Culture and Education — 4 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-11-04
Quebec — Committees
Évidemment,
il n'y a pas d'unanimité. Évidemment, il y a
des gens qui souhaiteraient que ça ne change pas. Mais beaucoup
de personnes sur le terrain attendent cette décentralisation de la prise de
position, attendent qu'il y ait davantage
d'argent qui soit envoyé aux écoles. Pas
tout, pas tout l'argent, évidemment. Il faut garder une instance régionale, un centre
de services scolaire qui va être là pour, évidemment, s'occuper des
transports scolaires, des écoles, de la répartition des ressources. Mais, quand on prend ces décisions-là, eh
bien... et c'est ce qu'on va faire avec le projet de loi n° 40,
quand on prend ces décisions-là, il faut les prendre avec les parents et
avec ceux qui sont sur le terrain, de plus en plus.
Donc,
j'espère qu'on va pouvoir avoir des discussions qui seront sereines puis
j'espère qu'on regardera le projet de
loi pour ce qu'il est, qu'on n'essaiera pas de lui faire dire des choses
qu'il ne dit pas, pour qu'ensemble on améliore la gouvernance scolaire.
C'est quelque chose qui a été tenté à quelques reprises, ces dernières années,
de manière timide, avec le projet de loi n° 86 et le suivant, mais là, cette
fois-ci, je pense qu'on va pouvoir aller au bout de l'exercice une fois pour
toutes puis remettre les écoles entre les mains de la communauté. Merci.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Donc, sans
plus tarder, je me tourne du côté de l'opposition officielle, vers la
députée de Saint-Laurent. Vous avez 3 min 43 s.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre, tous les députés.
Bonjour, mesdames de l'opposition. On se retrouve, et j'en profite. Je
vois que le sous-ministre est enfin avec nous. Je vous rappelle que j'ai posé une
question par rapport à vos frais, lorsque vous étiez, à l'époque, à l'ADJEQ, et
vos pièces justificatives sont toujours attendues, pour une somme de
20 000 $. Et ça tombe totalement à propos puisqu'aujourd'hui on parle
de gouvernance scolaire et de transparence. J'espère que le sous-ministre
pourra donner le ton à tout l'ensemble des Québécois.
Effectivement, vous
avez dit qu'on commençait à se connaître, M. le ministre, d'entrée de jeu.
C'est vrai qu'on commence à se connaître.
Parce qu'il y a eu le projet de loi n° 3, qui venait uniformiser la taxe
scolaire, puis ensuite il y a eu le
projet de loi n° 12, des frais chargés aux parents, le projet de loi
n° 5. Puis, nous, ce qu'on a appris, les partis d'opposition, c'est
le peu d'écoute et que, lorsque vous avez une idée en tête, c'est très
difficile de vous faire revenir en arrière, puis d'avoir cette sensibilité qui
est tellement importante lorsqu'on est ministre, puis d'entendre son réseau.
Alors, oui, on commence à vous connaître et on espère sincèrement que vous avez
entendu les différentes voix qui se lèvent.
Parce
que, moi, quand je regarde la salle, c'est rendu notre quatrième projet de loi
en éducation puis c'est la première fois
qu'on a une salle bondée de monde debout. Alors, effectivement, votre projet de
loi est attendu, mais pas pour les bonnes raisons. Parce qu'en plein milieu de l'année scolaire, ce que nous, on
entend sur le terrain, pour être allés un peu partout au Québec, c'est qu'on veut des services pour les
enfants, pas des jeux de structure. On veut s'assurer, là, qu'effectivement,
les enseignants, leur autonomie
professionnelle est préservée. On veut s'assurer que tous les services soient
décidés, oui, de façon locale, pas
ici, dans un complexe G, par des fonctionnaires, surtout lorsqu'on sait que,
des fois, il y a des décisions qui ne proviennent pas... qui ne rentrent
pas dans un fichier Excel.
Alors,
c'est pour ça que nous, aujourd'hui, on va faire ce qu'on a essayé de faire en
maternelle quatre ans, bonifier votre projet de loi. Mais, je vais vous le dire
très clairement, là, vous avez quand même fait un choix politique de déposer
votre projet de loi avec un agenda très
serré, et j'espère sincèrement que, lorsque vous avez fait le dépôt de votre
projet de loi, vous n'allez quand même pas nous bâillonner. Parce que
nous avons l'intention de faire un travail rigoureux.
projet de loi des maternelles quatre ans, vous aviez seulement
18 articles, et on a fait un peu plus de 80 heures. Quand je regarde
l'agenda... Ça va peut-être vous faire sourire, mais on a quand même bonifié
votre projet de loi, pour vous rappeler à quel point les milieux
défavorisés, c'est important, puis les enfants handicapés aussi. Mais, ici,
quand je regarde votre projet de loi, nulle
part il n'est question de réussite éducative. Alors, oui, on va prendre notre
temps, et j'espère que vous aussi,
vous prendrez votre temps pour réaliser qu'en ce moment jouer dans les
structures, ça ne donne pas de services aux élèves. On espère aussi que
vous allez comprendre qu'en plein milieu d'année scolaire c'est important
d'avoir une certaine stabilité.
D'autre
part, je vois quand même beaucoup de femmes, énormément de femmes dans la
salle. Au même
titre que le conseil municipal, une démocratie, lorsqu'on veut
la soutenir, il faut s'assurer de leur donner des moyens. Et, lorsque je
parle de femmes, je vous rappelle que, dans les commissaires scolaires élues,
elles sont majoritairement des femmes et
qu'il s'agit aussi de leur première porte d'entrée pour une démocratie dans la
politique. Et là, vous, votre réponse à ça, c'est de les abolir. Faites attention, c'est un terrain glissant. Parce
que je vous rappelle qu'au Québec il y a plusieurs maires et mairesses qui ont été élus par acclamation, et,
si on suit votre logique, il faudrait aussi les abolir parce qu'elles ne seront
pas nécessairement, comme vous dites si bien... la participation active n'est
pas au rendez-vous.
Alors, moi, je crois qu'au contraire on peut
moderniser. Si on a un problème de participation, donnons-nous des outils, que ça soit de jumeler
les élections avec le municipal, le vote électronique, et surtout donner les
outils pour avoir une démocratie qui fonctionne, et non pas tout
simplement abolir. Ça, c'est le chemin facile. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Merci, Mme la députée de Saint-Laurent.
Je regarde maintenant la députée de Sherbrooke, qui est porte-parole en éducation et en enseignement supérieur pour la
deuxième opposition. Vous avez 56 secondes, Mme la députée.
Mme Labrie : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais ça
remercier les gens qui se sont déplacés vraiment nombreux avec
un très bref avis. Donc, je pense que c'est signe à quel point les gens sont
préoccupés par ce projet de loi là.
Je n'ai pas beaucoup
de temps. J'aimerais simplement dire au ministre que je trouve ça
important que les groupes qui vont
défiler devant nous soient vraiment bien entendus, en particulier quand ils vont
nous parler de ce que devraient être les
priorités en éducation, quand ils vont nous dire si, d'après eux, ce projet de loi là s'attaque aux priorités en éducation et quand ils vont nous dire ce que ce projet
de loi là fait ou ne fait pas pour la réussite éducative. Donc, j'aimerais que
le ministre y porte une attention très spéciale. Merci.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de Sherbrooke. Donc, idem pour la députée de
Joliette, de la troisième
opposition, 56 secondes à vous aussi.
Mme Hivon : Merci,
Mme la Présidente. Alors, à mon tour de saluer le ministre, toute sa valeureuse
équipe, mes collègues de l'opposition et
tous les groupes. Merci beaucoup de montrer autant d'intérêt pour ce projet de
loi, qui est vraiment très, très important, pas nécessairement pour les
bonnes raisons.
Et moi, je me
demande vraiment... Quand on dit que l'éducation doit être la priorité, encore
faut-il ensuite poser les bons gestes
prioritaires. Et je me demande vraiment comment de jouer dans les structures,
une mégaréforme brassage de structures,
est la chose à faire, quand ce qu'on devrait faire, c'est s'occuper de
persévérance scolaire, de réussite éducative, de valorisation de nos
enseignants, de soutien à nos tout-petits qui entrent à l'école, qui font la
transition au secondaire.
On devrait se battre pour une école qui est le
creuset de l'égalité des chances et se battre contre les deux, les trois, les quatre vitesses dans le système
d'éducation. Alors, je me demande vraiment comment on va arriver à ça et
j'espère que le ministre va être à l'écoute de tous les commentaires
qu'on va recevoir.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée. Donc, sans
plus tarder, je vais souhaiter la bienvenue aux représentants de la Fédération des commissions scolaires du Québec.
Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé,
puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite donc à vous présenter ainsi
que les personnes qui vous accompagnent et à procéder à votre exposé. Vous avez
juste à me regarder, je vous ferai un cinq, un deux, un une, et, après
ça, je devrai mettre fin à votre exposé, même si ce n'est pas terminé, parce
que vous aurez compris que je suis la gardienne du temps. Donc, la parole est à
vous. Bienvenue à l'Assemblée nationale.
M. Fortier (Alain) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. le ministre, Mmes, MM.
les députés, je suis Alain Fortier, le
président de la Fédération des
commissions scolaires du Québec. Je
suis accompagné de Mme Louise Lortie, la vice-présidente de la fédération, de Mme Hélène Roberge,
présidente de la commission scolaire des Patriotes, en Montérégie, de M. Gaétan
Gilbert, président de la commission scolaire de l'Or-et-des-Bois, en Abitibi-Témiscamingue, et de M. Éric Antoine, commission
scolaire au Coeur-des-Vallées, en Outaouais.
Nous allons
exprimer, aujourd'hui, nos vives préoccupations liées au projet de loi n° 40, une réforme centralisatrice et
discriminatoire envers les francophones. C'est d'ailleurs la première fois que
nous pouvons le faire. En tant que représentants de près de 700 élus scolaires de partout au Québec,
nous n'avons pas été consultés avant le dépôt du projet de
loi sur la réflexion et les intentions du ministre.
Chaque jour, les médias rappellent les
différents enjeux auxquels est confronté le réseau public d'éducation : valorisation de notre personnel, pénurie de main-d'oeuvre, manque d'espace, francisation, services aux élèves à besoins
particuliers, adéquation formation-emploi, intégration du numérique, et, bien
sûr, j'en passe. Et que nous propose ce projet
de loi comme solution? Un brassage de
structures diviseur, inutile et certainement stérile. Il nous fera perdre du temps et
assurément beaucoup d'argent aux Québécois.
Rien dans le projet de loi n° 40 ne traite de ces réels enjeux de notre réseau
public d'éducation. Nous avons beau lire, relire, analyser le projet de loi en détail, nous n'arrivons pas à répondre aux questions
suivantes : À partir de quel diagnostic,
quelle analyse le ministre nous propose-t-il ce chambardement de structures?
À quels enjeux ou besoins répond-il? En quoi ces propositions
seront-elles bénéfiques pour la réussite de nos élèves?
Mme Lortie
(Louise) : Le ministre
parle de décentralisation, alors que, dans les faits, il s'agit, évidemment, de centralisation. Il ne transfère aucun pouvoir actuel du
conseil des commissaires vers les écoles. Quelle est la différence? Le ministre s'octroie plutôt de nouveaux pouvoirs et éteint
la voix locale des citoyens. Nous en avons déjà vu un exemple avec le projet
de loi n° 37, dans lequel le gouvernement impose des achats regroupés sans tenir compte des besoins locaux
et du développement économique des milieux.
Dans ce projet de loi ci, le ministre va jusqu'à se conférer, de façon exceptionnelle,
des pouvoirs sans limites de réglementer sur ses objectifs du projet de
loi, sans même retourner auprès des députés de l'Assemblée nationale pour modifier la
Loi sur l'instruction publique. Pour faire court, le ministre
dira aux gens quoi dire, quoi faire, quoi apprendre, peu importe où
qu'ils soient, en Abitibi, à Québec, dans le Bas-du-Fleuve, en Outaouais, au
Saguenay ou encore même à Laval.
Dans le projet de loi
n° 40, le ministre s'octroie, par exemple, le pouvoir
d'exiger des regroupements de ressources et
de services avec d'autres partenaires, dont les établissements privés
d'éducation. Le ministre s'octroie aussi le pouvoir d'autoriser les travaux de construction ou de rénovation
majeurs des immeubles lorsque le coût total estimé du projet est supérieur aux montants qui seront
déterminés par lui. Et il s'octroie aussi la possibilité d'annuler toute
décision d'une commission scolaire
jusqu'au 1er mai 2020. Cette centralisation à outrance aura des impacts
néfastes sur notre réseau public d'éducation. Elle éloignera de la prise
de décision les besoins des élèves et de la communauté.
Mais
le plus préoccupant avec ce projet de loi, Mme la Présidente, c'est, bien sûr,
le recul démocratique important qu'il
fait subir à la société québécoise. Dans les faits, disons-le, le ministre de
l'Éducation souhaite se débarrasser d'un palier démocratique qu'il juge
dérangeant, un caillou dans son soulier, nous a-t-il dit. Que reproche-t-il au
modèle actuel? Pourtant, le taux de
diplomation et de qualification a progressé de 9 % au cours des huit
dernières années, et les élèves du Québec performent très bien dans les tests
internationaux. Grâce au travail de tous les acteurs, y compris des élus
scolaires, notre réseau fait des progrès, au bénéfice de toute la
société et de son développement socioéconomique et culturel.
L'ensemble
de la littérature existante affirme l'importance du maintien de la démocratie
représentative dans la gestion de notre réseau. Le ministre ne s'appuie
d'ailleurs sur aucune analyse claire faite sur la démocratie ou les modes de
gouvernance afin de proposer son nouveau modèle.
Mme Roberge
(Hélène) : L'éducation est un bien public. Elle appartient à
l'ensemble de la population. Le projet de loi remplace les élus scolaires au
suffrage universel par un conseil d'administration composé de parents membres
de conseils d'établissement, d'employés et d'une minorité de membres de la
communauté avec un profil de compétences prédéterminé.
Prédéterminé par qui? Par le ministre. Ces nouveaux administrateurs seront donc
choisis par quelques personnes. Ce
faisant, le ministre dépouille la collectivité de son influence sur le système
public d'éducation et enlève toute légitimité aux futurs centres de services scolaires, qui n'auront aucune
imputabilité face aux payeurs de taxes scolaires. Mentionnons également
la perte de liens entre les administrateurs et la communauté. Envers qui seront
redevables ces nouveaux administrateurs?
Nous
perdons aussi la vision de l'ensemble du territoire. La représentativité de
chaque quartier, de chaque milieu est,
à nos yeux, essentielle. La voix des écoles de village, par exemple, pourrait
ne pas être entendue, et cela représente un net recul pour l'équité entre les écoles du Québec. Nous avons de
nombreux exemples de petites écoles devant être fermées, si on regarde
seulement du niveau administratif, mais pour lesquelles les élus scolaires ont
pris la décision de les garder ouvertes
pour maintenir la vitalité du village. C'est cette même légitimité qui a permis
aux commissaires élus de prendre la décision de choisir l'intégration
des élèves en difficulté dans les classes régulières dans certains milieux,
notamment.
modèle actuel peut-il s'améliorer? Assurément. Nous ne proposons pas le statu
quo. Notre démocratie mérite qu'on
s'y attarde pour l'améliorer, non pas pour la jeter aux poubelles. Le ministre
propose de remplacer le faible taux de participation
aux élections scolaires par un taux beaucoup plus faible, celui des assemblées
générales des établissements, défiant ainsi toutes les règles de bonne
gouvernance.
M. Fortier (Alain) : Nous dénonçons également l'aspect indéniablement
discriminatoire envers les francophones du Québec. Alors que le projet de loi permet aux anglophones d'élire la
majorité des membres de leurs futurs centres de services scolaires, ce droit est retiré aux francophones. Il retire du
même coup le droit des citoyens francophones désirant s'impliquer en
éducation de se présenter aux élections scolaires, qu'ils aient ou non des
enfants à l'école. Ce choix du ministre a
pour effet de discriminer les francophones, tant en vertu de la charte
québécoise que de la charte canadienne, et donc d'affaiblir les bases
juridiques du nouveau modèle proposé.
En résumé, Mme la
Présidente, ce projet de loi ne répond à aucun enjeu réel en éducation, mais
crée plutôt un brassage inutile de structures. Il centralise de nombreux
pouvoirs dans les mains du ministre sans octroyer de nouveaux pouvoirs aux
écoles. Il installe un climat de méfiance parmi les acteurs du réseau public
d'éducation et les dévalorise. Il retire
l'école de sa communauté et discrimine les francophones. Nous demandons donc
aux parlementaires de surseoir à son adoption.
Nous invitons le
gouvernement à voir plus loin que des préjugés, une idéologie, une promesse
électorale. Les partenaires du réseau de
l'éducation ont besoin d'être unis autour d'un même objectif, un même
objectif : la réussite et la persévérance scolaires.
Nous
recommandons, donc, de tenir une vaste consultation auprès de l'ensemble des
partenaires sur les principaux enjeux
en matière d'école, d'éducation et de gouvernance. Ceux et celles qui
travaillent fort tous les jours dans le milieu de l'éducation ont appelé, à de multiples reprises, à un exercice de
réflexion pour se doter d'une vision de notre système public
d'éducation.
la Présidente, pour une des rares fois au Québec, nous avons l'opportunité de
défendre une valeur fondatrice de notre société : la démocratie, et il n'y
a pas de petite démocratie. Alors que l'éducation à la citoyenneté représente
un des fondements de notre Programme de
formation de l'école québécoise, qu'est-ce qu'on propose plutôt, c'est un
projet qui va à l'encontre de ce
fondement-là. Et nous souhaitons sincèrement qu'il y aura énormément d'écoute
et que nous pourrons, ensemble,
travailler, tous les acteurs du réseau, à la réussite et à la persévérance de
nos jeunes et moins jeunes dans le milieu public d'éducation. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. Fortier. Donc, sans plus tarder,
nous allons débuter la période d'échange. M. le ministre, vous avez
16 minutes pour l'échange du côté du gouvernement. Allez-y.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Un petit salut spécial à Mme Roberge, qui
est la présidente de la commission scolaire
des Patriotes, qui touche mon comté. Aucun lien de parenté, mais on a quand
même travaillé des dossiers ensemble dans la région de Chambly,
Saint-Basile-le-Grand, etc.
Donc, je veux revenir
sur certains éléments que vous nous avez exposés et vous poser quelques questions.
Disons, dans la dernière année, est-ce que
vous pouvez nous nommer des gestes que le gouvernement a posés pour
faire du dépistage précoce? Est-ce que vous avez vu le gouvernement
poser des gestes pour agir tôt?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : Bien, en fait, ce que vous essayez de faire, là,
c'est d'installer les maternelles quatre ans dans
le réseau scolaire. Donc, en voulant un, si vous jugez que ça est une mesure
pour agir tôt... Ce qu'on a essayé de vous dire tout au long de ce projet
de loi là, c'est qu'agir tôt, ça
commence à zéro, et qu'on essaie d'avoir un parcours scolaire qui va
tout au long du parcours scolaire, en fait, là, en continuité, en travaillant
en collaboration avec les CPE, avec les réseaux scolaires, etc.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, exactement, il y a eu les maternelles quatre ans qu'on commence, là.
Il y a eu... on travaille avec le ministère de la Famille pour améliorer les collaborations
familles‑centres éducatifs à la petite enfance. Il y a le programme Agir tôt en
santé.
Ce que je voulais
illustrer avec vous, c'est que ce n'est pas parce qu'on améliore la gouvernance
scolaire qu'on s'empêche de faire de la prévention au décrochage en agissant
tôt, en faisant du dépistage, ou qu'on s'empêche de valoriser la formation professionnelle, ou qu'on s'empêche de lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre qui touche le réseau de l'éducation, hein?
a créé des parcours de formation, des passerelles, des bourses d'études. Ensuite,
on a rendu publiques de nouvelles façons d'obtenir des brevets, des tolérances d'enseignement. On a ajouté des ressources pour
les élèves EHDAA. Parce que je
partage ce constat-là, aussi : les enfants qui ont des besoins
particuliers doivent avoir davantage d'aide, là. Il y a des centaines de
professionnels de plus cette année que l'an dernier. On a rajouté des classes spécialisées.
Les commissions scolaires, je pense, en ont
ouvert. Ils étaient bien contents. En tout cas, quand je circule dans les
écoles, bien des gens sont bien contents de voir plusieurs des gestes
qui ont été posés.
faut juste prendre garde d'éviter le raccourci suivant. Tantôt, quelqu'un a
dit : Pour faire court. Mais, des fois, pour faire court, on fait des
raccourcis. Et c'est un problème. Parce qu'on peut être en désaccord avec des
éléments d'un projet de loi, tout en
reconnaissant que le gouvernement a posé des gestes pour la formation de la
main-d'oeuvre, le dépistage précoce, les interventions auprès des
enfants handicapés.
Je ne pense pas que
ça soit honnête de dire qu'on ne peut pas améliorer la gouvernance parce qu'on
doit rénover des écoles. On a annoncé
2,3 milliards, et je pense que, dans toutes les commissions scolaires, ça
a été bien reçu. Et, en annonçant 2,3 milliards pour rénover nos
écoles, ça ne nous empêchait pas d'améliorer la gouvernance ou ça ne nous obligeait pas non plus à améliorer la gouvernance.
Mais ce n'est pas parce qu'on prend deux, trois, quatre décisions que
les unes s'opposent aux autres. Mais c'est un raccourci qu'on a entendu
souvent, je voulais revenir là-dessus.
Vous nous avez dit,
tout à l'heure, lors de la présentation, que la Fédération des commissions
scolaires était d'accord pour améliorer le système. Pourtant, moi, je vois la
présidente de la commission scolaire des Laurentides, Mme Johanne Hogue,
qui dit, et je la cite : «La fédération n'a pas démontré d'ouverture à
présenter un point de vue différent.»
Mme Hogue, la présidente, une commissaire de la commission scolaire des
Laurentides, nous dit : «Nous sommes d'avis qu'une nouvelle
gouvernance éducative non politique impliquant davantage des acteurs oeuvrant
directement auprès des élèves pourrait se
révéler très bénéfique.» Comment se fait-il qu'elle n'ait pas eu davantage
d'écoute au sein de la Fédération des
commissions scolaires, au point qu'elle se sente obligée de quitter la
fédération pour exprimer son désir d'améliorer le système?
M. Fortier
(Alain) : ...vous avez un long préambule. Je vais
essayer d'être un peu court. Si on veut parler de Mme Hogue, qui ne s'est pas présentée au conseil général au moment
où on essayait d'établir une position commune et donc qui a préféré rester de
côté... Et, lorsqu'elle a vu qu'elle n'a pas été invitée, elle nous a rappelés
en disant : J'aimerais bien être invitée. Et, nous, ce que nous lui
avons dit, c'est : En autant que vous adhérez à la position des
59 commissions scolaires qui sont chez nous.
Or, ce que
vous nous dites, M. le ministre, c'est que, s'il y a un groupe qui dit que
c'est une bonne idée, bien, il faudrait
peut-être faire attention, il y aura peut-être un groupe qui viendra ici pour
dire que c'est une mauvaise idée. Et là
est-ce que, des fois, un groupe, ça fait en sorte que c'est une mauvaise idée,
mais, des fois, un groupe, ça fait en sorte que c'est une bonne idée?
Là, il faut juste garder nos lignes.
Sur l'idée de la gouvernance, maintenant, où vous dites que
vous n'avez rien fait, moi, je pensais qu'on avait un projet de loi qui, à quelque part, cherchait à
améliorer la réussite et la persévérance scolaires. On ne revoit pas la
gouvernance pour revoir la
gouvernance. La gouvernance que vous proposez là ne s'appuie sur aucune étude
qui dit qu'un tel modèle de gouvernance est un modèle efficace de
gouvernance. Nous avons des recherches qui disent complètement l'inverse.
Donc,
dans ce sens-là, si on est en train de faire un brassage de structures, ce
qu'on appelle stérile et inutile, bien là,
vous avez raison d'aller de l'avant, mais, si vous croyez que vous avez, avec
votre projet de loi, aidé la réussite, la persévérance des élèves, bien,
travaillons ensemble puis travaillons à cet enjeu-là qui nous rejoint tous ici,
La Présidente (Mme Thériault) : M. le
ministre.
M. Roberge :
Bien là, je trouve que ça va dans la direction de nos rencontres qu'on a déjà
eues précédemment. On s'est quand même déjà parlé, à quelques reprises, de
plusieurs sujets, évidemment, notamment de la gouvernance. Mais un des objectifs du projet de loi — il y en a plusieurs, là — c'est de dépolitiser un peu la prise de décision à l'échelle régionale. Des fois, c'est quelque chose qui nous a desservis, qui a
servi, des fois, en des batailles juridiques.
Est-ce que vous pourriez... est-ce que vous avez cette
information-là ou alors nous la fournir, dire... Vos membres, là, les commissions scolaires, dans
les cinq dernières années, est-ce qu'on sait combien ils ont engagé en frais
juridiques, outre la poursuite pour les frais chargés aux parents là?
Celle-là, là, je vais le mettre sur le compte des précédents gouvernements qui ont laissé pourrir la situation.
Mais, à part ça, est-ce que vous avez cette information-là ou est-ce que
vous pouvez la trouver? Combien d'argent a été dépensé par les commissions
scolaires en frais juridiques? Je sais qu'à English-Montréal, là, ça n'a pas
été long qu'on frôle les 400 000 $. Mais, de votre côté, est-ce que
vous le savez pour vos membres ?
Présidente (Mme Thériault) : M. Fortier.
M. Fortier (Alain) : Peut-être de voir le lien entre les frais
qu'on engage pour des raisons juridiques... Parce que nous sommes des
organisations qui gérons à peu près 11 milliards de dollars, là. Si on
éliminait tous les frais juridiques qu'on a dans les
commissions scolaires, on serait dans le pétrin, là.
Mais il y a une chose qu'on a faite, par exemple, c'est de
la politique locale. C'est comme si vous disiez que faire de la politique, ce n'est pas bon, au Québec.
Faire de la politique locale, ça a fait que, chez Éric Antoine, de la
commission scolaire au
Coeur-des-Vallées, là, c'est lui qui a levé le drapeau en disant qu'en ce
moment, là, il y a des gens qui magasinent leurs taxes scolaires. C'est grâce à la politique scolaire d'Éric
Antoine qu'aujourd'hui vous avez pu faire, nous, ce que nous, on croyait être essentiel, un taux régional de
taxation et qui est devenu, là, par dérive de propos, là, à une taxe
uniformisée de taxation. C'est ça, faire de la politique locale.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Je vais laisser mon collègue de Richelieu prendre la relève.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Richelieu, la parole est à
vous. Il reste encore 8 min 25 s.
M. Émond :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. M Fortier, Mme Lortie,
Mme Roberge. Heureux de vous retrouver sur cette tribune,
Mme Roberge. M. Antoine et M. Gilbert, merci beaucoup, bienvenue
parmi nous.
suis heureux, comme mes collègues, de participer aux consultations
particulières de cet important projet de loi, parce que, bien entendu, Mme la Présidente, on va collaborer, on va
écouter, on va partager avec nos collègues d'en face, aussi, comme on le fait depuis le début de cette
législature-ci. On l'a fait dans d'autres projets de loi, entre autres, la
collègue l'a évoqué tantôt, le projet de loi n° 5,
sur lequel moi, j'ai senti un ministre qui a fait preuve de beaucoup d'écoute
et d'ouverture, ce qui nous a permis de bonifier le projet de loi après avoir
écouté et entendu beaucoup nos collègues.
Mais tout ça pour
vous dire que, pour avoir moi-même oeuvré... puis je suis content de participer
à cet important projet de loi là comme
adjoint parlementaire au ministre de l'Éducation, mais, pour avoir oeuvré dans
le milieu de l'éducation durant quelques années, puis là ça ne me
rajeunit pas en disant ça, j'ai vécu, de l'intérieur, la fusion des commissions
scolaires de Sorel et de Tracy, en 1998, si je ne m'abuse, voilà, et qui a été
bien faite, mais qui a mené à toutes sortes de petits problèmes également. Mais
là n'est pas la nature de mon propos. Je voudrais plutôt parler de gouvernance,
Mme la Présidente. Et je ne vais pas me
diriger vers les élections scolaires ou les taux de participation faméliques,
là, mais plutôt de vous parler de...
J'aurais envie de dire : Vous savez, les centres de la petite enfance, les
CPE, on en parle beaucoup, et à raison, les cégeps, les universités, les
CIUSSS, plusieurs organisations au Québec, et ce, partout en région, sont gérées par des conseils d'administration. Et puis
j'ai l'impression, en lisant votre mémoire ou vous entendant... J'aimerais
que vous puissiez m'expliquer pour quelle
raison les commissions scolaires ne pourraient-elles pas être gouvernées, elles
aussi, par des C.A. représentés par des gens du milieu en éducation et dont
l'expertise est également reconnue.
M. Fortier
(Alain) : Je dirais bien simplement que, si on
pense que l'école publique doit être un bien commun et intéresser toute la population, ce n'est certainement pas en disant à
une
partie de la population : Mêlez-vous de vos affaires si vous
n'avez pas d'enfant. D'accord?
L'autre chose que je vous dirais, c'est que le pendant d'un
cégep, qui est une bâtisse, c'est probablement une école secondaire ou une école primaire qui a aussi une
bâtisse et pour laquelle, dans ce projet de loi là, on réunit des parents, des
employés, un directeur puis un membre de la communauté comme dans les cégeps.
Une commission scolaire, ce n'est pas ça. Une commission
scolaire, c'est un regroupement d'écoles sur un territoire
pour s'assurer que toutes les personnes qui vivent sur le territoire soient
représentées et avoir son mot à dire.
Moi, je
disais, aujourd'hui, à Mario Dumont que, dans la commission scolaire Kamouraska—Rivière-du-Loup, il y a
Rivière-du-Loup puis 32 municipalités et puis que, dans le projet de loi,
ça se peut qu'il y ait huit personnes... en fait, 16 personnes qui
viennent de Rivière-du-Loup puis zéro d'aucune de toutes les communautés qui
l'entourent. Et la gouvernance actuelle, qui peut être améliorée par toutes
sortes de moyens, va garantir la représentativité des citoyens.
Et je
terminerais en vous disant que l'UNESCO, par ses grandes conventions
internationales, dit que le rôle des gouvernements, c'est de mobiliser la
communauté autour de l'école. Alors, moi, je m'excuse, là, mais un conseil
d'administration, ce n'est pas la même chose qu'une gouvernance de proximité.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. M. le député de Richelieu.
M. Émond : Oui.
Je vais juste compléter puis rapidement, Mme la Présidente, si vous permettez,
parce que j'entends des choses
intéressantes, M. Forcier, et puis... Fortier, pardon. Et c'est vrai qu'il
doit y avoir une composition, dans des conseils d'administration, de
gens qui s'impliquent en éducation.
Puis
là j'ai le goût de vous citer — et en ouvrant les guillemets : «À l'heure
actuelle, la réalité, c'est que les parents ne s'impliquent pas beaucoup à l'intérieur de la
structure scolaire — et je referme les guillemets.» Là, moi, puis vous pourrez me corriger si je me trompe, je
vois ça un peu comme une remise en question de la capacité des parents à siéger
sur un conseil d'administration comme un manque de temps.
sais, moi et ma conjointe, avec trois enfants, j'ai siégé sur de nombreux
conseils d'administration tout en étant papa. Puis qu'est-ce que vous pourriez dire aux
parents qui siègent, actuellement, qui sont sur des conseils d'établissement, qui sont au comité de parents de leur commission scolaire, au conseil
des commissaires comme commissaire-parent, par exemple?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : ...de dévaloriser
la capacité des individus à s'impliquer. Ce que les parents nous disent... Moi,
j'arrive de l'Abitibi, par exemple, là, où
les gens me disaient : Alain, il y a trois conseils d'établissement, puis
ils n'ont même pas assez de parents
pour compléter leur conseil d'établissement. Ça, c'est chez Gaétan Gilbert,
ici. Il y a des parents qui ont demandé de ne plus siéger à certains comités
parce qu'ils n'étaient pas capables de joindre les... d'être au conseil des
commissaires.
Donc, ce
qu'on vous dit, là, c'est que, si on remplace une représentativité qu'on dit de
5 % — et
nous le reconnaissons, travaillons à
l'améliorer — par
une représentativité beaucoup moins grande, en termes de proportion de gens qui
s'impliquent, c'est là que le bât blesse dans cette affaire-là.
Dernier
élément, c'est que, vous savez, si les parents veulent vraiment s'impliquer
dans la gouvernance scolaire, là, il y a une manière qui fait en sorte qu'ils
pourraient avoir les 15 sièges autour d'un conseil des commissaires :
ils ont juste à mettre leurs faces sur le poteau.
La Présidente (Mme Thériault) :
Ça va? Mme la députée de...
La Présidente (Mme Thériault) :
Pardon?
Mme IsaBelle : Huntingdon.
La Présidente (Mme Thériault) :
Huntingdon, oui absolument. Excusez-moi, je connais votre nom.
Mme IsaBelle : Bonjour, M. Fortier. Bonjour. Écoutez, moi,
je suis plus intéressée par la formation parce que, dans le projet de
loi, les membres du C.A. et du conseil d'établissement vont recevoir des
formations. Alors, j'ai comme deux petites
questions. Est-ce que vous savez, vous, en tant que fédération, s'il y avait
des commissions scolaires qui offraient des formations aux commissaires? Et, si oui ou non, bon, bien, me le
dire. Et puis comment vous voyez, dans notre projet de loi, cette
obligation-là de formation? Trouvez-vous que c'est bon, comme projet?
M. Fortier
(Alain) : En fait, vous
parlez à un gars, tu sais, qui a quand même un doctorat en éducation, donc qui
croit beaucoup, beaucoup, beaucoup à la formation initiale et continue. Toutes
les commissions scolaires, en tout cas, ont toujours eu l'avantage de s'assurer
que leurs élus scolaires soient formés le mieux possible. Donc à votre
question : Croyez-vous à la formation?, bien sûr. Je pense que vous
êtes...
Mme IsaBelle : Et il se fait de
la formation.
M. Fortier
(Alain) : Et il se fait de
la formation. La fédération offre énormément de formation aux élus scolaires.
Les commissions scolaires elles-mêmes font
de la formation. La question n'est pas là. La question est de savoir où est-ce
que chaque groupe est rendu. Et il faut quand même se poser la question :
En quoi une formation uniformisée va tenir compte
de l'expertise de chacun ou de la nouveauté des autres? Et pourquoi ne pas se
fier sur le pouvoir local, les gens dans l'action, comme les enseignants vous le disent, d'ailleurs, d'être
capable de dire : Nous, la formation dont on a besoin, en ce moment, c'est celle-ci, et de les laisser se
donner un temps de formation? Qu'on oblige la formation, il n'y a pas de
problème, on est en faveur de la formation. Qu'elle vienne de Québec,
c'est là, la question. C'est là, le problème...
Mme IsaBelle : Mais pourquoi
vous dites qu'elle serait... Je peux y aller?
Présidente (Mme Thériault) : Oui, excusez.
Mme IsaBelle : Pourquoi vous dites qu'elle serait uniformisée?
Il va y avoir une base offerte par le ministère, mais, par la suite, la
commission... enfin, le centre de services pourra...
IsaBelle : ... — excusez,
hein? — pourra,
par la suite, l'adapter à son milieu. Pourquoi vous dites qu'elle serait
uniformisée?
M. Fortier (Alain) : Bien, simplement, quand on lit un projet de loi,
là, formation qui sera «élaborée par le ministre»... Moi, si vous me dites : Il y aura de la
formation et chacun des gouvernements locaux pourra se donner son projet de
formation et de développement professionnel, on achète, là.
Présidente (Mme Thériault) : Il reste à peine 12 secondes... 15 secondes. Question rapide?
Non? O.K. Là, je vais juste vous rappeler les
règles, s'il vous plaît, parce qu'on a des gens qui vont écrire vos propos et
savoir qui a prononcé quelles paroles, évidemment. Donc, je vous demande
d'attendre que je vous reconnaisse. Et, quand il y a un échange, j'essaie de ne pas intervenir, sauf qu'il faut attendre au
moins que je vous reconnaisse. Donc, regardez-moi, je vous redonnerai la
parole une autre fois. Donc, sans plus tarder, je vais aller du côté de
l'opposition officielle, avec Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je vous regardais. Bonjour. Premièrement, merci
d'être présent. Ma première question, d'emblée : Est-ce que vous avez
trouvé, finalement, dans le projet de loi, qui est assez costaud, comment on
fait pour améliorer le sort des élèves, la réussite éducative? J'ai
cherché.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : Comme vous l'avez vu, là, entendu dans ma...
La Présidente
(Mme Thériault) : ...
M. Fortier (Alain) : Oui? On va se demander si on... Comme vous l'avez
entendu dans ma présentation, nous, on a beau le lire et le relire, là...
D'ailleurs, la réponse de M. le
ministre, c'est : On a fait plein de choses à l'extérieur. Mais, dans
ce projet de loi là, là, en tout cas, il ne semble pas y avoir grand-chose.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Vous avez sûrement lu, comme nous tous au Québec, que nos jeunes enfants
souffrent de plus en plus tôt de détresse
psychologique. En quoi le projet de loi n° 40 fait en sorte qu'on
peut aider, outiller non seulement
les élèves, les enseignants, mais tous ceux qui sont dans le réseau de
l'éducation?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : Bien, j'allais dire : Je pense que votre
question est synonyme de la première, là.
Mme Rizqy :
Donc, en rien?
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy : Vous avez aussi remarqué qu'il y a d'autres
priorités. J'entends souvent des parents nous parler de l'obsession des
enfants pour leur écran tactile, que ça devient vraiment un gros problème.
Est-ce que ça, en priorité... Est-ce que
jouer dans les structures ou s'attaquer à ce fléau... pour vous, laquelle
serait la plus grande priorité des Québécois que vous entendez d'Abitibi
à Rimouski?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : ...indépendant, là, d'une firme — je ne
sais pas si je peux la nommer, bref, je ne connais pas la règle ici, mais bref — et
sur l'amélioration de la gouvernance, là, sur les 12 qui avaient été mises de
l'avant, venait, juste un petit peu avant : s'occuper des élèves
doués, mais était, je pense, si je me souviens bien, 11e sur les 12 ou 10e sur les 12 priorités, la première étant, bien sûr,
de s'occuper des élèves, des besoins, des... là, je n'ai pas l'ordre par coeur,
mais tout ce qu'en fait tous les journaux
relatent et rappellent, à quel point le réseau public de l'éducation a de très,
très grands défis, là. Jamais, en
tout cas, ce défi de gouvernance, là, n'était une priorité pour à la fois les
Québécois, mais aussi, là, le réseau public de l'éducation.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci. J'aimerais demander à Mme Roberge
quelle est sa relation avec le ministre de l'Éducation à
titre d'élue? À
titre d'élue, là, vous, quand il
y a une problématique, est-ce que c'est vous qui êtes imputable puis qui
appelez au bureau du député? Puis,
par la suite, lorsqu'il n'y aura plus de commission scolaire, bien, qui, qui va
prendre le téléphone pour appeler le député?
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme Roberge.
Mme Roberge (Hélène) : Merci.
Effectivement, nous avons eu quelques rencontres pour des dossiers qui
concernent la commission scolaire des Patriotes, notamment quand c'est des
demandes d'ajout d'espace, par exemple. On a également rencontré le ministre
pour lui parler de notre modèle, à la commission scolaire, de fonctionnement
très décentralisé et de quelle façon notre
gouvernance était une bonne gouvernance. Et, lors de cette rencontre-là,
c'était quelques jours après que M. le ministre avait mentionné, dans une entrevue, quelque chose par rapport à la
mauvaise gouvernance des commissions
scolaires, que c'était préférable de le changer, de le modifier. Et je lui
avais dit que j'avais trouvé — il
s'en rappellera sans doute — blessants
ses propos. Parce que nous avons une bonne gouvernance, comme la grande
majorité des commissions scolaires, ce qu'il avait reconnu, en
disant : Parfois, les mots dépassent notre pensée.
Oui, il y a
des exemples où on voit dans les médias qu'il y a des gouvernances de certaines
commissions scolaires qui seraient remises
en question. Je n'ai pas la teneur des rapports, etc. Mais, si on va dans ce
sens-là, on pourrait faire la même
chose pour le milieu municipal. Il y a eu la commission Charbonneau, il y a eu
des commissions... des municipalités avec
des difficultés, il y a des municipalités en tutelle, notamment, même sur le
territoire de la circonscription de M. Roberge, avec Chambly, et il n'y a personne qui pense que
ça serait une bonne idée de remettre en question la démocratie municipale,
de remettre en question les élus municipaux. Pourquoi on fait ce parallèle-là
en éducation? À mon sens, il n'y a aucune raison
de faire ça. La politique, c'est bon aussi pour l'éducation, c'est notre bien
public, comme je disais tout à l'heure, et ça appartient à tout le
monde.
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : Le nombre de rencontres du conseil
d'administration avec les parents, est-ce que ça, c'est réaliste?
La Présidente (Mme Thériault) :
Madame...
M. Fortier
(Alain) : Peut-être que je
permettrais, si vous le permettez, Mme
la Présidente, de laisser la présidente de la commission scolaire de
Laval répondre.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui. Mme Lortie.
Mme Lortie
(Louise) : Oui. Juste pour
vous dire, là, par rapport au comité exécutif, comité qu'on abolit dans la loi,
dans le projet de loi, chez nous, à Laval, l'année dernière, on a eu
29 rencontres, c'est des rencontres où on donne des contrats de 100 000 $ et plus. On a eu
29 rencontres. Ça, on ne parle que de l'exécutif. Conseil des
commissaires, 31 rencontres. Cette
année, là, depuis le début de l'année scolaire, on a eu sept rencontres de
comité exécutif pour donner, là, près de 30 millions de contrats. Il faut les vérifier, ces
contrats-là, on a un pouvoir là-dessus, mais aussi une responsabilité — merci. Et on se dit que, s'il y a juste 10 rencontres, comme
le ministre le dit présentement, bien, il y aura sûrement moins de décisions
qui seront prises par le conseil
d'administration. Moins de décisions au conseil d'administration, ça veut dire
plus de pouvoir au directeur général
ou dans l'organisation, ce qui fait en sorte que ce qui sera décidé au conseil
d'administration va être obligé
d'être beaucoup moins de portée. Et, à ce moment-là, bien, on se questionne. Il
y a la centralisation, mais il y a aussi le pouvoir donné à
l'administration.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, tantôt,
lorsque le député de Richelieu parlait du temps consacré avec sa femme pour
aller à certaines rencontres, on était loin
de... Parce qu'en fait, dans la réalité, c'est quand même une trentaine de
rencontres au minimum, où est-ce
qu'il y a aussi des contrats à vérifier. Puis, quand même, vous, non seulement
votre tête... bien, votre face est sur le poteau, mais vous êtes aussi
la personne imputable, en fin de journée, non?
Mme Lortie (Louise) :
Bien, je suis imputable et je suis aussi...
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme Lortie.
Mme Lortie (Louise) :
Pardon, Mme la Présidente. Je suis imputable, mais je suis aussi la
représentante des citoyens. Je suis la
représentante de chaque quartier de Laval où il y a des commissaires qui
représentent tous les quartiers défavorisés,
plus favorisés, allophones, plus francophones — quoiqu'à Laval il y en a de moins en moins. Mais ce que je vous dirais, c'est que ce
travail-là, qui est extrêmement important, qui s'ajoute, évidemment, aux
réunions... Mais, si on veut ramener
les besoins de nos quartiers, on a de besoin d'avoir quelqu'un qui fasse ça,
et, dans le projet de loi, cet article-là est enlevé sur... dans le fond,
d'informer le conseil d'administration des besoins, des attentes de la
population, c'est rayé de la carte.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
Mme Lortie, vous, ça fait combien d'années que vous êtes commissaire
puis présidente ?
Présidente (Mme Thériault) : Mme Lortie.
Mme Lortie
(Louise) : Merci. Je suis commissaire depuis 2003, je suis présidente
depuis 10 ans.
Mme Rizqy :
Belle continuité!
Mme Lortie
(Louise) : 11 ans.
Mme Rizqy : Donc, ici, c'est une question
de... une belle continuité. Et j'ai fait quand même le tour de plusieurs commissions scolaires, puis on voit
que, oui, il y a du renouvellement, mais il y a une certaine continuité puis un
passage de savoir entre les
différents commissaires qui vont se succéder. Mais, quand je regarde la
participation des parents dans les conseils d'établissement, je note, dans
différentes commissions scolaires, que le taux de participation est non
seulement très faible, mais que le
renouvellement d'un mandat est autour de 50 %. Est-ce que là, ici, on a
même un défi de continuité pour la prise de décision et de bonne
gestion, de gouvernance ?
Présidente (Mme Thériault) : Mme Lortie, allez-y.
Mme Lortie
(Louise) : Oui. Effectivement, il y a une problématique à ce
niveau-là. Je vous dirais qu'il y a les conseils
d'établissement, le comité de parents, aussi, auquel on donne un pouvoir par
rapport aux frais chargés aux parents. 50 %
des membres chez nous — je ne peux pas parler pour
les autres — sont nouveaux cette année, donc connaissent à peine les pouvoirs du
comité de parents, dans le fond, les fonctions du comité de parents.
Présidente (Mme Thériault) : Et j'ai Mme Roberge qui veut
ajouter.
Mme Roberge (Hélène) : ...participation aux
assemblées générales de parents, à la commission scolaire des Patriotes, pour les assemblées générales de
cette année, il y avait environ 3,4 % des parents
qui se sont présentés dans les assemblées générales. Et, si on rapporte ça en
termes d'électeurs, c'est moins de 1 %
des électeurs, à ce
moment-là. Si je regarde une école secondaire, à Chambly
par exemple, où il y a 693 élèves, il y avait 11 parents dans la
salle.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée, il vous reste un
petit peu plus que deux minutes.
Mme Rizqy :
Ah! Moi, j'ai trois minutes à mon cadran.
Présidente (Mme Thériault) : 2 min 20 s.
Mme Rizqy : D'accord. Tantôt,
Mme Lortie, vous avez parlé que, vous, votre rôle, puis c'est le rôle de
tous les commissaires
ici, c'est d'avoir un recul pour avoir cette vue d'ensemble de tout votre
réseau. J'ai fait différentes régions dans ma tournée pour rencontrer
différents commissaires — étant donné qu'on aura un
temps très raccourci pour pouvoir bien vous
entendre — et ils me disaient que... des parents qui vont être sur un conseil
d'établissement, s'ils vont à la réunion, qui va être autour du début du mois de septembre, pour
être nommés au conseil d'établissement. Par la suite, ceux-là vont aller
au conseil d'administration... Mais qui va s'assurer, là-dedans, de la représentativité
de toutes les régions et de tous les
milieux ? Parce que, là, si je comprends bien, on pourrait avoir tous les
parents de la même école qui vont être sur le conseil d'administration.
Présidente (Mme Thériault) : M. Fortier.
M. Fortier (Alain) : Oui. J'allais dire : C'est un peu
l'exemple que je vous donnais tout à l'heure, là, dans le sens... de Rivière-du-Loup et... Kamouraska—Rivière-du-Loup, où il y a
32 municipalités, et Rivière-du-Loup où, tu sais, il y a une grosse école secondaire, trois
ou quatre écoles primaires. Donc, les parents pourraient... les parents, mais
même les employés, enfin bref, tout
le monde pourrait venir de Rivière-du-Loup, dans ce conseil-là, et les
32 municipalités n'auraient aucune représentation. Probablement que
M. Gilbert peut donner aussi l'exemple de la réalité de l'Abitibi.
Présidente (Mme Thériault) : Certainement. M. Gilbert.
M. Gilbert
(Gaétan) : Merci. En
fait, Mme la Présidente, je ne sais pas à qui parlait M. Roberge quand il
disait que toutes les personnes qu'il a rencontrées
étaient en faveur d'enlever la démocratie scolaire, entre autres. Parce que,
chez nous, en Abitibi,
et là je ne parle pas juste de ma commission scolaire, je parle de toute
l'Abitibi, toutes les personnes que j'ai rencontrées, et j'en ai rencontré
plusieurs, à partir du moment où je leur ai expliqué ce qu'on faisait, il n'y a
pas personne qui m'a dit qu'on était
inutile, il n'y a pas personne qui a dit qu'on ne devrait plus avoir d'élection
scolaire. Au contraire, on a des
résolutions de chambres de commerce, des municipalités, des préfets, des
maires, des parents qui disent qu'on devrait garder le modèle actuel.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Il vous reste 20 secondes.
Mme Rizqy :
...rapidement. Qu'est-ce que vous pensez, dans le projet de loi, comme quoi les
nouveaux centres de services vont devoir donner des
services au privé?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Fortier, en
15 secondes.
M. Fortier
(Alain) : Bien, je
ne sais pas sous quelle forme ça peut prendre, là. Mais est-ce que c'est une
nouvelle manière de financer plus l'école privée? Je ne le sais pas, là, mais
ça reste à voir. Nous, on a été très, très étonnés. Puis ça démontre, encore une fois, l'idée
centralisatrice, c'est-à-dire que ça veut dire que le ministre peut forcer le
partenariat, sans vraiment savoir les
tenants et aboutissants, là, de
ça. Mais, en même temps, je vous dirais qu'il y a au-dessus de
1 500 partenariats, dans l'ensemble des commissions scolaires, qui
sont faits sur la base d'une bonne entente et d'une bonne collaboration.
Présidente (Mme Thériault) : Et je dois mettre fin à l'échange. Donc, Mme la députée de Sherbrooke,
la parole est à vous pour 2 min 40 s, en échange avec la
commission... la fédération, pardon.
Mme Labrie : Merci. Merci.
J'aimerais ça vous entendre. Il a été nommé, tout à l'heure, qu'il était
question d'éliminer des acteurs politiques,
hein, avec l'élimination de commissions scolaires. Le ministre voit ça comme
une bonne chose. Vous, d'après vous,
est-ce que c'est une bonne chose d'éliminer des acteurs politiques dans les
régions du Québec?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Fortier.
M. Fortier (Alain) :
Bien là, j'ai juste le goût de dire : Bien, si on élimine... si c'est une
bonne chose d'éliminer les acteurs
politiques, bien, on s'en va, tout le monde, chacun chez nous puis on écoute la
game de hockey ce soir, là. Je veux
dire, on est tous des politiciens. Il y a des politiciens dans toutes les
municipalités du Québec. La loi des municipalités dit que, du moment
qu'il y a une municipalité, il y a au moins sept élus. Qu'il y ait
122 personnes, ça prend sept élus. Donc,
à quelque part, au Québec, on valorise la voie politique. Et une société se
structure autour de ses politiques, ça ne se structure pas autour de celui qui crie le plus fort, hein? On peut avoir
des manifestations puis revendiquer un enjeu, mais il vient à un moment
donné où il faut s'arrêter puis établir les politiques pour structurer la
société. Moi, je pense qu'au contraire il
n'y a pas assez de politique, au Québec, et de la politique qui sert l'intérêt
de tout le monde et non pas de la politique de parti.
Mme Labrie : Qui pourra jouer le rôle de défendre un enjeu
politique, par exemple, pour une fermeture d'école ou quoi que ce soit,
un enjeu régional, par rapport à notre réseau d'éducation?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Fortier.
M. Fortier (Alain) :
Bien, la question, elle est bonne, dépendamment si les gens qui sont autour du
conseil d'administration viendront d'écoles dans le pétrin. Mais moi, je
m'amuse, là, avec Kamouraska—Rivière-du-Loup,
et les 32 villages, là, et les petites
écoles où il y aura 32 élèves. Vous savez que Ginette Côté, de la
commission scolaire de l'Estuaire, a
décidé de maintenir une école de six élèves ouverte parce qu'elle a écouté sa
population? Pensez-vous que la population
de l'école de six élèves, là, aurait été au centre de l'administration puis
aurait dit : Oui, c'est vrai que ça coûte cher, mais, à quelque part, il y a la vitalité du village? On n'a aucune
idée de ça. Et c'est ça qu'on essaie de dire ici. La force du système actuel, c'est la représentativité
citoyenne équitable de tous les territoires du Québec au sein d'organismes
locaux décisionnels pour l'avenir du Québec.
Mme Labrie : Je vais y aller
avec une dernière question. Le ministre présente sa réforme comme une réduction
de la bureaucratie. Est-ce que vous pensez
que ça va être le cas ou c'est simplement un prétexte pour essayer de vendre sa
réforme?
La Présidente (Mme Thériault) :
En 30 secondes, M. Fortier.
M. Fortier (Alain) :
Bien, politique égale bureaucratie. C'est quand même assez étonnant, là. Mais,
en même temps, puis je pense que le ministre
nous l'a dit tout à l'heure, là, ça fait déjà six mois ou je ne sais pas... où
toute l'équipe gouvernementale travaille à l'élaboration de ça. Bien,
déjà là, il y a une augmentation du travail bureaucratique, là. Et, avec les
pouvoirs qu'il se donne, bien, il va falloir faire tous ces suivis-là. Avec la
reddition de comptes qu'il augmente, passant de 25 000 $ à
10 000 $, puis avec le projet de loi n° 37, on va continuer à
augmenter la bureaucratie. Moi, je m'excuse, là, mais on n'est vraiment pas en train
de diminuer la bureaucratie, au contraire, on diminue la voix des citoyens,
la voix locale. C'est ça qu'on est en train de faire.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. Fortier. Donc, sans plus tarder, je vais aller du côté
de la députée de Joliette, pour 2 min 40 s, vous aussi,
en temps d'échange.
Mme Hivon : Merci,
Mme la Présidente. Donc, évidemment,
j'ai plusieurs questions pour vous. Mais je voulais juste faire un petit
commentaire.
On a tous dit, dans nos remarques introductives,
qu'on espérait que le ministre ait de l'ouverture, une ouverture au dialogue. Puis je dois vous dire que j'ai été
assez mal à l'aise par la teneur des échanges tout à l'heure. Je ne pense pas
que le but, aujourd'hui, c'est de prendre en défaut des gens que le ministre...
dont le ministre souhaite abolir les postes. Je pense qu'on devrait plutôt bénéficier de leur expertise. On peut
comprendre qu'il y a une certaine émotivité, un engagement, une passion quand ils font leurs représentations.
Mais moi, j'aimerais ça qu'on puisse bénéficier de leur expertise, parce
que c'est eux qui sont sur le terrain depuis des dizaines d'années. Donc,
voilà.
Ceci étant
dit, je voulais voir... tantôt, vous avez dit... Sur toute la question de la
centralisation et de la décentralisation, il y a beaucoup de discours, je dirais, divergents. Le ministre nous dit
que c'est un exercice extraordinaire de décentralisation. Ce qu'on
entend, notamment, dans les régions, c'est une très, très grande crainte de
centralisation : Abitibi, toutes les régions
sont concernées, mais, souvent, les régions éloignées encore plus. Donc, quand
vous avez dit tantôt que vous ne voyez aucun pouvoir qui était
réellement transféré des commissaires aux écoles, alors que le ministre nous
dit qu'il va y avoir beaucoup plus
d'autonomie pour les écoles, est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu
pourquoi vous estimez que ce discours-là ne colle pas à la réalité du
projet de loi?
La Présidente (Mme Thériault) :
Et vous avez 1 min 15 s pour le faire, M. Fortier.
M. Fortier
(Alain) : Je vais essayer
d'être court. D'abord, au point de
vue projet de loi, on a de la misère
à voir où est-ce que les écoles ont plus de pouvoir... ont plus de
responsabilités, par exemple. Les écoles vont devoir faire la promotion de l'école publique. Tout à coup, là,
une des responsabilités supplémentaires du conseil d'établissement, ça va
être de faire la promotion de l'école publique, là, hein? Mais, à part de ça,
en termes de pouvoirs, là, on n'en voit pas.
Mme Hivon : Quand le ministre dit, par exemple : Le
projet pédagogique, tout ça, c'est les écoles qui vont décider ça seules
maintenant, est-ce que c'est vrai? Et, deux, c'est quoi, les impacts de ça?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Fortier.
M. Fortier (Alain) :
Bien, ça, c'est assez comique, parce que, bien sûr, ce sont les conseils d'établissement
en ce moment qui adoptent, là, le projet éducatif, comme les règles sur
l'intimidation. Bref, hein, l'école elle-même adopte beaucoup d'affaires. Ce qu'on voit, dans le projet de loi, qui change,
là, c'est le approuve-adopte, c'est-à-dire qu'en ce moment l'administration, la
direction d'école, l'équipe-école présentent quelque chose au conseil
d'établissement, puis ils disent oui
ou non, bien, maintenant, ils vont pouvoir discuter sur place et dire oui.
C'est la seule différence qu'on a vue.
La Présidente (Mme Thériault) :
Et il reste cinq secondes, rapidement.
Mme Hivon : Merci
beaucoup.
Présidente (Mme Thériault) : Je suis désolée. Je suis la gardienne du temps, vous l'aurez compris.
Je vous remercie, les gens qui vous accompagnaient, M. Fortier.
Nous allons suspendre quelques instants pour
permettre le changement de groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 01)
<R> La Présidente
(Mme Thériault) : Donc,
nous allons reprendre nos travaux et nous accueillons, cette fois, l'Association des commissions scolaires
anglophones du Québec. Donc, je vais vous inviter à vous présenter, et, par la
suite, vous aurez un 10 minutes pour votre exposé. Merci.
M. Lamoureux
(Dan) : Mme la Présidente, M. le ministre, Mmes et MM. les
députés, nous vous remercions de nous entendre sur le projet de loi
n° 40.
I am Dan
Lamoureux, president of Québec English School Boards Association and chairman
of the Riverside School Board. I am accompanied this afternoon by QESBA
vice-president, Noel Burke, Central Québec School Board chairperson, Stephen Burke — and
no relationship — our executive director, Russell
Copeman, and Kim Hamilton, director of communication
and special projects.
The Québec English School
Boards Association has always been guided by the imperative that all
legislation concerning education in Québec
must first and foremost contribute to student success and, secondly, be
effective and efficient in setting
out the framework by which our education system ensures that it succeeds. QESBA
analysis of Bill 40 considers the
additional imperative for the English language minority in Québec that the positive
obligations imposed on the Government of
Québec by
section 23 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, as
interpreted by various judgments of the Supreme Court of Canada, be
respected.
Burke (Noel) : Bill 40 represents the most significant school
governance change since the creation of linguistic school boards 20 years ago. It will necessarily
impose disruptive structural changes on the Québec public school system that
is currently the envy of many OECD countries. This legislation needs to be very
deliberately studied, and its impacts carefully evaluated from the perspective
of student success.
The conclusions listed in this
brief are based on a detailed analysis of the bill, viewed through the
all-important lens of student success, and
on our community's right to control and manage our educational institutions.
The burden is on the Government of
Québec to demonstrate through evidence-based public policy analysis how Bill 40
will contribute to student success or
increase it. In our estimation, it has not adequately done so, and there in
fact exists research contrary to this theory.
Tout en reconnaissant que le gouvernement du
Québec a fait un effort pour répondre à la situation particulière de la communauté anglophone du Québec, le projet de
loi n° 40, dans sa forme actuelle, limite des droits constitutionnels de
notre communauté de gérer et de contrôler notre système scolaire.
M. Copeman
(Russell) : Le projet de loi n° 40 confère également au ministre
de l'Éducation le pouvoir d'intervenir et
d'exercer un degré de contrôle important sur les centres de services scolaires.
Nous estimons que les modifications prévues au projet de loi portent
atteinte à l'indépendance et à l'autonomie des futurs centres de services.
Le projet de
loi crée, pour les centres de services anglophones, une structure de
gouvernance et un processus électoral complexes, déroutants, compliqués
et difficiles à mettre en oeuvre.
Compte tenu
de la portée des changements que le projet de loi n° 40 entraîne dans le
système d'éducation public au Québec, il est très inquiétant que le nouveau
modèle structurel et organisationnel proposé dans le projet de loi n'a
pas été précédé par des consultations et des
discussions publiques exhaustives à l'échelle du Québec. De notre avis, un
dialogue constructif entre le gouvernement et toutes les parties
intéressées de la société civile, tel qu'un processus d'états généraux ou un processus de livre vert, aurait eu
une meilleure chance de produire le consensus public très large, consensus
nécessaire pour modifier des institutions
vouées à l'éducation de la ressource la plus précieuse dont notre société
dispose : la jeunesse du Québec.
Notre
association déplore que le gouvernement propose de supprimer un niveau de
démocratie locale en éliminant les élections au suffrage universel pour
les commissions scolaires francophones du Québec. Les élections au suffrage universel représentent le processus démocratique
le plus légitime qui soit. Elles assurent l'apport des citoyens et l'obligation
de rendre des comptes en ce qui concerne la gestion des deniers publics. Elles
garantissent l'inclusion, l'identité et la réactivité au niveau communautaire. Elles renforcent aussi le lien
critique entre notre système d'éducation et les communautés locales.
Par ailleurs, tout comme nos collègues de la
Fédération des commissions scolaires du Québec, nous n'avons vu aucune analyse comparative fondée sur des
données probantes démontrant que le modèle de gouvernance proposé dans
le projet de loi n° 40 améliorera la réussite scolaire. À l'ère de la
politique publique basée sur la rigueur, cette absence d'étude et d'analyse probante est une importante lacune dans la réforme
du gouvernement, une lacune qui remet en cause la justification sous-jacente
du projet de loi.
En ce qui
concerne la situation particulière de la communauté anglophone,
l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés exige que les commissions scolaires anglophones
soient contrôlées et gérées par la minorité anglophone du Québec
qu'elles desservent. Dans des décisions successives de la Cour suprême du
Canada, les francophones hors Québec ont
fait valoir avec succès leurs droits prévus à l'article 23 d'avoir des
écoles et des commissions scolaires uniques et autonomes au service de
la langue et de la culture française, la langue de la minorité à l'extérieur du
Québec. Ces décisions s'appliquent aux
écoles publiques anglophones du Québec et à leurs parents, élèves et
communautés avec autant de vigueur. La décision historique de la Cour suprême
Mahe contre Alberta, en 1990, et des décisions subséquentes de la cour précisent ceci de façon instructive. Vous
avez certains détails de la décision Mahe dans notre mémoire, que vous avez
soit en main ou soit sous les yeux.
Étant donné que ni la nécessité de changements
en profondeur de la gouvernance scolaire ni les améliorations à la réussite
scolaire qui découleront du modèle proposé n'ont été démontrées de manière
convaincante, le projet de loi n° 40
devrait être retiré dans l'attente d'un processus d'états généraux de notre
système d'éducation, y compris la réforme de sa gouvernance.
Advenant que
le gouvernement décide d'aller de l'avant avec le projet de loi et compte tenu
du fait que, dans sa forme actuelle, il impose des limites aux droits
constitutionnels de la communauté anglophone de contrôler et gérer notre système
scolaire, nous demandons que les commissions scolaires anglophones soient
accordées la même exemption générale des dispositions de la loi que celle accordée à la commission
scolaire crie et à la commission scolaire Kativik au Nunavik. Cette
exemption représente également l'approche qu'ont adoptée les provinces de la
Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard
et le territoire du Yukon pour les conseils et les commissions scolaires
francophones et acadiennes de la minorité linguistique, lorsqu'ils ont
entrepris une réforme de la gouvernance.
Si le gouvernement et l'Assemblée nationale
rejettent l'exemption des commissions scolaires anglophones du projet de loi n° 40, les modifications
énumérées dans notre mémoire s'imposent afin de réduire le préjudice causé par
le modèle de gouvernance proposé dans le projet de loi et afin que
celui-ci puisse minimalement fonctionner.
L'Association
des commissions scolaires anglophones du Québec est convaincue que le
gouvernement du Québec fait fausse
route avec le projet de loi n° 40. Nous n'avons vu aucune preuve
convaincante que le projet de loi améliorera la réussite scolaire. Il n'a pas fait l'objet d'un large soutien de la part
des partenaires éducatifs. Selon un récent sondage, les Québécois ne considèrent pas la réforme
structurelle comme une priorité en matière d'éducation. Ce projet de loi
plongera le système scolaire du
Québec dans les années de modifications structurelles, nous détournant ainsi de
notre mission première d'éduquer nos élèves.
Deux récents
sondages effectués par la firme Léger ont confirmé que les Québécois
anglophones sont fortement attachés à leurs commissions scolaires et
qu'ils leur font confiance pour défendre les intérêts de notre communauté. Nous vous rappelons également que le taux de
réussite scolaire des commissions scolaires anglophones dépasse ceux de
la moyenne québécoise. Comme le dit le vieil
adage, qui se dit mieux peut-être en anglais : «If it isn't broke, don't
fix it.»
Nous estimons
que, tel qu'élaboré, et en dépit des efforts du gouvernement d'écouter nos
préoccupations, le projet de loi
n° 40 représente une limitation des droits constitutionnels de contrôle et
de gestion de notre communauté. Le projet de loi devrait être retiré, et
le gouvernement devrait revenir à la case zéro.
M. Lamoureux
(Dan) : In conclusion, judged by student
results, English school boards are... success story. (Interruption)
M. Burke
(Noel) : ...a success story — his
voice is going... We should be focussing on how to make school boards better,
not on what replacement models should be imposed on our community. The
Government should work together with school boards, and other stakeholders, and the
community at large to strengthen the current system for the benefit of our
students. We are willing to be part of this process and we hope the Government
will be as well. «Merci.» Thank you.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Donc, nous avons reconnu un
ancien collègue à l'Assemblée
nationale, qui a siégé ici de 1994 à 2008. Donc, M. Copeman, ancien
député de Notre-Dame-de-Grâce, bienvenue à l'Assemblée nationale. Sans plus tarder, je vais céder la parole au ministre pour son bloc d'échange de, toujours,
16 minutes. M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Merci de votre présentation posée, mesurée. On a eu
l'occasion, dans les derniers mois, soit face à face ou avec des membres de
cabinet, d'échanger ensemble sur les principes de ce projet de loi, sur ce qu'on voulait faire. On s'est parfois
colletaillé un petit peu sur les principes, mais je pense qu'on a quand même
montré, du côté du gouvernement, qu'il y avait définitivement une ouverture
pour tenir compte du droit constitutionnel, mais,
plus que ça, je pense, pour montrer le respect qu'on a pour l'importance
qu'accorde la communauté anglophone à la gestion et au contrôle.
Ensuite, on peut rester, à la fin, avec des
désaccords sur le détail, mais je pense quand même que, en tout cas, de notre côté, on a apprécié le ton, à chaque
fois, de ces rencontres. Je pense qu'on a démontré aussi notre bonne foi puis
notre désir de respecter les droits
constitutionnels, mais, plus que ça, de respecter la volonté, parce qu'on est
convaincus, en fait, on est
convaincus que peut-être que ça aurait été testé devant les tribunaux, mais
qu'à terme on aurait respecté le droit des parents de gérer et contrôler leur
réseau scolaire, parce que notre interprétation de l'article 23 de la
Constitution, c'est bien que ce sont les parents qui ont le contrôle,
qui doivent avoir le contrôle et la gestion de leur réseau scolaire.
Maintenant, en maintenant le suffrage universel
pour élire les parents et les membres de la communauté, donc tout le monde peut
choisir ces gens-là, des parents et des non-parents peuvent voter pour des
parents et des non-parents. Il me semble que
ça montre bien qu'on a tenu compte... même si, comme je dis, à la fin, à la
toute fin, peut-être qu'on ne s'entend
pas dans le fin détail, mais je pense que, sur le principe, on a toujours été
courtois et de bonne foi des deux côtés, je veux le souligner, c'est
important de le dire.
Un des
éléments qui revient souvent, quand on regarde la littérature, c'est
l'importance du lien entre l'élève et l'adulte. Et je fais... je change de
sujet, parce que je reviens aux fondements derrière le projet de loi, puis des
gens disent : Ah! pourquoi ça améliorerait la réussite des élèves de
revoir la gouvernance? Je pense que de reconnaître ce que disent beaucoup les sciences de l'éducation, c'est de
voir que le lien élève... pas seulement les tout-petits, là, les élèves, autant
les tout-petits, les adolescents, les
adultes en centre de formation professionnelle, le lien élève-adulte est
primordial, et donc les adultes qui ont ce lien-là doivent, il me
semble, être impliqués dans la prise de décision.
En ce moment,
sur les conseils des commissaires, il y a bien souvent des parents, mais
évidemment il n'y a pas de membre du personnel qui siège au conseil des
commissaires à ce moment-ci. Est-ce que vous ne pensez pas que ça serait
un écho à ce que dit la littérature, d'abord, d'avoir des gens qui ont ces
liens-là avec les élèves, qui les amènent à
réussir, sur le C.A., ça aiderait à prendre des décisions qui sont plus
éclairées de manière pédagogique, mais aussi que ça serait une formidable valorisation du rôle de la direction d'école,
des enseignants, du personnel de soutien, du personnel professionnel, les impliquer maintenant au conseil
d'administration, ça ne serait pas de reconnaître, justement, l'importance
qu'ils ont? Est-ce que c'est une ouverture que vous avez d'avoir des membres
sur le C.A. qui, tous les jours, ont ce lien avec les élèves?
M. Lamoureux
(Dan) : Pour moi... je vais commencer, mais, pour moi, c'est vraiment
dur, parce qu'on trouve, dans nos
communautés... c'est vraiment les gens qui aident les écoles. Ils sont dans les
écoles, ils travaillent avec les enfants, ils travaillent pour les enseignants.
Le problème, ce qu'il se passe... aussitôt que tu rencontres dans un C.A.,
comme tu as mentionné, une personne
qui est un enseignant, ou un directeur, c'est tout le temps... pour moi, il va
y avoir beaucoup de conflits, «conflict of interest», dans le rôle du
C.A. avec le directeur général... «I don't know»...
M. Copeman (Russell) : Oui. M.
le ministre, nous craignons effectivement que vous allez créer un régime un peu corporatiste au niveau d'un conseil
d'administration, que la possibilité de conflit réel existe. Et alors, oui,
l'importance de... le lien entre les
adultes et les élèves qui sont dans le système existe, mais de là à suggérer
que ça prend des membres du personnel sur le conseil d'administration,
je ne pense pas que ce lien-là est démontré. Si l'objectif, un de vos objectifs, c'est de dépolitiser les décisions, je
ne suis pas sûr que vous allez
autres, au directeur général pour certains, et, le soir, en conseil
d'administration, deviennent le patron du D.G. On ne pense pas que ça va
fonctionner, ce système-là.
Présidente (Mme Thériault) : Je vais juste vous signifier... vous levez votre
main, je vais vous identifier, parce que, surtout qu'il y a une difficulté,
deux personnes portent le même nom de famille, donc on va juste s'assurer qu'on a la bonne personne qui soit enregistrée pour le Journal des
débats. M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien, à cet égard, je pense qu'on ne joue pas au cobaye avec notre réseau
scolaire. Dans les cégeps, on a ce que vous dénoncez, des gens qui sont membres
du personnel, qui, siègent au conseil d'administration. On a ça aussi dans nos universités. Il y a des membres
qui sont membres du personnel et qui siègent sur le conseil d'administration
des universités. Ça fonctionne. Maintenant,
partout où il y a des humains, il peut y avoir des conflits, bien sûr. Mais je
pense que le système actuel a ses propres conflits, on le voit bien, là, hein,
il suffit de regarder le journal de temps en temps, on le voit bien que, dans les conseils des commissaires
aussi, parfois, il y a des chicanes, il y a du corporatisme, il peut y avoir
tout ça.
Mais,
sincèrement, un système à l'abri de conflits entre personnes, ça n'existe pas.
Donc, on n'atteindra pas l'idéal. On peut viser mieux, cependant, on peut viser
à l'améliorer. Et je pense, d'avoir une représentativité, c'est peut-être
quelque chose qui pourrait améliorer les choses.
Et là j'ai
une petite question pour vous : En ce moment, dans les neuf conseils des
commissaires, les neuf commissions scolaires
anglophones, est-ce que vous avez la répartition? Est-ce que vous savez combien
sont actuellement parents d'enfants dans le réseau? Je veux dire, on peut être
parent d'enfants, là, qui sont rendus maintenant au cégep, à l'université
ou sur le marché du travail, mais est-ce que
vous savez combien de vos commissaires ou quel pourcentage sont, en ce moment,
parents?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Noel Burke.
M. Burke
(Noel) : Oui, dans notre
commission scolaire, là, on a quatre sur 12 qui sont les parents que... les
commissaires parentaux puis aussi on a trois autres qui sont des parents
maintenant. Mais, au sujet de représentation, il faut qu'on comprenne, comme
société, que l'investissement dans l'éducation, c'est pour... c'est un
investissement de chaque et tous les
citoyens du Québec, pas seulement ou en majorité les parents. Dans notre
commission scolaire, avec 20 000 élèves,
on a plus de 300 parents qui sont impliqués direct dans la gouvernance des
écoles locales, l'intention de votre projet de loi. Est-ce qu'on a besoin de
huit autres parents? Ce n'est pas de dire : Il n'y a pas de place
pour parents ou une place plus représentante
que maintenant. Mais on laisse à côté tous les intérêts de la communauté
générale et tous les citoyens. Notre rôle, comme éducateurs, n'est pas la
production des bons fils et des filles, c'est la production des citoyens
productifs et, encore, c'est un investissement de chacun et tous les citoyens
du Québec.
La Présidente (Mme Thériault) :
Cette fois, c'est M. Stephen Burke.
M. Burke
(Stephen) : Mme la Présidente, je vais me faire le défenseur
de personnes de mon âge et d'un peu moins, qui ont toujours la passion
de s'assurer que les enfants du Québec reçoivent le meilleur enseignement
possible. Et je trouve ça malheureux qu'on
décide tout bonnement que, si tu n'es pas parent, ce n'est pas de tes affaires.
Je trouve ça très triste. C'est ce qu'il arrive, vous savez, au niveau
collégial et au niveau universitaire, il n'y a pas beaucoup de gens qui se préoccupent de comment les étudiants
fonctionnent à l'université et même au cégep. Je ne vois pas l'intérêt. Je n'ai
jamais de... Il n'y a pas de voisins qui ne m'ont jamais parlé de ça.
Mais il y en
a qui m'ont parlé, puis, si vous avez lu les journaux, je sais ce que vous avez
lu ce matin, mais, si vous aviez lu, samedi matin, Le Journal de Québec, il
y avait un de nos autobus, nous, qui n'a pas pu traverser... en fait, deux qui n'ont pas pu traverser le pont. Bon,
est-ce que je blâme le ministre des Transports parce qu'il n'a pas été capable
de tasser le camion qui a bloqué le pont Pierre-Laporte? Bien non, ça ne serait pas
correct de dire ça, ce n'est pas de sa faute.
Mais nous, on nous blâme. À cause d'un projet de loi qui est maintenant à
l'étude, tous les maux qui se passent en enseignement au Québec, c'est
la faute des commissaires d'école.
Bien, c'est
ça, je vous le dis, là, c'est ça que j'entends. Il y a des gens qui ne savent
même pas ce qu'on fait et qui se
disent, là... il y avait un petit topo, là, tu pouvais répondre, là :
Aïe! Si on peut se débarrasser d'eux autres. Comme si c'est les commissaires d'école qui vont régler le
problème de sécurité routière, vendredi, pendant qu'il y a eu une tempête
extraordinaire qui a mis 1,2 million de ménages québécois dans la
noirceur, y inclus certaines commissions scolaires.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le député de Sainte-Rose, il vous reste à
peu près six minutes au bloc d'échange.
M. Skeete : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je me permets
de vous saluer. Il est vrai que le
réseau anglophone est très performant. Je vous remercie pour tout ce que
vous faites dans le réseau, messieurs et madame.
Vous avez mentionné,
sur la page 3 de votre mémoire, que, sous sa forme actuelle, le projet de
loi n° 40 limite excessivement les
droits constitutionnels de la communauté. Vous allez, par la suite, pour citer
Mahe comme source, disant que ça va
trop loin. Puisque l'arrêt Mahe parle d'une certaine mesure de gestion et de
contrôle, considérant que le projet
de loi du ministre continue à vous permettre le contrôle et l'accès de la
communauté, en plus de vous permettre le suffrage universel, en quoi le projet
de loi limite excessivement les droits?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Bien, on peut
vous donner beaucoup d'exemples. Par ailleurs, je ne peux pas laisser passer
le commentaire du ministre, c'est un différend que nous avons avec le ministre
sur l'interprétation de l'article 23. Le ministre
nous a dit et répète aujourd'hui que c'est le droit des parents de gérer et
contrôler le réseau scolaire. Nous rejetons cette interprétation, que nous
jugeons trop étroite, que des décisions successives de la Cour suprême parlent
beaucoup plus du droit à la
communauté de contrôler et gérer, et non pas des parents. Ça, c'est une
question qui, malheureusement, pourrait se régler en cour. Ce n'est pas
l'objet. On souhaite une solution politique. M. Skeete, quelles limites
dans...
La Présidente
(Mme Thériault) : ...de Sainte-Rose. Vous ne devez pas l'appeler
par son nom de famille.
M. Copeman
(Russell) : Oui, mais...
La Présidente
(Mme Thériault) : C'est le député de Sainte-Rose.
M. Copeman
(Russell) : M. le député de Sainte-Rose.
La Présidente
(Mme Thériault) : Oui, merci.
M. Copeman
(Russell) : Je ne savais pas, Mme la Présidente, que vous êtes aussi
exigeante avec des invités que vous l'êtes avec des collègues, mais je
vais le faire. Alors, M. le député de Sainte-Rose...
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente
(Mme Thériault) : Surtout un ancien collègue.
M. Copeman
(Russell) : Mme la Présidente, si vous pouvez diriger les commentaires
envers M. le député de Sainte-Rose, je dirai ceci : Les parents sur le
conseil d'administration doivent être, dans le projet de loi, doivent être membres d'un conseil d'établissement au moment de
leur élection. Ça élimine la possibilité, pour la vaste majorité, de se porter candidat pour le conseil d'administration. La présence possible des
membres du personnel qui n'ont pas le droit de... ne sont pas lésés en droit, limite excessivement
le droit, l'obligation pour les quatre membres de la communauté de se faire
élire sur l'étendue du territoire.
le président Burke est président d'une commission scolaire dont le territoire
est à peu près le même que l'Espagne. Et
là vous demandez à quatre individus de la communauté, qui doivent avoir, par
ailleurs, des profils spécifiques, de se présenter sur l'ensemble du territoire. Tous ces éléments-là, nous
sommes convaincus, limitent le droit de gérer et contrôler garanti dans
la Constitution canadienne.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Je crois que le député de
Sainte-Rose a une autre intervention, allez-y.
M. Skeete :
Je vais poursuivre. En fait, je partage l'interprétation de mon collègue le
ministre de l'Éducation sur le fond, mais ce qui me manque, c'est que... avec
l'interprétation que vous apportez, c'est comme si le ministre de l'Éducation, quand il s'agit de... le réseau
scolaire d'une minorité linguistique, peu importe dans le pays, si on pousse
l'exemple à son maximum, il n'aurait
même pas le droit d'exiger des normes pour les professeurs, ou les normes de
notes, ou imposer un curriculum. C'est comme si le ministre de l'Éducation a
zéro droit par rapport à ce qui est attendu d'un résultat scolaire. Où est-ce que, selon vous, le pouvoir du ministre
se termine dans sa capacité d'exercer le rôle de ministre de l'Éducation
partout sur le territoire québécois?
La Présidente
(Mme Thériault) : J'ai M. Burke. Oui, M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Je vais débuter, M. le député de Sainte-Rose. Certainement
pas, on ne prétend pas que le
ministre n'a aucun pouvoir, c'est absolument faux. Il s'agit d'une balance entre
les décisions de la Cour suprême et les pouvoirs accordés au ministre en
vertu des lois québécoises.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Stephen Burke.
M. Burke (Stephen) : La précision que je veux faire, c'est que,
malheureusement, dans l'opinion publique, on pense que les anglophones maintiennent le suffrage — moi, j'appelle ça «universal
suffering» — le
suffrage universel. On ne l'a pas
préservé parce que, quand on limite les candidats puis qu'on dit que c'est...
ce n'est pas universel, ça ne peut pas. Vous n'aimeriez pas ça, vous, que les seules personnes qui votent à une
élection provinciale soient identifiées comme étant de telle catégorie
ou de telle profession, hein? Bon. C'est ça que vous avez fait. Alors, je suis
content, à la commission parlementaire, de
dire à tous les Québécois et Québécoises que le suffrage universel nous a été
enlevé. Alors, ça, ça va être clair,
là, ça va être dans les médias demain, ce n'est pas ça qu'on va avoir. On a une
façon de voter qui est très différente, et qui est très limitative pour plusieurs personnes, et qui fait en
sorte qu'un retraité comme moi, qui, depuis 10 ans, se consacre à cette passion-là de m'assurer que nos écoles
donnent les meilleurs services possibles, ont un taux de diplomation et de
graduation de 90 % — M. le ministre, vous devriez être content
autant que moi — bien,
c'est ça que je veux dire, là, si ça peut être clair, on n'a pas gardé
le suffrage universel.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, M. Noel Burke.
M. Burke
(Noel) : Et, au sujet du rôle d'un conseil d'administration d'un
centre de services scolaire et que c'est l'interprétation des exigences
du ministère, même que le curriculum et les régulations, etc., pour savoir
est-ce que c'est répondre à la réalité de la
communauté anglophone minoritaire, ce
n'est pas pour substituer ces règles-là, mais c'est l'interprétation et
l'application propre dans un milieu qui est spécifique.
Présidente (Mme Thériault) : Et il ne reste plus de temps du côté
ministériel, donc je me tourne vers l'opposition officielle, avec la
députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Je vais quand même ouvrir une parenthèse, Mme la Présidente,
pour faire suite aux propos du ministre et des propos de la députée de Joliette. D'entrée de jeu, on a dit qu'on
voulait avoir des débats sereins. Ici, on n'est pas à la salle Pauline-Marois,
donc il y a une certaine proximité. Et nous entendons les commentaires du
ministre lorsqu'il s'esclaffe, mais surtout lorsqu'il dit, deux fois plutôt
qu'une : C'est effrayant, mentir de même.
Bien, Mme la
Présidente, je vais reprendre l'expression d'un ancien premier ministre :
Ici, on n'est pas à la cour du roi Pétaud. Alors, je demande au ministre
de l'Éducation de s'excuser et de retirer ses propos.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : Je ne sais pas à
quoi elle fait référence.
Présidente (Mme Thériault) : O.K. Non, on... Non. S'il vous
plaît, s'il vous plaît, on a des invités qui sont ici, qui veulent nous faire part de leurs points
de vue. J'ai entendu votre point, Mme la députée de Saint-Laurent, je pense
que M. le ministre aussi a entendu, donc je vais vous demander d'aller à vos
échanges. Il reste 9 min 45 s.
Mme Rizqy : Merci beaucoup de
votre présence. Pouvez-vous nous expliquer, vous, est-ce qu'il y a une affaire là-dedans, dans le projet de loi n° 40, parmi
les centaines d'articles, qui améliore la réussite éducative chez les jeunes?
Déjà que vous, vous avez un excellent taux. Félicitations.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : On n'en a pas trouvé beaucoup. Même, on a fait des
demandes d'accès à l'information au
ministère de l'Éducation concernant des études comparatives, des analyses,
etc., avant le dépôt de projet de loi. Cette demande-là a été refusée en
prétextant que la décision était en cours. On a répété la même demande d'accès
à l'information après le dépôt du
projet de loi et nous sommes toujours dans la période d'attente, les
30 jours. Mais visiblement, dans le public, on n'en a vu aucun à
date.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. Lamoureux.
M. Lamoureux
(Dan) : Mais on a des rapports qui viennent de l'extérieur, du Canada,
dans le Canada, du Canadian School
Board Association. On a beaucoup de rapports que c'est... ils ont prouvé qu'une
bonne gouvernance, c'est important pour le succès de nos enfants. «So»,
il y a partout d'autres études qu'on peut vous donner.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Tantôt, le ministre disait comme quoi qu'il aurait pu aller de l'avant avec son
projet de loi sans faire aucune
concession pour la minorité linguistique anglophone puis ça aurait passé le
test des tribunaux. C'est drôle, moi, je suis aussi avocate, puis j'ai lu les différentes décisions de la Cour
suprême puis des tribunaux aussi de cours d'appel de différentes
provinces, et on parle non seulement des parents, mais, à ma lecture, on parle
de minorités linguistiques. Est-ce que je me trompe?
Présidente (Mme Thériault) : Alors, M. Lamoureux? Non?
M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Non, vous ne vous trompez pas. Encore une fois, je dis
très, très respectueusement, c'est un
différend entre les avocats du ministère de l'Éducation, qui sont là depuis un
certain temps, n'est-ce pas, qui ont plaidé à peu près la même chose il y a un
certain temps, pas si longtemps que ça. Je soupçonne que ce sont les mêmes
avocats. Mais il ne faut pas arrêter
à Mahe, il faut aller à Arsenault-Cameron, il faut aller à la Colombie-Britannique, il faut aller à d'autres. Je
ne suis pas avocat, Mme la députée, mais on ne veut pas que cette question-là
soit réglée en cour. On veut qu'on
trouve une solution politique à cette question-là. Mais c'est sûr que la
communauté anglophone ne renoncera jamais à l'exercice de nos droits
constitutionnels.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée.
Mme Rizqy :
C'est drôle, parce que le ministre de l'Éducation plaide pour dépolitiser. Mais
alors je me tourne vers vous,
M. Copeman, puisque vous avez déjà été député, ce projet de loi
n° 40, tel qu'il a été déposé, avec la date, et on sait qu'il y a quand même des avis légaux qui
doivent être envoyés si on veut annuler les prochaines élections auprès
des commissions scolaires... Vous, à
titre d'ancien élu, vous trouvez ça
comment, l'exercice actuel?
M. Copeman
(Russell) : Je suis trop sage pour tomber dans ce piège, Mme la
députée. J'ai trop d'expérience parlementaire
pour commenter le processus. Je ne fais qu'observer que les consultations
particulières continuent jusqu'au 13 novembre. Après ça, il restera
12 jours de séances pour l'Assemblée nationale, 12 jours de séances pour
adopter le principe du projet de loi, et un projet de loi qui contient 312 articles et qui modifie
84 autres lois québécoises, incluant, par ailleurs, la
Loi sur les arrangements préalables du service funéraire et
de la sépulture. On comprend que c'est un exemple de concordance, mais
on se demande ce sont les funérailles de qui.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Présidente (Mme Thériault) : La question est vraiment pertinente.
La question est très pertinente, mais je ne pense pas qu'on va avoir la
réponse cet après-midi. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup pour votre réponse, mais vous
comprendrez qu'on n'aura peut-être pas l'occasion, en étude
article par article, d'avoir la réponse à
la question que vous venez de soulever, hein, compte tenu de l'échéancier.
Dites-moi,
si on reste au niveau constitutionnel, quand vous regardez le projet de loi n° 40 tel que rédigé, avez-vous, oui ou non,
l'impression que vos droits constitutionnels pour la minorité linguistique
anglophone sont respectés totalement?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Stephen Burke.
M. Burke (Stephen) : Je pense que non. Non, je vous le dis, là, on ne
garde pas... Le suffrage universel, tel qu'il est dans le moment, c'est ça, du suffrage universel. Ça permet à une
personne âgée comme moi, qui n'a pas d'enfant dans le système mais une petite-fille qui est en
première année, de garder sa passion. Et je sais que, pour plusieurs, ils vont
dire : Mais tu n'as pas d'affaire là-dedans. Oui, j'ai de l'affaire
là-dedans. C'est important.
Et nos jeunes à nous,
dans le réseau anglophone, sont parfaitement bilingues. Ce sont des citoyens du
Québec qui peuvent aller partout. Mon fils,
actuellement, c'est un gradué de l'Université
Laval, il est à Hambourg, en
Allemagne. D'où vous pensez qu'il dit
qu'il vient? Il vient de Québec. Il vient de Québec, du Québec. Il est fier
d'être Québécois et Canadien.
Alors, quand vous me
dites, là : Est-ce que c'est conforme à la Constitution?, tout mon être,
là, me dit non, non, non. Et je comprends
que ce n'est pas fait de mauvaise foi.
Ça, je le rajoute, je ne
mets aucune mauvaise foi dans ce projet
de loi là. Mais je dis, comme nos collègues francophones ont dit et comme on a
dit dans notre mémoire : Pourquoi ne
pas faire des états généraux? Pourquoi laisser tomber... Pourquoi ne pas
essayer de se parler? Peut-être pas dans une ambiance... Puis j'espère
qu'on n'est pas en confrontation. Nous, on fait juste défendre nos idées. On y
croit beaucoup. Et, moi, c'est mon dernier
tour de piste, là, il y a des gens qui sont capables de me remplacer. Tout le
monde est remplaçable. Mais je pense
qu'il faudrait qu'ils me remplacent dans un système qui est comme celui qu'on a
en ce moment, et sans aller à la Cour suprême, de grâce.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
...aussi la porte par rapport aux autres provinces, le reste du Canada. Vous,
vous êtes la minorité linguistique ici, au
Québec, mais on a des minorités linguistiques francophones. Ici, au Québec, on
va dire, d'une part, que les
anglophones pourront, dans une certaine mesure, et je le mets entre guillemets,
avoir un droit de vote, mais les francophones, vous n'aurez pas de droit de vote. Est-ce que ça, ça peut nuire à la
défense des droits linguistiques des minorités francophones dans les autres
provinces, lorsque la plus grande... où est-ce que le plus gros bassin de
francophones n'ont pas le droit de vote, ici, au Québec?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Lamoureux.
M. Lamoureux (Dan) :
Oui. La semaine passée, on a été à Winnipeg pour la fédération nationale des
commissions scolaires. Et là on a parlé avec les 28 commissions
scolaires en dehors de Québec, et eux autres sont...
Une voix :
Francophones.
M. Lamoureux
(Dan) : ...francophones, oui, et eux autres ont peur qu'est-ce qu'il
va se passer ici parce qu'ils peuvent...
parce que ça se peut qu'ils vont perdre leurs droits, pas directement demain,
mais en temps. Parce que, vous savez, d'autres
provinces nous regardent pour savoir s'ils peuvent faire la même affaire pour
leur identité. «So», ça, c'est important, dans ma tête.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Mme la Présidente, cette question-là est suivie à travers
le pays. On dirait, en anglais : «It's
a national question.» Il ne faut pas l'utiliser dans le terme francophone parce
que ça veut dire autre chose, pancanadienne. Les minorités francophones à l'extérieur du Québec suivent de très près
ce débat-là et sont très préoccupées par toute limite imposée sur les droits constitutionnels. Et
limites il y en a dans le projet de loi.
Nous reconnaissons un effort du gouvernement
du Québec de retenir une forme de
suffrage universel, nous le reconnaissons. Ce qu'on dit dans le mémoire, très
clairement, c'est qu'il y a des limites
imposées dans la structure proposée qui, quant à nous, enfreignent nos droits
constitutionnels. Et on apporte certaines suggestions pour diminuer ces
préjudices-là.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent,
1 min 20 s.
Mme Rizqy : Merci pour votre réponse. Je rappelle que le
Québec a aussi le devoir et la responsabilité de promouvoir la langue
française non seulement ici, au Québec, mais aussi à l'extérieur du Québec. Et
j'entends ces inquiétudes qui, moi aussi, m'ont été faites part par des gens
qui étaient à Winnipeg. Et je vois, en arrière de vous,
M. Michael Murray, qui est le
président de la commission scolaire de Eastern Townships, qui nous parle
de petites écoles, de petites écoles. Mais de 11 élèves, quand on a commencé,
ces 11 élèves là sont maintenant rendus 36 parce que des gens comme
M. Murray, avec des enseignants,
puis la communauté... pas juste les
parents, des grands-parents qui n'ont plus d'enfant dans le réseau, mais qui se battent pour garder et préserver
l'institution qui est non seulement l'école, mais le village au complet, qui
vit de cette école.
Alors,
là-dessus, je sais que vous avez sûrement d'autres petits cas concrets, mais
est-ce que vous pensez sincèrement que, dans un fichier Excel qui va être fait
ici, au complexe G, ces petites écoles de 11 élèves vont être
maintenues?
La Présidente
(Mme Thériault) : Et vous avez 25 secondes pour répondre à
la question, M. Lamoureux.
M. Lamoureux
(Dan) : Dans ma tête, j'aimerais croire que les décisions qui sont
prévues...«they'll keep them», mais, en réalité, je ne sais pas.
Malheureusement, «you know»...
Mme Rizqy :
Demain, on reçoit Élections Québec. Pensez-vous que c'est le temps qu'on
modernise la liste pour, justement, favoriser les élections au niveau de la
communauté anglophone? On en parle toujours, puis personne n'a agi
là-dessus.
La Présidente
(Mme Thériault) : Oui ou non?
M. Copeman
(Russell) : Il y a une série de mesures proposées dans le mémoire, il
y a une série de mesures qui ont été proposées dans le rapport Jennings pour
améliorer le taux de participation. Facile, peu coûteux et plus accessible.
Présidente (Mme Thériault) : Merci beaucoup. Cela met fin au bloc
d'échange. Donc, on va aller du côté de la deuxième opposition. Mme la
députée de Sherbrooke, 2 min 40 s à votre disposition.
Mme Labrie :
Merci. Je trouve ça intéressant. Dans votre mémoire, vous mentionnez, dans la
première recommandation que vous
faites... c'est celle de tenir des états généraux. C'est aussi quelque chose
qui a été abordé par la Fédération des commissions scolaires juste avant vous,
et ce processus-là de réflexion nationale qui impliquerait tous les
partenaires de l'éducation, c'est aussi quelque chose que j'ai proposé au
printemps dernier, sur des états généraux, ou
même une commission d'enquête comme celle qui avait mené au rapport Parent, et,
malheureusement, à l'époque, ça avait été balayé de la main par le
ministre de l'Éducation.
Mais j'aimerais ça,
savoir qu'est-ce que... Pourquoi pensez-vous qu'on devrait entamer un tel
processus de cette ampleur, impliquer tous
les partenaires de l'éducation au Québec? Et qu'est-ce que ça devrait inclure
comme réflexion? Parce vous dites : Y compris la réforme sur la
gouvernance. Sur quoi d'autre on devrait se pencher, collectivement, en
éducation?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. Noel Burke.
M. Burke (Noel) : Oui. Je pense
que ce n'est pas clair que les parents veulent avoir ce type d'influence dans
la gouvernance d'un système scolaire. Ce n'est pas clair. Ce n'est pas clair.
Même que les citoyens de Québec, aimer ce même type d'organisation scolaire, c'est très
fort et très complexe. Il faut qu'on ait un débat public sur ça. C'est quoi
que les citoyens veulent comme un système scolaire qui est géré propre...
Au sujet, par
exemple, une école de 11 élèves, par exemple, c'est la commission scolaire
ou les centres de services qui ont la
responsabilité de distribuer les ressources à toutes les écoles et garder ces
types d'école, même si c'est dans un petit coin de province, dans une ville
particulière. On a des exemples des écoles communautaires, Community Learning
Centres, qui... par exemple, dans les Magdalen, le journal local est publié
dans l'école. L'éducation des adultes existe dans
l'école. C'est une... très vibrante, au lieu d'avoir une perspective
particulière par les parents qui existe encore dans les conseils d'établissement, mais au niveau de...
comment on dit, le vieil hélicoptère, il faut qu'on garde le «big picture», le
grand portrait du système. Il faut qu'on ait, comme un gouvernement puis comme
un représentant... je ne suis, comme commissaire,
pas un représentant des élèves ni les parents, mais, en même temps, je suis un
parent, mais notre responsabilité, ma responsabilité, comme commissaire,
est d'avoir un représentant de société dans le milieu, dans le secteur
éducatif.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Et je n'ai plus de temps,
malheureusement. Je dois passer à la troisième opposition. Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon :
Oui, merci beaucoup de votre présentation. J'aimerais vous amener sur une
question qui vous est chère, c'est celle de la communauté qui est représentée
dans les instances, pas seulement les parents. Et puis, évidemment, on voit, là, dans la proposition qui est faite,
que le rôle des parents va être très, très important. Je pense que de... Quand
on regarde ça, on trouve tous que c'est une bonne idée que les parents
puissent avoir un grand rôle dans la prise de décision, donc sur les conseils d'administration, mais j'aimerais vous entendre,
que vous élaboriez un petit peu sur, pour vous, pourquoi il faut garder un souci important d'autres
représentants de la communauté et pas juste des gens qui ont des enfants, en ce
moment, à l'école.
M. Copeman (Russell) : Très
brièvement...
La Présidente (Mme Thériault) : Et
vous avez deux minutes pour faire ça, M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Très brièvement, nous pensons qu'il devrait y avoir un
meilleur équilibre sur le conseil d'administration entre parents et
représentants de la communauté.
Deuxièmement, un des facteurs, puis je suis en
poste depuis un an, un des facteurs clés que j'ai découvert, très honnêtement, très franchement, qui contribue au
succès des élèves est la forte participation de la communauté dans nos écoles tout partout, que ce soit en Gaspésie, en Abitibi,
dans les Cantons-de-l'Est, tout partout. Ce n'est pas simplement... L'école
n'est pas simplement l'affaire des parents, des enseignants, des membres du
personnel, qui sont des acteurs clés, mais il y a des Community Learning
Centres, comme M. Burke a parlé, il y a des activités communautaires. Ça
amène des bénévoles. Ils aident les enfants
à faire des... ils font de l'aide aux devoirs après. Il y a des activités dans
la... Et moi, je suis personnellement convaincu que ça fait
partie du
taux de succès élevé des commissions scolaires anglophones, l'engagement
communautaire.
Mme Hivon :
Il y a tout un débat... Je comprends qu'on n'a pas eu le temps d'en parler
beaucoup, là, mais est-ce que c'est vraiment de la décentralisation ou, au
contraire, c'est plus de la centralisation? Dans les secondes qu'il me reste,
on ne pourra pas aller en détail là-dessus,
mais il y a un
article qui est soulevé par plusieurs groupes, puis c'est
l'article 310, sur le pouvoir réglementaire du ministre, qui dit
que le gouvernement va pouvoir, par règlement, prendre toute mesure utile à l'application de la loi ou à la
réalisation efficace de son objet. Est-ce que vous avez des commentaires par
rapport à ce pouvoir règlementaire là? Qu'est-ce que vous voyez qui
pourrait être fait par ça?
La Présidente (Mme Thériault) :
Vous avez 20 secondes, M. Copeman.
M. Copeman
(Russell) : Entre autres, c'est un des articles qui nous fait... qu'on
arrive à la conclusion que ça ne respecte pas le droit de gérer et contrôler,
qu'il y a une centralisation. Que ce soit l'article 308,
l'article 60... 312, 310, on peut
en énumérer d'autres, vous les avez dans le mémoire, mais nous, nous sommes
convaincus qu'il y a une forte centralisation du pouvoir vers Québec, vers le ministère, et ça aussi enfreint
possiblement à nos droits constitutionnels de gérer et contrôler notre
système scolaire.
La Présidente (Mme Thériault) : Et
je vais devoir mettre fin aux échanges. Donc, Mme Hamilton, M. Burke,
M. Lamoureux, M. Copeman et M. Burke, merci de votre
présentation.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
La Présidente
(Mme Thériault) : À l'ordre, s'il vous plaît! Je vais vous
demander un peu de silence et de reprendre votre place puisque les
travaux se poursuivent.
La Présidente (Mme Thériault) :
Je vais demander aux gens, dans le fond de la salle... s'il vous plaît! Merci. Merci beaucoup.
Donc, nous accueillons la Centrale des syndicats
du Québec. Donc, Mme Éthier, vous avez une dizaine de minutes pour nous
présenter votre mémoire ainsi que nous présenter les gens qui vous
accompagnent. La parole est à vous.
Mme Éthier
(Sonia) : Alors, bonjour. Je vous remercie de nous avoir conviés à
participer à ces auditions sur le projet de loi n° 40.
Nous sommes ici pour porter la voix des 125 000 membres que nous
représentons en éducation.
Je vous présente d'abord les personnes qui
m'accompagnent, avec qui je vais partager la présentation :
M. Jacques Landry, qui est président de la Fédération des professionnelles
et professionnels de l'éducation, à ma droite, M. Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de
soutien scolaire, et Mme Nathalie Chabot, qui est conseillère à la
CSQ. Et je veux mentionner que la Fédération des syndicats de l'enseignement
n'est pas avec nous aujourd'hui puisqu'elle
viendra présenter son mémoire jeudi. Ce mémoire est complémentaire à celui de
la CSQ et va traiter des aspects relatifs à la profession enseignante.
D'abord, je pense que vous vous doutez bien que je
veux commencer par exprimer mon mécontentement quant au processus. Le projet de
loi que nous avons devant nous est non seulement volumineux, hein, mais il
propose des changements majeurs à la
Loi sur l'instruction publique, et de tels changements demandent à être
réfléchis collectivement. Malheureusement, on n'a pas jugé bon de faire cet exercice de réflexion. Aussi, bien, on
nous laisse bien peu de temps pour analyser le projet, consulter les
instances, présenter notre position. Pour nous, là, ce n'est ni plus ni moins
qu'une insulte.
Alors, je
vais présenter les principales idées de notre mémoire, avec, comme point de
départ, le
titre que nous lui avons donné : Danger d'inégalités .
Je vais donner deux illustrations d'inégalités contenues dans le projet de loi.
La première, c'est qu'il compromet encore plus
l'égalité des chances. En effet, il contient des dispositions qui vont stimuler davantage la compétition entre les
établissements publics qui vont renforcer l'école à la carte. Et on sait que les élèves moins bien nantis socialement sont
encore aujourd'hui les perdants de cette loi du plus fort puisqu'ils n'ont pas
les ressources pour jouer le jeu de la compétition.
Comment le
projet de loi va-t-il renforcer cette compétition? Bien, principalement, de
trois manières : premièrement, en
rendant plus facile, pour les parents, le choix d'une école qui est située en
dehors du territoire de leur centre de service scolaire; et, deuxièmement, en donnant aux parents un contrôle plus
grand sur l'offre de projets particuliers, puisqu'on leur accorde un
poids plus grand au conseil d'établissement où sont prises les décisions à ce
sujet, on donne aussi au comité de parents
la possibilité de donner son avis sur les projets offerts ou envisagés par les
écoles, un avis qu'il donnerait au conseil
d'administration composé majoritairement aussi de parents; troisièmement, en
confiant au comité de parents et au
conseil d'établissement la responsabilité de promouvoir et de valoriser l'école
publique — présentement,
ce sont les commissions scolaires qui le font, mais dans une perspective
plus large.
Il faut éviter, absolument, d'aviver la
dynamique de concurrence au sein du réseau public, une dynamique qui est défavorable aux élèves moins bien nantis.
Alors, au mémoire, on a une recommandation, la recommandation 1, qui est
présentée aux pages 5 et 6. Et on veut être bien clairs : nous sommes
pour la participation des parents dans le réseau scolaire, c'est une collaboration qui est plus que
nécessaire, et c'est pour cela qu'on doit y avoir un équilibre entre la place
qu'on accorde aux parents et celle qu'on accorde aux acteurs du milieu
scolaire. Ça prend un partenariat équilibré.
Ce qui m'amène à ma seconde illustration
d'égalité contenue dans le projet de loi, c'est relatif aux dispositions qui limitent l'apport du personnel dans la prise
de décision. C'est le cas des conseils d'établissement, où le projet de loi
vient miner l'équilibre du partenariat entre le groupe de parents et le groupe
des membres du personnel. C'est, pour nous, inacceptable, notamment
parce que c'est une non-reconnaissance de la contribution du personnel.
déséquilibre, il est aussi manifeste dans la composition du conseil
d'administration, où le personnel n'aurait que quatre sièges. Pour nous,
la parité doit être conservée au conseil d'établissement et aussi au conseil
d'administration. Nous avons des
recommandations sur la composition du conseil d'administration en page 12
du mémoire et les recommandations importantes concernant la composition
et les fonctions du conseil d'établissement, pages 21 à 24.
Alors, avant de donner la parole à M. Pronovost,
je veux vous dire un mot sur ce que l'on veut pour les conseils d'administration, et ça, c'est très important pour
nous. Peu importe si les conseils des commissaires demeurent ou si ce sont des conseils d'administration, il faut que
les personnes qui seront là aient un rôle de représentation. On souhaite une
amélioration de la démocratie participative. On attend du conseil
d'administration qu'il soit une instance ouverte qui agit en toute transparence, qui favorise la
participation citoyenne. On ne veut pas d'une instance... ou on ne veut plus
d'une instance hermétique. Et on a une recommandation à la page 15 de
notre mémoire. Évidemment, on a peu de temps, donc on présente
l'essentiel.
M. Pronovost (Éric) : Donc,
bonjour à tous. Je m'adresse à vous aujourd'hui au nom des
30 000 membres du personnel de
soutien scolaire de la Fédération du
personnel de soutien scolaire pour vous dire que les fusions de services
projetées par le ministre nous inquiètent
sérieusement. Je vais vous citer des articles de Loi de l'instruction publique qui
pourraient être modifiés par ce projet de loi n° 40.
Un aspect
important de nos inquiétudes se trouve à l'article 215.2 de la LIP. En
ouvrant la porte aux partages de ressources, que ce soit pour la perception de
la taxe ou d'autres ressources, il y a un risque important de perte d'expertise
du personnel déjà en place et de l'ouverture à la sous-traitance. Nous voyons
également un danger à ce que le ministre puisse demander
à un centre de services scolaire de produire une analyse visant à évaluer les
possibilités de partage de ressources et de services avec un autre centre de
services scolaire.
Par exemple, la
délocalisation des techniciens, techniciennes en informatique d'un centre de
services à l'autre réduirait le temps
d'intervention pour régler des problèmes urgents. On y voit un grand danger de
sous-traitance. Voir la recommandation 7 à la page 15 du mémoire
CSQ.
la
section I.1, concernant la modification du territoire des centres
scolaires, plus précisément l'article 116 de la LIP, nous voulons
que la décision revienne au milieu, que ce soit le ministre qui tranche par
décret au lieu.
l'article 193.6 de la LIP, concernant le comité d'engagement pour la réussite
des élèves, nous désirons que le personnel
de soutien scolaire puisse bénéficier de deux sièges afin d'assurer une
meilleure représentation. Nous participons activement aussi à la
réussite des élèves.
l'article 51.2 de la LIP, il y a deux éléments qui nous interpellent. Tout
d'abord, l'appellation de responsable en service de garde, selon le plan de
classification, il s'agit d'une technicienne en service de garde. Le terme est
important, car il peut porter à confusion entre la direction d'école et la
technicienne. Le deuxième élément concerne la transparence. Si la technicienne en service de garde ne peut se
présenter au conseil d'établissement, nous désirons que la personne substitue
soit élue par ses pairs, tel que c'est le cas actuellement.
J'invite
le ministre à modifier son projet de loi pour trouver des solutions à
l'ensemble de ces problématiques que nous anticipons et ainsi, surtout,
favoriser la stabilité du personnel de soutien scolaire. Merci.
M. Landry (Jacques) : Bonjour. Je représente les professionnelles
et professionnels des commissions scolaires. J'aimerais d'abord attirer
votre attention sur le fait que le projet de loi retire les trois mentions au
Service d'animation spirituelle et
d'engagement communautaire, le SASEC, de la Loi de l'instruction publique. Même si ce service universel peut
faire toute la différence dans le parcours des élèves qui sont en recherche
d'identité, il s'effrite par manque de ressources
déjà depuis plusieurs années, et nous le déplorons. La situation du SASEC
prouve que les services professionnels ne
sont pas protégés. Même si la loi et
les régimes pédagogiques prévoient que les élèves ont droit à l'ensemble des
services éducatifs complémentaires,
dont l'orthophonie, la psychologie, l'orientation scolaire ou la
psychoéducation, dans les faits, ces ressources-là sont la marge de
manoeuvre budgétaire des commissions scolaires. Les années d'austérité l'ont
d'ailleurs bien prouvé.
Comment
peut-on justifier que les élèves d'une région aient accès à deux professionnels
par 1 000 élèves alors que la
région voisine a un ratio de six professionnels pour 1 000 élèves?
Non seulement cela nuit à l'égalité des chances, mais c'est
discriminatoire.
Ce que nous
recommandons, à la page 8 du mémoire, c'est la mise en place d'un seuil de
services éducatifs complémentaires pour les élèves. Ce seuil minimal devrait
tenir compte des réalités régionales et des indicateurs de vulnérabilité. Enchâsser ce principe dans la Loi
de l'instruction publique enverrait un message fort quant à la volonté
d'assurer aux élèves l'accès aux ressources dont ils ont besoin.
Il faut aussi
protéger nos services publics. Nous n'avons aucun contrôle sur la
sous-traitance dans le réseau scolaire, et
ça nous coûte très cher. Une évaluation professionnelle au privé n'aura jamais
le même impact qu'une équipe de
professionnels sur le terrain qui observe en classe, intervient de façon
cohérence, et suit, participe au plan d'intervention, et fait des liens
avec l'équipe-école et le personnel enseignant et les parents. Il est
incontournable d'encadrer le recours à la sous-traitance dans la Loi de
l'instruction publique. Nous avons une recommandation à cet effet à la
page 15 de notre mémoire.
Nous dénonçons
d'ailleurs que le projet de loi même donne même au ministre le droit d'exiger
le partage de ressources et de services,
entre autres, avec des établissements privés ou divers organismes. L'économie
budgétaire ne doit pas être la seule
motivation. Il faut surtout protéger et analyser les impacts sur les services
aux élèves de manière à protéger l'expertise publique. Merci.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Ceci met fin au temps que j'avais, malheureusement, pour vous.
Donc, sans plus tarder, on va aller avec les échanges avec M. le
ministre, pour votre 16 minutes.
M. Roberge : Merci bien, Mme la Présidente. Alors,
merci d'être présents et présentes. Je veux saluer aussi la présence de
Mme Scalabrini et Mme Bilodeau, qu'on entendra plus tard cette
semaine.
Je voudrais revenir
sur un élément que vous avez utilisé. Vous avez utilisé le mot «danger
d'inégalité», parce qu'il y a des articles
dans le projet de loi qui répondent à une problématique réelle qu'on a
vécue à plusieurs endroits au Québec.
Je me souviens, en 2017, notamment, CSDM puis commission scolaire
Marguerite-Bourgeoys, ça s'était appelé les frontaliers. Il y avait une
école sur le territoire de Marguerite-Bourgeoys, l'école Monseigneur-Richard,
une école secondaire. Il y avait de la
place, une école publique à Verdun qui avait de la place, beaucoup de places
disponibles, sauf qui était à la limite du territoire de la commission
scolaire. L'autre côté de la rue, c'était l'autre commission scolaire. Des parents voulaient fréquenter l'école de la
commission scolaire voisine, qui, au fond, était accessible à pied, mais la
commission scolaire, la CSDM, refusait : Non, non, non, vous allez aller
20, 30, 40 minutes plus loin dans une autre école. Pour moi, c'est une aberration. Quand on dit, là...
dans les discours, on entend souvent dire ça : Il faut mettre l'élève au
centre des préoccupations. Ce serait le temps de le faire puis tenir compte de
ce que les parents veulent. Et de permettre à des parents d'envoyer leur enfant
sur le territoire d'un centre de services voisin, dans la mesure où il y a de
la place, évidemment, dans la mesure où les
parents veulent transporter leur... ils peuvent y aller à pied, ou si les
parents acceptent de transporter, pour moi, ce n'est pas une source
d'inégalité. J'aimerais comprendre votre raisonnement là-dedans.
Mme Éthier
(Sonia) : Dans un premier
temps, je pense qu'on s'entend sur le fait que la
Loi sur l'instruction
publique prévoit déjà, de façon exceptionnelle, à une commission
scolaire d'accueillir des enfants en provenance d'une autre commission scolaire, c'est déjà dans la loi.
Alors, nous, ce qu'on voit dans cet article-là, c'est le fait qu'on puisse,
dans le fond, permettre à des parents, peu importe... ça, c'est une situation
qui est légitime. Il n'y a pas de place dans une commission scolaire, il y a de la place à côté, dans une
autre commission scolaire, je pense que ça entre dans les mesures
exceptionnelles. Mais, pour nous, le
fait de l'enchâsser dans la loi, ça veut dire que les parents pourront regarder
dans l'autre commission scolaire...
Puis là je ne le dis pas négativement, là, je ne le dis pas négativement. On le
place dans le projet de loi, là. Les
parents pourront regarder l'école à la carte, des projets particuliers dans la
commission scolaire à côté, puis peut-être qu'en même temps ça va permettre aux parents... tu sais, c'est sur la
route du travail, et le projet est intéressant, donc c'est l'école à la
carte. Et donc, pour nous, c'est non pertinent et c'est très
dangereux.
Quand on dit : Danger d'inégalités, on sait très
bien que les enfants, les parents qui sont de familles défavorisées n'auront pas les mêmes moyens que les parents qui sont plus favorisés
puis qui pourront se permettre d'aller ailleurs. Et le danger, là, je le dis
vraiment, c'est l'école à la carte. Puis, pour nous, ça ne devrait pas apparaître
dans le projet de loi. Mais je comprends
très bien la situation, M. le
ministre, que vous nous indiquez. C'est tout à fait inacceptable, mais la loi est déjà claire là-dessus. Il y a une
possibilité, c'est exceptionnel, mais je pense qu'on devrait garder l'article
qui est dans la loi tel qu'il est. Je pense qu'on n'a pas besoin de ça
au Québec, là.
Le Président
(M. Provençal)
: M. le
ministre.
M. Roberge : Mais c'est tellement clair
dans la loi que ces parents se sont fait refuser parce que c'est la commission scolaire, en ce moment... Quand on dit que ce sont des
minigouvernements, c'est presque : tu as besoin de ton passeport si tu veux traverser la limite de la commission
scolaire, là, c'est la petite république. Et là c'est comme si l'enfant, pour
la commission scolaire, représente une subvention. Et, si le parent voit
une place pour son enfant l'autre côté de la rue, l'autre côté de la limite territoriale, qu'il est prêt à le transporter,
il y a une place pour lui, la commission scolaire, en ce moment, peut dire: Non, je garde cet enfant, j'ai
besoin de cette subvention. C'est là où on ne s'entendra peut-être jamais.
Moi, quand je dis : Remettre l'école au service de la
communauté, ça veut dire ça. Et la loi actuelle, si on ne la change pas, bien, rien ne changera,
et ce qu'il s'est passé en 2017 continuera de se passer. Puis ça se passe un
peu partout. On demande la permission
à la commission scolaire : S'il vous plaît, pouvez-vous me rendre mon
enfant pour que je puisse l'envoyer
et le conduire moi-même dans une école publique juste à côté? Et là vous dites,
si c'est sur le trajet des parents et ça plaît aux enfants : Quelle
dérive! Faudrait l'empêcher d'y aller. Moi, je pense que, si c'est sur le
trajet des parents, puis que ça plaît aux enfants, et qu'il y a une
place, pour moi, ce n'est pas une dérive, pour moi, ce n'est pas une inégalité.
Et c'est comme si on pouvait magasiner, si je prends vos
termes, l'école, mais, sur notre territoire de notre commission scolaire, il n'y a pas de p