House Proceedings — 6 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-04-06
Quebec — Debates (Hansard)
Denise Filion s'adonne à son art depuis
20 ans. Elle a développé sa propre technique et cherche constamment à se
renouveler pour offrir quelque chose de différent. Ses oeuvres se reconnaissent
à sa recherche de lumière et à ses couleurs. Nombre d'entre elles ont été
primées, et ce, tant en Europe qu'aux États-Unis.
À
titre de
député d'Abitibi-Ouest, je félicite Mme Filion pour l'ensemble de son
oeuvre et spécialement pour cet extraordinaire honneur. Bravo, Denise!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député
d'Abitibi-Ouest. Et, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la
parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Chevarie : Merci, Mme la Présidente. Je suis très heureux aujourd'hui
de souligner les efforts et la réussite de deux jeunes Madeliniennes qui ont si bien représenté le Québec au
dernier Championnat de hockey féminin universitaire canadien.
Chloé
Barrette, étudiante en médecine, et Jessica Cormier, étudiante en
administration, ont démontré beaucoup de courage depuis leur départ des
Îles pour parfaire leurs études respectives à l'extérieur. En 2014, toutes les
deux se retrouvaient à l'Université de Montréal pour
entreprendre des études universitaires tout en continuant à pratiquer leur
sport préféré dans un calibre très relevé au Québec.
mars 2016, les Carabins de l'Université de Montréal, dont étaient membres
Chloé Barrette et Jessica Cormier, faisaient
un grand honneur au Québec en remportant la médaille d'or au championnat
canadien de hockey universitaire féminin à Calgary. Félicitations aux Carabins!
Bravo à Chloé et Jessica! Nous sommes très fiers de vous. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Et, pour la suite de nos déclarations, je cède la
parole à M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci,
Mme la Présidente. Samedi dernier, j'ai assisté à la conclusion d'une belle
aventure à laquelle a participé la municipalité
de Saint-Isidore, soit le concours national Kraft Hockeyville. En effet, les
dernières semaines furent des plus
enlevantes pour la petite communauté beauceronne qui a d'abord vu sa
candidature sélectionnée parmi les
quelque 3 200 inscriptions. Elle devenait ainsi la seule municipalité
québécoise dans le top 10 pancanadien du concours. S'en est suivi une première période de votation populaire qui
lui a permis d'atteindre la grande finale face à la municipalité de
Lumby en Colombie-Britannique. Suite à l'ultime ronde de votation, et malgré
les efforts répétés des internautes de l'Est
du Canada, Saint-Isidore n'a pas réussi à décrocher le
titre convoité.
Toutefois, la municipalité mérite quand même un montant de
100 000 $ pour rénover l'aréna local.
Bravo au
comité, qui a oeuvré corps et âme dans l'obtention de cette deuxième position à
l'échelle canadienne! Et, comme l'a
mentionné le maire, M. Réal Turgeon, il s'agit quand même d'une victoire pour
Saint-Isidore : celle de la solidarité et de l'entraide. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci, M. le député de Beauce-Nord. Maintenant, j'invite M. le député de
Saint-François à nous faire sa déclaration d'aujourd'hui.
Hardy : Mme la Présidente, c'est avec fierté que je souligne
aujourd'hui les exploits remarquables en patinage de vitesse d'un athlète amateur demeurant dans le
comté de Saint-François. M. Alex Boisvert-Lacroix, de Sherbrooke, s'est démarqué de belle façon sur la scène
internationale en remportant la médaille de bronze aux Championnats du monde
sur 500 mètres et en terminant au cinquième rang cumulatif en Coupe du
monde sur 500 mètres, avec deux médailles d'argent et deux médailles de
bronze. En plus de s'illustrer avec brio sur la scène nationale avec deux
championnats canadiens sur 500 et
1 000 mètres, M. Boisvert-Lacroix a établi deux records personnels et
un record québécois sur 500 mètres.
Honoré lors
du dernier Gala du mérite sportif de l'Estrie en recevant le prix de l'Athlète
international de l'année, M.
Boisvert-Lacroix est une source de fierté et un exemple vibrant pour notre
jeunesse. Je le félicite donc chaleureusement et je lui souhaite le
meilleur des succès dans sa carrière sportive. Je vous remercie, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Saint-François. Et nous sommes toujours à la rubrique des déclarations
de députés, et je cède la parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente. Le
17 avril prochain, de 16 heures à 18 heures, va se tenir dans
mon comté un événement sous l'égide de l'éducation, et ça va s'appeler
L'éducation ça compte, on lance pour Jeanne-Mance!, à l'aréna Mont-Royal.
Vous le savez
comme moi, les maigres annonces de réinvestissement du dernier budget,
malheureusement, ne sortiront pas les écoles des graves problèmes
engendrés par les compressions successives des dernières années. En ce moment plus que jamais, le gouvernement libéral
mène la vie dure au réseau public de l'éducation. Il est de mon devoir de soutenir une école secondaire de mon
quartier — alors,
les chandails que vous voyez ici, Mme la Présidente, toutes sortes de monde m'ont demandé de les porter en
votre présence. Je vous fais grâce de ça. On connaît l'amour des Québécois
et des gens de mon quartier pour le hockey.
Donc, il y a une
partie amicale suivie d'un concours de tir au but. Le maire
de mon arrondissement, M. Ferrandez, et
moi-même, on sera pour l'occasion les gardiens de but, et une série de
personnalités du monde de la
politique et du spectacle, et même du hockey, vont venir tenter de compter des
buts en faveur de l'éducation. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Mercier, de cette invitation. Et maintenant je cède la parole à M. le député de Maskinongé.
Plante : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, ce matin, c'est avec une immense fierté
que je veux saluer l'exceptionnelle
performance de l'équipe l'Ultime 22369, de l'institut secondaire Keranna,
qui a remporté la première position
de la compétition de qualification du concours First LEGO League qui se
tenait le 18 mars dernier à la polyvalente de Charlesbourg.
L'Ultime 22369
est composée de jeunes dynamiques qui se spécialisent dans des duels d'engins
robotisés. Ces jeunes travaillent
toute l'année pour développer le meilleur robot possible, et les gens de l'institut
secondaire Keranna ont su démontrer leur potentiel lors de cet
événement.
Laissez-moi,
en terminant, Mme la Présidente, féliciter chaleureusement leur travail,
souligner l'équipe-école qui les accompagne, ainsi leur souhaiter la
meilleure chance dans les futures étapes de leur projet. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Maskinongé. Maintenant, je me tourne vers M. le député de Drummond—Bois-Francs
pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Le Centre de ressources
pour hommes Drummond fait un travail remarquable. C'est un organisme
d'accueil et d'écoute où les participants peuvent briser l'isolement, s'adapter
à une situation éprouvante, regagner la confiance en eux en développant leur
estime de soi. Le centre offre de l'aide et de l'accompagnement aux hommes qui vivent des difficultés d'ordre personnel
ou professionnel. Il leur fournit des conditions facilitantes pour parler de leur vécu. On y retrouve un café-bistro, un
accès à des cuisines collectives. On y tient des ateliers de discussion, des déjeuners-causeries et des
conférences sur la réalité masculine et des formations sur l'accueil des hommes
en situation de vulnérabilité.
centre fait la promotion d'un modèle positif, notamment en y invitant des
personnalités inspirantes. La région de Drummondville est choyée de
profiter d'une telle ressource. Félicitations à toute l'équipe du Centre de
ressources d'hommes Drummond!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Et maintenant je me tourne
vers M. le député de Sherbrooke et je lui cède la parole.
Fortin (Sherbrooke) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais féliciter
M. Roger Noël, qui a été sacré 30e Grand
Estrien par la Chambre de commerce de Sherbrooke vendredi dernier dans le cadre
du Gala Reconnaissance Estrie 2016.
Diplômé
de l'Université de Sherbrooke, Roger Noël a débuté sa carrière en tant que
professeur titulaire au sein de ce
même établissement. Son leadership mobilisateur lui a fait gravir les échelons,
dans le plus grand intérêt des étudiants, qui le voyaient comme un
modèle.
Tout
au long de sa carrière, il s'est impliqué avec passion. Il a joué un rôle
déterminant dans la création de plusieurs entreprises en Estrie. Dévoué
pour la jeunesse, ce visionnaire a toujours eu à coeur la relève
entrepreneuriale.
Depuis
sa retraite, il a pris la présidence de l'Accélérateur de création
d'entreprises technologiques, qui a pour mission notamment de favoriser
l'émergence d'une culture entrepreneuriale parmi les jeunes talents de notre
région.
Noël, félicitations pour vos réalisations et votre implication! Votre parcours est
inspirant. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le député de Sherbrooke. Et,
pour la dernière déclaration d'aujourd'hui, je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la
Présidente, aujourd'hui, je désire souligner les 40 ans de l'Aqua-Neige,
du parc régional de Val-d'Irène, l'un des événements les plus durables de mon
comté. L'Aqua-Neige est une compétition qui consiste en la descente d'une pente
de 700 pieds pour traverser le lac Picalo, long de 65 mètres, sur ski
ou en planche à neige. Chaque année,
depuis 40 ans, plusieurs participants et des centaines de spectateurs du
Québec et du Nouveau-Brunswick affluent à la station de ski. L'événement comprend des compétitions mais aussi
des spectacles de soirée et plusieurs activités pour tous.
Je désire saluer les pionniers qui ont vu juste
dans l'idée d'exploiter cette montagne à des fins récréatives et sportives il y a 40 ans. Je désire également
féliciter tous les employés et les bénévoles qui travaillent depuis si longtemps
à cet événement annuel qui annonce la fin de
l'hiver et l'arrivée du printemps. Les efforts soutenus et concertés de ces
gens et de la MRC de la Matapédia ont
d'ailleurs conduit à des investissements gouvernementaux majeurs au fil des
ans, dont un nouveau chalet de ski
principal et un lot d'hébergements locatifs aux touristes en 2013, auquel j'ai
été associé à
titre de ministre du Tourisme et de député.
Longue vie à l'Aqua-Neige et à ses artisans! Bon
40e! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci, M. le député de Matane-Matapédia.
Et ceci met fin à la rubrique des déclarations
de députés. Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Je voudrais vous... Vous avez failli vous
asseoir, hein? Je n'ai pas dit de vous asseoir.
J'ai le plaisir de souligner la présence dans
nos tribunes du haut-commissaire de la République de l'Inde, Son Excellence
M. Vishnu Prakash, à l'occasion de sa visite officielle. M. Vishnu
Prakash.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui. M. le
Président, je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Le Président : Alors, à
l'article a du feuilleton, M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux présente le projet de loi
n° 92, Loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance
maladie du Québec et modifiant diverses dispositions législatives. M. le
ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, merci. Je vous souhaite une
guérison rapide de votre petit mal de gorge. Alors, je dépose aujourd'hui... Je présente aujourd'hui, M. le
Président, le projet de loi n° 92, Loi visant à accroître les pouvoirs
de la Régie de l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions
législatives.
Ce projet de loi modifie la
Loi sur l'assurance
maladie afin notamment de permettre à la Régie de l'assurance maladie du Québec
de recouvrer d'un professionnel de la santé ou d'un tiers une somme
illégalement obtenue d'une personne assurée,
sans qu'une demande de remboursement ne lui soit présentée au préalable. Le projet de loi prévoit des sanctions administratives pécuniaires applicables aux
professionnels ou aux tiers ayant réclamé ou obtenu un paiement à l'encontre de la loi ainsi qu'une augmentation
du montant des amendes applicables dans ces cas. En outre, le délai dont
dispose un professionnel ou un tiers pour
contester devant la Cour supérieure ou la Cour du Québec une décision de la
régie visant des paiements non autorisés est
réduit de six mois à 60 jours. De plus, le projet de loi permet à la régie
de réclamer de quiconque ayant aidé
une personne à obtenir ou à utiliser sans droit une carte d'assurance maladie
le coût des services assurés qu'elle a assumé. Le montant des amendes
applicables est également augmenté dans ces cas.
Cette loi est aussi modifiée afin de prévoir, pour
les dispensateurs qui fournissent des orthèses, des prothèses ou
d'autres appareils assurés, des dispositions similaires à celles applicables
aux professionnels de la santé, notamment à
l'égard du recouvrement par la régie de paiements non autorisés réclamés ou
obtenus par ces dispensateurs. Le projet de loi permet à la régie de communiquer des renseignements obtenus pour
l'exécution de cette loi à un corps de police ainsi qu'à certains ministères et organismes si ces renseignements sont
nécessaires aux fins de prévenir, de détecter ou de réprimer une infraction à la loi applicable au
Québec. Il prévoit de réprimer une infraction à la loi... Je m'excuse. Il
prévoit que les modalités et délais applicables au changement de statut
d'un professionnel participant désengagé ou non participant doivent être déterminés par règlement du gouvernement. Par
ailleurs, le projet de loi supprime l'obligation de prescrire par règlement le contenu des
formulaires utilisés par la régie. En outre, il permet à la régie d'exiger que
les relevés d'honoraires ou les
demandes de paiement des professionnels de la santé lui soient transmis
uniquement sur support informatique.
Par ailleurs,
ce projet de loi modifie la
Loi sur l'assurance médicaments afin de permettre à
la régie de recouvrer d'un fabricant ou d'un grossiste en médicaments un
montant correspondant aux ristournes, gratifications ou autres avantages non autorisés qu'il a consentis. Des
sanctions administratives pécuniaires et des infractions pénales sont prévues
dans les cas où un fabricant ou un grossiste
consent de tels avantages et dans ceux où un pharmacien en reçoit. De plus, le
projet de loi permet au ministre de prévoir
par règlement de telles sanctions administratives applicables par la régie pour
tout autre manquement par un fabricant ou un
grossiste à une condition ou un engagement prévu par règlement du ministre.
Le projet de
loi prévoit que le délai de prescription applicable aux poursuites pénales
prises en vertu de la
Loi sur
l'assurance maladie ou de la
Loi sur l'assurance médicaments est établi à un an
depuis la connaissance par le poursuivant de la perpétration de
l'infraction.
Enfin, ce
projet de loi modifie la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec afin
notamment d'attribuer des pouvoirs
d'inspection à la régie. De plus, le projet de loi permet à la régie de
demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction dans toute
matière se rapportant à une loi qu'elle administre, M. le Président. Voilà.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de
l'opposition.
M. Drainville : M. le président,
nous aimerions des consultations particulières sur ce projet de loi.
Le Président : M. leader du
gouvernement.
M. Fournier : ...échanges à
ce sujet, M. le Président.
Le Président : Alors, je
rappelle : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de
loi?
Le Président : Donc, c'est
adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, je dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite le 25 février 2016 par le député
de Saint-Jean de même que la réponse du gouvernement aux pétitions présentées par la députée de
Vachon le 10 mars 2016.
Le Président : ...documents
sont déposés.
Il n'y a pas de rapports de commissions, pas de dépôt
de rapports de commissions.
Donc, nous
sommes rendus à la rubrique Dépôt de
pétitions. J'ai reçu la demande de M. le député de Verchères pour le dépôt d'une pétition non conforme. Est-ce que
j'ai un consentement? Consentement. M. le
député de Verchères,
nous vous écoutons.
Bergeron : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 321 pétitionnaires, citoyennes
et citoyens du Québec et plus particulièrement de la municipalité de Val-des-Monts.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'en 2013 le ministre de l'Éducation du Québec a
accordé le financement à la commission
scolaire des Draveurs pour la
construction d'une nouvelle école dans le secteur sud de Val-des-Monts pour
répondre aux besoins des Montvalois
et des citoyens de la zone blanche du nord-est de Gatineau
et que Val-des-Monts s'est engagée à fournir gratuitement un terrain à
la commission scolaire des Draveurs;
«Considérant qu'aucun terrain ne permet de construire cette
école dans la zone prévue dans l'actuel périmètre d'urbanisation du secteur Perkins, ce qui nous
oblige à demander l'exclusion de la zone agricole d'un terrain à l'extérieur de ce périmètre afin de
permettre la construction;
«Considérant que, suite aux analyses des experts de la municipalité et de la commission scolaire des Draveurs, le conseil municipal et la commission
scolaire [...] ont unanimement convenu d'un terrain et qu'ils sont appuyés par la MRC des
Collines-de-l'Outaouais et ses six autres municipalités constituantes;
«Considérant que plus de 150 élèves de
cinquième et sixième année de l'école L'Équipage sont relocalisés à Gatineau,
à plus de 20 kilomètres de leur école d'appartenance, ce qui requiert
entre 1,5 et trois heures de transport chaque jour, et que d'ici la
rentrée 2017 plus de 270 élèves se retrouveront dans la même situation;
«Considérant que les Montvalois n'ont plus le temps d'attendre
et que cette nouvelle école est cruciale pour leur avenir;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'adopter un décret ministériel
pour exclure le terrain sis au 687 chemin Fogarty de Val-des-Monts de la
zone agricole.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Je vous remercie, M. le Président.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
aussi reçu de la part de M. le député de Lac-Saint-Jean une demande de dépôt d'une pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M. le député de
Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 324 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que nous souhaitons sauvegarder
l'éducation publique au Québec;
«Considérant que nous souhaitons protéger
l'école de nos enfants;
«Considérant
que les compressions budgétaires qui ont cours depuis quelques années en
éducation ont de nombreux impacts négatifs sur la qualité de vie des
milieux éducatifs et nuisent à la persévérance et à la réussite scolaires;
«Considérant
que la persévérance et la réussite scolaires sont essentielles au développement
d'une société en santé,
engagée et prospère;
«Considérant que l'augmentation du ratio d'élèves par classe ne favorisera pas un
enseignement de qualité pour nos enfants;
«Considérant que ces coupures auront de graves conséquences
aux élèves en difficulté — TDA,
TDAH, TED, dyslexique et autre — via l'accessibilité à des
services;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
parents, citoyens et citoyennes du Québec, demandons à l'Assemblée nationale de
convaincre le gouvernement d'annuler les compressions proposées en éducation
et de prendre les moyens pour assurer un investissement important et adéquat dans la qualité de l'environnement
éducatif des écoles afin de faire de l'éducation publique une véritable
richesse, capable de répondre aux besoins de tous les élèves.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le nouveau chef du Parti libéral du
Québec avait pris l'engagement de changer son parti. Après les scandales
qui l'ont éclaboussé et qui ont mené à la commission Charbonneau, le premier ministre s'est fait élire en disant qu'il ne
ferait aucun compromis sur les questions éthiques, sauf qu'il y a 12 ministres
et 33 députés qui appartiennent au passé libéral, et l'affaire du député de
Louis-Hébert est un test pour lui.
Lorsque le
passé l'a rattrapé, il aurait pu choisir de dénoncer la situation, choisir de
ne rien laisser passer, choisir de
montrer aux Québécois et aux Québécoises qu'il avait véritablement l'intention
de changer son parti. Eh bien, le premier ministre a plutôt choisi le chemin inverse. Pour la première fois, un
ministre suspendu du Conseil des ministres conserve tous ses privilèges. Le premier ministre a décidé
de créer un précédent là où son prédécesseur Jean Charest ne l'avait pas
fait. Il a disculpé le député de
Louis-Hébert, il est allé jusqu'à comparer sa situation à un congé de maladie.
Il lui a laissé tous ses privilèges et il l'a autorisé à se défiler en
Floride.
Est-ce que le
premier ministre va comprendre la population? Va-t-il écouter son écoeurantite
et va-t-il cesser d'avoir du mépris à
son endroit? Est-ce que le premier ministre va démettre le député de
Louis-Hébert de tous ses privilèges de ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais réaffirmer aujourd'hui qu'il y a eu effectivement des changements importants à apporter au Parti libéral du Québec
dans ses façons de faire, dans sa vie hebdomadaire, même dans sa vie quotidienne, dans ses pratiques de financement, de
recrutement de membres. Je vais
répéter encore une fois ce que j'ai dit
à plusieurs reprises en demandant aux oppositions de dire la même chose, si du moins
elles le pouvaient, c'est que, chez
nous, toutes les associations de comté représentées par des députés ont les
mêmes objectifs modestes de financement, qu'on soit ou non membre du Conseil
des ministres. Ça m'apparaît absolument
élémentaire, et c'est ce qui a été mis en place. Je parlerais également d'autres réformes, mais elles sont d'autres
natures qui intéressent moins le sujet que le collègue touche aujourd'hui,
qui est, bien sûr, la situation du député de Louis-Hébert.
J'ai
expliqué, encore une fois, hier que je suis attaché, oui, aux principes
éthiques et aux principes de non-tolérance envers quelle que déviation à l'éthique que ce soit, mais je suis également
attaché au principe naturel de justice qui fait qu'avant que nous nous prononcions et que des sanctions soient mises en
place on doit s'assurer que la personne mise en cause a eu l'occasion d'être entendue par un arbitre impartial dans une
ambiance propice à un débat et à une réflexion, et les décisions vont
suivre, M. le Président.
Nous avons d'ailleurs
une motion, je crois, aujourd'hui, proposée par l'opposition officielle, à
laquelle nous allons souscrire, parce qu'il faut avoir le plus d'éléments possible d'examen de cette situation,
et je crois qu'on doit le faire, qu'on doit le faire correctement en
manifestant, bien sûr, notre préoccupation constante envers les questions
éthiques, mais également — et
je crois que le chef de l'opposition
officielle lui-même l'a dit ce matin,
le salon bleu n'est pas un tribunal, c'est lui-même qui l'a dit — les
principes naturels de justice doivent être respectés, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Péladeau : Merci, M. le
Président. Est-ce que le premier ministre peut nous expliquer quelles sont les responsabilités supplémentaires du député de
Louis-Hébert lorsque nous les comparons avec le député de Marguerite-Bourgeoys, avec la députée de Laporte, avec le
député de Chomedey? Pourquoi a-t-il une limousine, un garde du corps et
une prime de 68 000 $?
Est-ce que le
premier ministre peut expliquer à tous ceux et celles qui nous écoutent, à la
population, sa logique?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, il y a plusieurs éléments. D'abord, encore une fois, que, malgré ce
qu'on entend et ce qu'on a dit ici
cette semaine, plusieurs faits demandent vérification et confirmation. Il y a
trois éléments ou trois angles dans l'affaire
qui nous intéresse cette semaine. Il y a d'abord la transaction elle-même entre
le gouvernement et l'entreprise. À
date, je n'ai pas vu d'élément qui me permette de dire ou même de soupçonner
que cette transaction a été faite de
façon différente ou irrégulière. Deuxièmement, il y a l'aspect de lobbyisme,
clairement, qui est mentionné. Et
d'ailleurs on a un projet de loi à l'étude pour faire en sorte que les
titulaires de charge publique aient la responsabilité de demander
maintenant l'inscription au registre du lobbyisme des personnes qui les
contactent. Et il y a l'aspect de financement politique qui a été pris en
charge par le DGE.
Donc, il y a
autant d'éléments que ceux que je viens de mentionner qui vont faire l'objet
d'un examen approfondi, et je suis à l'écoute, je ne minimise pas la
situation, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Péladeau : Merci, M. le
Président. Nous l'avons entendu hier, le premier ministre nous a dit que le
député de Louis-Hébert est parti en Floride sans son autorisation. En lui
laissant ses privilèges de ministre, ministre de rien, le premier ministre,
tout comme son député, fait malheureusement oeuvre d'absence de jugement.
M. le Président, quand le premier ministre
va-t-il enfin faire preuve de jugement et de leadership et démettre le député
de Louis-Hébert de ses privilèges?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je répète que cette situation évolue, elle va évoluer, et que je suis en
réflexion constante sur la question
tous les jours et toutes les heures de la journée, je dirais même, et même
parfois plus loin que la journée. Ce n'est pas une situation que je prends à la légère du
tout. Et j'ai à coeur, bien sûr, de protéger l'intégrité de l'État,
absolument, avant tout, mais également d'assurer qu'ici nous suivions des
principes de justice naturelle qui m'apparaissent élémentaires.
Maintenant,
on verra l'évolution. Demain, notre collègue revient ici. Il aura l'occasion de
s'exprimer, et de parler aux médias,
et de présenter son point de vue. On va être à l'écoute. Cette situation, comme
je le dis, peut évoluer, elle va évoluer certainement. Mais, encore une fois,
je veux répéter pour la population qui nous entend que je ne la minimise pas.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Péladeau : Merci, M. le
Président. Le leader du gouvernement, moins flamboyant qu'à l'accoutumée, a monopolisé toutes les réponses du gouvernement
hier en nous parlant de la présomption d'innocence. Nous ne sommes pas un tribunal ici, nous sommes à l'Assemblée
nationale. C'est de jugement dont il est question, et le premier ministre
est en train de nous faire la preuve qu'il en est malheureusement complètement
dépourvu.
Alors, quand
va-t-il retirer au député de Louis-Hébert tous ses privilèges? Ou endosse-t-il
les liaisons dangereuses avec Marc-Yvan Côté?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je veux juste m'assurer que chacun et chacune d'entre nous aient accès à la
capacité d'être entendu, comme,
d'ailleurs, ça a été le cas pour mon collègue lorsque le Commissaire à
l'éthique l'a entendu. Je pense que
ce qu'il a demandé pour lui, il devrait, par équité, le demander pour notre
collègue de Louis-Hébert également.
Alors, cette audition va se faire et elle doit
se faire rapidement, et je souhaite qu'elle se conclue rapidement également. Je ne crois pas que de prolonger cette
question-là soit dans l'intérêt public. Je vois que, dans la motion, on fixe un
échéancier précis pour la réception des rapports, bien sûr, du Commissaire à
l'éthique, mais éventuellement du Vérificateur
général. Je crois que c'est dans les limites de ce qui peut être raisonnable,
mais il ne faudrait pas que les délais s'allongent, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau : Merci, M. le
Président. Vous le savez, j'ai été responsable du ministère de l'Économie et
d'Investissement Québec et je connais donc très bien les processus...
Président : S'il vous plaît! Je peux me passer de vos
commentaires ce matin, là. Je ne peux pas crier fort, mais vous allez m'entendre. Il n'y a qu'une personne
ici qui a le droit de parole, c'est le député de Rousseau, c'est clair? C'est
clair? M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Je connais donc très bien les processus dans les deux organisations. L'aide
financière à Premier Tech a été prise
sur le Fonds du développement économique du ministère, pas sur les fonds
propres d'Investissement Québec. Dans
un tel cas, c'est le ministère de l'Économie qui a fait les analyses et pris la
décision. La ministre de l'Économie a sous
la main les analyses, les documents, les montants. Elle connaît leur évolution
dans le temps. Les reportages d' Enquête
révèlent des courriels qui sont très
limpides : «On partait de loin, mais on a travaillé fort pour ne pas avoir
le statu quo.»
M. le Président, le premier ministre s'est engagé à la plus grande transparence. Aujourd'hui, les Québécois lui demandent de respecter la parole
donnée.
La ministre va-t-elle rendre publics l'ensemble
des documents du ministère et d'Investissement Québec, du premier au dernier?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, merci à mon collègue de l'opposition pour la
question. De mon côté, au sein du
ministère et avec Investissement Québec, j'ai demandé à ce que tous les
documents soient rassemblés par
rapport à la discussion que nous avons aujourd'hui par rapport à l'entreprise
et aux subventions qui ont été accordées à cette entreprise. Alors, j'ai demandé à mon
ministère et Investissement Québec de ramasser toute l'information et de la
soumettre au Commissaire à l'éthique. C'est une demande qui a été faite.
pourquoi je fais ça? Pour nous assurer de la plus grande transparence. Avec les
documents qui ont été donnés, évidemment,
ça ne conclut pas la chose. Si jamais il y a quelque autre information que nous
devons recevoir de... quelque autre
demande que nous devons recevoir de la part du commissaire, il est évident que
mon ministère va s'assurer de la plus entière
des collaborations et de la plus entière des transparences pour nous assurer de
la rigueur du processus qui est en place. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, tout d'abord, la ministre vient de
reconnaître, donc, qu'elle a toute l'information dans son ministère. On
en convient donc. Deuxième chose, de rendre publics les documents pour
l'ensemble de la population, les Québécois
le réclament. Ça ne change pas la capacité du Commissaire à l'éthique de mener
son enquête. L'un et l'autre ne sont pas incompatibles.
les Québécois veulent savoir, les Québécois veulent connaître. Il y a un bris
de confiance, M. le Président. Il est nécessaire que la ministre dépose
ces documents pour l'ensemble des Québécois.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Je pense que c'était utile que notre collègue
sache que, du côté du ministère, tout a été mis en oeuvre pour que
l'ensemble des informations soient données au commissaire qui mène l'enquête.
Maintenant,
le commissaire mène l'enquête à la demande non seulement du député de
Louis-Hébert, mais du leader parlementaire
de l'opposition officielle ainsi que du député de La Peltrie. Je le vois
dans le communiqué du Commissaire à l'éthique. Et d'ailleurs je sais que
Québec solidaire l'avait aussi demandé.
partis ont demandé au commissaire de mener l'enquête, pas à l'Assemblée
nationale de mener l'enquête, au commissaire. Et l'Assemblée nationale
doit se comporter dans le respect de la confiance que nous avons donnée à ce
commissaire...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...et de la demande qui a été faite qu'il fasse enquête.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : Merci, M. le Président. Rien n'empêche, rien ne va
bloquer l'enquête du Commissaire à l'éthique de rendre publics les
documents pour redonner confiance ou pour, en tout cas, donner l'information à
la population québécoise. Ça n'empêche en rien le travail du Commissaire à
l'éthique. Il y a un bris de confiance important dans la population. Il y a un
ministre de rien au gouvernement. M. le Président, ce serait normal.
Qu'est-ce qui empêche
la ministre de rendre publique cette information? On veut comprendre.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je vais citer au texte le chef de l'opposition
officielle, qui disait ce matin : «Le salon bleu n'est pas un tribunal...» Et ce que nous avons décidé, à
l'Assemblée nationale, sachant cela, c'est de nous donner des outils
dans des circonstances comme celle-là.
qui est encore plus précis, c'est que les partis de l'opposition, donc le parti
même de mon collègue qui pose la
question, ont demandé que cette enquête soit menée par le Commissaire à
l'éthique justement pour que la population sache que cela se fait de façon objective et indépendante de la
partisanerie que l'on peut voir et assister ici, à l'Assemblée. C'est la
raison pour laquelle il y a eu du travail pour se donner un code d'éthique et
qu'on a un commissaire.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Alors, bien sûr que cela contreviendrait à son enquête si on procédait
différemment de la loi.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, rappelons les faits qui secouent le gouvernement libéral dans
les derniers jours. Jeudi soir, l'émission Enquête
a rapporté des informations très préoccupantes au sujet d'échanges
d'information entre le député de Louis-Hébert et Marc-Yvan Côté. Le
lendemain, vendredi dernier, le député de Louis-Hébert a avoué lui-même avoir fait le suivi du dossier et avoir
rencontré Marc-Yvan Côté. Je le cite : «Oui, je l'ai rencontré. Bien sûr,
il m'a parlé de son dossier.»
Hier,
j'ai demandé au premier ministre de reconnaître que le député de Louis-Hébert
avait manqué de jugement. Il a refusé, prétextant qu'ils attendent le
rapport du Commissaire à l'éthique.
son député de Laurier-Dorion, lui, n'a pas la même opinion. Hier, le député
libéral de Laurier-Dorion a dit que,
selon lui, avec les informations qu'il a actuellement, le député de
Louis-Hébert aurait dû être plus prudent, il aurait dû garder ses
distances de Marc-Yvan Côté. Son député qui a dit ça.
Donc,
m'inspirant de son député, est-ce que le premier ministre peut nous dire si le
député de Louis-Hébert aurait dû être plus prudent? Et, encore une fois,
est-ce que, selon lui, le député de Louis-Hébert a manqué de jugement en
communiquant avec Marc-Yvan Côté?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Il faut toujours être prudent. Et on sait très bien également que,
lorsqu'il y a des échanges entre le
gouvernement et les entreprises pour un soutien financier, il y a des échanges
continus qui se font. C'était le cas quand il était membre d'un gouvernement, c'est encore le cas maintenant, puis
ce sera encore le cas au cours des prochaines années.
qui est particulièrement important dans ces circonstances-là, c'est que les
dispositions de la
loi sur le lobbyisme s'appliquent. Actuellement, dans
le texte actuel de loi, bien, la loi n'impose pas aux titulaires de charge
publique de vérifier ou de demander une
inscription au registre de la personne qu'ils contactent, ce qui sera corrigé
dans le projet de loi qui est à l'étude actuellement devant l'Assemblée
nationale.
Mais
également important, me semble-t-il, c'est la nature profonde de la
transaction. Est-ce qu'elle s'est faite de façon régulière ou non?
Est-ce que l'aide demandée par rapport à l'aide donnée est proportionnelle par
rapport à des circonstances semblables pour
des entreprises de taille similaire, surtout considérant l'importance des
entreprises pour l'économie régionale du Bas-Saint-Laurent? Alors, voici
les éléments sur lesquels on va se pencher.
Maintenant, je
remarque que mon collègue a dit en réponse à une question ce matin :
Quelles que soient les questions... les
conclusions du Commissaire à l'éthique, pardon, le député de Louis-Hébert doit
quitter le Conseil des ministres.
Donc, il a déjà pris sa décision, il a déjà fait le procès. Alors, moi, ce que
je dis, c'est que les principes de justice doivent être appliqués, que l'examen doit se faire et doit se faire de
façon impartiale. Mais, encore une fois, je veux lui répéter, et je le
dis très sincèrement, je ne prends pas cette situation à la légère.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, je comprends que le député de Louis-Hébert est un ami du
premier ministre. Je comprends qu'il a
coprésidé sa campagne au leadership. Je comprends que le premier ministre vit
des moments difficiles. Mais c'est justement dans les moments difficiles
qu'on voit le leadership d'un dirigeant.
Est-ce
que, par leadership, il ne pourrait pas au moins aujourd'hui reconnaître que le
député de Louis-Hébert a manqué de jugement d'échanger des informations
avec Marc-Yvan Côté?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : La première chose que je vais dire en réponse à la question de mon
collègue, c'est que la décision qui
sera prise ultimement va être prise avant tout dans l'intérêt supérieur de
l'État du Québec, bien au-dessus de toutes les autres considérations. Et, pour ça, j'ai besoin d'avoir plus
d'information, plus d'éléments de réponse sur les trois aspects : la transaction elle-même, le lobbyisme, dont j'ai
parlé il y a quelques instants, et la question du financement politique.
Je vais assurer mon
collègue que, lorsque cette décision sera finalisée, si elle est différente de
la décision actuelle, ce sera avant tout
dans l'intérêt supérieur de l'État et des citoyens du Québec, bien au-dessus de
toute considération d'amitié ou quelque autre circonstance semblable.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, même le
député libéral de Laurier-Dorion reconnaît que le député de Louis-Hébert
a été imprudent. Est-ce que je dois
comprendre des réponses du premier
ministre que lui aussi aurait accepté
d'échanger des informations avec Marc-Yvan Côté?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, franchement! Restons raisonnables, là. On parle
d'événements qui se sont déroulés en
2012, il y a eu deux élections générales depuis cette
époque-là. Alors, quand même, on n'est pas dans le moment présent, on
est dans l'examen rétrospectif d'une situation qu'il a bien décrite et qu'on
connaît tous très bien.
Est-ce que
le député de Louis-Hébert aurait dû être plus prudent? Certainement qu'il aurait dû être plus prudent, certainement, pour les
questions de lobbyisme, parce qu'on doit toujours s'assurer que les personnes qui nous contactent
de façon légitime... Parce que je voudrais quand même répéter ici, M. le Président, que ce n'est pas illégitime pour une entreprise qui négocie avec le gouvernement d'entrer en contact avec les représentants du gouvernement
pour les circonstances dans
lesquelles l'aide va être apportée, c'est même nécessaire, mais ça doit se
faire sous le couvert de l'application de la loi antilobbyisme, qui va être
améliorée avec le projet de loi qu'on a devant nous. Mais je veux...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...encore une fois répéter, M.
le Président, que la décision sera
finalisée dans l'intérêt supérieur du Québec avant tout.
Le Président :
Principale, M. le député de La Pinière... de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. J'aimerais vous citer le juge John Gomery :
«Ceux qui ont accepté de M. Corriveau
et de M. Brault, au nom du Parti
libéral du Canada du Québec, des contributions en liquide et d'autres avantages malhonnêtes
se sont déshonorés et ont déshonoré le parti politique qu'ils étaient
censés servir. C'est pour cette raison que l'on doit blâmer Michel Béliveau, Marc-Yvan Côté, Benoît Corbeil et
Joseph Morselli...» Qu'ont fait, suite à ça, Paul Martin et son lieutenant du Québec, le regretté Jean
Lapierre? Ils ont banni Marc-Yvan Côté du Parti libéral du Canada. Qu'a fait le Parti libéral du Québec, lui,
de son côté? Ils ont, pour 2007, 2008 et 2009, émis des certificats de
solliciteur à Marc-Yvan Côté. On a demandé au déshonorant Marc-Yvan Côté
de collecter des fonds.
Combien de Côté
dollars ont été engrangés dans les coffres du Parti libéral du Québec?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Lorsque
notre collègue s'est levé pour citer les conclusions d'une commission
d'enquête, je n'ai pas pu faire autrement que de regarder la
transcription qu'on m'a remise il y a quelques minutes de la conférence de presse
de son chef. Et, à la question qui lui a été posée, qui est celle-ci : «Si je comprends bien, [M. le chef de la deuxième
opposition], pour vous, peu importent les conclusions du Commissaire à
l'éthique, [le député] ne doit pas revenir au Conseil des ministres?», il
répond : «Exactement.»
trouve qu'il y a, juste dans le questionnement et la façon dont les deux collègues posent la question, une
incohérence et une contradiction
assez flagrantes. Est-ce qu'on peut,
est-ce qu'on doit laisser nos institutions faire leur travail pour arriver aux conclusions ou si on les tire à
l'avance, ces conclusions? De toute évidence, le chef de la deuxième opposition
ne s'est pas empêtré dans le droit des
citoyens dans la présomption d'innocence, dans la règle audi alteram partem,
dont le Parti québécois nous a si
souvent parlé, M. le Président, et de permettre aux gens de se faire entendre.
Je crois qu'en ce moment ce que nous devrions faire, c'est de respecter
entre autres...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...ce que le député de La Peltrie a fait. Il a
demandé que le commissaire fasse enquête, qu'il fasse enquête.
Le Président :
M. le député de La Peltrie, en première complémentaire.
Caire : M. le Président, voici ce que le regretté Jean
Lapierre avait à dire du bannissement
de Marc-Yvan Côté : «Parce qu'une des personnes les plus
responsables des difficultés de la classe politique et du Parti libéral au Québec,
c'est lui-même, par ses gestes et
par ses agissements, donc, on ne mettra pas, disons, Dracula en charge de la
banque de sang.»
M. le Président, peut-on savoir combien le Parti
libéral a engrangé de Côté dollars
pour avoir vendu son âme à Dracula?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je pense, M. le Président, qu'on va laisser nos institutions, que
ce soit le DGEQ, répondre à cette
question, l'UPAC, répondre à cette question. Incidemment, M. le Président, nous avons nous-mêmes
créé l'UPAC pour qu'ils puissent aller au fond d'enquêtes de ce genre.
Nous...
M. Fournier :
Oui. Bien, je pense, l'autre côté, on ne s'en souvient pas, vous étiez contre.
Je ne sais pas si vous vous en souvenez. Et
vous avez fait la lutte contre ça, alors que je crois que c'était un outil
important et qu'il l'est encore.
Le Président :
S'il vous plaît, M. le député de Verchères!
Fournier : Je fais
une pause pour entendre le dialogue avec mon collègue. M. le Président, il y a des moyens d'enquête. Ce qui m'étonne
depuis hier, c'est que, lorsque l'Assemblée se donne des institutions...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...pour permettre des enquêtes dans le respect des règles, nos oppositions ne
le veulent plus.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, le Parti libéral savait très bien que Marc-Yvan Côté était
toxique. D'ailleurs, Jacques Dupuis, en
février 2007, disait, en parlant de Marc-Yvan Côté, qui était dans les
corridors de l'Assemblée nationale :
«Parce qu'il n'y a pas de retour à l'organisation du PLQ qui se dessine pour lui». Pourtant, deux
semaines avant, on lui a émis des certificats de solliciteur, on lui a
demandé de collecter des fonds.
Je repose ma question :
Combien de Côté dollars avez-vous engrangés?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Encore une fois, M. le Président, c'est la même question, ça va
être la même réponse. Il y a des institutions qui font et qui ont le mandat de faire ces
enquêtes. Et ce qui m'étonne, c'est qu'il n'y a pas vraiment
longtemps, là,
c'était le 1er avril — on
est le 6 avril — la
personne qui pose la question a demandé que, dans cette affaire, le Commissaire
à l'éthique puisse enquêter, entendre les
parties — ce
n'est pas des semaines et des mois après — et, aujourd'hui, son parti dit : Ça ne nous intéresse pas vraiment, les conclusions que
le commissaire va nous donner. Ce qui nous intéresse, c'est de le
condamner aujourd'hui.
Alors, je constate et
je m'inspire du chef de l'opposition officielle, qui a dit ce matin que l'Assemblée
n'était pas...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...un
tribunal. Alors, on pourrait peut-être continuer dans cette philosophie et laisser les
inspections se faire par ceux qui ont le mandat de le faire.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Oui. Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, les voici à
nouveau, ces certificats de sollicitation
émis par le Parti libéral du Québec à Marc-Yvan Côté pour les années 2007, 2008 et
2009. Le malheur, c'est que ce sont trois années où du financement
sectoriel a été identifié et pour lesquelles le DGEQ ne peut rien faire pour
récupérer les sommes collectées illégalement parce que son délai pour
poursuivre s'est écoulé.
Il faut se
rappeler que la commission Charbonneau a sévèrement blâmé M. Côté pour
avoir organisé des activités de
financement de la ministre du MAMROT pendant qu'il profitait de subventions
du ministère, aussi pour avoir utilisé sa proximité avec le PLQ pour obtenir de l'information stratégique sur des subventions. Vous savez, l'échange d'information, c'est un jeu qui se joue à deux, les libéraux sont donc tout
autant à blâmer.
Alors,
pourquoi se permettre de remonter 20 ans en arrière pour poursuivre une entreprise
qui a agi illégalement, mais seulement cinq ou sept ans pour un
parti politique?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Alors, on
ne s'étonnera pas que mes réponses sont identiques, puisque les questions reviennent et sont les mêmes. Alors, je rappelle la motion.
Évidemment, lorsqu'on adopte des choses à l'Assemblée, il faudrait s'en souvenir pour un petit bout de temps au
moins. Le 26 novembre 2015, ça ne fait pas tellement longtemps. C'était
une motion que, d'ailleurs, je
présentais appuyé par le leader de l'opposition officielle, le leader du
deuxième groupe d'opposition, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la députée d'Arthabaska. Résultat : 118 pour, zéro contre. On appelle ça
l'unanimité puis le grand consensus :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de donner suite aux
recommandations de la commission Charbonneau en les étudiant de manière
exhaustive en vue de leur application.»
Je vais me
limiter à ça, je parlerai d'autres motions par la suite. Ces recommandations,
dont on nous demande, au gouvernement, de les étudier de manière
exhaustive en vue de leur application, ce sont des recommandations qui, justement, nous amènent à allonger le délai de
prescription à sept ans parce qu'il y a des raisons qui amènent la commissaire
Charbonneau, dans son rapport, de le
proposer. Déjà, on a annoncé et indiqué que ma collègue de la Justice coordonnait
une équipe pour que nous puissions donner à l'ensemble des recommandations des
suites rapidement de manière à ce que l'ensemble des membres de
l'Assemblée...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...puissent en
discuter dans nos commissions parlementaires, c'est ce que nous allons faire.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Selon la commission Charbonneau, Marc-Yvan
Côté, c'est aussi le même solliciteur qui
a donné plus de 37 000 $ au PLQ jusqu'en 2012 et un autre
34 000 $ par l'entremise des membres de sa famille. Remonter
dans le temps pour aller récupérer des sommes collectées illégalement, c'est la
chose noble et courageuse à faire.
Pourquoi le
gouvernement a-t-il accepté de le faire pour des entrepreneurs corrompus, mais
refuse même d'y penser pour les politiciens?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Ce n'est pas
qu'on ne veut pas y penser, M. le Président, on y a pensé. Le DGE a suggéré...
Le Président : S'il vous
plaît!
Fournier : M. le Président, vous savez, j'apprécie mes
collègues et leurs interventions en cette Chambre, mais je voudrais me permettre, quand même, de compléter
ma pensée. Ce qui est arrivé, c'est que la commission Charbonneau a été créée pour nous donner des indications sur
ce que nous devions faire pour améliorer les choses. Inspirée notamment du DGEQ, elle propose de prolonger, dans la limite
qu'elle considère être ce qui doit
être fait, à une limite de sept ans. Et maintenant j'ai la CAQ qui me
dit : Vous savez, la commission
Charbonneau, nous autres, ça ne fait
pas notre affaire. Pourtant, il n'y a
pas si longtemps, on a adopté des motions disant de les mettre en place. Alors,
je fais simplement dire qu'on peut bien faire un peu de populisme, mais
respecter les commissions serait probablement mieux.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : On
parle au nom du peuple. En 2014, la DGEQ par intérim, Lucie Fiset, est venue
déplorer devant la commission Charbonneau que le financement sectoriel découvert par le DGEQ pour les années
2006 à 2011 était déjà hors délai et qu'il échappait aux poursuites. M.
le Président, c'est ça que les citoyens veulent, que le gouvernement remonte
dans le temps pour récupérer l'argent collecté illégalement pendant toute la
période de la commission Charbonneau.
Alors, en
attendant, le gouvernement peut-il, au moins, mettre l'argent
sale récolté par Marc-Yvan Côté de côté, en fiducie?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Alors, tantôt,
j'ai cité la motion du 26 novembre 2015, mais le député de
Mercier, le 22 mars 2016 — alors,
ça fait encore moins longtemps — déposait
une motion dans laquelle on demandait encore au gouvernement de donner
suite avec diligence aux principes des recommandations du rapport. C'est exactement
ce que nous faisons.
Que vous
n'aimiez pas certaines recommandations du rapport, vous avez le droit, c'est votre
affaire. Mais, si on le lit, le
rapport, on s'aperçoit qu'il y a des raisons pour lesquelles c'est ce qui est
proposé. Moi, M. le Président, quand on
a créé la commission, et depuis et après, on s'est dit maintes fois en
cette Assemblée que nous allions respecter les recommandations pour les
mettre en place, pas que nous allions nous battre pour empêcher qu'elles soient
mises en place.
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, l'affaire révélée par Radio-Canada est claire, Marc-Yvan Côté est intervenu auprès de son ami le ministre et député de
Louis-Hébert pour que l'entreprise dont il était le vice-président du conseil obtienne plus d'argent.
Le décor de toute cette affaire, M.
le Président, c'est l'amitié entre le
député de Louis-Hébert et Marc-Yvan Côté, qui organisait du financement pour le député
de Louis-Hébert. L'amitié va se
continuer bien après que le Parti
libéral du Canada
bannisse à vie Marc-Yvan Côté du Parti
libéral du Canada.
C'est vrai que ça s'appelle des liaisons dangereuses, M. le Président.
Et là le premier ministre fait quoi? Il protège
le député de Louis-Hébert, il défend son intégrité, maintient son salaire, sa limousine et lui permet de continuer à
faire
partie du caucus des députés libéraux, M. le Président. Daniel Bouchard, Tony Tomassi et le député de
Rivière-du-Loup ont tous été écartés du caucus libéral alors
qu'ils étaient sous enquête, pourquoi pas le député de Louis-Hébert?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Pour une raison
bien simple. Quand le leader de l'opposition se lève, il fait sa tirade avec la
conclusion suivante : Nous avons devant nous un condamné. C'est ce qu'il
fait, il déclare une culpabilité. Il prend les éléments qui l'intéressent et il fait... Je le disais hier à un de ses collègues, je ne l'empêche pas de le faire, on est
dans un pays libre, M. le Président.
Mais, dans ce pays libre, il y a aussi des règles, normalement, qui devraient
nous amener à nous interroger sur la
capacité pour des gens de se faire entendre, de présenter leur point de vue,
qu'il y ait un jugement objectif qui
soit posé. C'est tellement vrai que cette Assemblée s'est donné des outils pour
y arriver, qu'il y ait un juge indépendant, un commissaire à l'éthique
qui va faire ces analyses.
Le chef de
l'opposition officielle disait ce matin : Le salon bleu n'est pas un
tribunal. J'aimerais qu'il le dise à son collègue à sa gauche. Non, le
salon bleu n'est pas un tribunal parce que nous avons, effectivement, décidé
qu'un commissaire à l'éthique pourrait faire
la lumière sur l'ensemble de l'oeuvre. Ma collègue du Développement économique
a annoncé que tout serait mis en oeuvre pour que le commissaire puisse faire
son travail le plus tôt possible et que les réponses totales, dans la plus
grande transparence, soient données, M. le Président.
Alors, c'est ce que nous allons faire...
Le Président : En terminant.
Fournier : ...dans le respect des droits et de la liberté.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
...la présomption d'innocence à géométrie variable. Dans le cas du député de
Rivière-du-Loup, là, il a été expulsé
du caucus libéral dès le début de l'enquête du Commissaire au lobbyisme. Tony
Tomassi, out. Daniel Bouchard, out.
M. le Président, on demande au premier ministre actuel, on lui demande juste de
ne pas tomber en dessous des critères d'éthique et d'intégrité de Jean
Charest. On lui demande juste ça.
Est-ce
qu'il peut, au moins, ne pas tomber en dessous de Jean Charest pour ce qui est
de l'éthique et de l'intégrité?
Le Président :
M. le...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement.
Fournier : Le 1er avril, le Commissaire à l'éthique — on est le 6 avril aujourd'hui — annonçait que le leader parlementaire
de l'opposition officielle et député de Marie-Victorin a demandé au commissaire
de faire une enquête concernant le député de
Louis-Hébert, et le député de Louis-Hébert lui-même a suggéré que le commissaire
fasse l'enquête. D'ailleurs, la deuxième opposition et Québec solidaire
ont demandé la même chose.
Pourquoi
ils ont demandé ça? Ils ont demandé ça en se disant : Nous avons une
institution qui va pouvoir aller au
fond des choses et vérifier ce qu'il en est concernant cette affaire-là. Et
honnêtement, jusqu'au début de la semaine, jusqu'à temps qu'ils changent
d'idée, je trouvais que c'était la bonne chose à faire...
Le Président :
En terminant.
Fournier : ...dans la mesure où elle était dans la suite de la
volonté exprimée par l'Assemblée. Pourquoi faut-il changer d'idée
maintenant?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
M. le Président, en matière d'éthique et d'intégrité, l'apparence est aussi
importante que le fond des choses, M.
le Président. Et là, franchement, l'éthique et l'intégrité du député de
Louis-Hébert est sérieusement questionnée,
mise à mal par des faits qui sont avérés, M. le Président. Tout ce qu'on
demande au premier ministre, c'est de
faire ce que Jean Charest a fait avant lui, de mettre à la porte du caucus,
comme il l'a fait, Jean Charest, le député de Rivière-du-Loup, Tomassi
et compagnie...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
C'est là qu'il y a toute la différence de perspective. Selon notre collègue...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il
vous plaît! Je l'ai demandé de
l'autre côté et je voudrais avoir la même approche vis-à-vis
la réponse.
Fournier : Selon le
leader de l'opposition, les faits sont avérés. Alors, il déclare, il est
le tribunal : Je choisis les
faits et je déclare qu'ils sont avérés. Pourtant, vendredi dernier, il
demandait au commissaire de juger ce qui était avéré, d'aller chercher l'ensemble
des faits. Mais aujourd'hui ça ne l'intéresse plus. Aujourd'hui, il veut se
substituer à l'institution qui a été créée. Il veut lui-même
déclarer quelle est la preuve qui est reçue, la preuve qui est crédible et il
impose sa condamnation, M. le Président. Or, ce n'est pas, non, très
respectueux ni des droits des individus...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...mais surtout des institutions qu'on a créées nous-mêmes à l'unanimité.
Respectons-les.
Le Président : Principale, Mme
la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, les événements des dernières semaines ont eu un effet
dévastateur sur la confiance de la population
québécoise à l'endroit du gouvernement libéral. Nous faisons
face à une grave crise institutionnelle. Non seulement le Parti libéral est entaché par de graves allégations, mais la population
finit par se demander en qui elle pourrait bien avoir confiance.
M. le Président, toute la classe politique québécoise doit réagir et travailler ensemble pour
éradiquer la corruption et la collusion qui gangrènent trop souvent la politique
québécoise. Le gouvernement libéral ne peut être le seul responsable de mettre
en oeuvre les mesures anticorruption. C'est un non-sens, on le voit bien. Voilà
pourquoi nous proposons une motion pour créer une commission transpartisane
pour s'assurer de la mise en oeuvre diligente des recommandations de la commission Charbonneau et de toute autre mesure
visant à mettre fin à la collusion et à la corruption.
Ma question au premier ministre est
simple : Allez-vous appuyer notre motion? Merci.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je veux, d'abord, dire à ma consoeur et à la population que je partage son
constat. Effectivement, les
événements des dernières semaines ont eu un impact sur l'opinion publique,
certainement ébranlé la confiance de
la population envers nos institutions. Encore une fois, je ne minimise pas cet
élément-là, mais nous nous sommes
dotés d'institutions et nous devons respecter les institutions. Ce qu'elle
propose, en tout respect, c'est de créer une sorte de foire partisane où on va s'engueuler entre partis
politiques sur le cas d'un membre de notre Assemblée qui est membre, naturellement, d'un autre parti politique.
J'en ai assez vu, de débuts, de milieux et de fins de ces débats-là, pour
savoir que ça n'aura rien d'objectif et ça ne fera rien avancer.
Je pense que
ce qui est préférable, encore une fois, pour moi, c'est de répéter que la
décision finalisée, lorsqu'elle sera
faite, sera prise, M. le Président, en vertu de l'intérêt supérieur du Québec
et de ce qu'a dit la... et de ce qu'a dit ma consoeur, M. le Président, je veux le redire, mais également que nos
institutions doivent jouer leur rôle. C'est pour cette raison qu'elles
ont été créées, et nous devons les appuyer.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Voilà quand même une admission, M. le Président, il y a donc
bris de confiance. C'est pourquoi nous
proposons une motion qui, non, ne sera pas une foire d'empoigne, une commission
spéciale avec participation paritaire
de tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale, y compris le
nôtre, pour s'assurer de la mise en
oeuvre diligente et entière des recommandations de la commission Charbonneau et
de toute autre mesure importante.
Le premier ministre est-il prêt à soutenir cette
motion?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
nous avons déjà dit que nous allions appliquer les recommandations de la commission Charbonneau. Et c'est le rôle légitime
du gouvernement de le faire, et ce sera fait dans le cadre de plusieurs
projets de loi, dont certains sont déjà à l'étude. Dans le cadre de ces projets
de loi, il y a par définition des débats de commissions parlementaires, des
débats au salon bleu sur les différentes dispositions de ces projets de loi qui
vont, d'ailleurs, dans la direction des
recommandations de la commission Charbonneau, qu'on pense au projet de
loi sur
les lanceurs d'alerte, par exemple,
et d'autres projets de loi similaires déjà déposés ou à venir, par exemple la
question de l'autorité des marchés
publics. Alors, moi, je crois que ces recommandations-là, elles doivent être
acceptées, elles doivent être mises
en place. Il y a un petit nombre d'entre elles qui posent problème pour la
raison suivante, non pas qu'elles sont difficiles d'application en
elles-mêmes...
Le Président : En terminant.
Couillard : ...mais elles
pourraient contredire le principe d'autonomie et de reconnaissance qu'on a
envers les municipalités.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Je vais donner un exemple. Le
projet de loi n° 87 sur les lanceurs d'alerte prévoit la couverture des lanceurs d'alerte uniquement au sein
de la fonction publique du Québec et des organismes publics et parapublics. Il aurait fallu, dès le
début, que ce projet de loi prévoie couvrir l'ensemble des lanceurs d'alerte,
tel que le proposait la commission
Charbonneau, et voilà pourquoi une commission transpartisane devrait faire ce
genre de suivi.
Le premier ministre
va-t-il l'appuyer?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, je ferais remarquer respectueusement à ma
consoeur que le projet de loi a été déposé avant le dépôt du rapport de la
commission Charbonneau, des conclusions de la commission Charbonneau, de sorte qu'il est clair que l'élément qu'elle soulève
fait l'objet d'un examen précis et sérieux et qu'il est possible — je le dirai, là, de façon certaine lorsqu'on fera les modifications — que des modifications soient apportées au
projet de loi dans l'esprit des
recommandations plus larges de la commission Charbonneau. C'est ce qu'on fait
actuellement et c'est ce qu'on doit faire dans tout travail législatif.
Mais ici tout le monde doit jouer son rôle et tout le monde doit collaborer, et
je demanderais encore une fois... Parce que,
là, on est à la commission Charbonneau, mais je voudrais élargir la discussion
sur la situation de notre collègue le député
de Louis-Hébert, je voudrais qu'on s'entende entre nous sur le respect mutuel
et la justice naturelle.
Le Président :
Principale, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président... Ah!
Le Président :
Oh! je m'excuse, je le fais. M. le député de Granby, je vous reconnais.
Bonnardel : ...M. le Président, merci. L'aide financière de
près de 20 millions de dollars annoncée en mai 2012 n'est pas la seule obtenue par Premier Tech auprès
du gouvernement libéral. Le 19 décembre 2011, deux mois seulement
après la nomination du député de
Louis-Hébert à
titre de ministre du Développement économique, Premier Tech
a reçu une aide financière de 2,3 millions
de dollars de la députée de
Laviolette. C'est le député de Rivière-du-Loup qui en a fait l'annonce.
Comme par hasard, cette autre subvention est accordée au même moment où
Marc-Yvan Côté, vice-président
du C.A. de l'entreprise, avait des
contacts privilégiés avec le député
de Louis-Hébert et était informé
des délibérations du Conseil des ministres.
Quelle garantie
avons-nous que, pour cette demande de 2,3 millions de dollars, Marc-Yvan
Côté n'avait pas d'information privilégiée du Conseil des ministres, comme il
en avait pour l'autre demande auprès d'Investissement Québec et du Développement
économique?
gouvernement peut-il nous déposer toute la correspondance,
toutes les analyses, opinions, recommandations du ministère de l'Emploi en lien avec
cette subvention-là?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je dirais
qu'on est toujours dans le même questionnement. Je m'excuse de
la non-originalité de mes réponses, M. le Président. Il est clair que, la semaine
dernière, la deuxième opposition,
comme l'opposition officielle d'ailleurs,
demandait au Commissaire à l'éthique de
faire les vérifications appropriées dans ces éléments. Je suis un peu
déçu, je le redis, parce que,
lorsqu'on pose des questions sur les effets sur le respect des institutions ou la façon dont la population
peut voir ici même cette Assemblée
et comment on s'y comporte... je suis un peu déçu de noter qu'autant vendredi
il fallait que le commissaire fasse
l'étude et qu'aujourd'hui le chef de la deuxième opposition dit : Peu
importent les conclusions du commissaire, voici ce que moi, j'en fais, ce
que je décide, il faut l'expulser.
Le respect des institutions
qu'on crée nous-mêmes est certainement un ingrédient qui permet de renforcer la
confiance de la population
plutôt que d'essayer de trouver d'autres moyens de faire soi-même une enquête
dont on avait déjà dit, par la création du code d'éthique, qu'il
fallait la laisser à une tierce
partie indépendante. Je suggère à mon collègue que nous continuions de cette
manière et de permettre à ce que...
Le Président : En terminant.
Fournier : ...avec tout l'appui possible et la confiance
réitérée dans le commissaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le commentaire du leader commence... Son disque commence à être
usé parce que
Marc-Yvan Côté était un solliciteur libéral important pour l'Est du Québec
pendant les années 2007, 2008 et 2009. Et,
comme par hasard, le député de Rivière-du-Loup, lui, a été président du Parti libéral en 2008 et 2009 et il prétend n'avoir jamais rencontré Marc-Yvan
Côté.
Peut-il nous
confirmer qu'il n'a jamais eu aucun contact avec Marc-Yvan Côté, qu'il ne lui a
jamais parlé concernant cette subvention de 2,3 millions?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, comme on est en train de faire de l'association, d'étirer des
faits, on est en train de faire
la démonstration idéale pour laquelle c'est avec sagesse que cette Assemblée
avait dit : Nous allons permettre à des tiers indépendants de faire enquête, que ce soit le vérificateur,
que ce soit le Commissaire au lobbying, que ce soit le Commissaire à l'éthique, des institutions
indépendantes qui vont faire la différence entre le procédé déviant utilisé par
notre collègue et un procédé qui se tient à des faits, qui fait des analyses,
qui soupèse, qui prend les avis de chacun...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...et qui donne un jugement dans lequel la population peut avoir confiance.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, la sagesse veut que le ministre se lève. Je le répète, Marc-Yvan Côté était un
solliciteur libéral important
pour l'Est du Québec, 2007, 2008, 2009. Le député de Rivière-du-Loup était président du Parti libéral du Québec en 2008-2009.
Est-ce
qu'il peut juste nous confirmer qu'il n'a jamais eu aucun contact avec
Marc-Yvan Côté et qu'il ne lui a jamais parlé?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Vous aurez remarqué, M. le Président, que j'ai fait
beaucoup d'efforts depuis hier pour m'intéresser à l'affaire et la traiter avec le plus grand
respect. Le genre de question que fait le député de Granby, reformulée en
d'autres mots, pourrait être à peu
près la suivante : Comment son chef peut nous assurer, alors qu'il était
président de levées de fonds à
100 000 $ pour le Parti québécois, au moment où il avait Oxygène 9,
qu'il n'était pas en relation avec ça, M. le Président?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : ...vous avez un cas flagrant, flagrant,
aujourd'hui, là, trois questions... deux questions fort simples où je demande au ministre de me dire si, oui ou
non, oui ou non, il a rencontré ou parlé à Marc-Yvan Côté. Arrêtez de
dire n'importe quoi...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : J'étais en train de lui dire que le procédé qu'il
utilisait ne nous semble pas un procédé respectueux. Je lui donnais une illustration, son propre chef
collectait des fonds pour le PQ à 100 000 $ pendant le temps
d'Oxygène 9.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
Alors, lui avez-vous posé des questions sur ses liens avec Oxygène 9?
Le Président :
Principale, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, à propos de l'indépendance des institutions, le Parti libéral
va bientôt décider s'il renouvelle le mandat du patron de l'UPAC, alors même
que des libéraux se font arrêter et que d'autres sont sous enquête. Ceci étant
dit, le Directeur général des élections, le Protecteur du citoyen, le
Vérificateur général, le Commissaire à l'éthique, le Commissaire au lobbyisme,
la Commission des droits de la personne, la Commission d'accès à l'information,
tous nommés aux deux tiers des membres de l'Assemblée nationale. Le
gouvernement libéral, il fait une exception, la lutte à la corruption. Ça, il
garde ça pour lui.
question : Quel sera le critère final de sélection du Conseil des
ministres? Est-ce que ce sera la candidature qui sera la moins dangereuse
pour le Parti libéral du Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux :
Ce n'est pas la première fois que la question est posée. C'est très simple, en
fait, il y a une loi, il y a une loi qui a été... La réponse est très simple,
il y a une loi...
Coiteux : Ah! tout le monde m'entend maintenant, M. le Président, il y
a une loi qui a été votée ici, à l'Assemblée
nationale, qui prévoit comment on nomme le Commissaire à la lutte contre la
corruption et la collusion. Nous suivons
scrupuleusement la loi qui a été votée par l'Assemblée nationale. Si le député
de Matane a un projet de loi à présenter pour faire autrement, j'imagine qu'il n'est pas en train de nous dire
qu'on va attendre ce dépôt avant de procéder. Alors, il y a un comité qui a été formé conformément à la
loi, des recommandations ont été faites, c'est-à-dire on nous a soumis
des candidatures valables, le gouvernement va procéder en fonction de la loi.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, la situation n'est pas celle de
2011. Des membres influents du Parti libéral ont été arrêtés, d'autres sont sous enquête. Mais le Parti
libéral veut s'arroger à lui seul la nomination de celui qui enquêtera sur
lui-même. Pour nous, ça n'a aucun sens, puis
c'est clairement une situation de conflit d'intérêts pour le gouvernement.
Alors,
pourquoi ne pas accepter une proposition pleine de sens pour la population,
pour l'indépendance de nos institutions,
que le leader plaide depuis tout à l'heure, que les deux tiers de l'Assemblée
puissent apprécier la candidature du prochain patron de l'UPAC? Pourquoi
une exception dans la lutte à la corruption?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : Bien, M. le Président, il y a peut-être une réflexion à
faire sur le processus de nomination, mais, justement, ça fait
partie des réflexions qu'on tient à l'heure actuelle
sur les suites à donner aux recommandations de la commission Charbonneau. Et il y en a une qui
touche précisément le processus de nomination du directeur de l'UPAC, et ça ne parle pas d'une majorité des deux tiers à
l'Assemblée nationale, ça nous dit de nous inspirer du modèle pour la nomination du DPCP. Alors, nous, on va regarder ça
de notre côté, et éventuellement, bien, il y aura des propositions qui seront
faites. Mais, en attendant, en attendant, on
va respecter la loi que nous avons votée et on ne va pas attendre, on va
procéder bientôt.
Le Président :
Alors, cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes
reportés, nous allons tout de suite passer à la rubrique des motions
sans préavis, et je vais céder la parole à M. le premier ministre.
Couillard : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de l'Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le
chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition et le
député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale
rende hommage à Jean, Louis, Marc et Martine Lapierre, Nicole Beaulieu, Pascal Gosselin et Fabrice Labourel, victimes de
l'écrasement d'avion survenu le 29 mars 2016 aux Îles-de-la-Madeleine;
«Qu'elle souligne l'importante contribution de
M. Jean Lapierre à la vie politique et médiatique sur la scène québécoise et
canadienne;
«Qu'elle observe une minute de silence à la
mémoire des victimes de cette tragédie.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
premier ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Oui, Mme la Présidente, il y a un consentement pour des interventions d'environ
trois minutes par intervenant, à
commencer par notre premier ministre, le chef de l'opposition officielle par la
suite, ensuite le chef du deuxième groupe d'opposition et, finalement,
M. le député de Mercier.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
leader adjoint. M. le premier ministre.
M. Couillard : Merci, Mme la
Présidente. Nous avons eu, par une triste coïncidence, à déplorer beaucoup de disparitions de grands Québécois et de grandes
Québécoises au cours des derniers jours,
des dernières semaines, qu'on pense à
Claire Kirkland-Casgrain, dont nous avons souligné la mémoire
hier, François Cloutier, un ex-ministre du gouvernement, et aujourd'hui, bien sûr, Jean Lapierre.
Alors, dans un premier temps, je voudrais offrir mes plus sincères
condoléances aux familles et aux proches des sept victimes, les sept victimes de l'accident. Bien sûr,
M. Jean Lapierre, dont nous allons davantage parler aujourd'hui, mais également
Mme Nicole Beaulieu, Mme Martine Lapierre, M. Marc Lapierre,
M. Louis Lapierre, MM. Pascal Gosselin et Fabrice Labourel qui
étaient pilote et copilote de l'appareil.
Et on a tous
eu, toutes eu une pensée toute particulière pour Mme Lapierre, née Cormier — Cormier,
un beau nom des Îles-de-la-Madeleine — qui, en plus d'avoir perdu quelques jours
plus tôt son mari, Raymond Lapierre, a également perdu dans cette tragédie quatre de ses enfants ainsi que la conjointe
d'un de ceux-ci. Je ne peux imaginer le moment où quelqu'un a dû se présenter à son domicile pour
lui annoncer cette nouvelle, Mme la Présidente. Difficile d'imaginer plus
triste scénario que cet accident qui décime une famille alors qu'elle se rend
aux funérailles de son père.
Je veux
également exprimer mes sympathies et répéter également mes sympathies aux
familles et aux proches des deux membres de l'équipage qui ont péri. Je
crois qu'ils avaient, tous deux, de jeunes enfants.
Maintenant, parlons davantage de Jean Lapierre,
un Madelinot certainement, s'il est en est, né à Bassin, aux
Îles-de-la-Madeleine, père de deux enfants, Marie-Anne, journaliste à TVA, et
Jean-Michel, avocat. Sa conjointe, Nicole
Beaulieu. M. Lapierre était diplômé en droit de l'Université d'Ottawa. Il
a été élu dès l'âge de 23 ans en 1979 au comté de Shefford, à la Chambre des communes, réélu aux élections de
1980, 1984 et 1988, nommé ministre d'État à la Jeunesse, à la Santé et aux Sports amateurs en 1984 par le premier
ministre Turner. En 1990, il copréside la campagne nationale de Paul Martin à la direction du Parti
libéral du Canada. Et la même année, on s'en souvient tous, du moins ceux
et celles qui ont vécu ces années, ce triste
épisode qui a été l'échec de l'accord du lac Meech. Suite à l'échec de cet
accord, il démissionne du caucus
libéral pour siéger d'abord comme député indépendant et, quelques mois plus
tard, il se joint au Bloc québécois,
qui était alors une coalition arc-en-ciel certainement ponctuelle à ce
moment-là, pour le lac Meech, mais qui a persisté par la suite.
En 1992, il
quitte la politique active pour entreprendre une carrière médiatique, bien sûr,
qui l'a rendu très célèbre non
seulement au Québec, mais ailleurs au Canada. Il animera d'abord à CKAC en
compagnie de Jean Cournoyer leur émission
Face à Face , qui fracassera des records d'écoute. À la télévision, à la
même époque, il anime Le Grand Journa l de fin de soirée au
réseau TQS.
En 2004, il
effectue un retour en politique pour le même parti et se fait élire député
fédéral, cette fois, d'Outremont. Il devient ministre des Transports du
Canada et lieutenant politique du Québec, est réélu en 2006.
En 2007, il
fait un retour dans le monde des médias et devient chroniqueur politique à la
radio du réseau Corus, notamment avec
le fameux 7 heures avec Paul Arcand . Et également on se souvient tous de
l'émission Larocque Lapierre et, plus récemment, de ses interventions de
chronique politique non seulement à la radio, mais également à la télévision.
Malgré une
carrière bien remplie, il faisait de sa famille une priorité et il le disait. On lui reconnaissait — on en a beaucoup parlé ces derniers jours — ses talents de raconteur et de ses fameuses
expressions au début de ses chroniques. Il a su pour plusieurs démystifier le monde politique parce qu'il l'avait
connu lui-même de l'intérieur et, venant probablement d'une région et particulièrement à l'affût de ces
éléments-là, il comprenait le mystère que peut représenter le monde
politique pour nos citoyens et nos citoyennes, et il avait à coeur de
démystifier ce milieu-là et de le présenter sous son jour le plus
favorable, même si parfois, bien sûr, ses critiques étaient virulentes.
Il était
mentor de plusieurs jeunes en politique et dans les médias. Il prenait soin des
gens qui avaient collaboré avec lui,
toujours. Il ne les laissait jamais tomber sur les plans personnels et
professionnels. Il était connu pour son franc-parler et ses expressions colorées, qu'on a même appelé
des «lapierrismes». Alors, je n'ose
pas espérer qu'un jour le mot «isme»... le suffixe «isme» suivrait mon nom, parce que ça serait mauvais
signe, parce que peut-être que je deviendrais trop imaginatif dans mon expression. On a eu les perronismes, on a
eu d'autres expressions semblables, mais, pour Jean Lapierre, ce dont on
se souvient surtout, c'est son expression de
début de chronique, qui montre à quel point il était si près des gens, près des
Madelinots, près des Québécois
et des Québécoises. Et je veux lui dire, comme il nous le disait
au micro : Salut, salut!, Jean Lapierre.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
premier ministre. Maintenant,
je vais céder la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Péladeau :
Merci, Mme la Présidente. Le 29 mars, une tragédie a frappé les Îles-de-la-Madeleine,
faisant sept victimes, décimant des familles et laissant derrière elle un
énorme silence. Jean Lapierre se rendait assister aux funérailles de son père en compagnie de son épouse, Nicole Beaulieu, de
sa soeur, Marie Lapierre, et de ses, frères Marc et Louis Lapierre.
Tout
le Québec a été profondément
bouleversé par cet événement tragique, autant par les circonstances qui l'ont
entouré, comme le montrent des milliers de
témoignages d'affection, de reconnaissance et de sympathie adressés à Jean,
ses enfants, Marie-Anne et Jean-Michel,
ainsi qu'à sa mère, Mme Lucie Cormier, dans le drame terrible qui a
particulièrement ému tous les Québécois et les Québécoises.
nom des élus de l'opposition officielle, je tiens à offrir mes plus sincères
condoléances à la famille, aux enfants, aux proches de Jean Lapierre et de son épouse, Nicole Beaulieu. Et, tout
comme M. le premier ministre, nous avons une pensée toute particulière à la mère de Jean Lapierre, à laquelle nous
offrons tout notre soutien, notre solidarité et notre amitié.
souhaite également offrir mes sincères condoléances et mon soutien aux familles
et aux proches de Pascal Gosselin et
Fabrice Labourel, respectivement pilote et copilote de l'appareil, qui ont, eux
aussi, perdu la vie dans l'écrasement.
Par ailleurs, je
tiens à souligner le travail des équipes de secours et du personnel médical
ainsi que le courage et la solidarité des Madelinots, des gens fiers, qui ont
le coeur aussi grand que la mer.
Jean
Lapierre avait la passion de la politique et une affection profonde pour le
public. Il savait que la politique consiste
d'abord et avant tout à se mettre au service de la population, que l'on soit
député, ministre ou commentateur. C'est
d'ailleurs avec ce même souci de demeurer près des gens qu'il a occupé toutes ces
fonctions. Et les Québécois et les Québécoises ont rendu à M. Lapierre
ce respect et cette affection qu'il avait à leur égard en faisant de lui une
figure incontournable de notre paysage médiatique et politique.
Jean
Lapierre était un communicateur redoutable et un vulgarisateur aguerri dont la
voix et les commentaires parfois colorés et incisifs rythmaient nos
matins, nos après-midi et, à certains égards, donnaient le ton à nos
journées. Mais, au-delà des
prises de position et de la joute partisane, Jean Lapierre savait apprécier
l'humain derrière la fonction, comme en témoignent
ses nombreux gestes de générosité et les amitiés qu'il a cultivées dans toutes
les familles politiques. Le départ aussi subit que tragique de Jean Lapierre nous laisse avec un vide, un
silence. À celui qui nous disait : Salut, salut!, nous lui
disons : Merci, merci! Merci Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le chef de l'opposition
officielle. Et maintenant
je cède la parole à M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Merci, Mme la Présidente. Jean Lapierre, c'était plus qu'un chroniqueur politique.
Dans mon cas, je peux dire que
c'était un ami. Même chose pour sa conjointe, Nicole Beaulieu. Lorsque
j'ai appris l'écrasement de l'avion aux
Îles-de-la-Madeleine, j'étais avec mon épouse, Isabelle, qui s'est
dépêchée d'envoyer un message à Nicole en lui disant : Es-tu correcte? Et le fait qu'on ne reçoive pas de
réponse, tout de suite on a vu que c'était grave, parce que
Nicole, un peu comme Jean, répondait
très vite habituellement à ses messages. Donc, on savait qu'il y avait un grave problème. Quelle tristesse! Une tristesse infinie.
Jean
Lapierre, d'abord, c'était un être humain exceptionnel. Quel
plaisir d'aller, mon épouse et moi, souper avec Nicole et lui. C'était, tous les deux, là, la joie de vivre, la passion.
Comme moi, il aimait la bonne bouffe, le bon vin. Quand on allait souper tous les quatre, je ne me gardais
rien le lendemain matin. Je me rappelle d'un souper... Le premier ministre le disait tantôt : C'était tout un conteur. Je me souviens de certains
soupers avec lui puis Lucien Bouchard. Lucien Bouchard aussi ne donne pas sa place comme conteur. Quel
bonheur! Un bonheur qu'on n'aura plus, que je n'aurai plus. Donc, ça va manquer à ma vie. Écoutez, Jean, c'était un
grand organisateur, hein? On se souvient tous de ses soupers au homard
où il y avait des gens de tous les partis, autant provincial que fédéral. Ses soupers
de Noël à la maison, parfois ça finissait en chantant. En tout cas, on a... Beaucoup de plaisir qu'on a eu. Puis Jean, écoutez,
ce n'était pas quelqu'un de prétentieux, pas snob pour cinq cents. Même Jean disait souvent : Je me
considère chanceux d'avoir de l'argent pour me payer des petits luxes.
Et il se sentait privilégié, là. Il ne prenait pas ça pour acquis.
Évidemment,
Jean, on l'a connu comme chroniqueur politique, où il était au courant avant tout le monde de tout. Il parlait à tout le monde. Vous savez, chez les journalistes, il y en a qui sont plus
travaillants que d'autres. Lui, il était très travaillant. Des fois, il
travaillait pour d'autres journalistes, hein, qui aimaient moins faire le
terrain. Donc, il leur racontait un peu les
derniers potins. Parce que Jean, il était toujours au téléphone ou... Il
avait un agenda, là, plus chargé peut-être que le premier ministre dans
ses lunchs, ses soupers. Il «bookait» ça longtemps à l'avance.
Puis
il était toujours prêt à aider. Moi, je me rappellerai toujours
qu'il m'a beaucoup aidé. Je me rappelle entre autres des moments difficiles que j'avais vécus au Parti québécois lorsque j'avais refusé des coupures en éducation,
là. Lui puis
Chantal Hébert étaient venus un peu à ma rescousse, puis ça m'avait beaucoup
fait de bien à l'époque. Même chose
au début de la CAQ, je l'avais consulté pour aider à partir l'équipe, puis,
même encore aujourd'hui, comme, ma directrice générale, Brigitte
Legault, que le leader connaît, c'est lui qui me l'a recommandée. Donc, je ne
la connaissais pas, là. Même si elle
a le même nom de famille que moi, je ne la connaissais pas, c'est lui qui me
l'a recommandée. Même chose avec mon
premier attaché de presse, Jean-François Del Torchio, c'est lui qui me l'a
recommandé. C'est aussi lui qui a
baptisé notre parti. Vous savez, quand on a lancé la C-A-Q, nous autres, on
voulait appeler ça la C-A-Q, hein — comme
on dit CSN, on disait C-A-Q — puis
on voulait s'appeler des coalisés, hein, on ne voulait pas que ça finisse par
«iste» comme d'autres, donc. Mais
Jean a décidé qu'on serait la CAQ puis qu'on serait des caquistes, puis on
n'est jamais sortis de là, c'est Jean qui est... sorti
de là.
Puis,
Jean, bien, écoutez, ce n'est pas croyable, là, quelqu'un qui a autant
d'énergie, de penser qu'il ne soit plus là. Les débuts de journée ne seront plus jamais les mêmes, là. C'était tellement
beau à voir, la complicité qu'il avait avec Paul Arcand à 7 heures, 7 h 5.
Ils décidaient des deux, trois, quatre sujets du jour, on pouvait savoir sur quoi porteraient les scrums. Et puis, bon, il faisait ça aussi
depuis quelque temps sur Twitter , là, j'allais voir. Évidemment, c'était
concernant son père, les derniers
tweets. Mais de voir, le matin, qu'on n'a plus ses tweets pour savoir de quoi
on va parler aujourd'hui, on est obligés de les inventer. Mais on peut dire
que... Je n'exagère pas, là, puis je pense qu'on va tous être d'accord
avec ça, c'était le chroniqueur politique
le plus influent au Québec, parce
qu'il était partout : radio,
télévision, dans toutes sortes d'émissions.
Évidemment, il
défendait les Îles-de-la-Madeleine, hein? Quand je disais tantôt «des soupers
au homard», évidemment que c'étaient des homards des Îles-de-la-Madeleine. J'ai fini dernièrement un
pot de palourdes qu'il m'avait donné, évidemment les meilleures
palourdes parce qu'elles venaient des Îles-de-la-Madeleine.
C'était quelqu'un de
généreux, passionné, passionné de politique, mais aussi passionné de sa
famille. C'était important, Nicole, pour
lui, c'était important, ses enfants, c'était important, ses petits-enfants, il
arrivait toujours avec ses photos de ses petits-enfants.
écoutez, il a connu aussi une belle carrière politique. C'était un homme de
terrain, c'était un organisateur. Une belle
image qu'on a donnée de lui dans la biographie de Lucien Bouchard, c'était de
dire : Donner Jean Lapierre à Lucien
Bouchard, c'est comme donner René Angélil à Céline Dion. Je trouve que c'est
une belle image, ça montre que c'était tout un organisateur.
Donc,
évidemment, je termine en vous disant qu'on a beaucoup
de peine, on perd un gros morceau. Donc, tous les matins, tu nous disais : Salut, salut! Donc, aujourd'hui, c'est tout le Québec qui te dit : Salut, salut! Donc, en mon nom,
au nom de ma formation politique, j'offre
mes plus sincères condoléances à ses proches. J'ai une pensée bien sûr
pour sa mère, ses enfants,
Marie-Anne, Jean-Michel. Je tiens aussi à offrir mes condoléances aux proches
de Nicole, des frères puis des soeurs de Jean, des deux membres
d'équipage, Pascal Gosselin, Fabrice Labourel. Merci, Jean.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le chef
du deuxième groupe d'opposition. Et maintenant, M. le député de Mercier,
la parole est à vous.
M. Khadir : Merci,
Mme la Présidente. Je voudrais, en
mon nom et au nom de mes deux collègues et de ma formation politique, offrir mes condoléances sincères à la famille de
Jean Lapierre, à sa mère, à ses deux enfants d'abord. En fait, j'ai de la difficulté à imaginer... Quels
mots faut-il trouver? Qu'est-ce qu'on peut dire qui puisse un tant soit peu consoler
cette famille qui a été frappée d'une tragédie, vraiment, qui a plongé tout le Québec
dans l'horreur?
C'est
difficile d'ajouter quelque chose à ce qui a été dit. J'espère que mes condoléances
seront acceptées aussi par ceux qui
parmi nous, ici, avaient une longue amitié avec Jean Lapierre, comme mon
collègue le chef du deuxième groupe
d'opposition. Beaucoup vont le manquer, y compris ceux qui, comme nous,
qui se trouvaient parfois... en fait, sentaient qu'on était injustement traités, mais c'est peut-être
le propre finalement de tous ceux qui font de la politique de se croire ou se
voir parfois injustement traités. Il avait le verbe généreux, l'image habile,
le sourire et la bonhomie toujours comme attirail.
J'ai
aussi plusieurs fois pensé qu'il y avait beaucoup à apprendre dans la
générosité qu'il avait à approcher, lorsqu'il était politicien, mais
même aussi comme journaliste, commentateur, ceux qu'il côtoyait, ses poignées
de main, non seulement généreux et habile
politiquement, mais sincère, où on voyait une véritable, je dirais, une
véritable ouverture à l'autre et joie
dans la rencontre de l'autre et même de l'adversaire politique que je
pouvais... bien qu'on ait été dans la même formation politique, au Bloc
québécois, à une époque, même des adversaires, on sentait une véritable joie,
une véritable... je dirais, contact humain, et c'est à tout son honneur.
Il va donc nous
manquer et à l'ensemble du Québec. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je me dois de vous demander
si cette motion est adoptée. Adopté.
Maintenant,
je vous invite à vous joindre à moi pour observer une minute de silence en
mémoire des victimes de cette grande tragédie.
• (11 h 17
11 h 18)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Nous
allons poursuivre la rubrique des motions sans préavis, et je vais maintenant
céder la parole à M. le leader de l'opposition officielle.
Drainville : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de La Peltrie et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale exige le dépôt par le gouvernement de l'ensemble de la correspondance entre tout représentant d'Investissement Québec, du ministère
du Développement économique ou du cabinet du ministre responsable de l'Économie et Premier Tech entre 2008 et 2012;
qu'elle demande le dépôt de tous les
courriels et de toutes les analyses, opinions
et recommandations du ministère du Développement économique et d'Investissement
Québec soumis entre le 1er septembre
2011 et le 31 janvier 2012 sur toute demande d'intervention financière de
Premier Tech reliée directement ou indirectement à l'annonce de mai 2012
faite par le premier ministre Jean Charest concernant Premier Tech.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement. Nous allons passer à la prochaine motion,
et je vais céder la parole à M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : Mme la
Présidente, je demande un consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée nationale rappelle qu'en 2010,
dans le cadre des consultations publiques sur le projet de loi 78 modifiant la Loi électorale, le Directeur
général des élections du Québec proposait d'étendre le délai de prescription
jusqu'à 10 ans;
«Qu'elle rappelle également que le projet de loi
26 adopté à l'unanimité en mars 2015 prévoit une période d'application
remontant jusqu'à vingt ans avant sa date d'entrée en vigueur;
«Que dans le
cadre de l'étude des recommandations du rapport final de la commission
Charbonneau, elle reconnaisse la
pertinence d'aller plus loin que la recommandation 37 et de permettre au DGEQ
de poursuivre pour les infractions commises pendant toute la période
couverte par la commission Charbonneau.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien, il n'y a pas de
consentement. Nous allons maintenant passer à la prochaine motion, et je
cède la parole à Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Mme la Présidente, je demande le consentement de la Chambre
pour présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale mette sur pied une commission parlementaire spéciale
transpartisane, en vertu de l'article 178 du règlement de cette Chambre,
dans l'objectif d'assurer une lutte conséquente contre la corruption et la collusion, au moyen, en particulier, de la mise en
oeuvre adéquate des recommandations de la Commission d'enquête sur
l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la
construction[...];
«Que cette
commission transpartisane soit composée de façon paritaire par des
[représentantes et] représentants des quatre partis politiques présents
à l'Assemblée nationale et que ceux-ci s'entendent pour choisir leur
présidence;
«Que cette
commission dépose à l'Assemblée nationale chaque trimestre un rapport d'étape
soulignant l'état de la mise en oeuvre des recommandations de la
[commission Charbonneau] et propose au besoin des recommandations additionnelles.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
députée de Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, il n'y a pas de consentement.
Nous allons
maintenant passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions,
et je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques poursuivra le
débat sur le discours du budget aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la culture et de l'éducation poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de loi
n° 86, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions
scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de décision et
d'assurer la présence des parents au sein de l'instance décisionnelle de la
commission scolaire, aujourd'hui, à compter
de 11 h 30, pour une durée de 1h 30 min h 30 min,
et complétera lesdites consultations de 15 heures à 18 h 45, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des
institutions poursuivra, quant à elle, les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 64,
Loi sur
l'immatriculation des armes à feu, aujourd'hui, à compter de 11 h 30,
pour une durée de 1 h 30 min, et de 15 heures à 18
heures, à la salle du Conseil législatif;
Finalement,
la Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée
à l'égard du projet de loi
n° 76, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du transport
collectif dans la région métropolitaine de Montréal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle des Premiers-Ministres
1.38 de l'édifice Pamphile-Le May. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le leader adjoint.
Maintenant, est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'article 143
du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions?
Des voix :
Consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il y a consentement.
Maintenant,
à la rubrique... attendez un petit moment... des renseignements sur les travaux
de l'Assemblée, je vous informe qu'il
y aura sanction du projet de loi n° 89, Loi visant à assurer une meilleure
concordance entre les textes français et anglais du Code civil,
aujourd'hui, à 18 heures, au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos :
Oui, merci, Mme la Présidente.
Article 23, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, très bien. À l'article 23 du feuilleton, Mme
la ministre de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion propose l'adoption du projet de loi n° 77, Loi
sur l'immigration au Québec. Et, sans plus tarder, Mme la ministre, je
vous cède la parole.
Mme Weil :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, c'est un grand honneur pour moi que
de prendre la parole aujourd'hui lors du débat sur l'adoption finale du projet
de loi n° 77,
Loi sur l'immigration au Québec.
dois vous souligner, d'entrée de jeu, le grand et beau défi lorsqu'on décide de
revoir de fond en comble une loi qui
est vieille d'un demi-siècle et qui touche un sujet qui remonte aux fondements
mêmes de notre société. Pour moi, il s'agit
d'un grand privilège, Mme la Présidente, qui m'est accordé, à
titre de ministre
de l'Immigration, de mener cette modernisation tant voulue.
Nous
avons abordé cette tâche importante avec une vision très claire, énoncée par le
premier ministre lors de son discours
inaugural, qui a affirmé que notre gouvernement croit résolument que la
diversité n'est pas une menace, mais une
richesse. Le Québec grandit chaque fois qu'il accueille les rêves et les
espoirs d'une personne venue d'ailleurs. Nous allons continuer de grandir ensemble. Cette vision repose sur nos 400
ans d'histoire. C'est une vision qui reconnaît l'apport important de l'immigration à notre société. C'est
une vision qui additionne les talents, qui célèbre la contribution de chacun
à notre prospérité collective et qui
rassemble les Québécois de toutes origines autour d'un projet commun, soit la
pleine participation de tous à notre
société. Cette vision anime le projet de loi n° 77, qui vise à ce que nous
puissions briller parmi les meilleurs.
s'agit d'un projet de loi qui se caractérise par la confiance que nous avons
envers l'immigration, une immigration qui a toujours contribué à notre
prospérité et qui a su faire rayonner le Québec.
Le projet de loi n° 77 constitue un jalon important
de la grande réforme de l'immigration que notre gouvernement met de l'avant
afin d'accroître la contribution de l'immigration au développement du Québec. Pourquoi suis-je aussi confiante des orientations qui nous mobilisent? Car nous avons largement
consulté, d'une part, lors des consultations
publiques sur la nouvelle politique,
à l'hiver 2015, et d'autre part, en début d'année 2016 sur le projet de loi
n° 77. Nous avons constaté une très forte adhésion, Mme la Présidente, à
notre vision de l'immigration et avons pu cibler les besoins et entendre les
divers intervenants. C'est pourquoi le projet de loi n° 77 a été accueilli
si favorablement, parce qu'il répond aux vrais besoins, aux vraies aspirations
énoncées par nos villes, nos régions, nos acteurs économiques et
communautaires.
Comme
je le disais et comme je le soulignais précédemment, le projet de loi
n° 77 propose une refonte complète d'une loi qui est vieille de
près de 50 ans. Adoptée en 1968, la
Loi sur l'immigration au Québec a connu,
certes, des modifications, mais n'a jamais fait l'objet d'une
réforme en profondeur. De grands changements se sont déroulés depuis ce temps, tant au Québec qu'ailleurs dans le
monde. Le cadre de notre action en matière d'immigration a changé de
façon significative en 1991. Je
rappelle que le Québec est alors devenu maître d'oeuvre de son système d'immigration en assumant la pleine responsabilité de la sélection, en particulier de l'immigration économique, mais
aussi de l'accueil, de la francisation et de l'intégration des personnes
immigrantes se destinant à son territoire. Il s'agit d'une entente unique au Canada.
Mais
force est de constater que, sur la scène internationale, le Québec
évolue dans un environnement de plus
en plus compétitif pour attirer des
talents stratégiques en raison du déclin en cours ou appréhendé de la
population en âge de travailler dans
de nombreux pays de l'OCDE, ce qui crée, dans ces pays, des besoins importants
de main-d'oeuvre. Le Québec ne fait
pas exception, où 1,4 million de postes seront à combler d'ici 2020‑2022,
dont 18 % le seront par l'immigration.
Afin de continuer à tirer son épingle du jeu dans cette grande course mondiale
pour les compétences, le Québec doit,
comme plusieurs autres sociétés d'immigration, adopter des pratiques novatrices
au
chapitre de son système d'immigration afin de demeurer compétitif et
de favoriser son développement économique, social et culturel.
pense qu'il est important de rappeler les grands avantages qui découlent de
l'immigration et de la diversité qu'elle apporte. La littérature scientifique d'ailleurs est très claire quant à
la contribution de la diversité à la prospérité économique. Elle rend les entreprises plus dynamiques,
innovantes, elle ouvre de nouveaux marchés, elle favorise l'esprit
entrepreneurial et la productivité,
en plus de contribuer de façon marquée à la richesse culturelle du Québec. Il
est d'ailleurs bien reconnu, Mme la
Présidente, dans la littérature, que les personnes immigrantes sont des
personnes courageuses qui ne craignent pas
de prendre des risques et de tout quitter afin de faire le choix du Québec.
Elles veulent le meilleur pour leur famille et pour la société qui les accueille. Leur contribution est indéniable et
parsème notre passé, enrichit notre présent et alimentera notre avenir.
Comme
gouvernement, notre volonté est de favoriser et de perpétrer cette grande
réussite qu'est l'immigration au
Québec. C'est pourquoi le projet de loi n° 77 propose la mise en place
d'un système d'immigration moderne, novateur et d'avant-garde, un système d'immigration du XXIe siècle qui permettra
une adéquation optimale entre la sélection et les besoins du marché du travail. J'ai eu l'occasion de souligner, hier,
une innovation très intéressante apportée dans le cadre de ce nouveau
système qui sera appuyée par des portraits régionalisés des besoins du marché
du travail afin de promouvoir l'immigration
en région. Nous partageons tous l'objectif de voir une plus grande proportion
de personnes immigrantes s'établir
hors de la grande région de Montréal. Je pense, Mme la Présidente, que
vous-même, vous êtes très sensible à
cette question, on a souvent fait des événements ensemble dans votre région.
Mais c'est une réalité un peu partout, surtout
les régions qui ont des besoins économiques criants, je vous dirais, vraiment
criants. Je le sais parce que les gens me le disent, dans des créneaux
particuliers, dans le secteur manufacturier, mais aussi dans des secteurs de
pointe. Mais il y a quand même une bonne
nouvelle, il y a des progressions, maintenant, c'est 22 % des nouveaux
arrivants qui s'installent en région.
Mais, évidemment, il faut travailler pour faire en sorte que la rétention et
que de nouvelles personnes viennent aussi s'installer en région, d'où
l'importance de ces portraits régionalisés et d'un système ciblé qui pourra répondre rapidement à leurs besoins avant que l'entreprise évidemment
connaisse un affaiblissement parce
qu'il manque des travailleurs
dont elle a besoin, et, les institutions, ce n'est pas juste les entreprises, il
y a le secteur public aussi.
parlais des régions, mais c'est vrai pour la métropole aussi et c'est aussi
vrai pour la capitale nationale, qui
ont différents besoins dans le temps,
dans l'espace, il faut y répondre rapidement. Lorsqu'on pense juste à la région de Québec, et là j'ai beaucoup d'échanges avec les
acteurs économiques, les élus de la région de Québec,
c'est le plein-emploi ici, hein? C'est
un beau problème, on pourrait le dire, mais c'est un beau problème
pour l'immigration aussi. Je dois vous dire, je suis très fière de
voir la région de Québec vouloir plus d'immigration, s'activer pour
avoir plus d'immigration, et nous, on
travaille beaucoup, donc, avec la
région pour répondre à leurs besoins. Alors, pour que les entreprises puissent poursuivre
leur croissance, il faut répondre à ces
besoins criants. Montréal, pour sa part — je suis montréalaise et évidemment je
connais bien la situation à Montréal — elle connaît une expansion importante dans
certains créneaux de pointe, comme le jeu
vidéo et les effets visuels, mais c'est juste certains créneaux dans tout le
domaine de l'information. La technologie de l'information aussi a des
besoins criants un peu partout.
Alors,
la réforme vise à répondre en temps réel, rapidement, à tous ces différents
besoins, et c'est pour ça que je signale
ces portraits régionalisés, qui viennent nous renforcer dans la façon qu'on va
faire la sélection et amener les gens là où il y a les besoins. Autre
nouveauté prévue au projet de loi n° 77, je l'ai dit souvent, ça, je vous
dirais, de toutes les propositions du projet
de loi n° 77, je pense que c'est cette proposition, les projets pilotes en
immigration, tant en immigration temporaire
qu'en immigration permanente... a vraiment suscité l'intérêt des élus, des élus...
tous les élus de tous les paliers, les
acteurs économiques aussi, parce qu'on pourra innover, innover dans nos façons
de faire en immigration, et c'est déjà évidemment,
comment dire, des discussions et des présentations au gouvernement fédéral. Il
n'y aura aucun problème à mettre en
action ces projets pilotes rapidement, on a tout à fait la collaboration du
gouvernement fédéral à cet égard, et ce n'est pas peu dire, parce que, vous le savez, en immigration, c'est un
système dual, il faut travailler ensemble parce que c'est des gens qui sont
admis dans un pays, il y a différentes vérifications à faire aux différentes
étapes.
invitant les acteurs économiques et régionaux à jouer un rôle, en amont de la
sélection, tant au
chapitre de la détermination des besoins de
main-d'oeuvre qu'au
chapitre de l'attraction, nous pourrons atteindre une plus
grande présence de l'immigration dans nos
régions et maximiser son apport au dynamisme économique et social de celles-ci.
Il s'agit d'une priorité pour notre gouvernement.
Toujours au sujet de nos priorités, la
politique budgétaire 2016‑2017, déposée par notre collègue le ministre des
Finances, confirme que l'attraction et la
rétention des talents est une priorité gouvernementale. À cet effet, des sommes
de 1,6 million sont inscrites au budget
afin de favoriser par un partenariat avec Montréal International une plus
grande rétention des étudiants
étrangers au Québec. Cette mesure budgétaire est en droite ligne avec notre
volonté inscrite dans le projet de
loi n° 77 de favoriser le passage de l'immigration temporaire vers
l'immigration permanente pour les travailleurs étrangers temporaires qualifiés et les étudiants étrangers qui
obtiennent leurs diplômes de nos universités et collèges. Ces personnes sont des candidats de choix pour le
Québec, puisqu'elles connaissent bien notre société, qu'elles ont déjà leurs
réseaux et qu'elles connaissent le français et que leur intégration est
évidemment bien amorcée.
succès retentissant du Programme de l'expérience québécoise, mieux connu sous
l'acronyme PEQ, qui permet d'obtenir
un certificat de sélection, imaginez, Mme la Présidente, 20 jours après qu'on
reçoit notre diplôme, 20 jours... Il
n'y a rien de plus rapide que ça, et, quand on pense que c'est l'immigration,
ce n'est pas peu dire. Donc, c'est désormais près d'un tiers de nos travailleurs qualifiés qui sont sélectionnés via ce programme. Pour les travailleurs qualifiés, c'est
après un an. Nous allons miser sur ce programme,
qui recueille une large adhésion dans la communauté universitaire et des affaires et, je vous dirais, largement dans toute la population.
Quand je parle de ce programme PEQ, il
n'y a personne qui est en désaccord avec cette orientation. Tout le monde est en accord pour aller plus vigoureusement encore qu'on le fait. Mais je
vous dis que, depuis que ce programme existe, depuis février 2010, moi, je suis
très fière des succès de ce programme. C'est un gage de succès pour le présent
et l'avenir.
rapidité de ce programme est un grand facteur de son efficacité. Le projet de loi n° 77, et le
système de sélection qu'il propose,
sera aussi un gage de gains importants de rapidité et d'efficacité permettant
de réduire le délai de traitement des
demandes d'immigration, qui sont actuellement d'un an à quatre ans, pour les
faire passer de trois à six mois. L'arrivée rapide des talents dont le Québec a besoin favorisera indéniablement la
contribution de l'immigration à notre prospérité économique.
débats sur le projet de loi ont aussi été l'occasion de mettre en valeur une
autre contribution fondamentale de
l'immigration, soit la contribution à la pérennité et la vitalité de la langue
française... donc, la contribution de l'immigration
à la pérennité et vitalité... J'ai eu l'occasion, et je la saisis à nouveau
aujourd'hui, de dresser un portrait juste
et équilibré de cet apport en mentionnant les progrès et réussites découlant de
nos efforts afin de sélectionner une immigration
toujours plus francophone et de favoriser la francisation des personnes
immigrantes. À cet effet, il convient tout
d'abord de rappeler que la proportion de personnes sélectionnées ayant déclaré
connaître le français a presque doublé depuis
20 ans, pour atteindre 61,3 % en 2014. Cette proportion est plus élevée
chez les requérants principaux, des immigrants travailleurs qualifiés, alors que 90 % d'entre eux connaissent le
français à leur arrivée, selon les données de 2014. Ce chiffre-là dénote
la volonté que nous avons de sélectionner des gens qui parlent français.
la Présidente, je l'ai fait hier et, encore aujourd'hui, j'attire votre
attention sur une donnée très importante, il faut le dire et le redire : 86 % des personnes nouvellement
arrivées sont soit francophones, soit inscrites à un programme de francisation, soit des enfants scolarisés en
français. Je voudrais aussi souligner que moi, j'ai le privilège de rencontrer
beaucoup, beaucoup de nouveaux arrivants et
je peux vous confirmer, je peux en témoigner, leur volonté d'apprendre la langue française. Beaucoup me disent qu'ils ne
réussissent pas, s'ils ne parlent pas français, à intégrer le marché du travail. Certains trouvent un emploi, donc, ils
vont s'inscrire dans des cours de français à temps partiel, mais, évidemment,
moi personnellement, et mon ministère, et le
gouvernement, on veut aller plus loin pour faire une promotion vigoureuse.
Il y a encore des segments de la population
immigrante qu'on ne rejoint pas. Notamment, ça peut être du regroupement
familial. Pour les réfugiés, là, ils
s'inscrivent rapidement, parce qu'ils sont vraiment pris en charge, les
réfugiés, comme on l'a beaucoup vu
dans les reportages tout récemment dans les journaux, dans les médias. Et, je
le répète, on est la seule province
où il n'y a pas de liste d'attente pour la francisation pour les réfugiés.
Pourquoi? Parce qu'on est très organisés. On a voulu qu'il n'y ait pas
de liste d'attente, on a ouvert des classes, des cours, et c'est très positif.
Mais, ce que je remarque parmi tous ceux qui
ne maîtrisent pas la langue, ils veulent accéder à des cours de francisation
parce qu'ils savent que c'est la clé de l'intégration au Québec.
Alors,
on peut donc se réjouir que le budget 2016‑2017 prévoie un investissement
supplémentaire de 4 millions en
francisation, à mon ministère, qui portera les sommes qui sont allouées par mon
ministère à 70 millions. Et, Mme la Présidente, c'est un sommet historique, surtout lorsqu'on sait qu'on a
stabilisé les volumes à 50 000. On a déjà eu des volumes plus importants. Et là on investit
70 millions, donc un sommet historique. Et ça, ça ne compte pas tout
l'argent qui est investi aussi par le
ministère de l'Éducation, à qui on transfère des argents, selon l'accord
Canada-Québec, pour la francisation,
et aussi au ministère de l'Emploi. Ces sommes additionnelles serviront à faire
une promotion de nos services de
francisation et à en diversifier l'offre en l'adaptant aux besoins variés des
personnes immigrantes. Notre gouvernement est en action afin de favoriser la contribution des personnes
immigrantes à la... de favoriser la contribution des personnes immigrantes, oui, à la pérennité de la langue
française. Cette langue commune est la clé de voûte de l'intégration et de la
participation réussies à la société. C'est
d'ailleurs pourquoi nous avons tenu à le stipuler clairement dans la loi. C'est
un amendement que nous avons apporté pour dire essentiellement que la
langue, c'est la garantie qu'on va avoir une vie comblée, si on veut une
réussite et une intégration réussie, que ça passe par la langue française.
un autre sujet, le projet de loi n° 77 instaure aussi un recours au
Tribunal administratif du Québec pour les ressortissants étrangers appartenant à la catégorie de l'immigration
économique et dont la demande de sélection permanente a été refusée. C'est une nouveauté. Il s'agit donc
d'une avancée importante qui infusera le processus de révision d'une plus grande transparence et indépendance, qui fait
l'unanimité dans le milieu de l'immigration. Le projet de loi actualise aussi les dispositions visant
la protection du public. Les pouvoirs d'enquête et de vérification de même que
les disponibilités pénales ont été
revus et renforcés afin d'intégrer à la loi les leviers nécessaires pour
prévenir et réprimer la fraude et aussi assurer l'intégrité de notre
système d'immigration.
projet de loi n° 77 a véritablement fait consensus lors des consultations
tenues en commission parlementaire au début
de l'année. Le travail efficace, lors de l'étude détaillée, en a permis la
bonification. Il s'agit d'une loi qui est très attendue autant par les
employeurs du Québec, les acteurs de nos villes et de nos régions, et toutes
les institutions qui sont actives
partout au Québec, et aussi, évidemment, par les candidats à l'immigration
eux-mêmes. Alors, Mme la Présidente, le
projet de
loi sur l'immigration du Québec exprime notre ambition commune de
faire du Québec un endroit prospère qui
assure l'épanouissement individuel et collectif des Québécoises et des Québécoises
de toutes origines. Avec l'adoption du
projet de loi n° 77, le Québec possédera les leviers nécessaires pour
mettre en oeuvre, dans les premiers mois de 2017, un système de
sélection moderne, rapide, flexible qui serait garant et sera garant d'une adéquation
optimale entre la sélection des travailleurs
qualifiés et les besoins du marché du travail et maximisera l'apport de
l'immigration à notre prospérité.
Je tiens
aussi à rappeler qu'on a renouvelé, évidemment, notre engagement envers
l'immigration humanitaire, les
réfugiés, et on renouvelle cet engagement historique. Les dispositions de la
loi ne changent pas à cet égard, c'est un engagement. Je pense qu'on l'a bien montré avec l'accueil des réfugiés
syriens, à quel point tous les Québécois sont fiers du travail que nous avons fait. Et sachez, Mme la
Présidente, que le Québec a exercé beaucoup de leadership dans ce dossier,
mais toutes les questions de la francisation
vont s'appliquer évidemment à ces réfugiés, tous les réfugiés qu'on accueille,
bon an, mal an, et c'est à peu près 6 000, ces dernières années, par
année. C'est quand même un nombre important de personnes qui ont besoin de beaucoup d'appui. Il y a aussi les membres
du regroupement familial. Je tiens à le souligner, Mme la Présidente, le
regroupement familial ne fait pas
partie de l'immigration sélectionnée comme
certains laissent entrevoir ici, en Chambre.
C'est des gens qui, en vertu d'accords internationaux, ont le droit de se
réunir, hein; les enfants, retrouver leurs
parents; les parents, retrouver leurs enfants; les grands-parents, retrouver
leurs enfants et leurs petits-enfants. Vous
comprenez, c'est ça, et c'est en vertu, donc, de principes, aussi,
humanitaires. Donc, on ne fait pas de sélection de ces personnes-là, c'est une obligation, et le Québec
adhère à ces obligations. Donc, le projet de loi fait en sorte qu'on maintient cet engagement. Et, par la politique, la
participation, l'inclusion et des cours de francisation pour tout le monde qui
en a besoin, on s'assure de s'occuper de tous les immigrants qui se
retrouvent sur notre territoire.
terminerais en rappelant que la diversité et l'immigration sont des richesses
incontournables de notre passé, de
notre présent et de notre avenir. C'est en accueillant ensemble des personnes
de partout que le Qué