House Proceedings — 8 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
2013-10-08
Quebec — Debates (Hansard)
La Vice-Présidente (Mme Poirier) : Bon mardi. Veuillez vous asseoir.
Alors,
nous en sommes à la rubrique Déclarations de
députés. Alors, je débuterais avec Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Merci, Mme la Présidente. Alors, il y a deux ans, les Nations unies ont déclaré
le 11 octobre Journée internationale de
la fille. La deuxième édition de cette journée aura pour thème Innover en
faveur de l'éducation des filles .
Les choix scolaires que font les jeunes
femmes auront plus tard des impacts sur leurs domaines d'emploi, leurs revenus de
travail et de retraite, leur qualité et leurs conditions de vie. La Journée
internationale de la fille est l'occasion de se rappeler qu'au Québec nos filles peuvent désormais se voir
participantes à part entière à la construction de leur société.
convient également de communiquer les valeurs d'égalité à la jeune génération,
puisque ce succès et cette progression ne sont pas une fin en soi. Il faut
toujours continuer d'agir et de réfléchir en ce sens.
L'éducation des jeunes filles est le
préambule de leur carrière. Il est primordial que toutes les options possibles leur soient offertes afin qu'elles puissent
réaliser leurs aspirations professionnelles, quelles qu'elles soient. Bonne
chance à toutes les jeunes filles québécoises. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci, Mme la ministre. Alors, je céderais la parole à M. le député de Dubuc.
Claveau : Merci,
Mme la Présidente. C'est avec fierté que je souligne aujourd'hui les honneurs
qui pleuvent depuis quelque temps sur le Musée
du fjord de La Baie. Lors de la 27e édition du gala régional des
Grands Prix du tourisme, le musée s'est vu décerner le prix de la meilleure
attraction touristique du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Quelques semaines plus
tard, l'Association des musées canadiens lui attribuait une mention honorable,
dans le cadre des prix d'excellence en exposition, pour le
renouvellement de ses expositions permanentes.
Au fil des ans, le Musée du fjord de
La Baie a multiplié les projets audacieux. Par son Voyage au coeur du fjord , il permet une visite aérienne, terrestre et
sous-marine du fjord du Saguenay. Sa récente exposition, qui marie
l'histoire et la génétique, brosse un
portrait inédit de la colonisation de la région. Par ses concepts originaux, il
a développé une approche éducative novatrice qui captive aussi bien les
clientèles scolaires que les croisiéristes qui s'arrêtent à La Baie.
nom de la population de Dubuc, je tiens à féliciter les membres de la direction
et tout le personnel du Musée du fjord de La Baie pour leur apport
exceptionnel à l'activité touristique et muséale de la région.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci. Mme la députée de La Pinière.
Mme Houda-Pepin : Mme la Présidente, le 22 septembre dernier, plusieurs citoyens de mon
comté ont participé au marathon de Montréal, et je les en
félicite. Je suis particulièrement fière de deux jeunes. Jonathan Lasnier, étudiant en kinésiologie à l'Université de Montréal et entraîneur en athlétisme
sur la Rive-Sud de Montréal, il a réussi
l'exploit de terminer le demi-marathon, 21,1
kilomètres, en 1 h 17 min 27 s, et se classer 11e sur 11 636 participants. Yannick Lapierre a pour sa
part 37 ans. Il est le meilleur coureur de
la Rive-Sud, il s'est classé en 18e position au marathon de 42,2 kilomètres,
qu'il a parcouru en 2 h 54 min 23 s, 25 minutes derrière le gagnant. Nul doute qu'il se
hissera, dans les trois
prochaines années, parmi l'élite canadienne. Son rêve est de devenir l'un des
meilleurs marathoniens de 40 ans et plus au Canada.
Félicitations à Jonathan et Yannick. Vous êtes
une inspiration pour les mordus du sport, jeunes et moins jeunes.
Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je suis
heureux de souligner le 20e anniversaire d'existence de la
Société historique Rivière-des-Prairies, fondée en
La société historique,
Mme la Présidente, a pour mission de
promouvoir l'histoire et le patrimoine de Rivière-des-Prairies. Parmi ses activités, notons la mise en place d'un parcours patrimonial ainsi que le projet de
collecte et de diffusion de témoignages oraux des anciens du quartier.
société historique, c'est d'abord et avant tout des femmes et des hommes
engagés, et, Mme la Présidente, vous me permettrez de prendre le temps de nommer quelques
membres très actifs, dont certains sont avec nous ici aujourd'hui : Louise
Bernard, la présidente, Jean-Marc Saint-Jean, Hubert Lewis, Gisèle Boucher,
Gaétan Brisebois, Claudette Casavant, Georgette Lavoie. Au sujet de l'histoire
et de notre patrimoine, Mme la Présidente, rappelons toujours qu'un arbre ne peut étendre ses branches s'il perd ses
racines, et il s'agit là un peu de la devise de la Société historique de
Rivière-des-Prairies. Bravo et merci pour votre engagement.
Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Mme la députée d'Iberville.
Bouillé : Mme la Présidente, je veux rendre hommage, au nom de la population d'Iberville, à M. Denis Hétu pour l'ensemble de ses réalisations et pour son
implication auprès de sa communauté. M.
Hétu siégeait depuis plusieurs années comme
conseiller municipal. Il était très impliqué dans divers organismes, tels que
la Société d'agriculture de Rouville, le Club Richelieu depuis plus de 35 ans,
les amis de la croix de Rougemont, les Chevaliers de Colomb, le Comité
conjoint des races chevalines du Québec, l'Association des expositions agricoles du Québec et La Fondation du
diocèse de Saint-Hyacinthe.
C'est après un courageux combat, à
l'image de sa vie, que M. Hétu est décédé à Marieville en février dernier. Nous avons perdu un grand homme qui, j'en suis certaine,
aura influencé positivement ses proches et l'ensemble de sa communauté. J'offre mes
plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Mme la députée de Gouin.
Mme David : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens à
souligner aujourd'hui l'apport exemplaire de
Grossesse-Secours, qui, depuis 40 ans, aide
celles pour qui la grossesse n'est pas toujours bienvenue. Cet organisme, situé dans ma circonscription,
offre particulièrement aux jeunes femmes toute une série de services qui les
accompagnent dans leur décision
d'interrompre ou de poursuivre leur grossesse. De l'écoute téléphonique — plus de 3 000 appels par année — aux visites à domicile auprès de nouvelles mères
démunies et isolées, de l'encouragement à se réinsérer dans le processus
scolaire à l'hébergement, Grossesse-Secours procure un soutien affectif et professionnel aux femmes
enceintes, souvent isolées et pauvres.
Grossesse-Secours accorde aussi une grande importance à la prévention en
animant, dans les écoles, une série d'ateliers portant sur la grossesse,
la sexualité et l'adolescence.
Je tiens à remercier les 512 bénévoles
qui, depuis son origine, sont le cœur de l'existence de Grossesse-Secours et qui ont su, par leur solidarité, leur écoute et
leur compétence… à soutenir les femmes enceintes dans le respect de leur choix.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci. M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner
l'apport culturel de l'Orchestre symphonique de Lévis ainsi que le dynamisme
qu'il inculque à toute ma circonscription. En fait, cet orchestre, qui a été fondé en 1985, est sous la direction de M. Gilles
Auger et il est formé d'une soixantaine de musiciens, des bénévoles, des passionnés, mais surtout qui
performent pour le plus grand plaisir de nos concitoyens. Il s'agit, des
fois, d'anciens musiciens, mais aussi d'étudiants, et leur vocation réside dans
la formation de jeunes musiciens pour le legs
à d'autres générations. Cet orchestre a dû trimer dur, cependant, pour sa
survie, et j'ai eu la chance, la semaine dernière, d'assister au
magnifique concert d'inauguration de leur première salle permanente, située à
l'église de Lévis.
J'aimerais,
Mme la Présidente, en mon nom et au nom de mes concitoyens de Lévis, saluer
aujourd'hui Mme Odette Grondin, présidente de
l'Orchestre symphonique de Lévis, ainsi que toute son équipe et je tiens à leur
souhaiter une longue vie à Lévis. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci, Mme la Présidente. Il y a 25 ans, un groupe de professeurs du collège
Macdonald de Sainte-Anne-de-Bellevue a fondé
un musée dédié à l'histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent, un
«ecomuseum». De ses origines modestes comme refuge pour les animaux en
détresse, l'Ecomuseum reçoit maintenant plus de 100 000 visiteurs par
année, notamment des jeunes de la grande région métropolitaine.
Its success is due to the vision of
Dr. Roger Bider, a dedicated naturalist who passed away earlier this year. How fitting
that a new world-class aviary, opened last year, carries his name as a tribute
to his environmental commitment.
Aujourd'hui,
l'écomusée est un endroit privilégié pour mieux comprendre la flore et la faune
du Québec. Merci beaucoup aux professionnels
et bénévoles pour le progrès accompli pendant les premiers 25 ans pour mettre
en évidence l'importance de la nature et sa conservation. Bon succès pour les
prochains 25 ans.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
Mme la Présidente, une grande artiste multidisciplinaire de ma circonscription
a conclu 52 ans d'histoire théâtrale cet été
en montant pour une dernière saison sur la scène du Théâtre La Pente douce, à
Saint-Damase. Mme Denise Guénette a déclaré à plus d'une reprise son
retrait de la vie théâtrale. Malheureusement pour son fidèle public, il
semblerait que, cette fois, ce soit vrai.
tiens donc à lui rendre hommage pour l'ensemble de son œuvre, mais surtout sa
grande contribution au développement
culturel de la Matapédia, ses rimes intelligentes, ses histoires bien ficelées,
tantôt drôles, tantôt touchantes, son
travail rigoureux à la mise en scène de ses personnages colorés et ses chansons
si bien interprétées. Les beaux moments passés en compagnie de Denise
Guénette resteront à jamais gravés dans nos mémoires.
En attendant de la
retrouver, souhaitons-le, dans un théâtre près de chez nous, je souhaite à Mme
Guénette et son compagnon le bonheur d'être
entourés des gens qu'ils aiment et la santé d'en profiter encore bien des
années. Merci, Mme Guénette, merci pour ces belles années de théâtre
dans la Matapédia.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Alors, ceci met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Je suspends nos
travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 56)
Le Président : Bon début de semaine. Nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci.
Veuillez vous asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles ni présentation
de projets de loi.
la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre des Finances.
Marceau : M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le rapport
annuel de gestion 2012‑2013 de l'Institut de la statistique du Québec.
Président : Ce document est déposé. M. le ministre responsable
de la région de Montréal.
Lisée : M. le Président, j'ai l'honneur de déposer les rapports
d'activité 2012‑2013 et les états financiers des conférences régionales des
élus de Montréal, de Laval et de l'agglomération de Longueuil du Secrétariat à
la région métropolitaine.
Président : Ces documents sont déposés. M. le ministre de la
Justice.
M. St-Arnaud : Oui, M. le
Président, conformément à l'article 246.43 de la
Loi sur les tribunaux
judiciaires, je dépose le rapport du Comité de
la rémunération des juges qui m'a été remis ces jours derniers.
Président : Ces documents sont déposés. M. le ministre de la
Santé, prenez un grand respir.
Hébert : Oui.
Alors, les feuilles continuent de tomber, M. le Président. Alors, j'ai
l'honneur de déposer les rapports annuels de
gestion 2012‑2013 et les rapports sur l'application de la procédure d'examen
des plaintes et l'amélioration de la qualité des services 2012‑2013 des agences
de la santé et des services sociaux de l'Estrie, de l'Abitibi-Témiscamingue, de
Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent.
Je dépose aussi le rapport annuel 2012‑2013
du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James ainsi que le rapport annuel de gestion 2012‑2013 et
le rapport sur l'application de la procédure d'examen des plaintes de l'Agence
de la santé et des services sociaux de Lanaudière.
De plus, je dépose les rapports annuels de
gestion 2012‑2013 et les rapports annuels 2012‑2013 sur l'application de la procédure d'examen des plaintes, la satisfaction des
usagers et le respect de leurs droits des agences de la santé et des services
sociaux de la Côte-Nord, et de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ainsi que
les faits saillants de ce dernier.
Le Président : Je vous
avais suggéré de prendre une bonne respiration, ce n'était pas inutile. Alors,
ces documents sont déposés.
le ministre responsable... le leader du gouvernement, à la rubrique Dépôt de
documents.
Bédard : ...motion avant, M. le Président?
Bédard : Vous étiez un peu pressé.
Bédard : C'est normal. Alors, j'ai une petite motion pour
vous.
Président : Oui, M. le leader du gouvernement.
Bédard : Êtes-vous prêt à l'entendre?
Président : Je vous écoute.
Bédard : Alors, je fais motion afin
«Que, conformément à l'article 392 de la
Loi sur les
services de santé et les services sociaux, l'étude des rapports annuels de gestion 2012‑2013 des agences de la santé et des
services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de
Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord, de l'Estrie, de Lanaudière, de la
[Maurice et le Centre-du-Québec] et des Cris de la Baie-James, soit déférée à
la Commission de la santé et des services sociaux; et
«Que le ministre de la Santé et des Services
sociaux soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
Président : Cette motion est-elle adoptée?
Président : Adopté. Pour ma part, je dépose la lettre que m'a
fait parvenir le consul général de la République arabe d'Égypte à Montréal,
M. Amin Meleika, m'informant de la motion adoptée par l'Assemblée... le
25 septembre dernier au sujet de la libération des Canadiens Tarek Loubani
et John Greyson a bien été transmise au gouvernement égyptien.
J'ai également reçu préavis d'une motion qui
serait inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, conformément à l'article
97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
la rubrique Dépôt des rapports de commissions, Mme la présidente de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles et députée d'Iberville. Mme la députée.
Bouillé : M. le Président, je dépose le rapport de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles qui a tenu des auditions
publiques, les 2 et 3 octobre 2013, dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 46,
Loi modifiant la
Loi sur l'acquisition de terres agricoles par des non-résidents.
Le Président : Ce rapport
est déposé. M. le président de la Commission de l'économie et du travail et
député de Louis-Hébert.
Hamad : Merci,
M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du
travail qui a siégé le 30 septembre 2013 afin de procéder à l'audition de la
présidente-directrice générale du Conseil de gestion de l'assurance
parentale concernant sa gestion du fonds et sa gestion administrative, et
examen du rapport sur la mise en oeuvre de la
Loi sur l'assurance parentale. La
commission s'est également réunie en séance de travail les 21 novembre
2012, 19 mars et 30 septembre 2013 relativement à ce mandat.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé. Pour ma part, je dépose le rapport du comité directeur de
la Commission de l'Assemblée nationale qui s'est réuni le 2 octobre 2013
afin de modifier la liste des présidents de séance.
Alors,
nous en sommes rendus… puisqu'il n'y a pas de dépôt de pétitions, il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège, nous en sommes donc maintenant à la période de questions
et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition.
M. Fournier : Merci, M. le
Président. Hier, la première ministre a décidé de présenter le plus grand recul
de tous ses reculs. Le budget manqué du PQ,
renié hier, en est la meilleure illustration. Pourtant, l'improvisation
continue. Au lieu de faire un vrai budget
avec une colonne des revenus, elle propose une pluie de 2 milliards,
qu'elle ajoute à son erreur de 2 milliards sur le déficit
2013-2014. Dans les commentaires relevés ce matin dans les médias, on lisait
dans La Presse : «…la main droite [ramasse] les pots
cassés [de] la main gauche.» Dans Le Journal de Montréal : Les
prévisions d'investissement d'emplois sont l'équivalent de l'horoscope. Même
dans Le Devoir , le dépit transparaît. «Tout ça pour ça?»
En fait, personne n'est dupe, il s'agit d'un
plan panique électoral, M. le Président. Le Québec perd des emplois depuis le début de l'année, les investissements
privés chutent depuis le début de l'année. En mars, la mise à jour a prouvé que le budget du PQ était un fiasco. Depuis
mars, le Québec est sur le chemin de la récession. Pour la première
ministre, jusqu'à hier, tout allait bien.
Après avoir viré à 180 degrés et après un an
de fiasco économique, pourquoi avoir refusé la transparence d'un budget avec des revenus et avoir choisi un plan
panique électoral sans revenus et sans crédibilité?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, le chef parlementaire de
l'opposition officielle me questionne, depuis exactement
trois semaines que nous sommes rentrés, tous les jours : Quand allez-vous
déposer, présenter des actions pour l'économie,
M. le Président, pour l'emploi? Alors, aujourd'hui, je suis absolument
estomaquée, étonnée de le… et désolée, bien
sûr, de le voir se lever pour, encore une fois, me poser un certain nombre de
questions, alors qu'il devrait me féliciter, féliciter les membres de
notre gouvernement qui, après avoir ramassé leur gâchis, M. le Président, le
gâchis que nous avait laissé le Parti
libéral après avoir refusé de s'occuper de la corruption, M. le Président…
Quand nous sommes arrivés, le plan stratégique au niveau économique,
c'était une belle grande feuille blanche, puis c'était 1,6 milliard de
déficit, M. le Président, que nous avons dû
ramasser. Alors, on a commencé par faire le ménage dans la corruption, on a
fait le ménage dans les finances
publiques, on a fait le ménage dans le plan québécois d'investissement, M. le
Président, et on s'est mis à
l'ouvrage pour proposer une stratégie globale, complète pour soutenir l'emploi
au Québec, M. le Président. Il devrait nous en remercier et nous en
féliciter, M. le Président.
Président : Première complémentaire,
M. le chef de l'opposition.
M. Fournier : M. le Président, j'imagine mal comment les collègues de la première ministre peuvent se lever pour l'applaudir pour des félicitations d'avoir mis
le Québec sur
le chemin de la récession. Nous sommes les seuls sur ce chemin-là, alors que depuis… minimalement, depuis le mois de mars, M. le Président, on veut les réveiller, on veut que ça bouge, et on nous dit que tout va bien, tout est
merveilleux : Bien non, on crée de l'emploi, tout va très bien. Dans
l'annonce que vous avez faite hier, il manque la colonne des revenus. C'est de
l'horoscope, nous disent les médias.
vous pose la question : Pourquoi ne pas avoir fait un budget? Pourquoi le ministre a dit…
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, pendant des semaines, on me demande d'avoir une politique en matière d'emploi. Non
seulement nous déposons une politique qui va nous permettre d'agir et que se
créent des emplois au Québec à très court
terme, mais nous présentons une vision structurée, organisée, qui concerne
l'avenir, qui concerne la recherche, qui concerne le savoir, qui
concerne les politiques industrielles, M. le Président, qui concerne notre
commerce extérieur, une véritable politique d'électrification des transports.
Alors, pendant des semaines, il me demande de
présenter une politique et des mesures pour l'emploi. Nous en déposons une qui a
été travaillée depuis un long moment, puis là maintenant il me demande un budget, M. le
Président. Est-ce qu'il est d'accord ou pas…
Le Président : En terminant.
Marois : …avec les mesures qu'on a présentées hier, M. le Président?
Président : Deuxième complémentaire,
M. le chef de l'opposition.
Fournier : C'est assez
fascinant, M. le Président. Le PQ a coupé dans les infrastructures, maintenant il change d'idée. Il a
coupé dans la recherche, change d'idée. Il a coupé dans les exportations,
change d'idée, a tué lePlan Nord, maintenant il change d'idée.
La première ministre a retourné sa veste sur tous les sujets. Elle n'a plus de
crédibilité. Si elle avait déposé un budget avec la colonne des revenus, on ne serait pas dans le cynisme dans
lequel on est présentement, dans lequel elle plonge. Son obsession, M. le Président, c'est les élections.
C'est ça, son obsession.
Président : Mme la première ministre.
Marois : M. le Président, le plus
grand recul que pourrait connaître le Québec, c'est de revenir au gouvernement du Parti libéral, M. le Président. Ça, ce serait un vrai recul. Ça, les Québécois s'en inquiètent, M. le
Président.
Alors, moi, j'aimerais ça savoir ce
que M. Couillard, Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec, pense des mesures que
nous avons mises de l'avant. Est-ce qu'il est d'accord, M. le Président, pour que nous offrions aux entreprises qui souhaitent investir des tarifs d'électricité qui
vont leur permettre de créer des emplois ici et de procéder à des investissements significatifs, M. le
Président, pour transformer nos ressources naturelles, pour développer…
Président : En terminant.
Marois : …notre économie verte, M. le
Président? Je veux savoir
ce qu'en pense le chef du Parti libéral du Québec, M. le Président.
Président : Troisième complémentaire, M. le chef de de l'opposition.
M. Fournier : M. le Président, ça a été dit, vous vous êtes plaints des surplus
d'électricité. Vous avez dit : Il n'en faut pas, de surplus. Maintenant, tout à coup, ils disent : Il
faudrait les utiliser. C'est ce qu'on disait depuis le tout début. Dans toutes les
mesures qu'on demande au gouvernement de
prendre depuis un an, il n'a rien fait. Vous voulez savoir ce qu'il pense? Il pense que vous avez mis le feu à
la maison, mais vous n'êtes pas crédibles comme pompiers, pas une miette, zéro
crédibilité. C'est ça que vous êtes présentement, parce que tout ce que vous voulez, c'est des élections et cacher la
vérité aux Québécois.
Président : Faites attention
aux propos que vous tenez, M. le chef de
l'opposition. Mme la première ministre.
Marois : Alors,
M. le Président, moi, je veux savoir du chef parlementaire de l'opposition
officielle s'il a questionné son chef, M. Philippe Couillard, sur les mesures que nous
avons présentées et qui agiront immédiatement sur l'emploi. Est-ce qu'il
est en désaccord avec le fait que nous utilisions des surplus d'électricité,
qui se sont accumulés d'ailleurs lorsque
l'ancien gouvernement était là, l'ancien gouvernement libéral? Est-ce qu'il est
en désaccord avec le fait que l'on
accélère les investissements privés… les investissements publics dans nos écoles pour régler
le maudit problème de moisissures qu'ils nous
ont laissé, M. le Président? Est-ce qu'il est d'accord avec ça? Et nous devançons…
Président : En terminant.
Marois : …des politiques…
des mesures d'investissement, M. le Président. Je veux savoir s'ils sont d'accord. Il ne se lève pas, il ne répond pas à ma question. Ça m'inquiète, M. le Président.
Président : Principale, M. le député de Louis-Hébert.
Hamad : Le gouvernement a accouché
hier d'une politique électoraliste qui se distingue par trois points. Le
premier point, c'est un aveu d'échec du gouvernement pour la gestion de l'économie. Ils viennent de reconnaître que
leurs gestes ont causé des dommages importants à l'économie du Québec : pertes d'emploi de 45 000,
baisse d'investissement privé, 60 %, baisse de mises en chantier de
25 %.
Deuxièmement,
c'est un geste de panique pour réparer leurs propres dommages à l'économie du
Québec.
Et, troisièmement, comme d'habitude, il nous
amène d'autres reculs sur les promesses électorales et son budget.
Pour réparer les gâchis de ce gouvernement,
les Québécois vont devenir… vont devoir payer 2 milliards de dollars. La question
que tout le monde se pose : Vous êtes déjà 2 milliards dans le trou,
les deux autres milliards, où allez-vous les chercher?
Président : M. le ministre des Finances.
Marceau : M. le Président, j'aimerais rappeler d'où on part
dans tout ça, puis d'où on part, c'est d'une situation
qui nous a été laissée par le Parti libéral qui n'était pas… qui n'avait pas
agi pour corriger de graves problèmes structurels de notre économie. Je
vous donne quelques exemples. Prenons le cas de la recherche et développement
en proportion du PIB. Lorsqu'ils sont
arrivés au pouvoir, en 2003, la proportion de notre PIB consacrée à la
recherche et développement, c'était 2,8 %, M. le Président. Or, à
travers le temps, ça a décliné, ça a diminué pour atteindre 2,4 % en 2010.
Ça, c'est ce qu'ils nous ont laissé.
Or, M. le Président, vous savez comme moi
que, si on veut construire une économie moderne, une économie dans un monde du
savoir, ça prend de la recherche et de l'innovation. Et notre gouvernement
s'attaque à ce problème. Notre gouvernement va déposer une politique
nationale de recherche et d'innovation. Il y a déjà un bon nombre de mesures qui ont été identifiées dans la politique
économique que nous avons présentée hier. Et notre objectif, c'est d'atteindre
3 %.
Dites-nous ce qu'ils ont… M. le Président,
qu'est-ce qu'ils peuvent dire, eux qui ont laissé le pourcentage décliner de 2,8 à
2,4 %. Nous, on agit, on va corriger la situation puis on va mettre le
Québec dans la bonne direction pour que le Québec soit une économie
moderne, une économie du savoir, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le député de
Louis-Hébert.
Hamad : On ne le
sait pas encore, M. le Président, les 2 milliards, il va les prendre où,
il n'a pas répondu encore à la question.
La politique électoraliste va coûter
2 milliards de dollars, va créer 43 000 emplois en trois ans. Ce
n'est même pas suffisant pour remplir les
emplois qu'on a perdus depuis huit mois. Ça fait des mois qu'on leur dit que
des milliers d'emplois se perdent au Québec, on leur a demandé d'agir, ils ont
toujours nié la réalité. Leur politique, c'est un aveu de culpabilité.
Pourquoi
avez-vous volontairement abandonné les 45 000 familles du Québec?
Président : M. le ministre des Finances.
M. Marceau : M. le
Président, je voudrais continuer. Deuxième indicateur, les exportations. Les exportations, ils ont laissé une économie qui avait vu les
exportations décroître de façon très importante. Elles étaient bien au-delà de 50 % lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir, en
2003. Elles avaient décliné… Aujourd'hui, on est rendus à 46 %, 46 %.
Nos exportations vers les États-Unis ont
baissé de 20 milliards de dollars sous leur gouverne, M. le Président,
sous leur gouverne.
Nous,
on met en place un plan de développement du commerce extérieur et on a
l'objectif de remonter ça, de remonter ça à
55 %. On a des gestes importants et on va faire en sorte d'atteindre ces
cibles pour nos exportations, parce que le Québec, c'est un pays
d'exportateurs, et on va continuer dans cette direction, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire. M. le député de Louis-Hébert.
Hamad : M. le
Président, ça fait 24 heures seulement. On lui demande, au ministre des
Finances : Vous êtes dans le trou de
2 milliards, on vous demande aujourd'hui : Les deux
autres milliards, où allez-vous les chercher, les 2 milliards
seulement? La question est simple. Vous avez
annoncé 2 milliards aux Québécois hier, 2 milliards qui vont venir de leurs poches demain. Où vous allez
prendre le 2 milliards? C'est simple, 2 milliards.
Président : M. le ministre des Finances.
M. Marceau : M. le Président, je pourrais continuer sur la liste que j'avais
entreprise, mais je vais… Je voudrais vous
parler du secteur manufacturier parce que c'est un secteur fort important pour le Québec. Sous leur
gouverne…
Le Président : M. le leader de l'opposition.
Moreau : Écoutez, la question est simple : Où prend-il le 2 milliards? Il ne répond pas. Il
est… Il fait… Il nous joue une cassette.
Répondez à la question. Où prenez-vous le 2 milliards? C'est simple.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : D'abord, pour le leader, ce n'est pas très gentil
pour son collègue. Je pense qu'il a essayé du
mieux qu'il le peut de poser sa question. La
deuxième chose, c'est que les réponses font peut-être mal, M. le Président,
mais ça fait… C'est la réalité de
notre Parlement, être vis-à-vis ses responsabilités. Je pense que Parti libéral
en a bien besoin…
Le Président :
M. le ministre, s'il vous plaît… question.
Marceau : M. le Président, 175 000 jobs se sont perdues
dans le secteur manufacturier sous le
gouvernement libéral. Et nous avons déposé
hier un plan, nous avons déposé une politique économique qui s'adresse
particulièrement au secteur manufacturier, qui va faire en sorte que, dans le
secteur manufacturier, on va investir…
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
Moreau : Vous l'avez bien comprise, la question. C'est :
Où prend-il le 2 milliards? Avez-vous entendu le début d'une réponse?
Pas de réponse parce qu'il ne sait pas où il va le prendre. Dites-le aux Québécois.
Où allez-vous…
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : Sans devoir devancer les propos de mon collègue, M.
le Président, il y a deux colonnes : le
contrôle des dépenses et accélérer les revenus. Ce que le collègue nous parle
actuellement, c'est comment provoquer plus de revenus pour l'État québécois, en
créant des emplois tout…
Le Président :
M. le ministre des Finances, s'il vous plaît.
Marceau : Oui. Bien, écoutez, on a donc déposé ce qui va faire
en sorte que, dans le secteur manufacturier,
il va y avoir plus d'investissement, ce qui va faire en sorte que notre secteur
manufacturier va se moderniser. Puis, effectivement, ça va générer des revenus,
ça va générer de l'activité et ça va donner des jobs aux Québécois. C'est ce
que les Québécois veulent…
Le Président :
En terminant.
M. Marceau :
…et c'est ce que nous donnons aux Québécois, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Laporte.
Ménard : Merci, M. le Président. Alors, tout le monde sait que,
dans un budget, il y a deux colonnes :
les revenus et les dépenses. Les revenus, de l'aveu même de la première
ministre, ne sont pas au rendez-vous. Quant aux dépenses, le président du
Conseil du trésor s'est débattu pour faire son travail jusqu'au 31 mars :
coupures à l'aide sociale, coupures dans le
secteur des forêts, coupures dans les infrastructures, et j'en passe. Mais il
n'a pas été supporté ni par la première ministre ni par le ministre des
Finances. Pire encore, ses collègues se sont lancés dans une valse d'annonces
préélectorales non budgétées. Il se retrouve maintenant avec un trou de
2 milliards de dollars, auquel la première ministre lui ajoutait un autre
2 milliards de dépenses hier, lui qui avait le mandat de dire non.
Estime-t-il qu'il a
encore l'autorité morale pour remplir son mandat?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Bédard :
Merci, M. le Président, et je remercie sa collègue pour ses bons mots. Je vous
dirais qu'effectivement nous sommes en contrôle de nos dépenses et sans
rappeler les propos, d'ailleurs, de mon collègue de Brome-Missisquoi qui a rappelé hier… pas hier,
le 4 octobre, que le président du Conseil du trésor a fait des efforts
surhumains pour garder les dépenses sous contrôle. Et je remercie…
Bédard :
Sur la question de règlement ou…
Le Président :
M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
…personnel, et c'était vrai jusqu'au 31 mars dernier.
Le Président :
Merci de la précision. M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : C'est quand même gentil, M. le Président. Je comprends que, pour les années libérales,
il n'aurait pu
à aucun moment affirmer ces propos, parce qu'il n'est arrivé aucune année où le Parti libéral
a respecté ses engagements de dépenses. Donc,
nous le faisons.
La question qui se
pose aujourd'hui, c'est qu'on est tous d'accord qu'il faut créer plus d'emplois
pour les Québécois, et comment le faire,
c'est en investissant dans des mesures structurantes pour la création
d'emplois, dans les écoles, pour les PME. Le Parti libéral doit nous le
dire aujourd'hui : Est-ce qu'il est contre les mesures qui favorisent la
création d'emplois au Québec?
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Laporte.
Ménard : Alors, après trois mois seulement après le début de
l'année budgétaire, ce gouvernement a creusé un déficit de 2 milliards de dollars. Hier,
la première ministre annonçait une politique électoraliste qui ajoute
2 milliards de dépenses additionnelles non budgétées. Les Québécois ont
droit à un budget dans un cadre financier crédible.
Comment le président
du Conseil du trésor va-t-il financer les dépenses annoncées hier?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : Ce qui est beau, M. le Président, avec ce qui a été
annoncé hier, c'est qu'on agit immédiatement
pour la création d'emplois, entre autres l'investissement...
Bédard :
Ça fait rire mes collègues parce qu'ils ne l'ont pas fait, effectivement. Entre
autres, toute la problématique qui se trouve
dans les écoles, on le sait, que le Parti libéral avait l'ambition peut-être,
je vous dirais, de faire la culture
de champignons dans toutes les écoles du Québec. Je pense que c'était une mauvaise
stratégie pour nos étudiants. Aujourd'hui, ce que nous avons voulu...
Président : Trop bruyant. S'il vous plaît, M. le président du
Conseil du trésor, veuillez poursuivre.
Veuillez poursuivre en évitant la mycologie, tiens.
Bédard : Secteur que vous connaissez bien, mais c'est moins
drôle, effectivement, quand ça vient polluer
l'air de nos étudiants et de nos élèves. Alors, nous avons un plan ambitieux de
réfection de l'ensemble de nos écoles, d'investir dans les saines habitudes de
vie de nos étudiants. Mme la première ministre a l'ambition de faire du Québec
la nation la plus en forme, et nous allons le faire par des infrastructures de
qualité.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Laporte.
Mme Ménard :
Hier, dans la panique, l'absence du président du Conseil du trésor a été aussi
remarquée que l'absence de sources de
financement. Les Québécois ont le droit d'avoir l'heure juste sur l'état des
finances publiques.
S'il
estime encore avoir l'autorité morale requise, le président du Conseil du
trésor peut-il s'engager maintenant à déposer
le portrait réel des finances publiques avant le déclenchement des élections?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : M. le Président, à l'évidence nous sommes obsédés
par la création d'emplois, et eux, par la
tenue d'élections. Le Parti libéral, sa seule obsession, c'est les élections.
Est-ce
qu'aujourd'hui on peut contester une seule des mesures qui ont été mises de
l'avant par le gouvernement du Parti québécois, une seule? À quoi on s'oppose, M.
le Président? Ce qu'on a trouvé, c'est une feuille blanche, en arrivant,
en termes de politique de développement
économique, politique de recherche et politique industrielle. Il n'y avait que
dalle. En un an, nous avons mis le Québec
sur les bons rails, entre autres avec l'électrification des transports. Nous
souhaitons avoir cette politique ambitieuse pour créer des emplois. Et,
nous l'avons dit, nous allons garder le contrôle des dépenses...
Le Président :
En terminant.
Bédard :
...mais rien ne sera fait pour avoir un impact négatif sur l'augmentation de la
croissance et la création d'emplois pour les Québécois.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, en déposant hier un plan avec des
mesures coûteuses, en fait, le gouvernement a
enfin avoué qu'il avait besoin d'un plan urgent parce que la situation est
urgente. Le Québec est le seul État en Amérique du Nord qui est en
ralentissement économique.
le Président, la première ministre a annoncé des nouvelles dépenses de 2 milliards pour les entreprises. En fait, elle
avait deux choix pour savoir comment financer ça. Il y avait la solution
courageuse, donc faire le ménage dans les crédits d'impôt qui existent déjà. On a proposé, de
notre côté, entre autres, de revoir les 800 millions de crédits d'impôt en recherche et développement, mais la première
ministre a choisi la solution facile :
ajouter 70 nouvelles mesures aux 802 programmes qui existent déjà pour les
entrepreneurs.
M. le Président, il y a une chose qui est certaine, là, c'est qu'actuellement il
n'y a plus de marge de manoeuvre pour réduire le fardeau
fiscal de la classe moyenne puis des familles. Donc, ce sont les grands oubliés
de la politiqued'hier. Moi, je voudrais savoir de la part
de la première
ministre : Est-ce
qu'elle compte, dans tous les dépôts de politiques des prochains
jours, déposer une politique pour réduire le fardeau fiscal des familles et de la
classe moyenne?
Le Président : Mme la première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, à quelques reprises, le chef du
deuxième groupe d'opposition est
venu… il m'a interpellé sur le fait qu'on
devait remettre en question certains crédits d'impôt aux entreprises. J'aimerais entendre de sa part auxquels crédits pense-t-il. Ça
pourrait être intéressant, puisqu'il a un point
de vue, j'imagine, là-dessus.
Quant
à la question des sommes que nous investissons pour soutenir l'emploi, pour
soutenir une économie qui va se structurer autour du savoir, autour de l'investissement privé,
qui va soutenir le développement de nos entreprises qui ont
un potentiel formidable en matière d'exportation, M. le Président, moi, j'aimerais d'abord savoir de
lui aussi quelles mesures, dans celles que
nous avons proposées, ne lui apparaissent pas pertinentes.
Quant
à la façon de financer ces mesures, d'abord, on essaie de faire croire que 2 milliards de dollars vont
être ajoutés au niveau des dépenses. Je suis désolée, M. le Président, mais nous avons prévu que 700 millions de dollars sont déjà financés. Et je l'inviterais à lire le document Priorité
pour l'emploi . Ce serait bon aussi pour le chef parlementaire de l'opposition officielle et sa collègue la députée de Laporte, M. le Président,
puisqu'il y a déjà 700 millions qui sont
prévus dans les bases budgétaires par le fonds à l'électrification des
transports et par le Fonds vert, M. le Président. Nous ramenons donc cela sur une perspective de 1,3 milliard, ce qui veut
dire environ 400 millions par année, et cela générera des rentrées
fiscales, sinon on n'y croirait pas, à notre politique d'emploi, M. le
Président. Alors, nous savons où prendre l'argent.
Ce que nous voulons, c'est qu'il y ait des emplois de qualité, payants pour les
Québécois et les Québécoises, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, M. le Président, ce que je demande à
la première ministre — elle n'a pas répondu à ma question — c'est d'être honnête avec les Québécois, d'être
honnête avec les Québécois puis de leur dire qu'avec ce qu'elle a annoncé hier
elle n'a plus aucune marge de manoeuvre pour réduire le fardeau fiscal des
familles et de la classe moyenne. Donc, toute la marge de manoeuvre s'en va
pour des nouveaux programmes aux entreprises, rien pour la classe moyenne.
Le Président : Mme la
première ministre.
Marois :
J'imagine qu'il doit être particulièrement d'accord avec toutes les mesures que
nous présentons en matière d'emploi, M. le
Président, de structuration de notre économie puisqu'il a décidé de poser une
question sur un autre thème.
Le problème que j'ai, M. le Président, comme
première ministre, c'est qu'il y a eu un gouvernement qui nous a précédés ici, le gouvernement du Parti libéral, et ce
gouvernement, M. le Président, a augmenté le fardeau fiscal des Québécois de
façon inconsidérée, M. le Président. Ce sont des milliards de dollars que
l'on a mis sur le dos de la classe moyenne.
C'est les tarifs, M. le Président, c'est les hausses de taxes, c'est les
hausses d'impôt. Et effectivement…
Président : En terminant.
Marois : …la marge, elle est mince. Mais cependant, si nous
travaillons — et c'est ce que nous
faisons — sur le fondement de notre
économie…
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, le Québec a déjà plus de crédits d'impôt aux entreprises que
l'Ontario. Ce qu'il faut, c'est de faire le ménage, pas en rajouter une couche. Si c'est
vrai que la première ministre a 2 milliards dans ses tiroirs,
qu'elle donne ça aux familles puis à la classe moyenne. Ça, ça va être un vrai
virage économique.
Président : Mme la première ministre.
Marois : Je suis quand même un peu étonnée que le chef du
deuxième groupe d'opposition soit… se révèle
comme étant contre l'aide aux PME. Il a soulevé quelques questions depuis que
nous sommes à l'Assemblée, M. le Président, depuis la rentrée de
l'automne, en souhaitant que nous améliorions notre productivité. Or, dans les
faits, le ministre de l'Économie et des
Finances rappelait tout à l'heure que nous nous sommes fixé des objectifs en
matière de recherche et d'innovation,
augmenter la R&D par rapport à l'ensemble de notre PIB, aller à 3 %.
Un autre objectif, c'est d'augmenter la productivité des entreprises québécoises
pour atteindre la moyenne canadienne. Il devrait nous en féliciter, M. le
Président.
Président : Principale, M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : M. le
Président, je suis choqué, ce matin, de voir que le Parti québécois utilise la
vieille recette libérale : on dope
l'économie du Québec avec la carte de crédit des Québécois. Cependant, on va
avoir bientôt la gueule de bois. Parlons-en à l'Irlande, parlons-en à
l'Islande, sans même parler de la Grèce et puis du Portugal. Cet interventionnisme
étatique, pour notre formation politique, est tout à fait inacceptable.
Puis, pour le bénéfice de l'opposition
officielle, qui doit savoir compter, c'est 1,3 milliard qui n'est pas dans le cadre financier, ce n'est pas 2 milliards. Nous
attendions avec impatience quatre politiques économiques d'importance, la PNRI, l'exportation, la politique industrielle,
l'électrification des transports, et ce que nous avons aujourd'hui, c'est
un château de cartes de la première
ministre, prisonnière de son calendrier électoral, une orgie de dépenses
gouvernementales et le clou dans le cercueil pour les familles québécoises qui
entretenaient éventuellement encore l'espoir d'être soulagées financièrement.
Président : M. le ministre des Finances.
Président : Le temps est parti. M. le ministre des Finances.
Marceau : Oui, merci. M. le Président, je suis désolé, mais je
n'ai pas tout compris la question. Mais le bout que j'ai compris me… Écoutez,
ça me surprend. Moi, j'aimerais savoir du député de La Prairie avec quels crédits d'impôt qu'on a mis en place hier… Par exemple, le
crédit d'impôt pour l'introduction des technologies de l'information dans nos PME, est-ce qu'il est d'accord ou est-ce qu'il
est contre ça? Puis le fait de bonifier le crédit d'impôt à l'investissement puis de faire en sorte que nos
PME investissent, est-ce qu'il est d'accord ou est-ce qu'il est contre
ça? Là, écoutez, moi, je… Il dit «une
orgie de dépenses». Avec quelle dépense il n'est pas d'accord? M. le Président,
moi, je suis extrêmement surpris de
ce commentaire-là. J'attends qu'il nous dise avec quoi il n'est pas d'accord,
puis je répondrai, puis je lui expliquerai pourquoi on fait ça.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Prairie.
Le Bouyonnec : Ce qui est le plus choquant là-dedans, c'est que
le gouvernement n'avait même pas besoin d'être
créatif. Il n'avait qu'à prendre, pour répondre à la question du ministre des
Finances, notre proposition du 11 juin
dernier pour rénover de manière audacieuse les crédits d'impôt, entre autres, à
la recherche et développement. On choisit plutôt d'en beurrer encore
plus épais, au lieu de tenter d'agrandir par en dedans, et ça nous conduit tout
droit à la faillite.
Comment va-t-il
financer ses promesses?
Le Président :
M. le ministre des…
M. Le Bouyonnec : …entre autres, à la recherche et développement. On choisit plutôt d'en beurrer encore plus épais, au lieu de tenter
d'agrandir par en dedans, et ça nous conduit tout droit à la faillite.
Comment va-t-il
financer ses promesses?
Le Président : M. le ministre des
Finances.
Marceau : M. le Président, j'ai l'impression que le député est en train de nous dire qu'il est
contre la hausse de la productivité, qu'il est contre le fait que nos entreprises investissent, qu'elles se dotent de
nouvelles machines, qu'elles se modernisent,
qu'elles introduisent des nouvelles technologies. J'ai l'impression qu'il est en train de nous dire ça.
Puis, regardez, la CAQ, là, ça fait plusieurs fois qu'ils nous disent que les crédits d'impôt, ils ne sont pas bons. On attend la liste. Dites-nous, dans la liste des crédits d'impôt que nous
offrons puis qui servent à investir en R&D, qui servent à investir en machines et en matériel… qu'ils nous disent
lesquels de ces crédits
d'impôt là ils veulent enlever. Tout le monde l'attend, la liste, M. le
Président.
Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : M. le Président, de toute façon, là, le gouvernement manque tellement de sérieux qu'il n'y a même pas de plan d'affaires pour l'électrification du
transport. Il y a un fantôme de monorail, puis ce qu'on sait, c'est qu'ils vont
changer leurs limousines pour des hybrides.
Est-ce que la ministre du Développement industriel, lorsqu'elle était au
Fonds de solidarité, aurait accepté de donner
500 millions de dollars à un entrepreneur, comme le
député de Sainte-Marie, sans avoir un seul
plan d'affaires? Moi, j'aurais dit comme chez les dragons : Je passe.
Le Président : M. le ministre des
Finances.
Marceau : M. le Président, je vais parler d'électrification des
transports. On a, au Québec, un savoir-faire en électricité qui fait
l'envie du monde entier. On a évidemment développé des grands barrages, que nous connaissons, des façons modernes de
transporter l'électricité, des moteurs, des piles. On a les atouts qu'il faut pour développer
une filière industrielle forte en électrification des transports. On a des
plans ambitieux.
Dans
la stratégie qui a été présentée hier, dans la politique économique, il y
a plusieurs mesures. Par
exemple, on veut se doter d'un véhicule québécois avec des
composantes québécoises, là, en autopartage. On veut attirer des grandes
entreprises étrangères. On va créer un institut du transport électrique. On va
aussi faire en sorte que l'État soit un
modèle à suivre puis qu'il introduise en son sein des véhicules électriques,
des bornes de recharge. M. le Président, on pose tous les gestes qui sont nécessaires…
Le Président : En terminant.
M. Marceau : …pour se donner une filière industrielle forte.
Le Président : Principale, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Alors, merci beaucoup, M.
le Président. Depuis un
an, le gouvernement a complètement anéanti le Plan Nord. En fait, le gouvernement a saccagé
l'un des plus importants chantiers d'investissement public et privé de l'histoire du Québec.
Comment est-ce que la première ministre et la ministre des Ressources naturelles s'y sont prises, M. le
Président? D'abord, en improvisant sur la question des redevances minières, lequel sujet est toujours en suspens, en
générant de l'incertitude, en éloignant les investisseurs. La ministre a pris des
mois avant de déposer un projet de loi, un projet de loi bâclé, à l'image de ce gouvernement, M. le Président. À ce jour, la ministre
n'a toujours pas déposé ses orientations gouvernementales
quant aux zones compatibles ou incompatibles au niveau minier. La ministre
s'octroie un droit de veto, l'équivalent d'un moratoire SPQ Libre sur
tous les projets miniers au Québec.
Va-t-elle aujourd'hui admettre ses erreurs, corriger les erreurs contenues à l'intérieur de
son projet de loi pour qu'enfin on puisse profiter d'une industrie minière
florissante au Québec, M. le Président?
Président : Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet : Oui, M. le Président, en fait, les erreurs dans le domaine minier, c'est le Parti libéral qui les a faites. Le projet de loi
n° 79, il est mort au feuilleton. Il était tellement mauvais qu'ils n'ont
même pas osé le rappeler. Le projet de loi n° 14, il manquait de la
transparence puis de la transformation. Nous avons essayé de faire introduire des éléments de transformation, mais à l'époque le
ministre libéral des Mines nous disait que de transformer au Québec, ça
allait appauvrir le Québec. Heureusement, ils se sont réajustés et maintenant
ils disent autre chose.
Moi, j'espère avoir la collaboration du Parti
libéral, de la CAQ pour qu'ensemble nous puissions adopter le projet de
loi sur les mines. Les acteurs du milieu, que ce
soit le monde municipal, que ce soient des minières, que ce soient les groupes environnementaux, souhaitent qu'on ait
de la stabilité, de la prévisibilité. Et, M. le Président, le statu quo
dans le secteur des mines n'est plus
acceptable au Québec en 2013. Ça nous prend une nouvelle loi, mais nous avons besoin
de la collaboration, et malheureusement le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata n'a même pas encore mentionné à cette Chambre
s'il allait appuyer le principe sur le projet de
loi sur les mines.
Président : En terminant.
Ouellet : Et d'ailleurs c'est le collègue de la CAQ qui l'a
souligné lors de son intervention en adoption de principe, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : M. le Président, comment voulez-vous que nous puissions dire aujourd'hui si on appuiera ou non? Absence de
réponse. En fait, la ministre ne fait
rien. Pas un mot sur l'industrie, pas un mot sur les régions, pas un mot sur les travailleurs, pas un mot sur les entreprises. Un projet de loi bâclé qu'elle nous demande aujourd'hui d'appuyer. Alors, un projet de loi dans lequel on retrouve quoi, M. le Président? Des droits de veto, des exigences incontournables pour l'industrie.
En réalité, là, ce que la ministre vient de nous dire, c'est qu'elle n'en veut pas,
du développement minier au Québec, et ça, ce n'est pas acceptable, parce que c'est important pour l'économie et les emplois.
Président : Mme la ministre des
Ressources naturelles.
Ouellet : Merci, M. le Président. Malheureusement, le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata a tout faux. On en veut, du
développement
minier au Québec, on veut un développement minier responsable. Mais nous,
on veut mettre les conditions nécessaires pour assurer le succès des projets, pas comme le Parti libéral a fait en laissant faire n'importe quoi, n'importe comment, de la
poudre aux yeux et des projets pas attachés. On l'a vu avec la route des monts Otish, M. le Président. Et, nous, oui,
dans le projet de
loi sur les mines, ce qu'on veut : de la
transformation, de la transparence, une meilleure protection de
l'environnement. Puis, en parlant de la transformation, ce qu'on veut, c'est des emplois. Et je salue la sortie de la
politique du développement économique, parce qu'on a fait le lien entre
le développement minier…
Le Président : En terminant.
Ouellet : …et
la transformation et le secteur manufacturier en favorisant la transformation
au Québec et les emplois, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Alors,
M. le Président, pour transformer des métaux, encore faut-il qu'il y ait de l'exploitation minière.
À l'intérieur de son projet de loi, M. le Président, on retrouve des droits de
veto. Il n'y a pas encore d'orientation gouvernementale connue sur les zones compatibles et incompatibles. Les
communautés autochtones sont venues ici, en commission parlementaire, pour nous dire qu'elles n'avaient pas été
consultées. Il y a un travail qui, de toute évidence, n'a pas été
réalisé. Il y a des erreurs qui ont été commises par la ministre, et ce sont
les régions qui en souffrent, les
Président : Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet : Oui,
merci, M. le Président. En fait, les erreurs qui ont été commises, qui ont fait
mal aux régions, c'est le Parti libéral qui
les a commises, M. le Président. Et moi, j'aimerais entendre le député de
Rivière-du-Loup. Est-ce qu'il est prêt à
travailler en collaboration avec nous? Nous avons même eu l'appui de
l'Association minière du Québec. Et je l'avais annoncé en début de
consultations particulières, comme quoi on parlait d'étude de faisabilité, et il y avait eu une interprétation dans le milieu
qu'on était d'accord avec une étude d'opportunité de marchés et économique.
C'est ce que demande l'Association minière du Québec. Est-ce que le député de
Rivière-du-Loup va appuyer le gouvernement
pour que nous puissions faire du développement minier responsable au Québec et
assurer un climat de stabilité…
Président : En terminant.
Ouellet : …et de prévisibilité, tant pour l'industrie que
pour les citoyens?
Président : Principale, Mme la députée de La Pinière.
Houda-Pepin : M. le Président, après avoir coupé…
Mme Houda-Pepin : M. le
Président, après avoir coupé 15 milliards de dollars dans le budget des infrastructures, notamment dans le transport, la première
ministre a annoncé hier une stratégie électoraliste pour faire oublier les
dommages qu'elle a faits à l'économie du Québec avec, en prime, une perte de
45 000 emplois. Après avoir multiplié les
annonces bidon, sans provision budgétaire, comme la ligne bleue du métro de
Montréal, le SLR sur le nouveau pont Champlain
et les voies réservées, voilà qu'elle en rajoute en nous lançant de la poudre
aux yeux avec un hypothétique 2 milliards de dollars pour camoufler
le désastre annoncé qu'elle a causé à l'économie du Québec.
Est-ce que la première ministre sait qu'elle
vient de perdre le peu de crédibilité qui lui restait en coupant, d'un côté, 15 milliards de dollars dans le budget des
infrastructures et, de l'autre, elle a annoncé dans la précipitation une série
de mégaprojets de transport…
Président : M. le ministre des Affaires municipales.
M. Gaudreault : Oui, M. le
président. Écoutez, il y a beaucoup de choses dans les propos de la députée, il manque seulement des propos sur la charte. On aurait aimé
beaucoup l'entendre à cet égard, mais ça sera probablement dans une autre
déclaration ou une autre intervention de la députée éventuellement.
Est-ce que j'ai bien
compris que la députée de La Pinière a dit que le choix du SLR sur le pont
Champlain est une mesure bidon? Elle nous a dit que c'était une mesure bidon,
M. le Président, c'est exactement ce qu'elle vient de dire, alors que ce mode
de transport collectif, qui fait l'unanimité sur le territoire de la CMM,
l'unanimité dans sa municipalité,
l'unanimité dans la région de la Rive-Sud, sur l'île de Montréal… C'est un
choix du gouvernement. Nous allons faire la bataille pour s'assurer que
le gouvernement fédéral va contribuer à faire le pont Champlain moderne. Toute la Communauté métropolitaine de Montréal est
favorable à notre plan de match, et elle, elle vient dire que le SLR est un choix bidon, M. le Président. J'ai beaucoup de misère
à suivre la logique de la députée. Quant à la suite des choses, on n'a sûrement
pas de leçons à recevoir d'un gouvernement…
Le Président :
En terminant.
M. Gaudreault :
…qui s'est emballé à faire des annonces non budgétées.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de La Pinière.
Houda-Pepin : M. le Président, ce gouvernement est passé dans l'art de faire des annonces bidon, ils en ont fait plus de 200 juste au mois de septembre, M. le Président. C'est ça
qui est bidon. Le SLR, je le défends avant même que vous soyez dans les
fonctions où vous êtes. M. le Président…
Houda-Pepin : M. le Président, est-ce
que le ministre pense que les Québécois sont assez innocents pour croire
qu'après avoir coupé 15 milliards de
dollars dans le budget des infrastructures…
Le Président : M. le ministre des
Affaires municipales.
M. Gaudreault : Bien, écoutez, on vient de voir encore un 180 degrés, là,
de la députée de La Pinière sur le système léger
sur rail, M. le
Président. Alors, c'est
assez étonnant. Mais je suis heureux qu'elle salue — parce qu'elle l'avait déjà fait par un communiqué très élogieux à notre égard — je suis heureux qu'elle salue de nouveau le choix du gouvernement quant au mode
de transport collectif sur le futur pont Champlain, qui est un SLR, qui est un mode moderne, électrifié, qui correspond à notre stratégie d'électrification
des transports. Et je
comprends qu'il va
falloir qu'elle s'habitue, là, parce que notre
différence, avec notre gouvernement, c'est évidemment de travailler de
façon responsable. On a annoncé des bureaux de
projets qui vont nous permettre de bien détailler les coûts exacts, par exemple pour la ligne
bleue, pour le SLR, et ensuite…
Le Président : En terminant.
M. Gaudreault : …de travailler correctement, comme les Québécois s'attendent, et
aller en appel d'offres par la suite.
Le Président : Deuxième complémentaire, Mme
la députée de La Pinière.
Houda-Pepin : M. le Président, comment ce ministre va-t-il réaliser le SLR, qui, à lui seul, est
estimé à 1 milliard de dollars, la ligne bleue de Montréal, estimée à 2 milliards de dollars, le monorail, l'électrification de
l'axeSt-Michel?
Est-ce qu'il prend
les gens pour des caves, M. le Président? On sait compter. Et comment peut-il
abandonner nos routes, nos ponts et nos systèmes de transport collectif en coupant
15 milliards de dollars dans les budgets des infrastructures?
Répondez à la
question : Pourquoi vous coupez 15 milliards de dollars pour tous ces
projets…
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales. En faisant attention…
Le Président :
En faisant attention, Mme la députée, sur le genre de commentaire que vous
allez faire. M. le ministre des Affaires municipales.
Gaudreault : Oui. Vraiment, M. le Président, j'avoue que
l'opposition officielle est assez difficile à
suivre. Je viens d'assister à un autre virage à 180 degrés. Est-ce que la
députée, finalement, est en train de nous reprocher, à sa deuxième
complémentaire, après avoir dit le contraire à la complémentaire précédente,
que, finalement, elle est contre le choix du gouvernement pour le SLR en
matière de transport collectif sur le pont Champlain?
Moi,
ce que je m'attends de l'opposition, c'est qu'ils nous appuient fortement,
comme l'Assemblée nationale doit le faire,
face au gouvernement fédéral pour s'assurer qu'on a un pont sécuritaire, un
pont Champlain qui sera digne du XXIe siècle, avec un système de transport
collectif.
Deuxième élément, M. le Président, c'est qu'on
agit de façon responsable. On a fait une programmation sur deux ans au
ministère des Transports. On réduit les extras de façon très importante.
Président : En terminant.
Gaudreault : On est le gouvernement des transports collectifs,
M. le Président.
Président : Principale. M. le député de Laurier-Dorion.
Sklavounos : M.
le Président, dans le dossier de l'inversement de l'oléoduc Enbridge, le
processus d'évaluation de l'Office national de l'énergie tire à sa fin, les plaidoiries finales
auront lieu d'ici trois semaines. Ça fait presque un anque le ministre de l'Environnement est en poste,
et il ne cesse de répéter qu'il mettra sur pied une grande consultation
sur la question. Hier, dans la politique de panique électorale, même promesse recyclée,
on repousse à plus tard.
le Président, devant ce projet structurant et prometteur pour le développement
économique et durable du Québec, aucune action de la part de la première
ministre ni de son ministre, juste un refus de divulguer le rapport conjoint
avec le gouvernement albertain.
le Président, on sait depuis longtemps qu'il y a des divergences au Conseil des
ministres et que les écolos intégristes en mènent large dans ce gouvernement du
moratoire. Le gouvernement péquiste ne bouge pas, pas de vision économique, pas
de courage.
Qu'attend le ministre pour se positionner sur
cet important enjeu? Est-ce que les intérêts électoraux du PQ vont encore une fois passer avant les intérêts des
Québécois?
Président : M. le ministre de l'Environnement.
Blanchet :
Merci, M. le Président. J'entends, au ton très courtois de mon collègue, une
invitation à collaborer avec nous sur l'enjeu d'Enbridge et j'apprécie
beaucoup cette grande ouverture d'esprit. Je confirme à cette Chambre
que nous allons très bientôt annoncer la forme qu'elle prendra. Et je suis
aussi convaincu que l'opposition n'aura d'autre choix que d'admettre que c'est
la plus haute forme de consultation possible. Merci.
Président : Première complémentaire, M. le député de
Laurier-Dorion.
Sklavounos : M.
le Président, pour le gouvernement péquiste, devant l'Office national de
l'énergie, c'est la politique de la chaise
vide. Pourtant, en 1997, Lucien Bouchard, lui, n'a pas attendu. Québec était
présent devant l'office quand ses intérêts
étaient en jeu.
M. le Président, pourquoi cette paralysie
du ministre?
Qui le retient, la gouvernance souverainiste
ou les écolos intégristes?
Président : M. le ministre de l'Environnement.
Blanchet : Le
phénomène de chaise vide que l'on peut observer à l'ONE est celui que l'ONE
impose lui-même en n'invitant pas tous les gens qui pourraient vouloir s'y exprimer. Et
c'est devant cette impossibilité pour un grand nombre d'intervenants hautement crédibles et importants
du Québec de pouvoir s'exprimer devant l'ONE que nous allons, nous, nous assurer que tous les groupes québécois, tous
les acteurs, les experts, les municipalités pourront s'exprimer
librement et ouvertement afin que le Québec ait sa propre position sur cet
enjeu important.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de
Laurier-Dorion.
Sklavounos : M. le Président, ce n'est pas en boycottant que
le ministre va s'assurer que les points de vue sont entendus. Il est minuit
moins cinq pour le projet Enbridge. Le ministre et son parti, rendez-vous
électoral en vue, préfèrent se réfugier en
arrière de leur politique de panique électorale annoncée hier, dans laquelle on
invente de l'argent et on repousse les décisions après les élections.
le Président, est-ce que la première ministre peut mettre de côté son agenda
électoral et s'occuper enfin du développement économique et durable du Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Blanchet : M. le Président, l'agenda présenté hier est un
agenda de prospérité et d'emploi pour les
Québécois. En ce qui a trait à la chaise
vide, celle qui devrait être remplie en cette Chambre est celle du chef du
Parti libéral, que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas et qui, au
moment où nous annoncions effectivement une politique de prospérité économique,
était au point le plus éloigné du Québec, fort légitime, mais loin de l'action.
Enfin, j'entends de cette volonté de ne pas avoir de chaise vide que mon collègue
participera à nos consultations.
Le Président :
Principale, M. le chef de l'opposition.
M. Fournier :
Oui. M. le Président, on assiste à une période de questions où il y a des
questions essentielles qui ont été posées
sur l'annonce d'hier, dont notamment d'où venaient les 2 milliards de
dollars, à laquelle on n'a euaucune
réponse. De la part de la première ministre, on assiste depuis quelque temps à
un certain nombre d'annonces avec des budgets normaux, ordinaires. On
demandait de l'action, on voulait que ce soit crédible. On demande un budget.
On n'est pas capables d'avoir la vérité des chiffres.
Nous
avons une inquiétude parce que, du côté du gouvernement, il y a des signaux qui
sont envoyés à l'effet qu'ils veulent aller en
campagne électorale, et ce qu'on s'aperçoit, c'est que les Québécois n'auraient
pas toute la vérité des chiffres. Peut-être
que nos inquiétudes pourraient être apaisées si la première ministre nous
annonce ici même, de son siège, qu'elle n'a pas l'intention d'appeler
d'élection cet automne.
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois : Alors, ça me permet de rappeler, M. le Président,
que le chef du Parti libéral, dès le mois
d'août, souhaitait nous renverser. Et j'ai
l'impression, à ce moment-ci, que l'obsession pour une campagne électorale se
trouve plutôt du côté du Parti libéral, M. le Président, parce que, nous, notre
obsession, c'est l'emploi, M. le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Alors, nous en sommes à la rubrique
des motions sans préavis. Alors, en fonction
de nos règles, j'accueillerais un membre du gouvernement. M. le ministre des
Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne.
Drainville :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
député de Chauveau et le député de Blainville, la motion suivante :
«Que
les députés de la 40e législature s'engagent à renoncer à leur allocation
de transition s'ils quittent durant le présent
mandat à moins d'une raison médicale ou familiale.»
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. M. le leader
adjoint.
Traversy : Mme la Présidente, qui n'est pas d'accord? Je n'ai
pas entendu le consentement ou le non-consentement...
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Alors, la leader adjointe m'a signifié le
non-consentement.
Alors, j'accueillerais
maintenant un membre…
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Oui, M. le leader.
Bédard : …de ce
côté-ci, ce que je comprends, c'est le groupe d'opposition officielle, le Parti
libéral, qui refuse le consentement. C'est ce que je comprends?
Vice-Présidente (Mme Poirier) : C'est ce qui m'a été signifié,
M. le leader du gouvernement. Alors, un membre formant l'opposition officielle
maintenant. M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui,
Mme la Présidente. Profitant de cette accalmie, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Lévis, le député de Blainville et le député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale réitère sa pleine
confiance en l'institution que représente le Vérificateur général du Québec et qu'elle
enjoigne le gouvernement péquiste à donner suite à la motion adoptée
majoritairement par l'Assemblée le 24 septembre 2013 qui lui permettrait
de vérifier la prochaine mise à jour économique du gouvernement péquiste.»
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Est-ce qu'il a consentement
pour débattre de cette motion?
Traversy : Mme la Présidente, il n'y a pas de consentement pour
la motion.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : C'est assez clair que le leader
du gouvernement n'a pas donné son consentement. Alors, M. le député de Lévis.
M. Dubé : Oui. Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec le ministre des Finances et de l'Économie, le député de
Brome-Missisquoi, la députée de Gouin et le député de Blainville.
Alors :
«Que l'Assemblée nationale exige du
gouvernement qu'il prenne l'engagement formel auprès des familles de ne pas augmenter leurs
taxes ou leurs impôts pour financer les nouvelles dépenses prévues dans sa
politique économique [déposée hier].» Merci.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
Traversy : Mme la Présidente, il y a consentement sans débat
pour la motion.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Est-ce que la motion est
adoptée?
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Adopté. M. le député de
Mercier.
M. Khadir : Mme la Présidente, je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de Chauveau et le
député de Blainville :
«Considérant
que le 2 octobre 2013 l'Assemblée nationale adoptait à l'unanimité une motion
demandant au gouvernement de présenter un
projet de loi [qui prolonge] le délai de prescription à la Loi électorale et
qui permettrait au Directeur général des élections de poursuivre pour
les infractions commises pendant toute la période couverte par la commission
Charbonneau;
«Considérant
qu'il y a consensus à ce sujet et qu'un tel projet de loi est déjà inscrit au
feuilleton;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement d'appeler le projet de loi n° 393, Loi modifiant la Loi électorale afin de prolonger le délai pour récupérer
une contribution contrevenant à cette loi.»
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion?
Traversy : Mme la Présidente, il n'y a pas de consentement pour
la motion.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Pas de consentement.
Alors,
nous en sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions.
M. le leader du gouvernement.
M. Traversy :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je tiens à rassurer le député de
Brome-Missisquoi que je me lève et je parle au
micro lorsque vient le temps de prendre une décision. Et donc, à cet effet,
pour les avis touchant les commissions,
j'avise cette Assemblée que la Commission des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 38, Loi concernant
la gouvernance des infrastructures publiques — et je sens l'enthousiasme qui s'élève dans cette
salle — constituant la Société
québécoise des infrastructures et modifiant diverses dispositions législatives, aujourd'hui, de 15 h 45 à
18 heures ainsi que de 19 h 30 à 21 h 30,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des institutions entamera l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 28, Loi instituant le nouveau
Code de procédure civile, un code imposant, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 18 heures ainsi probablement que de 19 h 30
à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Et finalement, Mme la Présidente, la
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi
n° 52, Loi concernant les soins en fin de vie, aujourd'hui, après les affaires
courantes pour une durée de trois heures ainsi que de 19 h 30 à 21 h 30,
à la salle du Conseil législatif.
La Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Alors, pour ma part, je vous avise que la Commission de l'économie et du
travail se réunira en séance de travail aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 16 h 30, à la salle RC.161 de
l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est de statuer sur une demande du
député de Vanier-Les Rivières afin que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative.
Alors, nous en sommes maintenant à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Alors, je vous informe que
demain, lors des affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera
débattue la motion inscrite par M. le député de Brome-Missisquoi. Cette
motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement péquiste qu'il donne suite à la
volonté exprimée par la première ministre le 31 octobre 2012, concernant la publication, un mois avant le déclenchement
des élections, d'un portrait impartial des finances publiques.»
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
M. le leader du gouvernement.
M. Traversy : Désolé. Merci, Mme la Présidente. Alors, pour la suite de nos travaux,
j'aimerais que vous puissiez appeler avec
coeur un projet que vous connaissez bien, l'article n° 21 de notre
feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Poirier) :
Merci. Alors, l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission de l'aménagement du
territoire sur le projet de loi n° 27,
Loi sur
l'économie sociale. Y
a-t-il des interventions? M. le ministre des Affaires municipales, des
Transports et de l'Occupation du territoire.
M. Gaudreault : Oui. C'est
une belle façon de le présenter, Mme la Présidente. C'est la première
fois, je pense, qu'on le présente dans cet ordre-là, Affaires municipales, Transports,
Occupation du territoire. Il manque les régions. Alors, ce sera la
prochaine fois.
Donc, Mme la Présidente, les 7, 12 et
13 juin, ainsi que le 1er octobre dernier, la Commission de l'aménagement du territoire a procédé à l'étude détaillée
du projet de loi n° 27, qui est intitulé, évidemment, la
Loi sur
l'économie sociale. C'est le rapport de cette commission, en tous points fidèle
à nos travaux, que nous prenons en considération aujourd'hui. La qualité des
échanges, au cours de l'étude de chacun des 17 articles et du préambule, a
confirmé le caractère très consensuel du
projet de loi ainsi que la justesse de notre démarche, comme gouvernement, qui
est destinée à favoriser le développement de l'économie sociale dans
l'activité économique du Québec.
profite donc de l'occasion, par cette allocution, Mme la Présidente, pour
remercier les membres de la commission de tous les côtés de cette Chambre, du
gouvernement, bien sûr, mais aussi de l'opposition officielle, du deuxième parti d'opposition et également des
députés indépendants. Donc, je remercie les membres de cette commission
pour leur attention et leur rigueur tout au
long des travaux. Je pense particulièrement à la présidente de cette commission, qui est tout près de moi, la députée de Champlain, et évidemment toute l'équipe
de la Commission de l'aménagement du
territoire, toute l'équipe qui l'entoure.
J'exprime aussi ma reconnaissance aux fonctionnaires du ministère des Affaires municipales,
des Régions et de l'Occupation du territoire et aux légistes du même ministère, qui ont
traduit les volontés politiques du gouvernement en dispositions législatives bien concrètes.
Je veux juste vous
rappeler, Mme la Présidente, que, cette législation, qui vient modifier la
Loi sur le ministère des Affaires municipales,
des Régions et de l'Occupation du territoire, je l'ai présentée ici, en cette Chambre, le 19 mars dernier. Par la
suite, les 21, 22, 23, 28 mai, la Commission
de l'aménagement du territoire a procédé à des
consultations
particulières et des
auditions publiques. À cette occasion, à peu près une quarantaine de mémoires ont été déposés, et au-delà d'une vingtaine d'organisations ou de personnes ont fait valoir
leurs points de vue. Je
tiens d'ailleurs à leur exprimer ma
reconnaissance pour leur contribution inestimable au travail du législateur. Et
évidemment le principe du projet de loi a été adopté le 6 juin ici même, à
l'Assemblée nationale.
En résumé, Mme la Présidente, ce projet de loi vise à
inciter l'ensemble des ministères et des organismes du gouvernement à reconnaître la contribution de l'économie sociale à la structure socioéconomique du
Québec. Il favorise, ce projet de loi, également la mise en valeur des
initiatives en cette matière et un meilleur arrimage des interventions
publiques auprès des entreprises en économie sociale.
Pour
éviter les interprétations et pour mieux comprendre le domaine, le projet de
loi propose une définition. Et on a travaillé longuement sur cette définition. Je
vois ma collègue la députée de Notre-Dame-de-Grâce, je vois mon collègue
le député de Beauce-Nord, qui se souviennent combien de temps on a consacré à
bien définir, à bien cerner cette définition
de l'économie sociale. Mais on a également ajouté des principes larges et
inclusifs à l'intention des entreprises qui sont actives dans ce
domaine. Je pense ici aux associations qui sont dotées de la personnalité
juridique, aux coopératives aussi et aux mutuelles. Donc, je le répète, c'est
un projet de loi qui se veut inclusif, qui veut embrasser l'ensemble des
organisations et des statuts juridiques qui oeuvrent dans l'économie sociale.
Le projet de loi,
également, instaure aussi une table des partenaires en économie sociale, en
plus de désigner deux interlocuteurs
privilégiés du gouvernement afin de conseiller le ministre. Et là j'attire
votre attention de façon touteparticulière,
Mme la Présidente, parce qu'il est rare qu'un projet de loi désigne dans
son texte même deux interlocuteurs privilégiés
du gouvernement. C'est ce que fait le projet de loi n° 27, et ça démontre
en soi justement en quoi l'économie sociale est un thème qui est
rassembleur, mais un thème aussi qui est collé à la réalité des organisations.
Donc, ces deux interlocuteurs privilégiés,
il s'agit d'abord du Chantier de l'économie sociale et ensuite du Conseil
québécois de la coopération et de la mutualité, deux instances reconnues
de façon égale, paritaire, autant à travers le projet de loi… mais qui se veut, au fond, une traduction de ce
qui est vécu dans le milieu de l'économie sociale depuis de très nombreuses années. Il
suffit de fréquenter un peu le milieu de l'économie sociale pour tout de suite
rencontrer les acteurs directementconcernés au sein du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité
ou des gens du Chantier de l'économie sociale.
Pour que la loi-cadre
produise des résultats concrets, elle comporte aussi l'obligation d'instaurer
un plan d'action gouvernemental en économie
sociale. Un tel plan contiendra des actions à
prendre par le gouvernement pour soutenir le développement et la promotion de ce secteur d'activité. Donc, si nous
pouvons adopter rapidement le projet de
loi sur l'économie sociale, évidemment, la prochaine
tâche — et, je vais vous dire très
franchement, nous nous y attelons déjà au
ministère — la prochaine tâche qui relève de ma responsabilité, ce sera de
produire, de rédiger ce plan d'action en
économie sociale.
cours de l'étude détaillée en commission, des amendements mineurs ont été
apportés au projet de loi afin de préciser
certains aspects et d'en bonifier d'autres. Si la formulation a été changée,
l'esprit est demeuré le même. Pour vous
donner une idée des modifications survenues depuis la présentation, commençons
par le préambule. D'ailleurs, au point
de départ, Mme la Présidente, ce n'est pas toutes les lois qui ont des
préambules. Déjà, au point de départ, d'avoir un préambule dans la Loi
sur l'économie sociale, on venait lui donner un caractère particulier. J'ai
souvent pris la comparaison, c'est un peu comme un manifeste de l'économie
sociale, mais qui se traduit dans une intervention législative importante.
Donc,
ce préambule comptait six alinéas à l'origine. L'étude détaillée a permis
d'ajouter un septièmeconsidérant — parce qu'il était formulé sous
forme de considérants — qui reconnaît l'expertise
développée par le Québec en économie sociale,
mais à l'échelle internationale. Et ça, on se l'est fait dire à plusieurs
reprises lors des auditions publiques sur l'économie sociale. Par ailleurs,
deux alinéas existants ont été précisés pour les rendre plus inclusifs, sans
toutefois en altérer le sens.
Au
chapitre des
articles proprement dits, la moitié ont été adoptés tels quels, alors que les
autres ont subi de légères modifications en vue d'en ajuster certains, d'en
assouplir ou d'en harmoniser d'autres, ou encore par souci de concordance.
Aujourd'hui,
la prise en considération du rapport de la Commission de l'aménagement du
territoire constitue une étape essentielle qui
va nous conduire, je le souhaite fortement, vers l'adoption rapide et…
l'adoption finale et, bien sûr, la sanction du projet de loi n° 27.
Je rappelle que cette
loi est très attendue et qu'elle est accueillie favorablement par les acteurs
du milieu de l'économie sociale parce
qu'elle constitue une reconnaissance institutionnelle et qu'elle instaure un
cadre favorable au développement d'un
secteur qui contribue de façon puissante au développement de tous les
territoires du Québec. Ça, c'est un
critère très important aussi, Mme la Présidente, c'est une application
universelle sur l'ensemble des territoires du Québec, l'ensemble des
régions.
De plus, la loi
permettra au Québec de maintenir sa réputation de chef de file en matière de
soutien au développement des entreprises
d'économie sociale. Rappelons qu'avec le Mexique le Québec se distingue
particulièrement, en Amérique du Nord,
puisque nous sommes des pionniers en matière de législation en économie
sociale. Je pense que c'est un geste très important de notre
gouvernement. Il y a déjà des lois qui sont en construction, je dirais, ou en
cours du côté de l'Europe, par exemple en
Espagne, en France également. Mais ici, du côté de l'Amérique du Nord, le
Québec fait preuve de pionnier avec ce projet de loi que nous allons
adopter très bientôt.
Donc,
Mme la Présidente, je vous donne rendez-vous prochainement parce que nous
allons sûrement procéder à l'adoption finale du projet de loi n° 27, la
Loi sur l'économie sociale. Par la suite, nous pourrons passer à l'étape de
la rédaction du plan d'action et aux consultations qui
vont l'accompagner, parce qu'on ne travaille pas en vase clos, vous le savez.
En somme, Mme la
Présidente, ce que nous devons surtout retenir, c'est l'effet qu'aura cette loi
chez les principaux intervenants, chez les
acteurs du monde de l'économie sociale, mais bien sûr dans la population en
général, parce qu'il n'y a personne qui travaille dans le secteur de l'économie
sociale pour eux-mêmes, pour leur propre nombril.
C'est des gens qui sont dédiés, qui sont dévoués au service des gens souvent
les plus démunis, des gens dans le secteur de la santé, dans le secteur
de l'habitation, dans le secteur de l'environnement, dans plusieurs secteurs
très diversifiés sur l'ensemble des
territoires du Québec. Il n'y aucun employé dédié à l'économie sociale qui
travaille pour sa propre personne,
mais il travaille pour le bien des autres. Alors, dans ce sens-là, le projet de
loi sur l'économie sociale vient reconnaître cet effort et cette
particularité de ce troisième secteur, après le secteur public, le secteur
privé, le secteur de l'économie sociale, qui est très important et qui a un
impact tout à fait particulier dans l'économie du Québec.
Je termine en
remerciant la collaboration de mes collègues. Évidemment, on a eu plusieurs
interventions de plusieurs collègues députés à la commission parlementaire,
mais je veux particulièrement nommer les députés qui portent le dossier dans leur formation politique respective. La députée
de Notre-Dame-de-Grâce, pour moi, c'était une première occasion de travailler avec elle en commission parlementaire.
Je ne le regrette pas. Ça a bien été. Au contraire, on a été vraiment, je pense, de bons collaborateurs pour bonifier et avoir
la meilleure loi possible, et la même chose avec le député de Beauce-Nord, qui a été d'un très grand soutien en raison, évidemment, de son expérience dans son ancienne vie durant de nombreuses années dans une entreprise d'économie sociale, une
entreprise d'insertion, alors… adaptée, pardon, une entreprise adaptée. Alors, il faut que je fasse attention
pour ne pas recevoir les foudres de la Beauce.
Donc,
Mme la Présidente, je termine là-dessus, en souhaitant, évidemment, que nous puissions rapidement procéder à l'étape finale qui est l'adoption de ce projet de loi. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Poirier) : Merci. Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour, c'est avec un grand plaisir que je
prends la parole aujourd'hui dans le cadre du débat sur la prise en considération du
rapport de la Commission de l'économie et du travail qui a procédé, les 4, 5 et 6 juin dernier ainsi que
le 1er octobre, à l'étude détaillée
article par
article du projet de loi n° 27,
Loi sur l'économie sociale.
Très
généralement, ce projet de loi reconnaît la contribution de l'économie sociale
au développement social et économique du
Québec. Il vient établir le rôle du gouvernement dans sa promotion et son
soutien par, entre autres, l'élaboration
d'outils d'intervention et en favorisant l'accès aux programmes et mesures du
gouvernement destinés aux entreprises d'économie sociale.
y désigne d'ailleurs, tel que le ministre l'a souligné, deux interlocuteurs
privilégiés du gouvernement, soit le Chantier de l'économie sociale et le Conseil
québécois de la coopération et de la mutualité. Ils ont comme rôle
notamment de conseiller le ministre des
Affaires municipales dans l'élaboration du plan d'action et évidemment de
conseiller le ministre en toute matière relative à l'économie sociale.
projet de loi n° 27 précise les fonctions du ministre des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du
territoire en ce qui a trait à l'économie sociale, crée une table des
partenaires et contient des mesures visant à assurer l'imputabilité du gouvernement via des moyens de planification, notamment
par l'adoption d'un plan d'action et de moyens de suivi et de reddition
de comptes par le dépôt de rapports sur l'application de la loi.
la Présidente, ce projet de loi vient s'inscrire en continuité directe avec les
nombreuses actions prises par notre formation
politique au cours des dernières années, lorsque nous formions le gouvernement,
afin de promouvoir l'économie sociale. Je pense qu'il est d'ailleurs utile de
les souligner à ce moment-ci.
Tout
d'abord, nous avons, en novembre 2008, lancé le Plan d'action gouvernemental en
entrepreneuriat collectif qui contenait des
sommes de plus de 16 millions pour l'économie sociale, dont
5 250 000 $ pour la structuration de l'économie sociale en région par le biais d'ententes spécifiques avec
les CRE. Par ailleurs, 4 250 000 $ y étaient investis
pour le soutien d'actions structurantes sur le territoire de la métropole, en
plus de la mise en place d'un nouveau fonds de prédémarrage par le Réseau
d'investissement social du Québec.
Nous avons aussi, dans
le cadre du Programme d'infrastructures en entrepreneuriat collectif, investi des sommes de 10 millions pour
soutenir la réalisation de projets
d'infrastructure afin de favoriser le développement des entreprises d'économie
sociale. Des initiatives pour développer l'achat public auprès des entreprises
collectives avaient aussi été dotées d'une enveloppe de 300 000 $.
dis tout ça, je le souligne, Mme la Présidente, parce que ce qu'on a senti,
tout au long de l'étude de ce projet de loi, c'était vraiment un esprit de collaboration,
de consensus, et, je pense, c'est important pour le milieu de l'économie
sociale de savoir que tous les parlementaires sont en accord avec cette
mouvance et sont en accord avec un rôle très proactif du gouvernement qui va,
par des actions concrètes, des stratégies, promouvoir l'économie sociale.
Alors, comme vous
pouvez le constater, Mme la Présidente, l'économie sociale, de ce côté-ci de la
Chambre, on y croit depuis longtemps, et c'est pourquoi nous avons abordé les
quatre jours de consultations avec un très grand intérêt. Au fil des consultations, lors desquelles nous avons entendu
22 groupes et reçu 38 mémoires, nous nous sommes inspirés de certaines recommandations afin de
formuler des amendements visant à bonifier le projet de loi et surtout à
nous assurer que le lexique utilisé dans le projet de loi dégage une image
fidèle de l'économie sociale, de sa diversité et de son impact sur l'économie du Québec et de
nos régions. Je
peux dire avec fierté que nous, à l'opposition officielle, nous avons fait un travail sérieux et crédible. Nous
avons réussi à faire adopter 10 amendements proposés par notre formation politique, en plus d'avoir suscité les discussions ayant mené à
d'autres amendements qui sont venus bonifier
le projet de loi de façon substantielle. Permettez-moi donc de revenir sur certains échanges que
nous avons eus lors de l'étude détaillée en commission parlementaire,
afin d'éclairer les citoyens qui nous écoutent, via la diffusion des débats, sur nos
intentions comme législateur et sur les changements que nous avons apportés au projet de loi.
vais commencer par le titre, même si le
titre
était vraiment à la fin de l'étude, nous avons
abordé le
titre à la toute fin. Mais évidemment, si on
commence par le titre, vous allez comprendre, par la suite de mon discours, pourquoi je commence
avec le titre. Alors, tout d'abord,
j'aimerais prendre quelques instants pour revenir, donc, sur le
titre, qui est la
Loi sur l'économie sociale, un
titre très simple. Nous avons eu de bonnes discussions à ce sujet, puisqu'il y
avait une volonté nette, et on l'a entendu
en commission
parlementaire, chez
certains groupes, de préciser le
titre du projet de loipar l'ajout d'une clarification sous la forme
suivante :
Loi sur l'économie sociale soutenant l'entrepreneuriat coopératif, associatif et mutualiste.
Dans
son mémoire, le Mouvement Desjardins mentionnait, et je cite : «Les
lois-cadres ont d'abord pour fonction de
nommer les réalités. La présente loi-cadre entend statuer sur une économie à
propriété collective qui se déploie sous divers
statuts. Trois plus précisément : coopératif, associatif et mutualiste.
Et, au cœur de ces statuts, l'entrepreneuriat collectif. La loi englobera donc la riche réalité diversifiée de l'entrepreneuriat
coopératif, associatif et mutualiste. Il importe que cette richesse soit
nommée tant dans le corps de la loi que dans son titre.» Alors, je termine la
citation. Cette recommandation a été
d'ailleurs reprise, dans son essence, dans les mémoires soumis par la
Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du
Québec, ainsi que par le Groupe d'économie solidaire du Québec, la Fédération
des coopératives de développement régional du Québec et le Conseil québécois de
la coopération et de la mutualité.
Nous
avons donc sondé l'opinion, je vous dirais, de nos collègues des autres
formations politiques face à un
titre
alternatif, suivant les vœux de l'un des deux interlocuteurs privilégiés du
gouvernement qui sont nommés dans la loi, ou dans le projet de loi, mais il a
été convenu que le
titre actuel se voulait volontairement large et inclusif. Je
trouvais important de le souligner parce que cette notion évidemment se vivra
dans le temps. Il va falloir s'assurer que le
titre reflète bien la réalité et
que l'économie sociale englobe vraiment toute la diversité des acteurs qui sont
actifs dans l'économie sociale. Alors, nous avons donc, de ce côté-ci de la
Chambre, étudié le projet de loi sous cette lumière, c'est-à-dire celle de cette diversité des acteurs de l'économie sociale,
en tentant de nous assurer que le projet de loi tienne compte de cette
diversité dans les autres articles. Alors, c'est pour ça que je commence avec
le titre.
Notamment, le préambule et la définition de l'économie sociale…
La définition, j'y reviendrai plus tard.
Alors, dans le préambule… Et, le ministre
l'a souligné, c'est rare d'avoir un préambule dans un projet de loi. Mais
c'était une belle façon de commencer
l'étude du projet de loi parce qu'on y retrouvait évidemment tous les éléments
essentiels de l'économie sociale. Vous savez, Mme la Présidente, ici, au
Québec, au fil des années, les gens ont une bonne compréhension… Tous les députés ici, en Chambre, ont des acteurs, dans
leur comté, qui sont à l'œuvre dans le domaine de l'économie sociale, et on a appris à comprendre ce
que c'est, l'économie sociale. Mais c'est encore une nouveauté. Je l'ai
sue et je l'ai saisie et appréciée lorsque j'étais… Je n'étais pas en
politique, mais souvent des gens du milieu du mouvement communautaire, du
développement venaient nous rencontrer ici, au Québec, pour mieux comprendre c'était quoi, la formule magique, la potion
magique du Québec en matière d'économie sociale. En Europe, on voit que
c'est plus développé. Et donc ce préambule
permet de jeter un regard très vaste et large sur les ingrédients de l'économie
sociale. En effet, il est assez rare, donc,
comme je vous disais, qu'une loi s'accompagne d'un préambule. Cela permet
toutefois de situer la loi dans un contexte précis. Ainsi donc, il était
important pour nous, comme je le disais, que le portrait dressé dans le
préambule reflète fidèlement la réalité des entreprises en économie sociale.
Nous
avons donc fait adopter quatre amendements venant clarifier ce préambule. Nous nous
sommes assurés que les termes employés pour
décrire les entreprises d'économie sociale soient les plus aptes à définir leur
réalité.
Tout d'abord, nous
avons modifié le premier considérant afin qu'il reflète plus adéquatement la
diversité de l'économie sociale et son
impact sur le territoire entier du Québec, remplaçant le terme «organismes à
but non lucratif» par le terme «associations», un terme évidemment plus
englobant qu'OBNL. Nous sommes venus nous assurer que la diversité des
composantes de l'économie sociale soit bien représentée dans le préambule.
Deuxièmement,
par un amendement, nous nous sommes assurés qu'il soit clairement exprimé que l'économie sociale contribue au développement et à la
vitalité socioéconomique de tout le Québec et de tous ses territoires.
la suite, nous avons, de même, fait ajouter au second considérant le concept de
volonté entrepreneuriale afin de mettre en valeur cette composante fondamentale
de l'économie sociale. Plusieurs groupes sont venus en commission parlementaire
pour faire valoir l'importance de nommer très précisément cet ingrédient
essentiel de l'économie sociale. C'est par
la volonté entrepreneuriale qu'existent ces entreprises, parce que non
seulement des gens ont identifié des besoins
et ont mis en place des moyens pour les combler, mais ceci dans un souci de
rentabilité et de viabilité économiques et financières.
Toujours
dans le préambule, nous avons aussi fait ajouter au second considérant le
concept que les entreprises d'économie sociale
contribuent non seulement au bien-être de leurs membres et de leur
collectivité, mais aussi aux aspirations de ceux-ci. Cette précision rend
compte du fait que l'entreprise d'économie sociale non seulement répond à des
besoins non comblés, mais aussi est le fruit d'une initiative collective,
association de personnes qui vise à développer de nouvelles manières avec des
valeurs communes et en répondant aux attentes des personnes visées par ces
activités. Ceci explique également que sa spécificité perdure au-delà de la
réponse aux besoins non comblés.
ailleurs, nous avons aussi fait ajouter un considérant afin de mentionner la
reconnaissance de l'expertise québécoise en
économie sociale à l'échelle internationale. D'ailleurs, c'est ce que je vous
soulignais tantôt, Mme la Présidente, le Québec est souvent en mission ailleurs dans le
monde pour faire valoir, dans le cadre de conférences, je vous dirais, beaucoup en Europe, en Haïti aussi… il y a
beaucoup d'actions des entreprises d'économie sociale qui sont en Haïti,
actives dans le développement d'Haïti, mais,
je vous dirais, plus près de chez nous, d'autres provinces du Canada, qui
viennent mieux comprendre, et les États-Unis aussi. En effet, nos chercheurs et
nos entrepreneurs sociaux sont sur plusieurs tribunes
et actifs dans plusieurs pays du monde, et cela contribue… Afrique, d'ailleurs,
c'est important, parce que certains groupes sont venus nous dire que les
entreprises d'économie sociale du Québec sont aussi très actives en Afrique.
Alors, tout ça qui contribue à la renommée internationale du Québec en matière
d'économie sociale.
Continuons
donc avec l'article 1 du projet de loi, dont le but est de préciser
l'objet du projet de loi, soit la reconnaissance
de la contribution particulière de l'économie sociale au développement du
Québec. Le libellé initial de l'article
faisait allusion à cette contribution dans tous les secteurs d'activité. Alors,
il disait bien «dans tous les secteurs d'activité».
Alors, je suis la première à soutenir l'économie sociale, mais il y avait là
peut-être un excès d'enthousiasme en nommant «tous les secteurs». Bien
sûr, nous espérons que l'économie sociale se développe dans tous les secteurs, mais le fait est qu'elle n'est pas présente dans
tous les domaines, à ce jour, de l'économie, pensons notamment au
secteur aérospatial pour illustrer nos propos. Nous avons donc, par un
amendement, modifié l'article à l'aide de l'expression «dans de nombreux
secteurs d'activité».
Par contre, en dépit de ne pas être présente
dans tous les secteurs d'activité, elle est néanmoins présente et joue un rôle important partout au Québec, dans chacune de
nos régions, et notamment chez les communautés autochtones. Nous avons donc à nouveau mis l'accent sur la
contribution de l'économie sociale dans tous les territoires du Québec,
parce que, pour nous, les entreprises d'économie sociale ne sont pas seulement
implantées dans les centres urbains. Au contraire,
elles constituent bien souvent une
partie importante du tissu social et
économique de nos régions. On n'a qu'à penser
à l'impact déterminant d'entreprises comme La Coop fédérée ou bien encore
Agropur dans le secteur agroalimentaire pour se convaincre que
l'économie sociale est tout aussi implantée dans nos régions que dans notre
métropole et notre capitale nationale.
L'article 3 maintenant, Mme la Présidente,
qui a été l'objet de nombreuses discussions entre les parlementaires, puisque cet
article vient définir
l'économie sociale. Vous comprendrez que, lorsque l'on touche à une réalité qui
englobe une diversité entrepreneuriale aussi
grande que celle de l'économie sociale, il faut être attentif, comme
législateur, lorsque vient le temps de la définir dans une loi. Nous nous
sommes donc entendus, après maintes propositions d'amendement, sur la définition suivante : «On entend par
"économie sociale", l'ensemble des activités économiques à finalité sociale réalisées dans le cadre des
entreprises dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services et qui sont exploitées conformément aux principes
suivants :
«1° l'entreprise a pour
but de répondre aux besoins de ses membres ou de la collectivité;
«2° l'entreprise
n'est pas sous le contrôle décisionnel d'un ou de plusieurs organismes publics
au sens de la
Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels;
les règles applicables à l'entreprise
prévoient une gouvernance démocratique par les membres;
«4° l'entreprise aspire à
une viabilité économique;
«5° les règles applicables
à l'entreprise interdisent la distribution des surplus générés par ses
activités ou prévoient une distribution de
ceux-ci aux membres au prorata des opérations
effectuées entre chacun d'entre eux et l'entreprise;
«6° les règles applicables
à la personne morale qui exploite l'entreprise prévoient qu'en cas de
dissolution, le reliquat de ses biens doit être dévolu à une autre personne morale
partageant des objectifs semblables.
«Pour
l'application du premier alinéa, la finalité sociale est celle qui n'est pas
centrée sur le profit pécuniaire, mais sur le service aux membres ou à la collectivité et
elle s'apprécie notamment en fonction de la contribution de l'entreprise
à l'amélioration du bien-être de ses membres ou de la collectivité et à la création d'emplois durables[...].
«Est une entreprise
d'économie sociale, une entreprise dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de
biens [et] de
services et qui est exploitée conformément aux
principes énoncés
au premier alinéa par une coopérative, une
mutuelle ou une association dotée de la personnalité juridique.»
Si j'ai pris le temps de lire cet article,
Mme la Présidente, c'est parce que cet
article fait partie...
Honnêtement, c'est le coeur du projet de loi,
et il est le fruit du travail collectif des membres de la commission. Du côté
de notre formation politique, nous tenions à ce que, dans la définition de
l'économie sociale présentée, quatre concepts soient plus explicites :
Un, le premier concept
concerne la finalité de l'entreprise d'économie sociale, qui n'est pas centrée sur le profit, mais
plutôt sur le service aux membres et à la collectivité. On retrouve ce concept
au point 1° de l'article 3.
Deux, le second concept est celui du caractère collectif de
l'actif net, c'est-à-dire que notre préoccupation était qu'une entreprise d'économie sociale demeure collective et ne
puisse être démantelée pour le profit personnel d'une personne ou d'un groupe
de personnes. Après tout, les entreprises d'économie sociale, tout en assurant
leur viabilité financière, sont constituées à
des fins de service à leurs membres ou à la collectivité et non à des fins
spéculatives.
Trois,
le troisième concept auquel nous tenions était
celui de l'aspiration à une viabilité économique. C'était d'ailleurs l'une des principales recommandations
du conseil québécois de la mutualité, qui, dans son mémoire, disait, et
je cite : «Pour nous, l'aspiration à l'autonomie économique a influencé la
capacité de résilience des coopératives et des mutuelles. L'autonomie
économique des coopératives et des mutuelles ne peut être dissociée des effets
positifs sur le plan social.» Fin de la citation.
La reconnaissance des entreprises d'économie
sociale en tant qu'entreprises d'abord a été, pour
notre formation politique, un leitmotiv tout
au long de l'étude de ce projet de loi. Il était primordial de s'assurer que la
loi ne donnait pas l'impression que l'économie sociale reposait sur une mission
de bienfaisance, tel que défini par la loi.
Finalement, le quatrième concept que nous souhaitions voir
apparaître dans la définition d'économie sociale et qui
reflétait, finalement, les interventions des groupes qui sont venus en
commission parlementaire — et la définition se retrouve suite au point 6° — il concerne le caractère durable
des emplois créés par l'économie sociale. Là encore, il s'agit de renforcer
l'idée que l'économie sociale est génératrice d'emplois de qualité, au même
titre que l'économie traditionnelle.
Je pense que l'on peut
se réjouir de la définition de l'économie sociale à la laquelle nous sommes
parvenus, Mme la Présidente, parce qu'elle
fait honneur à la diversité entrepreneuriale présente dans l'économie sociale
et qu'elle décrit, en des termes justes, la réalité multiple de cette
forme d'économie.
Le temps file, Mme la
Présidente, alors je vais aborder le sujet du plan d'action qui devra être
élaboré par le gouvernement. Nous comprenons
qu'il sera rédigé en collaboration avec les interlocuteurs privilégiés prévus par
le projet de loi. Ayant nous-mêmes mis en place un
tel plan en 2008, sous le nom de Plan d'action gouvernemental pour l'entrepreneuriat collectif, nous sommes, bien
entendu, en faveur d'un tel plan d'action.
Toutefois, nous avons concentré nos discussions à ce
sujet sur l'importance d'un mécanisme de révision, parce qu'il est important que l'on puisse faire un suivi de la mise en œuvre des
mesures et que ce suivi soit disponible pour tous. Nous avons donc fait adopter un amendement qui prévoit qu'un bilan de la mise en œuvre des mesures du plan d'action soit déposé au plus tard 18 mois avant l'exercice
de révision du plan d'action prévu à l'article 10, qui est un… qui prévoit de cinq à sept ans. Ce bilan
sera également déposé à l'Assemblée nationale.
Par contre, en matière
d'imputabilité, nous sommes restés sur notre faim, Mme la Présidente. Nous
voulions une plus
grande imputabilité, et notre insistance sur une plus grande imputabilité
semble avoir été la genèse d'un amendement du deuxième groupe
d'opposition qui venait limiter à un an, plutôt que deux ans, la possibilité de
reporter la révision du plan d'action
notamment prévue aux cinq ans. En effet, nous jugions que d'encourir le risque
d'une durée de sept ans sans révision
du plan était un délai trop long, compte tenu de l'évolution naturelle du
marché économique de l'économie sociale
et de sa diversité. Malheureusement, malgré l'accord de l'opposition
officielle, du deuxième groupe d'opposition et la députée de Gouin, représentant tous ensemble une majorité des
parlementaires, le gouvernement s'est servi de son poids dans la
commission afin de bloquer cet amendement.
Pour continuer sur nos déceptions, il a été très
difficile d'obtenir du gouvernement de plus amples explications sur le mandat de la table des partenaires en
économie sociale et sur la composition de celle-ci. Dans le projet de loi, ces deux composantes demeurent essentiellement à la
discrétion du ministre. On ne sait pas encore quelle forme cette table
prendra ni même quel mandat lui sera réellement confié.
Nous aurions préféré un mandat clair afin de nous assurer
que la table jouera un rôle pertinent de conseil
auprès du gouvernement. Nous avions, en effet, proposé le mandat suivant, soit
celui de conseiller le gouvernement dans la mise
en oeuvre de la loi et du plan d'action en économie sociale, d'assurer une
synergie dans les actions menées par les différents partenaires, de procéder à l'évaluation de la mise en oeuvre
de la loi et du plan d'action en économie sociale. Nous proposions ce mandat clair afin que la table
soit fonctionnelle en partant et qu'elle ne cherche pas sa raison d'être
pendant plusieurs mois. Notre proposition a été rejetée par le gouvernement
sans réelles explications convaincantes.
sujet de la composition de la table des partenaires en économie sociale, nous
nous sommes assurés, à l'aide d'un
amendement, que celle-ci allait tendre vers la parité hommes-femmes. Comme vous
le savez bien, Mme la Présidente, la promotion de l'égalité
hommes-femmes a toujours été au cœur de la philosophie libérale qui nous anime de ce côté-ci de la Chambre. C'est, après
tout, notre formation politique qui a accordé le droit de vote aux
femmes en 1940 — et je sais, Mme la
Présidente, c'est un sujet auquel vous êtes particulièrement sensible — et qui a réuni le premier Conseil des ministres
paritaire sous l'impulsion du premier ministre Jean Charest, M. Jean Charest.
Et je vous dirais que, lorsque j'ai eu l'occasion de
poser la question à certains des groupes qui sont venus… Parce qu'il y a une nouvelle expression qui est acceptée
maintenant dans nos politiques, c'est de tendre vers la parité, donc ça peut
être 60-40. Et bien qu'actuellement... C'est le Chantier de l'économie sociale
qui nous… qui a souri quand j'ai posé la question
parce qu'ils ont dit : Bien, il faut comprendre que, dans le secteur de
l'économie sociale, c'est en fait une majorité de femmes qui sont là.
Donc, il s'agira d'avoir l'équilibre hommes dans ce cas-là, hommes-femmes. Mais, plus fort que ça, honnêtement... Surtout que
l'économie sociale, il y a un certain symbolisme dans ce secteur-là. C'est un secteur que je pense qu'on voit comme
progressiste et inclusif. Donc, c'est un modèle, et on pourrait voir,
dans d'autres projets de loi où on parle de
composition de tables ou de comités, etc., que ça deviendrait finalement un
réflexe, un réflexe de toujours inclure
cette disposition. Et je vous dirais qu'en France, d'ailleurs… On s'est
inspirés de la
loi sur l'économie sociale française qui, en fait, nomme
la parité hommes-femmes sans parler de tendre vers, mais peut-être qu'un jour
on y arrivera.
Alors,
à mon tour, avant… bien, avant de remercier, donc en concluant, Mme la
Présidente, malgré quelques déceptions que j'ai mentionnées au sujet du mandat
et de la composition de la table, nous nous
trouvons néanmoins devant un projet de loi qui s'inscrit en continuité avec la
philosophie de soutien et de promotion de l'économie sociale mise de l'avant par notre formation politique lorsque nous formions le gouvernement.
Ainsi donc, j'ai le plaisir de vous annoncer
que notre formation politique votera en faveur de l'adoption du rapport de la commission et j'espère que le ministre
des Affaires municipales discutera avec son
leader afin que nous puissions procéder à l'adoption finale de ce projet de
loi dans les meilleurs délais.
je termine en saluant tous les acteurs de l'économie sociale que je sais à l'écoute de nos débats et qui attendent avec beaucoup de... je ne dirais pas d'impatience, parce qu'ils sont actifs, mais avec
beaucoup d'enthousiasme, je dirais. On va le sentir, on va le célébrer, une fois que ce
projet de loi sera adopté, parce qu'il y a certainement une bonne dose de
fébrilité.
Et à mon tour de remercier la collaboration du ministre
et du travail qu'on a pu faire avec la deuxième
opposition, le député de Beauce-Nord, et aussi avec la députée de Gouin avec
qui on a eu beaucoup de plaisir. Honnêtement, lorsqu'on s'est retrouvés ensemble, parfois, on
prenait des pauses pour discuter ensemble pour vraiment trouver la
meilleure façon d'exprimer les
préoccupations qu'on avait. Je sais qu'on le dit souvent, ici, aux gens qui
nous écoutent, que les gens voient la période de questions, ils ne
peuvent même pas s'imaginer comment on est capables de travailler ensemble et
quel plaisir on a de travailler ensemble lorsqu'on a une vision qui est une
vision de développement du Québec, développement social et économique, et qu'on
partage cette même vision, et qu'on travaille pour le milieu, pour la communauté, la collectivité en général. Alors, je
pense que le travail qu'on a fait dans cette commission parlementaire
était vraiment le reflet de ce que les
législateurs et les parlementaires font de ce qu'il y a de mieux. On a d'autres
fonctions, c'est évident, en politique et
dans notre travail parlementaire, mais ce qui est vraiment... peut-être ce qui
est le plus structurant et qui laisse évidemment ses traces à long
terme... Alors, encore une fois, je remercie mes collègues pour le plaisir que
nous avons eu en commission parlementaire. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Poirier) : Merci, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. Alors, je cède la parole
au député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de
parler de ce projet de loi qui me tient à coeur,
vous comprendrez, de par ma vie passée. J'y reviendrai un peu plus tard.
voudrais juste citer dans... l'intérieur d'un mémoire que nous avons reçu, je
pense, qui résume bien c'est quoi, le projet de loi n° 27, le projet en ce qui
concerne l'économie sociale. C'est que «la grande finalité d'une telle loi
réside dans la reconnaissance de l'économie
sociale à tous [ses] égards». Je pense que le présent projet de loi s'inscrit
dans cette lignée et je me réjouis
puisque l'économie sociale y est reconnue comme
partie intégrante du
développement socioéconomique de toutes les régions du Québec. Les
entreprises d'économie sociale sont issues de sociétés civiles et mobilisent
les collectivités, devenant de ce fait un
important levier de création de richesse collective et d'emplois durables. J'y
reconnais également les valeurs sur lesquelles sont fondées ces entreprises. Ça
se reflète de façons variées dans leur structure, leur mode de financement, et
elles participent toutes à une économie solidaire, durable, reconnaissant du
même coup leurs diversités et leurs retombées.
Pour
moi, l'économie sociale, avant tout, est un outil de développement des
territoires. Il y en a partout. C'est ça qui
assure, à mon avis, le développement harmonieux de tous les territoires du
Québec et aussi le développement des services et des outils pour se donner des
services dans tous les territoires du Québec.
L'économie
sociale, ça se base sur une prise en charge par les collectivités elles-mêmes
des réponses aux besoins sociaux, économiques et culturels qui les
confrontent. Ce projet de loi… Je ne veux pas faire le tour de tous les 17
articles, je ne veux pas faire le tour non plus de... tout faire un résumé des
commissions... de la commission parlementaire, je pense que la députée de Notre-Dame-de-Grâce l'a très bien fait. Moi, ce qui m'interpelle dans ce projet de loi, c'est
qu'on imagine peu, à la grandeur du Québec, en quoi consiste l'économie sociale. L'économie sociale, en ce qui
concerne les coopératives
et les mutualistes, c'est 3 300 entreprises, 92 000 emplois et
30 milliards de chiffre d'affaires. Ça, c'est pour les coopératives et mutualistes. En ce qui
concerne les entreprises d'économie sociale comme telles, c'est
7 000 entreprises collectives,
125 000 emplois et 17 milliards de chiffre d'affaires. Donc, en
résumé, si on inclut coopératives mutuelles et les associations qui composent les organismes qui font
que ce projet de loi est là, c'est 10 300 entreprises au total,
entreprises coopératives ou mutuelles, 217 000 emplois et
47 milliards de chiffre d'affaires. Lorsqu'on s'énerve pour un petit
2 milliards de politique de développement économique, là, je pense qu'on
peut s'asseoir et regarder ce que l'économie
sociale fait à l'intérieur du Québec. Sans compter aussi, à l'intérieur des
coopératives, on parle du Mouvement Desjardins, des mutuelles, et tout,
là, il y a, à l'intérieur de ça, là, 250 milliards d'actif.
Alors, je pense que le projet de loi de l'économie
sociale était souhaité, était le bienvenu. Et je pense qu'à l'intérieur de
l'économie sociale, ce qui devrait être favorisé... Ça va donner, premièrement,
à tous ces organismes et entreprises là une meilleure accessibilité aux
marchés publics — on en a discuté en
commission parlementaire. Il faudrait qu'il y ait aussi, pour le développement harmonieux de tous les territoires du
Québec comme je le pense, un partenariat un peu plus avancé avec les municipalités pour le
développement territorial, qu'on permette aux municipalités, comme on le
permet déjà pour quelques municipalités en ce qui concerne le recyclage ou la
disposition des matières recyclables... On permet à quelques municipalités,
sans appel d'offres, de faire affaire avec des organismes d'entreprises
d'économie sociale. Principalement, ces organismes d'économie sociale là, ce
sont des entreprises adaptées. Il y en a huit ou neuf dans le recyclage à la
grandeur du Québec.
Alors,
ça me fait plaisir de parler des entreprises adaptées parce que, même le député
de Jonquière, M. le ministre, parlait encore
de mon ancienne vie comme directeur général d'entreprise d'insertion, puis
toute la commission parlementaire, je lui ai toujours spécifié que c'étaient
des entreprises adaptées, M. le ministre, des entreprises adaptées, qui n'est pas du tout la même affaire.
Des entreprises adaptées, il y en a 49 au Québec, pour 60 places
d'affaires établies sur l'ensemble du territoire québécois. C'est 5 000
travailleurs à l'intérieur de ces 49 entreprises là, dont 4 000 sont des personnes ayant des
limitations sévères à l'emploi. Alors, on est connectés directement avec le
ministère de l'Emploi pour faire travailler ce monde-là. Autrement dit, c'est
l'Office des personnes handicapées qui avait mis ça sur pied, avec le
Dr Denis Lazure, alors… et c'est revenu au ministère de l'Emploi depuis
quatre ou cinq ans.
Ces 49 entreprises là,
qui engagent 5 000 personnes, dont 4 000 sont des personnes, entre
guillemets, handicapées qui sont devenues
des salariés, des salariés syndiqués, des salariés qui possèdent en majorité
leur auto... C'est du monde un peu comme… comme tout le monde, comme
tout le monde, sauf qu'ils n'ont pas 100 % de potentiel de travail, mais
on passe un contrat social avec le ministère de l'Emploi, et on est
subventionnés en
partie pour une
partie du salaire dont
ils ne peuvent produire des biens et des services. C'est 210 millions de
ventes, ça, au Québec, juste ces 49
entreprises adaptées là. Je veux en parler parce qu'on n'en parle pas assez
souvent. C'est 135 millions en masse salariale pour ces personnes handicapées là. Ça, ce n'est pas l'aide
sociale, là. C'est du salaire, là, tant de l'heure, là. Puis c'est
11 millions d'investissements annuels faits à même le profit généré par les
entreprises, et tout. Alors, je pense que ça, c'est
un pan de l'économie sociale qui mérite d'être souligné et qui apporte beaucoup
à la richesse collective du Québec.
Finalement, je
remercie… Moi, je tiens à remercier, pour finir… Je pense qu'on a reçu 39
mémoires… 39 ou 40 mémoires, dont une
vingtaine de groupes sont venus expliquer leur mémoire en commission
parlementaire. J'ai trouvé ça fort
intéressant, fort captivant, de voir toutes les différentes facettes des
organismes qui gravitent dans l'économie sociale du Québec. Je pense qu'on a appris beaucoup. Moi,
j'ai appris beaucoup. Je connaissais beaucoup le réseau des entreprises
adaptées; je connaissais beaucoup moins d'autres réseaux, tout aussi valables les uns que les autres. Je pense que ces
entreprises-là sont là non seulement dans un but de faire du profit, c'est sûr, il y a tout le temps un certain
critère d'autofinancement à l'intérieur de ça, mais ces entreprises-là sont là
aussi pour une finalité sociale, pour développer leur territoire et développer
leurs employés aussi.
Alors,
je tiens à remercier la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, fort intéressant de travailler avec
cette dame. C'est la première fois que je
travaillais avec en commission parlementaire. J'ai bien apprécié, on voit que c'est une juriste. Alors,
je tiens à la remercier, de même que ses collègues qui étaient présents à la commission parlementaire.
tiens à remercier aussi M.
le député de Jonquière, M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire… Non, pas l'Occupation du
territoire, je m'excuse, M. Lelièvre est là. Ah, aussi? O.K. Alors, je tiens à remercier M. Gaudreault. Je pense qu'on a eu nos
droits de parole, il y a… M. le ministre, je m'excuse. Vous savez, pour
un nouveau député, même après 13 mois, on s'échappe encore, Mme la
Présidente. Je m'excuse. Alors, M. le ministre nous a permis une grande… quand même une bonne flexibilité pour apporter
nos amendements et discuter de qu'est-ce qu'on n'était pas d'accord et qu'est-ce qu'on était d'accord, et
finalement on est parvenus à un consensus pour faire en sorte que ce
projet de loi là a fini sa commission parlementaire le 1er octobre
dernier.
Je remercie aussi tous
les fonctionnair