Transportation and the Environment — 27 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-10-27
Quebec — Committees
entreprises adaptées sont reconnues et accréditées par Emploi-Québec et elles reçoivent un soutien financier du Programme de subventions
aux entreprises adaptées, essentiellement pour compenser la faible productivité de leurs travailleurs handicapés et pour leur garantir un encadrement et un milieu de
travail répondant à leurs besoins spécifiques.
Enfin, les entreprises
adaptées, ce sont bien plus que des milieux de travail, c'est des milieux qui
permettent aux personnes handicapées de s'intégrer socialement, de développer
leur confiance et leur autonomie et surtout de contribuer au développement de
leurs communautés.
Parmi nos membres,
cinq entreprises adaptées de notre réseau, donc, opèrent des centres de tri
depuis la mise en place de la collecte sélective au Québec. Elles traitent
annuellement près de 240 000 tonnes métriques de matières, soit près
de 25 % des quantités traitées dans tout le Québec. Ces entreprises-là
regroupent 714 travailleurs, dont plus
de 500 sont des personnes handicapées. Les centres de tri qu'elles opèrent ont fait
leurs preuves et sont parmi les plus
innovants et les plus performants au Québec. Elles sont en effet des leaders dans
l'implantation d'innovations technologiques, comme les lecteurs optiques
et les séparateurs balistiques. Elles ont investi plus de 55 millions de dollars, au cours des 10 dernières années,
pour améliorer leurs procédés et ainsi produire une qualité d'extrants
répondant aux plus hautes attentes des marchés.
plus, on constate que les centres de tri opérés par les entreprises adaptées
obtiennent des prix de vente nettement plus élevés pour leurs matières
une fois triées que le prix moyen obtenu pour l'ensemble des centres de tri. On
considère que plus le prix obtenu est élevé,
plus la matière est de qualité, donc plus les centres de tri sont
performants.
Alors, notre position
sur le projet de loi et sur la modernisation. D'entrée de jeu, nous tenons à
signifier que nous sommes favorables à la modernisation de la collecte
sélective et de la consigne. Bien que le Québec ait fait des pas de géant dans la dernière décennie, nous
croyons que nos résultats en matière de recyclage des matières résiduelles
sont perfectibles et donc que le système actuel nécessite certaines
améliorations.
Pour
nous, au-delà de ses visées environnementales, la gestion des matières
résiduelles a été, est toujours et continuera toujours d'être un important
vecteur de développement local et d'inclusion sociale. D'ailleurs, en 2010, le
gouvernement du Québec, par l'entremise du ministère des Affaires municipales
de l'époque, reconnaissait ce fait en précisant clairement qu'il est
souhaitable de favoriser les entreprises d'économie sociale, notamment les
entreprises adaptées accréditées par Emploi-Québec oeuvrant dans le domaine de
la gestion des matières résiduelles pour soutenir le développement de
l'économie sociale au Québec.
Sous
l'impulsion de cette volonté gouvernementale affirmée, les entreprises adaptées
se sont développées, elles ont
innové, investi et se sont positionnées comme des leaders de leur industrie. Ce
faisant, elles ont certainement contribué à améliorer la performance du
Québec en matière de collecte sélective, mais elles ont également généré des
retombées très significatives dans leur communauté en intégrant des centaines
de personnes handicapées en emploi et surtout en réinvestissant 100 % de
leurs profits pour améliorer leur productivité.
Pour que la
modernisation donne les résultats escomptés, il sera nécessaire de redonner
confiance aux citoyens. Les citoyens sont en effet très critiques lorsque les
matières s'empilent dans la cour des centres de tri ou que les matières ne sont
carrément... Il est très important de ne pas perdre de vue que les contenants,
emballages et imprimés, une fois payés par les consommateurs et placés dans le
bac de récupération, deviennent une ressource collective. Les citoyens sont en
droit d'exiger qu'ils demeurent une ressource collective et que leur traitement
se fasse en s'assurant de maximiser les retombées locales. Qui plus est,
lorsqu'on peut dire au citoyen qu'en plus de participer à la lutte contre les
changements climatiques, chaque matière qu'il met dans son bac de recyclage
peut permettre de faire travailler des personnes handicapées, l'effet est alors
carrément décuplé.
La modernisation de
la collecte sélective s'organise autour de la responsabilisation accrue des
producteurs de contenants, emballages et
imprimés. Nous sommes d'accord, les producteurs doivent assumer leurs choix et
contribuer à la gestion des matières résiduelles qu'ils génèrent. Toutefois,
l'expertise acquise depuis 35 ans en matière de collecte sélective par les
autres parties prenantes, notamment les entreprises adaptées qui opèrent des
centres de tri, est importante et doit être
mise à contribution de façon pérenne dans le processus décisionnel entourant la
collecte sélective.
Actuellement, en
collaboration avec l'ensemble des centres de tri non privés du Québec, nous
sommes impliqués dans les comités de travail qui feront évoluer et avancer
l'imposante démarche de modernisation. Nous souhaitons que notre implication
dans le processus de gestion de la collecte sélective ne soit pas que
temporaire. Nous considérons que notre expertise de gestionnaires de centres de
tri est incontournable et essentielle.
Il est aussi probable
que plusieurs contenants consignés, malgré la modernisation de la consigne, se
retrouveront dans le bac de recyclage puis directement au centre de tri. Il
sera nécessaire que les centres de tri soient compensés financièrement pour le
traitement de ces matières. Par ailleurs, l'information et la sensibilisation
devront nécessairement être coordonnées entre les deux systèmes, de collecte
sélective d'une part et de consigne d'autre part, pour simplifier les messages
et en optimiser l'efficacité.
En conclusion, on
tient à dire que les entreprises adaptées qui opèrent des centres de tri
tiennent à ce que la modernisation de la collecte sélective atteigne ses
objectifs. Elles tiennent d'ailleurs aussi à exprimer clairement qu'elles
veulent y contribuer. Les entreprises adaptées opérant des centres de tri ne
craignent pas les objectifs de performance, ni la transparence, ni la reddition
de comptes. Bien au contraire, elles tiennent à l'établissement de standards de
qualité dans leur industrie.
Le modèle d'affaires
des entreprises adaptées a fait ses preuves depuis plus de 35 ans et il
est un véritable atout pour supporter le déploiement de la modernisation de la collecte
sélective mais aussi pour en maximiser les retombées tant environnementales qu'économiques
et sociales. C'est assurément également le modèle le plus respectueux des
objectifs de développement durable et des fondements de l'économie circulaire.
Nous considérons donc
que la modernisation de la collecte sélective et de la consigne constitue une
occasion unique de déployer un important réseau d'entreprises d'économie
sociale qui, en plus de pouvoir assurer efficacement la gestion des matières
résiduelles, pourrait favoriser l'inclusion sociale et générer d'importants impacts sociaux dans les communautés. Nous
recommandons donc que le projet de loi annonce clairement l'intention du
législateur de soutenir ce modèle.
Plus concrètement,
nous recommandons que le règlement qui découlera de la loi établisse des
modalités applicables à la conclusion des contrats entre l'OGD et les
fournisseurs de services qui incluraient la nécessité de tenir compte des impacts
sociaux du fournisseur de services dans sa communauté locale.
Nous recommandons
également que le règlement prévoie la mise en place d'un mécanisme permanent de
consultation des centres de tri avant la prise de décision sur des sujets ayant
une incidence sur leur opération, leurs intrants ou leurs extrants.
Nous recommandons
aussi d'assouplir les dispositions transitoires du projet de loi pour permettre
que les contrats liant une organisation municipale à un centre de tri arrivant
à échéance avant le 31 décembre 2024 puissent être renouvelés pour une
période maximale de cinq ans afin de justifier des investissements qui
s'avèrent nécessaires pour maintenir le haut niveau de qualité des extrants
qu'on produit actuellement.
On souhaite aussi
assouplir les dispositions transitoires afin d'inclure la possibilité de
prolonger les ententes de gré à gré entre les centres de tri et les organismes
municipaux actuellement en cours advenant que l'échéancier du projet de
modernisation de la collecte doive être retardé.
Nous recommandons de
s'assurer évidemment d'une complémentarité entre les deux systèmes de collecte
sélective et de consigne.
Et enfin nous recommandons de voir à ce que les
entreprises adaptées puissent participer de façon pérenne aux discussions entourant
la planification et l'opérationnalisation de la modernisation de la collecte
sélective.
Alors,
voilà, en résumé, notre position. Merci de votre attention. Et, bien sûr, on
est prêts à échanger avec vous sur différents sujets.
La Présidente (Mme Boutin) : Je
vous remercie, M. Gouin, pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
Vous disposez de 16 min 30 s.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Un temps que je partagerais avec mon collègue de Bourget.
Messieurs, merci d'être avec nous ce matin, mais merci également pour le
travail que vous accomplissez. Vous êtes accompagnés notamment, là, du D.G. des
centres VIA. Vous n'avez aucune inquiétude à avoir avec l'implantation de la
réforme que l'on veut implanter tout simplement parce que vous êtes déjà
premiers de classe, en quelque sorte, en termes, justement, de services rendus,
en termes de qualité produite, en termes de transparence, et autres. Donc,
aucune inquiétude à y avoir de votre côté, vous êtes une de nos sources
d'inspiration.
Et, vous l'avez mentionné, les règlements feront
foi de tout par la suite, une fois le projet de loi adopté. Le projet de loi
est essentiellement habilitant, ce qui fait que les éléments que vous
souhaiteriez voir confirmés le seront davantage dans les règlements que dans le
projet de loi lui-même. Mais déjà, merci de l'appui que vous signifiez à cette
réforme au niveau de la modernisation de la collecte sélective, également de la
réforme au niveau de l'élargissement de la consigne.
Vous avez naturellement abordé davantage le premier volet, c'est votre quotidien. Mais en quoi
l'élargissement de la consigne pourrait-il être également favorable pour vos
différents partenaires membres de votre association?
M. Gouin
(Raymond) : Bien, merci, M. le ministre, de vos encouragements d'abord.
Merci pour votre question aussi, puis je laisserai Jean-Sébastien
compléter la réponse, mais on a déjà signifié aux organisations qui travaillent
actuellement à la modernisation et de la collecte et de la consigne le fait
qu'on est intéressés par évidemment la collecte,
compte tenu de ce qu'on vient de vous exposer, mais aussi de
la consigne parce qu'on est un réseau d'entreprises d'économie
sociale qui est déjà présent à travers tout le Québec. Et on pourrait, comme
réseau d'entreprises, être mis à
contribution dans le cadre éventuellement du déploiement de certains centres de
récupération des contenants consignés, donc
de dépôt des contenants consignés. Nos entreprises voient des opportunités d'affaires également
dans ce domaine.
Pour ce qui est de la complémentarité, évidemment,
je l'ai mentionné tout à l'heure puis je vais laisser Jean-Sébastien donner un
élément de réponse, mais il y a évidemment des contenants consignés, là, qui
sont traités dans les centres de tri, alors donc un impact, évidemment, la
modernisation de la consigne. Est-ce que, Jean-Sébastien, tu veux réagir à ça?
M. Daigle (Jean-Sébastien) : Au