Labour and the Economy — 27 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-04-27
Quebec — Committees
(Quatorze
heures une minute)
Le Président (M. Cousineau) : Alors, votre attention, s'il vous plaît. À l'ordre! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à
toutes les personnes de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones
cellulaires.
La commission est
réunie afin d'entreprendre l'étude du volet Solidarité sociale des crédits
budgétaires du portefeuille Travail, Emploi et Solidarité sociale pour
l'exercice 2015-2016.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Lamontagne (Johnson) est remplacé par M.
Martel (Nicolet-Bécancour); Mme Roy (Arthabaska) est remplacée par Mme
Lavallée (Repentigny).
Le Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la secrétaire. Nous allons débuter par les remarques
préliminaires et procéder à une discussion d'ordre général par blocs de
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits sera effectuée aujourd'hui, à la fin du temps qui est alloué à
l'étude de ce volet.
Pour les remarques
préliminaires, ce que nous avons calculé, c'est un 12 minutes pour le gouvernement,
pour M. le ministre, sept minutes pour l'opposition officielle et cinq minutes pour la deuxième opposition.
Alors, M. le ministre, la
parole est à vous pour 12 minutes.
M. Hamad :
Merci, M. le Président. Et je voudrais saluer mes collègues du parti
gouvernemental et partis de l'opposition. M.
le Président, je suis très heureux d'être avec vous aujourd'hui, présenter les
crédits, comme d'habitude, M. le
Président, vous présenter les crédits 2015-2016 pour le volet Solidarité
sociale du ministère du Travail, l'Emploi et de la Solidarité.
Avant
de débuter, je vais vous présenter les personnes qui m'accompagnent, soit mon
directeur de cabinet, à ma gauche, M.
Steeve Leblanc; et le sous-ministre en
titre du ministère, M. Bernard Matte, à
ma droite; et la sous-ministre associée,
Mme Chantal Maltais. Alors, M. le Président... et, bien sûr, l'équipe du
ministère aussi qui nous accompagne pour essayer de faire de notre mieux
pour répondre aux questions de nos collègues.
solidarité et l'entraide sont des valeurs fondamentales de la société
québécoise. Par sa mission, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale contribue activement
à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Nous souhaitons
favoriser l'accès au marché du travail à un plus grand nombre de personnes pour
qu'elles puissent bénéficier d'un avenir
meilleur. D'ailleurs, l'emploi demeure l'un des moyens les plus efficaces pour
combattre la pauvreté. Cela est
d'autant plus important alors que le Québec fait face à des défis concernant la
disponibilité et la qualification de
la main-d'oeuvre. Il faut agir dès maintenant puisqu'au cours des prochaines
années plusieurs centaines de milliers d'emplois seront disponibles. Le
Québec devra pouvoir compter sur l'ensemble de sa main-d'oeuvre.
Tout
d'abord, voici, pour le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale, les crédits qui lui sont accordés
pour l'année 2015-2016. Le ministère disposera de 4,3 milliards de
dollars pour sa mission. 788 millions de dollars seront dédiés aux
mesures d'aide à l'emploi. Ces sommes permettront notamment de contribuer à
l'intégration et au maintien en emploi des
personnes. Également, 2,9 milliards de dollars iront aux mesures d'aide
financière. Ce montant permettra de
soutenir les personnes en situation de pauvreté. Puis le budget réservé à
l'administration est de 454 millions de dollars.
Avec
ces crédits, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale
pourra remplir sa mission, soit contribuer
à la prospérité économique et sociale du Québec et protéger les personnes les
plus vulnérables de notre société. Nous
allons continuer d'agir afin de rendre l'appareil gouvernemental plus
efficient, efficace et mieux adapté aux besoins de la population et des entreprises. Le ministère poursuivra ses actions
pour améliorer la condition de vie des personnes en situation de pauvreté. Nous nous assurons de mettre en place des
conditions facilitantes pour favoriser l'intégration au marché du travail de celles et ceux qui sont en
mesure d'occuper un emploi. C'est une priorité pour notre gouvernement.
D'autre part,
nous avons annoncé dernièrement les modifications au règlement encadrant l'aide
financière de dernier recours. Elles permettent ainsi d'actualiser
certaines dispositions du règlement qui n'avaient pas été modifiées depuis plusieurs années. Ces
modifications réglementaires permettront notamment au gouvernement de
poursuivre son soutien offert aux prestataires de l'aide financière de
dernier recours de manière à assurer une meilleure cohérence entre les différentes aides financières versées par Québec.
Cet exercice vise également à atteindre une plus grande équité à la fois
entre les prestataires de l'aide financière
de dernier recours mais aussi entre les prestataires et les travailleurs à
faibles revenus.
vous assure que notre souci premier est de protéger les personnes les plus
vulnérables. Nous serons compréhensifs lorsqu'il
sera temps d'appliquer ces nouvelles mesures, et des assouplissements seront
tolérés, comme par exemple pour des
raisons de santé. Des mesures nécessaires seront prises pour mieux soutenir les
prestataires des programmes d'aide financière
de dernier recours afin que le plus grand nombre d'entre eux puissent obtenir
un emploi. Lorsque les personnes sont soutenues
efficacement, elles peuvent intégrer et demeurer sur le marché du travail.
D'ailleurs, tel que prévu dans le budget 2015-2016, plusieurs
mesures seront mises en place à cet effet.
Il est essentiel que
les services publics d'emploi et la dynamique du marché du travail puissent
contribuer à l'intégration et le maintien en
emploi des bassins de main-d'oeuvre disponible, et ce, tout en répondant aux
besoins des entreprises pour une
main-d'oeuvre compétente et formée. En ce sens, le moment est venu
d'intensifier notre accompagnement offert aux personnes qui présentent
une première demande au Programme d'aide sociale et d'adapter les services aux
besoins particuliers de la clientèle.
plus, le ministère des Finances et le ministère du Travail, de l'Emploi et de
la Solidarité sociale ont entrepris un
examen de mécanismes de soutien du revenu et d'incitation du travail.
L'objectif est d'identifier l'approche la plus efficace et d'assurer une transition plus harmonieuse entre l'aide
financière de dernier recours et l'acceptation d'un emploi. Il est important de rappeler qu'occuper un emploi à
temps plein est financièrement avantageux. Pour une personne seule, sans contrainte, le passage de l'aide sociale à
l'exercice d'un emploi à temps plein au salaire minimum lui permet de doubler
son revenu disponible. C'est pourquoi le
ministère souhaite permettre à un plus grand nombre de personnes de participer
au marché du travail.
Rappelons
que le Québec a mis en place un filet de protection sociale qui apporte un réel
soutien aux personnes vivant en situation de pauvreté et d'exclusion
sociale ou à risque de l'être. Le premier et le deuxième Plan d'action
gouvernemental pour la solidarité et l'inclusion sociale ont contribué à
améliorer la situation des personnes à faibles revenus, notamment celle des ménages avec enfants, et nous devons
poursuivre nos actions dans cette voie. Au cours des prochaines années, nous allons continuer nos
efforts pour soutenir les personnes plus vulnérables. En plus, le gouvernement
va continuer de s'appuyer sur ses groupes
d'expertise pour bonifier sa réflexion en la matière. Il s'agit du Centre
d'étude sur la pauvreté et
l'exclusion, du Groupe des partenaires pour la solidarité et du Comité
consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale est une responsabilité
collective, et le gouvernement doit pouvoir compter sur la collaboration de toutes et de tous, particulièrement en
ce qui concerne la lutte contre les préjugés dont les personnes en
situation de pauvreté sont malheureusement victimes. Nous devons nous appuyer
sur la mobilisation et l'engagement des
entreprises, des partenaires et de toute la société civile afin de nous aider à
améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté.
Par ailleurs, les
organismes communautaires contribuent de façon significative au développement
social et économique du Québec. Ils jouent
un rôle important dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Vous
n'êtes pas sans savoir que plusieurs
personnes sont engagées bénévolement dans ces organismes qui... leur
contribution, essentiellement, pour le développement de nos
collectivités.
J'aimerais profiter
de cette tribune pour souligner le travail remarquable de 2,4 millions de
bénévoles partout au Québec. Ces personnes
consacrent annuellement près de 310 millions d'heures de leur temps.
L'engagement exceptionnel et la
précieuse contribution de bénévoles et d'organismes ont d'ailleurs été
soulignés lors de la remise du prix Hommage bénévolat-Québec, qui a tenu sa 18e édition le 14 avril
dernier. Ces prix visent à récompenser les efforts déployés par des citoyens et citoyennes dans leur communauté ainsi
que l'action d'organismes en vue de promouvoir et de favoriser l'essor
et l'engagement des bénévoles.
Toujours en
protégeant les personnes les plus vulnérables de notre société, nous avons le
souci de rendre le programme plus efficient et performant. Le ministère
assure sa collaboration à une saine gestion des fonds publics afin de
participer à une croissance économique durable.
Plusieurs
actions nous ont déjà permis de s'attaquer aux causes et aux conséquences de la
pauvreté et de l'exclusion sociale.
Cependant, il reste encore du travail à faire. Le ministère du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité va agir avec la collaboration de ses
partenaires pour mettre en place les mesures nécessaires afin de valoriser le
travail et favoriser l'autonomie des
personnes, sans oublier les personnes les plus vulnérables. L'objectif de notre
démarche est de créer une société toujours plus juste, équitable, afin
que tous puissent en profiter et aspirer à un avenir meilleur.
Merci, M. le
Président, et je demeure disponible pour répondre aux questions.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. Alors, il vous reste trois
minutes, minutes qui seront distribuées sur
le temps du parti ministériel. Alors, j'invite maintenant
le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de solidarité sociale, M. le
député de Rimouski, pour un sept minutes.
M. LeBel : Merci, M. le Président.
Je salue M. le ministre, les collègues ici, tout le tour.
Pour moi, ces
crédits-là, c'est important. On parle
de gens qui... On parle de mesures qui viennent aider des gens qui sont souvent démunis, et ce qu'on dit des gens
démunis, ce n'est pas que des statistiques, là, c'est des gens qui vivent
des situations
difficiles, qui... Il y a des journées de stress, des journées... Quand ils ont
des enfants, des familles, c'est un
stress encore plus important quand tu as de la difficulté à arriver à la fin du
mois. Ça fait que c'est de ces gens-là qu'on parle aujourd'hui, il ne
faut jamais oublier ça.
Puis
c'est des gens... Moi, c'est ma première année comme député, là, je viens de
finir ma première année et je suis
encore assez surpris des cas qu'on reçoit dans nos comtés, des cas de gens qui
ont... Puis ce n'est pas que des gens qui
vivent à l'aide sociale, là, c'est de plus en plus des jeunes familles, des
travailleurs à faibles revenus qui ont besoin des banques alimentaires de plus en plus et qui ont beaucoup de
difficultés, parce que c'est des gens qui vivent leur stress familial,
des jeunes qui vont à l'école, qui