CRC — 11 February 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2016-02-11

Quebec — Committees

CRC — 11 February 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2016-02-11

Quebec — Committees

(Onze heures vingt-sept minutes)

Le Président

(M. Picard) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de

la Commission des relations avec les

citoyens ouverte. Je vous souhaite la

bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien

vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de poursuivre les consultations

particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 77,

Loi sur

l'immigration.

Mme la secrétaire, y a-t-il des

remplacements?

Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Lavallée

(Repentigny) est remplacée par Mme Roy (Montarville).

Président (M. Picard) : Merci. Comme la séance a débuté avec

quelques minutes de retard, j'ai besoin du consentement pour excéder

l'horaire prévu. Consentement? Merci beaucoup.

Nous recevons ce matin les représentants de

Québec international. Je vous invite à vous présenter, et vous disposez de 10 minutes pour faire votre

exposé, va s'ensuivre des échanges avec les parlementaires. La parole est à

vous.

M. Viel

(Carl) : Alors, merci de l'invitation et de nous accueillir

ce matin. Premièrement, Carl Viel, président-directeur général de Québec International. Et

je vais laisser mes deux consoeurs se présenter brièvement et afin de respecter

notre temps.

Mme Lagacé

(Line) : Line Lagacé. Donc, je suis vice-présidente au niveau de

Québec International. Je chapeaute surtout

tous les enjeux par rapport au soutien à la croissance des entreprises et à

l'investissement étranger. Et, pour votre information, j'ai été quatre

ans présidente de la table de concertation en immigration de la

Capitale-Nationale.

Chouinard (Marie-Josée) : Bonjour. Mon nom est Marie-Josée Chouinard,

je suis directrice, Attraction de talents.

Viel (Carl) : Alors, c'est

avec intérêt que nous avons pris connaissance du projet de loi n° 77, Loi

sur l'immigration au Québec. En

préambule, nous tenons à souligner que Québec International est en profond

accord avec la volonté gouvernementale de tendre vers une meilleure adéquation entre les besoins de main-d'oeuvre

et la sélection de ses immigrants. Nous

considérons que le processus de déclaration d'intérêt d'immigrants potentiels

et leur sélection en fonction des

besoins de la main-d'oeuvre au Québec permettront un traitement plus ciblé et plus rapide des demandes d'immigration, le tout

au bénéfice du tissu économique du Québec.

Québec International,

à

titre d'agence de développement économique régionale, a pour mission de

contribuer au développement économique de la région métropolitaine de Québec

et à son rayonnement à l'international. Ainsi, nos professionnels travaillent à attirer dans la région talents et

investissements ainsi qu'à développer et exporter le savoir-faire régional. Les mandats de l'agence sont :

attirer des travailleurs qualifiés et entrepreneurs étrangers, attirer des

investissements étrangers, assurer le développement des pôles

d'excellence, soutenir la commercialisation et l'exportation, soutenir l'entrepreneuriat en haute technologie et

l'innovation et promouvoir l'environnement d'affaires concurrentiel de la

région de Québec.

Québec International souhaite apporter son point de vue dans cette consultation, notamment en ce

qui concerne les orientations et actions soumises en

matière d'attraction de travailleurs qualifiés et d'entrepreneurs étrangers. Notre point de vue est axé particulièrement

sur l'immigration économique et sur son impact régional.

Je vais brièvement

donner un peu le portrait de la région de la Capitale-Nationale. Comme vous

le savez, nous avons un taux de chômage, pour l'année qui a terminé, en 2015, de 4,7 %, et la région de la Capitale-Nationale

oscille avec un taux de chômage d'environ 5 % depuis l'année 2008.

Le taux d'emploi était de 89,2 % chez les 25-45 ans. D'ailleurs, selon un sondage mené par Léger pour

le compte de Québec International et des chambres de commerce de Québec et de Lévis, les employeurs de notre région

disent avoir de la difficulté à recruter de la main-d'oeuvre dans une

proportion de 86 %.

En 2015,

Québec International a accompagné plusieurs entreprises dans leur processus de

recrutement à l'étranger et dans la validation de projets d'affaires

d'entrepreneurs internationaux. En 2015, nous avons attiré

177 travailleurs spécialisés, qui ont

permis d'accueillir 450 nouveaux arrivants. Depuis 2008, c'est près de

1 500 travailleurs et plus de 3 400 nouveaux arrivants dans la région,

avec un salaire annuel moyen de 53 858 $, un taux de

rétention de 90 % depuis 2008,

des retombées de 18,9 millions

sur une base annualisée pour l'année 2015. En 2015, nous avons fait 74 consultations individuelles en immigration, 213 interventions en entreprise, avons mis sur pied deux groupes de codéveloppement en mobilité internationale. Et, seulement que pour

l'année 2015, 675 000 visites sur notre site Québec en tête, 17 activités de formation et de sensibilisation et l'implantation de neuf entrepreneurs

dans la région pour des investissements de plus de 2,5 millions.

Les efforts

des régions doivent davantage être axés sur l'ouverture et la préparation de la

société d'accueil, et nous sommes

convaincus que ceci doit passer par la valorisation de l'apport de

l'immigration dans notre communauté et par une meilleure connaissance du parcours de l'immigrant. En conséquence, nous suggérons que, lors de l'établissement des besoins en main-d'oeuvre, le plan d'action régional, les moyens

d'intervention, la promotion de la région ainsi que l'accueil et l'intégration doivent tout d'abord être analysés avec une perspective régionale. Attirer des talents directement de l'international vers les régions grâce à l'emploi est la stratégie la

plus porteuse pour assurer une plus grande régionalisation des

immigrants, mais il faut quand même être en mesure de valoriser les

opportunités d'emploi en région auprès des immigrants installés à Montréal.

À

titre de

partenaires du ministère dans plusieurs de ses initiatives, nous souhaitons que

le ministère poursuive son action et

multiplie les initiatives porteuses en maintenant la collaboration existante

entre les partenaires régionaux, nationaux et internationaux.

L'attraction

de talents à l'international passe beaucoup par l'utilisation du permis de travail temporaire afin de répondre aux besoins pressants des employeurs lorsque

le marché du travail local ne permet pas de les combler. Toutefois,

nos expériences en recrutement international

nous amènent à poser l'hypothèse que

les candidats ayant les profils les plus recherchés sur le marché de l'emploi n'entament pas nécessairement de

démarche d'immigration permanente sans avoir l'assurance d'un emploi. Le service aux entreprises doit demeurer une

priorité. En ce sens, Québec International est, pour le ministère, un allié. En conséquence, nous

suggérons que la déclaration d'intérêt devra permettre à un employeur de

demeurer maître d'oeuvre de son processus de

dotation et du choix de son candidat. Il serait souhaitable que l'employeur

puisse bénéficier de la priorité de traitement,

même si l'individu qu'il a ciblé n'est pas dans la banque. Nous proposons

que les candidats retenus par les employeurs

et qui accéderont au CSQ dans le cadre d'un nouveau programme d'immigration puissent se voir délivrer un permis

de travail temporaire en attendant que se finalise le processus de résidence

permanente au fédéral.

Le soutien aux

travailleurs temporaires et à leur famille afin qu'ils puissent avoir accès à

des services d'accompagnement doit

être une priorité du ministère. L'approche prospective des candidats doit être modulée en conséquence, puisqu'on ne

rejoint pas les candidats de niveau professionnel ou technique de la même façon

que les universitaires.

Nous estimons

que la mise en place du PEQ est un avantage concurrentiel pour la province et

permet une rétention accrue des travailleurs stratégiques. En

conséquence, nous suggérons qu'il faut accroître la promotion de la résidence

permanente, et plus particulièrement le Programme de l'expérience québécoise,

auprès des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires.

Le ministère

doit tout mettre en oeuvre pour favoriser l'accession au certificat de sélection du Québec, le CSQ. Dans le

cadre spécifique du PEQ, nous croyons que le seuil de français exigé devrait

être revu.

Nous suggérons

d'inclure deux catégories supplémentaires au PEQ : les travailleurs peu

spécialisés et les entrepreneurs. Nous comprenons que les critères

d'admissibilité peuvent être modulés par ces nouvelles clientèles.

Nous

reconnaissons les efforts du ministère afin de faciliter et d'accélérer la

reconnaissance des compétences et des

acquis et l'accès de certaines professions réglementées. Ceci transparaît et

permet une intégration plus rapide. Il faut poursuivre ces efforts en ce

sens.

Dans la

région de la Capitale-Nationale, un projet pilote a été initialement mis en

place pour l'encadrement des immigrants entrepreneurs et immigrants

investisseurs par Québec International. Ce projet a permis l'implantation de

neuf entreprises, et 15 autres dossiers sont actuellement en processus

d'accompagnement.

Développer une meilleure synergie avec les

chargés de promotion du MIDI, permettant ainsi que les offres d'accompagnement régionales et entrepreneuriat

international puissent être valorisées auprès des entrepreneurs immigrants.

Permettre l'accessibilité au PEQ à

l'entrepreneur immigrant.

L'analyse économique du projet d'affaires de

l'entrepreneur immigrant devrait être réalisée dans la région d'accueil par un

organisme ou une organisation ayant l'expertise locale.

Nous confirmons au ministère notre volonté de

collaborer étroitement dans la mise en place de stratégies valorisant

l'attraction de talents dans notre région. Merci.

Le Président (M. Picard) :

Merci, M. Viel. Je cède maintenant la parole à Mme la ministre.

Mme Weil :

Oui, bonjour, M. Viel, Mme Chouinard, Mme Lagacé. Bienvenue à

vous tous. Évidemment, vous êtes un

organisme qui est très reconnu, partenaire du MIDI, reconnu aussi pour votre

performance, et je pense que c'est une

occasion pour nous de bien explorer ce nouveau système de déclaration d'intérêt

qui ferait en sorte qu'on sélectionne des personnes plus rapidement, qui

vont répondre à des besoins très précis.

Alors, je

vais commencer peut-être... Vous présentez dans votre mémoire l'outil

interactif de référencement Québec en

tête, qui permet de valoriser les offres d'emploi auprès des candidats

étrangers. Pourriez-vous, dans un premier temps, expliquer rapidement comment ça fonctionne? Et est-ce que vous voyez que

ça pourrait être intégré dans le système de déclaration d'intérêt?

Chouinard (Marie-Josée) : En fait, c'est une initiative qui est venue

du milieu, donc on s'est assis avec différents

partenaires, la ville de Québec, le ministère de l'Immigration, Emploi-Québec

et les chambres de commerce de Québec

aussi, à l'époque, pour créer un outil de référencement. Le constat était que...

comment on peut valoriser déjà les

atouts régionaux auprès des candidats qui sont à l'étranger, mais surtout de

valoriser des postes et d'amener les gens à pouvoir postuler directement

sur ceux-ci à travers aussi du référencement vers les organismes et acteurs

locaux.

Oui, en fait,

les entreprises sélectionnent, on a un outil de gestion de candidatures à

travers cet outil-là qui permet, pour

les entreprises, sans nécessairement se déplacer à l'étranger, de pouvoir déjà

identifier des candidats potentiels et de

faire des offres d'emploi, souvent par le biais de la visioconférence ils

peuvent faire des entrevues, et suite à quoi, en fait, Québec International

poursuit son accompagnement.

Comment est-ce qu'on peut valoriser cette

approche-là? C'est que, pour nous, c'est un outil régional qui peut être un levier intéressant pour le ministère de

l'Immigration, puisque ça rapproche les régions, finalement, au niveau des

communications.

Mme Weil :

...en effet, d'ailleurs, on cherche des façons de mettre les gens directement

en contact, entre les régions et les candidats. Donc, ça, ce serait une

façon de faire, là, c'est pour ça qu'on trouve l'approche intéressante.

Vous évoquez

aussi dans votre mémoire l'importance de l'accueil, l'intégration, la

sélection, oui, sélection par les régions avec des acteurs qui sont très

dynamiques, et activés, et réseautés dans les régions. Donc, juste voir votre vision des choses et comment vous voyez cette

séquence, si vous pouvez, c'est-à-dire de faire en sorte que le milieu soit

déjà... comme vous le faites, mais qui

serait intégré à notre système, ce nouveau système, donc, mettant l'accent

aussi sur l'accueil, l'intégration.

Mme Lagacé

(Line) : On a toujours, dans la région de la Capitale-Nationale, mis

de l'avant que d'attirer dans nos

régions, c'est une chose, mais le

vrai travail commence beaucoup lors de l'arrivée, justement, des candidats dans la

région, et on a toujours

mis l'accent sur l'établissement d'un continuum de services régional permettant effectivement une fluidité dans l'intervention. La richesse qu'on a réussi à mettre en

place dans la région par le biais, entre autres, de Québec en tête était la capacité qu'avait la

région de référer très rapidement les candidats et même les entreprises, dans

certains cas, en termes de soutien, aux

organismes adéquats, permettant qu'effectivement ils reçoivent le soutien ou le

service nécessaire, qu'ils ont au moment où est-ce qu'ils en ont besoin.

Donc, on

parle quelquefois du secret de la Capitale-Nationale. J'ai

l'impression que c'est là que ça se situe, la capacité de bien comprendre la chaîne de services et d'être en mesure de

référer le plus rapidement possible aux gens, aux bonnes personnes au

bon moment.

Dans tout le processus

de déclaration d'intérêt revient toute cette dynamique-là. Oui, c'est

important, en amont, de seconder

l'employeur dans la recherche de son candidat. Donc, c'est exactement

la même dynamique qu'on va vivre, en réalité.

À partir du moment où ce choix-là est fait, où l'individu est en processus

d'installation, il faut être en mesure que le continuum de services soit

bien référencé, connu et surtout bien identifié, pour le référencer de façon

adéquate. Donc, je pense que ça rentre totalement en ligne avec le processus

qu'on veut mettre en place, surtout qu'on veut avoir un regard encore plus précis sur les besoins des régions, où

sont les membres par rapport à ça, l'analyse, que les projets, justement, puissent être protégés par les régions elles-mêmes. Et, dans notre cas,

bien c'est ce qu'on maintient comme ligne d'intervention aussi.

Mme Weil : Et j'aimerais vous entendre... Parce que

moi, j'ai eu l'occasion de comprendre comment vous faites votre recrutement, là, puis même des entrevues par

Skype, vous m'avez expliqué tout ça, les bassins où vous allez. Je pense,

ce serait intéressant que vous puissiez

l'expliquer, parce que c'est vraiment les façons modernes de faire, de recruter des

gens qui répondent... Vous êtes déjà là-dedans,

en somme, sauf que le tout va se faire beaucoup plus rapidement dans ce nouveau

système, la personne ne viendra pas... Bien, pour les travailleurs temporaires,

vous le faites, mais on veut les mettre rapidement sur la voie rapide.

Je vois que

vous êtes très en accord pour faire la promotion du Programme d'expérience québécoise.

Je ne sais pas si vous avez compris

qu'on a l'intention de le garder à l'extérieur du système

de déclaration d'intérêt. Tout le monde est favorable à ça à cause des problèmes qu'ils ont

eus au niveau du gouvernement fédéral.

Donc, nous expliquer comment vous faites ce

recrutement, les bassins où vous allez, la question de la langue française, parce que vous en parlez, et comment on pourrait bénéficier des programmes,

qui sont déjà des bons programmes de francisation, dans les écoles, pour ceux qui

seraient ici avec un permis de travail. Donc, tout ça est important dans ce

continuum pour réussir l'immigration.

Mme Lagacé (Line) : Je vais

commencer, Marie-Josée, tu compléteras ma portion.

Effectivement, pour nous, dans la région,

l'identification des bassins a toujours été d'une importance... Il faut comprendre que, dans nos régions, l'employeur lui-même

met les niveaux de français, en fin

de compte, de façon

assez élevée. Ils ont besoin de gens, et l'intégration passe beaucoup

par la capacité de l'individu à pouvoir fonctionner en français également.

Donc, on a toujours axé nos efforts de recrutement sur des bassins

francophones ou à fort potentiel de francophones ou de francophiles.

Ça nous a

amenés, avec les années, bien sûr, de participer de façon très active aux

Journées Québec, donc ça a été... depuis le départ, la région de Québec est un partenaire du MIDI et d'Emploi-Québec au niveau des Journées Québec, mais également

de développer dans notre région des initiatives qui sont sur des territoires,

en fin de compte, autres que le bassin français

ou belge qui sont de façon... un

petit peu plus intensifiées par les

Journées Québec. Donc, on a ouvert le marché de l'Amérique latine en

commençant en premier lieu par le Brésil, où on a ciblé des bassins

francophones et francophiles surtout

dans le secteur des technologies de l'information. Depuis les années... Donc, on en est à notre

quatrième édition, cinquième

édition...

Mme Chouinard

(Marie-Josée) : Cinquième édition.

Lagacé (Line) : ...cinquième

édition, cette année. On a ouvert, donc, le marché de la Colombie également et

le marché du Mexique, toujours en collaboration avec le bureau du Québec qui est sur le territoire. Donc, notre stratégie de promotion se colle en réalité de façon

intense à la stratégie de promotion du ministère sur ces territoires-là,

donc c'est vraiment en collaboration avec eux. Et la possibilité qu'ils nous ont

offerte, bien sûr, c'est de partager avec la promotion qu'il peut y avoir sur le territoire.

Donc, on se déplace pour des tournées de promotion aussi du MIDI sur le territoire

afin de rejoindre de façon directe les candidats sur place.

Ce qu'on a mis de

nouveau dans ces initiatives-là, c'est vraiment de le faire sous forme

virtuelle, donc ce qui empêche les candidats aussi à avoir à se déplacer dans

les villes centres, mais également nos entreprises d'avoir à se déplacer sur les territoires étrangers. Donc,

tout se fait de façon virtuelle, les entrevues. La sélection est faite,

bien sûr, en amont, on utilise d'ailleurs

notre logiciel de gestion de candidatures pour permettre une plus grande

sélection. Et, comme nous sommes sur des territoires non francophones, l'évaluation

du français, on offre à l'entreprise une évaluation du français en amont, pour

permettre effectivement une facilité pour les entrevues, mais également d'évaluation de la capacité de l'individu avant son entrevue. Lors des

entrevues, on peut jumeler effectivement un interprète, autant pour seconder

l'entreprise que l'individu devant la

caméra, qui quelquefois... ça peut être impressionnant d'avoir à faire une

entrevue dans une seconde langue, ou

une troisième langue, ou une quatrième langue, dans bien des cas. Donc, tout ça

est mis en place, là, pour seconder autant l'individu que l'entreprise

dans ce processus-là.

même chose, si vous me permettez, la même chose que l'on fait lorsqu'on se

déplace en région, la promotion des

atouts et du continuum de services régional est extrêmement important pour

nous. Donc, on le fait lorsqu'on se déplace en France ou en Belgique, lors des Journées Québec, mais on le fait

également de façon virtuelle en tenant des activités d'information, des

sessions d'information auxquelles on fait intervenir les intervenants régionaux

pour leur permettre justement d'avoir une

meilleure compréhension de ce qu'ils peuvent attendre lorsqu'ils vont arriver

dans la région d'accueil.

Chouinard (Marie-Josée) : Oui. Bien, en fait, peut-être aussi

mentionner que c'est vrai que le niveau de français exigé est en lien

avec le besoin d'entreprise, et ce qu'on observe, en fait, c'est que le niveau

de français est très élevé dans les postes

de haut niveau, le niveau de français au niveau des professionnels,

quelquefois, peut être exigé au

niveau débutant, ce qui peut arriver. Donc, dans quelques cas, en fait, c'est

très rapide que l'employeur doit, dès l'arrivée du candidat, s'investir

au niveau de la francisation de ces gens, dans l'objectif, d'ailleurs, de

pouvoir basculer vers le Programme d'expérience québécoise.

Weil : Bien, c'est ça, j'allais vous amener là. De par votre

expérience, donc, c'est des travailleurs temporaires qui arrivent à cause de leurs compétences, avec un

certain français, dans certains cas, ou bien francophones, ou francophiles,

ou avec un niveau suffisant pour le poste que

la personne va occuper, donc, ensuite, rapidement, vous assurez... ou

l'employeur est sensibilisé au fait qu'il devra assurer un parcours de

francisation, c'est ça, pour l'amener...

Quelle

est votre expérience par rapport à la réussite de l'accompagnement, des cours

qui sont donnés? Vous faites un commentaire sur le programme, que les

commissions scolaires, dans les régions, ne sont pas assez connaissantes qu'il y a, hein, le programme de francisation

donné par le ministère de l'Éducation. Pourriez-vous en parler mais aussi

nous dire, de votre expérience, le taux de

réussite, si on veut, que cette personne puisse en fait recevoir un certificat

de sélection du Québec parce que son niveau de français est assez élevé à

la fin de son parcours temporaire?

Lagacé (Line) : Le regard

qu'on va porter est vraiment un regard sur lequel nous avons la capacité, dans

la région, d'avoir un regard sur ce qui se

passe, par exemple, dans une ville-phare qui est, comme par exemple, la ville de Québec, mais aussi qui peut se passer en région

limitrophe mais un peu plus éloignée aussi.

Notre vision des

choses est que plus le candidat est à un niveau, par exemple, professionnel ou technique, plus il a peut-être de la difficulté, dans les délais impartis, à atteindre le niveau

exigé par le PEQ, en réalité. Et, même si les

efforts sont faits et qu'il a accès, comme par exemple dans la

ville-phare, à des services, par

exemple, des commissions

scolaires pour le programme qui est normé par rapport à la francisation,

le délai imparti fait en sorte que souvent il

n'atteindra pas ce niveau. Il est quand

même limité à quatre ans dans le

processus. Donc, ça, c'est un défi majeur pour l'entreprise. Donc, ça,

c'est le premier commentaire.

Plus

on s'éloigne en région, plus on s'aperçoit que même le référencement au niveau

des commissions scolaires... Plus

on devient une particularité pour la commission

scolaire, plus l'information, ou la disponibilité, ou l'accessibilité

devient un petit peu plus floue, donc ça

augmente, justement, la difficulté pour ces gens-là. Donc, souvent, au lieu de

passer peut-être par les programmes normés, par une méconnaissance, par... ils vont

passer par le privé, avec aussi l'assumation, mais dans un contexte où souvent on est encore dans une clientèle qui

est soit technique soit professionnelle, avec un petit peu moins de temps et

la difficulté d'atteindre le niveau, d'où la suggestion, pour justement les

gens qui sont déjà intégrés ici, qui

participent déjà activement à la vie économique, qui sont peut-être

là depuis deux, trois, quatre ans, de pouvoir

diminuer le taux pour que ces gens-là puissent continuer dans leurs efforts de

francisation et pouvoir bifurquer, bien sûr, sur

la résidence permanente. Donc, c'est beaucoup la vision qu'on en a et les

messages qui nous sont transférés par les entreprises dans ce cas-ci.

Mme Weil : Et, les entreprises, la personne est capable... De toute façon, pour l'entreprise, la personne satisfait entièrement aux

besoins de l'entreprise, c'est juste que...

Mme Lagacé

(Line) : Oui. Et c'est d'ailleurs

là la crainte de l'entreprise, justement, de perdre cette ressource-là dans laquelle elle a investi depuis deux, ou

trois, ou quatre ans, de le perdre parce

qu'effectivement la personne ne peut pas bifurquer parce qu'elle

n'atteint pas ce niveau-là.

Il faut comprendre que le niveau, lors de la

mise en place, qui est un niveau, je dirais, plus intermédiaire débutant, à passer d'intermédiaire avancé... Ce

qui augmente énormément la pression qui peut être faite sur ces gens-là,

sur la capacité de maîtriser la langue française.

Mme Weil :

Très bien. Donc, c'est depuis 2011 qu'on a ce problème-là, avant ça ils

pouvaient... depuis la première réforme du gouvernement fédéral.

Mme Lagacé

(Line) : Oui. Puis il faut comprendre que le PEQ est vraiment une

valeur ajoutée qu'on reconnaît d'emblée et que l'entreprise reconnaît

d'emblée.

Mme Weil : Ah! oui, oui, oui,

absolument.

Mme Lagacé

(Line) : Donc, c'est vraiment plus une difficulté pour certains

employés de pouvoir bifurquer à cause du niveau de français, dans des

cas bien particuliers.

Mme Weil : Avant ça, ils

pouvaient renouveler puis continuer leur parcours.

Mme Lagacé (Line) : Oui.

Mme Weil :

À la page 18, la reconnaissance des diplômes et l'accessibilité aux

professions réglementées, parce qu'il

reste peu de temps, puis je veux plus vous écouter que m'écouter, pourriez-vous

m'expliquer un peu votre expérience et vos recommandations ici?

Mme Lagacé

(Line) : Bon, c'est sûr qu'on reconnaît, là, depuis des années, les

efforts qui sont faits pour mettre en

place, accélérer les processus aussi de reconnaissance des acquis et des

compétences, de travailler conjointement avec les ordres afin d'accélérer, de rendre accessible en amont aussi. Tout

ça, pour nous, est dans la voie, justement... On aime toujours que les

choses puissent avancer dans ce sens-là, c'est exactement la voie qu'on doit

prendre également.

Ce qu'on

retrouve, par exemple, c'est que l'employeur a également besoin d'être soutenu,

dans ce processus-là d'autonomie, dans la compréhension de l'équivalence de

diplôme, par exemple, de pouvoir avoir accès justement à de l'information un petit peu plus juste par rapport

à l'équivalence. Bon, c'est énormément d'efforts, hein, le fait d'établir

la reconnaissance de compétences, la

reconnaissance d'acquis, c'est une évaluation qui doit être faite, donc demande

temps et énergie. Il faut continuer les efforts dans ce sens-là et de

voir... Et les messages qu'on reçoit de l'entreprise, c'est effectivement aussi

dans cette voie-là.

Mme Weil : Puis c'est

intéressant. Juste vous dire que, pour le délai de traitement, là, pour

l'obtention de l'évaluation comparative, on a réduit le délai de 120 jours

à 35 jours, c'est déjà ça.

Donc, l'idée,

là, ici, c'est vraiment intéressant, parce qu'il y a des systèmes qui, si la

personne, avant de vouloir être

admise dans un pays, n'a pas la reconnaissance totale de ses compétences, ses

acquis, la personne ne rentre pas, et c'est

vraiment... Donc, c'est une option, mais cette voie-là, c'est des gens qui

rentrent de façon temporaire, qui sont déjà dans un domaine de formation qui intéresse le marché du Québec,

d'emploi, donc, de la région, et là l'idée, c'est de jumeler cette personne avec la formation qui va faire en

sorte qu'il va avoir la reconnaissance nécessaire parce qu'il aura un diplôme,

une formation québécoise.

Plus on

regarde ça, plus on voit à quel point le recrutement de candidats d'excellence

qui viendraient avec un permis temporaire

est important mais à quel point le quatre ans aussi devient difficile aussi,

parce que c'est une course, hein, c'est une course contre l'horloge,

hein, c'est ça.

Mme Lagacé (Line) : On a déjà eu une

expérience de corecrutement, par le passé, qui s'est avérée porteuse également, donc une entreprise jumelée à une

institution — c'était

dans le cadre de Journées Québec — qui permettait justement de recruter un candidat mais de lui

permettre de poursuivre certaines formations de mise à niveau, permettant

une accélération, justement, de son

processus de reconnaissances d'acquis, et ça, cette dynamique-là de jumeler ou

de corecrutement a semblé, pour nous,

un avenir porteur. Ça a été un petit peu abandonné, puis, pour l'instant, des

initiatives de commissions scolaires

ou d'institutions, on les cadre moins avec les Journées Québec, mais ce serait

probablement une avenue à regarder de façon un petit peu plus pointue.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Je cède maintenant la parole à M. le député de Bourget.

Kotto : Merci, M. le Président. Mme Chouinard,

Mme Lagacé, M. Viel, soyez les bienvenus. Merci de contribuer à cet exercice de restauration d'une loi vieille

de 53 ans, hein? C'est ça, hein? Non, moins que ça quand même.

48 ans, oui, c'est ça.

Et j'avais une question d'entrée de jeu, parce que je ne sais plus quel groupe passait ici et

faisait la remarque à l'effet que la

région de la Capitale-Nationale avait de la difficulté à attirer la

diversité, appelons ça comme ça. Est-ce

que vous avez, vous, une idée pour nous éclairer relativement à cette

incapacité d'attraction de la diversité?

Mme Lagacé

(Line) : Moi, je pense

qu'il faut... Oui, on a sûrement des idées, surtout qu'on travaille très, très

fort au niveau de l'attraction et

de la promotion. Il faut comprendre que, dans la région, les efforts datent peut-être

de 2008, par rapport à l'attraction, de façon plus intensive. Actuellement,

on est passé environ d'une population immigrante d'autour de 4 % ou

3,8 %, environ, à environ 6 % actuellement, ce qui représente quand

même très peu en fonction du poids

économique que représente la région de la Capitale-Nationale sur l'ensemble de

la province, donc on a énormément d'efforts encore à mettre et à

déployer pour attirer les gens vers la région de la Capitale-Nationale.

L'enjeu ou le pari que nous avons fait est

d'attirer les gens en fonction de l'emploi et de la disponibilité des

opportunités de carrière, donc pas une promotion à tout vent sur l'ensemble de

la beauté de notre région — et

ça, je pourrais passer des heures à vous en

vanter le mérite — mais

davantage sur les opportunités de carrière. Donc, c'est une promotion, une attraction qui est beaucoup plus

fine, beaucoup plus ciblée, donc nos efforts de prospection et de promotion

sont beaucoup plus analysés en amont, mais

ce qui permet une installation beaucoup plus porteuse et à plus long terme

également. Et ça, bien, je pense que vous

avez la progression qu'on a faite dans la région. Donc, petit pas va loin. Et

donc on fait en sorte que... là, on

essaie d'accélérer ce rythme-là et de faire en sorte que le mouvement qu'on a

créé depuis 2008 s'accélère encore plus. Avec la loi qu'on met en place

actuellement, pour nous, c'est exactement dans la lignée qu'on cherche à faire, c'est-à-dire une meilleure

adéquation, une adéquation entre les besoins de main-d'oeuvre et l'attraction,

la sélection de nos gens. Donc, c'est

exactement dans la lignée qu'on recherche, et je pense que c'est là qu'il faut

conserver les atouts qu'on a déjà mis en place, mais les accentuer pour

l'avenir. Donc, ça passe par cette dimension-là.

M. Kotto :

O.K. En somme, ce que j'entends, c'est, disons, la réalisation, dans un espace

beaucoup plus large actuellement

qu'une petite ville ou un petit quartier, du projet qui est, disons, mis de

l'avant en ce moment, celui de la déclaration

d'intérêt, parce que l'approche de la déclaration d'intérêt va justement cibler

avec beaucoup de finesse l'adéquation entre les besoins de main-d'oeuvre

et la sélection des immigrants.

considérant, donc, la carence de cette diversité à Québec, cela m'amène...

m'inspire une question : Pensez-vous que l'approche que nous sommes en phase d'adopter, celle de la

déclaration d'intérêt, appliquée au Québec d'un bout à l'autre, si je vous entends bien, ne pourrait pas

entraîner, disons, une carence de la diversité sur l'ensemble du territoire

à un moment donné? Parce que le système dans lequel on vit en ce moment, c'est

le système qui consiste, je résume, à servir le premier arrivé, sans considérer

spécifiquement ses qualités en lien avec le marché du travail comme tel.

Mme Lagacé

(Line) : Le processus de déclaration d'intérêt va plutôt... va venir

appuyer, dans le fond, les objectifs des régions. Plus l'analyse des

besoins de main-d'oeuvre va se rattacher, et qu'on sera en mesure d'avoir un

portrait régional fin des besoins régionaux,

et qu'on mettra ça en application au niveau de la sélection des candidats, plus

ça va répondre adéquatement aux

besoins des régions et plus ces besoins-là vont être comblés par la diversité,

donc, d'être capable d'aller chercher

un bassin potentiel plus large. Et ça, pour nous, c'est extrêmement en lien

avec ce qu'on fait actuellement.

M. Kotto : Oui, mais c'est

ça. On ne se contredit pas, on dit la même chose.

Mme Lagacé (Line) : Non, tout à

fait.

M. Kotto : Vous êtes un

laboratoire vivant de l'approche que nous sommes en train de discuter ici.

Mme Lagacé (Line) : Oui, je pense que

oui. Oui, tout à fait.

M. Kotto :

Non, mais c'est ça, c'est exactement ça. Mais ma crainte, c'est ça, ma crainte est à

l'effet qu'en ciblant avec autant de

finesse l'immigration en lien avec les besoins en main-d'oeuvre au Québec en général on n'en arrive pas à la situation à

laquelle vous vous trouvez aujourd'hui, c'est-à-dire — on en

parlait avec la ministre, d'ailleurs — vous passez d'une catégorie de personnes qui peut-être ont été diplômées en

philosophie mais qui sont exclues parce que ne rentrant pas dans la case des

besoins réels du marché, mais qui cependant pourraient, considérant leur niveau d'études,

s'adapter, ou suivre, ou s'orienter ailleurs

pour finalement postuler, un an ou deux ans plus tard, à un poste

qui est en demande.

Mme Lagacé

(Line) : Notre vision à nous

est vraiment une vision davantage économique, donc

c'est sûr qu'autant la déclaration d'intérêt et la volonté de pouvoir faire une plus grande

adéquation correspond à 100 % aux objectifs de notre organisation.

De manière

plus générale, donc, vous parlez du volet plus de société,

donc l'ouverture sur la diversité et d'avoir dans cette diversité-là des avenues différentes et non pas seulement

celles axées... Nous sommes aussi en accord avec cette vision-là. Les autres énergies, c'est-à-dire l'attraction

d'étudiants étrangers, par exemple, le fait de pouvoir faire en sorte

que l'attraction n'est pas

strictement économique, ce qui est notre cheval de bataille, mais être beaucoup

plus large que ça va, je crois,

aussi amener cette diversité économique, diversité culturelle qui permet d'avoir dans ce

bassin-là des origines

ou des profils qui seraient différents et qui ne seraient pas nécessairement rattachés aux besoins de main-d'oeuvre

analysés ou identifiés de façon économique.

Mais, pour nous,

comme organisation, c'est sûr que c'est notre cheval de bataille, et, pour

nous, ça répond adéquatement, bien sûr, aux objectifs que nous en avons,

du volet économique. Non, mais je comprends que le volet est

beaucoup plus large dans votre question et dans la volonté de la société en

général.

M. Viel (Carl) : Je me permettrais de rajouter juste un exemple. On a vu hier dans les

journaux une activité qui a eu

lieu à Québec, où on a invité... dans les journaux il y a eu

plein de photos, il y a une ouverture qui a été faite aux nouveaux immigrants

qui sont arrivés à Québec, là, les réfugiés, etc., en lien avec le Carnaval. Ça

fait que je pense que ça vient démontrer une

ouverture de la région à voir qu'est-ce qui peut être fait, je ne sais pas si

vous avez vu les photos dans les journaux

hier, mais la volonté, que ce soit de la ville de Québec, d'organiser à tous

les ans une activité pour l'accueil des nouveaux, l'ouverture.

l'autre élément, moi qui est de retour à Québec depuis quelques années, mais on

a aussi la remarque, on voit que...

on l'a dit par les chiffres, il y a une augmentation, et l'ouverture de cette

diversité-là, elle est beaucoup plus omniprésente aujourd'hui qu'il y a x années dans la région. Je

pense qu'il y a une volonté globale, on l'a vu avec le geste qui a été posé

par le Carnaval et la ville hier, là, de

faire cette activité... ou avant-hier, pardon, de faire cette activité-là,

démontre l'ouverture des gens à ce niveau-là.

il faut aussi se rappeler que, lorsqu'on a à attirer des gens, bien il faut

aussi... je vais dire ça comme ça, mais, dans la promotion qu'on fait, on doit aussi leur rappeler qu'il y a

quelques mois dans l'année qui sont un petit peu moins chauds, qu'il y a de la neige. Donc, il faut être

conscient, il faut dire aux gens à quoi ils vont s'attendre ici, alors de voir

justement les gens qui profitent de l'hiver est un bel exemple aussi.

Kotto : Je souris parce que ce que vous venez de dire m'avait

également été conseillé quand... Ce n'était pas évident, ce qui fait que

pendant...

M. Kotto :

Oui. Pendant six ans, j'avais hésité. À la veille de l'hiver, je repartais

avant que ça tombe.

Le Président (M.

Picard) : Il vous reste une minute.

Kotto : Voilà, une minute, juste pour vous dire que j'étais

très ouvert et attentif à l'enjeu de la francisation des travailleurs étrangers temporaires et des

difficultés, et les suggestions que vous faites ont du sens, mais maintenant

il va falloir trouver, nous, une avenue qui

nous permette toujours... Pour justifier les raisons pour lesquelles Québec a,

comment dire, juridiction partagée avec le

fédéral sur la question de l'immigration, quand on a été chercher ces pouvoirs

à Ottawa, c'était justement pour renforcer le filet linguistique français au

Québec. Merci.

M. Viel

(Carl) : Merci à vous.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée

de Montarville.

Mme Roy

(Montarville) :

Merci beaucoup, M. le Président. Mesdames monsieur, merci. Merci pour votre mémoire,

que je lis.

D'abord, je veux vous

féliciter, réussir à attirer, en 2015, 177 travailleurs spécialisés dans

les secteurs des technologies de l'information, du divertissement interactif, du manufacturier, de l'hôtellerie, de la

restauration et du secteur des

finances et des assurances. On sait que c'est que c'est des bons salaires,

c'est des bons emplois. Et, dans cette foulée, ce qui est intéressant, quand on va chercher les travailleurs, on va aussi chercher le conjoint, la conjointe, les enfants. Donc,

vous nous dites : «Ces initiatives

auront permis d'attirer près de 450 nouveaux arrivants», au total, et là

on parlait de 2015. Donc, pour les

efforts qui sont faits par Québec International dans la capitale, chapeau, parce que

c'est du monde actif, c'est du monde

productif, et on bénéficie de leur présence. Et on peut, justement,

vivre ensemble, et ces gens-là s'intègrent.

Je vous amène à la

page 8 de votre mémoire et je vais poursuivre avec la francisation. Il y a

plusieurs choses intéressantes dans votre mémoire. À la page 8, vous nous

dites — et

je suis tout à fait d'accord avec vous : «Le questionnement sur le français est aussi une problématique qui est vécue

autrement dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Ici, l'apprentissage du français n'est pas une option, mais [bien] une

nécessité pour l'intégration.» C'est

vrai. C'est vrai ici puis c'est vrai dans toutes les belles villes du Québec

qui sont vraiment, vraiment francophones. Je suis tout à fait d'accord

avec vous, c'est une nécessité à l'intégration.

Cependant, quand on s'en va du côté du travailleur

temporaire, vous nous dites, à la page 16, que vous souhaiteriez que, là, dans le cas du travailleur temporaire,

les exigences de la langue française soient diminuées, revues à la baisse.

J'aimerais que vous me disiez pourquoi puis

les solutions que vous apporteriez ça, compte tenu du fait que, pour moi,

il y a contradiction dans la mesure où, si

le français, pour être ici, c'est une nécessité à l'intégration, bien ce serait

un frein à l'intégration que de

demander que ces travailleurs temporaires là, bien, ils connaissent moins le

français que les autres. Alors, pourquoi? Puis comment faire pour y

remédier?

Mme Lagacé

(Line) : Bien, on l'a un petit peu abordé tout à l'heure, donc, le

fait, dans le fond, qu'un employeur puisse recruter un individu, que le

niveau de français dont il exige soit peut-être de niveau, au départ, débutant,

intermédiaire

débutant, par exemple, cet individu-là puisse intégrer son poste et puisse

travailler de façon adéquate comme travailleur temporaire pendant un an,

deux ans, trois ans.

Quand on

parle, justement, de diminuer le seuil de français, c'est lorsqu'on désirerait

que cet individu-là puisse bifurquer

vers la résidence permanente par le biais du programme expérience Québec, où,

là, à l'intérieur du programme, on

exige un niveau de français beaucoup plus élevé qui est de niveau intermédiaire

avancé. C'est là où ça demeure... où ça devient un frein, parce que

l'employeur se retrouve très rapidement à seconder son employé pour un an, deux

ans, trois ans dans sa francisation, mais il faut comprendre que quelquefois

c'est un employé soit de niveau technique ou professionnel

qui n'est pas d'office, en termes de capacités langagières ou même

d'apprentissage, quelqu'un qui va être en

mesure d'accélérer ce processus-là. Donc, ça se peut qu'après un an, deux ans,

trois ans cette personne-là n'aie pas atteint

le niveau, mais il fonctionne bien dans l'organisation, puis l'employeur, il

veut le garder, il veut s'assurer que cet individu-là dans lequel il croit, dans lequel... Cet individu-là

participe à sa croissance économique, à son positionnement comme

entreprise, il veut le garder, mais malheureusement les délais font en sorte,

parce que, là, on a maximum de quatre ans... font en sorte qu'il ne peut pas

Ce qu'on dit,

c'est : On devrait, pour ces cas-là, diminuer le niveau de... seuil de

français, parce que c'est quelqu'un qui est intégré, qui fonctionne, qui

continue son apprentissage, mais c'est un peu plus difficile, c'est un peu plus...

Peut-être qu'il est dans une situation où à

la maison, par exemple, sa conjointe ne parle pas français, avec les enfants ça

demeure, par exemple, l'espagnol qui est la

langue dans son milieu, puis que ce n'est que lors de ses cours de francisation

puis au travail qu'il réussit un petit peu à

atteindre... à augmenter ces choses. Ça fait que ce n'est pas des gens qui ne

veulent pas apprendre. C'est des gens

qui sont en processus, mais qui, pour atteindre le niveau exigé, qui est

beaucoup plus élevé que lors de la mise en place du PEQ en 2011, c'est

difficile. Ça fait que ça devient un enjeu majeur.

Ça fait qu'on ne parle pas de diminuer le seuil

de français exigé pour que la personne puisse venir ici. Même l'employeur,

souvent, va exiger un niveau de français pour pouvoir l'embaucher, parce que,

pour lui, puis c'est là où il n'y a pas de

contraire dans ce qu'on a mentionné, c'est que l'employeur, il l'a analysé,

puis il est souvent exigeant dans son

niveau de français lorsqu'il embauche, mais... Le niveau de français

intermédiaire débutant est probablement suffisant pour la vie en communauté, dans son milieu

d'affaires. Il pousse son employé à faire de la francisation, mais c'est

difficile pour son employé d'atteindre... Et c'est là qu'on dit que

c'est peut-être trop exigeant, dans le PEQ, d'avoir le niveau intermédiaire avancé. On pourrait-u diminuer, à la

limite, à un niveau intermédiaire pour permettre justement plus facilement

que cet individu-là puisse passer et que

l'employeur ne perde pas l'employé dans lequel il croit depuis deux ans, trois

ans, quatre ans? Donc, c'est ça.

Mme Roy

(Montarville) :

Je vous remercie pour les précisions. Merci beaucoup.

Président (M. Picard) : Merci. Donc, Mme Lagacé,

Mme Chouinard et M. Viel, je vous remercie pour vos propos aux

travaux de la commission.

Et je suspends les travaux jusqu'à

13 heures, où la commission se réunira en séance de travail.

(Fin de la séance à 12 h 10)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2016-02-11
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-41-1 journal-debats CRC-160211
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierfb49c98328b2f82c825b388f08d7357c3ca01ace

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