Transportation and the Environment — 28 January 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 28 janvier 2025
Vol. 47 N° 74
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement.
Nous débuterons ce matin par les remarques préliminaires puis nous entendrons,
par la suite, les organismes suivants : Hydro-Québec, l'Union des
municipalités du Québec ainsi que la Fédération québécoise des municipalités.
J'invite tout de suite la ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs...
La Secrétaire : ...
La Présidente (Mme Blouin) : Oh,
oui, pardon. Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Alors, M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) était
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, tout de suite, j'enchaîne avec... en
invitant le ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs à faire ses remarques préliminaires. Vous
disposez de six minutes.
M. Charette : C'est bien
gentil. Merci, Mme la Présidente. Et peut-être vous confirmer que je ne
prendrai pas ces six minutes en entier, étant donné que nous serons ensemble,
vraisemblablement, pour quelques... quelques semaines, donc nous aurons l'occasion
d'aborder ces enjeux-là sous tous leurs angles.
Vous allez me permettre, dans un premier
temps, de saluer les personnes qui sont présentes. Ça marque aujourd'hui aussi
le retour à l'Assemblée nationale, donc un plaisir de retrouver les collègues,
autant les collègues de l'opposition que de la
partie gouvernementale. Et je
remercie à l'avance toutes celles et ceux qui contribueront à l'étude de ce
projet de loi là. C'est un projet de loi qui est ambitieux, qui est aussi
volumineux, qui touche à plusieurs aspects de la réglementation et de la
législation environnementale québécoise. Donc, il y a beaucoup de gens qui ont
eu à y travailler pour le préparer. Et beaucoup apporteront aussi leur...
M. Charette : ...donc, autant
les gens du secrétariat que vous, Mme la Présidente, que les gens du ministère,
un merci tout particulier. Et aux collègues, je réitère cette façon de
travailler qu'on a développée avec les années, c'est-à-dire on a un projet de
loi qui est certainement intéressant à plusieurs égards, mais qui est aussi
perfectible. Donc, les consultations nous permettront d'avoir les échos des
groupes qui peuvent y voir un intérêt. Et, par la suite, l'étude
article par
article nous permettra de le bonifier. Ça fait un certain nombre de projets de
loi sur lesquels je travaille, et je n'ai jamais vu un projet de loi qui était
adopté dans sa mouture originale.
Donc, l'exercice que l'on fait ou que l'on
débute aujourd'hui a toute sa pertinence. Donc, au cours des prochaines
semaines, on travaillera à bien le comprendre, saisir sa portée, mais également
le bonifier pour en faire un projet de loi encore meilleur que celui qui est
présentement sur la table. Je disais qu'il était ambitieux, parce qu'il
touche, oui, les différents aspects de la réglementation et de la législation
québécoise. Donc, on est autant au niveau de la réduction des GES, qu'au niveau
de l'application de nos lois environnementales. On vient renforcer certaines
des protections auxquelles nous accordons de l'importance et on aura justement
l'occasion d'en mesurer la portée. Les consultations nous permettent, je
regardais la liste encore ce matin, d'avoir réellement un bel éventail de
groupes de la société civile et institutionnelle québécoise. Et on commence en
force avec un partenaire de premier plan et de premier niveau pour le
gouvernement du Québec avec Hydro-Québec.
• (9 h 50) •
Donc, sans plus tarder, je vais laisser la
parole à mes collègues pour qu'ils puissent y aller également de leurs
remarques préliminaires, mais bien, bien, hâte d'entendre les différents
groupes, en commençant par Hydro-Québec, là, dans les prochains instants. Donc,
merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition
officielle et députée des Mille-Îles, à faire ses remarques préliminaires pour
une durée de 3 min 36 s. La parole est à vous.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, d'abord, je vais... On est encore en janvier, alors,
je vais me permettre de souhaiter bonne année à tous, en commençant par vous,
Mme la Pésidente et M. le ministre, et ainsi que tous les collègues qui sont
autour de la table. Évidemment, moi aussi, je salue d'avance tous les groupes
qui viendront nous nous faire part de leurs commentaires concernant le projet
de loi. D'emblée, je dois dire qu'il y a des éléments qui sont intéressants
dans ce projet de loi, mais il y en a d'autres qui nous préoccupent, et j'ai
hâte d'entendre les groupes, là, pour voir s'ils partagent nos préoccupations
et voir comment on pourrait améliorer le projet de loi. Je vous dirais aussi -
ma voix lâche déjà - je voudrais aussi mentionner qu'il y a quand même
plusieurs groupes. Certes, on va entendre plusieurs groupes dans la prochaine semaine,
mais il y en a plusieurs que j'aurais aimé entendre et que, malheureusement, on
n'entendra pas, notamment, l'Association des biologistes du Québec et
l'Association des évaluateurs d'impact. Comme on revoit le... le processus
d'évaluation environnementale, je crois que ça aurait été pertinent de les
entendre.
Et la même chose pour les biologistes,
puisqu'on va élargir, selon toute vraisemblance, dans ce projet de loi, qui
pourra faire ces évaluations, les évaluations environnementales. Et je mentionne
également qu'il y a des groupes qui ont été forcés de présenter ensemble,
notamment, les constructeurs automobiles, les concessionnaires automobiles, et
ça, ça s'est fait un peu contre leur gré, de même que la Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec, qui a annoncé hier qu'ils avaient...
on leur avait refusé l'accès à la commission. Donc, je crois que, comme c'est
un projet de loi qui modifie l'ensemble ou presque des lois environnementales,
ça aurait été intéressant d'entendre toutes les parties impliquées.
Donc, sur ça, Mme la Présidente, je cède
la parole à la prochaine opposition.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, j'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition et député d'Hochelaga-Maisonneuve à faire ses remarques
préliminaires pour une durée de 1 min 12 12 s. la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Très apprécié, ce mot de bienvenue. Je salue tous mes collègues. Je
suis le nouveau porte-parole, dossier environnement, pour mon parti. Je veux
d'abord saluer ma collègue de Verdun qui a fait un excellent travail dans les
deux dernières années. Je salue mes collègues des différents partis, M. le
ministre. On se connaît déjà assez bien sur le dossier Ray-Mont Logistiques,
dans mon quartier, on va se connaître encore plus sur d'autres dossiers, dont
le premier projet que j'ai à traiter avec vous aujourd'hui, qui m'intéresse
beaucoup. On a beaucoup envie de participer à l'amélioration.
J'entends l'appel du ministre,
l'amélioration du projet de loi, parce qu'il y a des aspects par rapport au
BAPE, qui nous inquiètent un peu quand même, là. On a tous été un peu, je
dirais, presque traumatisés par l'épisode Northvolt des deux dernières années.
Donc, il y a certainement beaucoup de choses à aller faire sur...
M. Leduc : ...sur
l'acceptabilité sociale de nombreux projets, et on va pouvoir participer avec
ça avec beaucoup d'enthousiasme. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, j'invite maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine à faire
ses remarques pour une durée de 1 min 12 s. La parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. À mon tour de saluer l'ensemble des membres de la commission
et de vous souhaiter à tous une bonne année, de bons travaux, travaux auxquels
je participerai pour la prochaine heure, pour les prochains jours, peut-être
les prochaines semaines, mais avec d'autres responsabilités, notamment, dans la
salle juste à côté où on parle de l'identité numérique. Et éventuellement il y
a un projet de
loi sur la santé que je devrai suivre également. Alors, je vous
demande à l'avance d'être indulgents par rapport à ma présence. Et ce n'est pas
par manque d'intérêt, parce que je pense que ce projet de loi là, il est
important, il est fondamental. Il touche à huit lois qui sont sous la
responsabilité du ministre.
Nous voulons tous, je crois, de bonne foi,
pouvoir améliorer les processus, l'efficacité, réduire nos productions de gaz à
effet de serre, atteindre nos objectifs, nos cibles climatiques. Évidemment,
quand on va regarder dans le détail, lorsqu'il est question, par exemple, de la
révision du processus d'évaluation environnementale, on veut faire mieux, pas
faire moins. Alors, on sera très vigilant. Et, là-dessus, bien, j'espère que
les groupes pourront nous éclairer pour mieux travailler sur ce projet de loi.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant débuter les auditions. Alors, je
souhaite, d'entrée de jeu, la bienvenue aux représentants d'Hydro-Québec. Je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi, on
va procéder à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous
invite, donc, d'abord à vous présenter puis à commencer votre exposé.
Mme Bouchard (Claudine) : Bonjour.
Merci de nous accueillir ce matin. Mon nom est Claudine Bouchard. Je suis
vice-présidente exécutive et cheffe de l'exploitation et des infrastructures
chez Hydro-Québec. Je suis accompagnée de Mathieu Bolullo, qui est directeur
principal, Projets de transport et environnement; et de mon collègue Nicolas
Fleury, chef, affaires gouvernementales.
Alors, j'y vais. Mme la Présidente,
Hydro-Québec tient à remercier les membres de la Commission des transports et
de l'environnement pour cette invitation à participer aux consultations
particulières sur le projet de loi n° 81, une... une initiative, pardon,
cruciale pour l'avenir énergétique du Québec. Depuis plus d'un an, Hydro-Québec
déploie son ambitieux plan d'action 2035. Nos objectifs sont simples et
clairs : offrir un service plus fiable, réduire la consommation de notre
précieuse électricité verte et augmenter la production énergétique. Ce plan permettra
de répondre à la forte augmentation de la demande énergétique québécoise pour
permettre la décarbonation, la prospérité collective et garantir une sécurité
énergétique au Québec. Notre électricité propre est la locomotive de la
transition énergétique. Elle donne au Québec les moyens de ses ambitions.
Pour atteindre la carboneutralité, nous
prévoyons une demande additionnelle de 60 térawattheures d'ici 2035, et jusqu'à
200 térawattheures d'ici 2050. Afin de répondre à cette demande croissante,
nous devons d'abord redoubler d'efforts, en matière d'efficacité énergétique,
pour consommer moins et au bon moment, ce que nous ferons. Nous avons une cible
ambitieuse d'économie d'énergie de 21 térawattheures sur l'horizon 2035, ce qui
représente, à
titre de comparaison, l'équivalent de la consommation annuelle de
plus de 1,2 ménage du Québec. Cela dit, les efforts qui seront déployés pour
réduire notre consommation, évidemment, il sera aussi nécessaire d'augmenter la
puissance de nos installations de production existantes et d'en construire de
nouvelles. Dans l'ensemble, cela représente un besoin de 8 à 9000 mégawatts
additionnels d'ici 2035, en plus de la construction de nouvelles lignes de
transport d'électricité et de nouveaux postes de transformation pour amener
toute cette énergie vers les consommateurs partout au Québec. Au total, nous
prévoyons des investissements de plus de 185 milliards d'ici 2035. Ces projets
sont indispensables si nous souhaitons réussir ce grand défi de société qui est
la transition énergétique.
Dès l'annonce de notre plan d'action, les
conditions de sa réussite ont été identifiées. Premièrement, la disponibilité
de la main-d'œuvre; deuxièmement, la modernisation de l'encadrement du secteur
énergétique; et ce qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui, la
simplification des processus des autorisations de projet. Laissez-moi ici vous
illustrer l'ampleur de la tâche. Au cours des 20 dernières années, Hydro-Québec
a mené à terme 34 projets assujettis à la procédure majeure d'évaluation
environnementale. Hydro-Québec a actuellement, en même temps, 15 projets en
cours à différentes étapes de cette procédure. En 2025, une dizaine de projets
pourraient s'ajouter, ce qui représente une charge de travail et des efforts
substantiels.
Dans un autre registre, le complexe
hydroélectrique de La Romaine, autorisée en 15 mois, a nécessité, par la suite,
plus de 1100 autorisations sectorielles supplémentaires et ce nombre serait
supérieur avec les règles d'aujourd'hui...
Mme Bouchard (Claudine) : ...imaginez
les efforts et les délais de telles opérations. Avec le plan d'action 2035 et
tous les projets qui en découlent, la tendance à la hausse va s'accentuer. Il
est impératif d'en faire plus en même temps et d'aller plus vite, de réduire le
nombre d'autorisations et les délais pour chacune des étapes des projets, de
revoir le processus afin qu'il soit plus prévisible et centré sur les enjeux et
les risques importants.
Soyons clairs ici, nous ne voulons pas
être moins rigoureux ni nous soustraire aux exigences environnementales et
d'acceptabilité sociale, mais il faut améliorer nos façons de faire si on veut
réussir la transition énergétique du Québec. La bonne nouvelle, c'est que nous
croyons que le projet de loi n° 81 est un pas dans la bonne direction. Bien que
le projet de loi porte sur plusieurs thèmes, nous aborderons ce matin, avec
vous, trois éléments spécifiques : les changements proposés à la procédure
d'évaluation à l'examen des impacts sur l'environnement, l'introduction d'une
évaluation environnementale, sectorielle ou régionale et la nouvelle
disposition sur les travaux préalables.
• (10 heures) •
D'entrée de jeu, j'attire votre attention
sur l'expérience d'Hydro-Québec dans le développement de projets d'envergure et
les processus d'autorisation. Comme mentionné précédemment, Hydro-Québec a mené
à terme un grand nombre de projets assujettis à la procédure majeure
d'évaluation environnementale, dont plus de la moitié n'ont pas fait l'objet
d'une demande d'audiences devant le Bureau d'audiences publiques en
environnement. Cela témoigne de notre expérience du processus et de la rigueur
de nos pratiques en amont, dans laquelle la prise en compte des enjeux
environnementaux et d'acceptabilité sociale sont intégrés depuis longtemps.
Comme mentionné précédemment, le volume de
projets nécessaires à la transition énergétique est appelé à augmenter
significativement. Il est donc essentiel d'optimiser la procédure et qu'elle
soit privilégiée pour des projets dont les impacts anticipés sont importants.
Les modifications proposées, dans le projet de loi, permettront, selon nous, de
réduire les délais d'autorisation pour certains projets. Le processus apparaît
plus efficace et axé sur les enjeux dès le début du processus. Cette optimisation
est nécessaire pour réussir ces projets qui auront un impact structurant pour
le Québec.
Nous sommes convaincus que la consultation
publique sur les enjeux confiés au BAPE et la directive d'étude d'impact pour
chaque projet clarifieront les attentes et amèneront plus de prévisibilité sur
les exigences de la procédure et l'analyse des projets. En clarifiant ainsi les
attentes dès le début, nous espérons gagner en efficience. Rappelons que ces
projets sont essentiels pour la décarbonation du Québec. Nous en sortirons tous
gagnants si nous sommes en mesure de les réaliser rapidement. Il est crucial
que les préoccupations des parties prenantes et des communautés soient connues
dès le début. Cette volonté s'aligne avec nos engagements en matière d'acceptabilité
sociale, soit de communiquer et de consulter les milieux concernés plus tôt
pour adapter nos projets en fonction des préoccupations qui sont soulevées.
Nous saluons ces efforts d'optimisation qui misent sur l'efficience, la
prévisibilité et la transparence sans abaisser la performance environnementale
à terme.
Je souhaite maintenant vous parler d'une
innovation prometteuse... du projet de loi : l'évaluation
environnementale, sectorielle ou régionale. Hydro-Québec se réjouit de cette
nouveauté. Ce cadre offrira l'opportunité de faire une évaluation globale pour
plusieurs projets inclus dans un plan ou dans un programme. Cette procédure
permettra de traiter des grands enjeux en amont des processus d'autorisation
et, souhaitons-le, dans optimiser la portée et de réduire les délais. Nous
sommes convaincus que ce processus entraînera la flexibilité et l'efficacité
nécessaires pour surmonter les défis actuels. Hydro-Québec regarde avec intérêt
l'utilisation de ce nouveau processus pour certains de ces projets. Ce type
d'évaluation pourrait être une avenue intéressante lorsque nous avons plusieurs
projets dans un même secteur, par exemple, des projets éoliens et des projets
de transport d'électricité qui y sont liés, comme les postes et les lignes de
transport dans un même secteur. Cette option volontaire doit cependant générer
des gains d'efficience immédiate dans le processus d'autorisation de projet.
Elle ne doit pas être une étape additionnelle au processus d'autorisation
traditionnel. Il faut viser à la fois l'excellence et l'efficacité.
Le dernier point que nous souhaitons
aborder concerne les autorisations préalables. Nous sommes d'avis que, dans le
contexte actuel de transition énergétique et de décarbonation, nous devons
faire mieux, mais parfois plus rapidement. L'introduction d'une disposition
permettant exceptionnellement d'autoriser certains travaux préalables est
accueillie favorablement par Hydro-Québec. En effet, il faut peut-être... En
effet, il peut être avantageux et nécessaire, dans certaines situations, de
démarrer plus rapidement certains travaux connexes...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Bouchard (Claudine) : ...qui
sont requis dans le cadre de projets contribuant à la transition énergétique.
Ainsi, l'obtention d'une telle autorisation ministérielle, en parallèle du
processus d'évaluation et d'examen des impacts, permettrait, dans certains cas,
de réduire l'échéancier global du projet de manière importante. On parle de 12
à 18 mois de réduction des délais. Évidemment, il va sans dire qu'aucun projet
ne se fera sans l'acceptabilité sociale et sans la rigueur qui guide nos
pratiques habituelles en matière d'environnement.
Malgré les améliorations contenues dans le
projet de loi, nous croyons néanmoins que le processus d'autorisation pourrait
être encore davantage adapté au contexte actuel de la transition énergétique.
Le processus d'évaluation des impacts pourrait se concentrer sur les projets à
enjeux environnementaux majeurs. Ainsi, les projets dont les impacts et enjeux
sont bien connus et maîtrisés devraient être exemptés de la procédure tout en
respectant...
La Présidente (Mme Blouin) : Il
vous reste une minute, s'il vous plaît.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci...
tout en respectant toutes les normes environnementales. Cela permettrait de
concentrer nos efforts sur les projets qui comportent des réels impacts plus
significatifs. Les révisions éventuelles des règlements d'application seront
une bonne occasion de réfléchir à des changements en ce sens pour viser, comme
mentionné précédemment, l'excellence et l'efficacité.
Je me permets d'aborder avec vous un
élément additionnel, qui n'est pas directement visé par le projet de loi mais
qui est nécessaire et complémentaire : l'harmonisation des processus,
provincial et fédéral, pour les projets énergétiques et d'infrastructure. Nous
devons parvenir à une meilleure harmonisation pour éviter les duplications. Les
dédoublements entre les processus des gouvernements du Québec et du Canada sont
un exemple très concret de lourdeur, sans réelle création de valeur pour l'environnement.
En conclusion, la transition énergétique
est un projet de société ambitieux qui requiert une collaboration et une
mobilisation de tous. Hydro-Québec, les gouvernements, le secteur de la
construction, les entreprises privées et chaque citoyen sont concernés. Si le
Québec est très bien positionné pour atteindre les cibles de décarbonation de
son économie, la réussite de cet ambitieux projet reposera sur notre capacité
collective à accélérer la réalisation des projets de production d'énergies
renouvelables et des infrastructures.
La Présidente (Mme Blouin) : Je
vous invite à conclure.
Mme Bouchard (Claudine) : Parfait.
Merci. Nous soutenons donc le projet de loi no 81, parce qu'il constitue un pas
dans la bonne direction. Cela représente une étape importante, bien qu'il reste
encore du travail à faire. Hydro-Québec remercie le ministre et ses équipes et
s'engage à continuer de collaborer étroitement avec le gouvernement et toutes
les parties prenantes pour accélérer la résolution des projets nécessaires à l'atteinte
de nos objectifs collectifs de décarbonation et de la transition énergétique.
Je vous remercie pour votre attention.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup pour votre exposé. On va maintenant débuter la période d'échange.
Alors, M. le ministre, la parole est à vous pour une période de 16 min 30s.
M. Charette : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Et déjà, vous mentionner que c'est un travail d'équipe, donc
mes collègues de la
partie gouvernementale, là, interviendront aussi au gré des
consultations et de l'étude qui va en suivre. Donc, aux gens d'Hydro-Québec, un
merci tout particulier.
Je le disais dans mes remarques
préliminaires, Hydro-Québec est un partenaire incontournable. D'une part, c'est
une organisation qui est appréciée des Québécois, des Québécoises, mais,
également, c'est une organisation qui sera encore plus nécessaire au cours des
prochaines années, dans nos défis de décarbonation de notre économie mais de
notre environnement, également. Le plan que vous vous êtes donné pour 2035 est
ambitieux, et on a besoin qu'il se réalise. Donc, si on peut collaborer à cette
fin-là, on le fera avec grand plaisir.
Vous avez mentionné, dans vos derniers
propos, le dédoublement des évaluations environnementales avec ce qui se fait
au Québec et ce qui est exigé du côté fédéral. C'est un irritant majeur. On le
partage également. Il y a beaucoup de représentations qui sont faites auprès du
gouvernement fédéral pour éviter ce type de dédoublement là, d'autant plus que
la procédure d'évaluation québécoise, elle est bien étoffée, elle est bien
réglementée, donc on peut s'en satisfaire très, très certainement. Donc, ce n'est
qu'un commentaire, à ce moment-ci, mais sachez qu'on partage votre
préoccupation à ce niveau-là.
Sinon, au niveau de la procédure d'évaluation
environnementale, j'ai eu l'occasion, au cours de la dernière année et
possiblement même avant, de présenter notre souhait de la simplifier. Et tout
comme Hydro-Québec, notre but n'est pas d'alléger pour alléger, non pas de
revoir à la baisse notre encadrement de la protection de l'environnement, mais
tout simplement d'être plus efficace. Et c'est dans cette perspective-là qu'on
présente le projet de loi. Donc, heureux que vous le perceviez comme étant un
premier pas...
M. Charette : ...c'est-à-dire,
un pas dans la bonne direction. Vous parliez des évaluations sectorielles ou
régionales. C'est effectivement un concept qu'on aura l'occasion d'élaborer au
cours des prochaines semaines. Je serais intéressé à vous entendre sur
l'application concrète que vous percevez à travers ces articles-là.
Concrètement, pour un projet ou pour une région, comment ces articles
pourraient nous aider à vous aider à développer des projets d'énergie
renouvelable?
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Merci pour votre question. D'emblée, les évaluations sectorielles et régionales
vont permettre d'étudier de façon plus spécifique, je dirais, la
complémentarité des différentes infrastructures ensemble pour trouver le projet
optimal. N'oubliez pas, on l'a dit dans dans les... dans nos notes, et nous
avons l'an passé fait plus d'une centaine de rencontres partout au Québec dans
notre processus qu'on a appelé Dialogue. Alors, on a lancé notre plan
d'action 2035. On est allé à la rencontre des Québécois, des représentants
du milieu, des représentants de différents organismes environnementaux,
sociaux, économiques.
• (10 h 10) •
On les a entendus et une des
préoccupations qu'on a beaucoup entendues, c'est celle, évidemment, de
l'acceptabilité sociale. Alors, on a réévalué notre programme d'acceptabilité
sociale et on a devancé certaines activités, si bien qu'aujourd'hui on est en
consultation pour entendre les préoccupations des différents milieux, bien
avant d'avoir un projet, donc ce qui permet de développer avec le milieu le
meilleur projet.
Donc, en ayant cette possibilité de faire
une étude environnementale plus large, donc par secteur, par région, ça nous
permet d'intégrer ces éléments-là davantage en amont. Ce qu'on veut, c'est
donner de la prévisibilité aux communautés sur le type de projets qu'on veut
faire, les écouter, les entendre et donner une prévisibilité aussi dans la
planification et l'exécution de ces projets-là pour réaliser les meilleurs
projets énergétiques au Québec dans le cadre de la décarbonation. Donc, ce
nouveau moyen là ajoute à ce qu'on a, mais évidemment, ce nouveau moyen là doit
demeurer efficace dans la perspective d'accélérer les autorisations et non pas
de réduire les exigences ou la performance environnementale, sous aucun
prétexte.
M. Charette : Donc, tout à
fait. Et vous parliez tout à l'heure de réduction de délais, c'est aussi un des
objectifs que l'on poursuit à travers le projet de loi. Vous avez estimé, selon
votre propos, à environ six mois, le délai qui pourrait être évité pour ce type
de projet là pour Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Bien,
je vais laisser Mathieu... Mathieu, qui m'accompagne ici, responsable des
projets de transport chez nous, ça fait qu'il est davantage dans le microdétail
des délais. Je vais le laisser répondre.
M. Bolullo (Mathieu) : Donc,
vous avez vu 34 projets assujettis à la procédure en 20 ans. Il y en
a 15 en ce moment à différents stades et qui pourraient... 10 qui pourraient
s'ajouter à ça. Ça fait que, donc, vous voyez l'ampleur de la tâche qui s'accumule.
Dans le fond, au niveau des délais, la plupart... la grosse
partie de ces
projets-là sont des projets de transport. Il y a des projets aussi de
production. Pour les projets de transport, on est... avec la nouvelle procédure
qui met une espèce de barrière à l'entrée. Donc, l'étape de recevabilité, elle
est un... elle est préliminaire, avant la recevabilité, elle est un petit peu
plus longue, mais ça permet par la suite de tout de suite faire en concomitance
le BAPE et la précision à l'étude d'impacts. Donc, ça étant fait de façon
concomitante, bien là, on est capable d'aller chercher un gain de 5 à
6 mois sur un processus qui dure... Les moyennes sont entre 17 et
18 mois pour les étapes. Donc, ça, ce n'est pas banal, c'est vraiment...
Quand on pense à tout le lot de projets qu'on a à faire, puis quand on pense
aussi à la réduction des efforts de part et d'autre pour monter les études
d'impacts.
Pour les projets de production, bien là
vous avez parlé des travaux préalables. Donc, il y a cette partie-là aussi qui
va nous aider. Donc, à deux conditions, hein? On a dit : Des travaux qui
sont nécessaires pour la transition énergétique et qu'ils ont un accueil
favorable du milieu. À ce moment-là, en commençant des travaux préparatoires de
route ou de campement dûment autorisés en fonction de leurs impacts
environnementaux, il faut le mentionne, bien là, ça nous donne accès au
territoire plus rapidement. Donc, à partir du moment où l'étude des centrales
est faite, bien là on est capable de documenter mieux ces études-là, commencer
les travaux plus rapidement, retombées économiques, ça nous donne un gain qui
est appréciable de 12 à 18 mois pour ce type de projet là, donc.
M. Charette : Merci pour
votre réponse. J'ai plusieurs collègues qui souhaitent intervenir. En même
temps, vous m'avez devancé sur ma prochaine et dernière question, au niveau des
travaux préalables. Justement, vous parlez préparation de route, préparation
des campements, peut-être avec un degré de détail un petit peu plus important,
ça représente quoi et quel type de travaux...
M. Charette : ...de travaux
vous associez à ces travaux préalables-là pour rassurer les gens qui y ont vu
une brèche? Et certaines personnes ont dit : Bon, pourquoi commencer un
projet, alors qu'on n'est pas certain de son acceptabilité ou, sinon, de sa
recevabilité? Comment... Comment répondre à ces préoccupations-là en
expliquant, peut-être avec un degré de détail un petit peu plus grand, ce que
sont les travaux préalables dans ce type de projet, là, qui seront alors en
évaluation? Et déjà je vous remercie, étant donné que la prochaine question
viendra d'un collègue ou d'une collègue.
Mme Bouchard (Claudine) : Alors,
évidemment, les travaux préalables, ce sont les travaux qui vont permettre à
terme, après ça, le début de la construction des ouvrages. Par exemple, prenons
une centrale hydroélectrique. Donc, en conséquence, on doit en amorce... de
donner, évidemment, de créer des routes pour permettre l'accès au territoire.
On doit créer des campements pour que les travailleurs qui créent les routes
puissent aussi être hébergés sur le secteur, hein? Quand on parle... Par
exemple, si on parle de La Romaine, il n'y avait pas de route, donc, au début,
tous les travaux se faisaient par hélicoptère. Donc, on prend l'hélicoptère, on
dépose des travailleurs, on dépose des campements et là on commence à faire la
route. On commence à faire la route pour aller de façon très optimale dans
l'échéancier, on commence des deux bouts puis on se rejoint dans le milieu. Alors,
généralement, ça prend deux campements, ça prend des équipements à chaque bout
pour être capable de se retrouver au centre. Eh bien, ça, si on est capable de
devancer ça, on est capable de devancer l'échéancier de mise en service de 12 à
18 mois. Dans la quête à la décarbonation, le calendrier est maître de ce
que nous avons à faire. Nous avons besoin de 60 TWh en 2035. Donc,
l'échéancier est capital dans ce que nous avons à faire dans ce projet de
transition énergétique, là, donc ce 12 à 18 mois là est vraiment important
dans ce que nous avons à faire.
Donc, c'est permis d'autorisation
préalable pour permettre de débuter la construction des routes, permettre de
débuter l'installation des campements pour permettre après ça de pouvoir
construire une fois les permis reçus. Les deux critères, Mathieu les a bien
mentionnés, l'acceptabilité sociale, il n'y a aucun projet qui va se faire sans
l'acceptabilité sociale et les partenariats avec les communautés locales, et,
le deuxième, bien entendu, que ce soit associé à la transition énergétique.
Donc, ça, ce sont vraiment les deux éléments. Évidemment, quand on va utiliser
ce levier-là d'autorisation préalable, Hydro-Québec prend des risques, hein?
Parce que ce n'est pas garanti que le permis final, l'autorisation finale, pour
le grand projet sera établi. Alors, nous, on va juger de cette prise de risque
là parce qu'on ne doit pas prendre pour acquis que parce qu'on a des
autorisations préalables... que le permis final sera automatique. Donc, on aura
aussi des exigences environnementales sur le projet, le grand projet lui-même,
qui ne seront pas revues à la baisse et dont les exigences seront maintenues.
Donc, Hydro-Québec va collaborer dans cette perspective-là. Et c'est vraiment
de cette façon-là qu'on veut collaborer à la réalisation autant des travaux
préalables que du grand projet de la transition énergétique.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole au député de René-Lévesque.
M. Montigny : Merci, Mme la
Présidente. Alors, ça m'a fait plaisir en tant que député de René-Lévesque.
Vous le savez, je viens de la Côte-Nord. Mon comté s'appelle René-Lévesque. Ce
n'est pas pour rien, à cause d'Hydro-Québec, hein? Clairement, là, dans ma
circonscription, vous savez, presque... bien, vous le savez, là, presque
38 %, là, de l'énergie passe ou est produite dans ma circonscription. Il y
a la Jamésie, évidemment, mais il y a le secteur, là, vraiment, des rivières
Manic-Outardes, Bersimis, comme on les a appelées.
J'ai une préoccupation, c'est une question
pour vous, par rapport aux communautés. Ça a été très clair, vraiment, dans vos
réponses précédentes, mais j'aimerais ça aller davantage en lien avec les
communautés innues, là, de la Côte-Nord. Vous savez, avec les annonces
importantes qu'on a faites avec... qui sont extraordinaires, là, ça va marquer
l'histoire clairement, avec l'entente sur Churchill, mais clairement, il faut
travailler avec les communautés. Tout à l'heure, vous l'avez dit, ce projet de
loi là est très important, notamment dans les secteurs où il y a plusieurs
projets en cours. Vous avez parlé de postes de ligne, vous avez parlé de
centrales hydroélectriques, éoliennes aussi. Alors, dans ma circonscription,
j'ai tout ça, je suis un bel exemple pour vous poser la question, et j'ai des
communautés innues qui veulent être partenaires de projets, ils le sont
d'ailleurs, on l'a vu tout récemment, notamment avec Pessamit. Mais il y a
vraiment là une importance de travailler en relation, en collaboration pour
avoir des retombées locales non seulement pour les communautés, les MRC, etc.,
mais aussi pour les communautés innues du territoire, parce qu'on a besoin des
infrastructures sur le territoire. Alors, j'ai hâte de vous entendre là-dessus.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
Alors, d'emblée, lorsque nous avons lancé le plan d'action 2035, nous
avons fait...
Mme Bouchard (Claudine) : ...je
dirais, une des priorités comme étant les relations de partenariat avec les
communautés autochtones. Et c'est une priorité qui nous tient à cœur. Donc,
évidemment, dans ce que nous avons eu à réaliser en 2024, une
partie de ça qui
s'appelait la tournée de dialogue, on l'a fait dans les MRC, les organismes que
j'expliquais plus tôt, mais nous l'avons fait également avec les communautés
autochtones pour aller entendre. Vous le savez mieux que moi, étant de la
Côte-Nord, chaque communauté a, et chaque nation a sa réalité, ses enjeux et
ses défis. Alors, nous, on voulait éviter de partir avec des grands paradigmes
et de développer une recette standardisée. Donc, nous sommes allés à la
rencontre des communautés. Nous avons eu des discussions, qui se poursuivent,
bien entendu. Et suite à ça, nous avons lancé notre stratégie de réconciliation
économique, donc, pour les municipalités... pas les municipalités, mais pour
les communautés autochtones.
• (10 h 20) •
Donc, ce qu'on veut, c'est travailler en
amont avec les communautés autochtones pour leur donner une prévisibilité de ce
qui s'en vient sur leur territoire d'un point de vue retombées économiques,
bien entendu, d'un point de vue partenariat. On le voit, la nouvelle façon de
développer l'éolien au Québec, avec la stratégie de développement des grands
parcs éoliens, donc en partenariat avec les communautés, on a dit que, ça,
c'était le critère numéro un pour développer un parc éolien, c'est-à-dire
d'avoir un partenariat avec les communautés locales, autochtones et
allochtones, et qu'on crée un partenariat qui va, lui, développer ce projet de
parc éolien là.
Donc, ils sont au cœur de tout ce qu'on
fait au quotidien, d'un point de vue économique, d'un point de vue partenariat.
Et ce qu'on vise à travers cette stratégie de réconciliation économique là,
c'est aussi de leur donner des revenus récurrents dont ils pourront bénéficier
et utiliser de façon autonome. Donc, on veut engendrer une circulation
économique au sein de ces communautés-là. Mais encore une fois, je reviens à ce
que je disais, il faut que nos solutions tiennent en compte et qu'on soit à
l'écoute de leurs réalités et de leurs besoins pour développer la meilleure
solution.
Maintenant, il y a aussi les MRC, les
allochtones avec qui on travaille beaucoup en termes d'acceptabilité sociale et
de retombées économiques aussi. Donc, encore là, on a annoncé trois axes de
développement de notre réseau de transport à l'automne dernier et on travaille
déjà en mode préconsultation pour aller entendre les communautés sur leurs
préoccupations, les intentions, leur vision qu'ils ont pour le développement de
leur territoire, pour s'assurer que ces préoccupations-là soient intégrées déjà
en amont de notre réflexion sur l'identification de notre projet.
Donc, actuellement, on est en
préconsultation sur trois axes de transport à 735 000 volts, mais on
n'a même pas de tracé. On a une très, très vaste zone d'étude dans laquelle on
va recueillir les préoccupations pour venir rétrécir cette zone étude là et
éventuellement, quelque part au printemps, arriver à proposer différents
scénarios de tracés aux communautés.
Donc, les communautés autochtones sont au
cœur de la stratégie de réconciliation et des partenariats qu'on veut faire,
notamment dans l'éolien. Et les communautés allochtones sont au cœur aussi de
l'acceptabilité sociale sur leur territoire et de ces préconsultations-là pour
venir influencer la définition même de nos grands projets d'infrastructures.
La Présidente (Mme Blouin) :
Mme la députée d'Argenteuil, vous disposez d'environ une minute.
Mme Grondin : Merci.
Donc, bonjour, madame, messieurs. Rapidement. Vous savez, moi, je suis du comté
d'Argenteuil. Il y a eu tout le dossier de la ligne Grand-GrûléVignan,
l'ordonnance que vous avez reçue. Est-ce que, de ce que je comprends, vous avez
fait les travaux pour réparer, c'était impeccable. Est-ce que les outils qu'on
vous propose dans ce projet de loi là, donc, l'entente de... l'analyse
sectorielle et qui se passe dans la procédure d'évaluation, est-ce que vous
croyez que ça pourrait améliorer la situation par rapport à ce qui s'est passé
en 2018-2019?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais vous donner un niveau de réponse. Puis après ça, je vais passer la parole
à Mathieu qui... qui était au cœur de ce projet-là? Première... Première phase
de réponse à votre question. Évidemment, on parlait tout à l'heure de cette
prévisibilité-là. Quand on a une meilleure prévisibilité, on a davantage
d'intrants du milieu en amont du développement ou de l'élaboration même du
projet. C'est beaucoup plus facile de trouver des tracés qui, je dirais,
favorisent l'acceptabilité sociale ou une intégration harmonieuse dans le
milieu. Alors, si on...
La Présidente (Mme Blouin) :
Malheureusement, c'est terminé pour la banquette gouvernementale. Alors, je
cède tout de suite la parole à la porte-parole de l'opposition officielle.
Mme Dufour : Merci
beaucoup. Alors, merci, Mme Bouchard pour votre présentation. Je vais
commencer, parce que notre temps est limité, avec une première question. Vous
mentionniez, là, votre grand intérêt, là, pour l'évaluation environnementale,
sectorielle ou régionale, qui est ajoutée dans le projet de loi. Mais il existait
déjà une évaluation environnementale stratégique. Alors, j'aimerais vous
entendre. Vous avez mentionné...
Mme Dufour : ...vous aviez une
grande expérience des processus environnementaux d'évaluation. Donc, j'aimerais
comprendre pourquoi est-ce que ce serait mieux le sectoriel que le stratégique.
Mme Bouchard (Claudine) : Il
y a une différence importante entre le stratégique et le sectoriel, c'est
vraiment deux niveaux différents. Le stratégique englobe beaucoup plus
largement. Alors, le stratégique pourrait permettre, par exemple, une étude sur
l'éolien. Mais développer de l'éolien en Gaspésie ou développer de l'éolien sur
la Côte-Nord, chez M. Demontigny, ou encore au Lac-Saint-Jean, avec les gens de
Mashteuiatsh, ce n'est pas... ça n'a aucune mesure commune dans le sens que
c'est très différent. Oui, on va mettre des mâts, évidemment, on va construire
des lignes, mais le milieu dans lequel on va intégrer ces infrastructures-là
est complètement différent. Alors, nous, de voir la possibilité d'avoir par
secteur et régional amène la dimension d'acceptabilité sociale fine, d'impacts
environnementaux fins, également, dans le milieu d'accueil. Alors, c'est
vraiment la distinction entre les deux.
Je vais laisser la parole à Mathieu qui
pourrait vous donner peut-être des exemples un peu plus concrets de ces
éléments-là.
Mme Dufour : Bien, je
voudrais juste une précision, parce que vous mentionnez sectoriel et régional,
mais c'est bien sectoriel ou régional.
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
oui.
Mme Dufour : Alors,
sectoriel, c'est semblable à stratégique, parce que c'est le secteur, ça
pourrait être l'éolien. Alors, le stratégique aurait pu...
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
mais ça donne un repli de plus d'avoir vraiment, si je peux me permettre,
d'avoir vraiment quelque chose de régional, en fonction même de l'endroit où on
va construire les installations et les parcs éoliens, par exemple, aussi, si
c'est celui-là qu'on choisit.
Mme Dufour : Donc, je
comprends que c'est le régional qui est intéressant pour vous.
Mme Bouchard (Claudine) : Qui
est intéressant, pour nous, à ce moment-ci, ce qu'on entrevoit davantage, oui,
à ce moment-ci.
Mme Dufour : Parfait.
Mme Bouchard (Claudine) : Mathieu,
tu veux peut-être y aller avec un autre élément.
M. Bolullo (Mathieu) : Puis
peut-être... L'important, c'est d'avoir des candidats potentiels pour tester
ça. Et donc, le cas d'un parc... d'un développement éolien de plus grande
envergure, de 1000 mégawatts et plus, avec le réseau de transport associé,
c'est des bons candidats à ça. Donc, on peut avoir une image plus globale des
activités dans le secteur, considérer les impacts associés à l'ensemble de ces
projets-là, que ce soit l'usage du territoire, la foresterie, l'agriculture.
Puis là, ensuite, être capable de développer des mécanismes qui vont, par la
suite, en identifiant bien les impacts, les mesures d'atténuation, accélérer
l'autorisation plutôt que les prendre une à une.
Mme Dufour : Vous mentionnez
d'ailleurs dans... Vous l'avez mentionné tout à l'heure, là, que ce serait
possible d'étudier plusieurs projets, tu sais, dans le même... dans la même
région, par exemple, vous disiez, des projets éoliens et de transport
d'électricité qui se passent à peu près au même endroit. Mais est-ce qu'il n'y
a pas un risque de braquage de la part de la population de voir ça, toute cette
ampleur-là de projets, alors que, quand ils sont étudiés à la pièce... Et je
pose la question, avec l'expérience que vous avez, que ça peut sembler beaucoup
plus gros en les mettant tous ensemble.
Mme Bouchard (Claudine) : C'est
une excellente question. Je reviens à ce que je disais au départ, les gens, ce
à quoi ils s'attendent d'Hydro-Québec, c'est la transparence et une prévisibilité,
l'information en amont. Alors, je crois... Et la perception qu'on a, c'est que
de le faire de cette façon-là, plutôt que d'y aller pour le parc éolien, d'y
retourner pour le poste, d'y retourner pour ligne, en trois étapes, on leur
donne bien, en amont, la visibilité, la prévision de ce que ça aura comme
impact, cette infrastructure-là.
Maintenant, après, c'est notre travail, à
nous, d'entendre le milieu, d'entendre les communautés et d'intégrer ces
préoccupations-là, dans l'élaboration même du projet, pour répondre à leurs
préoccupations de voir des infrastructures trop nombreuses dans un périmètre
trop court. Donc, ça, c'est vraiment la façon dont on va optimiser la
définition et l'élaboration du projet avec les milieux d'accueil, donc, favorisant
l'acceptabilité sociale.
Mme Dufour : Merci. Vous
mentionnez que les projets, dont les impacts et enjeux sont bien connus et
maîtrisés, devraient être exemptés de la procédure. Et ça, est-ce que vous
pouvez nous orienter, quel genre de projet que vous voyez dans cette
catégorie-là?
Mme Bouchard (Claudine) : Oui,
Bien, je vais laisser Mathieu donner les exemples, mais un projet de poste
pourrait être un exemple. Un projet de poste, c'est une circonférence ou un
cadre très bien défini. On en a construit plusieurs dans le passé, mais
Mathieu, vas-y, donc, avec tes exemples plus concrets.
M. Bolullo (Mathieu) : Bien,
en fait, on parlait, plus de la moitié, donc, des 34 projets soumis dans les 20
dernières années, n'ont pas fait l'objet de demandes d'audiences. La plupart de
ces projets-là étaient des projets de poste ou des courtes lignes dans les cas
de raccordement de projets éoliens. Puis c'est des projets où on circonscrit
bien les impacts de ces projets-là, puis on les maîtrise bien. Donc, c'est des
candidats potentiels à des exemptions, à condition, bien entendu, qu'on
respecte nos façons de faire usuelles, nos guides des bonnes pratiques pour
qu'on ait les impacts, et que ce site... les sites de poste ou les lignes,
bien, évitent les impacts majeurs sur l'environnement, les milieux humides,
etc.
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais donner un exemple concret, si vous le permettez, construire un poste
juxtaposé, un poste électrique... juxtaposé, pardon, à un parc industriel, par
exemple. Alors, évidemment, au point de vue de...
Mme Bouchard (Claudine) : ...sociale,
d'intégration dans le milieu, c'est favorisant. Évidemment, il faut respecter
les exigences environnementales, comme partout ailleurs, mais il y a moins
d'enjeux parce qu'on s'inscrit déjà dans quelque chose qui est en
développement, je dirais, de façon plus occupation du territoire.
Mme Dufour : Mais parlons de
projets de poste, il y en a un qui, lui, ne fait vraiment pas l'unanimité, et
c'est celui qui est en développement à côté de la Grande Bibliothèque. Donc là,
comment... On vient dire : Bien, le projet de poste, ça, on connaît ça, il
n'y a pas d'enjeu, mais ici on a un exemple où il peut y avoir de grands
enjeux.
Mme Bouchard (Claudine) : ...de
cette façon. Aujourd'hui, le poste de Berri, pour nous, ce n'est même pas un
projet. On est encore à l'étape de valider les différentes options, O.K., et je
vous dirais que c'est ce qui nous a, je dirais, un peu embêtés dans les
dernières semaines, je vais utiliser ce terme-là, parce que c'est vrai que ça
nous a embêtés. Parce que c'est difficile pour nous d'aller voir la population
puis d'expliquer ce qu'on veut faire tant que nos études techniques et nos
études, je dirais, d'évolution du plan de réseau ne sont pas terminées. Alors,
on s'est fait devancer. Maintenant, on a accéléré nos travaux, si bien qu'on
va, dans les prochaines semaines, être sur la place publique. Donc, je peux...
je peux déjà vous dire ça, pour aller expliquer les travaux qui ont eu lieu, les
études qui ont eu lieu.
• (10 h 30) •
Le défi que nous avons dans ce secteur-là,
c'est que c'est un secteur où le sous-sol est très encombré et on a besoin
d'espace pour mettre des installations à moins de 500 mètres du poste qui
est déjà là. Donc, c'est assez complexe, mais nous avons travaillé très fort,
je vous rassure, pour trouver le meilleur site et nous avons pris l'engagement
d'intégrer ce poste-là dans le milieu et de travailler avec le milieu, autant
la ville que les gens qui occupent, je dirais, les différents édifices dans le
coin.
Mme Dufour : Je vous
remercie. Je ne qualifie pas le projet, je n'ai pas pris, tu sais,
connaissance, je n'ai pas d'opinion sur le projet, mais il reste que, quand
vous demandez que les projets dont... qui sont connus et maîtrisés devraient
être exemptés de la procédure, et que, là, on voit que ça peut être
problématique...
Mme Bouchard (Claudine) : Soyons
clair, ce projet-là ne sera pas soustrait d'aucune procédure. Quand on va
arriver à la phase projet... va s'inscrire dans toutes les procédures qui
seront nécessaires, dont celle au préambule qu'on va amorcer déjà dans les
prochaines semaines, c'est-à-dire la première consultation publique réelle sur
l'intégration de cet... de cet édifice-là, de cette infrastructure-là dans le
lieu. Et nous avons pris l'engagement de faire un concours d'architecture,
hein? Donc, on ne peut pas aujourd'hui déposer des dessins de ce que ça va
avoir l'air si on dit qu'on va faire un concours d'architecture. Alors, là aussi,
il faut suivre les étapes. C'est peut-être, j'en conviens, un peu plus long que
ce que les gens auraient aimé, mais malheureusement, il faut passer par ces
étapes-là avant de pouvoir communiquer à la population, à votre grand plaisir,
quand il sera rendu. Et on va partager toutes les informations sur les
différents sites.
Mme Dufour : Je vous... je
vous remercie. Je vais passer... Je vais vous poser une question, parce que les
délais, là, il y a une
partie des délais des projets, des évaluations qui
reviennent au ministère, les délais pour répondre aux analyses, aux... Et
j'aimerais voir... comme vous l'avez mentionné, vous avez beaucoup
d'expérience. Est-ce que les délais prescrits, que le ministère est supposé de
suivre... est-ce qu'ils sont généralement respectés pour les projets
d'Hydro-Québec?
Mme Bouchard (Claudine) : Je
vais répondre un premier... en première étape, puis je vais laisser Mathieu
plus en détail. Je vous dirais que c'est une valse qui se danse à deux. Alors,
nous, on doit déposer des éléments au ministère. Le ministère va les analyser,
peut nous revenir avec des questions de précision puis des éléments. Alors,
c'est un délai qu'on gère à deux. Si, moi, je prends plus de temps, le
ministère prend plus de temps. Si, moi, je suis moins précise, le ministère va
aussi l'être. Donc, c'est vraiment une valse qui se... qui se danse à deux. Par
ailleurs, ce qu'on adresse avec ce projet de loi là, c'est l'augmentation du
nombre de projets. On l'a dit, 34, en 20 ans, on en a 15 actuellement. Et
juste dans l'année 2025, on va en ajouter, 10 projets. Alors, le
volume de travail va augmenter, indépendamment des délais passés, le volume de
travail va augmenter. Alors, comment on travaille plus efficacement et plus
optimalement? C'est ce qu'on veut faire avec le...
Mme Dufour : Je vous
remercie. Dans le fond, c'était... ma question, c'était vraiment si les délais
que le ministère se donne sont respectés dans le cadre de vos projets. Parce
que, dans d'autres cas, on a des échos que ce n'est pas... ce n'est pas
respecté nécessairement.
M. Bolullo (Mathieu) : Mais
l'idée, c'est d'être bon du premier coup ou d'être... Tant que le promoteur va
être précis dans ce qui est demandé, ça va aller mieux. Tu sais, donc, dans le
fond, tu sais, mieux on est... Puis là, le projet de loi permet d'être encore
plus précis sur ce qu'on demande. Donc, se concentrer sur les enjeux
importants, ça accélère aussi l'analyse et la délivrance des permis.
Mme Dufour : Bien, donc, je
comprends, pour vous, c'est satisfaisant. Je vais passer la parole à ma
collègue, la députée de... pardon, Notre-Dame-de-Grâce... j'allais dire
D'Arcy-McGee.
La Présidente (Mme Blouin) : Oui,
allez-y. Mme la députée.
Mme McGraw : ...merci, Mme la
Présidente. Mme Bouchard, vous avez parlé de l'acceptabilité sociale, aussi
l'environnement, évidemment, mais aussi l'efficacité, prévisibilité. Dans ce
sens-là, vous accueillez... vous accueillez l'autorisation exceptionnelle de
certains travaux préalables, vous voyez ça d'un bon oeil, mais....
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme McGraw : ...il y a des
partenaires importants d'Hydro-Québec, dont le Mohawk Council de Kahnawake, qui
ont soumis un mémoire, qui sont contre justement. Puis c'est un partenaire
important. Et je souligne le fait que notre formation, j'étais présente, on a
appuyé le projet Hertel-New York interconnexion, en grande
partie à cause de l'appui
de la communauté... la nation mohawk et le gouvernement de New York l'ont
appuyé pour cette raison là, ils ont choisi Hydro-Québec. Donc, c'est assez
majeur.
Je vais citer le mémoire vite, vite... ce
n'est pas encore déposé, mais ils sont contre, ils sont contre, justement, cet
aspect-là du projet de loi, de ne pas... ça va à l'encontre de leurs intérêts.
Aussi, ils disent qu'invoquer des raisons de changements climatiques, ce n'est
pas nécessairement environnemental. C'est-à-dire, on peut avoir de l'énergie
propre, mais ce n'est pas nécessairement l'énergie qui est verte.
Alors, je voudrais vous entendre là-dessus
et s'il y a un choix à faire entre efficacité et prévisibilité et acceptabilité
sociale, dont chez les communautés autochtones. Où se trouve... où se
positionne Hydro-Québec?
La Présidente (Mme Blouin) : Vous
avez moins d'une minute pour répondre.
Mme Bouchard (Claudine) : ...un
peu difficile de me positionner sur quelque chose que je n'ai pas lu et que je
ne connais pas. Pour nous, les autochtones demeurent, j'ai dit plus tôt, dans
le cadre de notre stratégie de réconciliation, un partenaire primordial pour
faire tous nos projets, peu importe où ils se trouvent sur le territoire du
Québec. Donc, de toute évidence, pour nous, si nos partenaires autochtones ont
des préoccupations, on va travailler avec eux. Comme je disais tout à l'heure,
chaque communauté, chaque nation a des enjeux, des défis différents.
Hydro-Québec peut s'asseoir avec chacune d'entre elles pour s'assurer de mettre
en œuvre ce qu'on a besoin pour favoriser l'acceptabilité sociale de nos
projets.
Donc, on répète l'énergie qu'on produit au
Québec, elle est verte, bien entendu. La façon de le faire peut aussi favoriser
l'acceptabilité sociale et une façon de développer les projets qui sont
également inclus dans les principes du développement durable, donc l'équilibre.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci.
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe
d'opposition.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous trois. Merci d'être là ce matin, toujours très
apprécié. Nous, il y a un
article en particulier qui nous chicote un peu, puis
je pense que ça a été abordé par ma collègue, c'est le nouvel
article
introduit, là, par l'article 88... donc le nouvel
article 31.4.3 qui
dit que, dans un moment... «dans le cas où un projet de ministère participe à l'atteinte
des cibles gouvernementales en matière de lutte contre les changements
climatiques, etc., le gouvernement peut, de manière exceptionnelle et si le
ministre lui en fait la recommandation, démarrer les travaux plus rapidement.»
On a une grande discussion là-dessus. Évidemment qu'il y a des experts,
notamment M. Francoeur, M. Beauchamp, ils appellent ça l'article
Northvolt, en disant... finalement, c'est très politique, partisan, là, de dire :
Ça participe aux objectifs de changements climatiques. C'était ce qui était évoqué,
par exemple, dans le temps à Northvolt, c'était critiqué par d'autres
personnes.
Vous, est-ce que vous ne voyez pas
potentiellement un danger qu'un
article comme ça soit utilisé de manière
partisane par un gouvernement, peu importe sa couleur, ou par une opposition,
peu importe sa couleur, pour dire : C'est un peu... ce n'est pas très
clair, ça, les objectifs gouvernementaux en matière de lutte aux changements
climatiques?
Mme Bouchard (Claudine) :
L'article,
il est très précis et il identifie la portée de l'article, identifie les
travaux préalables, l'autorisation de travaux préalables, qui sont gérés en
conséquence, soumis à l'obtention du permis général. Alors, pour Hydro-Québec,
dans aucun cas cet article-là ne nous permettra de se soustraire à quelques
demandes d'autorisation ou obtention d'autorisation que ce soit, ou encore de
se soustraire au Bureau d'audiences publiques en environnement. Donc, il est
clair pour nous que ce n'est pas ce qui est visé à la lecture de cet article-là,
mais c'est plutôt de nous permettre de démarrer des travaux qui sont préalables
et nécessaires pour la bonne marche, la bonne planification d'un projet lié à
la transition énergétique. Et ces permis-là, bien, ils seront révoqués ou
encore reconnus si le permis ou l'obtention du permis pour le grand projet...
lorsqu'il arrive à terme, au moment de l'obtention de ce permis-là.
M. Leduc : Je suis d'accord
avec vous que c'est le...
Mme Bouchard (Claudine) : ...prise
de risque.
M. Leduc : ...c'est très
clair ce qui peut être démarré, là. Ça, il n'y a pas d'ambiguïté. Moi, mon
questionnement, c'est ce qui est moins clair, c'est le motif qu'on permet... qu'on
utilise pour permettre le démarrage anticipé sur l'atteinte des objectifs du
gouvernement. Ça, ça me semble assez politiquement flou et qui peut être perçu
de différentes manières. Puis on l'a vécu, notamment avec Northvolt, on le voit
peut-être des fois dans des projets à gauche, à droite dans le Québec. Vous ne
pensez pas que ça peut ouvrir des portes à de la politique?
Mme Bouchard (Claudine) : Pour
nous, la transition énergétique, c'est vraiment... ça passe par l'électrification.
Donc, notre plan d'action 2035 est clair sur nos intentions. Nos cinq
priorités sont très bien identifiées, dont celle d'accroître le nombre de
mégawatts. Et donc pour nous, cet article-là est tout à fait lié. Et il me
semble que l'article précise que cet article-là va vraiment être associé....
Mme Bouchard (Claudine) : ...à
la transition énergétique et non pas pour des promoteurs privés. Ce n'est pas
tout à fait comme ça que c'est écrit, mais c'est ce que ça veut dire. Mais là,
l'interprétation de l'article, je ne crois pas que c'est à moi de se
positionner là-dessus, mais nous, ce qu'on va... ce qu'on... la portée qu'on
veut donner à cet article-là, je répète, Hydro-Québec n'est pas ici pour
demander ou envisager quelque soustraction que ce soit aux exigences
environnementales, quelles qu'elles soient. On est ici pour trouver des façons
de moderniser la façon d'y arriver, de rendre ça plus efficace et d'accélérer
la façon d'arriver à faire des projets, les mettre en service pour la
décarbonation du Québec avec une bonne performance environnementale.
M. Leduc : Merci beaucoup.
Mme Bouchard (Claudine) : Merci.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup pour votre contribution à nos travaux. Alors, je vais suspendre
quelques instants, le temps d'accueillir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 43)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de l'Union des municipalités du Québec et je vous rappelle que
vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi on va procéder à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter d'abord et ensuite à commencer votre exposé.
M. Damphousse (Martin) : Merci.
Martin Damphousse, président de l'Union des municipalités du Québec et maire de
Varennes.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Charlotte Legault-Bélanger, conseillère aux politiques à
l'Union des municipalités du Québec.
M. Damphousse (Martin) : Donc,
Mme la Présidente de la commission, M. Benoit Charette, ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs,
Mesdames et Messieurs les membres de la commission, je vous remercie
sincèrement de donner à l'Union des municipalités du Québec l'opportunité de
vous présenter nos commentaires sur le projet de loi n° 81.
Je vous l'ai mentionné, je suis Martin
Damphousse, président de l'UMQ et maire de Varennes. Je suis accompagné de Mme
Legault-Bélanger.
L'UMQ se réjouit de la volonté du
gouvernement de reconnaître l'autonomie réglementaire des municipalités en
matière d'environnement. Il s'agit d'une avancée significative pour la
protection de l'environnement au Québec. Depuis 1972, l'article 118.3.3 de
la
Loi sur la qualité de l'environnement, la LQE, impose un mécanisme de préséance...
M. Damphousse (Martin) : ...limitant
les actions des municipalités en matière environnementale. Ce cadre législatif
oblige les municipalités à obtenir une approbation ministérielle pour toute
réglementation environnementale, même lorsque ses normes sont plus strictes ou
complémentaires aux normes provinciales. Le projet de loi corrige cette
situation et aligne le Québec sur les meilleures pratiques canadiennes, mettant
fin à une barrière historique en répondant à une demande phare de l'UMQ. En
reconnaissant l'autonomie des municipalités, le gouvernement leur permet
d'adopter des normes environnementales adaptées, spécifiées aux régions locales
administratives. Ce changement favorisera une action plus proactive et ciblée
en matière de transition climatique, une réduction des risques de poursuites
judiciaires, comme le démontrent les cas de l'Assomption et de Mercier, où des
règlements municipaux pertinents ont été jugés inopérants en raison du
mécanisme de préséance, un allègement du fardeau administratif, tant pour les
municipalités que pour le ministère de l'Environnement. Cela ne signifie pas
que les municipalités auront carte blanche pour autant. Les règlements
municipaux demeureront soumis à des règles de droit comme la raisonnabilité et
la conciliabilité. De plus, le projet de loi prévoit des exceptions spécifiques
où le mécanisme nécessitant une approbation ministérielle pourra être maintenu,
et ce, pour des enjeux stratégiques. Pour toutes ces raisons, nous recommandons
de maintenir les modifications à l'article 118.3.3 de la LQE pour
permettre aux municipalités d'exercer pleinement leurs compétences en
environnement.
Pour maximiser l'impact des modifications
législatives proposées, nous formulons les recommandations suivantes. Assurer
une entrée en vigueur des modifications dans un délai de deux ans afin
d'accélérer leur mise en œuvre. Actuellement, le projet de loi ne prévoit pas
de date d'entrée en vigueur. Retirer l'article 118.3.3.1 de la LQE et
plutôt modifier les décrets pertinents de la CMM pour éviter toute confusion
quant à la possibilité pour l'ensemble des municipalités du Québec de
bénéficier de la suppression du mécanisme de préséance. De plus, le projet de
loi propose une nouvelle procédure d'évaluation environnementale visant à réduire
au minimum les impacts environnementaux et sociaux associés au développement,
que ce soit dans un secteur particulier comme l'énergie éolienne ou sur un
territoire spécifique comme un parc industriel. À l'issue d'un processus de
consultation mené par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, le
BAPE, le gouvernement adoptera un décret qui établira des conditions claires et
précises d'acceptabilité environnementale et sociale pour encadrer les projets
futurs dans le secteur ou le territoire concerné. L'UMQ souligne l'importance
de prendre en compte les impacts cumulatifs sur l'environnement des activités
sur le territoire, notamment à l'échelle des bassins versants. En raison de
l'impact potentiel important du décret gouvernemental sur le tissu social et
les décisions en aménagement du territoire, l'UMQ est d'avis que le projet de
loi doit préciser que le décret du gouvernement n'a pas préséance sur les
décisions politiques en aménagement du territoire. Par ailleurs, afin d'éviter
que les délais liés à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement ne comprettent... ne compromettent l'atteinte des objectifs du
gouvernement du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques
et de transition énergétique, le projet de loi accorde au gouvernement un
pouvoir exceptionnel. Ce pouvoir lui permet d'autoriser la réalisation de
travaux préliminaires par un ministère ou par Hydro-Québec avant même que le
projet ne soit soumis à l'analyse du BAPE. L'UMQ reconnaît l'importance
d'accélérer certains projets publics ayant un impact environnemental positif
dans un contexte d'urgence climatique et rappelle que le milieu municipal fait
partie intégrante de la solution. C'est dans ce cadre que les municipalités
devraient pouvoir bénéficier d'une procédure accélérée pour leurs projets. En
effet, les délais importants...
M. Damphousse (Martin) : ...importants
liés à l'obtention d'autorisations environnementales ralentissent l'action
climatique locale et entraînent des coûts supplémentaires pour les
municipalités. Un régime d'autorisations environnementales adapté aux
municipalités devrait pouvoir faciliter les projets municipaux qui visent la
protection de l'environnement, l'adaptation au changement climatique et la
sécurité publique. Il est également nécessaire d'optimiser l'encadrement
environnemental des projets de construction de logements afin d'accélérer la
réponse à la crise de l'habitation qui sévit dans l'ensemble des municipalités
du Québec. L'UMQ suggère que la législation et la réglementation
environnementale soient revues dans une optique de cohérence, d'efficacité
accrue, de réduction des délais et d'atténuation de la lourdeur administrative
pour les municipalités.
• (10 h 50) •
En conclusion, la reconnaissance de l'autonomie
municipale est une avancée majeure pour la gouvernance environnementale au
Québec. Les municipalités, en tant que gouvernement de proximité, sont bien
positionnées pour répondre aux défis environnementaux et climatiques grâce à
des initiatives locales adaptées. Nous remercions le gouvernement de
reconnaître l'importance de cette autonomie et de permettre aux municipalités
de contribuer pleinement à la transition écologique. Merci à tous.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup pour votre exposé. Alors, on va débuter la période d'échange. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Tout d'abord, un beau bonjour à nos partenaires de l'UMQ. Toujours
un plaisir d'avoir votre écho, mais surtout toujours un plaisir de collaborer
avec vous. Nous avons des préoccupations communes à bien, bien des égards, et
je sais que le milieu municipal est très interpellé et intéressé à faire sa
part au niveau de la protection de l'environnement.
Vous avez mentionné, à juste titre, une
revendication de longue date au niveau de la reconnaissance de l'autonomie
municipale. Pour nous, c'est un engagement qui... qui était soutenu, là, dans
le temps de tenter de trouver la meilleure porte de passage ou la meilleure
façon de répondre à ces préoccupations-là, donc content que ce soit reçu
favorablement de votre côté.
En même temps, nous aurons l'occasion
d'entendre, au cours des prochains jours, des groupes qui s'inquiètent de
cette... de cette ouverture qui est... ou cette reconnaissance qui est faite au
niveau municipal. Que ce soit au niveau de l'entreprise, que ce soit au niveau
du secteur agricole, la crainte principale, c'est que le Québec soit divisé
dans une forme de fromage gruyère, c'est-à-dire des réglementations tellement
disparates d'une municipalité à l'autre que ce soit... que ce sera difficile
pour ces organisations-là ou pour leurs membres de s'y retrouver. Moi, je pense
que c'est une avancée qui était nécessaire, une avancée qui est importante,
celle qui est faite à travers le projet de loi n° 81. Mais comment pouvez-vous
rassurer les groupes qui pourraient être inquiets par rapport à cette... cette
ouverture?
M. Damphousse (Martin) : Sincèrement,
je pense que collectivement, on a un rôle à jouer le gouvernement, le milieu
municipal, les entreprises, la population pour améliorer le sort de
l'environnement. Et je vous dirais, on est particulièrement conscients que,
quand il y a des incidents qui se passent... Prenons l'exemple de déversements
sauvages dans le milieu agricole, on en observe malheureusement un trop puis on
est tout à fait conscients que vous avez des ressources limitées au ministère.
Le territoire est vaste, puis on en voit de plus en plus partout, puis l'exemple
de Mercier est un bel exemple où on pourrait réglementer. Mais en même temps,
sincèrement, il faut que ça cesse ces situations-là. Il y en a qui profitent de
situations puis ils font ça de façon détournée, mais honnêtement je pense qu'on
a une obligation de résultat. Puis je vois très mal comment des entreprises
s'opposeraient à une réglementation dans un contexte de protection de
l'environnement, protection des boisés, protection des terres agricoles,
protection des bandes riveraines, protection de nos cours d'eau, de nos nappes
phréatiques. Ça fait qu'honnêtement je vais les écouter attentivement et je
vais... je vais être très attentif à leur argumentaire, mais je suis vraiment
curieux de voir quel angle ils vont pouvoir prendre pour que, collectivement,
on travaille tous dans le même sens.
M. Charette : Je suis... je
suis d'accord avec vous. Cependant, ce sont des préoccupations qui nous seront
partagées. Donc effectivement, vous allez les entendre avec intérêt. C'est une
belle façon d'aborder la... leurs préoccupations pour garder un canal de
communication. Sinon, dans votre mémoire, vous avez aussi, de façon assez
détaillée, abordé la question de l'évaluation environnementale sectorielle ou
régionale. Vous avez...
M. Charette : ...régionale.
Vous avez peut-être eu l'occasion d'entendre Hydro-Québec juste avant vous.
Pour eux, c'est une avancée. Pour le gouvernement, c'est une avancée aussi pour
permettre de consulter la population avec une vue d'ensemble plus précise d'un
projet dans un secteur x. Peut-être insister davantage... c'est fait dans le
mémoire, mais pour qu'on ait le plaisir de vous entendre de vive voix, nous
expliquer davantage vos préoccupations ou la façon dont on pourrait collaborer
de façon plus directe sur ces enjeux-là, sur cette question-là.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais... Puis je vais probablement inviter Mme Charlotte Bélanger à
compléter. Mais je pense à... Depuis quelques années, on parle de plus en plus
de solaire ou d'éolien partout au Québec, et, même dans la grande région
montréalaise, où je suis, Marguerite-D'Youville, on est dans des études
environnementales justement pour voir la faisabilité d'aider Hydro-Québec à
produire davantage d'énergie verte. Mais on est souvent confrontés à une lourdeur
administrative, mais aussi une lourdeur d'examens environnementaux qui prennent
souvent énormément de temps. Donc, dans une approche d'une meilleure
souplesse... Puis je regarde l'érosion des berges. Je suis aussi sur le bord du
fleuve, puis on le voit partout le long du fleuve, mais partout le long des
rivières il y a eu une accélération. Puis, quand on veut tenter de stopper ou
d'amoindrir l'effet de l'érosion, bien, on nous dit souvent que c'est des
études qui peuvent prendre jusqu'à trois ans de délai, qui peuvent représenter
pour Varennes 1 million de dollars de coûts, sans aucune certitude qu'on
aura une réponse favorable pour pouvoir initier des travaux. Ça fait que dans
ce contexte-là, je vous dirais que ces éléments-là seront assurément aidants.
Mais je ne sais pas si Mme Bélanger a
peut-être un exemple additionnel pour vous.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Oui, merci. En fait, la nouvelle évaluation
environnementale stratégique régionale va permettre de prendre en compte les
impacts cumulatifs de différents... de plusieurs projets à venir projetés sur
un territoire ou un secteur. Donc, évidemment, l'UMQ est favorable à ce
volet-là, de prendre en compte les impacts cumulatifs, que ce soit à l'échelle
d'un corridor écologique, d'un bassin versant, particulièrement. Toutefois...
Donc, après le processus d'un BAPE, il va y avoir un décret pris par le
gouvernement, et puis un décret est fixe dans le temps. Donc, il va pouvoir
identifier des conditions d'acceptabilité sociale, d'acceptabilité
environnementale.
Toutefois, avant que les projets se
réalisent, il peut y avoir un délai important, et puis c'est pour ça qu'on
souhaite s'assurer que le projet de loi vienne spécifier que les décisions en
aménagement du territoire, qui, elles, sont évolutives, et aussi les conditions
d'acceptabilité sociale, qui peuvent être évolutives également, puissent être
prises en considération, donc que le décret n'ait pas préséance sur les
décisions en aménagement du territoire à travers le temps.
La Présidente (Mme Blouin) : Donc,
je crois que le député de Masson souhaite intervenir.
M. Lemay : Très bien. Merci.
Bonjour, content de vous retrouver ici en commission aujourd'hui. Vous avez
pu... abordé plusieurs sujets, parce que, bien entendu, il y a plusieurs sujets
qui sont abordés par ce projet de loi là. J'aimerais peut-être vous entendre,
là, tout d'abord, là, sur les milieux humides et hydriques, là, parce que vous
avez mentionné, je crois que c'est à la page 8 de votre mémoire, là, que...
votre recommandation numéro 5, que j'ai cru comprendre qu'il y avait peut-être
un manque de clarté... J'essaie de juste retrouver, là, votre recommandation
numéro 5, là. Vous dites, là, dans le fond, que vous voudriez qu'on modifie le
règlement pour les milieux humides et hydriques justement pour soustraire au
paiement d'une compensation pour l'atteinte à un milieu humide et hydrique des
travaux de mise aux normes de barrages municipaux. Ça, c'est votre
recommandation. Mais, dans votre texte que vous faites... dans votre mémoire,
vous semblez dire, là, qu'il y aurait d'autres adaptations qu'on pourrait faire
au projet de loi. Est-ce que vous pouvez nous donner plus de détails, s'il vous
plaît?
M. Damphousse (Martin) : Là,
on rentre dans des éléments tellement spécifiques que je vais référer à notre
experte à l'union.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Bien, pour... pour le... juste pour bien comprendre la
question, c'est pour les recommandations qui ont trait aux milieux humides et
hydriques, là, donc?
M. Lemay : Oui, s'il vous
plaît.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Oui. Bien, en fait, c'est qu'en ce moment, quand il y a
une atteinte à un milieu humide et hydrique, ça va dans un fonds, et puis ces
fonds-là sont retournés, là, à travers un programme de restauration et de
création de milieux humides et hydriques.
Oui, allez-y.
M. Lemay : C'est peut-être
plus dans... Parce que dans le fond, à la page 8 de votre mémoire, là, vous
parlez qu'avec le volet 2 du programme, quand vous voulez faire l'acquisition
de terrains, dans le fond, là, vous êtes limités, parce que, par le moment...
ou, si vous avez une opportunité d'achat, versus l'obtention des autorisations
environnementales, vous dites que dans le fond ça vient perturber le travail.
Ça fait que... peut-être plus de précisions sur ce côté-là, parce que vous
sembliez dire que... dans le fond, vous dites qu'il y a un manque de clarté
dans les critères d'admissibilité. ...
M. Lemay : ...critères
d'admissibilité. Ça fait que si vous voulez un peu nous donner une piste de
solution.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Oui. En fait, je crois que le ministère de
l'Environnement a commandé aussi un rapport à Réseau Environnement pour faire
l'analyse de ce programme-là parce qu'effectivement les... il y a un problème
de décaissement des sommes. Donc, c'est dans une optique, là, d'accélérer les
projets de restauration et de création de... que les sommes soient décaissées
que l'Union des municipalités du Québec fait ces recommandations-là. Donc,
effectivement, pour l'acquisition des terrains, il y a une certaine part, là,
de l'acquisition qui est remboursée à travers le programme, mais il y a... ça peut...
il n'y a pas la politique rétroactive et il n'y a aucune assurance non plus que
ce soit remboursé. Donc, c'est sûr que c'est rébarbatif pour une municipalité
étant donné que l'identification du terrain et l'acquisition est une des
étapes... des premières étapes, là, à un projet de restauration et de création
de milieux humides et hydriques.
• (11 heures) •
M. Lemay : Parfait. Merci
pour ces précisions. Puis je vous emmènerais maintenant pour les véhicules zéro
émission. Dans le fond, on veut faire l'élargissement aux véhicules plus
lourds, si on veut, et puis vous venez de dire, aux recommandations 10 et
11 dans votre mémoire, là, dans le fond, que vous avez des inquiétudes, vous
voudriez même qu'on crée un programme spécifique pour les municipalités, c'est
ce que vous mentionnez à votre recommandation 11. Est-ce que vous voulez
nous donner un peu plus de détails sur comment vous voyez cette mise en œuvre
ou cette création de ce programme-là? Parce que, tu sais, on s'entend qu'on a
déjà Écocamionnage, que, bon, on est... on a épuisé les sommes, on a atteint
une nouvelle mise à jour, mais, si vous avez un angle plus spécifique pour les
municipalités, je suis prêt à vous entendre.
M. Damphousse (Martin) : Mme
Bélanger.
Mme Legault-Bélanger (Charlotte) :
Oui. En fait, c'est... Il n'y a pas actuellement de programme dédié, là,
aux municipalités avec des sommes réservées, donc c'est sûr qu'au niveau de la
prévisibilité ce serait vraiment un atout, qu'il y ait un programme qui vise
particulièrement les besoins municipaux, qui ne sont pas les mêmes
nécessairement que d'autres, d'autres organismes ou partenaires. Je vous donne
un exemple. Des camions de déneigement, ça nécessite une action rapide sur le
terrain. Donc, il y a des... il y a des réflexions qui doivent se poser par
rapport à l'autonomie de ces camions-là, les camions nacelles, les camions de
pompiers. Il y a plusieurs types de camions spécifiques qui sont utilisés par
les municipalités. Et puis on... l'UMQ accompagne ses membres, là, aussi à
travers un parcours de décarbonation de leur flotte de véhicules, des
regroupements d'achats pour les véhicules et les camions électriques, et puis
on le voit, là, des coupures comme Écocamionnage ou transport vert, ça affecte,
là, réellement et concrètement l'électrification en cours, là, du milieu
municipal. Donc, d'avoir une prévisibilité et puis des... un programme qui est
réfléchit pour les besoins particuliers des municipalités, c'est ce qu'on... ce
qu'on demande.
M. Lemay : D'accord, c'est
bien compris. Puis, puisqu'il nous reste encore un peu de temps, je reviendrais
à ce que vous avez parlé, M. Damphousse, en entrée de jeu avec
l'article 118.3.3. Vous sembliez dire que vous étiez ravi par les
modifications proposées par le projet de loi n° 81 en termes de
l'article 102.3.3. Est-ce que vous voulez préciser davantage? Là, dans le
fond, est-ce qu'il y aurait des... Est-ce que vous considérez que les
municipalités auraient des intérêts accrus à prendre des règlements maintenant qu'on
a... Dans l'éventualité que cet article-là serait adopté, est-ce que vous
croyez qu'il y aurait un engouement par les municipalités à prendre des
règlements municipaux?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, on l'a déjà vu actuellement à travers le Québec, dépendamment des
régions, où des municipalités tentent de raffermir leurs règles
environnementales puis peu importe leurs motifs. Mais, malheureusement, on
était pris avec l'autorisation gouvernementale ou ministérielle par-dessus ces
règlements-là. Mais, à partir du moment où on viendra, dépendamment des
milieux, dépendamment des régions, vouloir améliorer les protections, puis je
pense... Je vais vous donner juste l'exemple des eaux souterraines. Il y a des
secteurs du Québec qui sont plus à risque. Si le milieu municipal, dans ces
régions-là, souhaite avoir un élément plus sévère que le gouvernement, bien là,
de ne plus avoir la préséance ministérielle, c'est un atout assuré. Puis je
vous dirais qu'il y a plusieurs municipalités qui veulent donner l'exemple, qui
veulent assumer un leadership, ça fait que ce projet de loi là sera idéal pour
eux.
M. Lemay : Donc, on suivra ça
attentivement. Je pense que M. le ministre voudrait réintervenir à ce stade.
La Présidente (Mme Blouin) : ...M.
le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Vous parliez tout à l'heure de la durée de la procédure
d'évaluation environnementale. Par moment, c'est effectivement très long. On
comprend que ça peut être problématique autant pour les promoteurs que pour le
ministère de l'Environnement. C'est beaucoup, beaucoup d'efforts, de part et
d'autre, d'arriver à autoriser ultimement un projet. C'est la raison pour
laquelle il y a plusieurs articles qui abordent cette question-là dans le
projet de loi. On a...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Charette : ...tout à l'heure
des évaluations sectorielles régionales. On a parlé naturellement des projets d'énergies
renouvelables. Mais c'est aussi la façon d'utiliser le BAPE qui est maximisé
dans le projet de loi pour, justement, permettre à la population, aux
populations locales de se prononcer plus rapidement dans la procédure. Et
naturellement, comme municipalité, vous êtes en contact avec ces citoyens-là,
citoyennes là, comment voyez-vous ce nouveau rôle, que ce soit du BAPE ou
encore cette nouvelle formule de consultation de la population pour nous
assurer de l'adhésion et de la... l'adhésion des populations locales au
développement des projets, là, d'énergies renouvelables?
M. Damphousse (Martin) : Mais
je vous dirais que, personnellement, j'y vois un avantage important. Puis ce
que je comprends aussi, c'est qu'au-delà du BAPE Hydro-Québec ou le
gouvernement auront quand même la possibilité d'initier des travaux pour,
justement, accélérer le processus, ce qui est une excellente chose. Ça ne veut
pas dire qu'on termine les travaux, mais il y a des éléments, que ce soit du
déboisement ou des accès qui peuvent être facilitants, mais on peut gagner
facilement six mois. Puis avec les... la température qu'on connaît au Québec,
bien, des fois, on peut sauver une année complète parce qu'on est capables de
prévenir des travaux au préalable, sans négliger l'approche du BAPE et de la
consultation. Je ne vois ça que positivement.
M. Charette : Et
naturellement tout ça est balisé. Naturellement, il y a une quête d'efficacité
aussi. Mais je pense, compte tenu de votre rôle et de nos préoccupations, le
fait que cette population-là, que les populations soient consultées plus
hâtivement, là, dans l'évaluation des projets sera un gain. Donc, je regarde,
là, il reste quelques secondes tout juste. Encore une fois, un gros merci pour
votre éclairage, toujours un plaisir. Et je vais entendre avec autant d'intérêt
les questions de mes collègues de l'opposition et naturellement vos réponses.
Et ce n'est que
partie remise pour poursuivre notre collaboration sur ces
enjeux-là. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors, je sais maintenant la parole à Mme la députée
des Mille-Îles.
Mme Dufour : Pour un temps
La Présidente (Mme Blouin) : 12
min 22 s.
Mme Dufour : Parfait. Merci, M. Damphousse
et Mme Legault Bélanger, pour votre présentation et les échanges fort
intéressants. Vous avez mentionné, M. Damphousse, 1 million de
dollars pour les évaluations environnementales pour un projet à Varennes. Vous
avez parlé, là, d'un délai de trois ans. 1 million, ça, c'est pour l'ensemble
du processus, pour obtenir l'attestation ou l'autorisation de faire les
travaux?
M. Damphousse (Martin) : C'est
l'estimation de nos services pour les études. Mais on a un grand Parc de la
Commune le long du fleuve, là, on n'a pas juste 50 mètres de berges, là.
On a un...
Mme Dufour : Mais c'est quand
même... C'est des sommes considérables.
M. Damphousse (Martin) : C'est
conséquent. Puis en fait, le plus grand défi, c'est que, nonobstant ces sommes-là
et ces études-là, on n'a pas de certitude que ce qu'on proposera sera retenu.
Bon, le fleuve, c'est complexe. Il y a le fédéral qui se joint à ça, mais c'est
des délais qui sont importants. Puis l'érosion des berges, partout le long du
fleuve, on connaît des records historiques d'érosion puis on veut tenter de
stopper l'hémorragie avec les meilleures techniques qui existent, mais c'est
lourd, long et coûteux. Puis là on n'a pas fait les travaux encore. Donc, oui,
vous aviez bien compris.
Mme Dufour : Donc, c'est
énormément d'argent pour... Vous avez un budget d'environ?
M. Damphousse (Martin) : 60
millions à Varennes.
Mme Dufour : Donc, c'est
énormément d'argent pour un budget de 60 millions. Vous savez que je viens
d'une ville qui avait un peu... un peu plus de budgets, mais c'est énorme.
Donc, et on peut imaginer que ça... rébarbatif pour des petites municipalités
dont les budgets sont beaucoup moindres que le vôtre.
Et donc vous avez mentionné que vous
demandiez la création d'un régime particulier d'autorisation environnementale
pour les municipalités, qui était recommandé d'ailleurs dans le Livre vert du
gouvernement du Québec, qui avait été fait en 2015, et c'était le ministre
David Heurtel, le ministre libéral David Heurtel, qui avait signé ça. Qu'est ce
qui fait que ça ne s'est pas fait, ce régime-là, depuis? J'imagine que ça
aurait été bénéfique, et on aurait réduit la facture pour Varennes.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est une bonne question. Je ne suis pas sûr d'être la meilleure personne pour
vous expliquer pourquoi ça ne s'est pas fait. On se souvient très bien de cette
recommandation-là à laquelle l'UMQ était favorable. À partir du moment où on
réussit collectivement ensemble, là, tout le monde ensemble, à réduire des
échéanciers, ce qui amènera une réduction des coûts qui amènera une plus grande
efficacité, on sera toujours favorables. On comprend que le contexte d'analyse
gouvernementale est... Personne ne va vous dire que c'est simple, là, on
comprend. Puis, parce qu'on est dans le fleuve, il y a aussi le fédéral qui est
impacté, donc c'est encore plus compliqué. Mais si on était capables... puis c'est
un peu le message qu'on envoie à tout le monde, là, si on était capables de
réduire les délais, tout le monde...
M. Damphousse (Martin) : ...j'ai
bien dit : Tout le monde va y gagner.
Mme Dufour : C'est ça. Puis,
dans votre mémoire, là, vous mentionnez des exemples, des parcs, l'entretien de
cours d'eau, les pistes cyclables, décontamination de terrains. Donc, il y a
beaucoup de choses qui... Puis, comme vous l'avez dit, là, aussi, prévention,
adaptation aux changements climatiques, prévention de l'érosion. Ce sont des
actions qui devront être prises de toute façon. Donc, peut-on alléger ça? Donc,
je comprends, là, qu'il faudra travailler là-dessus. Et ce que je comprends,
c'est que le projet de loi ne vient pas corriger ces éléments-là, là, ici, là.
• (11 h 10) •
M. Damphousse (Martin) : Bien,
améliore assurément certains éléments, comme par exemple, je l'ai mentionné
tantôt, qu'on n'ait plus préséance du ministre pour de nouvelles règles
environnementales du milieu municipal, qui rendent même plus sévères, c'est
déjà un gain important. Mais soyons francs aussi, là, je suis maire depuis 16
ans déjà, mais il y a eu une accélération des discussions communes sur
l'adaptation aux changements climatiques. Il y a 10 ans, on n'en parlait pas ou
vraiment très peu. Mais, dans les dernières années, on est tous bousculés par
le climat. Mais donc il faut donc réussir à travailler mieux, plus rapidement,
et ce n'est pas un défi qui est simple. Le milieu municipal sera le meilleur
collaborateur, mais on ne peut plus laisser les berges se faire gruger comme ça
sans être capable d'intervenir. Puis il y a des régions où c'est des routes
complètes, c'est des autoroutes. Ça fait que c'est pour ça que le timing est
bon, mais continuons, là, ne lâchons surtout pas, là.
Mme Dufour : Il faut faire
même mieux. Puis, d'ailleurs, trois ans, que vous mentionnez, là, le délai
estimé, là, dans votre cas. Bien, pour... en trois ans, aux
Îles-de-la-Madeleine, là, il y a des rues qui peuvent disparaître, là, donc,
tellement c'est grugé. Puis mon collègue ici pourra peut-être en parler.
Je vais vous amener ailleurs
complètement : les véhicules lourds. Donc, on... je vais... on en a
discuté, là, vous en avez discuté avec la
partie gouvernementale. Moi, ma
question, c'est... puis, vous savez, je viens du municipal, puis, à l'époque,
on commençait à regarder ça, mais le marché est-il mature aujourd'hui, en 2025,
pour les travaux lourds que font les municipalités, le déneigement en région
par exemple? Est-ce que vraiment on a des camions électriques qui sont capables
de faire ce travail-là, que les municipalités, là, doivent donner comme
services, là?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est une bonne question. Ce qu'on observe, c'est que le marché progresse.
Est-ce qu'on aurait aimé qu'il progresse plus vite? Est-ce qu'on aurait aimé
que les déboires qu'a connus Lion ne soient jamais arrivés? Bien sûr, mais je
pense qu'il ne faut pas lâcher.
Varennes est encore un bel exemple. On a
fait l'acquisition du premier véhicule 100 % électrique incendie. Il y a
deux villes canadiennes qui l'ont acheté : Toronto et Varennes. Il sera
livré dans quelques mois. Mais ce sont des exemples. Ce sont des initiatives
qu'on veut continuer à promouvoir parce que ça influence. Le milieu municipal
est une organisation qui influence beaucoup sa population dans ses bonnes
actions, dans le volet environnemental, la protection. Donc, c'est pour ça
que... Je ne dis pas que demain matin on aura tous les loaders de ce monde
100 % électriques avec une autonomie de 10 heures, une journée complète,
je ne pense pas que ça va arriver, mais il y a sûrement des façons de
fonctionner. On a l'avantage que, le milieu municipal, on est limités dans un
territoire qui est notre ville. Puis très souvent, quand nos employés viennent
dîner, bien, ils peuvent se recharger. Ça fait qu'il y a assurément de bonnes
pratiques. Mais c'est sûr que ce n'est pas demain matin que le camion de rêve
pourra répondre à tous les besoins municipaux, mais il ne faut pas lâcher.
Mme Dufour : Non. Et je vous
félicite pour... de prendre des risques avec les véhicules... un véhicule de
pompiers. Mais nous, à Laval, on l'avait fait pour le premier autobus...
autobus urbain électrique, et je peux vous dire qu'il n'a pas beaucoup roulé la
première année ni la deuxième. Donc, c'est... c'est le risque, hein, quand on
est dans les premiers. Et donc ça prend quand même plusieurs années avant que
le marché soit vraiment mature, et on... en tout cas, moi, ma... de ce que je
vois, présentement ça ne semble pas être le cas. Mais il y a d'autres
technologies qui sont peut-être plus adaptées aux usages : l'hydrogène, le
gaz naturel. Est-ce que ça, c'est des choses que vous regardez aussi?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est sûr que oui. Je ne veux pas parler de Varennes parce que, c'est ça, ce
n'est pas l'objectif, mais il y a deux centrales d'hydrogène qui sont en
construction et les deux sur notre territoire, mais pas parce que ça aura lieu
que demain matin les véhicules seront adaptés, fonctionnels pour répondre à
tous les besoins et que l'alimentation sera facile. Mais que ça soit
l'électrique, que ça soit l'hydrogène, que ça soit d'autres sources, je pense
qu'il faut juste rester ouvert. Mais, encore une fois, le risque que Laval a
pris à l'époque, le risque que Varennes prend maintenant... Il y aura toujours
des municipalités au Québec qui voudront le prendre, le risque. Puis, quand ça
marche bien, bien, ça va donc s'accélérer. Si ça marche moins bien, bien, on
l'aura essayé. Puis je ne vois pas beaucoup de membres de la population qui
vont nous dire : Mais vous n'auriez jamais dû faire ça...
M. Damphousse (Martin) : ...pense
qu'ils sont favorables à ce qu'on prenne des initiatives de ce genre-là. On le
sent donc on va continuer.
Mme Dufour : Oui. C'est...
C'est sûr que c'est plus facile, comme élu municipal, de prendre une décision
comme ça quand il y a des aides gouvernementales. Et là je vais parler du
programme Écocamionnage. Vous mentionnez donc qu'il y a... ça a un impact
négatif, là, sur l'électrification en cours de la flotte... des flottes
municipales. Est-ce qu'il y a des exemples de projets, là, que vous savez qui
ont été mis sur pause ou même des pertes financières qui sont encourues
actuellement avec la pause du programme?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je n'ai pas d'exemples concrets, mais on peut facilement imaginer que dès qu'un
programme est arrêté, peu importe lequel, il y a un ralentissement. Puis c'est
un peu normal. Que ce soient les subventions pour les véhicules électriques, on
voit l'effet. Mais celui... l'Écocamionnage, je suis convaincu que ça fait un
peu la même chose. Mais reste que, si un programme comme celui-là est fermé ou
abandonné, bien, c'est en espérant qu'il y en ait un autre peut-être mieux
adapté à la réalité d'aujourd'hui, mais j'ai confiance qu'on trouve des moyens
ensemble pour continuer à maintenir l'incitatif pour aller, pour avoir un
Québec encore plus vert.
Mme Dufour : O.K. Je vais
venir à votre recommandation deux, donc, la deuxième, où vous demandez de
limiter à deux ans, dans le fond, suivant l'adoption du projet de loi, l'entrée
en vigueur des modifications apportées à l'article 118.3.3. Pourquoi
c'est... c'est important? Est-ce que vous craignez que ça n'entre pas en
vigueur dans les... Tu sais, dans le fond, vous aimeriez avoir un horizon, là,
je comprends, mais...
M. Damphousse (Martin) : Bien,
vous aurez compris que, bon, on dit deux, si c'était un an, on serait très
contents. Mais, si, au final, c'est trois, mais qu'on fixe une date, on a un
horizon qui est clairement défini, bien, vous l'avez mentionné, c'est parce
qu'on veut s'assurer que ce projet-là voit le jour. Fixons ensemble une date
qui sera confortable pour tout le monde, mais fixons-en une. On a proposé deux
ans, mettez-la à deux ans et demi, on ne sera pas fâchés, mais juste d'en fixer
une, pour nous, c'est important.
Mme Dufour : Parfait. Et
votre...
(Interruption) Pardon. Votre
recommandation trois, où là, vous parlez de la CMM et vous demandez de retirer
l'article 118.3.3.1 et mettre à jour les décrets spécifiques. Vous avez
passé très rapidement là-dessus. Dans votre mémoire, on le survole aussi. Peut-être
me l'expliquer un peu plus, là, qu'est-ce qu'on... qu'est-ce qui ne marche pas
avec l'article 118.3.3.1?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, je sais que la CMM a des avantages que le reste du Québec n'a pas. Ça
fait qu'on veut juste harmoniser ça. Mais je vais laisser Mme Legault-Bélanger
vous donner les détails.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Oui. Puis, en fait, la Communauté métropolitaine de
Montréal et puis la ville de Montréal partagent cette recommandation. Donc,
c'est simplement pour clarifier puis enlever toute ambiguïté, là, du fait que
l'ensemble des municipalités du Québec vont pouvoir bénéficier de l'abrogation
du mécanisme de préséance. Et, effectivement, comme M. Damphousse l'a
mentionné, la CMM a obtenu historiquement un décret pour les questions
d'assainissement de l'atmosphère et la gestion des eaux usées, donc c'est...
c'est la formulation. Tu sais, à travers l'article et le libellé, on fait aussi
référence à une ancienne loi qui n'existe plus nécessairement. Donc, c'est la
forme et c'est la solution la plus simple, en fait, qui a été identifiée par
nos trois organisations.
Mme Dufour : O.K., parfait,
merci. Il me reste juste une question... bien, en fait, une minute. La
préséance. Dans le fond, quand vous dites : «Le projet de loi doit
préciser que le décret du gouvernement n'a pas préséance sur les décisions
politiques en aménagement du territoire», est-ce que... C'est quoi votre
crainte exacte, là, de... si, ça, ce n'est pas... ce n'est pas en vigueur?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
ma version, c'est qu'à partir du moment où un milieu municipal adopte une
réglementation plus sévère, bien, qu'on n'ait pas un gouvernement, un ministère
qui vienne ne pas la reconnaître. Donc, cette préséance-là, on souhaite juste
avoir les points pouvoirs de notre autonomie municipale, surtout en
environnement. Puis c'est vers où le projet de loi p.l. 81 va. C'est
exactement ce qu'on souhaite.
Mme Dufour : O.K. Puis est-ce
qu'il y a un exemple de projet qui pourrait être problématique, selon vous?
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : C'est ça. Pour l'évaluation environnementale stratégique
régionale, en fait, c'est un décret est fixe dans le temps, donc. Et pour
plusieurs projets, on ne connaît pas la granularité des futurs projets au
moment où il va y avoir un BAPE à l'échelle d'une région ou d'un secteur.
La Présidente (Mme Blouin) : Merci
beaucoup. C'est tout le temps qu'on a. La parole maintenant au porte-parole du
deuxième groupe d'opposition pour une durée de quatre minutes 8 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous deux. Quelle expérience... ou quel bilan, plutôt,
faites-vous de l'expérience Northvolt en matière de procédure environnementale?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais que les mieux placés seraient les deux municipalités
concernées...
M. Damphousse (Martin) : ...honnêtement,
l'UMQ a toujours plaidé l'autonomie municipale et l'UMQ ne s'est jamais ingérée
dans des dossiers très précis qui concernent soit des régions ou des villes.
Donc, on n'a pas de recommandation en lien avec ça. Mais, honnêtement, si vous
souhaitez avoir l'opinion des gens concernés, je vous invite à parler aux deux
maires concernés, mais l'UMQ ne se prononce pas dans des dossiers comme
ceux-là.
• (11 h 20) •
M. Leduc : Je comprends. Je
vous posais la question, parce que vous avez peut-être vu, il y a deux experts,
dont M. Francoeur, qui ont évoqué, dans leurs mémoires, un
article qu'ils ont
eux-mêmes baptisé l'article Northvolt, qui permet, dans le fond, de déroger à
la pratique habituelle pour commencer des travaux préliminaires, si le
gouvernement juge que c'est conforme avec ses objectifs de réduction de gaz à
effet de serre, de lutte aux changements climatiques. On a vu, donc, dans
l'exemple Northvolt, que c'était sujet à débat, on va le dire comme ça, que
cette usine-là allait remplir des objectifs de réduction de GES. Alors, nous,
on a la crainte, peut-être partagée avec M. Francoeur et son collègue M. Beauchamp,
que le gouvernement, là, est en train de donner des largesses sur des bases
très politiques, très partisanes. Est-ce que vous n'avez pas un peu cette
crainte-là aussi?
M. Damphousse (Martin) : En
fait, on ne le voit pas comme ça. Puis j'ai donné des exemples tantôt où on
pourrait permettre à Hydro-Québec, entre autres, d'initier des travaux. Puis
l'exemple que je donnais, c'est du déboisement. On le sait que, dans certaines
régions au Québec, il y a des périodes pour faire certaines actions, sans ravager
un secteur, ce qui est important. Mais, si on peut gagner du temps en
permettant ça, c'est de cette façon-là que je trouve ça tout à fait sain. Mais
je ne me prononcerai pas spécifiquement sur le projet Northvolt, je l'ai
mentionné tantôt, je vais le répéter.
M. Leduc : Parfait. Dans
votre mémoire, vous faites référence à des budgets que vous souhaitez accrus et
avec un peu plus de largesse d'autonomie sur la transition énergétique des
municipalités, la recommandation 11, je pense. Pouvez-vous nous en parler un
peu dans le temps qui nous reste?
M. Damphousse (Martin) : Mme
Legault-Bélanger.
Mme Legault-Bélanger
(Charlotte) : Oui, mais, en fait, c'est ca, à l'union, on accompagne
nos membres, là, pour faire leur transition énergétique. Donc, le parcours de
décarbonation, par exemple, vise autant les bâtiments municipaux que leur
flotte de véhicules. Donc, on vise vraiment à utiliser le dollar... à investir
le dollar là où il va avoir le plus d'impact sur la réduction des GES. Donc,
parfois, ce sera l'électrification, autrement, ça pourrait être l'hydrogène.
Donc, on vient vraiment regarder la situation de la municipalité. Et c'est sûr
que le service a été mis en place, parce qu'il y avait effectivement un besoin,
là, c'est complexe, ça nécessite beaucoup de changements puis, notamment, la
réflexion, à quel endroit on met les bornes électriques, il y a des pistes
cyclables, il y a il y a énormément d'enjeux au niveau de l'aménagement du
territoire, des multilogements également. Donc, il y a des enjeux d'espace dans
les milieux denses. Ce sont des exemples de réflexion que les municipalités
doivent se poser à l'heure actuelle.
Et puis, donc, effectivement, gestion du
changement, également, pour les cols bleus, les mécaniciens, l'installation de
nouveaux équipements. Donc, c'est pour ça qu'on demande un programme vraiment
dédié pour répondre aux besoins des municipalités qui sont spécifiques.
M. Leduc : Puis il y a aussi
des golfs. Il y a beaucoup de golf à vendre, que les municipalités aimeraient
acheter, y a des rachetés puis, des fois, c'est des prix exorbitants, puis ça
va basculer à des privés qui vont probablement faire des condos... Donc, c'est
un peu plus d'autonomie, un peu plus de prévisibilité dans votre financement,
que vous souhaitez pour ça. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Blouin) : Un
grand merci à vous pour votre contribution à nos travaux.
Maintenant, je vais suspendre quelques
instants pour accueillir le nouveau groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 23)
(Reprise à 11 h 27)
La Présidente (Mme Blouin) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de la Fédération québécoise des municipalités. Je vous rappelle
que vous disposez d'une dizaine de minutes pour votre exposé, après quoi on va
procéder à la période d'échange avec les membres de la commission. Alors, je
vous invite tout de suite à vous présenter et à enchaîner avec votre exposé.
M. Tardif (Antoine) : Parfait.
Merci beaucoup, Mme la Présidente, M. le ministre, content de vous voir.
Membres de la commission, c'est un plaisir d'être avec vous. Donc, je suis
Antoine Tardif, maire de Victoriaville et premier vice-président de la
Fédération québécoise des municipalités, et aujourd'hui je suis accompagné de
Mélanie Harvey, conseillère à la FTM, et de Pierre Châteauvert, directeur des
politiques à la Fédération québécoise des municipalités.
On vous remercie pour l'opportunité de
venir présenter notre mémoire. Vous savez, la FTM, ça représente 1 050
municipalités partout au Québec, sur une base volontaire. Donc, on est un allié
de tous les instants du gouvernement et du ministère de l'Environnement. Et on
est persuadé que les préoccupations qu'on va soulever aujourd'hui et les propositions
qu'on a incluses dans notre mémoire pourront faire leur chemin auprès du
gouvernement et de l'ensemble des élus à l'Assemblée nationale.
On va se le dire, le projet de loi est
dense. On y retrouve plusieurs modifications de lois sous la responsabilité du
ministre. Vous me permettrez d'abord seulement de traiter quelques sujets, mais
vous avez toute l'information dans le mémoire, et ça nous fera plaisir de
répondre à vos questions.
D'entrée de jeu, la Fédération québécoise
des municipalités accueille très favorablement les modifications apportées à
l'article 118.3.3 de la LQE et la volonté du ministre de reconnaître le
rôle fondamental et le leadership des municipalités en matière de protection de
l'environnement. C'était une demande prioritaire de la FTM. Toutefois, on est
d'avis qu'il y a des modifications qui s'imposent à la proposition législative
puis qu'on va discuter ensemble aujourd'hui.
Tout d'abord, au niveau de la préséance.
L'actuel
article 118.3.3 de la
Loi sur la qualité de l'environnement
prévoit la préséance des règlements adoptés en vertu de la LQE sur les
règlements municipaux portant sur le même objet, retirant ainsi aux
municipalités la possibilité d'être plus sévères...
M. Tardif (Antoine) : ...en
fonction des particularités de leur territoire.
L'article 149 du projet de
loi prévoit remplacer le principe de préséance, la notion de «même objet» et la
mécanique d'approbation par le ministre prévue à l'article 118.3.3 de la
LQE par une habilitation réglementaire. Lorsque jugée nécessaire, cette
habilitation permettrait de réinscrire le principe de préséance en tout ou en
partie et sans possibilité d'approbation du ministre à l'intérieur des
règlements provinciaux ciblés. En l'absence d'une telle inscription, le
principe général de la conciliabilité s'appliquerait. Ainsi le règlement
municipal et le règlement du gouvernement s'appliqueraient tous les deux dans
la mesure où les dispositions réglementaires appliquées par les municipalités
ne seraient pas incompatibles avec la réglementation québécoise.
• (11 h 30) •
Bien que la FQM salue les changements
proposés en regard de la préséance qui auront un impact significatif, on est
convaincu, au niveau de l'adaptation aux changements climatiques dans toutes
les régions du Québec, la FQM insiste sur la nécessité de maintenir dans
l'ensemble des règlements la possibilité pour une municipalité ou une MRC de
demander une dérogation au ministre advenant l'impossibilité de respecter le
principe de conciliabileté ou pour aller au-delà du principe de préséance dans
les règlements où le principe serait inscrit. Considérant la diversité des
territoires et des situations, le climat qui est changeant, il est nécessaire
de prévoir un mécanisme à la loi pour des cas exceptionnels où une dérogation à
la norme prescrite serait la meilleure, voire la seule avenue, en raison des
particularités territoriales.
Au niveau des milieux humides, sur un
autre plan, la FQM est en désaccord avec les modifications envisagées sur
l'affectation des sommes payées en compensation pour l'atteinte des milieux
humides et l'approche qu'elle sous-tend. Lors de la mise en place du régime de
compensation, il y avait été convenu et accepté que les sommes payées en
compensation seraient réinvesties le plus près possible du site où les milieux
humides et hydriques ont été atteints. On parle là des municipalités, puis des
MRC, puis des bassins versants. Il s'agit donc d'un changement de cap qui est
difficile à comprendre de la part du gouvernement. Pour justifier sa mesure, le
ministère relève que certaines sommes versées en compensation n'ont toujours
pas été utilisées par les MRC après quelques années, et c'est tout à fait vrai.
Or, bien que l'ensemble des MRC ont déposé leur plan régional des milieux
humides et hydriques au ministère de l'Environnement, plusieurs MRC sont
toujours en attente de l'approbation ministérielle de leur plan et ne sont donc
pas rendues au stade de la mise en œuvre des mesures, expliquant en
partie le
peu de projets déposés dans certains territoires.
Nous sommes donc d'avis que le projet de
loi doit être modifié pour que la priorité demeure, de créer et de restaurer
des milieux humides sur les territoires où l'atteinte de ces milieux a eu lieu,
soit à l'échelle des villes, des MRC et des bassins versants. La FQM réitère
également l'importance que des sommes soient allouées annuellement au fonds
pour que le gouvernement puisse soutenir la réalisation de projets dans les
territoires qui disposent d'un peu de sommes disponibles dans le Programme de
restauration et de création des milieux humides et hydriques.
Sur un autre plan, au niveau de
l'évaluation des impacts, le projet de loi no 81 propose plusieurs
modifications à la procédure d'évaluation sur l'environnement. On salue la
volonté du ministre de vouloir optimiser le processus d'évaluation pour en
réduire les délais, mais on est d'avis que certaines précisions sont
nécessaires. En effet, nous sommes préoccupés par la volonté du Gouvernement de
fixer un délai qui ne tient pas compte de l'ensemble des processus d'évaluation
à partir du dépôt de la demande jusqu'à l'octroi du décret, que ne soit pas
pris en compte le temps consacré pour répondre aux différentes demandes
supplémentaires de renseignements, lesquels nécessitent parfois une expertise
externe au demandeur et peuvent considérablement rallonger les délais. Par
ailleurs, les délais d'obtention de l'ensemble des autorisations pour un projet
doivent également être considérés.
Or, alors que le règlement prévoit
actuellement des délais de 13 à 18 mois, différents ministères et la FQM ont
fait la démonstration que le processus régulier prend plutôt de deux à trois
ans de plus que le projet, le processu