurs immeubles, qui sont, dans certains
cas, jugés insalubres.
Donc,
moi, je me demandais si le ministre a une évaluation précise de l'état de santé
du parc de logements au Québec.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, beaucoup d'éléments là-dedans. D'abord, en ce qui
concerne les incitatifs, il y a le crédit d'impôt rénove qui a été
annoncé dans le dernier budget, qui est quelque chose qui va certainement
aider.
Lorsqu'on
parle aussi de la salubrité des logements, bon, ça interpelle la nécessité de
faire des investissements. Bien
entendu, la nécessité de faire de l'investissement implique aussi qu'il faut
qu'il y ait une certaine rentabilité quant à ces investissements, et on
entre au coeur, là, d'un débat classique, là, entre, d'un côté, la capacité des
propriétaires de répercuter les coûts des
investissements dans les loyers mais en même temps la défense aussi des
locataires, qu'ils puissent avoir
accès à des logements bon marché. Donc, ces équilibres-là sont toujours des
équilibres importants mais délicats en même
temps. Donc, on a des politiques qui sont en place qui essaient d'équilibrer
les choses entre les différentes parties, mais aussi, puis, je pense, c'est important de le dire, on a un projet
de loi qui est le projet de loi n° 121, qui, dans le cas spécifique de Montréal, donne à Montréal des
nouveaux pouvoirs d'intervenir pour assurer la salubrité des logements.
donc il faut agir à la fois sur le plan de la régulation, sur le plan des
règles qui s'appliquent, il faut agir du côté des incitatifs, mais on agit aussi du côté des pouvoirs législatifs
notamment à l'égard des villes, et Montréal est un cas tout à fait
pertinent ici.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : Oui. Bien, dans ce cas-là, est-ce que le ministre a un plan
concret pour répondre aux besoins des petits propriétaires? Parce que,
quand on regarde le plan stratégique, on voit que le nombre de logements privés
rénovés avait une cible de 43 000 au
départ, et ensuite il y a eu une cible révisée de 27 500 d'ici 2016. Donc,
pourquoi une telle baisse? Est-ce qu'il y a vraiment un plan d'action
qui est mis en place?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, on discute
avec tous les partenaires. On a des gens de la CORPIQ qui sont ici ce soir, notamment;
ils apportent des idées, là, par
rapport à ces questions-là. Mais,
comme je le disais, d'un autre côté, il faut éviter, là, qu'il y ait
rapidement des hausses des loyers qui sont très importantes qui pourraient
mettre des ménages vulnérables à risque.
Donc, on est attentifs aussi aux besoins des locataires. On travaille avec tout le monde sur le terrain, on travaille avec absolument tout le monde sur
le terrain pour améliorer les choses, mais, en matière de salubrité des logements, lorsqu'il y a un conflit entre
les parties, bien, ça, c'est un rôle important d'arbitrage et de décision qui est confié à la Régie du logement.
Donc, c'est
un écosystème, là, dans lequel le gouvernement a un rôle à jouer, mais le
gouvernement ne peut pas à lui seul régler tous les problèmes.
Fournier : Évidemment, nous partageons les mêmes constats, il faut
effectivement protéger également les locataires,
mais, quand même, est-ce que vous avez un échéancier précis? Est-ce que c'est
seulement des volontés vagues ou il y a vraiment un plan qui est en
place?
M. Coiteux : Bien, il y a des choses
qui vont peut-être être... On a déjà des mesures en place. J'ai parlé, par
exemple, du crédit d'impôt tout à l'heure. Ça, c'est un exemple typique
d'incitatif qu'on met de l'avant. On a des changements
législatifs que nous proposons qui vont doter les villes, en particulier
Montréal, ici de nouveaux pouvoirs pour
assurer la salubrité des logements, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas
d'autre initiative. Alors, on travaille dans le domaine de l'habitation de façon plurielle. J'ai parlé
d'AccèsLogis tout à l'heure, mais il y aura des travaux qui vont être
faits avec la Régie du logement. On va convier aussi à d'autres discussions.
Je ne peux
pas tout dévoiler aujourd'hui, parce qu'on fait un travail continu avec les
partenaires, mais on aura certainement d'autres choses à annoncer en
cours d'année.
Mme Fournier : Tant mieux. On a hâte
de voir les annonces qui seront faites.
Maintenant, je vais passer à un autre sujet,
celui de la Régie du logement, parce que ça fait neuf fois que le Protecteur du citoyen a dénoncé les délais de
traitement à la régie. Donc, évidemment, c'est extrêmement préoccupant, parce que, dans cette situation-là, tout le monde
y perd, hein? Pensez à tout le temps et l'argent qui est perdu. Pensez au
stress vécu par les propriétaires qui
doivent souvent allonger de quelques mois des loyers en attendant que leurs
causes se règlent, puis ça, c'est
quand ça se règle et quand ils ont leurs réparations, parce qu'il faut savoir
que c'est rare que les propriétaires
ont des réparations qui sont complètes. Aussi, on peut penser à tout le stress
qui est vécu par les locataires qui,
eux, sont aux prises avec des logements insalubres. Parfois, les délais peuvent
aller jusqu'à deux ans. Comment est-ce qu'on peut tolérer qu'une telle
situation se poursuive?
Donc,
moi, j'aimerais savoir quel est le plan, concrètement, pour diminuer les délais
d'attente à la Régie du logement, parce que c'est une situation qui est
néfaste tant pour les locataires que pour les propriétaires, très préoccupante.
Coiteux : Écoutez, d'entrée de jeu, je dirais qu'on ne va pas nier
qu'il y a des problèmes de délai, là. Je veux dire, il ne faut pas se cacher, il ne faut pas se boucher les yeux, il
ne faut pas se bander les yeux, il y a effectivement des questions de
délai. On est en train de les réduire, tout de même. On est en train de les
réduire dans certains cas. Par exemple,
notamment dans le cas des causes civiles urgentes, il y a eu une diminution, au
cours des dernières années, du temps... Ici, c'est en mois, hein,
qu'est-ce qu'on a ici? C'est en années, ça, ici?
Coiteux : Ça, c'est en mois. Alors, les causes civiles urgentes, on
était à 2,2 mois en moyenne en 2014‑2015, on était, en 2015‑2016, à 1,8, il y avait eu une diminution, et, en 2016‑2017,
on était rendu à 1,7. Alors, je ne dis pas que c'est idéal, mais on est quand même en diminution. La
cible, d'ailleurs, du plan stratégique de la Régie du logement, c'est 1,3 dans
le cas des causes civiles urgentes. Donc, on est quand même en train petit à
petit de l'atteindre.
Dans le cas
des causes civiles prioritaires, on était à 16,6 mois. Ça, c'est des délais qui
sont très, très longs mais qui ont
été réduits à 15,8 en 2016‑2017. On a encore du chemin à faire, parce que la
cible du plan stratégique, c'est neuf mois. Également, des baisses du côté des causes civiles générales. Il y a eu
par contre une légère augmentation, par exemple, pour les cas de non-paiement : c'était 1,4 mois, c'est passé à 1,6
mois plus récemment. Et, en fixation et révision, il y a eu également
une augmentation.
Maintenant,
en 2016‑2017, on ne peut pas ignorer le fait, là, que les statistiques sont
aussi affectées par la grève des
juristes de l'État, hein, parce qu'il y a beaucoup de ces choses-là, lorsque ça
ne demande pas nécessairement des causes complexes, qui peuvent être directement réglées par les juristes de
l'État. Malheureusement, ça a eu un certain impact, mais on va essayer de récupérer le temps qui a été
perdu à cause de ça pour qu'on continue dans l'atteinte de la cible du
plan stratégique.
Fournier : D'abord, ces chiffres-là, on les connaissait déjà, mais on
voit quand même que les actions qui sont prises, elles ne sont pas suffisantes. Pour ce qui est de la grève des
juristes de l'État, c'est le présent gouvernement qui a fait durer cette crise-là, donc je pense que ce
n'est pas une excuse. En fait, moi, j'aimerais interpeller la présidente par
intérim pour nous dire combien de postes de régisseur sont actuellement à
combler à la régie.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Si vous me permettez, je vais peut-être commencer la réponse puis ensuite je
vais demander à Mme Mailfait de peut-être, oui, répondre à certaines questions.
Mais
j'aimerais quand même corriger peut-être une impression qui aurait été créée,
que le gouvernement était responsable
des délais dans le règlement de la grève des juristes. Il y a deux parties
là-dedans, hein? C'est facile à dire que
c'est une seule des de