House Proceedings — 4 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-04-04
Quebec — Debates (Hansard)
Alors,
si un organisme comme Le Verger existe toujours après 20 ans, Mme la
Présidente, c'est grâce à l'engagement exceptionnel
d'intervenants dévoués et de généreux bénévoles. C'est un véritable modèle
d'entraide. Le Verger nous rappelle l'importance du maintien d'une bonne
santé mentale.
Et j'aimerais
exprimer à ses artisans ma plus grande gratitude. Et je vous remercie.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Jean-Talon. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de
Repentigny.
Mme Lavallée :
Merci, Mme la Présidente. Lorsqu'il a fondé l'Ensemble vocal Vox Luminosa, en
2004, le chef de haut niveau Claudel
Callender aspirait à faire rayonner le talent lanaudois en produisant des
concerts professionnels d'une qualité
musicale distinctive. À l'aube de son 15e anniversaire, force est de
constater que la richesse de son répertoire et l'excellence de ses propositions
ont su séduire les mélomanes. De Vivaldi à Mozart, en passant par Duruflé,
l'ensemble vocal a fait de la musique sacrée
son répertoire de prédilection, tout en interprétant d'autres styles variés et
accessibles au grand public. Avec les années, son nom est devenu la promesse
d'une expérience mémorable.
Merci à
M. Callender, ses choristes et ses musiciens d'habiter si bien notre
paysage culturel. Je sais que vous aspirez à élargir davantage vos frontières, et tous les éléments sont en place
pour vous assurer un avenir prometteur. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Repentigny. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais rendre hommage aujourd'hui à un ami.
27 mars dernier, un grand homme nous a quittés, Claude Leblanc. Je dis «un
ami», mais c'était l'ami de toute une
collectivité, c'était l'ami de tous les Sherbrookois, un grand homme, un
bénévole notoire et, comme a si bien dit notre premier ministre Jean
Charest, un homme hors norme, un homme qui a tout donné sans jamais compter, un
homme qui... le temps n'a jamais cessé de
rouler pour offrir davantage à sa communauté. Il a donné sans jamais rien
attendre en retour, uniquement par amour et parce qu'il croit
sincèrement et profondément à chaque cause qu'il portait.
dernières années, il faisait la promotion de l'implantation de défibrillateurs
partout dans les espaces publics avec son grand ami, le Dr Wayne
Smith, son complice. Avec lui, il a été capable de fonder la Fondation des bons
Samaritains pour venir en aide à tout le monde.
Aujourd'hui,
je lui dis merci. Merci en mon nom. Merci aussi au nom de ma formation
politique, le Parti libéral du
Québec. Merci aussi pour tous les gens de Sherbrooke. Il nous quitte, mais il
nous a appris à donner. Et j'espère que plusieurs personnes lui rendront
un dernier hommage ce vendredi et samedi à Sherbrooke. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Saint-Laurent.
Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Sanguinet.
Mme McCann : Merci,
Mme la Présidente. L'athlète Zachary
Lavoie, de la ville de Sainte-Catherine, s'entraînant au club le Gros-Bill dans la catégorie
96 kilogrammes et plus, a obtenu l'or en soulevant un total de
265 kilogrammes aux Championats canadiens junior en haltérophilie
le 19 janvier dernier.
Jeux du Canada d'hiver du 15 février au 3 mars derniers,
à Red Deer, en Alberta, Matthew Turcotte, un jeune athlète de
19 ans de Saint-Rémi, est le nouveau champion canadien junior du tir à
l'arc.
Club Équilibrix, de la ville de Sainte-Catherine, les athlètes Charlotte Chagnon
et Amanda Pediceli, avec leurs coéquipières, se sont couvertes d'or lors du
concours par équipe. Charlotte Chagnon est arrivée en quatrième position au
classement général au terme des quatre épreuves en individuel.
Sandrine
Gauthier, athlète de Saint-Constant, et son partenaire, Quentin Thieren, en
patinage artistique, sont arrivés au quatrième rang à la suite de la
présentation de leur danse libre en couple.
finalement, aux jeux mondiaux d'Olympique spéciaux, à Dubaï, qui ont eu lieu du
14 mars au 21 mars 2019, l'athlète
Gabriel Dupuy, de Saint-Constant, nous représentait en athlétisme. J'aimerais
aussi souligner que ce jeune homme fait aussi la compétition des arts
martiaux et de la dynamophilie.
Alors, bravo à
Gabriel et bravo à tous ces athlètes!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Sanguinet.
Et maintenant je reconnais M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à souligner tout le travail accompli
par Mme Carole Duval au cours des 15 dernières années à
titre
de directrice de l'aéroport régional de Mont-Joli.
Mme Duval est
maintenant une jeune retraitée. Lors de son mandat à la tête de l'organisation,
elle a assuré le développement de la prospérité de cette installation
essentielle pour l'Est du Québec. Gestionnaire compétente et rigoureuse, elle a
permis la réalisation de projets majeurs, dont celui du prolongement de la
piste principale, qui fut complété en 2017.
Depuis
son arrivée, en 2004, le nombre de passagers est passé de 25 000 à
60 000 annuellement, et le nombre de mouvements de vol est passé de 5 000 à 8 000. Ayant le
développement de sa région d'adoption à coeur, Mme Duval n'a ménagé aucun effort pour faire de cette
installation aérienne un outil de développement économique important et un chef
de file du transport interrégional au Québec.
Carole,
à
titre de député de Matane-Matapédia-Mitis, je tiens à t'offrir mes meilleurs
voeux pour les années à venir, une
magnifique retraite et d'excellents moments avec tes proches. Merci pour ton
travail et ton engagement pour notre région. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Matane-Matapédia. Et maintenant je me
tourne vers Mme la députée de Saint-François pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Mme Hébert : Merci,
Mme la Présidente. En tant que
Sherbrookoise, c'est avec une profonde tristesse que j'ai appris, le
27 mars dernier, le décès d'un homme exceptionnel, M. Claude Leblanc.
Dès l'annonce
de cette triste nouvelle, les hommages n'ont pas tardé à pleuvoir, avec raison.
Reconnu à Sherbrooke pour sa grande générosité, son engagement
passionné dans une multitude de causes, M. Leblanc a beaucoup
donné pour sa communauté
sans exiger rien en retour. Il était un bénévole notoire et aussi rien de moins
qu'un modèle de dépassement de soi et d'altruisme.
C'est un honneur d'avoir eu l'opportunité de le
côtoyer, d'apprendre à le connaître, de l'écouter parler avec passion d'une cause qu'il avait particulièrement à coeur : la promotion de l'implantation de
défibrillateurs accessibles au grand public. Il était cofondateur de
l'organisme Échec au crime et de la Fondation des bons samaritains.
Sa bienveillance et son amour des autres m'ont
marquée personnellement. Grâce à lui, j'ai une forte volonté, aujourd'hui,
d'encourager le déploiement de défibrillateurs.
Son départ
constitue une perte impossible à combler. Je tiens à offrir mes plus sincères
condoléances à la famille et à ses proches. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Saint-François. Et maintenant je cède
la parole à M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à
souligner le dévouement, l'implication et le travail colossal de M. Jonathan Mayer, chargé de cours à
l'Université de Sherbrooke, et de huit de ses étudiants de deuxième année de la
Faculté de droit. Jade Racine, Mélina
Ramirez-Evrard, Guillaume Bourbeau, Philippe Beaulieu, Jean-Philippe
La Haye, Veronika Kiryanova,
Émile Chamberland et Maigane Carreau se sont donné tout un défi : celui
d'offrir aux citoyens du Québec un
premier cadre législatif canadien protégeant le consommateur du phénomène
de l'obsolescence programmée et leur offrant le droit à la réparation.
L'obsolescence
programmée est une pratique de plus en
plus courante selon laquelle les
fabricants de biens diminuent la vie
utile de leurs produits, en plus des fournisseurs qui rendent l'accès aux
pièces de réparation plus difficile.
M. Mayer
et ses étudiants ont également grandement contribué au succès de la pétition électronique
sur le même sujet, signée par
45 028 pétitionnaires, que j'ai eu l'honneur de parrainer et dont
j'ai procédé au dépôt mardi le 2 avril 2019.
Votre travail
sera bientôt récompensé par le dépôt, mardi prochain, du projet de loi. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chomedey.
Et la prochaine déclaration
sera celle de M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est avec grand plaisir que je prends la parole
aujourd'hui pour marquer un événement très important pour un club d'âge d'or de
l'Outaouais.
Je tiens à
souligner le 50e anniversaire du Club d'âge d'or de Templeton. 50 ans, ça
se célèbre en grand et c'est tout un accomplissement.
Je suis très
heureux d'appuyer ce club puisqu'il a à coeur de favoriser le bien-être
et l'autonomie de nos aînés. Le Club
d'âge d'or de Templeton mérite d'être célébré puisqu'en organisant différentes
activités récréatives et sociales il
permet de bâtir des liens humains et de contrer l'isolement de nos aînés. Il
est primordial d'être à l'écoute de nos aînés afin d'assurer leur
bonheur, leur santé et leur prospérité, et c'est ce que fait le Club d'âge d'or
de Templeton.
Toutes mes
félicitations et mille mercis pour votre excellent travail auprès de la
communauté! Bon 50e à vous! Et je vous souhaite que votre succès se
poursuive encore très, très longtemps. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Chapleau. Et maintenant,
pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je cède la parole
à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laforest : Merci, Mme
la Présidente. Alors, aujourd'hui, je veux souligner le 125e anniversaire de l'Institut des
Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, ici présentes.
En 1892,
Mgr Michel-Thomas Labrecque devient le troisième évêque de Chicoutimi. Il
projette de fonder une communauté
vouée à l'éducation des enfants des paroisses de son diocèse. Il demande à
Mlle Françoise Simard, alors enseignante à Saint-Fulgence, de
participer à la fondation d'une communauté de religieuses enseignantes.
L'Institut des
Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil prend officiellement naissance à
Chicoutimi le 4 novembre 1894.
Les soeurs assurent une présence éducative dans les écoles du Saguenay—Lac-Saint-Jean, de Charlevoix, de la Côte-Nord et même dans plusieurs pays
d'Afrique dès la fin des années 30.
Suite aux
réformes qui ont suivi la création du ministère
de l'Éducation, en 1964, les soeurs
de Notre-Dame du Bon-Conseil ont dû
s'adapter, mais elles gardent toujours en main l'héritage précieux de leur
fondateur en s'impliquant dans les oeuvres sociales.
Aujourd'hui,
j'aimerais souligner les 125 ans d'histoire de ces femmes qui ont
contribué à façonner le Québec
d'aujourd'hui. Merci pour votre présence. Et vous avez toute ma reconnaissance.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Chicoutimi, et nous
vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale. Alors, ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir. Bon
jeudi à tous et à toutes.
Mmes et MM. les députés, j'ai le plaisir de
souligner la présence, dans les tribunes, de l'ambassadeur de la République
fédérative du Brésil, Son Excellence M. Denis Fontes de Souza Pinto, à l'occasion
de sa visite officielle. M. l'ambassadeur.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Président : À l'article a du feuilleton, M. le ministre
délégué à la Transformation numérique gouvernementale présente le projet de loi n° 14, Loi favorisant la transformation numérique de
l'administration publique. M. le ministre.
Caire : Merci,
M. le Président. J'ai l'honneur de
déposer le projet de loi n° 14, Loi
favorisant la transformation numérique de l'administration publique.
Ce projet de loi vise à favoriser la transformation numérique de l'administration publique en
prévoyant des règles applicables dans
le cadre de la réalisation de projets en ressources informationnelles désignés
d'intérêt gouvernemental par le Conseil du trésor.
À cette fin, le projet de loi permet au
gouvernement de désigner les organismes publics tenus d'utiliser les renseignements personnels qu'ils détiennent et de
les communiquer à toute personne ou à tout organisme si cette utilisation
ou cette communication est nécessaire à la
réalisation d'un tel projet. Il permet également au gouvernement de confier
à un organisme public toute fonction ou toute responsabilité liée à cette
réalisation et de pourvoir à sa rémunération.
Le projet de
loi prévoit que ces pouvoirs s'appliquent malgré toute disposition
inconciliable d'une loi et qu'ils ne
peuvent être exercés que dans les 10 ans suivant son entrée en vigueur. Il
prévoit que la durée effective d'un décret pris en vertu de l'une de ses dispositions ne peut
excéder cinq ans pour un projet donné, période que le gouvernement peut
prolonger d'au plus deux ans.
Le projet de
loi circonscrit l'utilisation à l'interne et la communication des
renseignements personnels qui peuvent être
faites dans le cadre de la réalisation d'un projet en ressources
informationnelles désigné d'intérêt gouvernemental, et donne au gouvernement le pouvoir d'édicter des
règles particulières de protection, notamment lorsque ceux-ci sont plus
sensibles.
Le projet de
loi prévoit l'obligation, pour l'organisme public responsable de la gestion
d'un tel projet, de procéder à une
évaluation des facteurs relatifs à la vie privée dès la conception du projet et
d'en transmettre une copie à la Commission d'accès à l'information. Il prévoit également qu'un tel organisme doit
prendre les mesures appropriées de protection des renseignements
personnels tout au long de la réalisation d'un tel projet.
Le projet de loi prévoit des dispositions en
matière de reddition de comptes eu égard à l'utilisation et à la communication
de renseignements personnels faites dans le cadre de la réalisation d'un tel
projet.
Le projet de
loi confère à la Commission d'accès à l'information le pouvoir de donner son
avis sur un tel projet, un projet de
règlement ou un projet de décret qui implique l'utilisation ou la communication
de renseignements personnels.
Enfin, le
projet de loi établit que les pouvoirs conférés au gouvernement doivent être
exercés de manière à respecter le
droit à la vie privée et le principe de transparence, ainsi qu'à promouvoir la
confiance du public dans le développement de solutions technologiques de
l'administration publique.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte... M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Oui, M. le Président, on va accepter d'être saisis de ce
projet de loi. Je veux réitérer, comme je le fais d'habitude, au collègue le leader du gouvernement,
notre intention de participer à des consultations particulières. Nous ferons
suivre nos groupes en conséquence.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
ça sera avec plaisir.
Alors, je comprends que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi. Donc, il est adopté.
À la rubrique
Dépôt de documents, je vous avise que, conformément à
l'article 285 du règlement, une réunion entre la présidence et les leaders des groupes parlementaires a été
tenue afin de préciser les modalités de l'étude des crédits. J'informe
donc l'Assemblée que l'étude des crédits débutera le lundi
15 avril 2019 et se poursuivra jusqu'au jeudi 2 mai 2019,
selon le calendrier convenu que je dépose maintenant.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Je vous avise
cependant qu'après la période de questions et réponses orales seront tenus les votes reportés sur la motion de Mme la cheffe du
deuxième groupe d'opposition débattue
hier aux affaires inscrites par les députés d'opposition et sur la motion d'amendement de M. le député de Gouin
à la motion précitée.
Nous en
sommes maintenant à la période
de questions et de réponses orales...
Je remarque le député de Chomedey. M. le député.
Ouellette : Merci, M. le Président. J'ai une question de directive, M. le Président. J'ai posé
trois questions, en Chambre
jeudi le 21 mars, adressées au ministre du Revenu, sur les renonciations et annulations
par Revenu Québec. Le leader
du gouvernement avait pris avis des
trois questions au nom du ministre. Tout en étant très
conscient des règles de cette Assemblée, M. le Président, je
souhaiterais savoir quand le gouvernement y répondra.
J'avais avisé le leader du gouvernement de mon
absence, la semaine dernière, pour des travaux sur la norme internationale des lanceurs d'alerte. Je
m'attendais donc à une réponse cette semaine, qui n'est pas venue. Je
souhaiterais donc, M. le Président, m'assurer que les réponses viendront
la semaine prochaine. Merci.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je peux assurer le député de Chomedey qu'à la période de réponses orales de
mardi le ministre des Finances pourra répondre à vos trois questions.
Le Président : Merci,
messieurs.
Je cède donc maintenant
la parole au chef de l'opposition officielle. M. le chef de l'opposition
officielle.
Arcand : M. le
Président, il est maintenant
clair que, sur le dossier de la laïcité, le premier
ministre est incapable de défendre son propre projet de loi. Il n'a aucune idée des impacts qu'auront ses actions. Il a été
incapable de nous expliquer hier
comment il va s'assurer d'enlever les pendentifs des nouveaux enseignants, par exemple, tout comme il a été incapable d'expliquer
comment la clause grand-père sera appliquée ou quelles seront les conséquences
pour ceux qui ne suivront pas ces règles.
M. le Président, le premier ministre aime répéter que ça fait 11 ans qu'on en
parle. Ce qui est surprenant après 11 ans,
c'est que lui, il est incapable d'expliquer concrètement sa démarche. En fait,
la seule chose qu'il semble savoir, c'est
qu'il veut aller rapidement. Trop rapidement, M. le
Président, parce qu'on pose des questions
tout à fait légitimes, et les Québécois ont le droit de savoir comment ce gouvernement va leur enlever des droits. Il devrait également être capable
d'expliquer pourquoi la priorité de la CAQ, c'est de mettre sur la voie rapide
le retrait des droits des Québécois. Parce
que le premier ministre a beau accuser le reste du Canada, c'est
aux droits fondamentaux des Québécois qu'il s'attaque. Ce n'est pas pour rien que nous avons collectivement mis en place un
moyen de protéger nos droits, avec la charte québécoise des droits et
libertés.
Pourquoi le premier
ministre préfère-t-il bâillonner l'Assemblée nationale plutôt qu'expliquer
comment son projet de loi va s'appliquer?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, j'entends le chef de l'opposition
officielle essayer de créer des problèmes, essayer de dire : Ce n'est pas possible d'appliquer
ce genre de loi pour interdire les signes religieux pour les personnes qui sont
en autorité. Pourtant, il sait très bien,
par exemple, que les employés de l'État ne peuvent pas porter de signes
politiques actuellement, puis il n'y
a pas de problème à appliquer ce règlement ou cette loi. Un policier, un
enseignant ne pourrait pas arriver avec un chandail écrit : J'aime
le Parti libéral. Ce n'est pas permis. Ce n'est pas permis.
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Legault : C'est pour ça qu'il n'y en a pas, M. le Président. Mais, M.
le Président, le projet de loi, là, est très clair. La personne...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! La période de
questions commence. Soyons attentifs, s'il vous plaît, aux réponses et
aux questions. Je vous demande votre collaboration, simplement. Merci.
Legault : M. le Président, les employés qui sont en autorité, comme
les policiers et policières, ne pourront pas porter de signes religieux. Ni un pouce ni un pouce et quart, pas de
signes religieux. Il me semble que c'est simple, là. Pourquoi inventer
des problèmes qui n'existent pas?
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand :
La population, je crois, M. le Président, se pose clairement des questions,
tout à fait légitimes, surtout, en plus,
depuis le cafouillage des ministres caquistes, que ce soit la ministre de la
Justice qui dit qu'on va en appeler aux tribunaux, la vice-première ministre qui, rappelons-le, trouvait
grandiose la perspective de limiter nos droits, a appelé la police à se
mobiliser.
premier ministre a la responsabilité, M. le Président, de clarifier la
situation. S'il compte limiter nos droits, qu'il ait le courage de nous
dire comment il va le faire.
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je ne suis pas inquiet que l'interdiction
des signes religieux pour certains postes qui sont en autorité va être
appliquée, va être appliquée par la direction des organismes concernés.
Maintenant,
ce qu'on sait, c'est que les Québécois veulent qu'on règle ce dossier-là. Le
gouvernement veut régler ce
dossier-là. Malheureusement, le Parti libéral veut qu'on continue de laisser
traîner ce dossier-là. Quand le Parti libéral va-t-il écouter les Québécois?
Le Président :
Deuxième complémentaire. La parole appartient au chef de l'opposition
officielle.
Arcand : Si le premier
ministre veut vraiment
bulldozer l'Assemblée nationale, limiter un débat aussi important à moins
de cinq semaines, il devrait au moins avoir toutes les réponses à nos
questions. On lui demande d'être clair.
Qu'est-ce que ça va
être, les conséquences pour les enseignants qui vont refuser d'enlever leur
croix? Que se passera-t-il si la personne en
autorité refuse d'appliquer son projet
de loi dans son organisation? Et moi, j'aimerais bien savoir aussi qui va traquer les agents
de la faune récalcitrants, M. le Président.
Le Président :
M. le premier ministre, à vous la parole.
Legault : M. le Président, non, ces employés ne pourront pas porter de signes religieux, ne
pourront pas porter non plus de
tee-shirts à l'effigie d'un parti politique. M. le Président, le chef de l'opposition officielle nous dit qu'on veut bulldozer le dossier des signes religieux. Ça fait
11 ans qu'on en discute. Ça fait 11 ans qu'on en débat. Il est temps
qu'on tourne la page. Pourquoi le Parti libéral insiste-t-il pour
laisser traîner ce dossier?
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Vous savez, M. le premier ministre, votre mentor, René Lévesque, avait toujours
refusé de bâillonner l'Assemblée
nationale lorsqu'il a été question des droits fondamentaux des Québécois. La
triste réalité, c'est que, contrairement à lui, vous méprisez ceux qui ne
pensent pas comme vous. Vous dites même aux futurs enseignants : Si
vous n'êtes pas contents...
Président : Je vous demande de faire attention aux propos que
l'on utilise, s'il vous plaît! Soyons prudents et ayons des motifs...
Arcand :
Hier, vous avez dit aux futurs enseignants : Si vous n'êtes pas contents,
allez voir ailleurs.
M. le Président, est-ce
que vous êtes vraiment digne de la fonction de premier ministre?
Le Président :
Bon, M. le chef de l'opposition officielle...
M. Jolin-Barrette : M. le Président, les propos du chef de l'opposition officielle ne font
pas hauteur à la fonction qu'il
occupe. Je lui demanderais de retirer ses propos. Il s'adresse au premier
ministre du Québec. Honnêtement, si on veut avoir un débat serein sur
tout ce dossier-là, le chef de l'opposition officielle devrait se comporter
ici, dans cette Chambre, par ses propos,
d'une façon qui correspond à la hauteur de sa fonction. C'est ce que nous
faisons du côté de la Chambre. J'apprécierais et les Québécois
apprécieraient qu'il se comporte de la bonne façon.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Bien, M. le Président, d'abord, est-ce que c'était la réponse
ou c'était une question de règlement? Il va falloir que vous tranchiez
là-dessus.
Deuxièmement, M. le
Président, pour être à la hauteur de la fonction, on ne peut pas comparer un
macaron politique et une kippa juive ou une
croix. M. le Président, c'est d'autant plus grotesque que ça vient de la bouche
de celui qui est le premier ministre du Québec.
Le Président :
M. le leader du gouvernement. Ensuite, vous direz quelque chose.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, dans tout ce débat-là, il y a des opinions qui sont
divergentes. Je comprends que le
Parti libéral est contre le projet de loi. Je comprends que le Parti libéral ne
veut pas entendre la volonté des Québécois. Cela étant dit, c'est leur opinion. On va agir de notre façon. Mais on
se doit respect ici, dans cette Chambre, de part et d'autre. Ça fait longtemps que le chef de l'opposition officielle, il est ici, alors c'est normal qu'il s'élève et
qu'il ait des propos dignes de sa fonction.
Président : M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
Rapidement, M. le Président. Vous devez arbitrer. Est-ce que c'était une
question de règlement? Si oui, il faut la clore, sinon il faut continuer la
période de questions.
Président : Je vous dis tout de suite qu'on doit être prudents
et faire attention aux motifs indignes, des propos qui ne sont pas nécessaires. On peut poser des
questions de façon vigoureuse, il va de soi, sans s'attaquer aux individus. Je
vous demande maintenant de poursuivre. M. le premier ministre.
Legault : Oui, M. le Président. Je ne descendrai pas aussi bas que le
chef de l'opposition officielle, qui me déçoit d'ailleurs. Il ne nous avait pas habitués à ça. 2007, M. le
Président, 31 jours d'audience pour Bouchard-Taylor; 2010-2011, 90 heures pour le projet de loi
sur les accommodements; 2014, 13 journées, 70 heures pour la charte
des valeurs; projet de loi n° 62, 2016-2017, 75 heures de
débat. Ce n'est pas assez? Ce n'est pas assez?
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : Comment le chef de l'opposition officielle peut-il appeler
ça bulldozer? Franchement, il a une drôle de définition du mot
«bulldozer».
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
David : M. le Président, à la lecture du projet de
loi n° 21, plus de questions que
de réponses. Le ministre affirme, et
je le cite, qu'il «veut quelque chose qui est pratique, qui est pragmatique et
qui est applicable». Pourtant, la liste
de groupes et d'individus de la société
civile qui se posent des questions s'allonge à tous les jours : Je fais
quoi avec ma croix de première
communion? Qui va me surveiller, me dénoncer et me punir? Le ministre refuse
d'y répondre, car ce seraient là des questions hypothétiques.
ministre peut tenter de nous faire croire qu'une employée qui porte une petite
croix offerte par sa grand-mère, c'est
une question hypothétique, mais je suis persuadée que plusieurs Québécois se
reconnaissent dans cette situation. Ce
projet de loi pose de réelles questions d'application. Quand on dépose un
projet de loi d'une si grande importance, la moindre des choses est de
pouvoir l'expliquer aux citoyens.
Les explications du
ministre pourraient-elles, s'il vous plaît, être à la hauteur des changements
qu'il propose?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je remercie la collègue pour sa question. Il y
a une distinction nette entre le ton de son chef et la sienne.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : Cela étant dit, M. le
Président, ce qu'on fait dans le projet de loi, c'est qu'on interdit le port de
tous les signes religieux pour certaines personnes en situation
d'autorité, on parle des policiers, des agents correctionnels, des enseignants,
des directeurs d'école, les gens qui représentent une figure d'autorité
particulière, qui ont un pouvoir particulier de représentation de
l'État, les procureurs également. Cela étant dit, cette interdiction-là, elle
s'applique uniquement pendant la période où
les gens sont en fonction, durant leurs prestations de travail. Ça, il faut
être clair avec ça.
Et, oui, nous avons choisi le critère d'interdire complètement le port de signes religieux, et je vous ai expliqué hier pourquoi on a fait ce choix-là. C'est notamment
pour ne pas tomber dans le cas de mesurer la grandeur des signes religieux, pour le caractère ostentatoire ou non.
Donc, ça s'applique à tous les signes religieux, l'interdiction du port durant
la prestation de travail pour ces personnes
particulières là. Ça couvre autant une croix catholique qu'une kippa, qu'un
kirpan, qu'un hidjab, qu'une burqa,
qu'un niqab. Ça couvre tous les signes religieux. Donc, durant la prestation de
travail, il n'y a pas de port
de signes religieux, c'est très clair.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Cette semaine, le premier ministre répétait
qu'il fallait éviter de tomber dans le piège des journalistes et de répondre à des hypothèses,
qu'il ne fallait surtout pas parler des moyens d'application. Or, quelques
heures plus tard, ce même premier ministre nous disait, et je le cite, que «c'est important qu'on mette des règles
claires». Le ministre est mal pris devant deux affirmations
contradictoires de son premier ministre.
Laquelle des deux options choisira-t-il :
celle d'établir des règles claires ou celle de ne surtout pas parler des façons
d'appliquer sa propre loi?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : Bien, M.
le Président, quand on lit le projet de loi n° 21, c'est très clair et ce n'est pas différent
des autres projets de loi qu'on adopte ici, à l'Assemblée nationale. Il est
vrai qu'il n'y a pas de disposition pénale, il n'y a pas d'amende dans le projet
de loi, comme ça se fait dans de multiples projets de loi ici adoptés, à l'Assemblée
nationale. Ce qu'on dit, c'est que c'est une loi d'ordre public, donc la loi
s'applique, toutes les organisations se doivent de respecter les lois qui sont
votées à l'Assemblée nationale.
Est-ce que
vous nous dites, par votre question, que, lorsqu'il
y a une loi qui est votée à l'Assemblée nationale, elle ne devrait pas être appliquée par
les organismes publics, par les municipalités ou par les commissions scolaires?
Je ne pense pas que c'est le sens de votre propos. Puis ici,
comme législateurs, quand on travaille ensemble
pour faire adopter les différents projets de loi, bien, la loi doit être
adoptée, et c'est ce qui va arriver, c'est la plus haute autorité
administrative qui va faire l'application de la loi.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Déjà une semaine, M. le Président, une semaine
que nous posons des questions et que la société aussi en pose à tous
les jours. Les commissions scolaires sont inquiètes, les municipalités, très
interpelées, les syndicats, aux
aguets, et pourtant on ne nous donne pas de réponse. Plusieurs
jours, plusieurs questions, beaucoup d'inquiétudes,
mais toujours pas de réponse.
Finalement,
pour éviter de devoir répondre à nos questions, doit-on conclure que le gouvernement a déjà préparé son bâillon?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est la sixième question
que je réponds à la députée de Marguerite-Bourgeoys. Je
pense que mes explications, elles sont très claires. Je fais
vraiment un effort pour que mes réponses soient intelligibles. Le projet
de loi, il est clair, ça sera applicable.
Pour ce qui
est de l'étude du projet de loi, écoutez, on a reçu vos groupes, on va vous
renvoyer des propositions. Moi, je
souhaite qu'on puisse siéger le plus rapidement possible, d'entendre les
différents groupes, d'expliquer le projet de loi aux différents groupes
qui soulèvent des questions par rapport au projet de loi, de leur expliquer, de
faire la pédagogie, de les entendre aussi,
puis, s'ils ont des bonifications à apporter au projet de loi, bien, moi, je suis ouvert à les entendre puis à améliorer le texte du projet de loi. C'est comme ça que ça fonctionne. Il n'y a pas de projet de loi qui ne nécessite pas d'amendement, alors on sera positifs, et je
vais travailler avec vous...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ... pour
voir les amendements que vous allez me déposer. Je suis en mode collaboration. Ça dépend juste de vous.
Le Président : Question
principale, M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : Merci, M. le Président. Depuis le dépôt du projet de
loi sur
la laïcité, on entend presque en boucle le premier ministre répéter qu'il faut être posé, qu'il faut élever le
débat avec sérénité. Aujourd'hui, M. le Président, on comprend mieux à qui sont destinés ces appels.
Dans le fond, le message que nous livre le premier ministre, il est pour les
autres, pour ceux et
celles qui ne pensent pas comme lui. C'est un peu comme s'il nous disait :
Ceux qui ne pensent pas comme moi,
soyez gentils, soyez polis, soyez respectueux, mais moi, j'ai le droit d'être
intransigeant, moi, j'ai le droit de ne pas respecter cette Assemblée.
Au fond, ça sert à quoi, un Parlement? Nous sommes majoritaires.
C'est une
attitude qui se reflète aussi dans le projet de loi, M. le Président. Il
contient, ce projet de loi, une clause de
droit acquis qui prévoit que seuls ceux et celles qui seront titulaires des
emplois visés par les interdictions au jour qui précède la présentation du projet de loi seront protégés. Alors, M. le
Président, cette disposition, elle limite actuellement les employeurs
dans leur recherche et leur sélection et les oblige à appliquer la loi
maintenant, avant son adoption.
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, le Parlement, il doit fonctionner. Pour que le Parlement fonctionne,
ça prend la collaboration de toutes les formations politiques ici. Le projet de
loi que j'ai déposé, le projet de loi n° 21 sur la
laïcité de l'État, c'est un projet de loi
qui est important pour la société québécoise. Durant 11 ans, il y a eu de
multiples débats dans la société
québécoise. Vous en avez été, comme leader de l'opposition officielle à
l'époque, en 2007. Il y a plusieurs collègues
ici qui en ont été, dans d'autres formations politiques, alors qu'il y a eu les
débats, en 2013. Il y a eu des débats en
2015 avec la précédente ministre de la Justice, il y a eu énormément
d'échanges, de questionnements. Nous allons tenir des consultations très prochainement. Je souhaite
que vous participiez aux consultations. Il y aura des débats en commission
parlementaire, on aura des débats ici, au salon bleu.
La chose étant, il faut s'assurer que la loi
soit applicable pour l'ensemble des organisations, et le contenu du projet de
loi fait en sorte qu'au moment du dépôt du projet de loi ça cristallise la
situation. Si l'Assemblée nationale souhaite
aller de l'avant avec le projet de loi, la volonté du gouvernement, elle, est
d'aller de l'avant avec le projet de loi pour répondre aux engagements
que nous avons pris devant les Québécois...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et surtout à
la volonté de la population québécoise.
Le Président : Première
complémentaire, M. leader de l'opposition officielle.
M. Proulx : Merci, M. le Président.
Ma question, elle porte sur cette procédure parlementaire qui veut qu'un projet de loi ne peut être adopté... on ne peut
pas obliger des gens de l'adopter avant son adoption, qui, elle, ne peut être
présumée non plus. M. le Président, le ministre a vécu pareille affaire avec
les 18 000 dossiers en immigration. Il s'est fait dire par la cour : Tu n'as pas le droit
de faire ce que tu fais. Nous sommes dans la même situation. Ou bien il
n'apprend pas de ses erreurs, M. le Président, ou bien il persiste et
signe.
Dans mon vocabulaire, c'est du mépris. Dans le
sien, est-ce que c'est ridicule?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est important de distinguer les deux dossiers. Et le leader de
l'opposition officielle le sait très
bien, que ça n'a aucun lien entre les deux et que ce n'est pas la même
situation. Nous avons le devoir d'adopter
une loi qui est applicable pour l'ensemble des organisations. Nous avons le
devoir, lorsqu'on légifère, de penser à
toutes les situations possibles, et c'est ce que nous faisons avec le projet de
loi n° 21. Nous avons un projet de loi qui est pondéré, un projet de loi qui sera applicable dès le moment de sa
sanction, un projet de loi aussi qui est rassembleur, un projet de loi qui fait un équilibre. Alors que
la société québécoise s'est divisée durant plusieurs années sur cet enjeu-là,
notre objectif est de rassembler les Québécois.
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : Nous avons
fait des compromis dans le projet de loi. Nous avons avancé. C'est un projet de
loi qui rassemble. Joignez-vous à nous.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
M. le Président, le leader répète toujours la même chose, mais son projet de
loi, aujourd'hui, doit être appliqué par des employeurs. Lorsqu'ils
rencontrent des employés, ils doivent leur dire ce qui pourrait se passer. Lorsqu'ils ont à choisir entre des candidats, ils doivent
tout de suite identifier qui, de ceux et celles qui portent des signes religieux, pourront leur causer problème
pour la suite. C'est de ça qu'il a été accusé lorsque la cour lui a dit :
On ne peut pas présumer de
l'adoption. C'est ça qui s'est passé avec les 18 000 dossiers. Et on va le
revivre avec les employeurs du Québec.
C'est ça, sa façon de
gouverner en démocratie?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je n'ai pas de leçons de démocratie à recevoir de la
part du Parti libéral du Québec, qui
n'a pas écouté les Québécois pendant 15 ans. Et je pense qu'ils vous ont
envoyé un message assez clair le 1er octobre dernier.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : La démocratie, ça s'est exprimé notamment le 1er octobre dernier,
lorsque les Québécois vous ont envoyé
un message, notamment, relativement à la laïcité de l'État, au port de signes religieux,
notamment sur le fait qu'au Québec, lorsqu'on donne un service public,
on devrait le donner à visage découvert et le recevoir à visage découvert également pour des motifs de sécurité ou
d'identification. Le Parti libéral du Québec devrait cheminer dans sa
position pour écouter les Québécois, pour écouter la société québécoise...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et pour pouvoir tourner la page sur cette question-là. C'est
important. C'est un choix de société d'inscrire la laïcité, et nous
allons le faire.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Massé : Merci, M. le Président. En campagne électorale, le premier
ministre répétait à qui voulait l'entendre qu'il voulait de bonnes jobs, de bons emplois payants, 25 $,
30 $, 40 $ de l'heure. Mais, des salaires comme ça, les patrons,
là, ils ne vous donnent pas ça parce qu'on leur demande gentiment. Des salaires
comme ça, ils sont obtenus par de la négociation.
Et le rôle du premier ministre lorsqu'il y a une négociation, bien, c'est de
s'élever au-dessus de la mêlée. Ce
n'est pas ce qui se passe actuellement dans le cas de l'ABI. On sait déjà
qu'Hydro-Québec subventionne depuis 14 mois le lock-out à la hauteur de centaines de millions de dollars. Maintenant, le premier
ministre met tout son poids derrière
le P.D.G. à 13 millions d'Alcoa parce que,
finalement, il trouve que nos travailleurs et travailleuses québécoises
et québécois sont trop payés. Résultat : hier, ABI a
rejeté l'offre, et, grâce à la bénédiction du premier ministre, le lock-out
continue. Le premier ministre a saboté le rapport de force de nos travailleurs
et travailleuses. Ça n'a pas de bon sens.
sait que le premier ministre n'a peut-être pas tendance à se mettre du bord du
monde. Est-ce qu'il pourrait au moins rester neutre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, au Québec, le salaire moyen, c'est
47 000 $ par année. En Ontario, c'est 52 000 $. Ça représente un manque à gagner de
10 milliards par année pour le gouvernement du Québec, qui pourrait être
utilisé pour mieux financer tous nos
services publics, pour mieux aider tous nos démunis. Les emplois qui sont à
plus de 50 000 $ par année sont beaucoup dans le secteur
manufacturier.
Dans
le dossier d'ABI, j'ai rencontré les deux parties, j'ai bien écouté le
syndicat, bien écouté la direction. Je suis arrivé à la conclusion qu'il y a un problème du côté du syndicat. Et je
pense qu'on a effectivement une responsabilité, quand on occupe des
fonctions...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Legault : ...comme la mienne,
d'aider à faire cheminer ces dossiers, parce que, les Québécois, là, des
emplois à 92 000 $ comme on a chez ABI, c'est des emplois qu'on veut,
et actuellement les demandes qui sont faites par le syndicat ne sont pas raisonnables. Et, si,
un jour, c'est le patron qui n'est pas raisonnable, je vais le dire, mais, dans
ce cas-ci, c'est le syndicat qui n'est pas raisonnable.
Président : Première complémentaire. Je vous rappelle que la
parole n'appartient qu'à la cheffe du deuxième groupe d'opposition et à celui qui répond. Donc, attention générale,
s'il vous plaît. Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
M. le Président, un chef d'État, ça s'occupe de son peuple. Un P.D.G., ça se
préoccupe des actionnaires. Je n'en reviens
pas de ce que je viens d'entendre. Le premier ministre, c'est le chef de l'État
québécois. Il n'est plus P.D.G. d'une compagnie.
Quand
est-ce qu'il va réaliser que son rôle, c'est de jouer dans l'équipe des
Québécois et Québécoises, pas dans celle des multinationales comme
Alcoa, surtout quand la question salariale n'est même pas sur la table?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je vais donner un exemple à la cheffe du
deuxième groupe d'opposition. Actuellement,
le syndicat d'ABI demande 10 000 heures de libération syndicale, la direction
en offre 7 500 heures, de libérations syndicales. Est-ce que
la cheffe de la deuxième opposition trouve que c'est raisonnable de demander 10 000 heures de libération syndicale?
Oui, le salaire, les deux parties s'entendent : 92 000 $ par
année. Mais les libérations syndicales, franchement, je trouve ça
exagéré de demander 10 000 heures.
Le Président :
Deuxième complémentaire...
Le Président :
Encore une fois, je demande votre collaboration. Parole à la cheffe du deuxième
groupe d'opposition. Silence, s'il vous plaît!
Massé : C'est exactement ce que je dis. Ce n'est pas à un chef d'État
de s'occuper d'une négociation de travailleurs et travailleuses. On
s'entend-u? C'est la...
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : Excusez-moi, Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition. Nous sommes dans le processus de questions-réponses. La question est posée par la cheffe du deuxième
groupe d'opposition. S'il vous plaît, vous me regarderez pour que je vous rappelle que, pour l'instant, nous
sommes tous attentifs. Je vous demande, à tout le monde, votre collaboration.
Madame, veuillez continuer.
Massé : Alors donc, quand il y a une négociation, il faut laisser les
gens négocier. Et, quand on déséquilibre le rapport de force, soit en subventionnant avec notre société d'État ou
en faisant intervenir un premier ministre qui prend parti pour les
multinationales...
Est-ce que le premier
ministre va s'occuper de notre monde?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, le conflit de travail dure depuis
15 mois. On parle de retombées économiques de 500 millions de dollars par année pour la
Mauricie, pour le Centre-du-Québec. Actuellement, les entreprises, pas
seulement les employés, là, tous les
commerces, les gens en Mauricie puis au Centre-du-Québec, on perd
500 millions de dollars. Oui, je pense que c'est ma responsabilité
de s'occuper du bien commun de ces deux régions importantes.
Le Président :
Question principale...
Le Président : S'il
vous plaît! Question principale. La parole appartient maintenant au chef du
troisième groupe d'opposition.
Bérubé : Merci, M. le Président. La CAQ fonce tête baissée
vers la construction de centaines de classes de maternelle quatre ans. C'est sa
priorité. C'est ce qu'il nous a dit lors du débat des chefs. La CAQ nous
disait, au départ, que ça coûterait
1 milliard de dollars. Le mois dernier, on était rendus à
2 milliards. Et savez-vous quoi? Hier, le ministre des Finances n'a pas écarté que ça puisse frôler
le 3 milliards. La réalité, c'est qu'il n'y a pas de ruée vers les
maternelles quatre ans, bien au
contraire. Les inscriptions ne sont pas au rendez-vous. Il y a des places
disponibles, mais les parents ne veulent
pas envoyer leurs enfants en maternelle quatre ans. Ils trouvent ça trop jeune
pour les envoyer à l'école. Partout au Québec,
les périodes d'inscription à la maternelle quatre ans ont été prolongées. À la
commission scolaire de Kamouraska—Rivière-du-Loup, c'est 11 des 24 classes
prévues qui vont ouvrir. Encore là, la moitié des classes vont être complètes.
question : Est-ce qu'on va construire encore ce réseau de 1, 2,
3 milliards de dollars pour des classes vides pendant qu'il y a des
places réelles, nécessaires pour des parents qui attendent partout au Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, probablement, le dossier qui me tient le plus à coeur, c'est
de s'occuper des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage.
Actuellement, on a trop d'enfants qui n'ont pas la chance d'aller au bout de
leur potentiel. On doit agir tôt, on doit
dépister tôt et commencer à donner des services tôt. Le chef de la troisième
opposition nous dit : C'est trop
jeune, quatre ans, pour aller à l'école. Il a décidé ça, lui. En Ontario, les
jeunes commencent à quatre ans. En
France, les jeunes commencent à trois ans à aller à l'école, avec des
enseignants, des orthophonistes, des orthopédagogues.
Moi,
je veux offrir ce qu'il y a de mieux à nos enfants. C'est peut-être vrai que ça
coûte cher, mais c'est le plus bel investissement qu'on ne puisse pas
faire.
Président : Première complémentaire. Encore une fois, je vous
demande de respecter les droits de parole. La parole appartient au chef
du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, j'ai peur qu'il se rende à trois ans, là, avec ce qu'il vient de dire.
Du dépistage précoce, là, il peut s'en faire facilement dans les centres
de la petite enfance.
vais m'adresser aux députés de la CAQ. Quand ils reçoivent des appels dans
leurs bureaux de comté, est-ce qu'on
leur demande des maternelles quatre
ans ou des places en CPE? Ils le
savent. Alors, si c'est l'effet contraire, on aimerait ça le savoir. On
peut aller vérifier dans Iberville, je suis sûr qu'on va le savoir assez vite.
M. le Président, les services de garde, là... l'été, on fait quoi avec ça, les maternelles quatre ans? On les envoie où, ces enfants-là? Ce
n'est ni souhaité ni souhaitable...
Le Président :
M. le premier ministre.
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : Malheureusement, M. le Président, il y a seulement 5 %
des enfants qui ont accès à la maternelle quatre ans. Il y a beaucoup de parents qui ne savent même pas que ça
peut exister, des maternelles quatre ans, avec des enseignants qui ont quatre ans de formation à
l'université, avec la possibilité, dans les écoles, d'utiliser les services des
orthophonistes, des orthopédagogues, qu'on
ne peut pas mettre dans chaque CPE. Il me semble, c'est facile à comprendre,
on peut partager, avec les enfants de cinq ans, de six ans, des postes de
spécialiste.
comprends, là, le chef de la troisième opposition, il ne pense pas que c'est
une bonne idée, les maternelles quatre ans.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
C'est sa décision. Nous, on pense que ça va aider à aider plus d'enfants...
Président : Deuxième complémentaire. M. le chef du troisième groupe d'opposition,
la parole vous appartient.
Bérubé : C'est ça,
le problème, M. le
Président. Le premier ministre se targue d'être toujours du côté du peuple puis ce que le monde veulent, mais, en petite enfance, ils veulent des
places en CPE. C'est ça, la demande, puis il ne le réalise pas. Il pense que c'est moi qui dis ça.
C'est les parents qui le disent à ses députés. Ils appellent à nos bureaux de
comté puis ils nous le disent : C'est ça qu'ils ont besoin, maintenant, dans toutes les régions du Québec. Alors, toute la marge de manoeuvre, elle
s'en va sur les maternelles quatre ans.
Qu'est-ce qui va
rester pour annoncer des nouvelles places pour les enfants et pour les mères
qui ont besoin de retourner au travail? Rien.
C'est un choix idéologique de la CAQ, puis on fonce dans le mur avec ça, M. le Président.
Le Président :
M. le premier ministre, à vous la parole. Encore une fois, nous sommes
attentifs.
Legault : M. le Président, il n'y a pas si longtemps, on a mis en place, au Québec,
des maternelles cinq ans. Je me rappelle
très bien, à l'époque, qu'il y avait des parents qui avaient peur des maternelles cinq ans, ils
trouvaient ça trop jeune. Ils ne
comprenaient pas qu'à la maternelle cinq ans on peut apprendre en jouant.
Aujourd'hui, on est à l'étape de dire... offrir la maternelle quatre
ans. Il y a des gens qui vont résister, mais, moi, le pari que je fais, c'est
que, dans quatre ans, tout le monde va
vouloir en avoir, puis on va être capables de réduire les échecs des enfants.
Puis c'est vrai que ça coûte cher, mais c'est le meilleur investissement
qu'on ne puisse pas faire pour l'avenir du Québec.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : M. le Président, depuis janvier, l'image du Québec à
l'international en prend un méchant coup. Il y a le projet de loi n° 21 sur la laïcité, qui interdit le port de signes
religieux pour les personnes en autorité, et, plus encore, il y a le projet de loi n° 9,
qui met à la poubelle les dossiers de dizaines de milliers de personnes, qui
réduit le nombre et qui complique
l'immigration au Québec, il y a le refus d'accueillir la COP26, la grande
conférence sur les changements climatiques,
il y a le manque de volonté d'accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021, à
Sherbrooke, et puis, après six mois, il n'y a encore personne de nommé comme
émissaire aux droits et libertés de la personne et à l'UNESCO. Le dernier
gouvernement, celui de mon parti, a construit une image du Québec ouverte sur
le monde, accueillante, leader dans
la francophonie, en environnement, en économie. M. le Président, le
gouvernement de la CAQ est-il en train de tout déconstruire?
La ministre des Relations internationales
peut-elle nous dire quelle image son gouvernement veut nous donner à
l'étranger?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
Girault : Merci, M. le Président. M. le Président, je suis très
contente de me lever ce matin pour répondre, et je remercie la députée
de Bourassa-Sauvé de m'avoir posé cette question. Je dois vous dire, M. le
Président, qu'au niveau des relations
internationales le Québec, à l'étranger, actuellement, a un réseau de
représentation de 32 représentations, dans 18 pays différents. Au niveau de l'image que nous avons,
chacune de ces représentations est composée de gens très séniors, de gens qui sont capables de prendre les
informations, des bonnes informations des différents dossiers, et de les
transmettre aux gens qui viennent les rencontrer, et de les transmettre aux
populations des différents pays où est-ce qu'ils sont situés.
niveau de la francophonie, oui, on est membre de l'OIF depuis 1971, le
leadership au niveau de la francophonie est établi et on continue à le travailler avec les différents
intervenants que nous avons dans les différents pays. M. le Président, on a
une tribune extraordinaire à l'international
pour influencer et pour démontrer les capacités du Québec, et c'est ce qu'on
fait dans les différentes représentations.
Le Président :
En terminant.
Mme Girault :
Je suis très fière de ce réseau, et on est très en contact avec tous ces gens...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Notre image est mise à mal. Et j'aimerais qu'on ne se
mette pas la tête dans le sable. Depuis jeudi dernier, le New York Times , le Washington Post , le Guardian ,
lus par 150 millions de personnes par mois, racontent que le Québec s'apprête ni plus ni moins à
légaliser la discrimination. Le mois dernier, c'était Le Monde , Le
Figaro et les journaux de la
francophonie qui dénonçaient les politiques d'immigration de la CAQ. Le Québec
a maintenant mauvaise presse. De tout
temps, on est allés à l'étranger pour défendre le Québec, M. le Président.
Maintenant, la ministre devra...
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, la députée de Bourassa-Sauvé, elle a le droit de poser sa question
dans le sens qu'elle le veut. Par
contre, j'espère qu'elle réalise aussi que l'Assemblée nationale, les élus du
peuple québécois ont le droit de
décider ici, dans cette Chambre, comment est-ce qu'on va organiser nos rapports
entre l'État et les religions. Notre formation
politique, le Parti québécois également, a décidé qu'il allait y avoir une
séparation formelle entre l'État et les religions. On a un projet de loi qui est pondéré, qui est modéré, qui
fait une balance entre les droits collectifs et les droits individuels.
On est fiers du projet de loi parce qu'on répond à la volonté de la nation
québécoise.
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : La
responsabilité de chaque élu ici, c'est de s'assurer de répondre à ce que la...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : Oui. Bien, vos politiques font mal à l'image du Québec à
l'étranger. On lit des histoires d'Américains
et de Français qui pensent maintenant partir à cause qu'ils sont pris dans les
18 000 dossiers. Il y a des
filles dans mon comté qui portent le
foulard puis qui ne se sentent pas bienvenues. Le gouvernement de la CAQ parle
d'investir des millions pour attirer
les investissements étrangers et les meilleurs talents. Je crains que cet
argent soit gaspillé par des politiques de la CAQ qui font fuir plutôt que
charmer. On ne fait plus rayonner le Québec. J'ai l'impression qu'on...
Le Président : Monsieur ou
madame? Mme la ministre des Relations internationales.
Girault : Merci, M. le Président. M. le Président, je réitère qu'au
niveau des relations internationales on est en contact régulier avec tout le réseau qu'on a au niveau international,
et ce réseau est parfaitement capable et se sent très à l'aise de défendre les positions que nous avons
au Québec et de défendre aussi le fait qu'avec les nouvelles lois de la laïcité nous désirons tout simplement respecter
les valeurs des Québécois et faire en sorte que nous séparons la religion
de l'État. De plus, M. le Président, je suis
très en contact avec tous les différents consulats, les différentes ambassades,
qui, eux aussi, ont la bonne information, M. le Président...
Le Président : En terminant.
Mme Girault : ...et sont capables de
diffuser des bonnes communications. Merci.
Président : Question principale, M. le député de Laurier-Dorion. Je vous demande d'éviter de vous interpeler.
La parole vous appartient, M. le député.
Fontecilla : M. le Président, la crise du logement est à nos portes. Québec solidaire vous le dit
depuis des semaines, les locataires
vous le disent depuis des mois. Depuis quelques jours, il suffit d'ouvrir les
journaux pour voir la détresse des familles
inquiètes de ne pas trouver un toit en juillet prochain. À Montréal,
le taux d'inoccupation est à 1,9 %, et c'est un peu la même chose partout au Québec.
Derrière ce chiffre, il y a des gens qui sont au bout de leurs peines. Je les
reçois depuis des semaines dans mon
bureau. Pour certains, leur prochain déménagement, c'est dans la rue. La date
limite du 1er juillet approche à grands pas, et qu'est-ce que fait
le gouvernement? Il enjolive le nom de la Régie du logement.
Ma question
est pour la ministre de
l'Habitation : Qu'est-ce que le projet de loi fait pour régler la crise du
logement?
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales.
Laforest : Merci, M. le Président. J'aimerais répondre au député de
Laurier-Dorion : Qu'est-ce qu'on fait avec une crise du logement?
On dépose un nouveau projet de loi, projet de loi n° 16,
qu'on a déposé hier, et, dans ce projet-là,
justement, on augmente les délais à la Régie du logement. Ce n'est pas
simplement de changer le nom de la Régie du logement, c'est... Qu'est-ce qu'on veut faire, c'est justement donner
à la Régie du logement le rôle qu'elle fait exactement. Son rôle est un rôle de
tribunal. Alors, avec ce nouveau rôle, on a donné des pouvoirs à la Régie du
logement, elle va prendre ses pouvoirs en main, et on va accélérer les
délais à la Régie du logement.
Avec le budget qui a
été déposé dernièrement par mon collègue le ministre des Finances, nous avons
octroyé 24 millions dans ce budget,
justement, pour aider les locataires à régler des litiges et aider les
propriétaires à accélérer également les problèmes qu'ils avaient au
niveau de leurs immeubles. Alors, merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Merci. Les libéraux ont passé 15 ans à négliger le
logement social. Aujourd'hui, la CAQ veut mettre le dernier clou dans le cercueil. On n'a jamais vu aussi peu
d'argent dans un budget pour le logement social au Québec. Aucun — aucun — nouveau logement n'a été prévu, alors qu'il
faudrait en construire 10 000 par année sur cinq ans pour seulement
combler les besoins actuels.
La ministre est-elle
en train d'annoncer la mort du logement social au Québec?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales.
Laforest : La ministre est en train d'annoncer, présentement...
J'aimerais dire au député de Laurier-Dorion : La ministre est en train justement de s'occuper de
son rôle de ministre de l'Habitation au Québec. Mon rôle était, justement,
de négocier pour avoir des sommes avec les
programmes AccèsLogis. Les logements qui n'ont pas été livrés dans le passé,
on va les livrer. Je prends la
responsabilité. On a justement 282 millions qui ont été donnés pour
l'accès aux AccèsLogis en logement au
Québec. Alors, ne soyez pas inquiets. J'ai pris mon rôle au sérieux, et tous
les gens qui ont besoin des AccèsLogis, justement, ont envoyé des
lettres à notre ministère pour nous remercier...
Le Président :
En terminant.
Laforest : ...y compris la ville de Montréal, qu'on a donné
72 millions pour les AccèsLogis.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Avec la baisse
de la taxe scolaire, la CAQ a donné un cadeau de 1 milliard aux propriétaires, mais, quand les locataires ont déroulé le
rebord du budget, c'était marqué : Meilleure chance la prochaine fois.
M. le Président, ce n'est pas la première fois qu'on leur dit ça. Aujourd'hui, ces gens-là ne peuvent plus attendre. Ils sont poussés vers la
rue.
Est-ce qu'un
changement caquiste, ça concerne aussi les locataires du Québec?
Le Président :
Mme la ministre de l'Habitation.
Laforest : J'adore discuter avec le député de Laurier-Dorion. On a eu
des rencontres ensemble il n'y a pas très
longtemps, et je vous garantissais qu'on allait bouger justement les
habitations au Québec, ce qu'on fait présentement.
niveau des taxes scolaires, je suis vraiment heureuse, parce que moi, je viens
du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
et nous serons une des régions qui va
vraiment être récompensée pour le problème qu'on avait avec les taxes scolaires
au Québec.
Alors,
moi, ce que je peux vous dire, au niveau de l'habitation, au niveau des taxes
scolaires, on prend le contrôle, on est responsables de nos actions, et je
crois sincèrement que tous les Québécois, avec les baisses de taxes scolaires,
avec les programmes en AccèsLogis...
Le Président :
En terminant.
Laforest : ...avec la nouvelle Régie du logement, vous allez voir, on
va répondre à la commande.
Le Président : Question
principale, M. le député de Rimouski.
LeBel : M. le Président, en 2018, le nombre d'emplois a crû de
55 000 à Montréal. Il s'est produit exactement l'inverse dans le
reste du Québec. On parle d'une baisse de 50 700 emplois.
Nous
vivons dans un Québec à deux vitesses. L'accès Internet à haute vitesse est
considéré comme un service nécessaire
pour le développement économique des régions. Pourtant, aujourd'hui, des
secteurs comme la MRC d'Arthabaska sont
toujours privés de fibre optique et de couverture cellulaire. C'est la même
chose chez nous, dans le Bas-du-Fleuve, une des régions les plus
dépourvues en matière d'accès à Internet haute vitesse.
campagne électorale, la CAQ promettait un investissement de 400 millions
pour brancher toutes les régions du
Québec d'ici 2022. On promettait de le faire en quatre ans, après, c'est passé
à cinq ans, là, on est rendus à sept ans, encore un recul.
Est-ce que la
ministre déléguée aux régions accepte ce recul? Est-ce qu'elle réalise que sept
ans de retard handicapent sérieusement le
développement des régions? Bref, est-ce qu'elle accepte ce Québec à deux
vitesses : la haute et la pas vite?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au Développement économique régional.
Proulx (Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. En effet, c'est un
dossier qui nous préoccupe pour tout le
Québec. Internet haute vitesse, c'est comme l'électrification au
XXe siècle, puis ça nous préoccupe énormément. C'est un dossier qui
nous préoccupe tellement qu'il y a 400 millions dans le dernier budget qui
est prévu pour brancher les 240 000 foyers
qu'il nous reste à brancher au Québec. C'est un dossier prioritaire. Il y a
déjà des ressources qui ont été embauchées.
On travaille en collaboration avec la Fédération québécoise des municipalités
dans ce dossier, justement, pour s'assurer que la cartographie soit
respectée puis qu'on puisse brancher le plus grand nombre de foyers possible. M. le Président, c'est un dossier qui est prioritaire pour nous. On veut aller de
l'avant. Notre plan est clair, notre plan est sensé. Évidemment, plus on va brancher vite... Notre objectif,
c'est de brancher d'ici 2022 les 240 000 foyers
qu'il reste à brancher. Mais on a
besoin de la collaboration, pour ce faire, du fédéral puis aussi des
entreprises de télécommunications qui
sont impliquées dans le dossier, parce qu'ils ont l'expertise. Donc, pour nous,
ce dossier est prioritaire et très préoccupant, puis on veut aller de
l'avant.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Pour une priorité, sept ans, ce n'est pas prioritaire fort,
fort, fort. Sept ans. Nous, il faut que ce soit au plus sacrant. C'est comme ça qu'on veut que les
régions soient branchées. Pour leur avenir, les régions doivent prendre le
virage de l'innovation et du numérique, mais sept ans de retard, dans ce
secteur économique, c'est un handicap majeur, comme dirait le premier
ministre.
Est-ce
que la ministre réalise qu'en retardant le déploiement d'Internet haute vitesse
en région elle retarde le virage numérique des régions du Québec?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. C'est tout... Mon collègue de
l'opposition mentionne un élément
important. Il faut que ça se fasse rapidement. Puis c'est ce qu'on met... On
met tous les efforts nécessaires pour ce faire. On a besoin, pour ça, de l'opposition, pour avoir l'appui au
fédéral également. Le fédéral doit investir là-dedans, doit brancher. Le CRTC doit modifier ses cartes
aussi pour s'assurer qu'on branche tous les Québécois. Il y a des blocages à ce
niveau-là qui sont inacceptables. On veut s'assurer de pouvoir brancher tout le
monde. C'est notre objectif, notre priorité.
Notre engagement à ce sujet a été clair. Il est toujours clair, cet engagement.
Nous tiendrons nos engagements à ce niveau-là. Les sommes que nous avons
mises au budget en ce sens...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...font la preuve de cela.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Elle parle de relations avec le fédéral. C'est encore une
autre raison pourquoi je suis indépendantiste.
parle de régionalisation de l'immigration. On parle de valorisation des
régions. Mais la première question qui est
posée quand une famille veut s'installer dans une municipalité, c'est l'état de
la connexion Internet et du cellulaire. C'est un service de base. Le Parti québécois, on n'accepte pas ce Québec
à deux vitesses. Pour nous, toutes les régions ont droit au même
traitement, y compris nos territoires ruraux.
Comment le
gouvernement pense-t-il assurer l'avenir des régions? Comment pouvons-nous le
croire, quand il parle d'une priorité
en sept ans, s'il est incapable de tenir sa promesse de brancher toutes les
régions rapidement, maintenant?
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. De fait, je partage tout à
fait cette vision des choses que c'est
inacceptable d'avoir un Québec à deux vitesses. Puis on l'a vu, que l'écart
s'est agrandi au cours des 15 dernières années. On a saccagé et abandonné les régions, et c'est inacceptable. On
est en train de faire du rattrapage en ce moment, puis l'écart est tellement rendu grand que c'est
plus long, faire les choses, malheureusement, mais on travaille là-dessus.
L'Internet haute vitesse est une priorité.
Puis vous avez raison de dire que les municipalités, c'est ce qu'elles
demandent maintenant. Les familles,
les municipalités, c'est ce qu'elles veulent. Nous avons entendu leurs demandes
et nous répondons à leurs demandes actuellement. 400 millions de
dollars investis dans le budget pour ce dossier...
Le Président : En terminant.
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : ...pour
nous, c'est pour l'équité des régions.
Le Président : Question
principale...
Le Président : S'il vous
plaît! Mme la députée de Verdun, vous êtes la seule à avoir la parole.
Melançon : Oui. J'ai déjà eu la chance de discuter avec l'équipe du
ministre de l'Éducation au sujet de la problématique de la surpopulation
des écoles primaires à l'Île-des-Soeurs, dans ma circonscription, et du
problème d'emplacement de l'annexe
nécessaire pour 200 enfants, à la rentrée, dès septembre prochain. Les
parents de l'école des Marguerite sont inquiets. Le ministre doit nous
confirmer que la situation temporaire de l'annexe restera temporaire. Je suis
en lien avec les parents, le conseil d'établissement, les professeurs, la
direction, le maire, la commissaire, la commission
scolaire. Il est question de la réussite de nos enfants. Je veux m'assurer que
la décision du Conseil des ministres de
février de transférer le dossier de la commission scolaire vers la SQI ne va
pas ralentir la construction de l'école. On a besoin de trouver un
terrain rapidement et de passer en action pour une troisième école.
Est-ce que le ministre peut s'engager à suivre
ce dossier de près et en faire sa priorité?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, ce qui se passe à la commission scolaire
Marguerite-Bourgeoys, ce n'est pas drôle du tout. La pénurie de locaux est criante, c'est la commission
scolaire... Il y a d'autres commissions scolaires qui sont frappées, mais c'est la commission scolaire qui
est la plus durement frappée. Il faut que je répète cependant qu'au cours
des quatre dernières années,
malheureusement, le dernier gouvernement leur a refusé l'équivalent de trois
écoles secondaires, six écoles
primaires. Ils faisaient des demandes, on leur disait non, ce n'était pas assez
important de construire des écoles au cours des dernières années. Ça va
changer.
Je rassure ma
collègue que, oui, c'est une priorité, que, oui, la mesure temporaire, là, qui
s'en vient, ce sera une mesure
temporaire, on ne va pas pérenniser l'inacceptable, évidemment. Et j'accepte sa
main tendue de travailler avec les acteurs
locaux, évidemment. Il y a une idée peut-être d'aller faire des locaux
temporairement dans des locaux commerciaux, ce n'est pas quelque chose qui m'enchante, mais, écoutez, ils sont
rendus là par la force des choses. J'ai l'intention d'aller visiter ça. Et j'aimerais même inviter ma collègue
à ce qu'on puisse y aller ensemble pour voir dans quelle mesure il y a moyen d'aménager ça de manière temporaire et
acceptable pour en faire des lieux d'apprentissage. On pourra aller visiter
ensemble. J'accepte sa main tendue puis, je vous le dis, on va travailler pour
donner aux gens de l'Île-des-Soeurs...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...et aux gens, à la
grandeur du Québec, des écoles dignes de ce nom.
Président : Merci. Ça met fin à la période de questions et de
réponses orales. Merci de votre collaboration à tous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous en sommes maintenant à
la rubrique des votes reportés et, comme annoncé précédemment, nous
allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, débattue hier aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition, et sur la motion
d'amendement de M. le député de Gouin à la motion précitée.
Conformément
au règlement, je dois d'abord mettre aux voix la motion d'amendement
présentée par M. le député de
Gouin avant de procéder au vote sur la motion principale. La motion de Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition
se lit comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement caquiste de proposer, d'ici le 1er octobre
2020, un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre
approuvé par un expert indépendant du gouvernement qui permet d'atteindre les cibles recommandées par le Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour
2030; et
«Que
l'Assemblée nationale demande également au gouvernement d'interdire tout projet
d'exploitation ou d'exploration pétrolière ou gazière sur le territoire du
Québec.»
Et la motion d'amendement de M. le député de
Gouin se lit comme suit :
Après le paragraphe, ajouter les mots :
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement
d'appeler en commission parlementaire le projet de loi n° 194,
Loi visant à assurer le respect des
obligations du Québec relatives aux changements climatiques, [et ce,] afin de procéder à des consultations
particulières.»
Je mets donc
aux voix la motion d'amendement de M.
le député de Gouin que je viens tout
juste de lire. Et que les députés en faveur de cette motion veuillent
bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Nadeau-Dubois (Gouin), M. Marissal (Rosemont),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau), M. Zanetti
(Jean-Lesage).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Nichols (Vaudreuil),
Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), M. Ciccone (Marquette).
M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert
(Saint-François), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Lamothe (Ungava), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette
(Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 43
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, la motion est rejetée.
Je vais maintenant mettre aux voix la motion de
Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale...»
M. le leader du gouvernement, est-ce que vous
voulez intervenir à ce point-ci?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente... de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vais lire la motion, et
nous verrons par la suite comment le vote va se dérouler.
Alors, je
reprends. Je mets maintenant aux voix la motion de Mme la cheffe du deuxième
groupe d'opposition :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement caquiste de proposer, d'ici le
1er octobre 2020, un plan de réduction
des émissions de gaz à effet de serre approuvé par un expert indépendant du
gouvernement qui permet d'atteindre les cibles recommandées par le Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour 2030;
«Que l'Assemblée nationale demande également au gouvernement
d'interdire tout projet d'exploitation ou d'exploration pétrolière ou gazière
sur le territoire du Québec.»
Alors, est-ce que vous voulez procéder au même vote
que tout à l'heure ou que l'on fasse un vote par appel...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un vote par appel nominal. Et que
les députés en accord avec cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M.
Nadeau-Dubois (Gouin), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion
(Taschereau), M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M.
LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis), M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Girard (Groulx), Mme McCann
(Sanguinet), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard
(Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi),
Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin
(Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Lamothe (Ungava), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette
(Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard),
Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard
(Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Nichols (Vaudreuil),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), M. Ciccone (Marquette).
M. Ouellette
(Chomedey).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général, pour le
résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 18
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est rejetée.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des motions sans
préavis. Et, selon nos règles et l'ordre de présentation, je vais reconnaître un membre formant le
gouvernement, et ce sera Mme la ministre des Relations internationales et de
la Francophonie.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Mme
la Présidente, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la députée de
Bourassa-Sauvé, la députée de Taschereau, le député des Îles-de-la-Madeleine,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale du Québec souligne qu'il y [a] 25 ans, le 7 avril 1994,
débutaient les tragiques événements du génocide rwandais;
«Qu'en cette Journée
internationale de réflexion sur le génocide, les membres de cette Assemblée
observent une minute de silence en mémoire des victimes.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, Mme la ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
M. Schneeberger : Oui.
Donc, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant dans l'ordre
suivant : la ministre des Relations internationales et de la Francophonie,
la députée de Bourassa-Sauvé, la députée de Taschereau et le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, Mme
la ministre, la parole est à vous.
Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Mme
la Présidente, je me souviens. Le 7 avril 2019 marquera le début du génocide du Rwanda, il y a de cela 25 ans. Ces
événements composent l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire de l'humanité. Au crépuscule du XXe siècle, plus
de 800 000 personnes ont été tuées systématiquement en quelque 100 jours.
Avant d'aller plus loin, j'aimerais en profiter pour saluer
dans les tribunes les représentants de la communauté rwandaise du Québec : M. Michel Mugabo,
président de la Communauté rwandaise de Québec, Mme Marie-Michèle
Murekatete, représentante de Page-Rwanda,
Mme Sylvie Dallaire, Mme Irène Dallaire, fille adoptive de
Mme Dallaire, et Mme Suzanne
Dumouchel, ex-chargée de projet de CECI, qui a travaillé au Rwanda, dans la région
des lacs africains.
Ce terrible
anniversaire nous rappelle notre responsabilité collective à commémorer ce
génocide. Pour le général Roméo Dallaire, le génocide rwandais, c'est
l'histoire de la faillite de l'humanité à tenir compte d'un appel à l'aide de tout un peuple en voie d'extinction. Il
nous incite à poursuivre nos actions, à l'aube du XXIe siècle, en matière
de droits de la personne
et à investir nos institutions multilatérales internationales pour que plus jamais
de tels événements ne se reproduisent.
25 plus tard, la force symbolique de cet
anniversaire peut être aussi un symbole d'espoir. Sur la scène internationale, j'aimerais mentionner l'arrivée, à
la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, de la
Rwandaise Mme Louise Mushikiwabo, qui promeut les valeurs universelles de
paix et de démocratie.
Le Québec a
été, dans les dernières années, la terre d'accueil de plusieurs milliers
d'immigrants d'origine rwandaise qui ont trouvé ici, je l'espère, un refuge
et un havre de paix.
Mme la Présidente, en ce triste jour, j'invite
les élus de l'Assemblée nationale à commémorer la mémoire des victimes du
génocide rwandais et à démontrer par le fait même un soutien actif à la
jeunesse rwandaise et africaine. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie. Et je vais maintenant
céder la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Merci, Mme la Présidente. Moi aussi, je veux dire bonjour aux gens d'origine
rwandaise qui sont ici, avec nous
aujourd'hui. Le Québec a toujours été... Il y a toujours eu une petite présence
du Québec au Rwanda depuis son indépendance, puis même avant.
Écoutez,
en ce jour, en ce 20e anniversaire, en tout cas, de commémoration des victimes
du génocide rwandais, j'aimerais dire... Bon, il y a les 800 000
personnes qui sont mortes, qui ont été tuées durant ces événements, qu'on a retrouvées, qui jonchaient les rivières du Rwanda.
Il y a leurs familles qui ont survécu. On pense aussi au courage des gens qui ont caché les Tutsi qui étaient ciblés ou
les Hutus modérés qui étaient ciblés aussi. Il y a le sentiment des gens
qui étaient... Je pense aux gens qui
n'étaient pas là durant le génocide rwandais, les Rwandais qui étaient absents
du Rwanda, puis qui regardaient ça,
et qui se sentaient comme complètement impuissants, puis qui repensent à tout
ça, puis qui se disent : Ah!
bien, si j'étais là, j'aurais peut-être pu faire une différence. Il y a qu'on
se dit qu'à cette époque-là peut-être que,
si le monde avait écouté le général Dallaire, si les soldats qui étaient là-bas
avaient eu des consignes claires d'agir, s'il y avait eu un petit peu plus de
Casques bleus qui avaient pu agir, peut-être qu'on aurait pu limiter les dégâts.
peut dire «si, si, si», mais en fait ce que je retiens de tout ça, ce qui me
fascine dans tout ça et ce qui me donne espoir, c'est l'incroyable courage et l'incroyable résilience du peuple
rwandais, des gens de toutes ethnies, de tous les Rwandais, qui, depuis 25 ans, construisent ce
pays, essaient de construire un monde meilleur pour ce pays et qui
travaillent... Il faut prendre
conscience que 25 ans, ce n'est pas très, très loin. Il y a encore des
bourreaux, il y a encore des victimes, et ils sont côte à côte, et ils
travaillent ensemble pour essayer de construire le pays.
Donc,
depuis 25 ans, ce pays-là, c'est vraiment un miracle économique. Il y a le taux
de pauvreté, les inégalités qui ont baissé fortement, l'électrification
aussi qui a quintuplé. En tout cas, on reconstruit le Rwanda, et je trouve ça
merveilleux. Et nous souhaitons que la paix puis la stabilité perdurent au
Rwanda. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Maintenant, je cède
la parole à Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : En 1943, Raphael Lemkin, un juriste polonais,
crée le néologisme «génocide», qui vient de la racine grecque «genos», qui veut dire naissance, genre,
espèce, et du suffixe «cide», qui vient du terme latin «caedere», qui veut
dire tuer, massacrer. Il y avait déjà eu des génocides par le passé, évidemment,
mais le terme est assez récent. Ce Raphael
Lemkin était Polonais juif, il a créé le mot en 1943. On n'a pas besoin de se
faire un dessin pour comprendre ce
qui l'a poussé à créer ce mot-là, ce mot qui fait peur, «génocide», et le
Rwanda en a vécu un, génocide. Je sais qu'il
encore des débats à savoir si c'était vraiment un génocide ou pas. Il y a
encore aussi des négationnistes des chambres à gaz nazies. On ne s'en
sort pas. Mais le Rwanda a réellement vécu un drame qui touche toute
l'humanité.
En 1994, j'avais
12 ans et je me rappelle des unes de journaux. Je me rappelle avoir
demandé aux adultes de m'expliquer pourquoi
ça arrivait, et les adultes n'arrivaient pas à m'expliquer pourquoi ça
arrivait. Plus tard, dans mes études à Londres, je me suis penchée sur
ce génocide qui a fait plus de 800 000 morts dans la face de la
communauté internationale qui regardait se
déployer la haine et les assassinats sauvages sans oser réagir. Et, chaque fois
que je terminais une lecture sur le
sujet, je me demandais : Comment est-ce que l'être humain peut en venir à
haïr une personne, un groupe social
ou un peuple en entier au point de vouloir l'exterminer? D'où vient cette
haine-là? Quel est son terreau? Et aussi, tout aussi important, quel est
le terreau de l'inaction face aux expressions de la haine, face à son
déploiement?
cette Journée internationale de réflexion sur le génocide, j'ai une pensée pour
les victimes et pour leurs familles et je salue chacun des membres de la
communauté rwandaise du Québec. Merci d'avoir choisi le Québec.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Taschereau. Maintenant, je cède la parole à M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens, au nom de ma formation politique, à rendre
hommage aux survivants du génocide rwandais et à honorer la mémoire des
800 000 disparus. La seule façon de donner un sens à ce qui s'est passé au Rwanda en 1994, c'est de se souvenir
pour que jamais plus une telle tragédie ne se reproduise. C'est
important.
génocide des Tutsi ne date pas de l'Antiquité ni du Moyen Âge, ça fait à
peine 25 ans. À l'échelle de l'histoire, c'était hier et cela signifie que de nombreuses personnes touchées de
près ou de loin sont toujours parmi nous, dont plusieurs vivent ici, au Québec. Nous souhaitons qu'elles
continuent de vivre du mieux possible avec le douloureux souvenir de cet
épisode barbare et honteux de l'histoire humaine.
souligne à mon tour la présence, dans nos tribunes, de représentants de la
communauté rwandaise de Québec et de Page-Rwanda, ainsi que de Mmes Sylvie et
Irène Dallaire. Cette dernière a raconté son histoire bouleversante dans
un livre. Je souhaite que ce geste courageux
contribue à apaiser son âme meurtrie, comme je souhaite que ce témoignage
serve aussi de leçon à l'humanité tout entière.
Retenons
que la haine et la peur de l'autre n'ont jamais rien fait progresser. Retenons
que le dialogue doit toujours être
privilégié, mais que les paroles ne suffisent pas pour prévenir, combattre et
sanctionner les crimes commis contre l'humanité. Retenons enfin que nous
sommes tous humains, tous égaux. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, je vous invite à vous joindre à
moi pour que nous puissions observer une minute de silence à la mémoire des
victimes du génocide rwandais.
• (11 h 14 — 11 h 15) •
> 959 La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Vous pouvez prendre place.
Nous en sommes toujours à la rubrique des motions
sans préavis. Et je vais reconnaître un membre formant l'opposition officielle,
et ce sera Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Taschereau, le député de Gaspé, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que les contenus culturels québécois doivent
avoir une place adéquate et importante sur toutes les plateformes de
diffusion de contenu en ligne;
«Qu'elle
rappelle que le gouvernement fédéral est en plein examen de la
Loi sur la
radiodiffusion et de la
Loi sur les télécommunications;
«Qu'elle
souligne la nécessité pour le gouvernement du Québec de faire des représentations
officielles auprès du gouvernement fédéral pour faire valoir la place du
contenu québécois sur ces plateformes;
«Qu'enfin,
elle demande à la ministre de la Culture et des Communications de faire preuve
de leadership dans ce dossier.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Pour la prochaine motion, je vais reconnaître M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de LaFontaine, la députée de Duplessis, le député
de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale salue la mobilisation des médecins, infirmières,
urgentologues et chirurgiens qui se sont mobilisés mercredi afin de
réclamer un contrôle plus strict des armes à feu;
«Qu'elle
prenne acte du fait que, malgré l'adoption d'une loi établissant un registre
québécois des armes à feu, en date du
1er avril 2019, 464 038 armes à feu, c'est-à-dire 29 % des armes
en circulation au Québec, ont été enregistrées dans ce registre;
«Qu'elle prenne acte des propos de la ministre
de la Sécurité publique selon laquelle "la loi, c'est la loi";
«Qu'elle
demande au gouvernement de faire des efforts supplémentaires pour appliquer la
Loi sur l'immatriculation des armes à feu, notamment par des mesures de
sensibilisation et d'information.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Pour la prochaine motion, je reconnais M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de
Jean-Lesage, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale condamne l'intention du gouvernement fédéral d'aller de
l'avant unilatéralement avec un régime d'assurance médicaments au
Québec;
«Qu'elle réaffirme la
compétence exclusive du gouvernement du Québec en matière de santé;
«Qu'elle
réaffirme aussi que le Québec possède son propre régime général d'assurance
médicaments depuis plus de 20 ans.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Jonquière. Y a-t-il le consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion... M. le leader de l'opposition
officielle? Il n'y a pas de consentement.
Maintenant,
pour la prochaine motion, je crois que M. le whip en chef du gouvernement doit
intervenir à ce point-ci.
M. Lefebvre : Conformément à
l'article 129 de notre règlement, je fais la motion afin :
«Que la
députée de Roberval soit nommée membre permanente de la Commission de
l'aménagement du territoire en remplacement du député de Gatineau; et
«Que la
députée de Soulanges soit nommée membre permanente de la Commission de
l'administration publique en remplacement de la députée de Gatineau.
«Que ces changements prennent effet
immédiatement.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien. Est-ce que cette motion est
adoptée? Adopté.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions,
et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette Assemblée que, conformément à
l'article 275 du règlement, la Commission des finances publiques poursuivra le
débat sur le discours du budget aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, et de
15 heures à 18 heures, et, si nécessaire, le mardi 9 avril, de
10 heures à midi, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des institutions poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 1, Loi
modifiant les règles encadrant la nomination
et la destitution du commissaire à la lutte contre la corruption, du directeur
général de la Sûreté du Québec et du directeur des poursuites criminelles et
pénales, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, ainsi que le vendredi
5 avril, de 9 h 30 à 12 h 30, et le mardi 9 avril, de
10 heures à midi, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. J'aimerais
demander aux membres qui doivent quitter l'enceinte du salon bleu de le
faire avec un peu plus de silence, s'il vous plaît.
Alors, pour
ma part, je vous avise que la Commission
de la santé et des services sociaux
se réunira en séance de travail, aujourd'hui, de 13 heures à 14 heures, à la salle RC.161, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de pétitions concernant le
bilan et le plan d'action gouvernementaux en matière de prévention du cancer et
le traitement par perfusion de vitamine C au Québec.
Je vous avise
également que la Commission
des institutions se réunira en séance
de travail, aujourd'hui, de 13 heures à 14 heures, à la salle RC.171, afin de statuer sur la possibilité que la commission se donne le mandat d'entendre le Directeur général des élections en vertu de
l'article 294.1 de notre règlement.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux
de l'Assemblée. Et je ne vois pas de demande de renseignements.
Alors, je
dois pour ma
part vous rappeler que, lors de l'interpellation prévue pour
demain, vendredi 5 avril 2019, M. le
député de La Pinière s'adressera à M. le président du Conseil
du trésor sur le sujet suivant :
Le manque de vision du gouvernement caquiste concernant la gestion des
données et la promesse irréaliste d'économies annoncées par le président du Conseil
du trésor.
Je vous avise
de plus que l'interpellation prévue pour le vendredi 12 avril 2019 portera sur
le sujet suivant : Le manque d'engagement du gouvernement en
matière de protection de la langue française au Québec, et la nécessité de renforcer la loi 101 afin de combattre son
inquiétant recul. M. le député des Îles-de-la-Madeleine s'adressera alors à Mme la ministre
responsable de la Langue française.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons passer aux affaires
du jour. Et je recède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, merci,
Mme la Présidente. Alors, je vous
demanderais d'appeler l'article 7 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, à l'article 7 du feuilleton,
l'Assemblée reprend le débat ajourné
le 3 avril 2019 sur la motion de M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur proposant l'adoption du principe du projet de loi n° 12, Loi visant à préciser la portée du droit à la gratuité
scolaire et à permettre l'encadrement de certaines contributions
financières pouvant être exigées.
Et, au moment de suspendre ce débat, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis
n'avait pas terminé son intervention. Alors, je vous recède la parole, et il
vous restait un temps de parole de 15 min 6 s.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente. C'est toujours
bizarre d'arrêter en plein chemin de faire un discours, mais je crois que j'ai terminé au point où je
mentionnais qu'il n'y avait aucune information qui n'était disponible quant au contenu du
projet de règlement, sur lequel aucune consultation n'est prévue.
Alors, je
tiens à souligner l'importance de
maintenir l'accessibilité à une offre de services éducatifs diversifiée et de qualité dans le réseau de l'éducation
public, ce qui nécessite le financement approprié. Le cas échéant, le
gouvernement devrait prévoir des
mesures d'aide financière pour s'en assurer. Alors, je réitère que nous avons
un projet de loi qui... une consultation
sur la réglementation s'impose avec les partenaires au milieu scolaire afin de
profiter de l'expertise des acteurs de toutes les régions du Québec.
Alors, permettez-moi de parler un peu de
l'accessibilité à l'éducation et à la réussite, Mme la Présidente.
L'accessibilité à l'éducation et à la réussite est non seulement une question
d'équité pour les personnes, mais elle est aussi
une nécessité pour le Québec, un gage de succès pour son développement. Par
développement, on entend à la fois le développement social, culturel et
économique du Québec. L'équité est la juste appréciation de ce qui est dû à
chacun. L'équité n'est pas l'égalité
ni l'uniformité, mais la considération des besoins spécifiques de chacun et des
particularités du milieu afin de permettre à chaque élève de s'épanouir
dans sa vie scolaire.
Le p.l. n° 12, car ça ne comprend pas du concret, est en manque du règlement, nous
laisse sur notre faim, car on essaie de rationaliser l'accessibilité à
l'éducation et à la réussite. Et, quand on parle de l'idée de subsidiarité et
on reprend les paroles de notre
ministre de l'Éducation lui-même, qui a dit que les gens qui devront prendre
les décisions pour nos élèves devront
être les personnes qui connaissent le nom de ces enfants-là, those decisions
will have lasting impacts. And, with no consultation, the
concerns remain, and each school community will be at the behest... call of the
minister, which is a concern because
each community is unique, each school is unique, each school board is unique
the way each of our children is unique.
Le principe de
subsidiarité reconnaît une décentralisation de certaines décisions vers
l'instance la plus rapprochée au milieu
concerné, dans ce cas-ci, le conseil d'établissement. L'imputabilité impose à
ce dernier de rendre compte de la
façon dont ils se sont acquittés de la responsabilité déléguée. La subsidiarité
et l'imputabilité sont intimement liées
puisque les décisions prises par le conseil d'établissement doivent respecter
les orientations et les décisions prises par les autres instances que les commissions scolaires et le ministère,
elles-mêmes imputables de leurs choix et décisions.
À ce jour, le
ministère n'a effectué aucune consultation auprès des partenaires du milieu
scolaire sur l'étendue de la gratuité
scolaire et les précisions devant y être apportées. Une réflexion à cet égard
est nécessaire, voire incontournable. L'équité
doit être recherchée entre les élèves provenant de différents milieux, entre
les divers services éducatifs offerts aux
élèves et entre les réseaux scolaires privé et public. Le gouvernement doit
donner au réseau scolaire public les moyens d'y parvenir.
Alors, au nom
des intervenants et partenaires, je demande au gouvernement de poursuivre la
réflexion sur la gratuité scolaire,
en concertation avec les partenaires du milieu scolaire, dans le respect des
principes d'équité et d'accessibilité à
l'école publique pour tous et toutes, et ce, dans les plus brefs délais. On
comprend que nos écoles, les conseils d'établissement
sont en train de prendre des décisions vis-à-vis les frais scolaires
maintenant, alors d'où l'importance d'agir
aujourd'hui. Une consultation de 45 jours aura un impact majeur sur cette
communauté, sur les conseils d'établissement, sur les commissions scolaires.
Je demande également au gouvernement de mettre
en place un financement approprié permettant d'assurer l'accessibilité et la diversité de l'offre des services éducatifs du
réseau scolaire public et de prévoir des mesures d'aide financière
appropriées pour leurs élèves et leur famille.
Et, quand on
parle de projets particuliers, Mme la Présidente, l'article 1 du projet de
loi prévoit que le droit à la gratuité
des services éducatifs ne s'étend pas aux services dispensés dans le cadre de
projets pédagogiques particuliers. Alors,
je soumets que la notion de projet pédagogique particulier n'est pas définie,
et c'est urgent que nous puissions avoir une définition à l'égard de la
gratuité scolaire et certainement au sein de projet de loi.
Depuis plusieurs années, des projets
de programmes particuliers de toutes sortes, alternatifs, sportifs, musicaux,
artistiques, écoles internationales, technologiques, sont demandés par les
parents et choisis par les familles afin de stimuler
et motiver les élèves, de répondre à leurs aspirations et ainsi de favoriser la
persévérance scolaire. Ces programmes se
sont donc multipliés rapidement et ont permis d'offrir des parcours variés et
adaptés aux besoins distinctifs des élèves.
si vous me permettez, M. le Président, moi-même mère de deux enfants qui vont à
l'école publique, eux, ils sont
inscrits dans un programme de musique et de théâtre. Et je peux vous confirmer
que c'est la raison pour laquelle ils vont
à l'école. C'est leur
bonheur. My son will be the first person to tell you that music saves his life,
and it's why he goes to school. And it's important that we continue to have
these programs and make sure that they're accessible to all students, not just families that have the ability to subsidize them.
ministre doit assurer que la définition des projets pédagogiques particuliers
soit établie de façon à englober tous
les parcours, les cheminements et projets qui existent actuellement dans le
réseau scolaire québécois. De plus, les coûts liés à ces programmes particuliers sont variables et peuvent avoir
une incidence sur l'accessibilité à la diversité des services offerts par les écoles publiques. Quoi et
qui vont assumer ces frais? Les parents des enfants qui participent aux
programmes pédagogiques particuliers ou le gouvernement? Ces programmes
particuliers permettent de personnaliser le parcours de l'élève, de le
stimuler dans la réussite du programme éducatif et ainsi éviter le décrochage
scolaire. Le financement des programmes
est nécessaire à leur survie et, par le même fait, au maintien de modèles
actuels de l'école publique québécoise.
Je rajoute aussi que les coûts liés aux différents programmes
sont de plusieurs ordres, notamment
le coût du matériel spécifique, les manuels
et les équipements, le transport, les ressources supplémentaires et
spécialisées.
ailleurs, en vertu du projet de loi
n° 3, la Loi visant l'instauration d'un taux unique de
taxation scolaire, ceci représente un financier supplémentaire pour le gouvernement
du Québec. Cette réduction graduelle de la taxe scolaire représente une perte récurrente de
800 millions à 900 millions de dollars annuellement au réseau
scolaire. Toutefois, les besoins étant nombreux et les ressources
financières limitées, l'accessibilité gratuite à des voies scolaires
diversifiées pour tous et toutes puisse être
limitée par le gouvernement. Si le gouvernement a l'intention de couper en
éducation, est-ce qu'il peut nous confirmer qu'ils vont utiliser cette
marge de manoeuvre pour subventionner les projets particuliers, Mme la Présidente? Car le financement des projets
particuliers devrait être une priorité. Si nous croyons dans le réseau
de l'éducation publique, un réseau qui
essaie à se diversifier, à être attrayant, parce que la compétition pour avoir
des élèves dans leurs écoles est une priorité, et la compétition est féroce,
Mme la Présidente, il faut investir dans notre système d'éducation public. Le gouvernement a les moyens.
Il nous prend seulement le désir de supporter nos parents et nos élèves.
Sinon, le gouvernement est d'avis que les
coûts liés aux projets particuliers doivent être assumés par les parents
d'élèves inscrits à ces programmes et
il doit toutefois s'assurer que tous les élèves aient accès à ces programmes,
et ce, sans égard aux coûts associés.
quand on parle des sorties scolaires, Mme la Présidente, si vous me permettez,
je peux vous donner des expériences personnelles,
étant l'ancienne présidente d'une commission scolaire anglophone et l'ancienne
présidente de l'Association des
commissions scolaires anglophones du Québec. When your school is at a huge distance and is in a
rural region, the costs for an excursion for the children, whether it is
pedagogical in nature, and that is a definition that needs to be put into place, it is enormous. It
is not the cost of going to the Musée des beaux-arts, it is not the cost of
going to the Cosmodôme, often it's
the transportation, it's the cost of the bus. Children that live in Arundel,
children that live in Joliette, children that live in Repentigny, children that live in Rawdon, who want to have
an opportunity to go and benefit from all of these activities, the bus cost is
prohibitive, sometimes upwards of $100 per student. Therefore, these children
often don't have accessibility. They
don't have the ability to take advantage of cultural programs, of pedagogical
programs because these excursions are
not subsidised by the Government and there is simply not enough money to help
support them. So, in the definition of what school fees will be and what these
projects will be, they require financial support and they require
significant amount of clarity.
The Sir-Wilfrid-Laurier School Board
has an Arundel Science and Nature Center and unfortunately, although it is unique in the Province of
Québec, their own school board can't manage to get their students from their
schools in regions outside of Arundel, like Laval or Rosemère, to that location because
it's cost prohibitive. Something needs to be done about
that, and we have the perfect «projet de loi» to make this a reality.
Je vois que mon temps est écoulé, Mme la Présidente, alors je
vais désister de parler des outils informatiques et technologiques ainsi
que le budget. Et je vous remercie beaucoup pour votre écoute précieuse. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis. Et, pour la prochaine intervention, je suis prête à reconnaître... Il y a quelqu'un qui va intervenir ou c'est terminé?
Alors, ça doit être terminé.
Le principe du projet
de loi n° 12, Loi visant à préciser la portée du droit à la gratuité
scolaire et à permettre l'encadrement de certaines contributions financières
pouvant être exigées, est-il adopté?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté sur division? Et je vois M. le leader du deuxième groupe de l'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
...procéder à un vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous avons une demande
de vote par appel nominal, et je vais suspendre...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Attendez un peu. Attendez. Nous avons une demande de vote par appel nominal, et que l'on appelle
les députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 35)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Nous reprenons nos travaux.
Et je vais maintenant
mettre aux voix le principe du projet de loi n° 12, Loi visant à préciser la
portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre l'encadrement de
certaines contributions financières pouvant être exigées.
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), Mme D'Amours (Mirabel), M. Girard (Groulx),
Mme McCann (Sanguinet), Mme Roy (Montarville), M. Lemay
(Masson), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Lévesque
(Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse), M. Lamontagne (Johnson),
Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François), M. Lacombe
(Papineau), Mme Proulx (Berthier), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau
(Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf),
Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval),
M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine), Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit
(Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
M. Roy (Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, y a-t-il des abstentions? M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je demanderais à ce que la
députée de Brome-Missisquoi puisse voter.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Très bien. Y a-t-il consentement pour permettre à Mme la députée de voter?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il y
a consentement. Alors, Mme la députée, vous pouvez prendre place.
Le Secrétaire
adjoint : Mme Charest (Brome-Missisquoi).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Voilà. Très bien.
Alors, pour le
résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 58
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, en conséquence, le principe du projet de
loi n° 12, Loi visant à préciser la portée du droit à la
gratuité scolaire et à permettre l'encadrement de certaines contributions
financières pouvant être exigées, est adopté.
Je dois maintenant céder la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, alors,
Mme la Présidente, conformément à l'article 243 de notre règlement, je
fais motion afin que le projet de loi
n° 12, Loi visant à préciser la portée du droit à la
gratuité scolaire et à permettre l'encadrement de certaines contributions financières pouvant être exigées, soit déféré à la Commission de la culture et de l'éducation pour son étude
détaillée.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Est-ce que cette motion est adoptée? Adopté.
Maintenant,
avant de poursuivre nos travaux, je vous informe qu'un débat de fin de séance
se tiendra aujourd'hui, et le débat, sur une question
adressée par Mme la députée de Bourassa-Sauvé à la ministre
des Relations internationales et de
la Francophonie, concerne l'image du
Québec à l'étranger qui est ternie par les actions politiques
du gouvernement caquiste.
Je recède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, Mme la Présidente. Alors, je vous demanderais d'appeler l'article 6
du feuilleton.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Et, pour ceux et celles qui
doivent quitter notre enceinte, s'il vous plaît, veuillez le faire en silence, puisque
nous poursuivons nos travaux.
Et à l'article 6
l'Assemblée reprend le débat ajourné le 2 avril 2019 sur la motion de M.
le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion proposant l'adoption du principe du projet de loi n° 9, Loi
visant à accroître la prospérité socio-économique
du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une
intégration réussie des personnes immigrantes.
Et, au moment
de suspendre notre débat, Mme la
députée de Saint-Laurent n'avait pas terminé son intervention et...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
S'il vous plaît! Un peu plus de silence.
Et je vais
céder la parole à Mme la députée de Saint-Laurent. Et il vous restait 17 min 3 s à
votre intervention.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, on parlait de l'immigration, un sujet excessivement important pour
notre formation politique, car nous avons bien compris, chez nous, au Parti
libéral du Québec, que l'immigration n'est pas uniquement un vecteur économique,
ce n'est pas uniquement de la main-d'oeuvre, mais, bien au-delà de la main-d'oeuvre, pour nous, au Parti libéral du Québec, l'immigration est une richesse, une richesse par sa diversité, par sa culture
qu'elle nous apporte.
Et souvent
j'entends les gens de la CAQ, dont notamment le premier
ministre, parler : Montréal
et les régions... C'est bizarre parce que
moi, j'ai eu la chance de vivre et de travailler à Sherbrooke,
une ville excessivement accueillante, où
il y a une très grande pluralité de différentes personnes venues d'ailleurs,
et tout le monde est tellement bien intégré. Mme la Présidente, j'ai même
travaillé à La Baie, et c'était fantastique de voir des gens venus d'un
peu partout. Et des fois je me rends
visiter des amis qui habitent toujours à Chicoutimi, où est-ce qu'il y a l'Université
du Québec à Chicoutimi, et, encore
une fois, on voit des gens vraiment
de partout dans le monde qui sont accueillis à travers nos rangs universitaires ainsi que notre réseau collégial. Et savez-vous quoi? Il n'y en a pas, de problème. Le seul problème qu'on a, en fait, au Québec, bien, c'est le premier ministre qui voit des problèmes un peu partout avec l'immigration. Ça, c'est
un véritable problème. Une obsession, même, hein?
me rappelle encore, en campagne
électorale, alors qu'il était chef,
pas encore premier ministre, il était en tournée régionale, une femme se rue vers le premier ministre et dit : Vous allez nous protéger d'eux, vous allez nous protéger
d'eux, et le premier ministre a dit : Oui, oui, ne vous en faites pas. Le premier ministre n'a pas su s'élever au-dessus des peurs et de l'ignorance. À la place de poser des
questions : Madame, quelles sont vos craintes, quelles sont vos
méfiances?, non, il a plutôt voulu la rassurer, la conforter dans ses
craintes, au lieu d'élever le débat.
Je trouve
ça très triste, Mme la Présidente, parce
qu'au XXIe siècle, avec tous les changements climatiques, les vagues de migration vont s'accélérer partout dans
le monde, pas uniquement au Québec, partout dans le monde. Et ça devient
un enjeu primordial, et on doit évidemment trouver des solutions. Il y en a qui
veulent bâtir des murs, ailleurs dans le
monde, mais, en quelque sorte, venir réduire de façon importante le niveau
d'immigrants accueillis au Québec, c'est
un mur. C'est un mur non seulement à l'intégration de ceux que nous avons déjà,
mais c'est aussi un mur à tout le réseau universitaire qui accueille des
nouveaux arrivants. C'est aussi un mur à tout le réseau collégial, parce que,
oui, le réseau collégial accueille
plein d'étudiants étrangers qui, eux, désirent s'installer ici et d'autres, en
fait, qui sont venus d'ailleurs et
qui ont découvert un nouveau métier ou qui veulent parfaire des connaissances,
alors ils vont dans nos rangs, tant universitaire qu