CAT — 19 September 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-09-19
Quebec — Committees
(Dix heures trois minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Il y a quorum, alors je déclare la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte. Je souhaite la bienvenue à tous et à
toutes.
La commission est réunie ce matin afin de
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 31, Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière
d'habitation.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplaçants?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Caron
(La Pinière).
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous entendons... nous
allons entendre, ce matin : l'Union des municipalités du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités et Me
David Searle, ce matin, avant midi.
Alors, je
commence tout de suite par l'Union des municipalités du Québec. Alors, bonjour
à vous trois. Alors, le test de son
est fait — on
est en visioconférence, pour nos auditeurs — et vous avez 10 minutes pour faire votre
exposé. Par la suite, il y aura un
échange avec la ministre et les députés d'opposition. Et puis, normalement,
tout se déroule bien. Alors, je vous laisse aller...
Le Président (M. Schneeberger) :
Non, mais c'est parce qu'il y avait des... Je préviens, on avait des problèmes
de wifi, ce matin, alors je fais juste de dire : Si, des fois, il y a des
coupures, là, que tout le monde soit au courant,
là, ce n'est pas la pluie qui fait ça. Alors, il faut être un peu comique,
hein, avec la pluie, on essaie d'être un petit peu joyeux. Voilà. Alors,
allez-y. À vous trois. La parole est à vous.
M. Damphousse (Martin) : Merci
beaucoup. Mme la ministre responsable de l'Habitation, M. le Président de la
commission, mesdames, messieurs les membres de la commission, je vous remercie
de nous donner l'occasion, aujourd'hui, de vous faire part de nos commentaires
sur le sujet de l'heure, à savoir la crise de l'habitation qui sévit au Québec
depuis plusieurs années.
Je suis
accompagné, aujourd'hui, par M. Guillaume Tremblay, premier vice-président
de l'UMQ, président du comité sur l'habitation de l'UMQ et maire de Mascouche,
ainsi que Mme Valérie Fortin, conseillère aux politiques à l'UMQ.
Le projet de loi n° 31 actuellement à
l'étude représente une étape importante dans la recherche de solutions à cette
crise de l'habitation. Cependant, il est essentiel de comprendre que ce projet
de loi, bien que prometteur, ne peut, à lui seul, résoudre l'ensemble des
problèmes auxquels nous sommes confrontés. Dans notre présentation, nous allons
aborder les aspects du projet de loi n° 31 qui touchent le milieu
municipal et présenter des propositions constructives pour son amélioration ainsi
que des mesures plus larges pour faire face aux enjeux actuels en matière
d'habitation.
La crise du logement, au Québec, est un problème
complexe qui perdure depuis le milieu des années 2010. Le déséquilibre
entre l'offre et la demande de logements s'aggrave chaque année. Selon la Société
canadienne d'hypothèques et de logement, SCHL, d'ici 2030, le Québec devrait
construire 78 000 logements de plus par année par rapport au rythme
actuel, soit plus du double. Pour sortir de cette crise, il est impératif que
tous les niveaux de gouvernement unissent leurs efforts pour stimuler la
création de logements et accélérer leur construction.
Dans ce contexte, le financement et la
facilitation de la réalisation de logements sociaux jouent un rôle crucial.
Actuellement, plus de 37 500 ménages locataires sont en attente d'un
logement social et de nombreux ménages doivent consacrer plus de 50 % de
leurs revenus pour se loger. Pour répondre à ces besoins, nous proposons d'augmenter le financement pour la création de 4 500 logements
sociaux et 13 400 logements abordables chaque année.
La semaine passée, lors du sommet sur
l'itinérance que nous avons tenu à Québec, vous avez probablement eu l'occasion
de m'entendre mentionner le nom du premier ministre Trudeau. Le milieu
municipal était plutôt amer envers son commentaire qui laissait sous-entendre
que c'est le milieu municipal qui est le responsable de la lenteur de la
construction des logements en lien avec le nouveau programme de financement
fédéral. Ce que j'ai mentionné, c'est que, malheureusement, le
900 millions qui est réservé pour le Québec... nous sommes en attente
d'une entente entre Québec et Ottawa pour
s'assurer que ces sommes-là puissent être libérées. Donc, le commentaire de
M. Trudeau ne s'appliquait pas pour le Québec. De plus, nous
plaidons pour un programme de logements sociaux indépendant des cycles de financement
public financés de manière adéquate afin d'éviter une augmentation des coûts
pour les municipalités au fil du temps.
En complément des programmes traditionnels, nous
recommandons la création d'un fonds provincial dédié au financement d'unités de
logement privées hors marché. En fait, Mme la ministre, je vous en ai parlé à
maintes reprises, je vous félicitais encore une fois pour la belle initiative
de votre gouvernement avec le Fonds Desjardins et le Fonds de la FTQ, qui est, à notre avis, un excellent... une
excellente initiative. Ce fonds permettrait de réaliser des projets
innovants à l'échelle du Québec, tels que des logements étudiants, de manière
plus flexible et agile.
Maintenant, je passe la parole à
M. Guillaume Tremblay.
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
merci beaucoup, M. le président, Mme la ministre, M. le Président de la
commission, mesdames et messieurs les membres de la commission. Nous pensons
qu'il est essentiel de donner aux municipalités la marge de manoeuvre
nécessaire pour intervenir dans le domaine de l'habitation en fonction de leurs
compétences et, bien sûr, de leurs moyens. Nous proposons ainsi de permettre aux
municipalités de jouer un rôle de mandataire dans l'application des programmes
du gouvernement du Québec. De plus, les offices d'habitation doivent bénéficier
d'une plus grande flexibilité dans le développement de projets en tant que
partenaires importants dans l'offre de logements aux populations vulnérables.
Pour accélérer la création de nouvelles unités,
nous devons également lever les obstacles qui entravent les projets résidentiels. Les municipalités sont
parfois critiquées pour les retards dans l'émission des permis de construction,
mais elles sont prêtes à améliorer leur
efficacité. D'ailleurs, l'UMQ mène actuellement une enquête pour mieux
comprendre les défis auxquels elles sont confrontées en matière
d'émission de permis. Les résultats préliminaires montrent que près de 50 % des répondants constatent une
diminution du nombre de demandes de permis depuis le début de
l'année 2023, ce qui suggère une baisse de l'activité de
construction.
Des enjeux découlant des projets eux-mêmes
peuvent aussi engendrer des délais, comme les besoins en infrastructures, par
exemple. Pour trouver des solutions concrètes adaptées aux différentes régions,
nous proposons la mise sur pied d'un groupe d'accélération pour la construction
de logements réunissant toutes les parties prenantes. En outre, la complexité de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, la
LAU, pose également des défis aux municipalités. Certaines modifications
réglementaires sont soumises à l'approbation par les personnes habiles à voter,
ce qui peut entraîner des retards très importants et permettre à un petit
groupe de bloquer des projets d'intérêt public. De plus, certains projets de
règlement d'urbanisme nécessitent jusqu'à trois adoptions pour un même
règlement, prolongeant inutilement les délais avant l'entrée en vigueur. Par
ailleurs, le transfert d'une
partie importante du fardeau administratif en matière d'inspection aux
municipalités prévu dans le projet de loi n° 17 pourrait poser des
problèmes en matière de ressources spécialisées.
Je vais maintenant retourner la parole au
président, M. Martin Damphousse.
M. Damphousse (Martin) : Merci,
M. le maire. Pour l'UMQ, il est essentiel de maintenir et d'entretenir le parc
de logements existants. La détérioration du parc immobilier peut entraîner la
perte d'unités disponibles, comme en témoigne le nombre élevé de logements
sociaux vacants en raison de rénovations nécessaires. Les investissements dans
la rénovation des habitations à loyer modique doivent être maintenus et étendus
à d'autres types de logements sociaux. De
plus, il est important de protéger le parc de logements existants pour éviter
la vente d'immeubles financés collectivement ou la conversion d'unités à
des fins touristiques.
En conclusion, le projet de loi n° 31 est
une étape positive dans la lutte contre la crise de l'habitation au Québec,
mais il ne peut résoudre tous les problèmes à lui seul. Pour sortir de cette
crise, nous devons augmenter rapidement
l'offre de logements, financer et faciliter la réalisation de logements
sociaux, lever les obstacles à l'accélération des projets résidentiels et
maintenir et entretenir le parc de logements existants. Les municipalités sont
prêtes à jouer leur rôle dans cette démarche, mais elles ont besoin du
soutien et de la collaboration du gouvernement provincial. Ensemble, nous pouvons surmonter cette crise et
assurer un avenir meilleur en matière de logement pour l'ensemble du
Québec. Nous sommes maintenant disponibles pour répondre à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci pour votre exposé. Alors, nous allons débuter les échanges. Alors, la
parole est à Mme la ministre. Bonjour à vous.
Mme Duranceau : Bonjour.
Bonjour, M. Damphousse. Bonjour, Guillaume. Bonjour, je m'excuse, troisième
personne...
Mme Duranceau : Comment?
Mme Duranceau :
Mme Fortin, bon. Désolée. Je m'excuse. Justement, revenons sur les
déclarations de M. Trudeau puis l'objectif du fonds fédéral, puis
peut-être en deux volets. Je pense que l'idée du fonds, c'est que... c'était
d'inciter les municipalités à améliorer leurs procédures puis leurs façons de
faire pour accélérer la livraison de logements. Ça fait
que ça, c'est louable, je pense, comme objectif, là, on le partage tous. Puis
j'aimerais ça vous entendre là-dessus, au niveau très opérationnel, là,
qu'est-ce qui peut être fait, puis, tu sais, il y a le volet des élus, mais il
y a le volet administratif, ça fait qu'on parle de ça.
Puis, quand vous
dites : Il y a 900 millions qui est pris, là, quelque part entre le
fédéral puis le Québec, est-ce que vous avez une idée des conditions qui
étaient imposées par le fédéral relativement à ce 900 millions là? Alors,
la parole est à vous, donc, qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer les
procédures puis...
M. Damphousse
(Martin) : ...oui, bien, en fait, ce qu'on entend, c'est que les
autres municipalités, partout au Canada sauf au Québec, ont accès à leur part.
Et, malheureusement, nous, au Québec, on comprend qu'il y a des enjeux entre
Québec et le Canada, en fonction assurément des conditions imposées et des
fonctions que vous souhaitez probablement assouplir, mais ce volet
administratif là, là, on vous le laisse. On vous dit juste : Trouvez donc
le moyen pour faire en sorte qu'on sorte de cette impasse-là dans les meilleurs
délais, pour que ces sommes accessibles là puissent être disponibles pour
l'ensemble des villes du Québec.
Mme Duranceau :
OK, ça, on s'entend-tu qu'on est sur la même longueur d'onde, là-dessus,
là? C'est ce sur quoi on travaille, mais,
justement, je pense qu'en bout de ligne, si vous aviez le détail de ce que les
villes, les autres villes canadiennes ont comme contraintes, vous comprendriez
mieux, effectivement, la position du Québec là-dedans, là.
Ça fait qu'on pourra
y revenir, ce n'est pas le sujet à l'ordre du jour ce matin, mais, maintenant,
j'aimerais ça vous entendre. Dans le fond, dans l'esprit de ce fonds-là, là,
qui est d'accélérer la livraison d'unités d'habitation au niveau des villes, concrètement, là, tu sais, pas
par rapport au fonds fédéral, mais nous autres, concrètement, au Québec,
qu'est-ce qu'on peut faire là-dessus? On a parlé... puis on en a parlé
ensemble, hein, du comité d'accélération, là, je ne sais pas si vous avez eu le
temps de mijoter ça depuis, s'il y a des choses additionnelles que vous
voudriez ajouter par rapport à ça.
M. Damphousse (Martin) : ...la
création du comité qu'on a parlé en privé, puis, honnêtement...
M. Tremblay était avec moi, on reste convaincus que c'est une bonne
alternative. Puis vous vous souviendrez qu'on donnait même l'exemple plus local
de Blue Bonnets, qui a été un peu inspiré de ce modèle-là.
Si je peux me
permettre de revenir une dernière fois sur le volet du financement fédéral,
c'est en réaction au commentaire de M. Trudeau, qui vient dire :
Pourquoi ça ne bouge pas? C'est à cause des villes. Ça fait que vous
comprendrez que, au Québec, tant que l'argent n'est pas disponible, nonobstant
l'enjeu administratif que vous pouvez avoir avec le fédéral, bien, ce volet-là
n'étant pas réglé, ça ne peut pas être la faute des villes du Québec, parce
qu'on n'a pas accès à cet argent-là. Puis là je ne rentre pas dans les détails
administratifs, je vous les laisse, mais la réalité, c'est que je n'acceptais
pas le commentaire du premier ministre.
Bien, pour
l'accélérateur, honnêtement, on est encore à la même place. On est aussi encore
à la même place avec, peut-être, une formule d'allègement, pour le phénomène
«pas dans ma cour». Puis ce qui est fascinant, c'est de lire... Pas plus tard
que ce matin, on a vu une anecdote, on l'a appelée... le titre, c'était Grâce
à un barbecue, on vient de démêler
l'histoire à Chambly , un projet
exceptionnel. Je connais bien le projet à Chambly, de la mairesse Alexandra,
mais la réalité, c'est qu'un petit groupe de citoyens se sont opposés, ont
réussi à bloquer le projet, ça a amené un an de
retard, et, finalement, c'est l'initiative du promoteur qui a mené à aller
rencontrer ces gens-là, faire un barbecue puis, ensemble, dénouer
l'impasse, mais surtout apaiser les tensions. Mais il n'est pas acceptable, Mme
la ministre, qu'un trop petit groupe de
citoyens, parce qu'ils ne veulent pas de densité à côté de chez eux, aient le
pouvoir de bloquer des projets structurants pour une municipalité.
Mme Duranceau :
Bien, ça, je suis entièrement d'accord avec vous. Ça fait que qu'est-ce que
vous proposez concrètement? Est-ce que vous considérez qu'en ce moment vous
n'avez pas les outils réglementaires ou législatifs pour agir à cet égard-là?
Parce que, là, c'est vraiment au niveau des municipalités, là, ça.
M. Damphousse
(Martin) : Je suis d'accord, mais on a aussi eu un allègement par la
ministre Laforest qui fait en sorte que, si on densifie de 33 %, on n'est
pas sujet à une règle référendaire. Ça va, mais, quand on passe d'un duplex à
un triplex, bien, on comprend qu'on vient d'augmenter de 50 %, puis on
vient juste passer d'un triplex à un triplex... d'un duplex à triplex, ce qui
fait que, bien là, on est pris dans le processus référendaire.
Est-ce qu'on pourrait
élargir la permission d'éviter le référendum? Puis là je ne dis pas de ne pas
informer la population, il reste essentiel
d'informer, mais le milieu municipal serait prêt à assumer de prendre la
chaleur de la modification réglementaire pour faire en sorte qu'on
puisse éviter le «pas dans ma cour» pour faire bloquer, malheureusement, des
projets très structurants pour le milieu municipal.
M. Tremblay
(Guillaume) : Si vous me permettez, M. le Président, il y a aussi,
quelquefois... Dans la LAU, présentement, comme on mentionnait dans notre
énoncé, par exemple, ça peut prendre deux à trois, pratiquement, séances du
conseil ou trois étapes pour modifier des règlements. Ce qu'on vient dire, c'est
possiblement qu'il pourrait y avoir un travail de fait avec le ministère, par
exemple, des Affaires municipales pour nous aider à aller un petit peu plus
rapidement dans tout ce qui s'appelle la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme,
parce que, oui, pour la ville, c'est lourd, puis, oui, à terme, bien, c'est le
promoteur, des fois, qui n'a pas, justement, son permis à temps ou assez
rapidement.
Et, de l'autre côté, il
faut aussi concevoir, comme on mentionnait aussi, que, présentement, en 2023,
c'est 50 % de moins de demandes de permis de construction qu'on a eues
l'année dernière. Donc, oui, il y a une réalité avec les villes, ça peut être
un peu long, puis on le dit dans notre rapport, on a aussi des façons de faire,
on a mis de l'avant des comités de bonnes
pratiques, on veut... mais on veut venir aider, justement, les municipalités
qui ont besoin d'aide, on va être
présent, on va répondre à l'appel, mais, de l'autre côté, il y a aussi la
réalité du marché présentement : c'est 50 % de moins de
demandes de permis que les années précédentes.
Mme Duranceau : OK. Bien, je
vous entends, là, sur la LAU, là, on va continuer de travailler là-dessus.
J'aimerais ça vous entendre concernant votre
recommandation n° 3, où vous dites : Bien, les villes devraient être
mandataires des programmes du gouvernement du Québec en matière d'habitation.
Puis je vous ai déjà un peu exposé le fait
que... en tout cas, je ne sais plus si c'est à vous que je l'ai exposé, là,
mais qu'on avait été un peu, peut-être, échaudés à cet égard-là, à
l'égard de l'ancien programme, là, AccèsLogis. Comment vous voyez ça? Comment
ça pourrait se réaliser puis comment on évite les bloquants qu'on a connus dans
l'ancien régime?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
clairement, vous savez que, comme l'UMQ, c'est des demandes qui viennent de nos
membres en tant que tels. Il y a des villes qui font la demande, de plus en
plus, d'être mandataires. Pour nous, c'est une demande centrale, une demande
importante de notre mémoire en tant que tel. Maintenant, sur la faisabilité, la
façon de faire, je pourrais peut-être laisser la parole à notre... Je ne sais
pas si vous avez quelque chose à rajouter au niveau technique, en tant que tel,
sur le sujet, Valérie.
Mme Fortin (Valérie) : Bien,
peut-être, là, je pourrais simplement ajouter que, tu sais, tel que mentionné,
là, par mes collègues, tu sais, évidemment, on sait qu'on doit optimiser nos
façons de faire, c'est en chantier, l'UMQ est très mobilisée, là-dessus, à
accompagner ses membres. Donc, j'irais dans le sens de... Je comprends les
blocages que vous évoquiez... l'expérience que vous avez eue, on est tous
conscients qu'on doit améliorer nos façons de faire, mais une plus grande
autonomie à ce niveau-là, c'est certain que ça demeure une demande.
Mme Duranceau : OK. Parce que
garantir de l'argent dans une ville, si le projet n'est pas prêt à partir, on s'entend que je vais geler de l'argent quelque
part alors que, peut-être, ailleurs, je suis prête à aller de l'avant, là. Il y
a quelque chose à regarder là, pour ne pas... éviter, justement... En
tout cas, il faut que les sommes soient déployées le plus rapidement possible,
mais moi, sur le concept, que ce soit une ville, que ce soit un organisme, dans
la mesure où on est prêt à lever de terre, je pense que je peux être ouverte à
ça, là, mais...
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
on est tous à la même place là-dessus, tu sais, possiblement, de mettre des
délais. Je pense qu'il y a quelque chose d'intéressant qu'on peut voir, mais,
clairement, pour nous, pour certains de nos membres, bien, c'est quelque chose
d'important, de pouvoir avoir la faisabilité d'être une ville mandataire.
Mme Duranceau : OK. À définir.
À définir, disons. OK. L'autre point... Bien, je ne veux pas revenir nécessairement aux 900 millions, là, mais,
justement, dans les projets d'habitation, c'est une chose, d'être mandataire,
mais, de votre point de vue, la contribution
des villes, la contribution financière des villes, ça devrait être quoi?
Dites-moi pas «le plus bas possible», là.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
vous nous demandez... la contribution financière des villes?
Mme Duranceau : Dans un montage
financier, oui.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais que, dans...
Mme Duranceau : Tu sais,
actuellement, on voit que, dans AccèsLogis, il y avait comme... on était à
x %, dans le PHAQ, on était à 40 %. Tu sais, quand on est mandataire,
justement, il y a une contribution, aussi, de la part des villes, présumément,
là. Qu'est-ce que vous avez en tête comme contribution?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, je n'ai pas tant de montant ni de pourcentage, mais ce que je peux
vous assurer, c'est qu'on peut assurément compter sur la contribution des
villes. Pour les logements sociaux, si on en demande autant, je vous dirais que
la prémisse, c'est assurément le terrain puis, très souvent, c'est des
conditions favorables, comme... Par exemple, parce qu'au fond c'est un projet
que je peux vous parler personnellement, parce que c'est un sujet qui a été discuté sur le conseil, à Varennes, c'est
même de permettre un allègement de taxation sur les 35 prochaines
années pour s'assurer qu'on ne charge pas de taxes en plus d'offrir le terrain.
Je suis... J'ai pratiquement la certitude, Mme la ministre, que la grande
majorité des villes, pour du logement social, seraient tout à fait disposées à
alléger le fardeau fiscal de la taxation pour donner un très grand coup de main
là-dessus.
Mme Duranceau : OK. L'autre
question, je pense que c'était évoqué dans votre mémoire aussi... Le projet de
loi n° 16, là, de ma collègue Andrée Laforest, parlait de zonage
incitatif, OK, puis je pense que vous, vous revenez sur la notion de zonage
différencié, ça fait que... Est-ce que vous pouvez me parler un peu de ça puis
pourquoi vous considérez que le zonage incitatif, ce n'est pas assez, ce qui
est proposé actuellement?
Mme Fortin
(Valérie) : Zonage incitatif. Écoutez, je vais devoir vous revenir
là-dessus plus précisément, là, je suis désolée. Dans le cadre du projet de loi
n° 31, on s'est intéressés à d'autres aspects. Donc, je me prends une
note, là, de vous revenir.
Mme Duranceau : Je
m'excuse. Peut-être que c'est un autre groupe, là, qui le soulevait, mais OK,
on... Pardon?
M. Damphousse (Martin) : On va
vous revenir, Mme la ministre, sur... parce que c'est...
Mme Duranceau : Oui,
excusez-moi, c'est peut-être plus la CMM puis la ville de Montréal qui
soulevaient ça. OK. Je pense que j'ai une collègue qui aurait une
question à vous poser.
Mme Jeannotte : Bien, moi,
j'aimerais que vous précisiez... Peut-être revenir sur la question d'être
mandataire. Jusqu'où ça irait, administrativement parlant? Pourriez-vous donner
des exemples concrets, là, comment vous
verriez ça si, demain matin, on décidait, là, que les villes seraient
mandataires pour gérer... Ce que vous demandez, dans le fond, là,
pourriez-vous donner un exemple concret?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
écoutez, vous le savez, présentement, la ville de Montréal, la ville de Québec,
la ville de Gatineau sont des villes mandataires. Moi, je pense qu'il faut voir
comme très positivement que les villes du Québec veulent en faire un peu plus.
C'est un peu, dans le fond, le même pouvoir qu'on demande, que certaines villes
demandent. Donc, ce ne serait pas nécessairement l'ensemble des villes du
Québec, mais les villes qui font la demande veulent s'impliquer encore plus
positivement dans le logement. On l'a vu, la semaine dernière, avec tout le
rassemblement qu'on a eu sur l'itinérance. Je pense que vous voyez que le monde
municipal... de dire : On se prend en
main, on veut aider, on veut être des collaborateurs au niveau du développement
de logements, en tant que tel, mais ce qu'on veut, c'est de faire
partie
intégrante du choix, des choix, justement, des lieux, des endroits, des
endroits stratégiques qui pourraient être construits.
Donc, pour que ce soit clair, ce n'est pas
l'ensemble des villes du Québec qui demandent ça. Vous avez certains de nos
membres qui disent que, selon eux, des fois, parce qu'ils ont, par exemple, un
service à l'intérieur de leurs villes... Donc, des fois, c'est des plus grandes
villes, des plus grosses villes qui demandent ça. Bien, clairement on veut prendre notre responsabilité, puis, pour
nous, on veut faire
partie intégrante de la solution en matière de logement.
Mme Jeannotte : D'accord.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Jeannotte : Oui, ça va. Ça va.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui, dernier
point. Il me reste toujours du temps encore, oui? Le projet de loi n° 17,
concernant la Régie du bâtiment puis le fardeau administratif qui est transféré
aux villes, pouvez-vous m'en parler un peu? Parce que je voudrais être sûre de
bien comprendre puis de vous aider là-dessus.
Mme Fortin (Valérie) : Je ne
rentrerai pas dans trop de détails, mais, en gros, c'est que ça ouvre une
possibilité, en fait, qu'une certaine
partie des responsabilités soit
transférée aux villes. Donc, nous, ce qu'on fait, c'est soulever un peu cette
inquiétude-là puis les impacts que ça aurait pour les municipalités. Donc, ça
pourrait être possiblement très difficile, là, d'avoir la main-d'oeuvre
spécialisée pour prendre en charge une
partie de ce que la RBQ faisait. Donc,
c'est plutôt une... C'est ça, on soulève une inquiétude.
M. Tremblay (Guillaume) : Donc,
on y mentionnait, à l'intérieur, que la Régie du bâtiment du Québec pourrait
obliger les municipalités à s'assurer de toute la qualité au niveau de la
construction. Nous, ce qu'on dit, c'est que, présentement, on n'a pas cette
main-d'oeuvre-là. Et on parle de rapidité de livraison de permis, de livraison
de projets. Vous allez comprendre que, si on
se doit d'embaucher encore du personnel, on vit la même réalité terrain que
vous au niveau du personnel en tant que tel. Donc, nous, on pense que cette
responsabilité doit rester à la Régie du bâtiment du Québec.
Mme Duranceau : OK.
Puis, ça, on parlait de... pour les inspections pour des immeubles de moins de
x nombre d'unités, c'est ça?
M. Tremblay (Guillaume) : Écoutez,
vous dire exactement... Nous, ce n'était pas nécessairement clair, là, comment
que c'était écrit dans le projet de loi en tant que tel. On voyait juste une
brèche, une certaine brèche puis on disait : Est-ce
que ça va être une étape de plus dans la construction pour les municipalités?
Notre objectif à nous, comme vous, c'est de
livrer rapidement des projets, puis on veut travailler, bien sûr, en
collaboration avec vous. C'est pour ça qu'on lève le drapeau aujourd'hui
en disant : Juste vous assurer, s'il vous plaît, avec votre collègue
ministre que ce n'est pas un nouveau fardeau qu'on va obliger les villes...
parce qu'on veut collaborer, on veut aller beaucoup plus rapidement, mais on
vous demande surtout de ne pas avoir de nouvelle responsabilité sans avoir
nécessairement le financement qui vient avec.
Mme Duranceau : OK.
Puis, à l'égard de l'émission des permis puis du délai pour émettre les permis,
avez-vous connaissance de certaines municipalités qui se sont imposé des
délais, justement, avec des conséquences, si ça... se sont auto-imposé des
délais?
Le Président (M. Schneeberger) : 15 secondes.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, l'imposition de délais, avec des conséquences, est complexe à mettre
en place. Par contre, ce dont moi, j'ai entendu parler, parce que je viens de
terminer une tournée, vous le savez, là, je
termine aujourd'hui même l'ensemble des caucus, c'est qu'il y a une volonté
ferme de l'ensemble des municipalités de faire des efforts importants
pour réduire les délais d'émission des permis.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. Mme
la députée de Mille-Îles, vous avez 12 min 23 s.
Mme Dufour : Dans... Merci,
M. Damphousse, M. Tremblay, Mme Fortin, pour votre exposé. Je
voudrais peut-être revenir sur ville mandataire pour aller dans la même...
continuer sur le sujet. À l'époque, lorsque j'étais à la ville de Laval, être
ville mandataire, ça nous donnait l'occasion d'avoir des unités réservées dans
AccèsLogis. Donc, les villes qui étaient les trois villes mandataires du Québec
avaient des unités réservées. C'est pour ça que d'autres villes, dont Laval,
Longueuil, demandaient à être aussi villes mandataires, pour avoir des unités,
mais, aujourd'hui, compte tenu qu'il y a plus d'unités, avec le PHAQ, qui sont
réservées... et, d'ailleurs, c'était un des éléments que la ville de Montréal
soulignait, qu'ils ont été très loin du nombre d'unités qu'ils se seraient
attendus à recevoir, compte tenu des unités émises dans le PHAQ, qu'est-ce
qu'aujourd'hui ça représente, être ville mandataire, pour Montréal, Québec,
Gatineau, s'ils n'ont plus d'unité réservée pour eux?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
je vous dirais que le principe de ville mandataire, c'est d'assurer une
meilleure autonomie du milieu municipal, parce que, je vous dirais, ce que j'ai
observé aussi... et je reviens à ma tournée, parce que j'entends parler
beaucoup de logement social depuis un bon bout de temps, j'entends parler beaucoup d'OMH. On le sait, on a des OMH qui sont
performants, qui vont bien, on a des OMH où c'est plus compliqué, c'est plus
lourd. Dans ce temps-là, la création des logements abordables, logements
sociaux... bien, ils sont tributaires de ces organismes-là. Et, quand on
vient nous apostropher au conseil de ville puis on nous dit : OK, mais
c'est donc bien long, les logements sociaux, ça ne fonctionne pas, ça ne lève
pas de terre, puis, quand on n'a pas le contrôle,
le milieu municipal, de cette construction-là, de ce développement-là, puis que
c'est relégué à des OMH, bien, c'est là où ça devient plus compliqué. Le jour
où Varennes, Mascouche et d'autres municipalités qui le souhaiteraient
deviendraient mandataires, on est tributaire de la lenteur ou de l'accélération
des projets, donc on devient beaucoup plus responsable et répondant de ça.
Donc, à partir du moment où on est prêt à offrir
des terrains, on est prêt à offrir des crédits de taxe, à additionner
l'ensemble des conditions favorables dans des secteurs spécifiques, bien, ça
fait en sorte qu'on peut être beaucoup mieux positionné pour accélérer les
projets en étant mandataire.
Mme Dufour : Parfait. Je
comprends. Par contre, avec le PHAQ, vous le mentionniez, là, qu'il n'y a plus
la... dans le fond, les villes ne participent plus à l'identification des
projets retenus. AccèsLogis, les villes étaient
partie prenante. Et là, dans le
PHAQ, c'est... dans le fond, on ne sait pas trop comment sont choisis les
critères... les projets, qu'est-ce qui détermine qu'une ville reçoit des
projets ou pas. Et donc, donc, ça, est-ce que c'est un élément qui, pour vous, serait important qu'il revienne?
De ce que je comprends, c'est ce que vous souhaitez, là, que les villes
puissent... puissent, disons, être un peu plus
partie prenante du choix des
projets retenus.
M. Damphousse
(Martin) : Honnêtement, je vois... Bien sûr que, dans un
monde idéal, ce serait le fun de savoir et d'influencer même le choix des projets,
mais la réalité, c'est que, dans n'importe quel programme de subvention,
que ça soit sportif, que ce soit primo, que ce soit le tech, bien, l'ensemble
des villes, on dépose des projets puis on se croise les doigts d'être retenues.
Dans les infrastructures sportives, bien, on est
dans l'attente, en fonction du 300 millions qui est là, mais c'est le même
principe. Les projets sont développés, puis on est confiant que le choix qui
est fait est en fonction de la qualité des projets. Ils ont des critères, et on
est en attente du choix final. Mais, honnêtement, je vois mal comment on puisse
décider, là. Il n'y en a pas pour tout le monde, donc, il y a des choix qui
doivent se faire.
Mme Dufour : Tout
à fait. Mais je me référais à votre mémoire, où vous disiez : «Le
programme AccèsLogis permettait aux
municipalités de contribuer à l'identification des projets retenus sur leur
territoire. Or, le PHAQ n'offre pas cette
possibilité et se prive ainsi d'un précieux apport pour mieux cibler les
besoins locaux.» Donc, je me référais vraiment à votre mémoire, là. Donc,
j'essaie juste de comprendre à quoi vous faisiez référence.
M. Damphousse
(Martin) : ...va vous donner des précisions là-dessus.
Mme Fortin
(Valérie) : Oui, bien, c'est ça, tout à fait. Donc, pour compléter,
là, ce qui a été dit, là, on peut simplement dire, donc, tel que décrit dans le
mémoire, dans le temps d'AccèsLogis, il y avait vraiment une plus grande
implication de la municipalité dans les projets qui étaient retenus. Dans le
cadre du PHAQ, c'est simplement une information, donc il n'y a pas de
possibilité de la municipalité de s'impliquer.
Dans certains
contextes, ce qu'on nous rapporte, c'est que ça pourrait... Une meilleure
implication de la municipalité, tel que c'était le cas dans AccèsLogis, permet
peut-être de mieux arrimer, entre autres, peut-être au développement
territorial ou à différents besoins sur le territoire qui rejoignent les
compétences des municipalités dans l'aménagement du territoire ou la
planification. Donc, c'est un peu dans ce sens-là, ce que vous soulevez.
M. Tremblay
(Guillaume) : Des exemples concrets, là, des fois, par exemple, quand
vous avez de la place pour tout ce qui s'appelle tuyaux, donc, au niveau des
infrastructures, des fois, on peut travailler avec les groupes, dire :
Voici, il y a plus de places dans nos infrastructures à telle place, telle
place versus d'autres endroits. Donc, je pense que c'est intéressant que le
milieu municipal fasse
partie importante, là, de ces choix-là.
Mme Dufour :
Parfait. Merci. J'ai noté, tout au long du mémoire et de votre allocution,
que vous faisiez vraiment référence au logement social et non pas au logement
abordable. Je trouvais que c'était intéressant. Ce qu'on voit, par contre, c'est plus des projets. On voit
de plus en plus de projets abordables et de moins en moins de logements
sociaux. Est-ce que c'est quelque chose... Parce que, dans vos recommandations,
là, vous demandez 4 500 logements sociaux
par année, le maintien d'un programme de logements sociaux, donc, vous vous
parlez beaucoup de ça. Donc, pour vous, c'est vraiment différent,
logement social, de logement abordable?
M. Tremblay
(Guillaume) : Pour nous, ce qui est clair, c'est que c'est un...
excusez-moi l'expression très anglaise, mais
un melting-pot de toutes les solutions, hein? Donc, pour nous, c'est important,
oui, du logement social, du logement abordable. Tantôt, mon collègue
parlait des projets qui étaient mis de l'avant avec Desjardins, avec la FTQ. Il faut savoir aussi qu'il y a plusieurs OMH
qui participent, justement, au programme PHAQ, donc, qui peuvent avoir
des subventions.
Donc, nous, ce qu'on
dit aujourd'hui : Mettez-nous de l'avant l'ensemble des idées possibles
pour pouvoir, justement, faire du logement, mais, oui, le logement social en
fait
partie puis c'est important, pour nos concitoyens et concitoyennes,
d'avoir eu du logement social, mais ça prend vraiment des idées et des idées
dans toutes les sphères des possibilités.
M. Damphousse
(Martin) : Si je peux me permettre un complément d'information, si,
dans notre mémoire et à la lecture de notre mémoire, vous avez vraiment eu
l'impression qu'on axait principalement, sinon uniquement, vers le logement social, bien, c'est probablement
une erreur, parce qu'honnêtement la réalité... Que ce soit du logement social, que ce soit du logement abordable, que ce
soit du logement, des appartements, des condos, honnêtement, toute forme
de porte, aujourd'hui, est nécessaire partout.
Mme Dufour :
Parfait. Peut-être vous amener sur les allègements que vous aimeriez voir
pour les offices municipaux. Vous parliez
notamment du processus d'appel d'offres pour l'octroi de contrats. Est-ce qu'il
y aurait moyen d'être un peu plus précis dans les allègements qu'on
voudrait voir pour les offices municipaux?
M. Tremblay
(Guillaume) : Oui. Écoutez, je vais y aller de façon très précise, je
vais y aller avec un exemple superconcret. Donc, vous avez, par exemple, des
OMH, présentement, qui sont obligés... parce que vous savez que les OMH ont
pratiquement les mêmes réglementations que les villes, en tant que tel, on est
présentement en pénurie de logements. Et là, par exemple, je vais donner un
exemple de chez nous, on cède un terrain, on est prêt à partir en développement
d'un projet. Cependant, bien, l'OMH, avec le Fonds, par exemple, Desjardins, je
peux vous dire que c'est très lourd, faire tous les appels d'offres pour faire
les inspections au niveau du sol. Des fois, Desjardins a aussi des promoteurs
rapides avec qui ils sont prêts à travailler, qui ont négocié des prix
intéressants pour que nos citoyens puissent savoir rapidement. Mais ils sont
tous obligés d'aller en appel d'offres, puis là on est obligé, pratiquement, de
créer des OBNL pour aller... pour aller plus rapidement. Ça, des fois, c'est
des délais de quatre, cinq, six mois, là, pour la création des OBNL.
D'ailleurs, je pense
que, dans votre passé, quand vous étiez à Laval, vous aviez créé aussi un OBNL
de la sorte. Donc, bien là, si chacune des villes au Québec, on est obligé de
faire ça, vous allez comprendre que c'est des délais encore importants. Nous,
on est collaborateurs, on veut travailler avec nos offices, on veut faire du
logement social. Cependant, les délais sont
beaucoup plus importants que le privé, qui peuvent aller super rapidement.
Donc, le message qu'on dit aujourd'hui au gouvernement du Québec,
c'est : Aidez-nous à trouver des solutions pour répondre à cette
demande-là, parce que, oui, on veut aller vitesse grand V, mais on ne peut pas
faire ça seul, selon la loi telle qu'elle est présentement.
Mme Dufour : Merci
de la précision. Effectivement, quand on va en appel d'offres, là, c'est
rarement en bas de six mois pour un grand contrat, puis ça, c'est si on a des
soumissionnaires, si ça respecte le budget, parce que, après ça, ça peut être
encore plus long. Donc, c'est un enjeu. Et c'est, d'ailleurs, pour ça que
plusieurs villes développent en maîtrise d'oeuvre privée pour aller plus vite
et ensuite les rues sont cédées aux municipalités. Donc, je pense que, Mme la ministre, on pourra
travailler quelque chose pour peut-être accélérer certains éléments là-dessus.
Peut-être, je voudrais vous entendre,
brièvement, là... bien, en terminant, là, sur l'enjeu de l'hébergement touristique, vous parlez de la procédure
d'approbation particulière qui, là, est en cours présentement. On voit
beaucoup, beaucoup de nouvelles régionales, là, il y en a qui vont en
consultation là-dessus, et il y a des contestations. Mais ça prend, si je me rappelle bien, là, ça prend la
moitié moins de signatures pour bloquer un projet, en fait, qui empêcherait
l'hébergement touristique, alors que, déjà, on dit que c'est trop lourd
actuellement, puis que ça ne prend déjà pas assez de signatures pour bloquer
des projets. Donc, peut-être vous entendre un peu plus là-dessus.
M. Tremblay (Guillaume) : Je
vais laisser la parole... Parce que, tantôt, on s'était dit, si on avait cette
question-là, c'est très technique, mais juste vous dire que, présentement,
c'est les délais, donc, les délais, c'est très long, puis ça peut être très
fastidieux de tout faire ces étapes-là. Puis, vu que c'est très technique, je
vais céder la parole à Valérie, là, qui va pouvoir renchérir. Allez-y.
Mme Fortin (Valérie) : Oui,
bien, en fait, c'est ça, l'idée, c'est que l'hébergement touristique peut
menacer, en fait, les logements existants sur le marché, donc, les rendre
indisponibles, là, à la population. C'est vraiment l'idée de base qui sous-tend un peu ça. Donc, certaines
municipalités souhaitaient réglementer plus précisément la permission pour les propriétaires... bien, en fait, pour, peu
importe, là, pour les personnes, là, de louer de l'hébergement touristique
dans leur résidence principale. Le mécanisme
qui était prévu initialement pour ça était très, très lourd, donc, équivalait,
pratiquement, à tenir des élections, là, tu sais, en termes d'organisation, là.
Donc, nous,
ce qu'on plaidait, c'était en faveur d'un mécanisme moins lourd, pour permettre
aux municipalités qui le souhaitent de réglementer plus facilement cet
aspect-là, pour les municipalités qui auraient des enjeux plus grands, là, puis
toujours dans une idée d'éviter la perte de logements. Donc, je résumerais
comme ça. Je ne sais pas si ça répond à votre question.
Mme Dufour : Bien, est-ce qu'à
ce moment-là le processus de consultation de zonage ordinaire aurait pu le
faire en attendant qu'il soit révisé, bien entendu, là?
Mme Fortin (Valérie) : ...oui,
c'est ça. En fait, ce qui était souhaité, c'était la procédure ordinaire qui s'applique et non une procédure extraordinaire qui
là était de l'ampleur, là... Donc, tout à fait, c'est ce que vous dites, oui.
Mme Dufour : Parfait. Bien,
écoutez, je l'ai déjà souligné lors des travaux du PL n° 16.
C'est souhaitable que le processus de consultation de zonage soit révisé
entièrement.
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
Mme Dufour : Donc, on va
travailler là-dessus avec le gouvernement. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
la parole est au député de Laurier-Dorion pour un temps de
4 min 08 s.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Damphousse, M. Tremblay et Mme Fortin.
Écoutez, je voudrais aller immédiatement du côté de certains chiffres que vous
avez mentionnés, donc, des objectifs ou des visées, là, en termes de
construction de logements. Vous avez parlé de 4 500 logements sociaux
et 13 000 logements abordables, et donc pour... et il y a un
objectif... en tout cas, un besoin, là, de 78 000 logements, d'ici
2030, pour absorber le déficit de l'offre.
Tout d'abord, vous dites dans votre mémoire que
vous souhaitez la continuité et le maintien d'un programme visant la création
de logements sociaux en complément d'un programme visant la création de
logements abordables. Je suppose que les 4 500 et les
13 000 logements que vous mentionnez, c'est en plus de ce qui se fait
maintenant, d'une part, et est-ce que... Vous appelez, dans votre mémoire,
carrément à continuer des efforts de construction de logements sociaux...
peut-être par AccèsLogis ou un autre problème, là, le véhicule est moins
important ici, là, mais c'est la construction, carrément, des logements
sociaux, en plus de ce qui se fait maintenant?
M. Damphousse (Martin) : La
réponse, c'est oui. Et ce qu'on observe, si on fait juste un parallèle entre
l'émission des permis de construction entre 2022 et 2023, ce qu'on est en
mesure d'observer, c'est qu'en 2022 on avait identifié que ça prenait plus de
logements, on identifiait à... 78 000 logements de plus, mais par rapport
à ce qui se faisait normalement. Mais là, en 2023, on a déjà constaté,
l'ensemble du milieu municipal, qu'on émet aujourd'hui 50 % moins de
permis de construction que la base qu'on souhaitait, mais on en a besoin de
plus. Donc, vous aurez compris que l'écart se creuse davantage.
Donc, quand je mentionnais tantôt à vous tous
qu'il est important qu'on travaille ensemble, parce qu'il faut trouver... En
fait, c'est multifactoriel, donc, il faut trouver une panoplie de solutions
pour être capable d'y arriver. Mais ce sont les chiffres de la SCHL, le nombre de logements sociaux.
Puis on regarde l'effet de l'itinérance, là, il y a un lien direct avec
le manque de logements, avec l'abordabilité. La progression de l'itinérance est
fulgurante en ce moment. Donc, ces données-là sont tout à fait valables puis
ils viennent de la SCHL, principalement.
M. Fontecilla : Merci beaucoup,
là. Dans votre recommandation n° 2, vous appelez
à créer un fonds visant le développement de l'offre de logements locatifs
privés hors marché par la mise en avant des modèles alternatifs, là.
J'aimerais... Dans votre esprit, là, qu'est-ce que c'est, des logements
locatifs privés hors marché? Est-ce que c'est du logement social? Est-ce que
c'est du logement abordable? Quels sont les modèles alternatifs, là, que vous
envisagez?
Mme Fortin (Valérie) : Oui.
Donc, je vais prendre la réponse. Donc, on parle, entre autres, de projets
comme ceux de l'UTILE, qui fait du logement étudiant. Donc, c'est vraiment des
modèles alternatifs, ça innove par rapport à
ce qui se faisait auparavant, mais ça répond à certains besoins. Puis, tel que
décrit auparavant, on a vraiment besoin
d'un éventail, d'une diversité de logements pour répondre à l'ensemble des
besoins. Donc, ce type de fonds là, pour financer des projets comme l'UTILE,
Interloge, Plancher, c'est des exemples, là, de modèles alternatifs, là, de
logements qui répondent aux...
M. Tremblay (Guillaume) : Qui
fonctionnent bien.
Mme Fortin (Valérie) : Voilà.
M. Fontecilla : Hors marché,
qu'est-ce que ça veut dire exactement? Ça n'appartient pas à un promoteur
privé, une compagnie ou un particulier, mais ça appartient, par exemple, à des
OSBL, un office d'habitation? Quelle est la forme de propriété, là, que vous
envisagez?
Mme Fortin (Valérie) : Oui,
bien, c'est des propriétés, en fait, qui ne sont pas soumises, là, au marché
spéculatif. Donc, c'est pour ça qu'on dit hors marché, donc, qui vont moins
subir, là, les hausses, les fluctuations du marché, ainsi mieux protégées, puis
avec une meilleure abordabilité pérenne, en fait, là, à plus long terme. Donc,
c'est ça qui est entendu...
M. Damphousse (Martin) : Et, si
je peux me permettre une précision, parce qu'on a parlé du programme de l'organisme UTILE, en fait, c'est un OBNL qui a
été créé pour du logement étudiant. Donc, ce contexte-là, étonnamment,
quand on le lit, quand on apprend ce qu'ils réussissent à faire, c'est pour ça
qu'on dit que c'est hors marché. C'est un OBNL,
ce n'est pas une entreprise qui est là pour faire de l'argent auprès de ses
actionnaires. C'est vraiment une mission qu'ils se sont donnée pour
répondre aux besoins des étudiants, et ça fonctionne. On n'en a pas beaucoup
encore de ce genre-là, mais c'est
probablement à explorer et à pousser et mettre de l'avant, surtout dans des
milieux très universitaires. Je pense à Sherbrooke, à Montréal, Québec,
Trois-Rivières, donc, c'est des endroits où ça répondait vraiment à un
besoin.
Président (M. Schneeberger) : Merci. Merci beaucoup. Votre temps était écoulé
depuis presque une minute, mais je vous laissais aller parce que pour...
par politesse, pour répondre à la question. Alors, merci beaucoup pour votre
représentation.
Nous allons suspendre maintenant quelques
instants pour... en attendant l'autre prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 47)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
on reprend les travaux. Alors, nous allons débuter maintenant avec Me Searle. Alors, Me Searle, vous avez
10 minutes pour vous présenter et présenter votre mémoire, et, par la
suite, il y aura une période d'échange avec les députés. Alors, la
parole est à vous.
M. Searle
(David) : Merci beaucoup, M. le Président. Merci. Bonjour,
Mme la ministre, Mmes, MM. les députés, et je salue également M. le président
du Tribunal administratif du logement. C'est un grand privilège et honneur
d'être ici. J'ai énormément de respect pour votre travail à tous et à toutes.
Donc, sans plus tarder, qui suis-je? Donc, mon nom, c'est David Searle. Je suis
avocat et chargé de cours en droit du logement. Je travaille depuis environ
neuf ans dans des organismes communautaires
dans le domaine juridique. On parle beaucoup de logement, vous pouvez vous en
douter.
Donc, le droit du logement, en soi, c'est un
domaine qui est excessivement important, on parle de droits fondamentaux, mais malheureusement très peu
étudié. Il y a beaucoup de mésinformation dans le domaine, et donc ça mène à
beaucoup de mauvaise compréhension. C'est une des raisons que j'ai lancées,
l'année dernière, justicedecodee.com. Donc, c'est un outil dans lequel
on publie des recherches étudiantes en droit du logement, puis avec l'objectif
de faire disséminer des recherches qui mettent... qui vulgarisent l'État du
droit actuellement, en matière du logement au Québec, ce qui ne se fait pas
assez souvent.
Donc, par rapport au
projet de loi, je vais vous entretenir, en partant, par rapport aux deux sujets
qui, disons, avantagent ou désavantagent les
locataires et les propriétaires ou locateurs, je pense, je vais essayer de dire
«propriétaires». Donc, en partant, le
projet de loi attaque le sujet des évictions. Donc, à
titre de rappel, bien,
les reprises, c'est peut-être M.,
Mme baby-boomer qui vient faire venir maman, papa, enfants chez eux, doit
faire partir un locataire. Tandis qu'éviction, c'est, par exemple, un...
qui décide de faire partir un locataire pour créer un bureau, par exemple.
Donc, point de vue valeur sociétale, on peut comprendre que la reprise a plus
de valeur. Je trouve, c'est vraiment très juste, les mesures qui sont proposées en matière d'éviction par le
gouvernement. Étant donné qu'on vient donner, dans le fond, un coût plus
élevé pour l'éviction que pour la reprise, je pense qu'on a frappé juste.
Je ne suis pas d'accord... Et j'ai beaucoup de
plaisir à écouter les autres présentations des autres membres, là, ici, à cette
place, mais je ne suis pas d'accord avec l'APCHQ qu'on devrait changer la
proposition à 12 mois. Présentement, on a mentionné que les personnes
pourraient, en temps et lieu, venir chercher plus d'indemnités. C'est déjà le cas. Ils ne le font pas. Donc, c'est... Et
je trouve intéressant que la CORPIQ n'a pas critiqué cette démarche-là, si
je ne m'abuse. Donc, c'est vraiment très intéressant.
En ce qui concerne les cessions de bail, c'est
un sujet qui fait couler beaucoup, beaucoup d'encre. Je ne suis peut-être pas
au diapason avec mes collègues dans le communautaire sur ce sujet. Oui, c'est
certain que c'est une réforme qui viendrait
désavantager des locataires, c'est vrai. Par contre, je pense qu'il y a
beaucoup de méconceptions sur la
finalité de la cession de bail. En particulier, je veux apporter à votre
attention trois cas de figure les plus récurrents. Donc, on a le premier, c'est
les propriétaires qui sont tout à fait à l'aise avec la cession, parce que,
bon, ça leur donne un autre locataire, pas de problème, donc, eux, ils
le permettent, ils ne seront pas affectés par le projet de loi.
Le deuxième cas de figure, c'est les
propriétaires qui détestent les cessions de bail, qui vont s'y opposer coûte que coûte. Ces personnes-là vont refuser
même quand c'est valide. Et qu'est-ce qui arrive? C'est que le locataire,
puis moi, c'est ça que je rencontre à tous les jours, et j'ai oublié de
mentionner, d'ailleurs, que je travaille au centre de justice de proximité. Je
ne parle pas pour le centre de justice de proximité ou l'UQAM, donc, je le
précise. Mais les personnes qui refusent viennent essentiellement rendre
impossible la cession de bail présentement, parce que... On peut avoir un bel
article de loi qui prévoit
que la cession est d'ordre public, mais, si un propriétaire refuse une cession
qui est pourtant justifiée, le candidat cessionnaire, le locataire actuel,
bien, il a... excusez, le cédant a un candidat cessionnaire qui doit habiter
quelque part. Il n'a pas typiquement cinq semaines pour attendre un litige
incertain pour s'aménager quelque part.
Donc, tu sais, d'une part, ce n'est pas un outil
miraculeux, quand il y a des refus faits par les propriétaires qui sont
peut-être non justifiés, souvent, non justifiés, les locataires vont parfois
contourner, c'est leur droit, en faisant vivre la personne chez eux, en
attendant le procès. Et, bon, c'est une façon de faire qui n'est pas ouverte à
beaucoup de personnes.
J'espère que je ne vous perds pas dans les
détails, mais une dernière chose que je veux juste mentionner avec la cession, c'est que ça termine souvent quand,
par exemple, le propriétaire fait rentrer un candidat... c'est-à-dire quand
un locataire fait rentrer un cessionnaire chez lui ou chez elle, le
cessionnaire qui devient locataire est souvent dans une longue série de
conflits avec le propriétaire, qui, lui ou elle, ne voulait pas cette
personne-là, ne veut pas cette personne-là.
Bon. Est-ce qu'il y aurait... vous pourriez me dire qu'on devrait peut-être
corriger ce problème, peut-être, mais tout pour dire que ce n'est pas
non plus la panacée. Et, par contre, comme je le dis dans le mémoire, je pense
qu'on vient retirer un bénéfice aux locataires, et j'aurais tendance à proposer
ou suggérer plutôt à la commission de peut-être maintenir cette réforme-là en
autant que d'autres mesures intéressantes aux locataires soient amenées dans le
projet de loi, qui ne s'y retrouvent pas.
Et le premier, le plus important, et celui que
je tiens le plus à vous parler, là, c'est s'attaquer au problème de... le
problème de sécurité et de salubrité des logements. On a un... Vous connaissez
l'état qui se dégrade du parc locatif, on devrait s'en inquiéter, c'est une
question de santé publique qui affecte la capacité de toutes sortes... Je ne
suis pas médecin, là, mais ça m'inquiète. Et les gens... Dans le fond, ce qu'on
peut voir présentement, c'est que c'est un secret de Polichinelle, les
compensations... puis les locataires peuvent chercher, devant le tribunal, pour
un problème de salubrité, est très bas, est très, très bas. Donc, vous ne vous
imaginerez pas qu'est-ce qu'un locataire pourrait chercher pour un cas de
coquerelles, un cas de punaises qui dure pendant des mois, des années. Et ce
que l'on voit dans le domaine, c'est des propriétaires qui rentrent dans
l'immobilier et qui ne sont pas intéressés, point, à faire des changements dans l'immeuble. Et, financièrement, ils ont
peut-être raison. Je veux dire, ils se font poursuivre, ils ont une ordonnance,
ils vont payer 2 000 $. Mais le... Ce qu'ils disent aux
locataires : Bien, quittez, moi, je vais juste vous remplacer,
c'est tout. Donc... Et le problème, maintenant, c'est qu'avec la crise du
logement... Avant, les locataires, qu'est-ce
qu'ils faisaient, bien, ils quittaient, ils déménageaient, maintenant, ils ne
peuvent plus. On a vu une baisse du nombre des déménagements. Et donc
les gens, ils restent, et ils restent dans des problèmes d'insalubrité. C'est
inquiétant. Donc, moi, ce que je vous proposerais, ce serait d'amener des
dommages punitifs en matière d'insalubrité,
de manques de sécurité qui sont récurrents, qui... on pourrait assimiler à des
cas de taudis, pour venir amener un coût pour les propriétaires dans
cette situation-là, alors que, présentement, il n'y a pas de coût, vraiment.
Et quelque chose que... qui serait bon pour tous
les locataires, ce serait d'anonymiser leur demande au tribunal pour des cas d'insalubrité ou de manque de sécurité.
Présentement, ils sont plusieurs à ne pas faire de demande parce qu'ils
craignent ne pas se faire relouer un logement par après. Parce que, s'ils font
une... s'ils postulent pour un appartement, on voit qu'ils ont ouvert
une demande, c'est un locataire qui dérange, donc on ne leur loue pas. Donc,
c'est vraiment un grand problème. Et on peut le voir dans les statistiques.
Quand on lit le rapport annuel du Tribunal administratif du logement, si on
regarde juste les causes civiles, on exclut, on ne prend pas en compte fixation
de loyer, on ne prend pas en compte le non-paiement de
loyer, ce qui est le nerf de la guerre. Si on ne prend pas en compte ces
mesures-là... Les demandes des locataires qui s'assimilent à des problèmes de
sécurité et insalubrité, là, ça tourne
autour de 8 % seulement des causes civiles au TAL. Donc, les gens ne se
rendent pas au tribunal, et je pense qu'on a à se poser la question
pourquoi.
J'aurais quatre points à couvrir. J'espère
qu'on... je pourrai les couvrir. Mais, sinon, un autre enjeu qui n'est pas
couvert...
Le Président (M. Schneeberger) : Il
vous reste une minute, une minute.
M. Searle (David) : Une minute. OK.
Je vais... Donc, dans le fond, il reste le sujet de la colocation et de la
sous-location.
Donc, la crise du logement, on ne crée pas assez
de logements. Vous le savez, les gens, qu'est-ce qu'ils font, bien, ils
rentrent en colocation, ils rentrent en sous-location. Et la colocation n'est
pas définie au Code civil, et ce qui veut
dire beaucoup d'ambiguïté, beaucoup de détresse aussi. C'est... On a vu,
particulièrement durant la COVID, mais ça va se poursuivre, on a
quelqu'un qui vit chez nous, on veut qu'il parte, bien, ce n'est pas clair si
on peut lui forcer à partir ou pas.
Donc, je vous propose quelques modifications à
amener en matière de colocation, sous-location : distinguer les concepts,
déterminer si on veut vraiment donner le... tu sais, peut-être, la priorité au
locataire, quitte à dire : Le colocataire, sous-locataire, il n'a pas
nécessairement la priorité de rester dans le logement si le locataire veut
rester puis il veut qu'il parte. Donc, ça,
c'est un enjeu que je suis vraiment content de pouvoir amener à votre
attention. Je pense qu'il n'est pas vraiment sur le radar de personne.
Il existe aussi l'enjeu de la reprise du
logement. On en traite un peu indirectement dans le projet de loi. Et je ne
vous en parlerais pas, si ce n'était pas pour une dernière jurisprudence, Aly
c. Gagnon, qui été rendue par la Cour du
Québec, dans laquelle un juge de la Cour du Québec a adopté une interprétation très littérale du Code civil. Et, dans
mon mémoire, je vous dis qu'on cite quatre fois ce jugement, c'est rendu à
10 fois, le jugement a été cité en date d'aujourd'hui. Et on vient dire
que quelqu'un qui a un projet à court terme peut faire partir un locataire.
Donc, un projet... par exemple, bien, j'ai
ma tante qui va être au Canada pendant six mois, je veux qu'elle vive chez
vous, ça, ce sera permis, même si le locataire, il est là depuis
20 ans. Donc, ce n'est pas sur le radar. Moi, j'invite la commission à
réfléchir à la possibilité d'intégrer ce qui a toujours été la jurisprudence,
ou, du moins, qui a été longtemps la jurisprudence du Tribunal administratif du
logement, que de seulement accepter des reprises qui sont... qui ont un
caractère certain et qui... et permanent.
L'avant-dernier point : les rénovictions.
Il y a beaucoup de mésinformation sur la matière, donc je vous propose trois idées pour aider les parties, tant
locataires que propriétaires, à mieux connaître leurs droits, mieux savoir.
Dans le fond, qu'est-ce ce qu'on voit souvent,
c'est qu'un propriétaire achète un bloc, arrive avec ses gros sabots et dit aux
locataires : On rénove, malheureusement, c'est la fin, mais je suis prêt à
vous offrir 4 000 $ pour couvrir vos frais. Et ça peut être très
impressionnant. Ça peut mener à des signatures de quittance où le locataire s'engage
à partir. Et les propriétaires aussi, ils peuvent être mal informés de leurs
droits par leur courtier. Donc, je vous proposerais quelques idées, là, donc,
pour s'assurer qu'à la transmission d'une propriété on informe les locataires
de leur droit au maintien dans les lieux, que de forcer leur départ, c'est
vraiment l'exception, et qu'il doit... on doit respecter des critères assez
spécifiques, donc vraiment d'aller chercher de l'information en cas de doute,
pareillement pour les propriétaires, et également de spécifier, à même le Code
civil, l'état de la jurisprudence, qui prévoit qu'en cas de travaux majeurs les
locataires sont à perte... n'ont aucune perte. Le principe élaboré par le tribunal, c'est de faire en sorte que les
locataires peuvent... doivent partir effectivement pour permettre les travaux,
mais peuvent revenir et ne subiront pas de perte parce que leur
déménagement, leur entreposage est compensé par les propriétaires.
Sinon, le dernier point, bien, tous ces
points-là sont inutiles, si...
Le Président
(M. Schneeberger) : Rapidement, parce que vous êtes déjà trois minutes
sur le temps de la ministre, là.
M. Searle (David) : Oui. Ah! je vous
en prie.
Le Président (M. Schneeberger) : Mais,
allez-y, elle vous le donne, mais rapidement.
M. Searle (David) : Très rapidement.
Tous ces points sont inutiles si on n'investit pas dans le concret. Et ces
droits se décident au Tribunal administratif du logement. On a M. Simard.
Me Simard est le capitaine d'une équipe de tonnerre et mais qui est vastement
sous-financée. Et on parle ici de... Si on compare les petites créances et le
TAL, ce sont deux tribunaux de proximité, le gouvernement a investi, a embauché
des juges, des greffiers spéciaux, à son honneur, mais ce n'est vraiment pas
assez, si on regarde, là, les statistiques. Et surtout les perceptions des
gens, malheureusement, étant donné la vitesse que l'état du financement impose
au tribunal lors des audiences. Bien, moi, je
reçois beaucoup d'insatisfaction et je dois souvent faire la part des choses
avec les gens, dire : Bien, ils essayaient... ils essayaient
d'appliquer la loi, mais... et ça peut mener à des problèmes, là. Parce qu'à la
base c'est l'écoute. Comme vous m'écoutez, bien, c'est l'écoute aussi au
tribunal. Des fois, ça dépasse puis, des fois, c'est long. Donc, il faut
investir.
Président (M. Schneeberger) : Merci, M. Searle.
M. Searle
(David) : Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, on va procéder aux périodes de questions avec
Mme la ministre. Vous avez... Il vous reste un peu plus de 12 minutes.
Mme Duranceau :
...alors, M. Searle, merci beaucoup pour votre mémoire. Comme je vous
le mentionnais tantôt, c'était rafraîchissant à lire, honnêtement.
M. Searle
(David) : Merci.
Mme Duranceau :
C'est... Ce n'est pas peu dire dans le contexte actuel. Non, je trouvais
qu'il y avait de la perspective aussi qui est... à l'égard des différentes
mesures, les pour et les contre. Alors, ça, c'était intéressant.
On va parler de la
cession de bail. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi que le locataire a
toujours la possibilité de céder son bail malgré un refus du propriétaire? Le
refus pur et simple entraîne la résiliation du bail. Donc, le locataire qui
veut quitter... c'est ça, là, l'idée d'une cession de bail, le locataire qui
veut quitter peut toujours quitter, n'est-ce pas?
M. Searle (David) : Dans la mouture actuelle,
c'est effectivement le... la personne pourra quitter, donc elle pourra
être libérée de ses obligations.
Mme Duranceau : Donc, quel droit
est-ce... de quel droit le locataire est-il privé, donc, avec les modifications
proposées?
M. Searle
(David) : Bien, en fait, c'est de deux parts. D'une part, le candidat
pourra se voir... le locataire qui veut partir pourrait avoir plus, peut-être,
de difficulté à trouver des candidats, peut-être, peut-être pas. Ça, ce n'est
peut-être pas le...
Mme Duranceau :
Trouver des candidats pour?
M. Searle
(David) : Bien, c'est-à-dire, si moi, je sais que ma candidature
pourrait être refusée parce que le propriétaire ne veut pas faire une cession,
bien, peut-être, je ne vais même pas appliquer. Donc, peut-être, le locataire
aura plus de difficulté à trouver des candidats.
Mme Duranceau :
Mais le locataire, à la base, ce qu'il veut, c'est quitter, lui. «Right»?
M. Searle
(David) : Oui.
Mme Duranceau : Donc, s'il quitte, ce
qu'il veut, c'est ne plus avoir d'obligations en vertu de son bail. Donc,
un refus du propriétaire et une résiliation du bail, parfait, moi, je suis
libérée de mes obligations.
M. Searle
(David) : Oui. Puis, le plus grand désavantage pour les locataires,
c'est clairement pour les locataires qui rentrent, qui n'auront pas un loyer
qui est facilement protégé et qui est le même. Ça, c'est le plus grand
désavantage pour les locataires.
Mme Duranceau :
Pour le nouveau qui n'était pas
partie au bail.
M. Searle
(David) : Pour le nouveau. Exactement.
Mme Duranceau : Donc, c'est redonner au
suivant avec le bien d'autrui. Est-ce qu'on peut dire ça en ce moment?
M. Searle
(David) : Bien, ce n'est pas... je ne dirais pas... je n'irais
peut-être pas jusque là parce que c'est un peu à... Tu sais, on a... le Code
civil a l'idée de vouloir faire en sorte que les loyers augmentent seulement avec
les critères de fixation. Donc, en fait, techniquement, ça devrait toujours
être le cas, ce que... ce qui est présentement en place et ce qui peut être
fait avec la cession. En pratique, on est d'accord, on ne se mentira pas, ce
n'est pas la réalité sur le terrain, et, je
veux dire, bon, pour le mieux ou pour le pire. Ce n'est pas la réalité,
quand... un locataire qui quitte, le prochain va payer le même loyer. Ce
n'est pas la réalité du tout, là.
Mme Duranceau :
Donc, est-ce qu'il n'y aurait pas une façon de... Dans le fond, la cession
de bail, ce n'est pas ce qui vient régler le problème. Il y a un autre problème
à la source, qui est : au moment du transfert, bon, il y a des
augmentations de loyer qui ne sont pas celles qui seraient souhaitées. Donc, on
ne devrait pas travailler plutôt sur ces augmentations-là?
Searle (David) : Ah! moi, je suis certain que FRAPRU, RCLALQ, tout le
monde serait vraiment content, si on amènerait des mesures pour faciliter la
fixation au même niveau de loyer au départ de l'ancien locataire.
Mme Duranceau :
Ou faire en sorte que les règles présentement applicables soient
appliquées?
M. Searle
(David) : Soient appliquées. La réalité, c'est que c'est très
difficile pour un... Moi, ça m'arrive de rencontrer des gens qui font cette
démarche-là, de faire rebaisser le loyer tel qu'il était dans les 12 mois
précédents, mais ce n'est pas une preuve facile. Il faut être en mesure de
prouver que l'ancien locataire, il payait tel montant. Ce n'est pas le propriétaire
qui va le dire. Donc, c'est assez difficile de porter une telle cause.
Mme Duranceau :
Bien, une clause G remplie, ça te donne l'information.
M. Searle
(David) : Quand elle est remplie, quand on... Donc, admettons, une
clause G remplie. Mais, moi, quand j'ai aménagé mon appartement, il n'était
tout simplement pas rempli. C'est le cas de beaucoup de locataires.
Mme Duranceau :
OK. Donc, on pourrait travailler sur ce volet-là, peut-être.
M. Searle
(David) : On pourrait travailler sur cet élément, absolument.
Mme Duranceau :
OK. Parfait. Donc, ensuite de ça, je voulais vous amener sur les
évacuations temporaires en raison de travaux majeurs. Vous avez
mentionné : Ça doit se faire à coût nul pour les locataires. Mais
peut-être revenir sur les mesures que vous
suggérez pour encadrer ça puis aussi la notion de... tu sais, de reprise pour
soi-même, là, mais dans un contexte plus prévisible, là, ou durable.
M. Searle
(David) : Oui. Donc, quand on parle de travaux majeurs, de... Dans le
fond, on peut légalement forcer le départ
d'un locataire dans le contexte de travaux majeurs, travaux urgents. Donc, par
exemple, ça commence à couler, il faut tout détruire, il faut tout
enlever, et là, ensuite, faire rentrer la personne. Et, ce que la loi prévoit,
c'est que la personne a le droit de re-entrer par la suite.
Présentement,
on parle juste de... le propriétaire doit remettre un avis, incluant
l'indemnité, on ne dit pas c'est quoi, l'indemnité, dans le Code civil,
et on... le locataire a le loisir de contester ou pas. Mais, tu sais, si on se
met dans la peau d'un locataire moyen, il reçoit, il se fait dire : Bien
là, on fait des travaux majeurs, je vous dis que ça va prendre x nombres de mois, sinon années, etc., donc le locataire,
souvent, va juste dire : OK, je prends l'argent, je pars, alors
que... C'est correct, un locataire peut prendre cette décision-là, un
propriétaire peut faire cette offre-là, mais encore,
on viendrait amener une plus grande connaissance des faits en cause, si on dit
aux locataires : Bien, voilà, vous avez droit à être coût neutre
pendant ce déménagement-là, et, encore, de le faire au moment du transfert de
propriété, au moment où beaucoup de rénovictions ont lieu.
Mme Duranceau :
Puis, coût neutre, tu sais, c'est vrai, mais comment on va gérer les
exagérations? Parce qu'il y en a, là, à l'occasion aussi, là, dans l'autre
sens.
M. Searle (David) : Oui. Bien, justement, il
faut des juges au Tribunal
administratif du logement. C'est ça,
leur... C'est ça, les types de causes
qu'on a vulgarisées sur Justice décodée, là, c'est des demandes pour les
déménagements : bien, le
déménagement, c'était trop, non, ce n'était pas assez. Donc, c'est
effectivement comment le juge... C'est déjà prévu.
Mme Duranceau :
Ça fait qu'on se retrouve quand même devant la cour pour ces dossiers-là?
M. Searle
(David) : Oui, exactement. Puis je pense que c'est un des points...
Mme Duranceau :
Il n'y aurait pas moyen d'être comme en amont pour éviter de se retrouver
devant le...
M. Searle
(David) : Oui, justement, c'est, justement, en étant plus clair sur
c'est quoi, les attentes du législateur envers les parties. Donc, si on dit
clairement : Bien, ça, c'est l'état de la jurisprudence, on est d'accord, bien, à ce moment-là, le... on aura moins de
chance d'avoir des conflits, parce qu'on pourra se référer à un texte de loi,
se référer aux vulgarisations du TAL et dire : Bien, écoutez, c'est
supposé d'être coût neutre, et il y aura moins de propriétaires qui refuseront,
plus de locataires qui feront valoir leurs droits, tout dans le cadre qui est
déjà prévu par la loi. C'est juste de rendre le tout plus connu de tous.
Mme Duranceau :
Donc, c'est d'ajouter les éléments de jurisprudence, là, qui sont repris à
maintes reprises dans la législation. C'est ça que vous proposez?
M. Searle
(David) : Exactement.
Mme Duranceau :
OK. OK. Moi, je pense que c'était ça.
Pour ce qui est... Ah! ça, c'est intéressant
aussi, les demandes qui sont... qui pourraient être anonymisées concernant
l'insalubrité, donc ce serait vraiment juste dans ces cas-là, mais ça, ce
serait anonyme, comme ça, il y a... il n'y a rien qui suit le locataire, là, sur...
Mais, par contre, les demandes qui peuvent être introduites par les
propriétaires dans certains cas, s'il y a non-paiement de loyer, ça, on
continue de les...
M. Searle (David) : Exactement ce
que je proposerais.
Mme Duranceau : OK. Puis vous
disiez que ça représente quand même seulement 8 %... Non, au TAL, ça
représente 8 % des...
M. Searle (David) : Causes civiles.
Mme Duranceau : ...des causes.
Mais, ces contextes-là, de... avez-vous, sur le plancher, là, une évaluation de
ce que ça peut représenter?
M. Searle (David) : Bien, on parle
de... Bien, on parle de... dans le Grand Montréal, dans les rapports de la Fondation du Grand Montréal, de 10 % des
logements locataires sont en besoin de grandes, grandes, grandes rénovations.
Donc, pour moi, ça n'a pas de sens qu'il y a
10 % à Montréal seulement, puis on a l'équivalent de, je ne sais pas,
bien, 8 %... j'oublie le chiffre, là, mais... Bref, excusez-moi.
Mme Duranceau : OK. Autour de
ça, là.
M. Searle
(David) : Autour de ça. Voilà. Désolé. Je vais le trouver.
C'est ça, 2 000... 2 000 causes, 2 000 causes,
essentiellement, par année.
Mme Duranceau : Qui se
retrouvent devant le TAL?
M. Searle (David) : Exactement.
Mme Duranceau : Puis il y en a
d'autres qui ne se retrouvent juste pas là pour...
M. Searle (David) : Oui, exactement.
Puis, tu sais, en tant qu'avocat, moi, je tiens beaucoup à l'état de droit. Et c'est vraiment préoccupant pour moi, toutes les
fois où les gens ne se présentent pas au tribunal avec une... En fait,
ce n'est pas que je veux que les gens soient «bellicose», ce n'est pas ça, tu
sais, il n'y a pas un avocat qui veut ça, ou une
avocate. C'est plus si on a des citoyens qui disent : Bien, ça ne vaut pas
la peine, je vais chercher trop peu d'argent, de toute façon, ils sont
ci, ils sont ça, ce qui n'est pas vrai, là, mais bon, c'est un grand problème
pour notre société. Puis ça mène à des choses comme Trump, là, si vous voulez.
Mme Duranceau : Oui. OK. Pour
ce qui est de la colocation, est-ce que vous avez une idée aussi de la... tu
sais, de la proportion ou de l'occurrence de ces situations-là? Parce que ce
que je comprends, c'est qu'actuellement le Code civil couvre peu ça. Ça fait
que c'est un projet en soi, là.
M. Searle (David) : Exactement. Il y
a... On a... Moi, je n'ai pas de donnée là-dessus. Je n'en ai pas vu. J'en... J'aimerais connaître. Mais c'est quelque
chose que moi, je constate... anecdotiquement, que la classe moyenne, de plus
en plus, se retourne vers la colocation, la sous-location. Ce n'est plus juste
les étudiants. Et ça cause beaucoup de souffrance, le fait que ce n'est
pas encadré.
Mme Duranceau : Parce que, là,
ultimement, quelqu'un se retrouve dans un logement, mais il n'a aucun droit.
C'est ça?
M. Searle
(David) : Il n'a aucun droit. Mais le locataire aussi, ce n'est
pas clair, c'est quoi, ses droits vis-à-vis cette personne-là. Donc,
souvent, ce qu'on entend, c'est un locataire qui vient nous voir : Je ne
suis plus capable, je veux qu'il parte. Puis moi, je dois leur dire :
Bien, selon la jurisprudence, il faut qu'il soit violent, il faut qu'il fasse
quelque chose de vraiment pas correct ou encore qu'il ne paie pas, mais ça,
c'est une autre histoire, là, pour que le TAL puisse intervenir, sinon, bien,
vous êtes pris avec.
Mme Duranceau : OK. Puis il y a
une recrudescence de ça dans le contexte actuel. C'était moins vrai il y a x
nombres d'années?
M. Searle
(David) : Je suis un peu jeune pour vous le dire, mais... du
haut de mes trentaines, là... Mais je vous dirais, bien, on peut s'attendre à
ce que ça va s'empirer, là, tant que d'autres mesures ne sont pas mises en
place, là, pour alléger la crise.
Mme Duranceau : OK. OK. Bien,
écoutez, moi, ça répond à mes questions. Merci beaucoup.
M. Searle (David) : Merci beaucoup.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous allons
maintenant du côté de l'opposition officielle. La députée de Mille-Îles. Vous
avez 10 min 24 s.
Mme Dufour :
Excellent. Merci beaucoup, Me Searle. Franchement, un très bel exposé
puis surtout un mémoire très exhaustif, beaucoup, beaucoup de matériel et des
éléments qu'on n'a pas vus dans d'autres mémoires ou dans d'autres
présentations. Donc, merci beaucoup pour votre présence.
Je vais peut-être
revenir sur les cessions de bail. Effectivement, votre position est distincte
de d'autres groupes. Et là je voudrais vous entendre d'abord... Moi, ce que je
comprends, c'est que, dans le fond, les gens ont recours à la cession de bail
surtout parce que la clause G, elle ne fonctionne pas actuellement. Mais est-ce
que vous avez une idée de comment elle pourrait fonctionner? Est-ce qu'une
amende, par exemple, pour non... pour cause de... si elle n'est pas remplie...
Je ne sais pas. Quelle serait votre vision là-dessus?
M. Searle
(David) : Bien, premièrement, merci. Deuxièmement, je vous dirais, il
faudrait... tu sais, si c'est la volonté du législateur, ce serait de mettre en
place un registre des loyers et aussi de rendre ce registre-là... tu sais,
d'avoir une force probante. Parce que moi, je ne suis pas certain que, si on se
réfère au Registre des loyers présentement, que je puisse amener ça en cour
puis convaincre un juge que, bien, parce que c'est écrit 1 000 $, que
c'étaient 1 000 $. Ça ne vaut pas grand-chose, là. Donc, il faudrait
donner une force probante à ça. Mais, encore, il faudrait alors, tu sais, faire
des vérifications pour ce registre-là puis aussi anonymiser aussi... Il y a des
enjeux de vie privée aussi qui est très
important pour le commun des mortels, là, donc, tu sais, il y a cet enjeu-là
aussi, là, de la vie privée.
Mme Dufour :
Oui. Parfait. Mais donc un registre des loyers avec force probante, ce
serait quelque chose, quand même, d'assez compliqué et coûteux à mettre en
place, là. Je comprends, parce que, là, il y a...
M. Searle
(David) : Oupelaïe!
Mme Dufour :
...il y a beaucoup de systèmes. Puis, jusqu'à maintenant, les registres qui
ont été mis en place par nos gouvernements n'ont pas nécessairement toujours
bien fonctionné, là. On parle... Registre des armes à feu. Et je suis désolée
pour le verre que vous avez échappé.
M. Searle
(David) : Bien oui. Je suis désolé pour le verre, surtout.
Mme Dufour :
Donc, voilà. Écoutez, je voudrais savoir si vous avez eu vent de cas de monétisation
de la cession de bail ou de la sous-location, là.
M. Searle (David) : Pas personnellement, mais
on m'en a fait part, effectivement, oui. Puis, tu sais, j'ai une...
bien, tu sais, c'est du ouï-dire, là. Mais donc bref, par la bande, oui.
Mme Dufour :
Est-ce que c'est quelque chose que vous croyez qui devrait être encadré?
M. Searle
(David) : Oui. Je veux dire, c'est... toute financiarisation du
logement, c'est un problème pour la société. Dans le mémoire, je propose que...
On voit, par exemple, des locataires qui sous-louent ou ont des colocs qui paient leur train de vie. Et, tu sais, ça, c'est
un... c'est problématique. Donc, je pense qu'on devrait légiférer contre ça. Idéalement, on veut avoir un marché locatif qui
fonctionne, puis on n'a pas à... tu sais, à s'attaquer à ces problèmes-là, là, mais
pour l'instant, il y a quand même une iniquité, là.
Mme Dufour :
Effectivement. Je voudrais vous entendre sur deux éléments que vous avez
soulignés dans votre mémoire, la représentation devant le TAL et les
30 jours de délai d'appel, qui, maintenant, seraient à partir de la date
de prise de connaissance. Vous étiez favorable aux deux changements qui étaient
proposés. Mais je voudrais juste vous
souligner qu'on a reçu, dans le fond, une lettre du Barreau qui fait partie,
dans le fond, là, des éléments qu'on devra regarder. Et il y a un
élément où ils parlent de la... le risque qu'il y ait des gens peu scrupuleux
et sans expérience qui puissent abuser de locataires parfois vulnérables, et,
pour ça, qui, eux autres, suggèrent plutôt que ce soit à
titre gratuit, s'il y a un représentant de quelqu'un qui n'est
pas un avocat. En tant qu'avocat, qu'en pensez-vous?
M. Searle
(David) : Effectivement. J'ai... Je ne me suis pas penché énormément
sur la question. Je trouve qu'on devrait faire... Le Barreau... Bien, en tout
cas, j'ai l'impression qu'on devrait faire attention de ne pas légiférer pour
l'exception et plutôt, tu sais, viser la personne moyenne. Donc, la personne
moyenne risque de gagner de cette réforme-là.
Peut-être, la personne... Il y aura des... effectivement, des gens qui vont
subir des conséquences négatives, là. C'est
certain que... Mais, tu sais, ce n'est pas tous les avocats qui représentent,
non plus, bien, au Tribunal administratif du logement, là. Donc, ce
n'est pas... La différence, c'est qu'eux, ils sont assurés. Ces mandataires-là,
futurs, ne seront pas assurés. Donc, il y aura plus grande difficulté à
rechercher ses sous. Mais non, moi, ça me... ça ne m'empêchera pas de dormir.
Mme Dufour :
OK. Merci. Il y avait aussi... Il y a eu une jurisprudence, il y a quelques
mois, puis je n'arrive pas à la retrouver, là, dans ma mémoire, mais qui
parlait du délai d'appel et qui pouvait être compris de différentes façons.
Parce que, des fois, s'il n'est pas signifié, là, par exemple, signifié à la
mauvaise adresse ou signifié à l'adresse de... que la personne a déménagé, et
là on parle de la date de prise de connaissance maintenant, mais ça, ça peut aussi avoir un flou. La date de... Est-ce que
la date de notification, par exemple, tu sais, que... Comment on détermine
la date de prise de connaissance?
M. Searle
(David) : Bien, la notification, c'est... ce serait... je ne l'ai pas
mentionné dans le mémoire, là, ce sera pour
une autre fois, si vous permettez, là, mais la notification, c'est l'enfer.
Des... Ce n'est pas facile de rejoindre des gens. Le juge de la Cour du
Québec est là pour trancher c'est quand exactement, la connaissance, selon les
faits qui lui sont amenés. Présentement, par
contre, la situation, l'application de la jurisprudence... mais là ça a été
corrigé, là. Mais c'est une très bonne idée de le mettre dans le projet
de loi. Ça fait en sorte qu'on peut avoir des gens qui apprennent cette semaine que le jugement a été rendu, mais ça fait deux
semaines et demie. Il leur reste cinq jours pour faire un appel. C'est impossible.
Donc, on vient attaquer l'état du droit encore, le fait de pouvoir être
entendu, donc c'est un changement essentiel.
Mme Dufour :
Parfait. Merci. Je voudrais peut-être vous entendre, parce... sur les
reprises de logement versus les évictions, parce qu'ils sont traités vraiment
différemment dans votre mémoire, puis il semble y avoir des distinctions
importantes dans la loi. Donc, peut-être vous entendre un peu plus sur la
distinction entre les deux.
M. Searle
(David) : Oui. Donc, encore une fois, reprise, on peut penser à la
personne baby-boomer avec... triplex, veut faire entrer maman, fiston dans le
triplex, on fait partir les locataires. Donc, c'est sûr qu'il y a des enjeux
opposés, mais, ultimement, c'est pour faire vivre la famille. Bon. Tandis
qu'éviction, bien, c'est un projet d'agrandissement, subdivision, changement
d'affectation. Ça peut être économique. Tu sais, on a vu récemment une
jurisprudence où on a confirmé qu'on peut faire une éviction pour transformer
un logement en Airbnb, tu sais. Donc, c'est beaucoup plus problématique. Mais,
bon, on vit dans un système capitaliste, on doit faire avec : propriété,
on a droit de le changer. Mais je trouve que c'est très sage de rendre ça plus
dispendieux et de dire clairement : Ça pourrait aller chercher jusqu'à
24 mois de loyer de compensation.
Mme Dufour :
Donc, actuellement, pour les évictions, c'est ce qui est proposé, mais ce
ne l'est pas pour les reprises de logement?
M. Searle
(David) : Effectivement, effectivement.
Mme Dufour :
OK. Et donc c'est le trois mois qui s'appliquerait pour une reprise de
logement?
M. Searle
(David) : Exactement.
Mme Dufour :
Excellent. La présomption de refus aussi, vous faites référence à ça sur...
pour les expulsions pour cause de sous-location plus de 12 mois. Est-ce
que vous pouvez nous en parler un peu plus?
M. Searle (David) : Oui. Donc, c'est quelque
chose de... peu... on en parle peu. Il y a rarement la jurisprudence. Mais je voulais en parler juste parce que,
justement, comme on en parle peu, il y a beaucoup de gens qui vont frapper un
panneau... tomber dans le panneau, plutôt, parce qu'ils vont recevoir l'avis de
non... Donc, on connaît tous, six à trois mois avant la fin du bail, on fait le
renouvellement du bail. Et un propriétaire qui envoie un avis de non-renouvellement,
bien, tout le monde sait que c'est illégal.
En fait, c'est faux. En matière de sous-location, on peut... si le locataire a
sous-loué pendant plus de 12 mois, on peut envoyer cet avis-là. Et,
à ce moment-là, il n'y aura pas de renouvellement. Le locataire devra quitter,
à moins que ce soit le locataire qui demande que le tribunal intervienne. Le
problème, c'est que le locataire, souvent,
est mal informé, souvent, va juste s'adresser au tribunal au moment qu'il y
aura les... tu sais, le propriétaire qui dit : Bien, c'est le
1er juillet, qu'est-ce que tu fais là? Et le tribunal a les mains liées et
doit forcer le départ du locataire parce qu'il n'a pas respecté les délais.
Mme Dufour :
OK. Mais là, s'il y a une... Parce que, là, dans le fond, on a la cession
de bail, où on comprend qu'avec le projet de loi, ce qui est proposé... un
propriétaire pourrait la refuser. Mais, d'un autre côté, on vient dire, dans le fond, que, pour la
sous-location, là, le locataire devrait pouvoir la refuser, refuser la
résiliation pour cause de sous-location. Donc, il me semble que les deux
sont contradictoires.
M. Searle
(David) : C'est que, présentement, puis le projet de loi ne fait pas
de changement là-dessus, c'est qu'on peut sous-louer un logement pendant x
nombre de temps en autant que ça ne dépasse pas 12 mois. Si ça dépasse
12 mois, là, le propriétaire peut intervenir. Et donc, dans le fond, on...
l'état actuel du droit, c'est qu'on dit : On peut céder un bail, on peut
sous-louer, mais on ne peut pas sous-louer l'entièreté du logement
pendant 12... plus de 12 mois, à quel moment on peut voir le
non-renouvellement. Donc, est-ce qu'il y aurait lieu à changer ça?
Personnellement, je ne vois pas le besoin.
Mme Dufour :
OK. Mais vous suggérez, par contre, qu'il y ait une présomption de refus?
M. Searle
(David) : Absolument.
Mme Dufour :
OK. Excellent.
Le Président (M.
Schneeberger) : 30 secondes.
Mme Dufour :
Bien, écoutez, je vais peut-être juste revenir... Est-ce que vous croyez
que, s'il y avait un meilleur retour sur investissement, entre guillemets, dans
les rénovations, lorsqu'un propriétaire fait des rénovations, est-ce qu'il y
aurait moins de dommages, tu sais, de problématiques de taudis, entre
guillemets, si les propriétaires pouvaient mieux rentrer dans leur argent?
M. Searle
(David) : Donc, la réponse, pour moi, c'est : peut-être pour
très, très peu de cas. Mais, les cas de taudis, c'est vraiment des propriétaires
qui... ils n'ont juste rien à... ils ne veulent pas dépenser une cenne noire.
Mme Dufour :
OK. Excellent. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du
côté de la deuxième opposition. Alors, député de Laurier-Dorion, vous avez un
3 min 28 s.
M. Fontecilla :
Bonjour, M. Searle. Écoutez, je vais y aller sur... tout d'abord, sur
les rénovictions. On sait qu'il y a un grand nombre, une épidémie, certains le
diraient, afin de... bien, de faire monter les loyers qui étaient auparavant
jugés... pas très élevés, là. Vous proposez trois solutions : donc, tout
d'abord, de l'information aux locataires, aux propriétaires et ensuite une
augmentation des indemnités. Vous allez m'expliquer. Il y a une étude, là, il y
a quelques années, du Comité logement de La Petite-Patrie, qui arrivait à la
conclusion que 85 % des évictions et des
reprises de logements étaient... avaient un caractère frauduleux. Et plusieurs
dans la société proposent une mesure de
vérification disponible pour les locataires, là, afin de vérifier,
effectivement, si les travaux ont été faits, la subdivision, ou la personne, la
mère, le fils a été installé, etc., là. Est-ce que vous pensez que votre... ce
que vous proposez va endiguer l'épidémie de rénovictions ou il faut
d'autres mesures?
M. Searle
(David) : Donc... Merci beaucoup, M. le député. En fait, il y a une
mesure à même le projet de loi qui n'a pas attiré du tout d'attention, qui
pourra endiguer quelque peu, et c'est un renversement de la présomption. Dans le fond, quand on... en 1968, on peut
chercher des dommages, maintenant, contre le propriétaire pour, par exemple, les
loyers plus payés et le stress causé par la reprise ou l'éviction, et ce sera
au propriétaire de prouver sa bonne foi, donc
ce sera à il ou à elle de prouver, que ce soit la reprise ou l'éviction, que ça
a été de bonne foi. S'il ou elle ne réussit pas, il ou elle devra payer
ses trois ans de loyer de plus. Donc, ça, c'est un droit quand même intéressant
pour les locataires, qui pourra aider avec
les rénovictions. Et, en plus, ils pourront chercher des dommages punitifs en
matière de mauvaise foi. Donc, c'est un avantage quand même important pour les
locataires et contre les rénovictions sur ce point-là.
M. Fontecilla :
Très bien. Pour revenir à la question de la cession de bail, là, dans le
temps qu'il me reste, je ne suis pas sûr de comprendre, vous appuyez ce qui est
proposé dans le projet de loi, et vous dites que, dans la situation actuelle,
là, un grand nombre de... je... il s'en dégage de votre texte, là, comme si
beaucoup de propriétaires utilisaient... contestaient la cession... la cession
de bail, là, et ça, ça induit ce que vous dites, là, la colocation, etc., là,
mais ils doivent prouver, là, que ça... le propriétaire doit prouver qu'il y a
une bonne raison, là, que ce n'est pas une raison futile, là...
M. Searle
(David) : ...effectivement. Excusez-moi, je suis désolé de vous
interrompre.
M. Fontecilla :
Non, mais allez-y, là.
M. Searle (David) : C'est ça que la loi dit. Par contre, en réalité, dès qu'il ou elle
refuse, bien là, le locataire doit attendre,
doit ouvrir une demande au tribunal, doit attendre des délais du tribunal,
peut-être quatre, cinq semaines, et ensuite il y aura jugement. Le propriétaire risque de perdre,
mais, entre-temps, le candidat, il sera parti, là. Donc...
M. Fontecilla :
Mais ça, cette procédure-là se fait quelques mois avant la fin du... avant
la fin du bail, là.
M. Searle (David) :
Non, parce que le... Dans le fond, on annonce l'appartement, on...
Le Président (M.
Schneeberger) : En terminant.
M. Searle
(David) : ...on trouve un candidat et c'est pour tout de suite. Donc
là, on fait la demande. Donc...
M. Fontecilla :
Donc, dans les faits, dans les faits, vous dites que les propriétaires,
dans la cession de bail, là, ont le gros bout du bâton, là, juste par un dépôt
d'un refus de la cession, là.
M. Searle
(David) : Oui. Exactement.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup. On n'a plus de temps, désolé.
Alors, nous allons maintenant du côté du député des Îles-de-la-Madeleine.
Vous avez un 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, M. Searle. C'est ça, c'est un mémoire qui est très
étoffé. Puis je vais m'attaquer à une question qui fait l'objet de plusieurs,
justement, interrogations, la cession de bail, puis il y a d'autres éléments
qu'on pourra ramener dans l'étude du projet de loi. Question préalable :
si vous déposez ce mémoire-là, si vous êtes ici présent avec nous, j'imagine
que c'est parce que vous êtes conscient qu'il y a une crise du logement qui est
sans précédent au Québec.
M. Searle (David) : Bien, j'espère,
oui.
M. Arseneau : Et la question
qui se pose, c'est : La crise, là, est-ce qu'elle affecte davantage les
locataires...
M. Arseneau : ...que les
propriétaires?
M. Searle (David) : C'est sûr, c'est
sûr.
M. Arseneau : OK. Bon, si on
s'entend sur l'idée que les locataires, là, c'est les... c'est ceux pour qui,
là, on travaille aujourd'hui, j'essaie de comprendre votre logique, où vous
dites : Peut-être que la cession de bail, là, ça ne donne pas des résultats, là, de façon excessive,
ça ne marche pas toujours, ce n'est pas excessivement efficace, dites-vous,
pour contrer la hausse des loyers. Par contre, à l'heure actuelle, les cessions
ont toujours lieu, et, quand c'est le cas, ça assure le contrôle des loyers.
M. Searle (David) : C'est vrai.
M. Arseneau : Donc, vous
semblez plaider pour la cession de bail, pour le maintien des cessions de bail.
Et, par ailleurs, je voulais juste vous entendre sur le fait que les propriétaires
disent : Il faut interdire la cession de bail parce qu'il y a des gens qui
monétisent. Vous, vous dites : Bien, c'est du ouï-dire, j'en ai déjà
entendu parler, mais, par contre, les
hausses réelles de loyer, elles, elles sont documentées, le pourcentage est
effarant par rapport aux cessions de bail. Donc, j'essaie de comprendre
votre logique. À partir du moment où on a dit ça, pourquoi on... dans une crise
du logement, on éliminerait le seul levier,
alors qu'on n'a pas de registre puis on n'a pas l'intention d'en mettre un en
place, puis que la clause G
n'est pas remplie, puis on n'a apparemment pas l'intention de la faire remplir
de façon obligatoire?
M. Searle (David) : Parce que, pour
moi, ce n'est pas le seul levier. Il y a le mécanisme de fixation de loyer qu'on... dont on pourrait être fier au Québec.
Maintenant, c'est... il y a définitivement un enjeu pour l'accès au logement, je
le concède, c'est une recommandation pragmatique que, si on l'accepte, cette
réforme-là... bien, qu'on s'assure de s'attaquer
aux enjeux autres, comme la qualité, parce ce n'est pas juste l'argent, la vie,
c'est aussi la santé.
M. Arseneau : D'accord. Donc,
je ne voulais pas vous mettre en contradiction dans votre mémoire, mais ce que
vous dites, c'est : Bien, si on concède la cession de bail, il faut
trouver d'autres moyens, mais là, actuellement...
Le Président (M. Schneeberger) : 30 secondes.
M. Arseneau : ...vous avez des
propositions, mais elles ne sont pas nécessairement dans le projet de loi, là.
M. Searle (David) : Effectivement.
M. Arseneau : OK. Merci
beaucoup. C'est terminé? C'est ce que vous nous dites?
Le Président (M. Schneeberger) : 20 secondes.
Le Président (M. Schneeberger) : 20.
M. Arseneau : Ah!
20 secondes? Mon Dieu Seigneur!
Vous avez parlé de l'accès à la justice, moi, ça
me préoccupe beaucoup. En 10 secondes, là, qu'est-ce qu'on peut faire,
davantage d'argent, de ressources, les deux?
M. Searle
(David) : De l'argent pour des juges. Et pourquoi pas plus
de centres de justice, meilleurs salaires?
M. Arseneau :
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors, nous allons suspendre quelques
acheteurs pour accueillir le prochain groupe. Merci à vous.
(Suspension de la séance à
11 h 37)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons la séance. Alors, nous recevons
maintenant les représentants de la Fédération québécoise des municipalités.
Alors,
bonjour à vous trois. Alors, dans un premier temps, vous présenter et, par la
suite, vous avez 10 minutes pour votre présentation. Alors, c'est à
vous.
M. Tardif (Antoine) : Bien, merci beaucoup de
nous recevoir. C'est ma première fois en commission parlementaire, donc
espérons que ça va bien se passer. Mais je suis encore, même, en compagnie de
quelqu'un que je connais, comme président,
qui est notre député dans ma... dans mon coin, dans ma région. Donc,
salutations, M. le Président, Mme la
ministre, Mmes et MM. les députés. Donc, je suis accompagné, aujourd'hui, de
Pierre Châteauvert, directeur des
politiques à la Fédération québécoise des municipalités, de même que Maryse
Drolet, conseillère politique dans l'équipe de M. Châteauvert.
Peut-être,
d'entrée de jeu, permettez-moi de vous présenter la FQM, là. Si vous êtes plus
ou moins familiers... la FQM, c'est le porte-parole des régions,
1 040 membres, sur une base volontaire, répartis sur l'ensemble du
territoire québécois. La FQM, comme vous le savez, accorde une priorité absolue
à ses membres et défend avec détermination leurs intérêts politiques et
économiques. Elle favorise l'autonomie municipale, travaille activement à
accroître la vitalité des régions et offre
un large éventail de services aux municipalités et aux MRC. Le dynamisme, la
créativité ainsi que l'esprit de concertation et d'innovation animent
les élus municipaux, qui inspirent ses réflexions et façonnent ses actions au
quotidien.
Nos commentaires sur
le projet de loi en tant que tel seront brefs et porteront sur des
modifications qui touchent plus
spécifiquement le milieu municipal. Cependant, nous souhaiterions profiter de
l'opportunité devant vous, aujourd'hui, pour vous présenter notre
position, en matière d'habitation, et nos recommandations afin de résoudre la
crise du logement qui touche très durement toutes les régions du Québec.
Concernant
le projet de loi n° 31, la FQM appuie la modification permettant à une
municipalité ou à un office d'habitation qui aliène un immeuble
d'habitation à loyer modique d'employer le produit de cette aliénation afin de rénover ou de construire un immeuble ou de
réaliser des logements abordables, avec l'accord de la SHQ. On trouve que
c'est une bonne mesure.
Ainsi, au lieu de
retourner les gains obtenus lors de la vente d'un immeuble à loyer modique, par
exemple, la municipalité ou l'office
d'habitation pourra réinjecter les sommes dans l'amélioration de l'offre de
logements locatifs sociaux et abordables avec une marge de manoeuvre
financière intéressante et nouvelle.
Concernant les
modifications proposées à la
Loi sur la Communauté métropolitaine de Montréal,
la FQM tient à souligner la modification de l'intitulé sur la compétence de la
CMM en matière de logement social par le terme «habitation». Ce changement de
terme prend tout son sens dans le contexte actuel, qui correspond à la vision
de la FQM sur le rôle du milieu municipal en matière d'habitation, qui s'étend
bien au-delà du volet social.
On appuie également
la modification permettant à la CMM de rembourser une municipalité de son
territoire pour sa contribution à la réalisation d'un projet d'habitation
qu'elle soutiendrait financièrement, même si ce projet n'est pas financé par la
SHQ.
Il y a, en effet, de
plus en plus de projets qui se réalisent sans le soutien des programmes de la
SHQ. Cette possibilité de récupérer les sommes que la municipalité doit verser
au Fonds du logement social de la CMM, pour les investir dans les projets
d'habitation et de logements, notamment des projets abordables, est une bonne
nouvelle pour les municipalités sises sur le territoire de la CMM et aidera
certainement les initiatives des municipalités locales qui s'investissent dans
la bonification de leur offre de logements.
En lien avec notre
vision sur l'habitation, on le sait, le plus récent rapport sur la pénurie des
logements au Canada, de la Société canadienne d'hypothèques et de logement,
nous apprend qu'au Québec s'est... au Québec, la situation s'est
considérablement dégradée. En effet, on parlait d'un manque de
620 nouveaux logements d'ici 2030, il n'y a pas très longtemps, puis,
aujourd'hui, ça a augmenté à 860 000 nouveaux logements qui sont
nécessaires.
La tâche est, donc, colossale
et il est inutile de revenir sur les impacts économiques et sociaux de cette
pénurie de logements, connus et largement documentés. Il y a plutôt lieu
d'agir.
C'est pourquoi on
désire profiter de ces audiences publiques sur le projet de loi n° 31 pour
déposer aux membres de la commission nos propositions de solutions. Ces
propositions de solutions sont issues des travaux des membres de plusieurs commissions, de la Fédération québécoise des
municipalités ainsi que du conseil d'administration, qui a adopté à
l'unanimité, lors de sa rencontre du 1er octobre dernier, les
recommandations. Et le sujet sera encore discuté lors de notre congrès, du 28
au 30 septembre prochain, et une nouvelle résolution y sera discutée.
Celle-ci vous sera transmise dès son adoption.
Pour
la FQM, il est temps de procéder à un nouveau partage des responsabilités en
matière de gestion de l'habitat entre les instances gouvernementales et
municipales.
Et il est temps, pour
l'État québécois, de confier aux gouvernements de proximité, à savoir les
municipalités et les MRC, le levier et les ressources financières nécessaires
au développement durable de notre habitat dans une vision stratégique et
prospective pour le mieux-être de nos populations.
Il faut revoir nos
façons d'intervenir dans les milieux. Il faut oser être audacieux et adapter
les interventions gouvernementales aux réels besoins des populations en matière
d'habitation dans un tout cohérent.
Il est urgent que
soient accordées plus de souplesse et d'agilité aux territoires afin d'adapter
les outils d'accompagnement pour relever le
défi d'augmenter rapidement l'offre de logements, avec une attention plus
particulière à l'abordabilité, bien entendu.
MRC doit être reconnue par le gouvernement en tant qu'échelle pertinente pour
la planification stratégique des besoins en matière d'habitation, et ce, dans
une visée structurante et à long terme, pour l'ensemble des populations
de son territoire, et en avoir les moyens législatifs et financiers.
Privilégier une
gestion décentralisée des programmes soutenant l'habitat permettra de mieux
répondre aux besoins de toutes les clientèles, avec des critères adaptés aux
réalités des ménages selon les régions et surtout un suivi réel de l'évolution
du marché et une adaptation des modalités, sans décalage entre les programmes
et la réalité.
Plus concrètement,
cela voudra dire plus d'agilité pour les municipalités, des délais
raisonnables, ajuster les critères d'admissibilité selon la réalité des
territoires et des populations qui l'habitent et avoir la marge de manoeuvre
pour mieux suivre et s'adapter à l'évolution des marchés, notamment de la
construction et de la location.
Un exemple bien
concret et rapide serait que le gouvernement se conforme à sa nouvelle
Politique nationale de l'architecture et de l'aménagement du territoire en
accordant plus d'autonomie aux MRC en matière de gestion du territoire et
d'habitation, en autorisant, par exemple, les unités d'habitation accessoires
en zones non desservies et à l'extérieur des périmètres d'urbanisation comme
moyen de réponse aux besoins des communautés rurales en matière d'habitation,
et non uniquement en zones urbaines.
La FQM souhaite que
le processus permettant d'ajouter une adresse civique sur un même lot, dans le
cas d'une modification d'une maison unifamiliale en demeure bigénérationnelle
ou lors de l'ajout de l'unité d'habitation accessoire,
soit rapidement autorisé. En effet, il est facile de comprendre qu'une
distinction d'adresse devient nécessaire le jour où les occupants d'une unité d'habitation accessoire n'ont plus de
lien de parenté avec les propriétaires. Ce simple ajout nécessite une
modification au schéma d'aménagement et de développement de la MRC, qui est
actuellement bloquée par le ministère des Affaires municipales, qui n'autorise
pas les modifications au schéma. Ceci n'est... un exemple de frein au
développement rapide de l'offre de logements.
En conclusion, ce
qu'on souhaite, c'est plus de flexibilité, bien entendu, mais aussi une
décentralisation de la gestion des programmes de soutien à l'habitat, qui
devrait être accompagnée des ressources financières à la hauteur des besoins et
selon une répartition équitable tenant compte de la réalité des régions. Chaque
territoire doit avoir le moyen de se doter
d'une vision de développement pour l'ensemble de son territoire, d'une vision
prospective de l'habitat et une approche multisectorielle qui assurera
la cohérence des interventions. Nous parlons ici d'une approche milieu de vie.
On peut faire différent. Il est temps de faire autrement.
je termine en réitérant notre volonté à poursuivre notre collaboration avec
vous afin de contribuer collectivement à faire en sorte que tous nos
citoyens et citoyennes puissent se loger selon leurs besoins et dans la
dignité, dans toutes les régions du
Québec, contribuant ainsi à l'essor et la vitalité de la société québécoise. Je
vous remercie pour votre écoute, puis ça va nous faire plaisir de répondre aux
questions.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, merci beaucoup, M. Tardif. Alors, nous
allons du côté ministériel. Mme la ministre, vous avez un
16 min 30 s disponible.
Mme Duranceau : Bon. Bonjour. Merci
d'être là. On s'est vu beaucoup, dans les dernières semaines, dans le cadre des
consultations. Alors, ça me fait plaisir de vous revoir. Je pense qu'on était
très dans les mesures concrètes, là, puis c'est ce que vous ramenez un
peu dans votre mémoire.
bon, l'UMQ... On a vu l'UMQ, ce matin, qui nous parlait... qui nous demandait
d'avoir des villes mandataires à l'égard des programmes d'habitation.
Là, vous, vous demandez une décentralisation, ce n'est pas la première fois, là, et vous demandez une décentralisation au
niveau des gouvernements, là, de proximité. Tu sais, on a le fonds régions,
ruralité, là, ça, ça ne relève pas de l'habitation, mais il y a quand même...
Puis je me demande en quoi ce fonds-là ne répond pas aux besoins en matière
de... tu sais, d'embauche, une ressource, disons, qui va être dédiée à
l'habitation ou... J'aimerais ça vous entendre sur ça.
M. Tardif
(Antoine) : En fait, les fonds, les FRR sont très utiles dans les
régions, puis elles sont très appréciées aussi de l'ensemble des MRC puis des
élus. Pour la plupart, les fonds FRR sont engagés dans des projets de
développement économique, social, environnemental déjà. Le besoin pour la
création de logements, c'est un défi majeur, là, avec lequel on compose récemment.
Donc, oui, est-ce qu'il pourrait y avoir un volet habitation au FRR? Est-ce que
ça pourrait être une demande qui voit le jour prochainement puis qui viendrait
donner un levier? Je pense que ça répondrait clairement aux besoins des
municipalités d'avoir une certaine agilité puis un consensus régional au niveau
de la MRC. Donc, les fonds FRR fonctionnent. Un fonds FRR dédié spécifiquement
à l'habitation serait certainement une avenue intéressante.
Mme Duranceau :
...je m'aventure sur une piste qui est moins la mienne, là, mais je
comprenais qu'un des volets du FRR, déjà, permettait ça, le volet 4, si je
me... si je ne me trompe pas.
M. Tardif (Antoine) : Oui,
puis, comme...
Mme Duranceau : Donc, qu'est-ce
qui n'est pas suffisant de ce côté-là?
M. Tardif (Antoine) : Bien, ce
n'est pas... ce n'est pas que ce n'est pas suffisant ou que le FRR ne nous le permet pas, c'est que, si on veut répondre aux
besoins de création de logements rapides, puis que les MRC contribuent à
cet effort de création de logements, ça va prendre des ressources
supplémentaires, considérant que les FRR sont déjà, pour la plupart, déjà
affectés à des projets régionaux. Puis là je pourrais vous en faire la
nomenclature. Il y a des projets en lien avec l'agriculture. Il y a des projets
en lien avec la main-d'oeuvre. Il y a des projets en lien avec les services de garde où certaines municipalités
tentent aussi de mettre l'épaule à la roue. Donc, l'enjeu de l'habitation
en soi, avec l'importance qu'il a, ne peut
être comblé par les sommes FRR pour lesquelles on a déjà eu des consentements.
Mme Duranceau : Donc... Ça fait
que ça prendrait plus d'argent, c'est ça que vous dites, c'est ça?
M. Tardif (Antoine) : Pierre,
si tu veux rajouter.
M. Châteauvert
(Pierre) : Mme la ministre, une
flexibilité qui n'est pas là, présentement, parce qu'il y a des règles. Genre,
une MRC qui voulait investir, ils avaient besoin d'une résidence personnes
âgées sur son territoire, et les règles du fonds l'interdisaient, d'investir
dans... pour compléter le montage financier. Il y a une flexibilité qui... En fait, on l'avait... À l'époque, quand ça avait
été discuté, on n'était pas conscient, collectivement, là, tout le monde,
pas juste nous autres, pas... ce n'est pas une critique au gouvernement,
collectivement, on n'était pas conscient de ce qui s'en venait par rapport à ça
et cette nécessaire flexibilité là. Et c'est ça qu'on aimerait gagner dans le
cadre d'un autre volet, effectivement, avec
des investissements supplémentaires. Parce que, comme M. Tardif vient de
le mentionner, effectivement, il est en compétition avec d'autres parce
qu'il y a des demandes. Vous en avez à l'infini pour ces fonds-là, parce que ça
fonctionne. Et la qualité de ce fonds-là, c'est la mobilisation qui vient
autour. Supposons, quand il y a un
investissement en agriculture, et tout ça, souvent, c'est conçu avec les
intervenants, avec les partenaires.
Donc, à ce moment-là, il y a une efficacité qui
est là, d'ailleurs, de là l'intérêt de continuer le fonds régions, ruralité
dans son ensemble, et aussi, à la demande des maires puis de l'intérêt du
gouvernement, de continuer. Parce qu'il y a une efficacité autour de ce
fonds-là puis il y a une mobilisation des intervenants, ce qui fait qu'il y a
un succès. Donc, reproduisons-le en logement, tout le monde autour de la table,
concevoir, planifier, réaliser.
Mme Duranceau : OK. Parfait.
Ensuite, bien, je vais vous poser la même... pas la même question, mais
qu'est-ce qui ne fonctionne pas? On a déjà eu l'occasion d'en discuter, mais,
je pense, c'est une bonne idée de le ramener autour de la table, là, en matière
d'habitations accessoires puis de densification à cet égard-là. Puis là vous
mentionnez les adresses aussi, ça fait que prenons le temps, là, d'en débattre.
M. Tardif (Antoine) : Oui.
Parfait. Bien, peut-être, vous avez des exemples concrets...
M. Châteauvert
(Pierre) : J'ai un exemple très concret.
Vous avez une grande résidence où vous voulez, supposons, accueillir vos
parents, vous faites un appartement à l'intérieur. Mais là, à un moment donné,
c'est triste, mais la vie est ainsi, les parents, bien, ils ne sont plus là,
puis... bien, nous autres, on se retrouve avec une résidence où est-ce qu'il y
a un appartement et on ne peut pas le mettre sur le marché locatif, il n'y a
pas de numéro civique. Et, actuellement,
dans le processus, de la façon qu'il est fait... Et, le débat sur... ces
semaines-ci, là, actuellement, on ne... le ministère refuse pour... parce que ça demande une modification au
schéma, ça, parce qu'on associe ça probablement, dans un milieu rural, à
de l'étalement urbain, et tout ça, alors que ce n'est pas ça. Ça ne demande
aucune nouvelle résidence, aucune nouvelle installation septique, aucun aqueduc
et égout, même pas une entrée asphaltée, rien. À ce moment-là, on est profondément certain que, si on permettrait, avec les
espaces puis les résidences, qu'il y a beaucoup de place, de dire... de permettre un deuxième numéro civique dans
plusieurs résidences en milieu rural dans des rangs, on est profondément convaincu que ça ferait, dans
certains endroits, une différence, et de... Ce n'est pas notre conviction
la plus profonde. Ce n'est pas de l'étalement urbain, c'est simplement de
l'occupation du territoire et permettre des milieux de vie de qualité. Donc,
c'est... Et ça, cette flexibilité-là, cette autorisation-là, on est... Comme je
vous dis, c'est actuellement en débat.
C'est... On ne l'autorise pas au niveau du ministère des Affaires municipales,
et c'est une demande très pressante du monde rural.
Mme Duranceau : Donc,
pour que je comprenne bien, ça fait qu'on a une maison, on avait des
grands-parents qui habitaient un sous-sol aménagé, là, disons.
M. Châteauvert
(Pierre) : Il y avait beaucoup d'espace,
puis on peut aménager, oui.
Mme Duranceau : Bon.
Puis... Donc, tout est existant, tout est fonctionnel, il n'y a rien à faire,
sauf d'ajouter une pancarte dehors avec l'adresse.
M. Châteauvert
(Pierre) : Bien, un nouveau numéro
civique.
Mme Duranceau : 102 B,
disons.
M. Châteauvert
(Pierre) : Ou 104.
Mme Duranceau : Oui. OK, ou
104. OK. Puis là, actuellement, donc, un citoyen veut faire ça, là, il s'en va
à sa municipalité, puis là la municipalité, elle dit : Je ne peux pas
faire ça.
M. Châteauvert
(Pierre) : Ce n'est pas autorisé par le
schéma.
M. Châteauvert
(Pierre) : Donc, c'est ça. Actuellement,
il y a des débats, il y a plusieurs schémas qui sont étudiés, puis il y a des débats entre les MRC concernées et le ministère
des Affaires municipales, pour dire : Regardez, là, ça serait possible
de débloquer beaucoup de... mais ce n'est pas de l'étalement ça, là, là, il n'y
a pas de résidence supplémentaire.
M. Tardif
(Antoine) : En fait, c'est de la densification. Là, tu sais,
même chose au niveau des unités d'habitation accessoires. Là, tu sais, quand le
terrain est suffisamment grand pour permettre de construire une deuxième plus
petite maison, ça devrait pouvoir être permis, puis on pourrait maximiser
l'utilisation de nos terrains, là.
M. Châteauvert
(Pierre) : Et des installations qui
viennent autour d'une résidence.
Mme Duranceau : OK. OK. L'autre
chose, ce n'est pas quelque chose que vous avez nécessairement abordé, mais je voulais vous entendre un peu sur
vos offices d'habitation dans les différentes régions, puis l'exercice, là,
qui est un peu amorcé de voir comment on peut professionnaliser ces équipes-là
puis...
M. Tardif (Antoine) : Oui.
Bien, c'est un gros chantier qui s'est amorcé au départ avec un objectif bien
précis de réduire à une cinquantaine d'offices, là, pour avoir une meilleure
efficacité. Je pense qu'il y a eu beaucoup de pourparlers qui se sont faits
avec les municipalités. La FQM aussi a travaillé le dossier à un partenariat
avec votre ministère pour s'assurer que ça se fasse adéquatement, parce que ce
n'est pas les mêmes réalités partout. Il y en a où le mariage est très naturel,
se passe bien, puis d'autres où les réalités sont différentes. Donc là, les
consultations ont lieu en ce moment, puis chez nous, c'est jeudi, là, que ça a
lieu à Victoriaville. Donc, on va participer activement à ça. Mais je pense que l'essence de tout ça, c'est
que ça ne soit pas forcé. Puis, naturellement, les élus sont en mesure de
constater probablement certaines... certains bienfaits de se regrouper pour
assurer une meilleure desserte. Donc, jusqu'à présent, les commentaires qu'on
a, c'est que ça se passe... ça se passe bien.
Mme Duranceau : Oui? OK. Non,
non... Puis, effectivement, le but, ce n'est pas... ce n'est pas que ça soit
forcé, c'est vraiment l'efficience là-dedans, considérant qu'il y a
2,2 milliards, là, qui vont être injectés au niveau des rénovations, puis
tout ça, puis s'assurer que les gens qui s'occupent de la construction, bien,
ils s'occupent de la construction, puis ceux
qui sont plus pertinents au niveau des aides à la personne, bien, qu'ils
puissent se consacrer à ça, là. Ça fait que je tiens à le...
M. Tardif (Antoine) : Tout à
fait. Puis on a eu des bonnes discussions avec M. Foster aussi, et tout
l'objectif de rendre plus efficace la SHQ, qui résonne très bien à nos
oreilles. Parce qu'il faut le dire, là, à toutes les fois qu'on se rassemble...
Mme Duranceau : Ah! vous pouvez
nous renvoyer la balle, c'est correct.
M. Tardif
(Antoine) : ...qu'on se rassemble, les maires ensemble, c'est
souvent des problèmes de complexité avec les différents programmes, les
négociations avec la SHQ qui reviennent à l'avant-scène, donc, de voir à faciliter
les relations à ce niveau-là ou simplifier certains processus, on est très
contents.
Mme Duranceau : Je vais
défendre la SHQ un peu, là. Il y a des règles gouvernementales qui imposent...
qui sont imposées à la SHQ. Là, on y
travaille, ça aussi. Je vais céder la parole à ma collègue députée de Rivière-du-Loup.
Président (M. Schneeberger) : ...députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, c'est bien ça? Alors,
vous avez la parole.
Mme Dionne : Oui. Merci, M. le
Président. Effectivement, fière députée de région. Alors, bonjour à vous trois.
Dans le fond, c'est intéressant, ce que vous dites aussi au niveau des
particularités des régions, c'est souvent à géométrie variable. Puis c'est le
cas chez nous, moi, je suis, dans le fond, députée de trois MRC. Donc, on a des
projets présentement avec des villes, tu sais, qu'on va déposer, avec des
partenaires privés, tout ça, versus des projets aussi entamés avec les MRC. Donc, vous avez raison
de dire que les MRC veulent être impliquées au niveau du logement.
Jusque-là, ça va bien, mais, au niveau du projet
avec la MRC, ce que j'entends puis ce que les municipalités me mentionnent,
c'est que, quand on n'est pas une municipalité de cités et villes, le crédit de
taxes devient... dans le fond, n'est pas
possible. Donc, au niveau du projet de MRC, souvent... moi, c'est au niveau des
règles qui... parce que, bon, les MRC consultent leurs municipalités pour voir,
un, si elles ont des terrains vacants, pour éventuellement construire du logement, mais il y a une question aussi de
crédit de taxe. Ça fait que j'aimerais vous entendre là-dessus, sur peut-être
des mesures aussi plus fiscales, là, qui pourraient peut-être favoriser
également la construction de logements dans les régions.
M. Tardif (Antoine) : On a-tu
quelque chose par rapport au crédit de taxe?
M. Châteauvert
(Pierre) : Oui, bien, en fait, là-dessus,
effectivement, il y a des limitations puis il y a des débats à y avoir sur l'efficacité de chacune des mesures. Ça, c'est
certain. Il y a des endroits où est-ce qu'effectivement on peut... Au niveau du prix, il y a des
municipalités qui aimeraient acheter des terrains, tout ça. Bien,
historiquement, il y a des raisons qui ont été installées, mais, chose
certaine, c'est, quelle que soit la municipalité, il faut que les pouvoirs soient les mêmes, OK... La distinction,
quand on en voit une, là, je pense qu'il faut effectivement... tout le monde,
mais il y a des... il y a beaucoup de monde, comme les MRC de... les MRC de la
Gaspésie, eux autres, ils sont rendus à
dire, genre, 2 000 $ par logement, tout le monde ensemble, avec un
fonds, des choses... des incitatifs qui sont souvent plus efficaces. Et
où la MRC des Laurentides, où Mme la ministre, c'est son coin, ils ont
carrément un fonds d'investissement qu'ils viennent de mettre en place dans
les...
Nous, notre job, c'est de mettre tout le monde
ensemble puis de faire partager ces expériences-là et par rapport à... pour ces
moyens-là qui sont là, parce qu'il y a des endroits où, effectivement, le
crédit de taxe peut être envisagé puis des endroits où est-ce que ça ne
fonctionne pas, tu sais, c'est... Par rapport à la situation, je ne la connais
pas, ce que... ce dont vous... la situation que vous mentionnez ici. Puis le
législateur a mis aussi des limites à tout ça, pour des raisons qui...
historiques qui sont valables encore dans certaines parties, à certains
endroits, mais il y a toutes sortes d'initiatives qui sont... qui peuvent être
prises.
M. Tardif (Antoine) : Bien, il
est vrai que ce n'est pas simple puis qu'on doit se casser la tête un peu à savoir par quel mécanisme on va arriver à nos
fins. Il y a des offices... pas des offices, mais des Innov Habitat Drummond de ce monde, Innov
Habitat Victode ce monde qui ont été créés, c'est des OBNL indépendants, pour
pouvoir avoir, justement, plus de flexibilité. Une ville comme Victoriaville,
on a accepté de consentir des sommes à cet OBNL là parce que ça devient une
subvention indirecte, tu sais, qu'on n'aurait pas le droit de subventionner
directement ou de donner un crédit de taxe pour des... Ça fait que, tu sais,
c'est quand même complexe.
Puis chaque municipalité, puis plusieurs
municipalités rurales ou... justement, font preuve de créativité puis essaient
par différents moyens, mais il n'y a rien de clair puis il y a des règles à
respecter aussi. Donc, certainement qu'une meilleure compréhension des outils
législatifs ou des mesures qu'on peut utiliser serait optimale.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui. Ça, c'est
important, tu sais, quand vous dites : On n'a peut-être pas la souplesse pour faire ce qu'on veut, moi, je pensais que ça
avait été modifié, ça, justement, de vous permettre de financer certains
projets d'habitation directement, au même titre... Non? Ça n'a pas été changé,
ça, en décembre dernier?
M. Châteauvert
(Pierre) : ...pas au niveau de la MRC.
Mme Drolet
(Maryse) : C'est la municipalité locale qui peut maintenant
s'impliquer en matière de logement, mais pas la MRC. Si elle ne déclare
pas sa compétence, elle ne peut pas s'impliquer financièrement.
Mme Duranceau : Dans un projet
spécifique, vous pourriez embaucher une ressource, par exemple, ou...
Mme Drolet (Maryse) :
...ou faire un fond, c'est ça.
M. Châteauvert