Labour and the Economy — 17 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-04-17
Quebec — Committees
Puisque nous avons débuté nos travaux à 11 h 25 et
qu'une période de deux heures doit être consacrée à l'étude de ces
crédits ce matin, y a-t-il consentement que la durée du retard, soit, donc, nos
25 minutes, soient réputées écoutées... c'est-à-dire réputées écoulées sur
le temps du gouvernement? Est-ce qu'il y a consentement? Parfait.
Alors, nous y allons par... Nous allons débuter avec les
remarques préliminaires. M. le ministre
de l'Économie et de l'Innovation, vous disposez de 12 minutes.
M. Fitzgibbon :
Mme la Présidente. Bienvenue, tout le monde.
Alors, dès mon
entrée en poste comme ministre de l'Économie et de l'Innovation, la vision que
j'avais pour le Québec était tout a faite
claire. Le Québec doit être
partie prenante de cette nouvelle économie du
XXIe siècle. Bien sûr, l'économie
québécoise se porte bien, mais on souhaite lui donner un nouvel élan afin
qu'elle puisse évoluer en fonction des besoins
d'aujourd'hui et du contexte économique mondial. Entre autres, l'écart de
productivité des PME, qui, pour moi, est un gros problème, doit être
résolu.
À cet égard, on ne compte pas faire table rase des
stratégies et des plans déployés par le gouvernement au cours des
dernières années, mais on doit avoir l'audace de faire les ajustements requis
et les changements qui s'imposent. Je l'ai mentionné à maintes reprises, trois
objectifs déterminent maintenant les orientations et les actions du gouvernement
en ce qui a trait au développement économique.
Le premier objectif
est d'accélérer les investissements des entreprises. C'est essentiel pour
augmenter la productivité et la
compétitivité des entreprises québécoises. De 2012 à 2017, la productivité des
entreprises au Québec a augmenté de 0,8 %, alors qu'en Ontario elle
a progressé de près de deux fois plus rapidement, avec une augmentation
annuelle de 1,4 %.
Les PME les plus productives sont celles qui ont réussi à
intégrer les nouvelles technologies, à s'adapter plus vite aux changements et qui sont présentes dans les
grandes chaînes d'approvisionnement. Elles sont aussi des entreprises
qui versent des salaires plus élevés, tout
en offrant de meilleures conditions de travail à leurs employés. De plus, les
gains de productivité qu'on va
chercher avec l'automatisation, la transformation numérique et l'innovation
constitueront une réponse concrète à la rareté de la main-d'oeuvre
actuelle.
Quand on parle d'innovation, on parle aussi de brevets. Même
si, de 2007 à 2016, le nombre d'inventions brevetées par le Québec a plus que doublé, on a encore de la
difficulté à convertir nos efforts de recherche en innovation. En 2016,
le Québec comptait 1 000... je m'excuse, 177 inventions brevetées
par million d'habitants, ce qui est bien en dessous de la moyenne
canadienne, qui compte 222 inventions par million d'habitants.
a également du retard dans la valorisation de nos idées et, ultimement, dans la
commercialisation de nos innovations. C'est
pourquoi je veux bâtir davantage de ponts entre les milieux scientifiques, les
universités, les collèges et les PME. D'ailleurs, avec les zones d'innovation qu'on
souhaite implanter dans toutes les régions, on va renforcer notre
capacité d'innovation en rassemblant les forces entrepreneuriales du Québec et
celles de la recherche.
Le deuxième objectif est d'attirer
davantage d'investissements étrangers au Québec. Dès le début de notre
mandat, le gouvernement a envoyé un signal
clair. On veut encourager et augmenter les investissements étrangers au Québec.
Depuis 2013, les investissements étrangers
au Québec stagnent malgré les bonnes nouvelles économiques qui se multiplient.
Je veux convaincre des filières étrangères
déjà présentes sur notre territoire de choisir le Québec pour leurs projets
d'investissement. Le Québec doit devenir le meilleur endroit au monde pour
investir, innover et performer.
En ce sens, je vise à ce que nos
leviers commerciaux, Investissement Québec, le Réseau des représentations
du Québec à l'étranger et la Caisse de dépôt
et placement du Québec, travaillent plus conjointement et en collaboration
avec le gouvernement dans leurs efforts de prospection d'investissements
étrangers.
Le troisième objectif vise à accroître
les exportations et à diversifier surtout leur destination. L'économie du
Québec dépend fortement de l'accès aux marchés extérieurs. On doit donc
diminuer notre dépendance au marché américain et diversifier, notamment sur le
marché européen et dans le marché de la zone transpacifique.
Mme la Présidente, j'aimerais faire
ressortir des mesures de développement économique significatives qui ont
été annoncées dans le budget du gouvernement du Québec 2019‑2020 et qui
faciliteront l'atteinte de ces trois objectifs.
Nous
allons favoriser l'investissement et la croissance des entreprises. La
capitalisation d'Investissement Québec passera
de 4 à 5 milliards, ce qui lui permettra d'intervenir davantage auprès des
entreprises à partir de ses fonds propres, notamment sous forme de prêts
et de prises de participation.
Également,
pour appuyer plus efficacement le développement économique, le gouvernement
révisera le rôle d'IQ et l'outillera
dans la réalisation de sa mission. Je veux qu'IQ priorise le développement
économique et non plus le rendement pur du capital investi, qu'elle
comble les carences dans la chaîne des capitaux, qu'elle joue un rôle de leader
et de complément dans l'économie du Québec et qu'elle devienne une
accompagnatrice pour les entreprises étrangères et québécoises qui ont des projets d'investissements importants. Je veux
qu'IQ, avec la collaboration de mon ministère, devienne également un
guichet unique afin que les entreprises obtiennent rapidement tous les permis
requis pour la réalisation de leurs projets.
1 milliard
a été accordé pour assurer la croissance des entreprises et le maintien des
sièges sociaux au Québec. À cet effet,
une équipe sera mise en place qui aura pour mandat de développer l'intelligence
d'affaires dans le domaine de la protection des sièges sociaux.
35 millions
sur cinq ans seront aussi alloués pour la bonification du programme Exportation
afin d'augmenter le nombre
d'entreprises exportatrices québécoises et soutenir la diversification et la
consolidation des marchés d'exportation. Pour assurer sa croissance,
l'économie du Québec doit compter sur la performance de ses entreprises sur les
marchés internationaux.
5,5 millions
sur cinq ans sont prévus dans le but d'améliorer l'offre de service des bureaux
du Québec au Canada en appui aux entreprises québécoises qui cherchent à
développer leurs affaires dans les autres provinces canadiennes.
36,4 milliards,
de 2020 à 2023, seront prévus dans le but d'élargir le programme Essor à un
plus grand nombre d'entreprises dans différents secteurs d'activité. Ce
programme offre du financement aux entreprises pour l'acquisition
d'immobilisations et d'équipement permettant d'augmenter leur productivité et
vise notamment à faciliter la transition numérique et verte des PME.
transformation numérique constitue une véritable occasion de développement des
entreprises de tous les secteurs pour accélérer la croissance économique
du Québec. L'économie mondiale amène les entreprises à innover, à se moderniser et à renforcer leur compétitivité en
misant sur l'immense potentiel qu'offre l'industrie 4.0. Pour assurer la
réussite de cette transformation numérique
incontournable, le Québec a besoin de toutes ses ressources et de tous ses
talents. Il doit pouvoir compter sur
des entreprises prêtes à passer à l'action et sur un écosystème d'affaires qui
collabore en toute synergie pour appuyer les entreprises.
Le Québec s'est ainsi
donné une feuille de route pour devenir une économie d'excellence numérique
attrayante, ouverte et reconnue sur les marchés mondiaux pour son savoir, son
écosystème et ses innovations. La transformation numérique des entreprises est une priorité gouvernementale.
11,5 millions sur cinq ans ont été accordés afin de bonifier le
programme Audit industrie 4.0, destiné aux entreprises du secteur
manufacturier, pour l'élargir et en faire profiter les entreprises provenant de
d'autres secteurs. Ce programme propose aux entreprises une démarche unique et
structurante pour qu'elles puissent analyser leur performance globale et se doter
d'un plan stratégique.
5 millions sur
cinq ans sont prévus pour le développement du Réseau des centres d'expertise
industrielle 4.0 et l'embauche de
personnel. Le réseau proposera des solutions numériques afin d'en faciliter
l'intégration pour les entreprises manufacturières
et conseillera et accompagnera les entreprises manufacturières dans quatre
centres d'excellence... d'expertise industrielle, plutôt, 4.0, situés à
Montréal, Longueuil, Drummondville et Québec.
Le gouvernement
souhaite offrir aux chantiers maritimes québécois la possibilité de réaliser
leurs projets à l'intérieur d'une structure
de financement plus souple et accessible. Ceci leur permettra de libérer des
sommes pour moderniser leur équipement et accroître leur productivité.
200 millions de dollars pour des prises de participation à des projets de chantiers navals québécois seront disponibles pour
les années 2019‑2020 et 2020‑2021. L'enveloppe est ouverte à tous
les chantiers maritimes québécois.
Pour soutenir
l'exploitation et la transformation de l'ensemble des ressources naturelles, on
prévoit élargir la portée du Fonds Capital
Mines Hydrocarbures aux projets liés à toutes les ressources naturelles ainsi
qu'au développement énergétique. Doté
d'une capitalisation de 1 milliard, le fonds sera renommé Capital
Ressources naturelles et Énergie. Les modifications
apportées au fonds permettront notamment d'appuyer des projets dans les
marchés... dans les secteurs, plutôt, miniers, forestiers, énergie verte
et de la transition énergétique.
entreprises du Québec peuvent désormais bénéficier d'importantes mesures
fiscales visant à stimuler leurs investissements,
notamment l'augmentation à 100 % du taux d'amortissement et l'introduction
d'une nouvelle déduction additionnelle permanente de 30 %
additionnelle à l'égard du matériel informatique, du matériel de fabrication et
de transformation, de l'équipement de production d'énergie propre et de la
propriété intellectuelle. Annuellement, 90 000 entreprises au Québec
profiteront de ces nouvelles initiatives mises en place, lesquelles se
traduiront par une hausse supplémentaire des investissements des entreprises,
évaluée à plus de 6 milliards de dollars d'ici 2025.
Pour
attirer des projets d'investissements majeurs, il faut réduire les délais
d'approbation. 34,3 millions sur cinq ans sont prévus afin d'assurer le traitement diligent des demandes
d'autorisation environnementales et de mieux accompagner les promoteurs
de projets, et ce, dans le respect des exigences environnementales.
la Présidente, nous allons stimuler l'innovation pour créer les emplois de
demain. Pour demeurer compétitif, le Québec
compte sur l'économie du savoir, l'innovation et la créativité. Dans une économie
de plus en plus concurrentielle et complexe,
la recherche et développement de l'innovation qui en découlent constituent les
moyens privilégiés pour assurer la création
de richesse collective et la bonne santé de l'économie. C'est pourquoi le
gouvernement déploie des efforts répétés pour stimuler la recherche
publique, la recherche industrielle et l'innovation dans toutes ses formes.
C'est
en étant une société innovante que les entreprises québécoises réussiront à
aller chercher les meilleurs talents et attirer des investissements internationaux. C'est avec l'innovation que
les entreprises québécoises pourront se forger un avantage concurrentiel
et prendre une longueur d'avance dans leur marché.
Mme la Présidente,
voici quelques mesures qui permettront aux entreprises québécoises d'être plus
innovantes.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : M. le ministre, je vous invite à conclure parce
qu'il vous reste 30 secondes.
M. Fitzgibbon :
Alors, Mme la Présidente, le ministère de l'Économie et de l'Innovation a pour
mission de soutenir la croissance des
entreprises, de l'entrepreneuriat, de la science, de l'innovation, de
l'exportation, de l'investissement. Et je peux vous confirmer avec fierté et confiance que je suis à la tête d'une
équipe chevronnée, ici présente, solide et engagée, qui travaille
quotidiennement à mener à bien cette situation.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. J'invite
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle en matière
d'économie à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de huit minutes.
Mme Anglade :
Merci, Mme la Présidente. Et je vous dis d'entrée de jeu que ne prendrai pas
les huit minutes.
Alors,
permettez-moi de saluer le ministre de l'Économie d'abord parce que c'est la
première fois qu'il va faire des crédits.
Alors, je lui souhaite du plaisir, et je nous souhaite du plaisir, dans ces
échanges que l'on veut constructifs. Je salue également les députés de Soulanges, Portneuf, Beauce-Nord, Roberval,
Labelle, Orford, du côté du gouvernement, également le député de
René-Lévesque, qui... on n'a pas le droit de mentionner les absences, mais il
s'en vient, et la députée de Marie-Victorin.
Et une petite
salutation spéciale à la fonction publique, et particulièrement à tous ceux
avec lesquels j'ai eu le plaisir de
travailler dans les dernières années. Donc, ça me fait plaisir de revoir ces
visages avec lesquels nous avons travaillé et obtenu de bons résultats finalement puisque, pour reprendre les mots du
ministre, l'économie du Québec se porte bien. Et donc je pense que les
jalons et les gestes que nous avons posés ont livré la marchandise.
Bien
entendu, lorsqu'on regarde l'économie du Québec, on veut qu'elle aille plus
loin. On veut que des gestes forts continuent
d'être posés, basés sur ce qui a été fait. Je suis contente d'entendre le
ministre dire qu'il veut aller dans le sillon qui a déjà été tracé, de mettre une emphase
particulière sur toute la question de l'innovation. Je suis contente d'entendre
le ministre parler de sciences parce que le mot «sciences» avait disparu du nom
du ministère, ce qui, ma foi, était un peu inquiétant. Mais je suis contente
qu'il le rementionne parce que cet élément-là également, il est fondamental, et
on va vouloir en parler plus en détail.
vais avoir des questions plus spécifiques par rapport au ministre et ce qu'il
souhaite faire. Je préfère, tout de suite, d'entrée de jeu, aller dans
la période de questions. Donc, je vais reporter mon temps sur la période des
échanges, si vous me permettez, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Tout à fait. Je vous remercie. Comme
les deux porte-parole du deuxième groupe et du troisième groupe ne prendront pas leurs minutes de remarques
préliminaires, nous allons procéder immédiatement à l'étude des crédits
budgétaires.
Alors,
je suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de
l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange, que nous allons
calculer rapidement... 20 minutes, ça vous donne 20 minutes, à Mme la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
La parole est à vous.
Mme Anglade :
Parfait. Et je partagerai la parole avec mon collègue le député de Nelligan
également, donc, qui sera présent avec nous pendant toute la période de
l'étude des crédits.
Alors, d'entrée de
jeu, j'aimerais revenir sur des propos qui ont été tenus par le premier
ministre au sujet des emplois payants. On
veut créer des emplois payants. Alors, j'aimerais entendre le ministre sur la
manière dont on crée les emplois payants, et ce que ça signifie par rapport à la stratégie de
financement de nos entreprises. Est-ce que ça signifie, par exemple, que des entreprises qui vont créer des
emplois à 18 $ de l'heure ou à 20 $ de l'heure ne seront plus
financées par le gouvernement ou
est-ce que ça signifie qu'on va investir de manière importante dans les
technologies, dans l'innovation, en se disant que c'est finalement la
bonne manière d'approcher la création d'emplois payants?
M. Fitzgibbon :
Comment ça marche? Combien de temps j'ai... Je réponds...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Pour répondre, vous avez...
M. Fitzgibbon :
Bien là, c'est beau. Si je parle trop longtemps, vous m'arrêtez.
Alors,
je pense qu'il y a deux choses. Le premier ministre, effectivement, a une
obsession sur les salaires moyens. Mon
obsession à moi, qui est en corrélation avec la sienne, c'est que je pense
qu'il faut combler l'écart de productivité que nous avons au Québec par
rapport à l'Ontario et les États-Unis, et je pense que, pour combler cet
écart-là, il faut mettre beaucoup de moyens
disponibles dans les programmes d'Investissement Québec ou du MEI pour
accélérer l'investissement en soit numérisation ou soit 4.0.
Et, d'après moi, en comblant l'écart de
productivité... Sur 250 000 entreprises au Québec, pas toutes ces
entreprises-là sont éligibles à ces
programmes-là, mais, si on en prend 20 % qui ont réussi à investir 1 ou
2 milliards dans les prochaines années,
je pense que ça va causer une migration de la main-d'oeuvre dans les emplois
plus payants. Donc, je vais en même temps
réduire... On va réduire l'écart de productivité puis, en même temps, je pense
qu'on va satisfaire les objectifs du premier ministre, qui veut
effectivement combler l'écart de salaire moyen ou de revenu disponible. Je
pense que ça va passer par, fondamentalement, donner aux PME plus de moyens
pour accélérer leur développement numérique ou 4.0.
Mme Anglade :
Parfait. Ça fait plusieurs fois que le ministre me rassure, en fait, parce que,
là, il a parlé de l'industrie 4.0. Le
premier ministre parlait de l'industrie 2.0 cette semaine. J'étais un peu
inquiète. Je me suis dit : Pourvu que
ce ne soit pas ça que nous décidions de faire. Alors, lorsqu'on parle d'emplois
payants, je vous entends très bien. On va investir sur des éléments qui sont fondamentaux, qui vont faire en sorte
qu'ultimement les emplois vont être mieux rémunérés. Donc, il n'y a pas
de stratégie à l'interne, dans ce que vous proposez, qui soit de ne pas
nécessairement soutenir des entreprises qui ont des emplois qui sont moins
rémunérés. C'est ce que j'entends?
M. Fitzgibbon :
Effectivement, il n'y a pas un paradoxe, mais on parlait du fameux chiffre de
118 000 emplois non comblés
au Québec. Alors, j'ai eu la chance finalement d'avoir la segmentation de ces
118 000 emplois là, et il faut admettre qu'il y en a probablement plus que la moitié qui
sont en bas du salaire moyen. Alors, c'est sûr qu'on ne peut pas, comme gouvernement, ne pas se préoccuper de ces
salaires-là aussi. Mais je dois avouer que les programmes que je mets en
place vont privilégier la
partie supérieure
des postes à combler. Mais on ne peut pas fermer les yeux sur les emplois de
base, au salaire minimum, parce que
c'est quand même l'économie globale qui va en bénéficier. Mais c'est clair que
le focus va être plus sur les emplois payants, mais on ne peut pas laisser...
Mme Anglade :
Mais, dans le fond, quand vous parlez...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui, allez-y.
Mme Anglade :
Excusez-moi, Mme la Présidente, je dis «vous», mais je dis «vous» à vous, Mme
la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est parfait, vous pouvez y aller.
Mme Anglade :
Dans le fond, ce que vous dites, c'est : On continue de faire la
robotisation, l'automatisation, la numérisation
de nos entreprises. On continue à investir dans ce qui va représenter toute
l'intelligence artificielle, etc. On poursuit
des stratégies, et c'est ces stratégies-là, à terme, qui vont nous mener aux
résultats. L'obsession du premier ministre de parler d'emplois payants ne se traduit pas par ne pas considérer les
60 000 emplois qui sont vacants aujourd'hui comme étant des
emplois pour lesquels on ne va pas prendre de mesures particulières.
M. Fitzgibbon :
En même temps, je pense, il faut aussi regarder les investissements directs
étrangers, par exemple, qui est un
focus du gouvernement. C'est sûr qu'on va focaliser sur la
partie supérieure de
l'axe des salaires. Mais on ne va pas
laisser tomber les gens qui sont présentement en bas des salaires moyens. On va
les aider, si on peut, à croître. Est-ce qu'on peut imaginer des robots chez Starbucks? Peut-être. À ce
moment-là, il y aura moins de personnes... puis ils vont être plus payants. Alors, je pense qu'il faut être
conséquent, mais c'est clair qu'on ne peut pas laisser tomber la
partie
inférieure.
Mme Anglade :
Est-ce que, dans l'évaluation que l'on fait des projets qui sont financés...
Traditionnellement, on dit tout le
temps... Et ce n'est pas quelque chose qui est typique à l'ancien gouvernement,
c'est quelque chose que l'on fait depuis 50 ans au Québec, que de dire : La création d'emplois, elle
est essentielle, elle est fondamentale. Et on évalue les projets en fonction de la création d'emplois qui est faite. Est-ce que, dans la manière de
procéder à l'interne, vous allez modifier ça et dire : Bon, la création
d'emplois, certes, mais ce n'est pas
les critères que je vais utiliser d'abord
et avant tout? Et, si oui, de
quelle manière vous allez le faire, de quelle manière vous allez-vous vous y
prendre à l'interne?
M. Fitzgibbon : Bien, comme vous le savez très bien,
quand les projets arrivent soit chez IQ ou soit MEI, ou FDE, fonds
propres, peu importe, on a des matrices d'évaluation, et c'est sûr que la création
d'emplois est encore là. On rajoute — puis
il n'est pas encore formalisé — les
salaires moyens de ces emplois-là. Or, c'est sûr que créer des emplois
dans un contexte où il y a une pénurie de main-d'oeuvre, il faut faire
attention. Je pense qu'on est capables, avec la bonne adéquation, par exemple, de l'éducation supérieure, qui est un des enjeux qu'on a au Québec...
de faire l'adéquation supérieure avec
les besoins d'emploi, je pense qu'on est capables de maintenir un niveau de création d'emplois à salaires supérieurs. Mais
c'est sûr que le fondamental en
termes des retombées économiques...
Ils vont être aussi valorisés si les salaires existants augmentent de
par le fait qu'on remplace de la main-d'oeuvre moins qualifiée par de la main-d'oeuvre
plus qualifiée.
Alors,
c'est complexe, ce que je dis, mais on ne peut pas éliminer complètement la création d'emplois. Mais c'est clair qu'il faut la
contextualiser parce que, sinon, on va créer un problème additionnel à ce qu'on
a déjà.
Mme Anglade : Est-ce
que le seul critère que vous allez
modifier, c'est de dire : Voici les salaires moyens? Parce que, techniquement
parlant, pour évaluer les projets, évidemment, vous allez devoir dire : Est-ce que
j'ai un retour sur mon investissement, un retour sur investissement, évidemment,
bien, calculé, parce qu'on est le gouvernement,
par les salaires des gens qui vont
bénéficier de cette aide-là? Et c'est d'autant plus important que vous voulez
revoir le rôle d'Investissement Québec.
Donc, est-ce qu'officiellement vous allez revoir les critères dans l'évaluation
de projets? Il va y avoir une grille qui va être déposée, qui va dire : À partir de maintenant, voici de
quelle manière nous avons évalué le projet. Est-ce que vous allez rendre
cette grille-là publique?
M. Fitzgibbon :
La grille, elle est faite informellement, puis il va falloir évidemment la
rendre plus accessible. Par exemple,
on parle des brevets. Moi, je pense qu'on a un enjeu, au Québec, par rapport au
nombre de brevets qui sont... Le brevet
n'est pas la corrélation parfaite à la création de richesse, mais je pense que
plus on a de brevets, plus on a des chances d'être innovateurs.
Deuxièmement,
l'efficience dans la productivité. Je pense que l'écart de productivité, ça se
mesure aussi. On veut voir comment les entreprises peuvent avoir une
«throughput» par rapport à leur... le nombre d'employés.
Alors,
ces critères-là, on les a déjà indiqués. On a déjà... On les regarde. Mais,
vous avez raison, on va devoir les formaliser
parce que les entreprises vont devoir le savoir avant d'appliquer. Ça va
permettre d'avoir une plus grande efficience dans notre allocation du
capital. Alors, oui, il va falloir être plus large.
Mme Anglade :
Alors, j'allais dire... M. le ministre, mais en fait, Mme la Présidente, j'ai
un vif intérêt à avoir des informations
qui vont concerner la manière dont on va vouloir évaluer les projets à terme.
On va parler un peu plus tard d'Investissement
Québec. Mais j'ai un vif intérêt pour voir de quelle manière ça va être fait,
ça va être mesuré, quels vont être
les critères, parce que c'est un changement important de paradigme dont il
s'agit, le contexte dans lequel on se trouve, avec la pénurie de
main-d'oeuvre, et je pense qu'il faut avoir une vision de long terme qui va
nous permettre de bien faire ces analyses-là.
ministre, à plusieurs reprises, a parlé des brevets. Les brevets,
effectivement, ont une importance notable lorsque l'on parle d'innovation. Toute la question de la
propriété intellectuelle, ce n'est pas la seule manière d'évaluer la
question de l'innovation. Et bien des
entreprises aujourd'hui font fi des brevets parce que l'innovation est
tellement rapide qu'on passe rapidement
d'une étape à l'autre en termes de création puis d'innovation. Alors, au-delà
des brevets, est-ce qu'il y a des éléments que vous allez vouloir
mesurer quant à l'innovation qui est faite au Québec?
M. Fitzgibbon : Oui. Bien, écoutez, par exemple, pour donner l'exemple d'hier, c'était dans le journal, on a
parlé de AP&G, la société
de Laval qui fait de la poudre pour la création 3D. Bon, on a donné une subvention
de 9,5 millions — ça me
surprend que je n'ai pas eu de question parce
que c'est beaucoup
d'argent — pour
une filiale de GE. Bien, d'un côté, moi,
je pense que... J'étais très content de donner cette subvention-là
parce que ça va créer, au niveau de l'aérospatial,
une perspective ou une... Ça va solidifier
l'écosystème puis ça va solidifier la valeur de la chaîne d'approvisionnement, qui va peut-être
permettre à des «tier 1» dans le monde de venir s'installer au Québec.
Alors,
je pense que c'est un exemple, ça, où... Bien, il n'y a
pas de brevet comme tel. Il y a des
procédés industriels, par contre, qui sont valables. Dans ce cas-là précis, si je
me rappelle bien, il n'y a pas de brevet, mais le «time to market» puis l'avantage concurrentiel qu'ils ont permet de solidifier une
grappe industrielle qui est performante pour nous autres. Alors, dans
ce cas-là, particulièrement, il n'y a pas eu de brevet. Vous avez raison. Mais il y avait
un avantage comparatif, puis j'ai
dit : On va mettre de l'argent. On a mis 10 % du projet, de CAPEX, en subvention non remboursable. Alors,
c'est un exemple, je pense, qui fait qu'on...
Mme Anglade :
Je mentionne au ministre que, s'il n'a pas de question, c'est parce qu'on pense
que les gestes qui sont posés sont bons. On se réserve des questions là
où on voit qu'il y a de l'errance au sein du gouvernement.
la question des brevets puis de l'innovation, encore une fois, ce qui va être
intéressant de voir, c'est, dans les critères
que vous allez établir pour le financement des projets, de quelle manière ça va
être évalué. Moi, je vous recommande fortement
que ça ne soit pas seulement l'aspect des brevets parce qu'encore une fois
toutes les technologies qui se développent au Québec se développent à une vitesse grand V, partout dans le monde
également... et donc d'utiliser différents critères.
Parlons
un petit peu des investissements directs étrangers. J'aimerais entendre le
ministre sur les éléments sur lesquels il compte insister en matière
d'investissements directs étrangers pour attirer les entreprises ici, au
Québec.
M. Fitzgibbon : Bien, je pense
que, pour moi, c'est très, très relié à la productivité qui est déficiente, à
mon avis, au Québec. Et, au Québec,
l'écosystème, c'est un écosystème de PME. On a quoi, 250 000 PME, là?
Je peux me tromper de 10 000 ou 15 000.
Et je pense que la formation des grappes, les «clusters», peu importe, là,
c'est un concept qui date de très longtemps, je pense qu'il est très pertinent.
Puis je
regarde l'aérospatial, dans lequel je suis très impliqué présentement, puis il
y en a d'autres, évidemment, je pense que de pouvoir attirer des joueurs
internationaux qui vont donner de la légitimité à nos grappes et qui vont aussi
permettre à nos PME, dans l'écosystème, d'être plus performants, parce que,
souvent, ces gens-là sont très exigeants...
Je vais
parler d'Airbus. C'est un exemple que je connais très bien maintenant. Je ne
retournerai pas dans le passé, la transaction, je vais parler du futur
en termes de... Hein?
M. Fitzgibbon :
Bien, en tout cas, ça, je ne suis pas d'accord, mais ce n'est pas grave, elle
est là. Airbus est là. Et, Airbus, je
les aime beaucoup, maintenant. Alors, Airbus va permettre à nos PME
québécoises... De par la rigueur qu'ils ont dans leurs processus qu'ils importent de Toulouse, qu'ils importent de
Hambourg — j'y
étais récemment — je pense
qu'ils vont permettre à nos PME de pouvoir grandir.
Alors, moi, je pense que les investissements
étrangers ne seront pas dans un contexte uniquement de création d'emplois payants, mais d'aider à nos PME de
pouvoir s'améliorer. Puis je pense qu'au Québec on est privilégiés
d'avoir ce bassin d'entrepreneuriat. Je suis
très perturbé par l'écart de compétitivité, mais je suis enthousiasmé de voir
que c'est des entrepreneurs, des gens
qui sont... Si on met les moyens, comme gouvernement, pour mettre de l'argent
pour la numérisation, pour le 4.0,
puis qu'on a des grandes... qui sont là pour remonter nos compagnies, bien, je
pense que, dans quatre ans, on va avoir
un écart qui va être comblé. On ne peut pas le résorber en quatre ans, mais je
pense qu'on est capables de faire des choses.
Alors, moi,
je pense que, bon, pour répondre à votre question, il faut cibler des donneurs
d'ordres qui vont aider nos PME — pour moi, c'est ce qui est le plus
important — et, dans
d'autres secteurs, peut-être leur donner des connaissances que nous
n'avons peut-être pas.
Mme Anglade :
Je vais poursuivre, Mme la Présidente, parce que ma question est assez
spécifique sur quels sont les
éléments qu'on va mettre de l'avant pour attirer ces investisseurs-là. Les
investisseurs étrangers viennent, de manière générale, pour trois raisons :
l'accès au marché, le talent et, bien sûr, les coûts. Alors, lorsque le
gouvernement doit se positionner en fonction
de ces éléments-là, quels sont les éléments que vous voulez mettre en valeur?
Évidemment, il y a les secteurs.
Alors, vous pouvez prendre le secteur pharmaceutique, etc. Mais, sans entrer
dans les secteurs, est-ce qu'il y a des éléments particuliers que vous
voulez mettre de l'avant?
M. Fitzgibbon :
Bien, écoutez, premièrement, pourquoi les gens veulent venir au Québec présentement,
je pense qu'on est accueillants. On a
18 universités. On a de la main-d'oeuvre qualifiée. Même si elle est rare,
on en a de qualifiée, et je pense qu'on a des travailleurs compétents.
En plus, je
pense que, dans plusieurs des situations qu'on fait face, puis j'en ai quatre,
cinq qui me viennent à l'esprit, les
donneurs d'ordres internationaux ont le choix de différents pays. Donc, on
compétitionne contre d'autres pays. Moi, je suis très, très à l'aise qu'on a tous les attributs qu'il faut. On est très
attractifs. Alors, il va falloir être plus agressifs au niveau du financement. Et comment on va évaluer le
financement qu'on va offrir à ces compagnies-là? Ce n'est pas juste de
dire un rendement sur le capital investi. Il
faut regarder les répercussions économiques sur nos PME, sur la productivité,
l'exportation.
Alors, je
pense que... pas je pense, mais nous allons devoir être plus aguerris au niveau
du financement, promouvoir, par
exemple, tout le bénéfice que les compagnies vont avoir avec l'intelligence
artificielle. On a beaucoup d'éléments attractifs. Alors, il s'agit de
la «packager» comme il faut et de s'assurer que les gens le réalisent. Alors,
ce n'est pas si compliqué que ça.
Mme Anglade :
Mme la Présidente, le ministre a dit : On est accueillants. Soit, c'est
sympathique, mais ce n'est pas
nécessairement ce qui va convaincre des investisseurs étrangers. Vous avez
parlé du talent. Comment est-ce que vous arriver à réconcilier la
position actuelle du gouvernement de réduire le nombre d'immigrants, l'image
que ça envoie à l'étranger... Vous avez
vous-même été à l'étranger dans les dernières semaines, les derniers mois.
Comment vous arrivez à réconcilier
cette image-là à l'international quand vous savez que, justement, on fait une
compétition avec l'ensemble du globe?
M. Fitzgibbon : Je pense que le
message que je véhicule, et je suis totalement confortable avec notre politique
gouvernementale, c'est qu'on veut reculer
avant d'avancer. Je pense qu'on a été publics à l'effet qu'on vient mieux
intégrer nos immigrants. Je pense que...
Bon, je suis allé dans des pays comme la Suède, je suis allé en Allemagne.
Bien, eux ont eu d'autres enjeux que l'immigration. Alors, je ne veux
pas aller dans ce sujet-là nécessairement. Mais je n'ai pas eu une remarque négative à l'effet que nous aurions de la
difficulté de s'implanter au Québec et d'avoir de la main-d'oeuvre au
niveau de l'immigration. Je pense que nous avons été très clairs qu'au Québec
on veut combler les enjeux de pénurie de main-d'oeuvre avec une meilleure
adéquation éducation et emploi. Ça va prendre quelque temps, c'est sûr.
Deuxièmement,
l'immigration économique peut être accélérée, ce qu'on fait présentement. Donc,
pendant la période, on va s'ajuster
par rapport à l'immigration permanente, mais on peut, je pense, combler les
besoins spécifiques. Je pense, entre
autres, à l'intelligence artificielle. Je pense, entre autres, à l'aérospatial.
On a ouvert les portes sur des chemins temporaires comme ça. Puis, de
toute évidence, on a fait des choses au niveau aussi des gens à la retraite qui
pourraient revenir travailler.
Alors, je pense que les donneurs d'ordres
internationaux ne voient pas négativement ce qu'on a fait parce qu'ils nous
voient sensibles au fait qu'on est ouverts à l'immigration ciblée, intégrée.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je donne la parole au député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Je vais revenir à
la question de la productivité et aller combler l'écart
avec l'Ontario. Je pense,
Mme la Présidente, le ministre le sait aussi, c'est qu'un des
points importants qui nous différenciaient par rapport
à l'Ontario, c'est la disponibilité de main-d'oeuvre. Donc, l'Ontario, en
termes d'immigration, si on se compare, le facteur humain est très
important. J'aimerais bien savoir c'est quoi, le point de vue du ministre par
rapport à ce point.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, je pense qu'on peut mesurer l'écart de plusieurs façons, les causes,
et l'écart, puis la façon. Moi, j'ai
une statistique que je regarde présentement devant moi, ce qui m'importe
beaucoup, c'est l'investissement non résidentiel privé dans les
entreprises.
Et, quand je compare
le Québec à l'Ontario, on parle de l'Ontario spécifiquement, bon, les
statistiques, j'ai... depuis 2010, là, je
peux tout vous réciter les chiffres, mais vous les connaissez probablement
autant que moi, c'est des sources qui
viennent de Statistique Canada, je constate qu'au Québec, en 2010, je prends
une année comme ça, l'investissement était de 30 milliards. Il est monté de 7 % depuis 2010, alors qu'en
Ontario il a monté de 29 %. Bon, ce n'est pas le seul corrélateur
de la productivité, mais, je pense, l'investissement, d'après moi, est un des
facteurs les plus importants.
Alors,
pourquoi l'Ontario a investi trois fois plus que nous sur une période de huit
ans? Si je vais en 2013, c'est un peu
moins élevé, mais... Alors, je pense que... pas je pense, selon moi, les
investissements des entreprises est le corrélateur le plus important. La main-d'oeuvre, c'est sûr, s'il
n'y a pas de main-d'oeuvre, les gens n'investiront pas, vous allez me
dire, mais c'est relativement récent.
M. Derraji : Justement, c'est dans ce sens... parce qu'en fait, même
dans l'énoncé même du budget, hein, de cette année, je ne sais pas si vous l'avez devant vous,
mais il y a une information vraiment pas rassurante. Et l'information la moins rassurante, pour moi, et qui me préoccupe, c'est
pour cela je vous ai posé cette question, l'investissement des entreprises en machines et matériel au
Québec, pour les prochaines années, on va passer de 10,7 % en 2017 à
4,8 % en 2020.
Donc,
prenons cette baisse en investissements, hein, prenons cette baisse en
investissements en matériel, parce que c'est
ça, le souhait, c'est ce que je viens d'entendre, je rajoute sur ça la rareté
de main-d'oeuvre, 110 000 postes à combler à court terme, sur une prévision de 10 ans, on
parle de 1 million en main-d'oeuvre, pensez-vous que vous avez les
ingrédients nécessaires quand vous partez à l'extérieur?
aussi, les quatre dernières années, j'ai fait au moins une dizaine de missions
sur les trois continents. L'élément le
plus important, c'est vraiment la main-d'oeuvre. Oui, les investissements en
technologie... Mais comment vous naviguez dans ce système avec les éléments que vous avez, je peux ajouter le
projet de loi n° 9, je peux ajouter d'autres projets de loi, qui
vous handicapent dans vos démarches à l'international?
M. Fitzgibbon :
Non, mais, encore une fois... Bien, à quelle page vous vous référez, là, les
chiffres que vous...
M. Derraji :
...que je réfère, c'est G.13, et c'est le graphique G.9 qui présente
l'investissement des entreprises en machines et matériel au Québec,
donc, qui passe...
M. Fitzgibbon :
Je vais laisser David analyser ça. Je vais vous répondre... Je vais revenir tantôt.
M. Derraji :
Oui, pas de problème, parce que ce graphique vient en contradiction avec votre
volonté.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je tiens à mentionner que ça nous prend le consentement si ce n'est pas le ministre qui répond et je vous mentionne
qu'il reste 26 secondes. M. le...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
On peut revenir après?
M. Fitzgibbon :
Non, c'est correct, non, il vient de me l'expliquer. C'est une projection que
le ministère des Finances a faite basé sur Monte-Carlo, je ne sais... sur
un programme. Alors, écoutez, c'est sûr qu'Investissement Québec, on va à
l'inverse de ça, là. D'où les chiffres viennent? Du système
financier, je ne sais pas, là, mais ce n'est pas ça qui est dans nos
plans.
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous remercie. Le temps est écoulé, le 20 minutes est écoulé.
Merci pour cet échange respectueux.
Alors, nous allons maintenant
avec un bloc de 15 minutes, parti du gouvernement, avec la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : D'accord. Merci,
Mme la Présidente. M. le ministre, chers collègues députés de l'opposition
et chers collègues députés au gouvernement.
Oui, en effet, parler
de la vision économique... j'aimerais parler de la vision du développement
économique au Québec. Au fond, je crois que c'est important de remettre sur la
table, là, la croissance mondiale qui se poursuit. Nous sommes heureux de ça et
que le Québec s'inscrit dans cette tendance.
L'économie du Québec garde de cap sur la croissance. En 2018, le produit intérieur brut réel par industrie a augmenté de 2,1 %. Le portrait de
l'entreprise du marché du travail demeure positif. Le Québec, en moyenne,
compte 38 900 emplois de
plus. Le taux d'emploi s'est maintenu à un niveau élevé alors qu'il a atteint
un nouveau sommet à 61 %, ce qui témoigne d'une forte proportion de
personnes qui travaillent, au sein de la population âgée de 15 ans et
plus. Le taux de chômage s'établit à
5,5 %, soit le plus bas taux de chômage sur une base historique. La
vigueur de l'emploi renforce la confiance des consommateurs. La
consommation et la construction résidentielle sont en hausse. Les ventes au
détail sont en hausse de 3,2 % par rapport à
2017. Le niveau de mises en chantier s'est maintenu au-dessus de
45 000 unités pour une deuxième année d'affilée. Les PME
constituent une force économique majeure pour le Québec. Ainsi, plus de
50 % du PIB est attribuable à des entreprises de moins de
200 employés.
Bref, il n'y
a rien de nouveau dans ce que je viens de dire là, mais je pense que c'était
important quand même de le dire,
c'est notre contexte économique, en effet, qui va bien. Les PME ont aussi un
impact considérable sur les emplois, et ce, dans tous les secteurs
d'activité. Plus de 60 % des emplois salariés se situent au sein
d'entreprises comptant moins de 250 employés. En moyenne, environ
70 % de la création brute d'emplois provient des entreprises de moins de
250 employés.
Donc, bien
que l'économie du Québec se porte bien, on s'entend là-dessus, le désir profond
de notre gouvernement est de mettre
en place des conditions gagnantes pour permettre à nos entrepreneurs, à nos PME
de créer davantage de richesse tout en s'assurant que cela profite à
l'ensemble du Québec.
M. le ministre de l'Économie, à plusieurs
reprises vous dites qu'il y a trois objectifs et que vous comptez... poursuivez pour faire progresser le Québec.
Personnellement, j'habite dans une circonscription éloignée, la
circonscription de Labelle, deux MRC, MRC
Antoine-Labelle, MRC des Laurentides. J'aimerais que vous nous parliez de votre
vision non seulement pour faire
progresser le Québec, mais pour atteindre vos objectifs également. Si vous en
avez le temps, là, j'aimerais ça que
vous abordiez également qu'est-ce que vous allez faire pour les régions éloignées.
Si vous en avez le temps. Merci.
M. Fitzgibbon :
Merci. Alors, merci, chère collègue députée de Labelle. Je pense que le
programme, justement, qu'on met en
place au ministère se veut d'aider nos régions parce que je pense qu'un des
enjeux qu'on a par rapport à la sous-productivité
vient probablement de programmes qui ne sont peut-être pas aussi bien adaptés
pour les régions qu'ils le sont pour la grande région de Montréal, par
exemple.
Alors, comme
j'ai dit tantôt, je pense qu'il y a trois axes importants de focus pour le
ministère : le premier, c'est de donner
des programmes pour accélérer l'investissement des PME en numérisation et en
4.0; permettre aux investisseurs étrangers
d'être plus attirés vers le Québec, parce qu'ils vont, de par leur présence,
aider nos PME à grandir; et, important, tantôt, je n'ai pas eu le temps d'en parler beaucoup, comment on va
permettre aux PME de mieux exporter. Parce que le problème de la productivité, c'est une question du
nombre de produits qu'on peut faire, et plus on va vendre à l'extérieur,
plus on va être productifs avec des outils
soit de fabrication, soit d'intelligence artificielle, soit de numérisation,
bien, forcément, on va avoir besoin
de moins de main-d'oeuvre pour plus de produits, donc on va avoir un double
effet bénéfique sur les régions. Alors, moi, je crois forcément ça.
Si je suis
plus spécifique, sur la question de l'innovation, je l'ai mentionné tantôt, je ne vais pas me répéter, mais nous avons, je pense, une sous-évaluation, en
termes des investissements non résidentiels privés, et je pense qu'on doit
avoir des programmes... Les programmes,
ça va être quoi? Je vais être un peu plus explicite. Moi, je pense qu'on doit
avoir beaucoup de gens qui vont faire
des audits technologiques et audits
de processus dans nos entreprises, dans les PME du Québec, et je pense qu'on va devoir payer pour ça au
gouvernement. Et après ça, quand on va avoir identifié les vecteurs où on peut
accroître la productivité, l'investissement qui va être requis, moi, je vais
être prêt à aller agressivement puis en financer la très grande partie.
J'ai eu
beaucoup de discussions avec des entrepreneurs, dans les régions, où je
disais : Si on trouve un projet, une patente, là, où on peut investir puis être plus productifs, moi, je suis
prêt à payer 100 %, mais ça va être un partage de risques; donc on va mettre de l'argent, ça va être un prêt;
si le projet ne fonctionne pas, je perdrai mon argent comme
gouvernement, mais, s'il fonctionne, bien,
on va partager le risque ensemble. Il n'y a pas une personne qui m'a dit non,
parce que ceux qui vont répondre non à ça ne devraient pas avoir notre
argent en partant.
Alors, moi, je pense que je suis très confiant
qu'avec... tu sais, on a des gens compétents, là, à mon avis, à Investissement
Québec aussi. Si on est plus agressifs, si on est plus généreux sur l'aide
qu'on va donner aux PME, tout le monde en
sort gagnant. Mais, pour y arriver, ça prend de la compétence au niveau des
ressources humaines pour être capable d'identifier
les PME et d'identifier quels sont les projets qui vont les rendre plus
performantes. Puis le problème qu'on a au Québec... ce n'est pas un problème, c'est le défi que nous avons, nous
avons 250 000 PME. Ce n'est pas vrai que toutes les PME du Québec vont bénéficier de l'intelligence
artificielle. C'est complètement fou de penser ça. Mais il faut les
trouver, puis il y en a, des gazelles. Alors, moi, je veux mettre beaucoup
d'efforts là-dedans pour qu'on puisse les trouver.
L'autre
objectif, là, j'ai pas mal parlé de l'investissement, là, je vais aller
ailleurs, l'autre objectif, c'est d'avoir aussi... toute la question
d'investissements directs étrangers. Je l'ai dit tantôt, là, je pense que c'est
important qu'on ait des donneurs d'ordres
qui ont des pratiques d'affaires, qui vont venir nous aider ici au Québec.
J'arrive de la Côte-Nord, je suis allé
voir... j'ai fait quatre villes en trois jours, là, j'ai vu un paquet de monde,
là-dedans, puis il y a plusieurs PME qui sont là, qui sont heureuses de voir... les Mittal, les Tata qui sont là, puis
ces gens-là, aussi, il faut leur donner des incitatifs pour qu'ils
fassent de la formation dans nos entreprises.
Alors, moi,
je pense qu'on est capables de bien cibler. Puis c'est vrai que dire qu'on est
attirant, ce n'est pas suffisant.
C'est socialement acceptable, mais on est plus que ça. Je pense que les gens au
Québec... les étrangers aiment venir au Québec, puis, malgré le fait qu'on parle beaucoup d'immigration, puis
tout ça, je n'ai pas eu grand-monde qui m'ont dit : Ah! le Québec, vous êtes un peu contraires que ce
qui se passe dans le monde. Les gens veulent venir ici. Alors, nous,
comme gouvernement, si on met des outils pour que ces
gens-là viennent ici et aident nos PME, moi, je vais... on va être encore plus
contents.
Je pense aussi que, pour aider nos PME, il faut
avoir des fonds dédiés de capital. Et je pense qu'une des faiblesses que nous
avons, chez Investissement Québec, c'est que la prise de risques n'a pas été au
rendez-vous. Alors, quand on parle d'une PME qui veut investir, il faut prendre
des risques. Alors, moi, je pense qu'on va devoir se servir de fonds
d'investissement. Là, je pense à Teralys, qui est un fonds de fonds qui a créé
d'autres fonds, je pense au fonds ici, à Québec, InnovExport, je pense au fonds
Cycle Capital, que je connais depuis 15 ans, depuis le début du fonds. Je
pense qu'on va alimenter l'engin des fonds pour complémenter le fait qu'il y a
une pénurie de capitaux à plusieurs égards au niveau des PME.
Le troisième objectif, que j'ai moins parlé,
c'est toute la question d'accroître nos exportations. Et je pense qu'il faut
diminuer la dépendance au marché américain. Puis ce n'est pas
partie de
l'équation, mais le protectionnisme que nous voyons présentement aux
États-Unis, le protectionnisme qu'on voit en Chine me dérange, me dérange parce
qu'à un moment donné on va peut-être être moins capables d'exporter, et les
États-Unis représentent encore aujourd'hui 70 % de notre marché d'export
des biens. Il ne faut pas qu'on baisse le niveau des exports aux États-Unis, au
contraire, mais je pense qu'il faut commencer à augmenter les exports qu'on va
faire en Europe.
Je pense que
l'Accord de libre-échange avec le marché européen, pour moi, c'est fantastique
parce que nous avons une possibilité,
quand on pense à l'Allemagne qui est notre plus gros partenaire commercial au
Québec, quand on pense à la France,
où on parle pratiquement le même langage, on peut se servir de ces pays-là pour
que les PME du Québec puissent avoir
accès à 24 pays dans 23 langues. Si on recule un peu en arrière,
c'était très difficile pour les PME du Québec d'aller en Europe, très,
très, très difficile. Aujourd'hui, je pense que c'est plus facile.
Alors, moi, je
pense que je veux... pas je pense, je veux qu'Export Québec, entre autres,
Investissement Québec soient plus
agressifs pour permettre à nos PME de pouvoir avoir des présences locales en
Europe, puis de profiter de tout le libre libre-échange, et de pouvoir
travailler avec d'autres pays. Le Québec a un déficit commercial présentement,
là... 5 % du PIB — je
pense que c'est quelque chose que j'aimerais corriger — et,
en permettant d'avoir des plus grandes plateformes d'exportation, bien,
on va pouvoir réduire cet écart-là.
Alors, c'est
nos trois objectifs. Donc, pour les PME en région, conclure : programme
plus agressif pour l'investissement, pour les PME; d'avoir des donneurs
d'ordres étrangers qui vont permettre de rehausser la qualité des processus;
puis, troisièmement, d'encourager l'exportation à l'extérieur du Québec pour
pouvoir être plus productifs.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
La députée de Labelle, vous voulez poursuivre?
Mme Jeannotte : Oui, peut-être. Donc, dans le fond, depuis 10 ans, on a...
dans un autre ordre d'idées, on a, au Québec, parcouru du chemin pour amorcer une transition
vers une économie plus sobre en carbone. Ce travail est toutefois loin
d'être terminé. C'est le défi de notre génération et probablement également
celui de la suivante. Nous devons tous, acteurs économiques et politiques,
jouer un rôle dans ce grand chantier en développement qu'est l'économie verte.
Au cours des dernières années, on a pu observer
la croissance de notre préoccupation collective pour le développement durable et la préservation de l'environnement. Notre
premier ministre l'a répété à plusieurs reprises, notre gouvernement passera à l'action en matière de
lutte aux changements climatiques. Il a d'ailleurs indiqué que, pour ce
faire, nous allons privilégier une approche
de développement durable et pragmatique visant à déployer des solutions
concrètes qui permettront au Québec de préserver notre environnement, tout en
développant sa richesse et en assurant que tous puissent en bénéficier.
Donc,
j'aimerais savoir quelles actions ont été posées ou seront posées pour soutenir
la croissance économique et répondre de façon sensible et intelligente
aux considérations environnementales de notre société.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre.
M. Fitzgibbon :
Oui. Alors, question très pertinente, très d'actualité, de toute évidence. Je
pense que le... Je regarde les
projets, présentement, qui sont à l'étude soit chez IQ soit au ministère
directement, le FDE, je dirais qu'il n'y a pas un projet dans lequel il n'y a pas une composante où
on est soucieux du côté environnemental. Évidemment, il y a beaucoup de projets qui sont, par exemple, à émission
négative ou à émission positive, donc négatifs pour l'environnement. Et
je dirais, dans la plupart des projets, on
regarde souvent des projets soit ancillaires, ou soit des projets qui sont
comparables, ou des projets proches qui vont permettre de réduire les enjeux
d'émissions.
D'autre part,
nous avons mis de l'argent nécessairement dans le fonds Cycle Capital, j'en ai
parlé tantôt. Cycle Capital, je
trouve ça magique parce que c'est une entreprise, c'est un fonds qui a comme
mission de prendre des jeunes sociétés qui n'ont pas de capital, qui
n'ont pas nécessairement accès à du «know-how» et de pouvoir promouvoir... Enerkem
en est l'exemple, de pouvoir promouvoir des
nouvelles technologies qui vont nous aider à avoir un «footprint» qui va être
plus intéressant. Et je pense que ça, ça va
être le futur. Et il y a beaucoup de jeunes entreprises qui ont besoin de ce
capital-là, et on a recapitalisé et on va même regarder pour un autre
organisme qui va faire la même chose.
En parallèle,
il n'y a pas un projet que nous regardons présentement qui n'a pas une
composante de contre-mesure négative de performance au niveau de
l'environnement. Alors, c'est clair que c'est au centre de nos préoccupations. Et, comme vous savez, mon collègue le ministre de
l'Environnement, M. Charette, est en arrimage avec nous sur
beaucoup de projets. Alors, moi, je suis très confiant qu'on est capables de
continuer dans la bonne... ce côté-là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Il vous reste 1 min 47 s. Est-ce que vous avez d'autres
interventions?
Mme Jeannotte :
Est-ce que votre vision ainsi que les objectifs que vous avez, et tant du côté
du volet productivité, tant du volet
de l'économie verte, vous obligent à travailler avec des nouvelles façons de
faire? Vous parliez de votre collègue ou ministre de l'Environnement;
est-ce que vous êtes obligés de vous concerter davantage qu'avant, que...
d'anciennes façons de faire?
M. Fitzgibbon :
...je pense que l'écosystème au complet, hein? Il n'y a pas beaucoup
d'entrepreneurs aujourd'hui qui ne
sont pas sensibles... puis tout le monde, les enfants, qui ne sont pas
sensibles à ces enjeux-là. Et c'est sûr qu'au niveau du ministère puis au niveau d'Investissement
Québec, entre autres, il faut se greffer des plus jeunes ou des gens qui
sont plus au fait des nouvelles
technologies. Alors, c'est vrai, l'environnement, c'est vrai, la technologie,
c'est vrai, l'intelligence artificielle. Je pense qu'on... la démographie
de nos ressources est là.
Et je dirais
même que le Québec, à cause de l'électricité, on attire beaucoup de gens. Il y
a beaucoup de personnes que j'ai
rencontrées soit à Davos, soit à Paris, soit à Vegas, en Allemagne, récemment,
qui réalisent que le Québec est un terrain
fertile pour pouvoir venir apporter leurs connaissances. Alors, par... l'immigration, moi, je pense qu'on va être capables d'avoir de l'immigration
ciblée dans l'énergie verte parce que le Québec est un terrain fertile pour les
gens qui veulent utiliser nos ressources naturelles, qui sont propres.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, il vous reste 16 secondes, 15 secondes...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
C'est beau? Alors, on termine. Alors, on y va... Merci pour l'échange. Nous y
allons avec, maintenant, le groupe du... deuxième opposition. La parole est à
la députée de Mercier pour 24 min 10 s.
Mme Ghazal : Très
bien. Merci beaucoup. Bien, merci, Mme la Présidente. Merci, merci à M. le
ministre, aux collègues
députés, aussi à tout le personnel du ministère
de l'Économie. Ne vous inquiétez pas, tout d'abord, M. le ministre, je
ne vous poserai pas de questions comme mon prédécesseur, l'année passée à cette
commission, avait posé à notre collègue
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
sur l'importance et votre opinion de dépasser le capitalisme. Je n'irai
pas là. Mais, j'aimerais ça, par exemple,
vous parler d'un autre sujet, d'attirer votre attention sur l'économie sociale
au Québec, qui a une contribution importante. J'avais rencontré aussi
des jeunes du Chantier de l'économie sociale, qui m'avaient sensibilisée à
certaines problématiques, et j'aimerais vous en faire part.
Il y a à peu près 7 000 entreprises
d'économie sociale au Québec. C'est 210 000 personnes qui travaillent
dans ce secteur-là. Ça représente à peu près un emploi sur 20, donc c'est quand
même assez important. Juste pour les coopératives, les mutuelles, ça représente
aujourd'hui environ 40 milliards de dollars de chiffres d'affaires. Et en
fait, ce qu'ils disaient, c'est qu'il y a
toutes sortes... Avec la
Loi sur l'économie sociale, qui a été mise à jour en
2013, on définit l'économie sociale avec six critères. Mais souvent, ce
qu'ils ont l'impression, même si c'est des secteurs qui sont... C'est-à-dire, les secteurs de l'économie sociale
en couvrent pleins. Même, il y en a qui ont des activités marchandes, et
ils ont l'impression que, quand ils
demandent de l'aide financière, il y a beaucoup, beaucoup de programmes qui
sont offerts aux entreprises plus
traditionnelles, mais qu'à eux et elles, c'est-à-dire aux entreprises
d'économie sociale, ils ont l'impression que ça leur est fermé, sauf un
programme de soutien à l'économie sociale très spécifiquement.
Puis, ils se
demandaient si c'était possible, par exemple, dans les différents ministères,
quand ils font des demandes, même
s'ils font
partie de l'économie sociale, s'il était possible de faire une
analyse systématique des programmes pour voir si ces entreprises-là puissent bénéficier de ces programmes-là d'aide
financière en entrepreneuriat, ou autre, là, s'il y aurait une plus
grande flexibilité, au lieu de regarder ça par une lorgnette économie sociale.
C'est juste un programme, puis tous les autres, même si, eux, ils contribuent,
bien, ça ne s'applique pas. Est-ce qu'il y a cette volonté-là chez vous?
M. Fitzgibbon :
Oui, puis, écoutez, je... Merci de la question. Je ne veux pas évacuer la
réponse, loin de moi, mais je peux
vous dire que quelques jours après mon entrée en fonction, ma collègue ministre
déléguée aux régions m'a demandé : Pierre, je veux m'occuper de ce projet-là. Ce que j'ai consenti,
évidemment. Marie-Eve... Mme la ministre déléguée est au dossier présentement. Et un des problèmes qui
existent, je pense, c'est au niveau des crédits d'impôt, il y a beaucoup
de barrières à l'entrée pour les gens qui veulent développer des projets. Et on
en est conscients, à un point où nous sommes présentement
en consultation, et je pense qu'il faut renouveler le plan, le plan de 2013,
là, il faut le renouveler. Pas qu'il est mauvais, là, il y a des choses
qui sont bonnes, dedans, mais il faut l'ajuster, entre autres au niveau des
crédits d'impôt puis entre autres au niveau de l'accessibilité. Et ma collègue,
je pense que c'est la semaine prochaine, là, je vous...
M. Fitzgibbon :
C'est demain? O.K. Demain. C'est encore mieux. Alors, si ça ne vous dérange
pas, je pense que Mme Proulx va
avoir beaucoup plus d'informations pertinentes sur ça. Mais, comme ministre
responsable, elle a tout mon support.
Et je pense que je suis d'accord avec vous qu'il faut être plus inclusifs. Et
je pense que certaines pratiques au niveau des crédits d'impôt, comme
j'ai dit tantôt, ne sont peut-être plus appropriées aujourd'hui.
Mme Ghazal :
Mais, c'est-à-dire que vous dites aujourd'hui qu'il y a une volonté, un
engagement de votre part de pouvoir revoir tout ça puis plus de
flexibilité?
M. Fitzgibbon :
Absolument. Absolument. Puis vous allez avoir une belle... une bonne audience,
une belle... une bonne collaboration de ma collègue sur ce côté-là.
Mme Ghazal :
O.K. Très bien. Ça fait que j'ai hâte de l'entendre. Tout à l'heure, il y avait
ici notre collègue qui avait parlé
aussi de la transition économique du Québec. Parce qu'on parle beaucoup de la
transition écologique, mais c'est aussi une transition économique,
c'est-à-dire de favoriser des secteurs d'économie qui sont... c'est-à-dire des
secteurs d'économie qui vont nous amener vers
la transition écologique dans laquelle nous devons aller. Je voulais savoir si
votre ministère a identifié des secteurs
d'économie en particulier, où est-ce qu'ils ont dit : Bien, dans ces
secteurs-là, on va investir plus, et
c'est des secteurs d'avenir, pour nous permettre d'atteindre nos objectifs
de gaz à effet de serre. Est-ce que vous, vous en aviez identifié?
Puis ce seraient lesquels?
M. Fitzgibbon : Je pense que je répondrais de deux façons. J'ai
des projets, présentement, on va en nommer un, là, évidemment, la
cimenterie McInnis, on l'a, elle est là. Je ne parlerai pas du... je ne
retournerai pas en arrière. Bon, l'émission
de 1,5 million,
1,7 million, dépendant à qui on parle, c'est sûr que c'est un enjeu. Et je
me rends là, d'ailleurs, prochainement. Et nous avons trois... deux
projets tangibles, présentement sur la table, pour pouvoir réduire de façon
importante les émissions au niveau de la cimenterie.
Un qui a
rapport aux résidus de bois, hein, qu'on sait que les résidus de bois en forêt
émettent des émissions. Donc, si on
peut s'en servir pour non seulement qu'ils n'émettent pas... s'en servir pour
remplacer d'autres sources d'énergie, tant mieux. Et on est prêts à mettre assez d'argent là-dedans, beaucoup
d'argent là-dedans parce que je pense que ça va être probablement un des endroits, malheureusement, où
il y a le plus d'émissions. D'autre part, il y a un autre projet au
niveau des algues marines, on travaille avec
les gens de Rimouski sur ce côté-là, un projet très novateur qui m'interpelle
beaucoup, qui pourrait servir à d'autres fins que... la cimenterie.
Donc, on
regarde les projets qui vont atténuer des problématiques d'émissions, mais
aussi on travaille avec d'autres projets.
Par exemple, on a parlé beaucoup du projet de Bécancour. Bon, il n'est pas
encore approuvé, mais Bécancour va être un projet qui va possiblement
émettre. Mais, en même temps, on a besoin de fertilisant. Alors, comment on
peut capturer le CO 2 ? On
travaille avec des gens qui pourraient s'arrimer à ce projet-là, s'il va de
l'avant — je dis
bien «si» parce qu'on est loin de la
coupe aux lèvres — qui
pourraient nous permettre de faire le projet puis, en même temps, d'avoir
une entreprise qui serait ancillaire à celle-là, qui pourrait capturer les gaz.
Alors, je
pense qu'on est ouverts, et on doit regarder des investissements dans les
sociétés qui vont pouvoir aider d'autres
sociétés qui, elles, pourraient, sur une base de transition énergétique, ne pas
être capables de respecter les règles.
Mme Ghazal :
Donc, si je comprends bien, il n'y a pas de... Je veux dire, là, vous dites...
vous regardez, là, ça, c'est des projets qui sont émetteurs de gaz à
effet de serre, puis c'est pour les réduire. Mais il n'y a pas comme... d'investissement dans des secteurs, je ne sais
pas, moi, quand on parle d'intelligence artificielle ou d'autres secteurs, où
est-ce qu'on dit... l'aérospatiale, où on va investir beaucoup. Parce
que c'est un ministère où vous avez comme une volonté, puis vous dites que c'est là qu'on va investir, vous n'avez pas
identifié de secteurs, par exemple, dans les énergies, dans... qui
pourraient nous amener vers... où il y aurait, en plus de création d'emplois,
où est-ce que ça pourrait nous amener vers une réduction des gaz à effet de
serre?
M. Fitzgibbon :
Je ne me suis peut-être pas exprimé correctement, vous avez raison. Je pense
que, d'une part, nous regardons des projets qui vont éliminer et
capturer les émissions de CO 2 . D'autre part, si je regarde au niveau
aérospatial, on a financé dans le projet de
mobilisation... l'avion électrique, on a commencé à travailler là-dedans avec
Pratt, entre autres, avec Bombardier, on a
tous les véhicules électriques, avec qui on travaille, on a des efforts
là-dedans aussi. Alors, oui, évidemment, on va regarder des industries,
des chantiers, des entreprises qui vont permettre de ne pas avoir d'émissions.
batteries... parler du lithium. Le lithium, ça a une bonne ouverture. Nous
avons au Québec un bassin de lithium extraordinaire.
Par contre, ce qu'on fait dans la mine qui opère présentement, on prend notre
spodumène puis on l'envoie en Chine, puis ils font les batteries. Bien,
peut-être qu'on devrait commencer à regarder comment on pourrait intégrer la
chaîne de lithium au Québec.
D'ailleurs,
sans mentionner de nom, j'étais en Allemagne, il y a deux semaines, et j'ai
pris l'occasion pour aller voir un
des fabricants de voitures qui va probablement être un des plus performants au
niveau des voitures électriques. On a suggéré
peut-être qu'il devrait considérer le Québec comme étant un terrain fertile
pour qu'il puisse investir et peut-être même nous permettre de faire
leurs batteries qu'ils auraient besoin. Alors, je pense que oui, il faut
absolument être à l'affût des nouvelles industries qui vont permettre d'être...
Mme Ghazal :
...très contente que vous parliez du lithium parce que je voulais justement
vous amener là. Mais, de toute
évidence, vous avez peut-être lu notre plan de transition, qu'on avait donné au
ministre, aussi au premier ministre... et au ministre de
l'Environnement. Mais, par exemple, comment est-ce qu'on peut faire... Parce
qu'en ce moment la totalité qu'on extrait
est envoyée à l'extérieur, puis après ça, nous, on achète les batteries. Et là
on sait qu'on a un enjeu de stockage
d'énergie, et c'est l'enjeu de l'avenir, ça, c'est vraiment une filière de
l'avenir. Puis on est chanceux d'avoir ces ressources ici puis de les garder ici, au lieu de faire avec cette
logique... c'est-à-dire d'extraction, à laquelle on est habitués, qu'on
extrait ici puis on n'en bénéficie pas.
Même pour les déchets, par exemple, il y a toute
une filière de nos batteries qu'on envoie, il y a une possibilité, il y a toute une industrie puis de l'innovation
qui se développent pour qu'on puisse récupérer ce lithium des batteries
usagées et le
récupérer. Une des propositions de Québec solidaire que... vous avez peut-être
pris connaissance, c'était qu'on
ait une part... Parce que comment faire pour contrôler ces compagnies
étrangères qui viennent? Elles, c'est sûr qu'elles vont travailler pour le bénéfice de leur pays, puis elles vont vouloir
extraire ça. Mais nous, ici, ça serait de prendre... Qu'est-ce que vous pensez du fait de prendre une part dans les
actions de ces minières-là, majoritaire, pour qu'on puisse décider de
qu'est-ce qu'on veut faire, en fait, de ce produit de l'avenir?
M. Fitzgibbon :
Puis, entièrement d'accord avec votre destination. La question, c'est :
Comment on va se rendre là? Parce que
je pense qu'il y a plusieurs façons de se rendre là. Mais, écoutez, le lithium,
c'est un cas qui est très, très proche de
mon esprit présentement. Parce qu'aujourd'hui force est d'admettre que le seul
pays qui fait la conversion totale, c'est la Chine. Bon, ce n'est peut-être pas le pays idéal pour nous
présentement, en termes de relations commerciales, pour toutes sortes de raison qui ne sont pas pertinentes à la
discussion. Alors, c'est clair que pour moi... Puis je veux éviter aussi
de faire un Stornoway de nous-mêmes, je veux
éviter qu'on soit seuls parce qu'on a besoin d'expertise que nous n'avons
pas.
Dans le cas
du lithium qui va se convertir en hydroxyde, qui va se convertir en cathodes,
en anodes, qui va faire les batteries, on n'a pas l'expertise. Alors,
d'après moi, ce qu'il faut, c'est qu'il faut avoir les utilisateurs éventuels,
les fabricants de voitures électriques, qui
soient prêts à venir investir chez nous au Québec, dans ces usines-là... dans
ces mines-là, plutôt, et d'avoir
aussi les gens qui sont en Asie, fondamentalement. Il y a les Coréens puis il y
a des Japonais qui sont maintenant
bons pour faire des batteries — je dis «entre autres» — et d'avoir ces gens... de venir ici, au
Québec, peut-être participer au capital.
Alors, je
pense que... Tantôt, on parlait, avec la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, de toute la question comment on excite les donneurs d'ordres étrangers. Alors,
je pense, dans le cas du lithium, je
suis très ouvert à amener au capital ces gens-là qui profitent de notre
extraction de spodumène et de pouvoir éventuellement aller peut-être le plus
loin possible jusqu'à faire des batteries. Puis, même si on ne se rend pas à la
batterie ultime, on se rend à l'étape intermédiaire, bien, déjà, on a créé de
la richesse pour le Québec.
Puis je
regarde une compagnie qu'on a aidée, Lion, Autobus Lion, que vous connaissez peut-être, mais qui s'appelle Lion Group,
maintenant, ils font des camions, ils ont fait des camions classe 8 qui vont
faire, là, tout le transport, probablement,
de la SAQ à Montréal Électrique. Alors, eux autres achètent leurs batteries de
la Corée, je pense, de LG, et alors, eux autres aussi regardent comment
on peut travailler avec la chaîne d'approvisionnement.
Mme Ghazal : ...de souhaits, d'«on aimerait peut-être», puis des actions un peu volontaristes, s'ils aimeraient bien accepter de venir. Mais, par exemple, vous, en tant que ministère, est-ce qu'on peut vraiment avoir une impulsion, c'est-à-dire, plus volontariste puis décider que c'est comme ça que ça va se
passer, c'est comment ça que ça va se passer au Québec pour le lithium? Par exemple,
vous parliez de... il y a une économie qui produit des cathodes à
Boucherville, que, ces gens-là, ils ont...
On a l'expertise puis on pourrait aller beaucoup plus loin, au lieu
d'attendre. Pourquoi, par exemple, d'avoir une part, dans les mines de lithium, de plus de 50 %, comme on veut faire, par exemple, pour les sièges sociaux...
ça, c'est peut-être pour
Investissement Québec, pour éviter que ces compagnies-là aillent à l'étranger,
pourquoi est-ce qu'on n'aurait pas une approche plus volontariste pour
garder cette ressource de l'avenir ici, au Québec, au lieu...
M. Fitzgibbon : Je suis
d'accord avec vous...
Mme Ghazal :
...vous vous engagez à dire : O.K. On va aller dans une stratégie un peu
plus volontariste que des souhaits puis des...
M. Fitzgibbon : Écoutez, je
suis d'accord avec vous. Nous, on veut être volontaristes à un point où... Sans
nommer le nom de la compagnie, c'est un peu
confidentiel, mais j'ai rencontré il y a deux semaines, dans une ville
allemande, un des gros équipementiers qui
fait des voitures, et au meeting il y avait le chef géologiste du lithium.
Alors, c'est assez pratique. Alors,
j'ai évidemment parlé de nos compagnies de lithium au Québec. Il y en a trois
qui sont... bien, plus que trois,
mais il y en a une qui fait les manchettes. Nous sommes l'actionnaire
principal. Alors, je n'irai pas plus loin. Alors, c'est sûr que, si les
gens viennent nous aider... Nemaska, si les gens veulent nous aider, on va les
prendre à bras ouverts.
Alors, quand
on est rendus à parler à des gens qui s'occupent du lithium dans des compagnies
de voitures électriques, bien, je
pense qu'on est pas mal... Puis on n'est pas rendus loin, là. Parce je veux
faire attention de faire des promesses. Parce que c'est facile de dire : On va convaincre Ford d'investir chez
Nemaska, là. Mais la réalité, c'est que ça prend beaucoup plus de temps que ça. Mais je suis d'accord
avec vous qu'il faut avoir des plans d'action pour qu'on
matérialise cette chose-là.
Puis c'est
vrai dans tout... «By the way», les minéraux industriels, on parle du graphite,
on a un enjeu : qui fait le graphène,
qui fait d'autres choses, là. Alors, je
pense que, oui, je suis d'accord
avec vous qu'on doit avoir des projets plus précis, et on s'engage à les
mettre en place. Quand on va livrer? On ne peut pas le promettre, mais on va
prendre les mesures pour y arriver.
Mme Ghazal : O.K. Puis c'est quoi, les investissements qui sont prévus par votre ministère pour atteindre votre cible, là, de réduction de gaz à effet de serre pour l'année? Est-ce que vous avez une cible de réduction des gaz à effet de serre puis vous
dites : Il va falloir...
M. Fitzgibbon :
Bien, écoutez, mon collègue des environnements, évidemment, c'est sa job à
temps plein. Nous, au niveau de
l'Économie, nous avons été publics à l'effet que les capitaux vont être
disponibles. Quand on parle d'Investissement Québec, il va y avoir plus de risque. On parle, entre autres, de combler
ce que j'appelle la carence de la vallée de la mort. La vallée de la mort, c'est quoi? C'est beaucoup
de petites entreprises qui sont en émergence, qui ont des bonnes idées,
qui ont des anges. Alors, il y a beaucoup
d'entreprises là-dedans qui sont dans le domaine de l'énergie, dans le domaine
de l'énergie verte, dans le domaine des
réductions des gaz à effet de serre. Alors, de facto, par l'approche plus
agressive que nous avons pour des jeunes PME, bien, je pense qu'on va
gagner à ce niveau-là.
En termes des... les moyens pour réduire les
pourcentages qui ont été convenus dans les prochaines années, le collègue ministre de l'Environnement est en train
de travailler à différentes choses. Moi, je vais être là pour l'épauler
en termes de mettre les ressources financières et humaines disponibles au MEI
pour pouvoir y arriver.
Mme Ghazal :
Souvent, comme, quand on parle de nos réductions des gaz à effet de serre, on
sait que, d'ici 2030, on veut réduire de 30 %, etc., on a
l'objectif global, mais on n'a pas, par exemple, comment est-ce qu'on va faire
pour y arriver puis des cibles pour chacun,
par exemple, des ministères. Est-ce que vous trouvez que ce serait une bonne
idée que votre ministère ait une cible de
réduction des gaz à effet de serre pour que votre ministère contribue, en plus
des autres, à les atteindre, d'avoir des indicateurs de performance puis
de faire le suivi? Une des propositions qu'on avait, c'était d'avoir comme une sorte de budget du carbone puis de
considérer les gaz à effet de serre, les unités, comme des dollars pour
dire, O.K., où est-ce qu'on est rendus,
est-ce qu'on est en dette, et tout ça, pour arriver à destination. On a la
destination pour, donc, un peu plus que 10 ans, mais on n'a pas les
étapes. Est-ce que vous pensez que ce serait une bonne idée d'avoir...
M. Fitzgibbon :
Écoutez, présentement, là, présentement, la réponse à votre question, non, on
n'a pas de cible précise par
ministère, à tort, peut-être. Par contre, je ne pense pas qu'il y a un
ministère aujourd'hui... Moi, j'étais un de ceux qui prônaient qu'il ne devrait pas y avoir de
ministère de l'Environnement, ça ne devrait pas exister. Pourquoi? Parce que
chaque ministère a sa reddition, chaque
ministère doit avoir ses objectifs. Bon, je fais un peu de farces quand je dis
ça. Mais le ministère de
l'Environnement, le ministre de l'Environnement est présent dans toutes nos
rencontres, souvent, au niveau du MEI, au niveau de l'Éducation, au
niveau du Transport, évidemment. Alors, je pense que...
Bon, est-ce
qu'il va y avoir des cibles spécifiques au ministère? Peut-être, mais je pense
qu'on est conscients, pour arriver à
2030, les objectifs, bien, il faut avoir des mesures pour y arriver, pour... Et
je pense que c'est... Pas je pense, c'est intrinsèquement dans nos plans
d'action, même s'ils ne sont pas... il n'y a pas une reddition formelle. Alors,
on verra si on aura un plan plus précis à
apporter, mais c'est clair que le ministère de l'Environnement se préoccupe de
mesures, au niveau de la transition qu'on va faire, pour se rendre à
Mme Ghazal :
Donc, est-ce que le fait d'avoir un budget des gaz à effet de serre, un budget
carbone, est-ce que c'est une bonne idée?
M. Fitzgibbon : Un budget de
gaz à effet de serre?
Mme Ghazal :
Un budget carbone, comme pour dire, chaque année, voici ce qu'on peut émettre
ou... Par exemple, il y en a qui...
il y a des projets qu'on va en émettre plus, mais on va aller peut-être se
rattraper ailleurs, dans des projets qui vont être moins émetteurs de gaz à effet de serre. Est-ce que vous
trouvez que c'est une bonne idée de gérer de façon saine, comme on veut
gérer les finances publiques, de gérer de façon saine aussi nos émissions de
gaz à effet de serre?
M. Fitzgibbon :
Je pense que mon collègue de l'Environnement est une personne très pragmatique
et consciente que les objectifs que
nous avons, que nous voulons respecter, le fameux Accord de Paris, entre
autres, pour y arriver, ça prend des mesures concrètes, et ces
mesures-là vont devoir être annoncées. Alors, je pense que je vais laisser mon
collègue de l'Environnement être plus
précis, mais, oui, il faut avoir un chemin, il faut bâtir le chemin pour se
rendre à la destination.
Mme Ghazal :
Puis est-ce que... Par exemple, on parlait des régions. Comment est-ce que
c'est possible d'adapter... C'est-à-dire
que, souvent, on fait des programmes qui sont mur à mur, qui sont beaucoup plus
pour... des programmes, par exemple,
ici, comme urbains. Comment est-ce que c'est possible d'avoir des programmes
pour la réduction de gaz à effet de serre, mais adaptés, par exemple,
aux différentes réalités dans les régions?
M. Fitzgibbon : Bien, je pense
que... Tantôt, je parlais de McInnis. C'est un bon exemple, tu sais. McInnis me
préoccupe, 1,7 million de tonnes. Et
volontairement, quand je parle à la Caisse de dépôt... On est en train de
stabiliser McInnis, là. Je pense
qu'on va y arriver. Mais, en même temps, on regarde les projets. Alors, dans ce
cas précis là, on a deux projets qui vont, j'espère, adresser peut-être
le tiers des émissions. Je veux dire, c'est notre objectif. On va-tu y arriver?
Je ne le sais pas.
Je pense
qu'il faut regarder... Sur la Côte-Nord, bien, il y a des enjeux là aussi,
c'est sûr. Mais je pense qu'il y a des projets
qu'on peut mettre en place dans des régions près de ceux qui font les minerais
de fer, qui vont pouvoir compenser. On pense à des moyens énergétiques
aussi. Alors, la réponse est difficile à donner, mais c'est clair qu'il faut
avoir des... Montréal est différent des régions. C'est clair que les
17 régions administratives du
Québec, qui composent comment IQ va opérer
avec les 17 régions, vont devoir avoir leurs propres moyens, leurs propres
objectifs pour pouvoir permettre que le Québec au complet respecte les
engagements qu'on a pris pour 2030.
Mme Ghazal :
...aussi dans notre programme par rapport... parce que vous avez parlé tout à
l'heure des résidus de bois, puis que ça serait important de les
utiliser. Ça, c'est plus pour l'énergie. Mais par rapport à la construction,
par exemple, dans le domaine résidentiel, on
utilise le bois, mais, par exemple, dans le domaine industriel, les structures,
c'est en acier, et
tout ça. Puis on le sait qu'il y a de l'innovation qui se fait aussi dans
l'industrie du bois pour avoir des structures en bois. Est-ce que...
Nous, une des propositions qu'on avait, c'était de changer le Code du bâtiment
pour insuffler cette industrie-là et que ça
puisse aussi... que le code de bâtiment soit changé pour que, dans
l'institutionnel et le... dans le non résidentiel,
on puisse utiliser plus de bois. Est-ce que vous, votre ministère pourrait
avoir une contribution pour ce secteur-là?
M. Fitzgibbon : Premièrement,
on n'a pas l'autorité là-dedans. Ça va être ma collègue ministre des Affaires municipales, mon collègue aussi ministre des
Forêts. Ça adonne que je connais un peu cette industrie-là, puis une des
sociétés, pour ne pas la nommer qui est à
Chibougamau est rendue experte, comme vous le savez peut-être, dans ces
structures-là, et on l'encourage.
Financièrement, le MEI est très proche de la société, et il y a des projets qui
vont être annoncés bientôt. Alors, oui, on est sensibles à ça, c'est
sûr.
Et je pense,
par contre, que je vais laisser, si vous me permettez, le soin à ma collègue
des Affaires municipales de légiférer
sur ça, mais nous sommes là pour appuyer les sociétés qui sont capables de
performer. Puis on a vu une évolution importante au Québec, dans
l'industrie du bois, vers ces produits de structure là. On en a plusieurs qui
sont là.
Mme Ghazal : C'est plus pour
Investissement Québec, ça fait que ça va aller à cet après-midi.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Merci pour le bel échange à la
députée de Mercier et M. le ministre. Donc,
nous poursuivons du côté du gouvernement avec un deuxième bloc avec le député
de Portneuf où vous avez 15 minutes.
M. Caron :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, c'est toujours un plaisir de découvrir cette
expérience des études de crédits,
hein? Ça nous permet d'approfondir certaines recherches. Moi, j'ai identifié
des questions liées à l'exportation et aux nouveaux accords de commerce
pour le ministre.
Plusieurs
accords de commerce d'importance ont été conclus par le Canada au cours des
dernières années, notamment avec
l'Union européenne, les pays membres du partenaire transpacifique global et
progressiste, sans compter le nouvel accord Canada-États-Unis-Mexique.
Tout d'abord,
la quasi-totalité de l'accord économique et commercial global entre le Canada
et l'Union européenne est entrée en
vigueur en septembre 2017. Cet accord offre un accès privilégié aux entreprises
québécoises à un marché de 500 millions de consommateurs, tout en
entraînant des retombées économiques pour le Québec. C'est dire, finalement, que l'Union européenne est à nos portes. Cet
accord a créé des emplois, renforcé des relations économiques et stimule
le commerce avec le deuxième marché mondial.
J'ai noté aussi que cet accord couvre pratiquement toutes les facettes
des relations commerciales Canada-États... Union européenne, pardon, son but
ultime étant de réduire les obstacles à notre commerce.
Avant l'entrée
en vigueur de cet accord, seulement 25 % des lignes tarifaires de l'Union
européenne sur le produit canadien
étaient en franchise de droits. Aujourd'hui, grâce à cet accord, 98 % de
ces lignes tarifaires de l'Union européenne sont désormais en franchise de droits. Et, lorsque l'accord sera
pleinement mis en oeuvre, c'est 99 % des lignes tarifaires qui seront exemptes de droits. Les retombées, en
réalité, de l'accord étaient perceptibles un an après son entrée en
vigueur.
Quant à l'Accord de partenariat transpacifique
global et progressiste, en vigueur depuis le 30 décembre 2018 pour les six États ayant ratifié, à savoir
l'Australie, le Mexique, le Japon, Singapour, la Nouvelle-Zélande et le Canada
et est entré aussi en vigueur le
14 janvier dernier pour le Vietnam, cet accord commercial ambitieux
renforcera et facilitera l'accès des entreprises québécoises à des
marchés asiatiques prometteurs comme le Japon et le Vietnam, et ce, avant leur concurrent américain. Une fois l'accord
complètement mis en oeuvre, il représentera un bloc commercial de
495 millions de consommateurs. Ça donnera un accès préférentiel aux
marchés importants en Asie et en Amérique latine.
Il y a aussi l'accord Canada-États-Unis-Mexique,
depuis novembre 2018, qui permet de préserver notre accès privilégié au marché nord-américain et de dissiper
l'incertitude économique entourant le maintien des relations
commerciales en Amérique du Nord. Ces négociations ont permis de conserver les éléments-clés des
relations commerciales ainsi que d'incorporer
des dispositions répondant aux enjeux commerciaux du
XXIe siècle et permet aussi de promouvoir des débouchés pour près d'un demi-milliard de
personnes qui vivent en Amérique du
Nord. Par ailleurs, il y a
aussi l'Accord de libre-échange canadien qui est entré en vigueur en
juillet 2017. Cet accord remplace et modernise l'accord sur la concurrence
intérieure et permet de sécuriser le marché canadien au bénéfice de l'économie québécoise.
En réalité, au Québec, la contribution des PME
aux exportations est majeure. Près de 94 % des établissements manufacturiers qui exportent ont moins de
2 000 employés. J'ai bien entendu plusieurs exemples
dans Portneuf, dont, par exemple, Machitech, qui propose une gamme de
tables de coupe au plasma et exporte ses produits au Mexique et aux États-Unis.
Ces établissements sont à l'origine d'un peu plus de 50 % des exportations
totales en valeur du Québec et représentent...
et près de 60 % des établissements qui exportent pour 25 millions de dollars ou plus annuellement ont moins de
200 employés.
J'en arrive à
ma question. Nous qui sommes un gouvernement qui veut toujours
mieux faire en matière d'accompagnement de nos entreprises, de nos entrepreneurs et en matière d'économie, et à la lumière de
ce que j'ai indiqué ici, plus haut, M. le ministre, j'ai deux premières questions qui, finalement, peuvent se structurer en deux
sous-questions. La première,
c'est : Quelles occasions d'affaires découlant des accords de commerce
avez-vous identifiées pour les entreprises exportatrices québécoises et pour les PME? Et la seconde sous-question,
c'est : Que fait le ministère de
l'Économie et de l'Innovation pour aider celles-ci à identifier ces
opportunités d'affaires?
La Présidente (Mme IsaBelle) : M.
le ministre.
M. Fitzgibbon : Mme la
Présidente, je remercie le député
de Portneuf, parce qu'il apporte un élément très important qu'il faut considérer au ministère
pour pouvoir permettre encore une
fois de réduire l'écart de compétitivité
par rapport à nos voisins. Il faut plus exporter, mieux
exporter, et effectivement les accords de libre-échange qu'on a présentement de disponibles vont nous
permettre d'y arriver.
je commence par l'Europe, l'Accord économique et commercial global entre le Canada
et l'Union européenne constitue un
des accords de libre-échange les plus importants conclus par le Canada au cours des
20 dernières années. Le Québec a d'ailleurs été un des principaux instigateurs
de cette négociation qui a débuté en 2009. Pour la première fois,
le Québec a participé de façon pleine et entière à la négociation de cet accord et dans tous les domaines qui relèvent en tout et en
partie de ses compétences législatives.
14 juin 2017, l'Assemblée
nationale du Québec a
adopté la motion approuvant cet accord,
et le gouvernement a adopté le décret qui prévoit que le Québec
soit, à l'égard des entités visées par la
Loi sur les
contrats et organismes publics, lié par les dispositions du
chapitre sur les
marchés publics de l'accord européen.
Depuis,
le cadre législatif réglementaire a été modifié pour se conformer à l'accord, et
toutes les dispositions devraient être en place en mai 2019. Ceci concerne majoritairement les marchés publics. La quasi-totalité de l'AECG est
applicable depuis le 21 septembre 2017,
date d'entrée en vigueur provisoire de l'accord, notamment pour les réductions
tarifaires, pour l'ouverture des contrats publics et la facilitation de
la mobilité des gens d'affaires.
Alors,
je pense que l'Union européenne constitue un marché incontournable. En étant la
première économie mondiale, elle
représente en effet plus de 20 % du PIB mondial et compte plus de
500 millions d'habitants. L'AECG favorisera le commerce Canada-Union européenne par, d'une part,
l'élimination des tarifs de douane, d'autre part, par une plus grande mobilité des gens d'affaires, troisièmement, la
facilitation de la reconnaissance des qualifications professionnelles
puis, dernièrement, un meilleur accès aux marchés publics européens.
niveau des tarifs douaniers, les droits de douane ont été abolis pour 98 %
des lignes tarifaires dès son entrée en vigueur. À terme, la totalité des exportations de biens non agricoles
entrera sans tarif sur le marché de l'Union européenne. À
titre indicatif, certains produits québécois
dont les tarifs ont été éliminés :
l'aluminium sous forme brute, il y avait des droits
de douane de 3 %, les fils d'aluminium, qui étaient à 7,5 %, le
silicium à 5,5 %, les motoneiges à 5 %, les produits
chimiques, qui étaient jusqu'à 7,5 %, les vêtements, qui étaient jusqu'à
12 %.
niveau de l'agriculture, l'AECG crée de nouvelles occasions dans le secteur
agricole. Les droits de douane sont totalement éliminés sur plusieurs produits d'intérêt :
le fameux sirop d'érable, tarif de 8 %, les jus de fruits, les
préparations alimentaires. Les producteurs
et transformateurs québécois profitent aussi d'un accès supplémentaire au
marché européen pour les produits de porc grâce à un contingent
tarifaire qui s'établira à terme à 75 000 tonnes.
Pour
les marchés publics, l'AECG permet d'avoir un accès privilégié aux marchés
publics de l'Union européenne,
qui sont évalués à 3 300 milliards par année... 3,3 milliards,
3 300 milliards par année. En fait, il constitue le plus vaste
marché d'approvisionnement public au monde. Cet accord nous permet d'avoir
accès aux contrats publics des municipalités, des hôpitaux, des écoles, des
universités et entreprises étatiques de services publics.
Pour
les PME maintenant. Les avantages découlant de l'accord ne bénéficieront pas
qu'aux grandes entreprises, mais
également aux PME, dont la contribution aux exportations est très importante.
Les PME profiteront de nombreux avantages
de l'accord, comme les baisses de tarifs douaniers, l'ouverture des marchés
publics et la facilitation des procédures douanières.
gouvernement du Québec déploie des efforts importants afin que les entreprises
québécoises soient informées des bénéfices de l'accord et leur assure
également un accompagnement afin qu'elles puissent en tirer pleinement profit.
Export
Québec a actualisé son plan d'action de promotion de l'AECG. Une tournée, d'ailleurs, a été organisée sous forme de formation plus
spécifique pour un total de 12 séances dans 11 régions du Québec en
2018‑2019. Plus de 300 représentants d'entreprises et organismes ont
participé à ces activités.
2018‑2019 dans le secteur des marchés publics européens, Export Québec a
organisé différentes initiatives, dont l'accueil
au Québec du chef de service de l'achat, de la sécurité intérieure et du
ministère de l'Intérieur français, une mission commerciale en France et
en Espagne dans le secteur des villes intelligentes avec la participation de
15 entreprises, quatre centres de
recherche, huit villes québécoises, l'accueil au Québec de représentants des
villes de Strasbourg et de Lille, la
détection des appareils... d'appels d'offres publics, je m'excuse,
internationaux pour un groupe d'entreprises québécoises sur quatre pays
européens.
Finalement,
pour le Partenariat transpacifique global et progressiste, le Partenariat transpacifique représente
près de 15 % du produit intérieur brut mondial et réunit, là aussi, 500 millions
de consommateurs, regroupe 11 pays de la zone Asie-Pacifique, qui incluent l'Australie, le Brunei, le Canada,
le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. À ce jour, sept
pays ont ratifié l'accord, soit l'Australie, le Canada, le Japon, le
Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour et le Vietnam.
accord contribuera à la diversification des exportations du Québec
et permettra aux entreprises de tirer profit de la forte croissance de la région Asie-Pacifique, qui offre un bon
potentiel, notamment pour les produits de l'aluminium, les
produits forestiers, le porc et le sirop d'érable.
Le partenariat
prévoit l'abolition des droits de douane sur un large éventail d'exportations
et d'importations québécoises. À terme, pour les produits industriels,
c'est plus de 99 % des lignes tarifaires qui seront exemptées de
droits de douane. De nombreux produits
manufacturés exportés par le Québec vers les pays du partenariat peuvent aussi
bénéficier de l'élimination et de la
réduction des droits de douane, notamment pour l'aluminium, par exemple, les droits de
douane du Japon, de 7,5 %, et de
l'Australie, de 5 %, seront totalement éliminés. Les produits du plastique, par exemple, les droits de douane du Vietnam, à 17 %, seront éliminés
pour les feuilles et les plaques de plastique sur une période de trois ans.
partenariat permettra aux entreprises québécoises du secteur agroalimentaire
aussi de profiter d'occasions d'affaires. À
terme, 94 % des exportations du Québec à destination des pays membres se
feront sans droits de douane. Par exemple,
le Japon éliminera sur une période de
trois ans les tarifs de 17,5 % de l'accord du sirop d'érable. Il éliminera
les droits de 34 % pour le jus de
fruits sur une période de 10 ans et a débuté l'élimination progressive des
tarifs pour le porc.
Le ministère de
l'Économie et de l'Innovation a élaboré un plan d'action pour s'assurer qu'une
majorité d'entreprises québécoises
exportatrices prennent connaissance des occasions d'affaires. Export Québec
développe des outils d'information
pour les entreprises, analyse les impacts du partenariat pour chacun des
secteurs, identifie les principaux gains découlant de l'accord, planifie des formations auprès des relayeurs
pertinents, dont Investissement Québec et les bureaux du Québec à
l'étranger, et développe une liste d'entreprises susceptibles de bénéficier des
occasions d'affaires.
Pour
conclure, finalement, l'accord Canada, États-Unis et Mexique. La signature de
l'accord a eu lieu le 30 novembre 2018
en marge du Sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine. La signature de cette
entente permet de préserver notre accès privilégié au marché américain
et contribue à réduire l'incertitude économique ainsi qu'à assurer une plus
grande prévisibilité pour les entreprises
québécoises. Les relations économiques avec le Québec, les États-Unis et le
Mexique sont d'une très grande importance pour l'économie québécoise.
Comme
j'ai dit plus tôt, en 2018, 70 % des exportations québécoises de biens ont
été dirigées vers le marché des États-Unis.
Les exportations de biens vers le Mexique se sont élevées à plus de
2 milliards, positionnant le Mexique comme le troisième marché
d'importance pour le Québec. Ce nouvel accord vient moderniser l'accord de
libre-échange nord-américain en incorporant
notamment de nouveaux chapitres sur le commerce numérique, l'environnement, le
travail et les petites et moyennes
entreprises. Des mesures prévoient une meilleure collaboration afin d'aider les
PME à tirer davantage... ou à tirer
avantage, plutôt, des possibilités en matière de commerce et d'investissement
qui découlent de l'accord. L'accord pourrait possiblement aussi offrir
de nouvelles occasions d'affaires pour certaines entreprises du secteur
automobile, notamment en raison des
dispositions suivantes : une hausse du seuil pour le contenu à valeur
régionale des voitures de 62,5 % à
75 %, l'emploi d'acier, d'aluminium nord-américain, s'établissant à
70 %,ne nouvelle prescription concernant la proportion de
main-d'oeuvre selon laquelle de 40 % à 45 % des activités de
fabrication automobile doivent être réalisées par des travailleurs gagnant au moins 16 $ US de l'heure. Les trois parties
doivent maintenant ratifier l'accord. Le Québec, pour sa part, maintient
beaucoup de pression pour le retrait des tarifs américains sur l'acier et
l'aluminium.
Le ministère de
l'Économie et de l'Innovation a élaboré un plan d'action pour que les
entreprises québécoises prennent
connaissance des nouvelles occasions d'affaires de l'accord. Ce plan d'action
privilégie l'approche sectorielle. Les informations ont et seront
transmises aux entreprises dans le cadre des activités d'Export Québec et de
celles de nos partenaires sectoriels. L'objectif est d'offrir aux entreprises
des informations spécifiques, propres à leur secteur.
ne peut pas parler d'accords de libre-échange sans finir avec l'accord
intercanadien, interprovinces. L'accord de libre-échange canadien, qui
est entré en vigueur le 1er juillet 2017, encadre le commerce avec le
reste du Canada. Il est venu remplacer
l'accord sur le commerce intérieur. En 2018, la valeur des exportations
québécoises de biens et de services à
destination des autres provinces et territoires se chiffrait à
81 milliards, ce qui représente 39 % du total des exportations
du Québec sur un marché comparable à celui des États-Unis.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : M. le ministre, il vous reste une minute.
M. Fitzgibbon :
Parfait. Le marché canadien demeure le marché privilégié où nous avons
exemption des tarifs douaniers, il n'y a pas
d'incertitude liée aux devises, et les pratiques d'affaires sont similaires
d'un territoire à l'autre. C'est pour
cette raison que le Québec va mettre plus d'emphase pour encourager nos
compagnies québécoises à exporter, entre guillemets, à l'intérieur du
Canada.
Pour
conclure, je pense que tous ces... le Canada est un des pays du monde à avoir
un accord de libre-échange avec les
deux plus grands ensembles économiques de la planète, soit l'Union européenne
et les États-Unis, et à avoir accès à un marché en pleine effervescence,
celui de la région de l'Asie-Pacifique. Ceci encourage les entreprises
québécoises à exporter plus encore puis démarrer des activités.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Nous
poursuivons avec un bloc de cinq minutes avec la députée de
Marie-Victorin.
Mme Fournier :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, bonjour. Je suis très contente d'intervenir
aujourd'hui à l'étude des crédits en
économie. Et je voudrais profiter de mon temps pour parler de soutien aux entrepreneurs,
parce que, vous savez, les intentions de se lancer en affaires ou de
démarrer une entreprise n'ont jamais été aussi élevées que depuis quelques années chez les jeunes Québécois. L'année
dernière, selon l'Indice entrepreneurial québécois, on était à
36,9 % des 18-34 ans qui comptaient le faire dans les prochaines
années.
Et justement,
aujourd'hui, je veux vous parler d'un cas précis, une belle réussite
québécoise, l'entreprise Womance, une
entreprise de commerce de détail qui a été fondée par Andréanne Marquis et qui
est établie sur le Web depuis maintenant
2015. Hier sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, Andréanne Marquis a
justement lancé un plaidoyer pour un
meilleur appui gouvernemental aux entrepreneurs, et je voulais le partager avec
vous aujourd'hui. Donc, je vous lis
son témoignage : «On encourage énormément l'entrepreneuriat au Québec. On
nous dit haut et fort : "Lancez-vous en affaires! L'entrepreneuriat, c'est bon, allez-y." Par
contre, la grande majorité des gens qui veulent se partir en affaires ne savent
pas du tout où aller, comment débuter ou
encore les risques que cela comporte. Je ne savais rien au départ de Womance,
par contre j'étais entourée de gens qui m'ont aidée.
«On encourage les gens à se lancer en affaires,
mais on ne les guide pas. Plus j'ai reçu de messages, plus je me suis dit qu'il
fallait faire quelque chose.
«À l'automne dernier, j'ai
écrit à une multitude de "personnes importantes" au gouvernement du
Québec. J'ai finalement réussi à m'asseoir
avec un directeur de cabinet politique et je suis peut-être naïve, mais j'étais
convaincue que mon idée était bonne,
pertinente et nécessaire — je le suis encore d'ailleurs — mais je n'ai jamais eu de retour, donc
ils ont dû la trouver ordinaire.
«Je ne
comprenais pas pourquoi il n'était pas mis à notre disposition, en tant que
citoyens, un guide, le guide de l'entrepreneur,
dans lequel nous pourrions trouver les réponses à nos questions sur la grande
majorité des domaines d'activité possibles d'une entreprise. Peu importe
le domaine qui t'intéresse, ouvre le guide à cette page. Prenons, par exemple,
100 domaines où la grande majorité de ces entreprises sont des PME.
Faisons le tour de ces domaines, parlons à des entrepreneurs qui nous expliqueront les hauts et les bas de leurs
industries, les permis nécessaires pour y oeuvrer, les normes à respecter. Insérons-y des témoignages.
L'expérience parle. [À la] fin d'une section, [on pourrait trouver l'adresse]
courriel du département qui t'aidera au
gouvernement. Permettons également au gouvernement et à Revenu Québec
d'envoyer des infolettres éducatives et pertinentes aux entreprises
selon leur domaine d'activité.»
Bref, son
témoignage a reçu des dizaines de commentaires d'appui sur les réseaux sociaux,
et donc je voulais vous porter aujourd'hui sa question. Au fond,
seriez-vous ouvert à étudier cette idée et à donner suite à Mme Marquis?
M. Fitzgibbon :
Écoutez, je suis totalement en accord avec votre intervention, votre question
et votre commentaire. On a été
relativement publics à date sur ça, puis ça va être plus clair dans les
prochaines semaines. On doit, au niveau de la réforme d'Investissement
Québec, avoir des moyens locaux pour promouvoir l'entrepreneuriat. Je pense
qu'on va voir trois niveaux d'intervention
au niveau d'Investissement Québec : le niveau national pour les grosses
interventions, de toute évidence, le
niveau régional, qui est important aussi, on a 17 régions administratives
où les gens du MEI et d'Investissement Québec vont être à l'affût des
projets de moyennes entreprises, mais il faut revenir au niveau local.
On avait, à l'époque, les fameux CLD. On ne
remettra pas les CLD en place. Par contre, je pense qu'il est important que nous puissions, au niveau
d'Investissement Québec régional, activer l'accompagnement autant au
niveau ressources humaines, parce que
souvent les entrepreneurs ont besoin d'accompagnement de ressources humaines,
qu'au niveau du capital. Alors, je m'engage,
nous nous engageons à ce que, dans les régions, surtout celles qui n'ont pas...
ou les localités, celles qui n'ont pas d'outils en place, de les mettre en
place. Dans d'autres cas où les outils existent déjà, en incubation, qui
fonctionnent bien, on va continuer à mettre de l'argent.
Alors, oui,
je pense que c'est important que la souche entrepreneuriale du Québec, qui fait
partie de notre ADN, soit maintenue.
Et effectivement je pense que c'est une des critiques que j'ai eues, à
Investissement Québec, sur la prise de risque,
parce qu'évidemment plus on parle de jeunes entreprises, entrepreneuriat, plus
il y a de risques. Alors, je pense qu'il va falloir intervenir plus précisément, et ça va être fait par ma
collègue la ministre déléguée des régions, en économie, qui est présentement, d'ailleurs, je pense, cette
semaine dans la région pour, justement, comprendre l'écosystème, parce
que ce n'est pas vrai qu'il va y avoir un
programme national pour les régions, c'est impossible. Alors, il faut voir à
l'adapter aux différentes régions, et les besoins vont varier d'une
région à l'autre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre. Merci, Mme la députée.
Alors,
écoutez, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures afin de procéder à l'étude du volet, cette fois, Économie
et Investissement Québec.
Merci à tout
le monde. Et je vous invite à prendre le café avant de venir, parce que vous
savez qu'on n'aura pas le droit de servir du café dans l'après-midi.
Alors, bon dîner.
(Suspension de la séance à 13 h 1)
Présidente (Mme IsaBelle) : Nous allons reprendre nos travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Économie, Investissement Québec, des crédits budgétaires du portefeuille Économie et Innovation
pour l'exercice financier 2019‑2020. Une enveloppe de trois heures
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Allaire
(Maskinongé) est remplacé par M. Provençal (Beauce-Nord); Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par
Mme Guillemette (Roberval); Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par
Mme Picard (Soulanges); M. Lévesque (Chauveau) est remplacé par
M. Caron (Portneuf); M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé
par Mme Ghazal (Mercier); et Mme Richard (Duplessis) est remplacée
par M. Ouellet (René-Lévesque).
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Nous allons débuter par les remarques préliminaires et nous allons
procéder par la suite à des discussions d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses.
Nous
avons débuté les travaux, alors, à 15 h 1, et c'est pour une période
de trois heures. Donc, on doit consacrer... La période va être consacrée
à l'étude de ces crédits cet après-midi. S'il y a consentement, pour la minute
perdue, nous allons l'enlever de la période du gouvernement. Est-ce qu'il y a consensus?
Oui? C'est parfait. Nous sommes juste... Il nous manquait une minute.
Alors, nous
débutons donc avec les remarques
préliminaires. M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation, vous disposez de 12 minutes.
M. Fitzgibbon : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais,
d'emblée, m'excuser pour l'absence du président, le P.D.G. d'Investissement Québec, M. Pierre Gabriel Côté, qui... à sa
demande, j'ai acquiescé... Pour des raisons assez évidentes, je pense,
avec les changements qui vont être annoncés bientôt, je trouvais respectueux et
j'ai accepté son offre de ne pas être présent.
Par contre,
toute l'équipe exécutive d'Investissement
Québec est ici présente aujourd'hui.
Et j'aimerais introduire les trois
qui vont s'exprimer quand je n'aurai pas les réponses : M. Paul
Buron, qui est responsable de tout le programme FDE, le programme du ministère pour IQ, Alexandre
Sieber, qui s'occupe de tout le côté des fonds propres et du capital de
risque, et nous avons le CFO, Christian Settano, qui pourra répondre à toutes
les questions sur la question financière. Puis, si eux n'ont pas les réponses,
bien, en arrière d'eux autres, il y a toute l'équipe d'IQ, que je salue, ici
cet après-midi.
Alors, Mme la Présidente, comme vous le savez, Investissement
Québec est une société de développement économique ayant pour mission de faire
croître l'investissement privé, de soutenir l'emploi partout au Québec et,
ultimement, d'être un moteur de création de richesse collective.
Au cours de
l'exercice 2017‑2018, IQ a réalisé 1 456 interventions
financières, a injecté 1,1 milliard de dollars de fonds propres dans des projets d'entreprises qui
ont une valeur, elles, de plus de 5,4 milliards de dollars, et ce, pour
assurer la création ou la sauvegarde de plus de 9 300 emplois.
Le budget du
gouvernement du Québec 2019‑2020 confirme que la capitalisation
d'Investissement Québec, comme j'ai
dit ce matin, passera de 4 à 5 milliards, ce qui lui permettra
d'intervenir davantage auprès des entreprises à partir de ses fonds propres, notamment sous forme de prêts et de
prises de participation. Toutefois,
pour appuyer plus efficacement le développement économique dans toutes
les régions, le gouvernement a décidé de revoir le rôle d'IQ. Je rappelle que
c'était l'un de nos engagements électoraux, et maintenant on passe à l'action.
Mme la Présidente, j'annonce qu'au cours des prochains mois le gouvernement va remodeler son bras investisseur pour qu'il soit plus agile, plus volontaire, plus ambitieux et plus
entreprenant. IQ a beaucoup varié son offre de service en faisant des prêts, comme une institution financière, dans le passé. Comme ancien entrepreneur, je pense que
c'est correct, mais je crois qu'il faut
maintenant ajuster le curseur. J'ai été public à l'effet que
ce que font les gens d'IQ, ils le font très bien. Ce qui m'importe,
c'est ce qu'ils ne font pas. C'est un fait, il faut davantage canaliser nos
efforts dans des cibles différentes et être mieux équipés pour réussir. C'est
pourquoi je compte donner les orientations nécessaires pour qu'IQ ait un mandat plus large et fasse notamment
plus de prospection de nouveaux marchés pour les entreprises québécoises,
qui sont, à mon avis, trop dépendantes du marché canadien.
Mme la Présidente, la transformation d'IQ ne
suppose pas de brasser les structures, mais plutôt de changer les objectifs de la société d'État. Et, en fait, peu
de temps après mon arrivée, quand j'ai rencontré le management d'IQ, ils
avaient eux-mêmes déjà identifié beaucoup
d'ajustements à faire à leur propre mandat, qui, en grande partie, vont
prendre place dans la nouvelle structure. En
d'autres mots, ça veut dire quoi? Appuyer davantage certains projets avec du
capital patient, développer certaines filières stratégiques ou grappes et
appuyer encore plus les régions.
Cette réforme
permettra d'accroître la productivité et les investissements étrangers au
Québec. Plus que jamais, un rattrapage
est nécessaire pour rehausser notre niveau de productivité. Un travail a déjà
été amorcé par IQ pour le secteur manufacturier.
La société a initié des initiatives qui devraient véritablement aider les
manufacturiers québécois à accélérer les investissements en innovation
dans le futur car tout se passe par une augmentation des investissements privés
des entreprises québécoises.
L'attraction
des investissements étrangers figure parmi les priorités économiques pour le
Québec. En fait, le premier ministre
m'a donné l'objectif clair de faire doubler les investissements étrangers au
Québec. Je veux convaincre les filiales étrangères déjà présentes sur notre territoire et les entreprises
d'ailleurs de choisir le Québec pour leurs projets d'investissement. Je veux exploiter pleinement nos forces afin que
le Québec devienne un des meilleurs endroits au monde pour investir. Je
veux en faire davantage pour attirer les investissements miniers en sol
québécois.
Par ailleurs,
il faut qu'IQ s'adapte aux nouvelles façons de faire, à la nouvelle réalité et
au nouveau contexte dans lequel se
trouvent les entreprises. Sans vouloir critiquer le choix de mes prédécesseurs,
j'estime qu'IQ doit en faire plus au cours des prochaines années pour
mieux accompagner les entreprises en croissance.
Mme la Présidente, je veux qu'IQ priorise le
développement économique et non seulement le rendement pur, financier, du capital investi, qu'elle comble les
carences dans la chaîne des capitaux, qu'elle joue un rôle de leader et
de complément dans l'économie du Québec,
qu'elle devienne une accompagnatrice pour les entreprises étrangères et québécoises qui ont des projets d'investissement
importants, qu'elle cible davantage ses efforts d'attraction des
investissements au Québec sur des grappes dynamiques et prometteuses pour
l'économie québécoise.
exemple, IQ doit avoir une plus grande implication dans des projets en
intelligence artificielle, en aérospatiale, en innovation ou encore en
numérisation d'entreprises. Je pense aussi aux jeunes entreprises en démarrage.
IQ doit pouvoir leur offrir de l'accompagnement à toutes les étapes de leur
parcours.
Alors que
l'économie du Québec est en croissance, j'estime qu'IQ doit se montrer plus
audacieuse. Les entreprises québécoises doivent pouvoir se développer
plus facilement et plus rapidement sur les marchés internationaux et ne pas
compter uniquement sur les marchés américain ou canadien. Je pense que la prise
de risque d'IQ va devoir augmenter.
L'autoroute internationale doit bien aller dans
les deux sens. Il faut être meilleur pour attirer les investissements étrangers. Il faut être meilleur aussi pour
exporter nos produits et nos services. Grâce à notre environnement d'affaires
favorable et prévisible, nos exportations
doivent continuer de croître. Elles atteignaient 92,2 milliards de dollars
en 2018.
Mme la Présidente, à partir de la fin des années 80, on a vu naître des accords de
commerce qui ont placé le Québec au
sein de la plus grande zone de libre-échange au monde. J'en ai parlé ce matin. On veut désormais
élargir nos horizons pour tirer parti des nouvelles occasions
commerciales qui découlent des récents accords de libre-échange, soit l'Accord
économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, l'Accord
de Partenariat transpacifique global et progressiste et, bien entendu, l'accord
entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Il faut profiter pleinement de
ces opportunités.
Pour assurer
sa croissance, l'économie du Québec doit compter sur la performance de ses
entreprises sur les marchés internationaux.
D'ailleurs, 35 millions additionnels sur cinq ans seront alloués au
programme Exportation, ce qui signifie que
les PME pourront bénéficier d'un soutien, qui atteindra 25 millions
annuellement, pour leurs efforts de diversification et la consolidation
de leurs marchés d'exportation.
Mme la
Présidente, je veux rassurer tout le monde, IQ demeurera rigoureux dans ses
processus et analyses. Le risque, ce n'est pas de plonger aveuglément
dans des projets. Il faut une rigueur interne. Les gens de l'IQ et au ministère
de l'Économie et de l'Innovation travaillent
avec cette même rigueur. On va s'assurer qu'on a des bons mécanismes
d'analyse. Et, si le risque amène des pertes plus grandes, il y aura des
provisions en ce sens.
IQ deviendra un guichet unique pour l'accueil
des entreprises. L'idée est de réduire la paperasserie du côté des entrepreneurs. IQ devra collaborer avec le MRI, le
ministère des Relations internationales, qui a aussi des bureaux et un
réseau de contacts à l'étranger. Des partenaires comme le Fonds de solidarité
FTQ ou Fondaction peuvent également contribuer aux projets. IQ deviendra un
accompagnateur pour les entreprises étrangères et québécoises qui ont des
projets d'investissement importants.
Aussi, IQ
doit être plus offensive et proactive envers les grands donneurs d'ordres
internationaux pour que ceux-ci viennent
davantage au Québec afin d'aider notre chaîne d'approvisionnement... et à mieux
performer dans certains secteurs, un objectif ambitieux, je le
reconnais, mais sûrement atteignable. Je veux convaincre les filiales
internationales déjà présentes sur le territoire de choisir le Québec pour
leurs prochains investissements et en attirer d'autres bien ciblées.
En conclusion, Mme la Présidente, le Québec est
très attractif, comme je disais ce matin. Je veux qu'il le soit davantage. Il faut maintenant vendre plus et
vendre mieux. Investissement Québec aura à jouer un rôle important pour
aurons une équipe de développeurs qui sera plus agressive sur le terrain. Notre
principal objectif, rehausser le
statut d'IQ à l'international en lui donnant plus de moyens pour attirer les
investissements étrangers et supporter les PME québécoises
d'exportation. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Nous invitons
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie à faire ses remarques préliminaires
pour un maximum de huit minutes. Alors, à vous la parole, Mme la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je salue les représentants d'Investissement
Québec, mais je vais garder tout le temps de parole que j'ai pour la
période des échanges avec le ministre.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Comme il n'y a pas non plus
de remarques préliminaires du deuxième et du troisième groupe de l'opposition, nous commençons donc immédiatement
l'étude des crédits budgétaires. Nous sommes maintenant prêts. Alors, à
vous, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, pour l'étude des crédits.
Mme Anglade :
Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, je vais commencer d'entrée
de jeu par dire la chose suivante. Je
ne me rappelle pas une étude de crédits récente où le P.D.G. d'un organisme
public n'était pas présent pour
présenter les échanges. Je ne me souviens pas de ça. Et je ne sais pas si on
accepterait qu'Hydro-Québec vienne sans son P.D.G., Éric Martel, ou que la Caisse de dépôt vienne sans que
Michael Sabia soit présent. Je pose la question au ministre. Pourquoi
est-ce qu'on accepte ça quand c'est Investissement Québec?
M. Fitzgibbon :
Par respect pour l'individu. Je pense que, comme je l'ai dit tantôt, au mois de
décembre, quand M. Côté et moi
avons conclu conjointement qu'il ne serait pas le président-directeur général
pour l'avenir parce que toute la nouvelle
structure, la nouvelle mission d'Investissement Québec est la mission du gouvernement,
je pense qu'il n'était pas approprié
aujourd'hui qu'il vienne ici expliquer les visions, expliquer un nouveau
Investissement Québec, alors qu'il n'avait pas participé à son
élaboration.
Je pense
qu'aujourd'hui il y a deux sujets qui sont importants à discuter. Le premier,
c'est le futur d'Investissement Québec. Et je pense qu'aujourd'hui je
suis celui qui est le mieux qualifié pour le faire étant donné qu'on était au
centre du
développement de la vision. Mais en même temps toute la question de qu'est-ce
que fait Investissement Québec, je pense que l'équipe de direction qui
est ici peut très bien représenter ce qui a été fait entre 2017 et 2019.
Mme Anglade :
J'aimerais, Mme la Présidente, quand même rappeler au ministre que, lorsqu'on
fait une étude des crédits, c'est
pour le passé. Et puis je suis très contente de parler de l'avenir, mais il
faut également parler du passé. Et je répète encore une fois que je
trouve ça surprenant que le P.D.G. soit absent, la première des choses.
La seconde des
choses, c'est que vous conviendrez avec moi que ça reflète probablement un
malaise à l'intérieur de
l'organisation dans les derniers mois. Et je le dis en tout respect, mais, dans
les derniers mois, toutes les nouvelles qui ont circulé sur Investissement Québec l'ont été faites par
l'intermédiaire des médias, de dossiers qui ont coulé, d'articles de
presse. Et c'est comme ça qu'on a vu ce qui se passait, une gestion laborieuse
dans la gestion des relations avec Investissement Québec. Et j'ai bien l'impression
que ça a eu des répercussions sur ce qui se passe aujourd'hui chez
Investissement Québec.
Alors,
j'aimerais bien que le ministre nous parle de comment il voit les choses à
l'intérieur d'Investissement Québec parce
que d'apprendre qu'il y a un P.D.G. qui est en place, qu'il va y en avoir un
nouveau, que, finalement, les dates ont changé, etc., et que tout se
fait par l'intermédiaire des médias, je ne pense pas que ce soit la manière
optimale de gérer une société d'État.
M. Fitzgibbon : Alors, la
question est pertinente, et je répondrais à la députée de Sainte-Anne et...
Mme Anglade : Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Fitzgibbon : Je m'excuse, je
vais apprendre un jour. Je pense que, dans les prochains jours, beaucoup des inquiétudes que vous avez exprimées vont
disparaître. Je pense que, je dirais, l'harmonie, j'irais jusque-là, qui existe
entre le ministère, entre moi, mon équipe et
le P.D.G. d'Investissement Québec va être mise en lumière parce qu'il va y
avoir une suite à l'avis du P.D.G. d'Investissement Québec.
Deuxièmement, toute l'élaboration de la mission
renouvelée d'Investissement Québec, même si elle émane du ministère de l'Économie... Comme j'ai dit tantôt,
en grande partie, l'équipe de direction actuelle que vous avez devant
vous avait identifié eux-mêmes des
changements importants qu'il fallait faire à Investissement Québec, changements
qui, en grande partie, vont être reflétés dans la nouvelle structure.
Alors, je
pense que vous pourriez directement poser des questions... Ce n'est pas
approprié aujourd'hui, mais je pense
que, dans les semaines, dans les mois qui vont suivre, au contraire, je pense
qu'on va voir un nouveau Investissement Québec qui va être en harmonie avec le passé, et je pense qu'on va voir
l'équipe de direction que vous avez devant vous ici continuer à
travailler à Investissement Québec. Alors, je ne suis pas d'accord avec le fait
qu'il y a eu des émois internes.
Cela étant
dit, les fuites dans les journaux, je suis très déçu, personnellement, aussi.
Je n'ai pas aimé ça et ce n'est pas
quelque chose que j'aime. Mais, malheureusement, ça, c'est inhérent à un
gouvernement, je pense, hein? On a vu ça dans le passé aussi. Je ne suis pas fier de ça. Je vous l'accorde. Mais,
en même temps, je pense, les communications entre le ministère, moi-même