Labour and the Economy — 18 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-04-18
Quebec — Committees
(Onze heures quatorze minutes)
Président (M. Laframboise) : Je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 152, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine du
travail afin principalement de donner suite à certaines recommandations
de la Commission Charbonneau.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Villeneuve (Berthier) remplace M. LeBel (Rimouski) et M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière) remplace M. Lamontagne (Johnson).
Président (M. Laframboise) : Merci. Lors de la suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de
l'article 15 du projet de loi. M. le député de Beauharnois, la parole est
à vous.
M. Leclair : C'est à mon tour?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Bienvenue avec nous.
Bien entendu, hier, on était sur l'article 15.
On avait un paquet de questionnements
parce que le bloc dont on parle ici, M. le Président, il
faut bien se rappeler où est-ce qu'on en
était hier soir, là, on parle de R-20. On parle du placement syndical, qu'il
fut un temps qu'on a éliminé le placement syndical. On a des nouvelles
procédures pour les entrepreneurs qui se cherchent des travailleurs qui ont une
carte de compétence. Et hier je demandais
humblement à la ministre de m'expliquer... Comme on veut modifier
certaines règles... «d'intimidation
ou de menace susceptible de contraindre un employeur à prendre [des décisions] à l'égard
de la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction».
Donc, on est directement reliés à ça.
Hier, la ministre,
elle me faisait des commentaires en disant : Bien, je ne sais pas où est-ce
que vous allez, M. le député,
mais on n'est pas vraiment dans le placement syndical. Bien, malheureusement, j'ai répété à la ministre que, oui, on est directement là, puis tout ce bloc-là touche à ça. Donc, je
posais la question à la ministre : Bien, si on ne comprend pas où est-ce qu'on est rendus avec le placement
syndical, comment ça fonctionne actuellement, bien, j'ai de ma misère à concevoir les modifications qu'on peut y
apporter. Alors, je vais demander à la ministre : Bien, où est-ce qu'on s'en va exactement avec ce... Commençons par l'article 15, mais
on peut même regarder l'ensemble du bloc. Mais je suis prêt à le regarder
article par article. On est
dans l'article par
article par blocs. Mais je veux juste me faire une tête
pour voir où est-ce qu'on s'en va.
Alors, c'est ça
qui était la question hier. On a manqué de temps. On était peut-être
fatigués, mais là on reprend ce matin, voir comment ça va, si ça va mieux, mais
je pense que ça va bien. Moi, ça va bien. En tout cas, j'espère
que tout le monde va bien parce que le but, c'est de bien
comprendre, de bien analyser le projet
de loi pour atteindre les buts,
vraiment, qu'on veut atteindre.
Et je n'ai pas de doute que, derrière la vision
ou les pensées des gens qui travaillent avec la ministre dans le ministère... bien, qu'ils ont une belle vision, mais il faudrait quand même
que nous, les législateurs, on la comprenne, parce qu'on a eu la chance d'entendre plusieurs
groupes face à tout ça, puis, c'était assez unanime, les groupes
disaient : Qu'est-ce qu'on vient faire à toucher R-20, alors qu'on
n'a pas été consultés? On aurait peut-être des demandes dans R-20.
Alors là, on
se retrouve avec le projet de loi tel qu'il est inscrit, tel qu'on le débat, après
d'avoir entendu tous les groupes. Je
suis encore convaincu que, si on voudrait toucher... Puis j'ai fait ces revendications-là lors de mon introduction, de dire : Si on veut toucher
aux problématiques autres que des recommandations de personnes, face à la commission
Charbonneau, qui placent de l'argent au noir, qui tentent de frauder, si on rentre spécifiquement soit dans la CSST, soit dans
R-20, bien, assoyons-nous à une table avec les gens, puis ouvrons le livre,
puis réglons les problématiques des deux côtés.
Alors, que je
sois entendu ou non, c'est ma position, c'est ce que je pense. Si on veut
toucher à R-20, d'après moi, on n'est
pas tout à fait à la bonne table. Là, on l'a dans la gorge, il
faut travailler avec. Mais là il faut aller plus loin que ça, là. Si on est dans R-20, mais, au minimum, si on parle
des articles touchant le placement syndical, qui n'existe plus, qui a pris une autre forme, bien, expliquez-moi-le pour
que je puisse au moins suivre... comme qu'on n'a pas eu la possibilité d'avoir des débats avec les groupes sur ces articles-là, particulièrement sur le placement syndical tel qu'il est aujourd'hui.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Bien, je suis bien contente de retrouver le très
sympathique député de Beauharnois et notre collègue
de Chutes-de-la-Chaudière. Effectivement, on est peut-être plus reposés aujourd'hui. Alors, je suis très, très, très disposée à démarrer nos travaux sur des bases très, très
positives.
En fait,
l'article 15, M. le Président, on en a abondamment parlé hier, puis c'est vrai
que c'est des concepts qui ne sont
pas nécessairement simples pour des personnes qui, pour vous et
comme pour moi, ne sommes pas touchées dans notre quotidienneté par tous ces principes-là, ces concepts-là, ce
milieu de travail là qu'est le milieu de la construction.
Actuellement, il faut comprendre qu'il est interdit à quiconque d'imposer à un
employeur l'embauche d'un travailleur
de la construction. Ce que nous, on vient faire ici aujourd'hui... Puis il faut
toujours se mettre dans le contexte aussi, M.
le Président, que, même si ces
articles-là ne sont pas nécessairement une demande de la commissaire Charbonneau, nous
sommes quand même dans la mouvance des travaux que la commissaire Charbonneau a tenus, qui a donné lieu à un rapport en 2015. Ce qu'on veut faire, M. le Président, c'est de venir préciser parce que la Commission de la construction du
Québec en a besoin, de ces
précisions. Alors, on ne va pas qu'imposer. On va venir aussi ajouter les
notions de menace, on va venir aussi
ajouter la notion d'intimidation, et, je continue, pas seulement
dans l'embauche de personnel, mais aussi dans tout le droit de gérance, et ça, c'est nouveau, d'un employeur dans
le domaine de la construction. Ça veut dire que tu ne pourras pas faire de
l'intimidation. Tu ne pourras pas faire de menace en vue, par exemple, de venir jouer dans le droit
de gérance de l'employeur concernant, par
exemple, un congédiement, des mesures
disciplinaires, un licenciement, un
déplacement. Alors, on n'est plus uniquement circonscrits à la notion
d'embauche, mais on élargit, donc, à d'autres situations qui peuvent
survenir. Essentiellement, c'est ça.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois, il vous reste 1 min 15 s.
M. Leclair : Eh bien, on va rédiger un amendement.
Est-ce qu'il y avait eu un amendement à l'article 15?
Bon, ça va être un sous-amendement ou ça va être un amendement parce que
le sous-amendement a été accepté, hein?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, oui, c'est un amendement. C'est ça.
M. Leclair : Donc, on va rédiger un amendement
parce que, lorsque je regarde le... parce qu'on va finir par en parler,
de l'article 15. On a fait un paquet d'états d'âme hier. On n'a pas eu
toutes, toutes les réponses encore face au fonctionnement exact, comment ça fonctionne, le placement.
Encore aujourd'hui, là, on dit qu'il n'y a plus de placement
syndical, mais quelqu'un
qui veut travailler, qui a ses cartes de compétence, qui est inscrit à la CCQ,
ça marche comment? On ne l'a pas
encore su. On l'a demandé hier. On le redemande ce matin. Puis c'est correct si
on trouve qu'il y a juste moi qui a le goût de le savoir. Moi,
je pense que c'est la pierre angulaire de cet article-là ici.
Le Président (M. Laframboise) :
20 secondes.
M. Leclair : 20
secondes? Bien, on va déposer...
Le Président (M. Laframboise) :
L'amendement?
M. Leclair : Bon, on va
déposer notre amendement, là, on va finir de le rédiger, s'il y a consentement,
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, je vais suspendre. Je vais suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois, je vous permets de lire votre amendement et donner
les explications, s'il vous plaît.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Alors, un amendement à l'article 15. Modifier
l'article 15 du projet de loi par l'ajout, à la fin du premier
paragraphe, des mots «...ne s'applique pas rétroactivement».
m'explique. Bien, ici, on est dans un contexte, là, qu'on change les règles. On
applique les nouvelles règles. Il y a des montants qui peuvent être changés
aussi par la suite. Alors, moi, je veux bien m'assurer qu'ici, si on applique
une nouvelle règle... Parce que, si je
comprends bien, dans l'article 15, on dit qu'on va... On rajoute... Bien,
quand on dit l'article 101, donc
ça vise aussi l'employeur et le travailleur. Donc, moi, je veux faire certain que, dans notre bloc où est-ce qu'on s'en va, que, si on change des règles, on met des
nouvelles règles, ça va s'appliquer à la mise en oeuvre du projet de
loi. On n'arrivera pas avec quelqu'un
qui a quelque chose... qui dit : Bien, moi, là, j'ai été menacé,
là, la semaine passée... Puis nous, on rédige le projet de loi, exemple, au
mois de mai, mois d'avril, puis il dit : Bien, moi, la semaine passée,
voilà deux semaines, j'avais de l'intimidation, et tout, puis là voici
les nouvelles règles qui s'appliquent à moi.
Alors, je
veux m'assurer qu'on ne parle pas de rétroactivité puis qu'on lève un tollé
parce qu'on n'a pas parlé de rétroactivité
dans toutes nos démarches depuis le début. Donc, hier, on était sur un autre
article, aussi, qu'on disait : Dans le futur, si quelqu'un dénonce une situation, donc un lanceur d'alerte,
puis on dit qu'on le protège, à partir d'aujourd'hui, on le protège face... hier, on disait, aux normes
du travail. On les verra plus tard, là. On dit que, dans d'autres articles,
on va nous expliquer à quelle hauteur qu'on
le protégera monétairement sur un certain ordre. Bien, moi, je veux savoir
est-ce qu'on parle de rétroactivité. La
plupart du temps, on ne parle pas de rétroactivité dans un projet de loi. Ici,
on ne l'a pas spécifié. Là, on commence le bloc ici avec d'autres
nouvelles règles.
Donc,
je veux apporter la notion de rétroactivité, savoir où est-ce qu'on se
positionne face à tout le projet de loi, là, l'ensemble de l'oeuvre. Alors, c'est pour ça que j'apporte ça ici. Si la
ministre... Si c'est mal placé, là... Nous, on a fait ça sur le «fly». Excusez l'anglicisme. Mais, si ça va
ailleurs, ça ne me dérange pas non plus. C'est juste que ça soit clair, pour tout le monde qui nous écoute, sur les
intentions aussi du législateur, à savoir qu'est-ce qu'on va en faire, de ça,
la rétroactivité.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais, d'entrée de jeu, rassurer le
député que toutes les lois au Québec ne comportent pas de notion de
rétroactivité, à moins que la loi rétroagisse, ce qui n'est pas le cas au
moment où on se parle. Et, devant la pièce législative qu'on a devant soi, ce
n'est pas de ça dont il est question.
vous vous référez à l'article 28, M. le Président, il est clairement dit
que les articles au projet de loi entrent en vigueur au moment de la sanction de la loi. Je n'ai pas le texte devant
moi, là. À l'entrée en vigueur... bon : «Les dispositions de la présente loi entreront en vigueur à la date
ou aux dates fixées par le gouvernement...» Alors, il est clairement dit
ici qu'il n'y a pas de rétroactivité. On le sous-entend. T