Public Finance — 2 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2017-05-02
Quebec — Committees
(Quinze
heures vingt-trois minutes)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des finances publiques ouverte. Bien
sûr, je demande à toutes les
personnes dans la salle d'éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Finances des crédits budgétaires du portefeuille
Finances pour l'exercice financier 2017‑2018. M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Polo
(Laval-des-Rapides) est remplacé par M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine).
Président (M. Bernier) :
Merci beaucoup. Donc, bienvenue à tous les parlementaires. Bienvenue au personnel du ministère des Finances. Bienvenue au personnel de la Caisse de dépôt qui est ici présent, alors, M. Sabia, M. Tessier. Bienvenue également à la population
qui nous écoute, parce que, quand on fait cet exercice-là, on répond aux questions,
bien sûr, qui sont posées, mais il y a des gens qui nous écoutent. Donc, bienvenue à
l'auditoire qui nous écoute présentement.
Nous
allons débuter par les remarques
préliminaires, puis nous allons
procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions
et les réponses. Donc, je vais m'assurer, du côté de l'opposition, qu'on va balancer le temps entre les questions versus les réponses
qui sont données. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin... qui est alloué à l'étude de ce volet. Je vous informe
qu'il y a eu une entente afin que le temps de parole de la députée de Vachon
soit pris à même l'enveloppe de l'opposition officielle.
Puisque
nous avons débuté nos travaux à 15 h 22, est-ce qu'il y a consentement pour qu'une
période additionnelle à l'étude des trois heures actuelles soit...
dépasser jusqu'à 18 h 22?
Le Président
(M. Bernier) : Pas 22? Quelle heure?
Président (M. Bernier) :
18 h 10. Donc, nous allons
débuter... Comme nous débutons nos travaux à 15 h 22, nous allons
aller jusqu'à 18 h 10. Et j'aurai le plaisir de vous reposer la même
question ce soir parce que le temps doit être accompli tel que défini
par l'Assemblée et les ententes entre les leaders.
Nous
débutons donc avec les remarques préliminaires de M. le ministre. La parole est
à vous. Vous disposez de 17 minutes.
M. Leitão :
Très bien. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour à tous, tous les
collègues de l'opposition officielle, de la deuxième opposition, députée
indépendante; bien sûr, les collègues de la
partie gouvernementale, M. Sabia, M. Tessier, ainsi que M. Caudron, mon chef de cabinet, et
tous les autres membres soit de la Caisse
de dépôt et placement du Québec et du ministère des Finances.
Alors, nous entamons aujourd'hui
l'étude des crédits du ministère des Finances, et cela me permettra aussi de répondre aux questions des collègues.
Mais, avant de faire ça, avant d'aborder la question des crédits du ministère des Finances, je vais profiter de l'occasion pour faire un point rapide sur
la situation économique et financière du Québec, qui est très positive.
Je répète, la situation économique et financière du Québec est très positive.
C'est important, c'est important que les gens qui nous écoutent puissent avoir
l'heure juste.
premier élément que je souhaite souligner, c'est qu'il s'agit d'un troisième
budget équilibré consécutif, et qu'il ne sera pas le dernier, puisque notre cadre financier prévoit de maintenir
cet équilibre pour les cinq prochaines années. Tout en restant prudent afin de pouvoir faire face aux
turbulences de notre environnement économique, le budget pose des gestes
concrets qui permettent à l'économie du Québec de poursuivre sur sa lancée et
amène des bénéfices pour tous les Québécois. Nous avons remis la maison en
ordre, et la bonne santé économique et financière du Québec nous permet d'investir davantage et de manière durable dans
les services directs à la population, notamment en éducation, en santé, mais également dans les transports collectifs. La
bonne tenue de notre économie permet également d'annoncer de nouvelles baisses d'impôt pour les particuliers qui, ajoutées
à l'abolition de la contribution santé, qui n'était ni plus ni moins qu'un
impôt sur le revenu, permettront de
bénéficier d'une baisse récurrente du fardeau fiscal de plus de 1 milliard
de dollars par année.
Avec
le plan, nous faisons exactement ce que nous avons dit que nous ferions pour
améliorer le niveau de vie et la qualité
de vie des Québécois. Nous agissons également sur les leviers pour positionner
le Québec parmi les économies les plus innovantes, entreprenantes et
ouvertes sur le monde. J'aurai l'occasion d'y revenir dans quelques instants.
Le Québec
s'est distingué, en 2016, par une croissance économique et une création
d'emplois soutenues qui se sont
traduites par une amélioration significative du revenu disponible des ménages.
D'ailleurs, une croissance de 4,5 %, ce que Desjardins, par exemple, soulignait dans son analyse, la semaine
dernière, sur l'épargne des Québécois. Le taux d'épargne des Québécois est maintenant à un de ses niveaux les plus
élevés de la dernière décennie. Grâce à l'augmentation du revenu
disponible, les Québécois consomment plus et, en même temps, épargnent plus, et
cela est une très bonne nouvelle. L'économie
a crû de 2 % en 2016, selon l'ISQ, une croissance d'ailleurs supérieure à
celle des États-Unis et du Canada. Il
s'agit d'ailleurs de notre meilleur résultat depuis 2010, et toutes les
principales composantes du PIB étaient en croissance, particulièrement
la consommation.
La vigueur de
l'économie a permis que le Québec s'établisse comme champion de la création
d'emplois parmi les provinces canadiennes. C'est plus de
91 000 emplois qui se sont ajoutés au cours de l'année 2016.
Donc, depuis mai 2014, plus de trois
ans, ce sont plus de 152 000 emplois qui ont été créés au Québec,
essentiellement à temps plein et dans le secteur privé. Dans ce
contexte, l'emploi des femmes a d'ailleurs été particulièrement bénéfique.
Nous avons un
plan, et un plan qui est prudent, équilibré, prévisible et soutenable. Et le
plan fonctionne, M. le Président. Il
nous permet maintenant d'investir davantage et de manière durable dans les
grandes priorités des Québécoises et
des Québécois, qui sont d'investir dans l'avenir de nos enfants. Et, pour
financer nos services publics, de le faire à crédit, comme ça a été fait
pendant de longues années, à notre avis, c'est une dangereuse illusion.
Les jeunes
sont l'avenir du Québec. Notre gouvernement a annoncé la mise en place d'un
plan sans précédent pour la réussite
éducative, de la petite enfance à l'enseignement supérieur. Et ce plan est doté
d'un financement additionnel de 3,4 milliards de dollars sur cinq
ans.
La santé est également au coeur de nos
priorités. Les actions prévues dans le plan économique reflètent cette importance. Nous poursuivons nos investissements
pour améliorer l'accès aux soins de santé et l'offre de services pour
tous les Québécois, que ce soit en CHSLD, dans les hôpitaux, dans les cliniques
ou les soins à domicile. Nous avons annoncé
des investissements totalisant près de 3 milliards de dollars au cours des
deux prochaines années, qui permettront d'ajouter des ressources là où les besoins sont les plus importants. De
nouvelles supercliniques continuent de voir le jour partout au Québec, et nous allons continuer
d'améliorer l'accès et la qualité des services pour toutes les familles du
Québec.
Toujours dans
la volonté d'offrir de meilleurs services aux Québécois, le plan économique annonce un appui concret et significatif au développement du transport collectif et de la mobilité durable. En
plus d'être un service essentiel pour de
nombreux citoyens, le transport collectif est bon pour l'économie et contribue
à la lutte aux changements climatiques. Voilà pourquoi nous donnons un élan significatif à ce secteur en
concrétisant notre engagement d'appuyer immédiatement la réalisation de grands projets tels le REM, le
Réseau électrique métropolitain, avec la Caisse de dépôt et placement, mais
aussi le prolongement de la ligne bleue du
métro de Montréal. Nous allons également apporter le soutien nécessaire à la
réalisation du projet de transport collectif souhaité par Québec lorsque
celui-ci sera défini.
Maintenant,
pour permettre la réalisation de ces projets et répondre à d'autres besoins en
matière d'infrastructures, le Plan
québécois des infrastructures, le PQI, sera rehaussé de 2,4 milliards de
dollars pour atteindre 40 milliards sur les quatre prochaines années et 91 milliards sur les 10 prochaines
années. Il s'agit, M. le Président, d'un effort substantiel, d'ailleurs
un effort quatre fois plus important que celui du gouvernement fédéral
proportionnellement à la taille des économies respectives. Donc, notre
gouvernement est pleinement investi dans la croissance économique et dans le développement du Québec avec des budgets qui sont
stimulatifs, qui sont expansionnistes. Alors, austérité, M. le Président,
non, il n'y a pas d'austérité. Cette même
soi-disant austérité qui devait mettre notre économie à terre, bon, nous avons
eu une croissance économique en 2016 parmi les plus élevées en Amérique
du Nord.
Alors, il est
de notre devoir d'assurer un meilleur avenir à nos enfants en répondant aux
défis liés à la main-d'oeuvre et la
transformation de notre économie. Afin de stimuler la recherche et l'innovation
dans plusieurs secteurs d'activité, autant
traditionnels que technologiques, nous avons annoncé des initiatives
additionnelles totalisant plus de 830 millions de dollars d'ici
2021‑2022. Cela porte à près de 2,5 milliards les investissements en
recherche et en innovation pour les prochaines
années. Nous sommes aussi, M. le Président, je dois dire, très contents du
travail que fait la Caisse de dépôt et placement
en termes d'investissements dans les entreprises québécoises aussi avec
l'objectif d'améliorer l'innovation et la productivité de l'économie
québécoise.
Nous devons aussi pouvoir compter davantage sur
la fibre entrepreneuriale de plus en plus présente chez les Québécois, particulièrement chez les jeunes et
chez les nouveaux arrivants. Il faut également appuyer les PME existantes
qui ont le potentiel de devenir les fleurons
de demain. Dans ce contexte, nous avons annoncé des mesures totalisant plus de
400 millions de dollars pour soutenir l'entrepreneuriat au cours des cinq
prochaines années.
Notre
plan prévoit également des mesures totalisant près de 290 millions sur
cinq ans pour favoriser le développement de la main-d'oeuvre faisant
suite au Rendez-vous national de la main-d'oeuvre de février dernier. Pour ce
qui est du développement... de
l'investissement dans les régions, les régions contribuent largement à la
vigueur et à l'essor de notre économie,
et, afin de stimuler davantage leur développement, c'est 1,2 milliard qui
seront investis au cours des cinq prochaines années.
Comme je l'ai mentionné au début, grâce à la
croissance économique, nous avons maintenant les moyens de poursuivre nos efforts de réduction du fardeau fiscal des Québécois. Cette
réduction passe par l'abolition de la contribution santé dès 2016, donc rétroactive au
1er janvier 2016, et cela pour près de 4,3 millions de contribuables.
Aussi, une baisse générale de l'impôt grâce à l'augmentation du montant
personnel de base.
Alors, une famille de la classe
moyenne bénéficiera, dès cette année, dès 2017, d'une réduction d'impôt
permanente de plus de 510 $,
510 $, M. le Président. Avec ces mesures, c'est plus de 1 milliard de
dollars par année que nous retournons dans
les poches des Québécois, et je souligne que nous faisons cela de façon
responsable. Nous investirons dans les services directs à la population, nous appuyons le développement économique, nous