House Proceedings — 8 April 2004 (37th Legislature, 1st Session)

2004-04-08

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 8 April 2004 (37th Legislature, 1st Session)

2004-04-08

Quebec — Debates (Hansard)

Journal des débats (Hansard) of the National Assembly

Version finale

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37 th Legislature, 1 st Session

(June 4, 2003 au March 10, 2006)

Thursday, April 8, 2004 - Vol. 38 N° 60

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Table des matières

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur la motion du ministre des Finances proposant

que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement

et sur les motions de censure

Mme Dominique Vien

M. Camil Bouchard

Mme Rita Dionne-Marsolais

M. Roch Cholette

M. Normand Jutras

Mme Noëlla Champagne

M. Luc Thériault

Mme France Hamel

M. Alexandre Bourdeau

M. Stéphane Bédard

Mme Jocelyne Caron

Présence d'une délégation du Parlement écossais

Affaires courantes

Présentation de projets de loi

Projet de loi n° 44 ? Loi modifiant la

Loi sur le ministère de l'Environnement,

la

Loi sur la qualité de l'environnement

et d'autres dispositions législatives

M. Thomas J. Mulcair

Mise aux voix

Consultation générale

Mise aux voix

Dépôt de documents

Rapport sur l'application de la procédure d'examen des plaintes

de la RRSSS du Saguenay ? Lac-Saint-Jean, et rapport d'activité

du ministère de la Santé et des Services sociaux pour la lutte

contre le virus du Nil occidental

Rapport annuel de l'Office de la sécurité du revenu

des chasseurs et piégeurs cris

Rapport annuel de la Régie des installations olympiques

Rapport annuel d'Hydro-Québec

Lettre de démission du vice-président de la Commission des droits

de la personne et des droits de la jeunesse, M. Roger Lefebvre

Horaire de l'étude des crédits 2004-2005

Dépôt de pétitions

Assurer un financement stable et récurrent du programme

de musique dans les écoles secondaires

Maintenir les pépinières publiques dans la fonction

publique et garantir leur financement

Prolonger l'autoroute 20 entre Le Bic et Mont-Joli

Récupérer les droits de chasse et de pêche détenus

par le Club Appalaches, dans la MRC des Basques

Questions et réponses orales

Protection policière à Kanesatake

M. Bernard Landry

M. Jacques Chagnon

M. Stéphane Bédard

M. Jacques Chagnon

M. Stéphane Bédard

M. Jacques Chagnon

M. Stéphane Bédard

M. Jacques Chagnon

M. Stéphane Bédard

M. Jacques Chagnon

Financement des universités

Mme Pauline Marois

M. Pierre Reid

Mme Pauline Marois

M. Pierre Reid

Mme Pauline Marois

M. Pierre Reid

Affectation de la hausse des frais de garde en milieu scolaire

M. Stéphane Bédard

M. Pierre Reid

M. Stéphane Bédard

M. Pierre Reid

Mme Pauline Marois

M. Pierre Reid

Mandat de la commission d'enquête sur les dépassements de coûts

dans le projet de relance de l'usine Papiers Gaspésia inc.

M. Mario Dumont

M. Michel Audet

M. Mario Dumont

M. Michel Audet

M. Mario Dumont

M. Michel Audet

Fardeau fiscal des parents ayant à charge des enfants

poursuivant des études postsecondaires

M. François Legault

M. Yves Séguin

M. François Legault

M. Yves Séguin

M. François Legault

M. Yves Séguin

Effets de mesures gouvernementales sur la situation financière des jeunes

M. Alexandre Bourdeau

M. Jean Charest

M. Alexandre Bourdeau

M. Jean Charest

M. Alexandre Bourdeau

M. Jean Charest

Mandat de la commission d'analyse des projets de centres

hospitaliers universitaires du CHUM et du CUSM

Mme Louise Harel

M. Philippe Couillard

Mme Louise Harel

M. Philippe Couillard

Sélection des participants aux forums de discussion régionaux

M. Richard Legendre

Mme Line Beauchamp

M. Richard Legendre

Mme Line Beauchamp

Réponses différées

Actions détenues par une gestionnaire d'Hydro-Québec

M. Pierre Corbeil

Document déposé

Mme Rita Dionne-Marsolais

M. Pierre Corbeil

Avis touchant les travaux des commissions

Motions sans préavis

Souligner le Mois de l'autisme

M. Philippe Couillard

M. Jean-Claude St-André

M. Janvier Grondin

Mise aux voix

Renseignements sur les travaux de l'Assemblée

Affaires du jour

Projet de loi n° 40 ? Loi modifiant le Code de procédure civile

en matière de délai d'inscription

Adoption du principe

M. Marc Bellemare

M. Stéphane Bédard

M. Pierre Moreau

Mise aux voix

Renvoi à la Commission des institutions

Mise aux voix

Projet de loi n° 21 ? Loi modifiant le Code civil et le Code de procédure

civile en matière de fixation de pensions

alimentaires pour enfants

Prise en considération du rapport de la commission

qui en a fait l'étude détaillée

M. Marc Bellemare

M. Stéphane Bédard

Documents déposés

M. Pierre Moreau

M. André Gabias

Mise aux voix du rapport

Ajournement

Journal des débats

(Dix heures huit minutes)

Le Vice-Président (M. Sirros): Alors, s'il vous plaît, Mmes et MM. les députés, on va se recueillir quelques instants.

Alors, je vous remercie, veuillez vous asseoir.

Affaires du jour

Affaires prioritaires

Reprise du débat sur la motion du ministre

des Finances proposant que l'Assemblée approuve

la politique budgétaire du gouvernement

et sur les motions de censure

Alors, aux affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné hier sur la motion de M. le ministre des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement et sur la motion de censure présentée par M. le député de Rousseau, M. le chef de l'opposition officielle et député de Verchères, Mme la députée de Bourget, M. le député de Saint-Hyacinthe, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, M. le député de Mercier.

Je vous informe qu'il y a 11 h 24 min d'écoulées à la première étape du débat. Il reste donc un total de 2 h 6 min réparties comme suit: 48 min au groupe parlementaire formant le gouvernement; 1 h 18 min au groupe parlementaire formant l'opposition officielle.

Alors, je suis prêt à céder la parole au premier intervenant, qui serait madame la...

Une voix: Bellechasse.

Le Vice-Président (M. Sirros): Mme la députée de Bellechasse. Alors, Mme la députée de Bellechasse.

Mme Dominique Vien

Mme Vien: Merci beaucoup, M. le Président. Je suis heureuse aujourd'hui de prendre la parole dans ce débat portant évidemment sur le budget qu'a déposé le ministre des Finances la semaine dernière. Et, sans ambages et d'entrée de jeu, M. le Président, je voudrais qualifier ce budget de courageux, de sensible, de responsable et d'emphatique.

Dans ce discours, vous verrez comment... Oui. Dans ce discours, M. le Président, vous verrez comment ce budget respecte nos engagements, notamment en ce qui a trait à la santé et à l'éducation, et qu'il s'agit aussi d'un budget courageux et responsable en raison, faut-il le rappeler, M. le Président, de l'état des finances publiques.

D'abord, une mauvaise administration de nos prédécesseurs, je pense que c'est important de le rappeler, qui nous a été donc léguée au mois d'avril dernier. On parle d'une impasse de 4,3 milliards de dollars. Et ça me fait penser un peu, M. le Président, à cette réplique qu'on a entendue beaucoup dans un film que... particulièrement salué les jeunes: « J'ai dépensé sans compter. » Hein, c'était Jurassic Park , juste pour vous le rappeler, monsieur. Alors, ça m'a fait penser évidemment à ça.

Donc, des dépenses effrénées, des dépenses qui nous ont aujourd'hui suivis, qui nous causent de gros problèmes, et le ministre des Finances a réussi à tirer vraiment de façon particulière et très habilement son épingle du jeu.

(10 h 10)

Et laissez-moi vous rappeler, M. le Président, des pertes importantes aussi d'argent, des entrées, des pertes d'argent qu'on n'a pas pu bénéficier. D'abord, les dépassements de coûts au métro de Laval: au coût initial de 179 millions de dollars, M. le Président, en 1998; les coûts réévalués à 379 millions de dollars en juin 2000; les coûts se situent maintenant à plus de 650 millions de dollars. Les pertes à la SGF, faut-il le rappeler, qui totalisent 771 millions de dollars. C'est les hauts dirigeants de la SGF qui continuaient à recevoir des bonis basés sur des volumes de transactions malgré des pertes.

Ça, là, M. le Président, c'est l'équivalent de tout le budget de la Culture et des Communications, et je vous dirais que, comme adjointe parlementaire de la ministre de la Culture et des Communications, je trouve ça assez important comme référence.

On peut parler aussi de la gestion déficiente à la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Avant notre arrivée, M. le Président, la caisse avait perdu déjà 13,2 milliards de dollars au cours des deux dernières années, et il était grand temps que le ménage, vous le comprendrez, soit effectué. Parlons aussi du coût du siège social de la caisse, qui s'est finalement établi à 393 millions de dollars, alors que la Vérificatrice générale a évalué la valeur marchande de l'édifice à 248 millions de dollars. C'est 150 millions qui ont été gaspillés.

Un système de santé qui a été ravagé suite à la mise à la retraite massive des médecins et des infirmières. Je ne parle même pas de système de santé ravagé, M. le Président, je parle d'un système de santé qui a été saigné de ses meilleurs éléments, saigné de ses meilleurs éléments: 5 000 infirmières mises à la retraite; 1 500 médecins mis à la retraite. Et on s'étonne aujourd'hui que, dans certaines régions du Québec ? et je suis concernée au premier chef ? on n'ait pas de médecins dans nos régions. Ça, c'est sans parler de la Gaspésia.

Donc, M. le Président, suite à tout ça, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'il y a deux enjeux majeurs et déterminants auxquels tous les Québécois sont confrontés et dont on doit prendre toute la mesure aujourd'hui pour la suite des choses. On ne peut laisser aller les choses au hasard, vous le comprenez. Et ces deux enjeux sont: la fragilité des finances publiques... Savez-vous, M. le Président, qu'actuellement le poupon qui arrive, le bébé qui vient au monde arrive avec déjà 15 000 $ de dettes? C'est incroyable, c'est gigantesque. Et c'est exponentiel, ça continue toujours à augmenter.

Si on n'arrête pas ça maintenant, ça va être un fléau. Deuxième des choses, deuxième enjeu, M. le Président: le vieillissement de la population. Aujourd'hui, il y a cinq travailleurs pour un retraité, et, dans 25 ans, ce ne seront plus que deux travailleurs qui seront là pour supporter un retraité que comptera le Québec. Tout cela portera à conséquence, vous le comprenez, et effectuera une pression sur nos services, nos services publics, et au premier chef et en particulier, vous l'aurez compris, sur le système de santé, si nous ne réagissons pas maintenant.

Ça nous donne, tout ça, M. le Président, dans notre démarche... Ça nous donne raison en fait dans notre démarche de revoir nos façons de faire et d'adapter l'État aux nouvelles donnes. C'est pourquoi mon gouvernement a lancé les forums, ces forums où les citoyens, au premier chef les citoyens, seront entendus aux forums alors que l'on pourra discuter avec eux dans un dialogue franc et transparent de ces enjeux, puisqu'ils sont au premier chef, vous comprenez, concernés.

M. le Président, l'opposition a fait gorges chaudes de différentes allégations, notamment que nous étions allés allégrement avec des augmentations de taxes. Moi, je tiens un peu, là, à rectifier le tir, parce que c'est important. Et on donnait l'exemple à moult reprises d'Hydro-Québec. Et, moi, je vous dirais que la hausse d'électricité, faut-il le rappeler, a été autorisée par la Régie de l'énergie et que la Régie de l'énergie est une institution qui a été mise en place par le Parti québécois alors qu'ils occupaient les banquettes de ce côté-ci de la Chambre.

Et je présume actuellement qu'ils doivent bien encore avoir confiance dans cette institution qu'ils ont mise en place, et qu'Henri Massé, quand même, Henri Massé, le président de la FTQ, a dit qu'il était normal actuellement, dans l'ordre des choses qu'on procède à une augmentation. Henri Massé que j'ai lu encore dernièrement dans le magazine L'actualité , où il était mentionné qu'effectivement ce président de la FTQ était d'accord avec tout ça.

J'aimerais bien vous rafraîchir la mémoire, M. le Président, et rafraîchir la mémoire à l'ensemble de mes collègues de cette Chambre sur le bilan du Parti québécois en matière de hausses de taxes.

Moi, j'en ai ici 17, on en a relevé 17: hausse des primes d'assurance médicaments, y compris pour les personnes âgées, la prime annuelle est passée de 175 $ en 1997 à 422 $ en 2002; hausse de 6,5 % à 7,5 %, 1 % d'augmentation, du taux de la TVQ en 1997; financement des investissements routiers, 28 $ par immatriculation; taxe sur les pneus neufs; taxe sur l'essence; taxe de 2 $ par nuitée dans les chambres d'hôtel; taxation des forfaits touristiques. La liste est encore longue, M. le Président. Donc, pour les leçons, on repassera, là, au niveau de la taxation, là.

Je pense qu'on a à faire face, je vous le rappelle, à des situations qui sont extrêmement exigeantes, extrêmement préoccupantes, notamment en raison des finances publiques, qui est due, hein, cette situation, par l'héritage qu'on a eu de nos amis de l'opposition officielle.

M. le Président, on a un bon budget entre les mains; à preuve, différents commentaires de spécialistes, de chefs syndicaux, du monde syndical, qui font en fait des commentaires assez positifs qui nous parviennent tous azimuts. Je vous en donne quelques-unes, de ces citations-là, M. le Président.

Henri Massé, encore une fois, président de la FTQ: « Un budget habilement tricoté. Ce premier budget du gouvernement libéral apparaît équilibré. Une amorce dans la bonne direction pour les familles. Bouffée d'air frais pour les régions. »

Jennie Skene, présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec: « Le gouvernement nous présente cette année un budget équilibré, des mesures intéressantes pour les familles à faibles revenus et des investissements pour lutter contre la pauvreté. Nous saluons ces choix » , M. le Président. Ce n'est pas des amis nécessairement traditionnels du Parti libéral, tout le monde le sait. Ils le disent, ils l'écrivent que c'est un bon budget.

« Un effort important fait en santé » , Association des hôpitaux du Québec.

Conseil du statut de la femme: « De bonnes nouvelles pour les familles. Diane Lavallée, présidente du Conseil du statut de la femme, s'est dite heureuse de l'ensemble des mesures concernant les familles, dont le retour des allocations familiales universelles. » Je me rappelle, moi, de ces coupures de ces allocations familiales, M. le Président, alors que j'étais une jeune maman. On a coupé toutes les allocations familiales pour financer un réseau de services de garde, au demeurant très bon, de très bonne qualité. Mais on revient, là, on revient parce qu'on veut avoir une attitude d'équité envers l'ensemble des familles du Québec.

« Il est important de souligner que le programme de soutien aux enfants permettra de rendre plus équitable l'aide générale aux familles » , Claude Faucher, vice-président de la Centrale des syndicats démocratiques.

La liste est longue, M. le Président, des gens qui sont ravis, je dirais même presque émus, par le budget déposé par mon collègue ministre des Finances la semaine dernière.

Alors, allons-y plus avant, M. le Président, avec l'ensemble des mesures qui ont été annoncées. Parlons santé. C'est un budget qui respecte notre engagement, faut-il le rappeler, dans le domaine de la santé. Augmentation de 5,1 %, ajout de 1 milliard de dollars, budget de 20,1 milliards cette année. Depuis avril 2003, ce sont exactement 2,2 milliards de dollars qui ont été investis dans la santé. Qui peut dire qu'on ne respecte pas notre engagement à ce niveau-là?

Ventilons tout ça. 67 millions supplémentaires pour la personne en perte d'autonomie, ça comprend, ça, le maintien à domicile. On ne peut pas dire que le virage ambulatoire, dans les dernières années, M. le Président, a été une réussite sur toute la ligne, bien, nous, on prend ça au sérieux. 25 millions supplémentaires pour le développement des GMF, dans le jargon, groupes de médecine familiale. 25 millions de dollars supplémentaires pour la prévention, agir en amont, M. le Président. 22 millions en santé mentale.

C'est important, ça, 22 millions pour la santé mentale, d'autant plus que Chaudière-Appalaches c'est une des régions au Québec où on a le plus haut taux de suicide, particulièrement chez les hommes et les jeunes garçons. Également, une augmentation de budget pour l'Office des personnes handicapées et aussi pour le soutien aux organismes communautaires. Alors, je pense qu'en santé, M. le Président, nous avons livré la marchandise.

En éducation, c'est aussi un budget qui respecte notre engagement d'investir davantage dans ce domaine. Encore une fois, dans ce cas-ci, augmentation de près de 3 %, 2,7 % pour être précise. C'est un ajout de 309 millions de dollars d'argent nouveau, M. le Président, dans le domaine de l'éducation. Ça atteint aujourd'hui un budget de 11,8 milliards de dollars. Le nombre d'engagements que nous avions pris en éducation, M. le Président, c'est rencontré. La marchandise est livrée avec le budget de mon collègue le ministre des Finances.

n (10 h 20) n

10 millions qui seront investis dans l'aide aux devoirs, c'est un engagement noir sur blanc, ça, dans notre programme. Ça va toucher les écoles primaires, ça va toucher les écoles secondaires. 10 millions de dollars pour l'embauche de professionnels spécialisés, ça aussi, c'était un engagement. Ça va faire quoi, ça, ces nouveaux professionnels là, dans nos écoles? Bien, ça va aider au dépistage et au suivi des élèves en difficulté, M. le Président.

Orthopédagogues, nommez-les tous, ce sont des gens qui sont essentiels dans nos écoles, et on sait très bien que ces ressources-là ont été coupées sous l'ancien gouvernement. 5 millions de dollars pour le programme En forme et en santé. Quand on connaît la sédentarité de nos jeunes actuellement, hein? Nos enfants sont tous un peu Nintendo, la télévision, c'est quelque chose qui est captivant, ça.

Alors, il faut les sortir de là, il faut les amener voir autre chose, leur donner également d'autres habitudes de vie, de bonnes habitudes de vie, je dirais. 5 millions également pour la réussite des étudiants au collégial.

Alors, moi, ce que j'affirme ici, aujourd'hui, M. le Président, c'est que mission accomplie au niveau des engagements sur nos deux priorités prioritaires, santé et éducation.

Famille ? c'est juste pour qu'on soit sûr qu'on ait bien compris ? famille, je suis extrêmement fière, M. le Président, aujourd'hui, de voir que notre gouvernement a pointé, a ciblé vraiment les familles du Québec. Si on ne s'occupe pas des familles... Quand on parle de problèmes démographiques, quand on parle de problèmes de vieillissement de la population, bien un des moyens de régler justement tout ça... On aura l'occasion d'en parler dans les forums, parce qu'il y a plein, plein de solutions qu'on peut amener, mais les familles, au premier chef, c'est elles qu'on doit supporter.

Et, quand je vous disais, tout à l'heure, d'entrée de jeu, qu'on a déposé un budget sensible et empathique, ça se vérifie avec toute l'attention qui est apportée aux familles.

D'abord, parlons du Soutien aux enfants, qui touche 1 million de familles, pour une somme de 550 millions de dollars. Et tout ça, ça pourrait signifier, là, dans le détail, si on ventile tout ça: 2 000 $ pour le premier enfant, 3 000 $ pour le deuxième, 4 000 $ pour le troisième et 1 500 $ pour chaque enfant supplémentaire. Prime au travail: 500 000 travailleurs à faibles revenus qui verront leurs efforts récompensés, M. le Président, d'accéder au marché du travail et surtout d'y rester, par un apport de 240 millions de dollars.

Tout ça, ça peut représenter une somme de 2 800 $ de plus pour un couple avec enfant et 2 190 $ pour une famille monoparentale, parce que, on le sait, c'est toujours plus payant pour l'individu, pour la famille et pour la société qu'on ait des gens qui soient au travail. Et donc, avec les programmes Soutien aux enfants et Prime au travail, les familles verront leurs revenus augmenter.

Prenons l'exemple, M. le Président, d'un couple avec deux enfants et un revenu de 25 000 $ par année. Le régime actuel, là, qu'est-ce que ça leur accorde? Ça leur accorde quelque chose comme 776 $ par année. Avec nos deux mesures combinées, Soutien aux enfants et Prime au travail, ce sont plutôt 4 000 $ de plus que recevra cette famille. C'est extraordinaire! C'est vraiment extraordinaire, et les familles pourront réinvestir cet argent-là. C'est de l'argent qui va pouvoir bénéficier à l'ensemble de la famille. On ne peut pas être contre ça, 4 000 $ supplémentaires.

Également, c'est important de le rappeler que c'est l'ensemble des contribuables aussi, à quelque part, qui va recevoir des bonifications au niveau d'impôts, 220 millions de dollars qui seront consentis en baisses d'impôts à l'ensemble des contribuables québécois par la simplification du régime fiscal. Qu'on se le dise, M. le Président, en tout, c'est 1 milliard de dollars qui sont retournés à la population, et ça aussi, je me plais à bien le rappeler que c'était un engagement.

Abolition de taxes: depuis la semaine dernière, les parents ne paient plus la taxe de vente du Québec sur les couches, les biberons et les autres équipements d'allaitement. On sait ce que ça coûte aujourd'hui, ça. Ça coûte beaucoup de sous, beaucoup de sous. Alors ça, c'est une excellente nouvelle, une excellente nouvelle. Frais de garde: dorénavant, les familles recevront par anticipation le crédit d'impôt pour les frais de garde d'enfants. C'est de l'argent qui revient rapidement dans les poches, qu'ils vont pouvoir réinvestir.

Logement social: excellente nouvelle, construction de 16 000 logements à loyer modique ou abordable, c'est 250 millions de dollars. Programme d'adaptation de domicile pour les personnes handicapées: on n'attendra plus des années, là, pour voir aménagé son logement quand on est une personne qui vit avec un handicap, ce n'est pas vrai, ça, ça va se faire plus rapidement maintenant, 39 millions de dollars.

Continuation des mesures pour contrer les effets négatifs des pénuries de logements: on sait, M. le Président, que ce n'est pas encore réglé, tout ça, mais on met des mesures en place, donc la continuation de ce programme-là, 34 millions.

Les régions maintenant. Je peux vous dire une chose: Dans le budget de notre collègue ministre des Finances, les régions n'ont pas été oubliées. Et, entre autres mesures, ce que, moi, j'ai retenu, là, c'est le Régime d'investissement coopératif. C'est important pour nos régions, vous le savez.

Bellechasse, comme beaucoup d'autres, compte beaucoup de coopératives, et j'irais même jusqu'à dire que Bellechasse est un des berceaux de la coopération au Québec, ça me fait bien plaisir aussi de le mentionner, et que, avec l'instauration d'un taux de déduction unique et majoré à 125 %, c'est une nouvelle qui est vraiment extraordinaire. D'ailleurs, Alban D'Amours l'a souligné avec beaucoup aussi de justesse en disant que c'était une merveilleuse nouvelle pour le monde coopératif.

On se souviendra effectivement qu'il y avait eu un moratoire en juin dernier, le temps de voir placer les choses, le temps de voir où est-ce qu'on s'en allait avec tout ça, et finalement on revient avec le RIC et on revient avec encore plus de bonifications.

Le FLI...

Une voix: ...

Mme Vien: Oui, merci, cher collègue.

Une voix: Député de Vachon.

Mme Vien: M. le député de Vachon, merci beaucoup, c'est gentil. Le Fonds local d'investissement, le fameux FLI, M. le Président, ça, c'est un fonds qui est géré par les CLD. C'est extrêmement important pour nos régions, M. le Président. On accorde là-dedans une prolongation jusqu'en 2010 pour le remboursement au gouvernement. On sait que, dans le régime actuel des choses, là, dans l'ordre des choses, c'est qu'on devait procéder au remboursement cette année. Alors, nous, on a dit: Non, on va attendre, on va laisser les gens gérer encore davantage ce fonds-là pour procéder au remboursement en 2010.

Et je vous dirai que, dans ce dossier-là, on a bien écouté les citoyens qui sont venus nous rencontrer et qu'on a bien compris leur message, ces gens des régions qui ont plaidé en faveur d'une telle mesure, donc de cette prolongation.

Le FIER, Fonds d'intervention économique et régionale, ça, c'est un nouveau programme, c'est fort intéressant. Il y a deux objectifs là-dedans, M. le Président, c'est de soutenir le démarrage, également de voir au développement d'entreprises en région. Je pense qu'on a devant nous un bel exemple de ce que pourraient représenter les partenariats public-privé. Qui sont là-dedans? Fonds de solidarité de la FTQ, Fondaction de la CSN, le Mouvement Desjardins qui s'associent avec le gouvernement pour offrir de nouveaux services. 300 millions dans le fonds: 100 millions qui proviennent des trois organismes que j'ai cités et 200 millions du gouvernement.

Et à cet égard-là j'aimerais vous citer le ministre du Développement économique et régional et de la Recherche, monsieur... Je pense qu'on ne peut pas nommer son nom, alors M. le ministre, qui disait ceci le 6 avril dernier: « Voilà un outil original mis à la disposition des régions et affecté à leurs propres priorités de développement. » Hein, faire confiance aux régions.

« Les fonds d'investissement régionaux qui seront constitués à partir des contributions du FIER et des montants souscrits en région seront des outils flexibles, de taille et de structure variable ? c'est terminé, le mur-à-mur, je vous rappelle ? gérés entièrement en région et qui contribueront de façon dynamique à relancer les investissements dans les régions. » C'est ce qu'a mentionné le ministre du Développement économique et régional et de la Recherche le 6 avril dernier.

Exemption de la taxe sur le capital, elle passe de 600 000 à 1 million de dollars. Ça, M. le Président, c'est trois entreprises sur quatre, ou encore 75 % des entreprises au Québec, qui ne paieront plus cette taxe. On procède aussi à la création de la Corporation de financement des infrastructures locales du Québec, hein, tout ça pour faciliter la réalisation de travaux notamment dans les domaines du transport en commun, de la gestion des eaux et de la voirie locale, et je vous rappelle que ce sera une participation bipartite, fédérale-provinciale.

Presque en terminant, M. le Président, à

titre d'adjointe parlementaire de la ministre de la Culture et des Communications, dont je salue le professionnalisme, ici, ce matin, et cette passion, cette passion qu'elle transmet aussi à l'ensemble des Québécois mais au premier chef à son adjointe, de ce domaine magnifique qu'est la culture, j'aimerais vous parler rapidement de quelques mesures qu'on a pu lire dans le discours du budget la semaine dernière.

D'abord, que les créateurs et artistes pourront se prévaloir d'une rente d'étalement de leurs revenus. C'est quelque chose qui est révolutionnaire, ça. Ça prend des gens visionnaires pour penser à des choses comme ça et ça prend des gens vraiment qui croient à la culture, comme le ministre des Finances, pour accepter une telle mesure, et je l'en félicite, en vous rappelant qu'il y a 30 % des artistes au Québec qui voient la fluctuation de leurs revenus varier de 50 % d'une année à l'autre. Alors, ce ne sont pas des travailleurs ordinaires.

Alors, on comprend tout ça, on a été sensible, on leur a dit: On va vous permettre d'étaler votre revenu. La déduction du droit d'auteur, pouvant atteindre 15 000 $, qui sera étendue aux artistes interprètes, c'est une mesure qui était demandée depuis quand même un certain temps.

Et, pour l'industrie cinématographique et télévisuelle, M. le Président, le ministre des Finances a annoncé que le crédit d'impôt pour la production cinématographique et télévisuelle est maintenu et demeurera à l'abri de tout resserrement, ça, c'est extrêmement important, et qu'on va apporter aussi des améliorations à ce crédit d'impôt pour que les émissions de variétés et les magazines télévisés puissent y être admissibles.

n (10 h 30) n

En terminant là-dessus, M. le Président, j'aimerais bien vous rappeler que le Parti libéral du Québec, à toutes les fois qu'il a été au gouvernement, a toujours été un gouvernement sensible aux demandes des artistes, a toujours été un accompagnateur des artistes, a toujours eu cette compréhension, cette sensibilité auprès de cette clientèle.

À preuve, quelques éléments historiques: 1986, on commence l'examen des conditions socioéconomiques des artistes par la Commission de la culture de l'Assemblée nationale; en 1987, c'est la

Loi sur le statut professionnel et les conditions d'engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma; 1988,

Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs; 1992, adoption de la politique culturelle du Québec, faut-il le rappeler, c'est une première en Amérique du Nord, et ça a été fait sous le sceau de Liza Frulla à l'époque; 1993, création du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Et maintenant, M. le Président, vous le savez, nous sommes engagés dans cette étude, que nous avons rendue publique, sur le portrait socioéconomique des artistes, et tout ça se continue, puisque dans les prochaines semaines, prochains mois, d'autres aspects également qui touchent les artistes seront étudiés ici, à l'Assemblée nationale.

M. le Président, ce n'est pas peu fière que je vous ai présenté ce discours ce matin sur le budget qu'a présenté notre collègue ministre des Finances la semaine dernière. Je salue son audace, je salue sa perspicacité et je salue également sa vision. En vous remerciant.

Le Vice-Président (M. Sirros): Merci beaucoup, Mme la députée de Bellechasse. Et je cède maintenant la parole au député de Vachon. M. le député.

M. Camil Bouchard

M. Bouchard (Vachon): Merci, M. le Président. Je salue la députée de Bellechasse et son intervention passionnée, son intervention emportée, son intervention inspirée, son intervention débordante, même sur le temps de ses collègues, mais son intervention parfois erronée sur certains faits qu'il est de bonne guerre, je pense, M. le Président, dans les prochaines minutes, de relever.

Et je vous dirai, M. le Président, que, contrairement à ce que vient d'affirmer Mme la députée de Bellechasse, que le budget du ministre des Finances, même s'il présente certains aspects intéressants ? et j'y reviendrai ? comporte un certain nombre de vessies qu'il tente de nous faire passer pour des lanternes, M. le Président. J'en nommerai quelques-unes.

Alors, la première vessie, c'est tenter de faire passer un budget... une augmentation budgétaire, au

chapitre de la santé, de l'ordre de 960 millions pour une augmentation de 2,2 milliards. M. le Président, tout le monde a été témoin dans cette Assemblée et tout le monde au Québec a été témoin de cet essai du ministre de la Santé de faire porter sur deux ans une promesse d'augmentation budgétaire de 2,2 milliards qu'il avait maintes fois affirmé être son augmentation budgétaire pour une seule année, celle de 2004 et 2005. Et, à ce sujet, je pense que le ministre de la Santé et des Services sociaux a joué une

partie de sa crédibilité, et M. Michel David, dans Le Devoir du 1er avril 2004, dit ceci: « [Le ministre de la Santé] a déclaré qu'"en son âme et conscience" il avait le sentiment d'avoir tenu parole. À défaut de le jurer sur une bible, c'est la plus forte assurance qu'il pouvait donner. [M. le ministre] a joué gros. La crédibilité est ce qu'un homme politique possède de plus précieux. Une fois perdue, on la retrouve très rarement[...]. Tout le monde, sauf apparemment [le ministre], avait interprété le programme libéral comme un engagement à investir 2,2 milliards en 2004-2005.

Jamais il n'avait été question de comptabiliser les sommes investies l'an dernier. Il s'agit d'ailleurs d'une interprétation toute récente du ministre. »

Alors, M. le Président, voilà une première vessie qui se dégonfle et que le gouvernement, malheureusement, n'a pu transformer en lanterne, la population n'étant pas dupe de cette manoeuvre. Le budget en santé qui nous est proposé couvre théoriquement les frais de système, M. le Président, sauf qu'on ne prévoit pas dans ce budget les augmentations salariales qui devront être négociées et qui sont à venir, si bien que, dans les faits, le 960 millions représenterait, selon un certain nombre d'analystes, non pas 5,1 % d'augmentation, mais 3,9 %, c'est-à-dire qu'on couvrirait 3,9 % d'augmentation, et les frais de coûts de système, les coûts de système ne seraient donc pas complètement couverts.

Alors, il y a là une inquiétude importante que tout le monde dans cette Assemblée devrait partager. Nous sommes dans une situation très précaire, au niveau budgétaire, en santé, alors que ce gouvernement clamait sur tous les toits qu'il allait changer la situation du tout au tout avec un coup de baguette magique. On voit très bien que là il y a une impasse budgétaire extrêmement importante qui se profile.

Et, puisque Mme la députée de Bellechasse nous citait Mme Skene tout à l'heure... Évidemment, on a lu les mêmes communiqués de presse, alors on est en mesure de voir quelles sont les portions du communiqué qu'on utilise ou qu'on n'utilise pas.

Et alors qu'elle invoquait, alors qu'elle invoquait l'opinion de Mme Skene, qui est présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, à l'appui du budget, elle a oublié de mentionner que Mme Skene déplore le fait que le budget n'arrive pas aux attentes que le ministre et que son gouvernement avaient créées et que non seulement c'est insuffisant, mais que, et je cite: « En plus, Québec n'a pas pris en compte les négociations salariales et le règlement de l'équité salariale. Où trouvera-t-il l'argent pour régler ces dossiers? Est-ce qu'il y a des hausses de tarifs à l'horizon?

Ce qu'on attend maintenant après les fleurs, c'est le pot. » Alors, c'est ça aussi qu'a dit Mme Skene, M. le Président. Alors, voilà une première vessie de dégonflée.

Une deuxième vessie de dégonflée, c'est celle de la tentative du gouvernement en place de faire passer une mesure de baisse d'impôts à hauteur de 1 milliard, prétendait-il, de faire accepter cet item au

chapitre d'une baisse d'impôts de 1 milliard, alors qu'on sait très bien que dans le budget, en termes de baisse d'impôts annuelle, consenties cette année, il y en a pour 220 millions, M. le Président, et non pas 1 milliard.

Le gouvernement a tenté de convaincre les Québécois que cette baisse était une baisse d'impôts, alors que finalement il y a là-dedans des provisions pour des programmes sociaux dont on dira par ailleurs que la cible est bien choisie, M. le Président. Et ça fait plusieurs fois que je l'affirme depuis la publication de cette proposition budgétaire, nous pensons, je pense et nous pensons que la cible choisie par le gouvernement, c'est-à-dire les familles à revenus modestes et les familles pauvres, c'est une cible à laquelle on pourrait s'associer facilement, M. le Président. De même que nous pensons...

Et personnellement je tiens à exprimer mon appréciation à celles ? peut-être au singulier, peut-être au pluriel ? et à ceux qui ont bataillé de l'autre côté, ministériel, pour arriver à établir un barème plancher, tel que le gouvernement s'y était engagé. Et, là-dessus, nous sommes tout à fait à l'aise de ce côté-ci de la Chambre pour reconnaître l'effort.

Maintenant, M. le Président, dès son instauration, ce barème plancher, ce barème plancher n'en est plus un. Alors, le principe était intéressant, mais son application commence déjà, dès le point de départ, à nous faire sourciller puis à nous inquiéter. Pourquoi? C'est parce que le gouvernement décide désormais d'indexer, a choisi une nouvelle formule d'indexation, celle qu'il applique d'ailleurs à la table des impôts, qui fait en sorte qu'au bout de cinq ans de son plan d'action de lutte à la pauvreté les personnes à revenus modestes, les familles à revenus modestes auront perdu, avec cette nouvelle indexation sur les prestations d'aide sociale, 120 millions de dollars, M. le Président.

n (10 h 40) n

Et je vous invite et j'invite mes collègues ministériels à revoir cette mesure du gouvernement qui vient chercher dans les poches des personnes les plus pauvres, à l'aide sociale, 120 millions de dollars avec sa nouvelle façon d'indexer au coût de la vie, moins un certain nombre d'items, les prestations d'aide sociale.

Et ce 120 millions de perte dans les poches des personnes à revenus modestes et les plus pauvres comprend à la fois ce nouveau mode d'indexation, mais aussi le fait que le gouvernement décide d'imposer... plutôt d'appliquer seulement la moitié de cette nouvelle formule aux personnes qui sont aptes au travail, et qui verront donc leurs prestations minimales, leur barème, diminuer d'année en année étant donné l'inflation et le coût de la vie qui augmente.

Alors, M. le Président, nous nous associons au principe, mais très clairement nous faisons valoir que cette première application d'une indexation tronquée renie même, dans sa nature même, le principe du barème plancher.

D'autre part, M. le Président, ce budget annonce des investissements minimaux en termes de la lutte à la pauvreté. Je n'ai pas le temps d'insister là-dessus, mais je vous dirai que, lors de la publication du plan de la pauvreté, le ministre responsable a déclaré que son gouvernement était prêt à investir 2,5 milliards durant les cinq prochaines années, M. le Président.

Eh bien, voici une autre vessie qui sera dégonflée et qui ne se transformera pas en lanterne, parce que, pour arriver à ce montant, M. le Président, le ministre compte sur un taux de succès de 100 % de la fréquentation de la prime à l'emploi, alors qu'il s'est trompé de 4 200 % quant à l'application de son programme Place à l'emploi, qu'il s'est trompé manifestement de beaucoup, de 80 %, quant à la sortie des gens de l'aide sociale qu'il avait prévue l'an dernier, qu'il coupe en même temps...

Et on verra, on verra ? on fera les comptes au 31 mars 2005, M. le Président ? mais qu'il coupe près de 1 000 postes à Emploi-Québec et à la Sécurité du revenu, des gens qui sont supposés accompagner, soutenir dans leurs démarches les personnes qui sont en réinsertion à l'emploi et qui ont été marginalisées du marché de l'emploi, M. le Président.

Alors, pour arriver à son 2,5 milliards, il compte sur un taux de succès de 100 %. Ce n'est pas irréaliste, M. le Président, c'est surréaliste. Et en même temps il ne compte pas les hausses de tarifs que les personnes à revenus modestes doivent se payer durant les cinq prochaines années suite aux décisions de son gouvernement, ce qui équivaut à un manque à gagner de 1,1 milliard chez des familles dont le revenu est inférieur à 25 000 $, M. le Président.

Alors, vous comprendrez que, bien que nous reconnaissions qu'il y a certains efforts du gouvernement en matière de lutte à la pauvreté, que, en même temps, nous devons souligner aux gens... Et l'association, les ACEF le soulignent également, que les gains prévus dans la publicité gouvernementale, M. le Président, par rapport... Lorsqu'on additionne les nouvelles allocations familiales et la prime à l'emploi, les gains prévus seront quelquefois du dixième de celui de la publicité gouvernementale et quelquefois de la moitié, donc entre la moitié et le dixième, si on compte les hausses de tarifs que les personnes ou les familles doivent assumer.

Alors, M. le Président, des vessies, j'en ai encore trois dans ma liste. Je n'ai plus le temps de les discuter, mais j'aurai amplement le temps, durant l'étude des crédits, de le faire. Je vous remercie de votre attention.

Le Vice-Président (M. Sirros): Merci beaucoup, M. le député de Vachon. La parole est maintenant à la députée de Rosemont. Mme la députée de Rosemont.

Mme Rita Dionne-Marsolais

Mme Dionne-Marsolais: Merci, M. le Président. Alors, j'écoutais tout à l'heure les propos de notre collègue la députée de Bellechasse. Je crois que, quand elle a dit que la liste est longue, des gens heureux de ce budget, je lui dirais qu'elle est peut-être plus courte dans Rosemont, cette liste. Et, à entendre mon collègue le député de Vachon, elle se raccourcit de jour en jour. La seule chose que je peux dire sur ce budget, c'est qu'il est vrai que le ministre des Finances a tiré « habilement son épingle du jeu » , et la députée de Bellechasse, je la cite, l'a très justement dit.

Ce budget, M. le Président ? et le premier ministre l'a même admis ? il ne répond pas aux attentes créées par les libéraux, par le gouvernement libéral quant aux baisses d'impôts; elles ne sont pas au rendez-vous. Dans la Gazette , on lisait, le 1er avril: Charest's budget let us down again , et on citait exactement cette baisse: « He promised he would reduce taxes by 1 billion a year or 5 billion over his mandate » , et il ne l'a pas livré.

Ceux qui sont déçus, M. le Président, ce sont ceux qui ne parlent généralement pas, et donc, dans Rosemont, je vais parler pour eux. Je vais parler pour eux, parce que, nous, dans Rosemont, nous sommes très déçus. Très déçus, parce que les perdants de ce budget ? et c'est M. Francis Vailles qui faisait un

article dans La Presse le lendemain du budget à cet effet ? ce sont les retraités, ce sont les célibataires, ce sont les investisseurs boursiers, ce sont les entrepreneurs. En fait, ce sont tous ceux et toutes celles qui construisent au jour le jour l'économie du Québec par leur contribution, par leurs achats, par leur travail, par leur... à la sueur de leur front, disons, je suis tentée de dire ça.

Pour moi, M. le Président, quand j'ai écouté ce budget, je me suis rappelée le célèbre film, cette année, de La grande séduction . On a chacun ses références: la députée de Bellechasse, c'était Jurassic Park ; moi, c'était La grande séduction ; ça se comprend. Et, quand j'ai regardé le budget, je me suis dit: Bien là on est rendu à la grande illusion, parce que pendant toute sa présentation ce deuxième budget du ministre des Finances du gouvernement libéral nous présente l'illusion de baisses d'impôts, l'illusion de l'amélioration des conditions de vie et l'illusion de l'activité économique.

Mais la réalité, c'est que, ce budget, c'est une grande déception pour tous ceux et celles qui assument de manière responsable leurs impôts.

Je vais commencer par les gens de Rosemont, parce que dans Rosemont, M. le Président, nous avons au fil des années converti un site industriel qui s'appelle le site des anciens Ateliers Angus, où il y a eu déjà 12 000 personnes qui y travaillaient, et, durant 10 ans, nous avons construit des... une économie moderne de haute technologie qui emploie actuellement environ 500 à 600 personnes. Et nous avons un plan pour continuer, c'est un très grand projet qui vise 2 000 emplois dans des secteurs de pointe, et, un de ces axes de développement, c'est la biotechnologie.

Nous avons donc un centre, une entité qui avait une mission, jusqu'à l'élection du gouvernement libéral, d'attirer à Montréal, au coeur de Montréal, entre les universités McGill, Montréal, Concordia et l'Université du Québec, le résultat de leurs recherches dans... sur le site Angus. Mais, pour cela, nous avions des crédits d'impôt pour la recherche et le développement en biotechnologies et pour l'implantation d'entreprises en biotechnologies.

Dans son dernier budget, non seulement le ministre des Finances a oublié Rosemont, mais il a augmenté l'écart entre les avantages de l'île de Montréal, en matière de développement en biotechnologies, et Laval, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe. C'est un drame pour Rosemont, M. le Président, parce que, la veille de l'annonce du budget, le ministre des Affaires municipales était venu voir ce site et nous avait accordé un fonds de promotion de nos sites d'accueil d'entreprises de biotechnologies, de 250 000 $, et le lendemain on apprend que nous ne serons pas compétitifs par rapport à Laval, Saint-Hyacinthe ou Sherbrooke.

Je comprends que Sherbrooke, c'est un comté privilégié. Je le comprends, mais nous aurions aimé avoir la même chose pour Montréal aussi, M. le Président.

Mon deuxième commentaire ? parce que le temps file ? va être pour le dossier de l'énergie et tous les consommateurs d'électricité du Québec. M. le Président, j'ai interrogé le ministre des Finances en Chambre hier sur cette mesure, très discrète dans son budget, qui va coûter aux Québécois probablement entre 2 % et 3 % d'augmentation de tarifs de plus que le 2 %, 2,5 % qui avait été annoncé dès le mois de janvier dernier par la direction d'Hydro-Québec ici même, à l'Assemblée nationale, lors de la commission parlementaire.

n (10 h 50) n

Cette augmentation de tarifs, M. le Président, le ministre des Finances l'a expliquée en disant qu'en compensation il avait réduit les bénéfices attendus par Hydro-Québec. Bien, ce n'est pas ce que son budget dit. Et, dans les renseignements, encore, des orientations budgétaires du gouvernement, à la page 9, on voit que les bénéfices attendus par Hydro-Québec pour le gouvernement sont passés de 2 026 000 000 $ à 2 040 000 000 $, ce qui veut dire une augmentation de 14 millions dans les bénéfices attendus d'Hydro-Québec. Donc, ce n'est pas exact de dire qu'il y aura un ajustement dans les bénéfices attendus.

Ce n'est tellement pas exact... Parce que ça ne compte même pas dans les charges fiscales de l'entreprise. Parce qu'en plus cette taxe sur les services publics est identifiée comme une charge fiscale, donc une obligation dans les dépenses de l'entreprise. Et on sait que, devant la régie, quand Hydro-Québec va présenter sa demande d'augmentation de tarifs, elle présente les obligations financières, dont les charges fiscales, qu'elle doit assumer pour rendre le service, et, ces charges-là, elle les transfère à ses consommateurs.

Et, dans la sournoiserie de ce budget, on dit qu'il y aura un plafond pour la valeur nette des actifs pour Hydro-Québec Production, mais pas pour Hydro-Québec Distribution et transport.

Alors, ça veut dire que les citoyens du Québec, M. le Président, peuvent s'attendre à des augmentations de tarifs qui vont probablement totaliser autour de 300 millions. On aura les chiffres exacts probablement cet après-midi, parce que le rapport annuel d'Hydro va sortir à 1 h 30. Très astucieux, d'ailleurs. Mais on va essayer d'avoir ces chiffres, d'en prendre connaissance ? il sera sûrement sur Internet à ce moment-là ? pour exactement calculer la valeur de cette taxe, ce que cela représentera pour tous les Québécois et toutes les Québécoises.

En terminant ? parce que le temps file ? je voudrais dire que ce budget-là, M. le Président, il démontre encore une fois l'impuissance d'un gouvernement provincial à assumer ses responsabilités fiscales quand la moitié de son budget, de ces fonds des payeurs de taxes québécois, s'en va à Ottawa. Alors, je conclus en disant ? et c'est Michel Vastel qui l'a bien écrit le 1er avril: Toutes les provinces ont le même problème, mais celui du Québec est plus grand.

Notre capacité d'intervenir pour les citoyens du Québec, elle est limitée par les fonds qui sont envoyés au fédéral. Et je vais voter contre ce budget-là, M. le Président, parce que je crois que le Québec mérite de contrôler tous ses fonds et ceux de ses citoyens qui veulent des services publics de qualité. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Sirros): Alors, merci, Mme la députée de Rosemont. Le prochain intervenant sera le député de Hull. M. le député de Hull.

M. Cholette: Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Sirros): Juste faire remarquer tout simplement que, du côté gouvernemental, il reste un total de 25 minutes.

M. Roch Cholette

M. Cholette: Merci, M. le Président. Vous comprendrez que je serai bref, parce que j'ai beaucoup, plusieurs collègues, beaucoup de personnes veulent intervenir sur ce magnifique budget.

Et je vais débuter tout de suite, M. le Président, avec quatre chiffres: deux, trois, 14 et 19. Deux: nombre de travailleurs que nous aurons pour chaque retraité en 2030.

Trois: trois portes devant lesquelles on se retrouve, avec une situation financière catastrophique laissée par l'ancien gouvernement, trois portes: augmenter les dettes, augmenter les taxes ou faire autrement. 14: la grande journée où le Québec est sorti de l'immobilisme, les chaînes de l'immobilisme du Parti québécois qui ont été mises à la porte. 14 plus trois, plus 2, ça fait 19: 19 forums régionaux, justement, pour consulter les citoyens du Québec, consulter pour vraiment mettre les choses sur la table et façonner le Québec d'aujourd'hui, mais surtout de demain, M. le Président.

Et vous voyez que ça balance, je ne suis pas comptable pour rien, là.

M. le Président, nous avons lancé, en prévision de ces colloques, un document extraordinaire: Briller parmi les meilleurs . Puis j'ai le résumé ici, M. le Président. C'est quoi, ça? Bien, c'est un grand rendez-vous au dialogue, longtemps repoussé par l'ancien gouvernement qui, dans sa tour d'ivoire, a décidé de vraiment s'exiler de la population, s'éloigner de la population.

Et le grand verdict est arrivé il y a un an, très bientôt un an, où la population a dit: C'est assez, allez faire vos devoirs, vous avez arrêté d'écouter, vous avez engouffré le Québec dans une situation financière catastrophique, vous avez des mesures d'il y a 30 ans, puis vous n'avez pas de vision pour le Québec, n'eût été de l'option souverainiste, qui s'est fait rejeter non pas une seule fois, mais deux fois, M. le Président. Et, campé dans cette position, le Parti québécois est incapable d'en sortir pour proposer une vision d'avenir au Québec.

Et, grâce au Parti libéral, eh bien, ces citoyens du Québec ont vu une lumière au bout de ce tunnel qui était noir jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Jean Charest et de son équipe... du premier ministre et de son équipe, pardonnez-moi.

Alors, M. le Président, pour façonner le Québec, on a eu un point de départ. Le point de départ, c'est la situation dans laquelle on a retrouvé le Québec le lendemain du 14 avril dernier. Ce n'était pas rose, M. le Président, rappelons-nous.

Rappelons-nous l'état de notre système de santé le 15 avril au matin; rappelons-nous notre système d'éducation le 15 avril au matin; rappelons-nous notre situation fiscale le 15 avril au matin, où est-ce qu'on était les plus taxés en Amérique du Nord; rappelons-nous aussi de l'endettement qui étouffait les finances publiques; rappelons-nous de l'immobilisme dans lequel le Parti québécois a placé le Québec, notamment avec des fusions municipales forcées que personne ne voulait, au Québec. Rappelons-nous de tous ces événements pour un peu décrire le début du mandat.

Depuis ce temps-là, il y a eu des gestes, vous le savez ? même, on se le fait reprocher ? courageux, hein, depuis le 15 avril au matin, des courageux. Pourquoi? Pour ramener l'État dans le droit chemin et ramener l'État où il doit être. Parce que, pour nous, là, l'État ne peut pas être partout pour tout. Il faut faire des choix, des choix qui ont été évacués du débat politique lors du dernier mandat du Parti québécois.

Et ces choix, bien, on en a fait. On a ramené le Code du travail dans un contexte beaucoup plus réaliste par rapport au reste du Canada. On a recentré les finances publiques, notamment avec un premier budget très serré, en diminuant l'augmentation des dépenses pour justement contrôler les dépenses de façon éhontée sous le Parti québécois, et on a contrôlé notre dette. Parce que, sur les six dernières années, rappelons-nous, la dette a augmenté de 13 milliards de dollars. 13 milliards de dollars, c'est beaucoup d'argent, M. le Président.

Soit dit en passant, juste vous et moi, là, vous savez que 1 milliard de dollars, c'est 1 000 millions. On va prendre deux minutes, là, parce que c'est des gros chiffres, puis des fois quand tu parles de ça: Oui, c'est quoi, ça? Bien, écoutez bien ça, là: 1 000 millions de dollars, ça, c'est 1 milliard. Dans six ans, on a augmenté la dette de 13 fois ça, 13 fois 1 000 millions qu'on a augmenté la dette, sous un prétendu déficit zéro. Alors, faites-moi rire!

Ça, c'est comme dire au gérant de banque: Je balance mes finances, sauf que toute mon épicerie va sur ma Visa, puis on a augmenté la Visa de 13 milliards de dollars. Ça, c'était sous le règne du Parti québécois. Eh bien là c'est fini, ce temps-là. Là, on va recentrer, là, les finances publiques d'une façon beaucoup plus serrée.

Mais, parlant de finances publiques et parlant de démographie... et, quand je vous disais qu'il n'y a que deux travailleurs pour un seul retraité en 2030, c'est justement le but de ce document-là, pour dire aux Québécois: Voici la situation réelle, véridique, sans artifice. C'est ça. On n'a rien à cacher. On peut-u jaser? On peut-u parler de votre vision du Québec pour demain? On peut-u parler du Québec de demain pour mon fils Vincent, pour mon fils Nicolas?

Parce que, dans le fond, pourquoi est-ce qu'on est ici? Moi, j'ai 40 ans, là, M. le Président, mais je suis ici pour façonner le Québec d'aujourd'hui mais aussi pour laisser un Québec à mes enfants; puis, mes collègues, c'est la même chose. Tout le monde qui ont des enfants, ici, là, on est ici pour ça, hein, pour façonner le Québec de demain, pour être capables de leur léguer un Québec plus responsable, plus près d'eux, qui livre les bons services au bon moment puis de la bonne façon. C'est ça, l'État. Parce que ce n'est pas un artifice comptable, l'État, là. C'est quoi, l'État?

Bien, c'est une collectivité qui se met ensemble pour livrer des services au moindre coût possible. Ça, ça devrait être l'objectif, pas que l'État soit partout pour tout, comme on a vécu avant. C'est ça qu'on veut faire; il faut ramener justement les choix au bon endroit.

M. le Président, vous savez... puis, quand je parle de ça, ce n'est pas parce que c'est défaitiste, mais il faut regarder les chiffres en face. Le coût des services publics, M. le Président ? je ne veux pas être long, là, parce que le temps presse, mais je ne veux pas être long, le coût des services publics ? est extrêmement important au Québec. C'est 1 457 $ de plus au Québec qu'en Ontario que ça nous coûte pour gérer l'État. C'est 1 500 $, là, de plus au Québec pour chaque citoyen ? chaque citoyen ? par personne. La richesse des citoyens, par contre, est de 6 500 $ de moins au Québec.

n (11 heures) n

Alors, il y a un problème là. On a un plus gros État, on est les plus taxés, on est les plus endettés puis on a moins de monde au niveau de la courbe démographique. Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'il y en a qui ont décidé de dire ceci: « Les tendances démographiques à elles seules exigent que les Québécois modèrent leurs attentes à l'égard d'un gouvernement qui n'a tout simplement plus les moyens de ses ambitions. L'État québécois doit apprendre à gérer les deniers publics de façon prudente, à ne plus dépenser où cela n'est pas absolument nécessaire. La révision continue du rôle de l'État est une exigence fondamentale qui ne devrait pas faire l'enjeu de batailles politiques partisanes. »

C'est beau, hein? C'est bien dit. J'aimerais ça que ce soit moi qui disais ça. Ça pourrait être même mon premier ministre qui disait ça. Ça pourrait être vous, M. le Président, qui disait ça. Savez-vous quoi? Ça pourrait être à peu près tout le monde dans leur salon, qui nous écoute, qui pourrait dire ça. Mais savez-vous qui l'a dit? C'est un ancien ministre péquiste, Joseph Facal, et un ancien syndicaliste, Clément Godbout ou... en tout cas, encore, c'est un syndicaliste, Clément Godbout.

À ce que je sache, là, ce n'est pas des membres en règle de notre parti, à moins qu'ils ont vu la lumière puis ils ont commencé à prendre une carte de membre. Mais Joseph Facal puis Clément Godbout pensent ça.

Bien, c'est ça qu'on fait, M. le Président. Il faut sortir du débat politique pour dire: Ça a-tu du bon sens d'être dans ces champs-là, avec ce genre de dépenses-là, considérant notre richesse collective? Eh bien, M. le Président, la réponse: on pense que ça prend un grand débat, puis le débat, il a été lancé avec le discours sur le budget. Un excellent budget. Pourquoi? Pas trop compliqué: parce qu'on baisse les impôts de 1 milliard de dollars. Là, là, j'entends le monde me dire: Bien, non, tu ne baisses pas les impôts, tu redonnes de l'argent.

On va l'appeler comme vous voulez, choisissez le terme, mais au net-net, là, à partir du 1er janvier 2005, l'État québécois va retourner 1 milliard de dollars dans les poches des Québécois et des Québécoises, par année. 1 000 millions de dollars qu'on retourne à partir du 1er janvier. Je peux être technique? C'est des crédits d'impôt augmentés qui deviennent remboursables. Ce n'est pas important. Au net, par rapport à avant, par rapport à leur gouvernement, on retourne dans les poches des citoyens du Québec 1 milliard de dollars de plus à partir du 1er janvier 2005.

Je vais vous donner des exemples. En passant, ce milliard est divisé en trois grands morceaux. Il est divisé: soutien aux familles, très gros morceau ? je vais vous parler de ça dans un instant, soutien aux familles, donc gros morceau; prime au travail, gros morceau; et modification, là, du régime fiscal, où est-ce qu'on change de deux formulaires à un seul, un autre gros morceau, puis ça, ça touche tout le monde.

On commence. Soutien aux familles, c'est quoi, ça? C'est un chèque à toutes les familles du Québec. Aussitôt que tu as un enfant, tu as un chèque, à partir du 1er janvier 2005, puis tu vas en avoir quatre par année, des chèques: le 1er janvier, le 1er avril, ainsi de suite. À tous les trois mois, tu reçois un chèque non imposable. Et ça, c'est 1 milliard de plus, quand je fais le total, qu'avant, 1 milliard, 1 000 millions. Ça veut dire quoi pour, par exemple, une famille deux enfants? Deux personnes, deux enfants, revenu familial de 60 000 $, bien, ça va représenter: au total, il va payer 750 $ d'impôts de moins.

Je vais changer ma façon de le dire: une mère monoparentale, deux enfants, elle va recevoir 4 000 $ de plus par année, pas imposables. Je vais recommencer ça, là: pour les femmes qui nous écoutent, pour les hommes qui nous écoutent, qui sont seuls à la maison, qui ont deux enfants en bas de 18 ans, nous allons leur retourner, à partir du 1er janvier, 4 000 $. Ça veut dire un chèque, le 1er janvier 2005, de 1 000 $ non imposable, le 1er avril, un autre 1 000 $ non imposable. Ça peut-u être plus clair que ça, là? 4 000 $ de plus dans leurs poches à partir du 1er janvier. Dès le 1er janvier, 1 000 $ non imposables.

Ça commence bien l'année, ça. Et ça, ceux qui pensent que ce n'est pas des baisses d'impôts, là, bien, dites-moi c'est quoi. Dites-moi c'est quoi. C'est 1 000 $ de plus dans leurs poches pour vaquer à leurs obligations, notamment une famille monoparentale, deux enfants.

Je pourrais continuer, là, j'ai plein d'exemples de tableaux, mais ça, c'est le principe, tout le monde, tout le monde gagne, sauf à partir de 100 000 $. Une famille en haut de 100 000 $, c'est pareil comme avant. Ils ne perdent rien, mais ils ne gagnent rien dans ce budget-là. Mais tout le monde qui gagne 100 000 $ et moins, tout le monde qui gagne 100 000 $ et moins, famille, ont un avantage dans le budget de mon collègue des Finances.

Ça va déjà vite, Mon Dieu! déjà 12 minutes. On m'a demandé de me limiter. Rapidement. Je pourrais continuer comme ça pour des heures, M. le Président, parce qu'il y a toutes sortes de... On est en train de dire aux travailleurs pauvres... pauvres travailleurs, comme je les appelle, le gars qui se lève avec sa boîte à lunch, puis il ne gagne pas beaucoup d'argent, puis des fois il se demande: Ça vaut-u la peine? Je devrais-tu rester sur l'aide sociale ou bien je vais-tu travailler? Puis je suis déchiré. Bien là, il n'y en aura plus, de choix à faire, parce que ça va être payant aller travailler.

Parce qu'on veut valoriser le travail, on veut mettre le Québec au travail. Puis c'est ça que les libéraux veulent faire, M. le Président, mettre le Québec au travail. Ça, c'est nouveau, puis, grâce à mon collègue de l'Emploi et de la Solidarité, on est en train de valoriser le travail, de dire aux Québécois: On a confiance en vous, vous êtes capables d'aller travailler puis on va vous aider, on va vous accompagner là-dedans.

On est en train de simplifier le régime fiscal. Il n'y en aura plus deux: simplifié puis compliqué. Ça va être juste un qui va être simple, puis on sauve une couple de centaines de millions là-dedans qu'on retourne dans les poches des citoyens du Québec. On enlève les taxes sur les couches. On a un budget famille, M. le Président, on a un budget qui met le citoyen au coeur de nos préoccupations. On a un budget qui met la famille au coeur du gouvernement libéral. Je vous remercie.

Le Vice-Président (M. Sirros): Alors, merci beaucoup, M. le député de Hull. La parole est maintenant au député de Drummond. M. le député.

M. Normand Jutras

M. Jutras: Alors, M. le Président, j'écoutais mon collègue de Hull et je ne pouvais pas m'empêcher de sourire quand j'entendais son allocution, et cela, à plusieurs égards. Il nous parlait, entre autres, de l'augmentation de la dette qu'il trouve épouvantable, là, de l'ordre de 13 milliards, puis là il faisait le calcul disant que c'est 13 fois 1 000 millions, et là il déplore ça, il trouve ça épouvantable.

Mais comment aurait-il trouvé ça, M. le Président, l'augmentation de la dette, lors du dernier mandat des libéraux, qui est passée de 40 milliards à 78 milliards? En cinq ans, M. le Président, les libéraux, de 1989 à 1994, ont pratiquement doublé la dette du Québec. Alors, si je reprends le calcul du député de Hull, ça veut dire 38 fois 1 000 millions. C'est trois fois pire, M. le Président.

Alors, quand je voyais à quel point il était pompé tantôt, imaginez-vous, il aurait bien fait une crise cardiaque ou, comme on dit, il serait tombé dans les vapeurs s'il avait eu à vivre avec cette situation-là que, nous, on a ramassée, en 1994, quand on est arrivés. Alors, il n'y a aucune comparaison quand on regarde ce qui s'est passé l'année dernière par rapport à ce qui s'est passé en 1994; c'était trois fois pire.

Et, en plus, M. le Président, ce qui était bien pire comme situation, c'est que, quand les libéraux ont doublé la dette du Québec, c'était pour payer l'épicerie, tandis que, nous, quand même, l'augmentation de la dette, M. le Président, c'était pour des immobilisations et non pas pour payer l'épicerie. Alors...

Et ce que je trouvais drôle aussi dans l'intervention du député de Hull, M. le Président, c'est que, là, il disait: Avec nous, c'est fini, il n'y en aura plus, d'augmentation de dette. Au cours de la dernière année, elle vient encore d'augmenter de 3 milliards, puis, avec le budget qui vient de nous être présenté, elle va encore augmenter de 3 milliards. Alors, c'est un peu ce qu'on retrouve dans le budget finalement, M. le Président. C'est qu'on dit des choses, mais en fait c'est le contraire qui est la vraie vie, qui est la vraie situation.

Puis je termine mes commentaires sur l'allocution du député de Hull, tu sais, quand il dit ? puis il était pompé, là, à ce moment-là ? quand il dit: On veut mettre le Québec au travail. Bien, il commencerait à être temps que les libéraux... que le gouvernement libéral se mette au travail, M. le Président, parce que, depuis qu'ils sont là, constamment le chômage augmente puis il augmente encore ce mois-ci. Alors, il faudrait savoir qu'est-ce que le député de Hull entend par mettre le Québec au travail, parce que j'ai l'impression que, pour eux autres, c'est plutôt mettre le Québec en chômage.

Moi, M. le Président, ce budget-là, je le qualifie... je peux le qualifier de trois façons. Je dirais que c'est un budget... j'appelle ça rire du monde, ça peut être ça. Ça peut être aussi prendre les Québécois pour des imbéciles, mais je pense que les Québécois sont intelligents et ils ne se feront pas passer une couleuvre comme on a voulu leur en passer une dans ce budget-là. Ou, encore, je dirais, c'est un budget que je pourrais qualifier, comme l'a fait le député d'Arthabaska...

Le député d'Arthabaska, dans son allocution hier, il disait que, ce budget-là, c'était une astuce, puis on sait c'est quoi, une astuce. On dit: C'est un moyen que l'on prend pour tromper quelqu'un. Alors, le député d'Arthabaska, hier, dans son allocution, a qualifié le budget d'astuce. Je suis d'accord avec lui que c'est une astuce. Et pourquoi je dis ça? Parce que je trouve ça grave, M. le Président, qu'en politique on soit rendus à ne plus être capable d'appeler un chat un chat et de ne plus être capable d'appeler un chien un chien.

Quand, M. le Président, un ministre des Finances, dans un gouvernement, présente un budget et il nous parle: Mission accomplie, on réduit les impôts, puis qu'on lit ce budget-là puis qu'on s'aperçoit que le ministre des Finances, qui supposément a une formation de fiscaliste, confond une réduction d'impôts avec des programmes sociaux, M. le Président, il y a quelque chose qui ne marche pas là-dedans, là. On mélange les choux puis les carottes, puis on n'est plus capable d'utiliser les mots dans leurs sens, on n'est plus capable de donner aux mots leurs vrais sens. Et, moi, je n'en reviens pas qu'on fasse ça, M. le Président, je n'en reviens pas qu'on en soit rendu là.

n (11 h 10) n

Et il faut comprendre le cynisme des Québécois à l'endroit des politiciens, c'est en raison de comportements, de faits et gestes et de dire... comme ceux-là qui font en sorte que les Québécois, beaucoup de Québécois sont rendus très cyniques par rapport à la politique. Ils se disent: Mais comment croire les politiciens quand, à un moment donné, un ministre des Finances appelle une réduction d'impôts des allocations familiales? Puis, le député de Hull, il vient de répéter ça en plus.

Tu sais, c'est à croire que c'est contagieux, ça, au sein de l'équipe libérale parce qu'on l'a entendu dans plusieurs de leurs discours quand ils ont parlé l'un après l'autre. Eux autres, c'est pareil: des programmes sociaux puis des réductions d'impôts, c'est la même affaire. M. le Président, ça m'apparaît affecter... Le fait de tenir de tels propos, ça m'apparaît affecter la crédibilité des politiciens, et je trouve ça malheureux pour nous, là, ici, dans cette enceinte, là, qu'on en soit rendu à agir de cette façon-là.

Avec en plus le fait, M. le Président, que, dans le cas présent, on assiste à la violation d'un engagement électoral. Les libéraux avaient pris l'engagement de réduire les impôts et ils ne respectent pas leur engagement. En fait, ça devait être une réduction d'impôts de 1 milliard par année, et là la seule réduction d'impôts qu'il y a dans ce budget-là, c'est 220 millions, et c'est juste en 2006. Alors, ce n'est pas à chaque année, ce n'est pas en 2004, 2005 et 2006, M. le Président, c'est juste en 2006 qu'on verra 220 millions.

Un autre élément aussi qui me renverse dans ce budget-là, c'est ce qui se passe au niveau de la santé. On avait promis... les libéraux avaient promis 2 milliards dans la santé, et on était d'accord avec ça, nous. On le dit: Oui, c'est vrai que c'est ça que ça prend dans notre système de santé, il manque d'argent dans notre système de santé, il manque 2 milliards. Et là, dans le budget, on lit, M. le Président, 960 millions. C'est aux alentours de 40 % de ce qui avait été promis. Puis là il y a le ministre de la Santé qui sort publiquement puis qui dit que c'est une bonne nouvelle.

Il reçoit 40 % du montant qu'il a demandé puis il dit que c'est une bonne nouvelle. Ça aussi, M. le Président, je considère que c'est rire du monde. Ça aussi, M. le Président, je considère que c'est de prendre les Québécois pour des imbéciles. Et ça aussi, comme l'a dit le député d'Arthabaska hier, ça aussi, je considère que c'est une astuce.

Je veux parler aussi de deux autres éléments rapidement, M. le Président. Le développement économique dans les régions, à quel point, là aussi, le Parti libéral qui s'était dit le parti des régions... Puis on nous disait que le député de Sherbrooke s'était promené dans toutes les régions du Québec, puis là il connaissait bien les régions. Les grandes oubliées entre autres, dans ce budget, M. le Président, ce sont les régions. Entre autres, ce que je veux dénoncer, c'est encore une fois la coupure du programme FAIRE, le fonds d'aide à l'investissement et à la relance de l'emploi.

Moi, quand je regarde à quel point chez nous, dans Drummond, ce programme-là a été profitable, qu'il a créé quelque 2 000 emplois puis qu'il en a consolidé environ 2 500 à 2 700, et qu'on voit encore cette enveloppe-là qui est coupée pour en être réduite, somme toute, à 25 millions, je ne peux que déplorer cette situation-là. Et ça démontre à quel point, quand on voit aussi comment encore une fois le budget du ministère des Régions est coupé, ça démontre à quel point ce gouvernement-là ne se soucie pas des régions, et ce n'est pas pour rien que le chômage augmente dans les régions.

Chez nous, depuis que les libéraux sont au pouvoir, M. le Président, depuis un an, au Centre-du-Québec, le chômage est passé de 8 % à 11 %. Alors, quand j'entendais le député de Hull qui disait: On veut mettre le Québec au travail, en tout cas ce n'est pas ce qui se passe chez nous, au Centre-du-Québec, et ce n'est pas ce qui se passe dans la majorité des régions du Québec.

En fait, M. le Président, le problème, c'est un manque d'argent, on en convient tous. Et là je veux vous référer à la page 26, à la page 26 du budget, où, là, le ministre des Finances nous parle de sa stratégie pour aller chercher de l'argent au fédéral. Puis là il dit: On va être « des partenaires actifs et résolus » . On va faire « valoir des propositions concrètes » . On va participer à des comités. On va intensifier des contacts. Là, ça finit: « L'objectif de notre démarche est clair: obtenir, à moyen terme, la correction du déséquilibre fiscal. »

Ce n'est même plus à court terme, M. le Président, c'est à moyen terme. Et tout le monde le sait, que le problème de la santé c'est urgent; tout le monde le sait, qu'on manque d'argent dans la santé, M. le Président. Et là tout ce que les libéraux, tout ce que le ministre des Finances trouve à dire dans son budget, c'est de dire: On va faire des comités, on va se réunir, on va leur parler, on va en parler sur la place publique. Ça aussi, M. le Président, je considère que c'est rire du monde.

On le connaît, le problème, on le connaît depuis longtemps, il manque d'argent. Mais là, les libéraux, plutôt que de décrire la vraie situation, M. le Président, plutôt que de s'attaquer au fédéral, qui refuse de remettre de l'argent ? ça, ils n'en parlent pas, parce que, en fait, ils sont complices... Et le problème des libéraux du Québec, M. le Président, c'est qu'avant toute chose ils sont fédéralistes.

Ils sont fédéralistes avant la santé des Québécois, ils sont fédéralistes avant l'éducation des Québécois, ils sont fédéralistes avant les intérêts supérieurs du Québec, et ça, ça crée le genre de situation qu'on a, un budget qui est tout à fait... je le qualifierai, M. le Président, de pas sérieux et qui est une imposture. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Sirros): Alors, merci, M. le député de Drummond. Je reconnais maintenant la députée de Champlain. Mme la députée.

Mme Noëlla Champagne

Mme Champagne: M. le Président, merci. Alors, écoutez, j'accepte aujourd'hui de parler du budget du gouvernement du Parti libéral parce que, depuis un an, bientôt un an ? dans mon cas, tout le monde en convient, ça va être plus le 20 mai qu'autrement, puisque j'ai eu deux élections ? je fais le constat très simple, à partir des contacts que j'ai avec les citoyens et les citoyennes du comté de Champlain particulièrement et de toute la région de la Mauricie: le budget du gouvernement du Parti libéral, c'est un budget qui a mis la Mauricie sur respirateur artificiel.

On n'avance pas; on ne bouge pas; on inquiète; on ne sollicite pas l'énergie des gens; on contient les gens avec beaucoup d'attentes.

Or, le budget est arrivé, comme on s'y attendait, le 30 mars dernier. Il y avait énormément d'attentes. Les citoyens du comté de Champlain et de toute la Mauricie attendaient de bonnes nouvelles. Alors, ce qu'ils ont eu, c'est: Écoutez, avant 2005, attendez-vous à rien, on n'a pas les moyens de vous donner ce dont vous avez besoin parce que l'argent, il n'arrivera ni d'Ottawa ni d'ailleurs, on n'en a pas. Alors, écoutez, tout le monde en convient, le gouvernement du Parti québécois en convient depuis de nombreuses années, le Québec est ingérable, le Québec n'a pas les moyens de se donner des avantages parce qu'on a des contraintes financières énormes.

Alors, quand je regarde le budget du gouvernement du Parti libéral, le budget du ministre des Finances, eh bien, on n'a qu'à ouvrir les nombreuses pages de journaux et, ce qu'on entend, les gens cherchent le miracle, les gens cherchent la bonne nouvelle et les gens continuent à bouger mais bouger dans des structures. Alors, si je me réfère encore dans mon comté, comme le font beaucoup de nos députés qui sont près de leur monde, bien on se rend compte que, dans les CLD de ma région particulièrement, les gens sont en train de se syndiquer. Les gens ont peur à leur emploi.

Pourquoi d'un seul coup, après le budget, les gens ont peur à leur emploi? La réponse est simple: les programmes de fonds local d'investissement sont tellement limités, tellement coincés que ces gens-là se disent: Bien, voyons, s'il n'y a plus de fonds à gérer, je vais donc devoir quitter mon emploi ou, du moins, on va poliment me montrer la porte. Alors, ce mouvement de syndicalisation dans les CLD, on ne l'avait pas connu de notre règne, M. le Président, parce que ce n'était pas nécessaire. Il y avait un rapport de confiance avec notre société, un rapport de confiance avec les élus du temps.

Et ce rapport de confiance là malheureusement n'est plus là. Hier après-midi particulièrement, il y avait une réunion d'urgence dans le CLD des Chenaux, dans mon comté, parce qu'il y a une inquiétude qui déborde l'entendement.

Alors, le temps qu'on passe à discuter des mesures budgétaires du gouvernement du Parti libéral, le temps qu'on passe à discuter des structures qu'on doit remodeler, reconduire autrement avec un nouveau modèle, une nouvelle image, eh bien, c'est à l'image du budget du gouvernement du Parti libéral. On a fardé, on a donné l'impression de... Sur le coup, c'était comme intéressant. Il y avait des petits morceaux d'argent qui revenaient à nos jeunes familles. Par contre, il ne faut pas que tu gagnes un gros salaire si tu veux profiter de ça.

Alors, quand les jeunes familles se sont assises et se sont mises à calculer les montants d'argent auxquels elles avaient droit, avec les hausses de tarifs un peu partout, elles se sont dit: Mais je suis perdante. Le calcul a été fait.

Alors, ce matin, M. le Président, je ne ferai pas un combat d'actuaire, je ne ferai pas un débat avec les nombreux chiffres qui vous ont été présentés depuis quelques jours, parce que la population du Québec, ce n'est pas des combats de chiffres qu'elle veut; elle veut des résultats. Or, M. le Président, quand je regarde toutes les nombreuses informations qui me sont parvenues de mon comté, auquel j'ai été... J'ai été même convoquée à des rencontres pour qu'on parle du budget Séguin. Eh bien, le résultat de ça, c'est qu'on a semé de l'inquiétude, on a semé de l'angoisse. Et présentement je vous donne des exemples concrets.

Chez moi, dans la Mauricie, on avait un merveilleux projet, qui était le projet ACCORD, où on avait intéressé les gens de notre milieu à s'investir corps et âme, je dirais, dans une belle aventure, le créneau des papiers à valeur ajoutée et les technologies associées.

n (11 h 20) n

La région de Trois-Rivières est très fière de participer... était fière de participer à ce programme-là. Elle continue. Mais ça va être quoi, l'argent qui va arriver? Je regarde le créneau des technologies de transformation des métaux. Autre belle aventure que la Mauricie pouvait vivre avec une assurance d'accompagnement. Ce n'était pas, M. le Président, du mauvais interventionnisme qu'on faisait. On s'investissait, comme gouvernement, avec les partenaires. Le créneau de l'hydrogène et des technologies associées. L'Université du Québec à Trois-Rivières a une force incroyable dans ces créneaux-là, et ça permet à plein de gens de travailler.

Alors, le fait d'avoir diminué, au niveau de toutes les technologies, les sommes d'argent dans les programmes de recherche, bien, je peux vous dire, en ne nommant que le prénom, que M. Djamel, qui est venu me voir la semaine dernière à mon bureau de comté, est venu m'annoncer que, le 20 mai, il perd son emploi. Il n'y a plus d'argent pour le supporter au niveau des universités. Et, vous savez, M. le Président, je suis présentement au niveau de la Commission de l'éducation qui se termine ce matin, et ce qu'on entend, c'est de la déception évidemment, ne serait-ce qu'à ce niveau-là, bien entendu.

On a également, dans la région de la Mauricie, le créneau des bioprocédés industriels qui nous permettait de nous manifester de façon sérieuse et de façon internationale. Eh bien, M. le Président, j'aime autant vous dire qu'avec les toutes petites sommes d'argent qui ont été annoncées dans le budget du ministre des Finances il ne reste pas grand-chose pour permettre à ces gens-là de se démarquer sur la scène nationale et internationale.

Donc, depuis le 14 avril ? parce qu'on est un peu aussi à l'époque du bilan ? depuis le 14 avril dernier, la région de la Mauricie et les autres régions du Québec sont en attente. Alors, on a un gouvernement qui nous a mis, comme je disais tout à l'heure, sur le respirateur artificiel, puis là on nous dit: Par magie ? je ne sais pas de quelle façon, mais du moins par magie ? les entreprises privées de nos petites régions particulièrement...

Parce que le dossier régions, c'était un dossier qui interpellait le gouvernement du Parti québécois, et le gouvernement du Parti libéral a fait toute sa campagne électorale ? pour ne pas dire deux dans mon cas ? sur le fait que, eux autres, les régions, ils y croyaient. Bien, je regrette, M. le Président, mais le gouvernement du Parti québécois avec lequel je travaillais, depuis les six dernières années, dans un bureau de comté, m'avait permis de croire que les entreprises étaient appuyées par le gouvernement du Parti québécois.

Aujourd'hui, le gouvernement du Parti libéral dit: Du fait de mon élection et du fait que je sois fédéraliste, je vais obtenir toutes les sommes d'argent nécessaires, et les entreprises privées, comme par un miracle, vont tout à coup sortir, là, et vont investir allégrement. M. le Président, c'est regrettable, on n'a pas ces moyens-là. On ne les a pas, on ne nous a pas donné le pouvoir d'avoir même un petit espoir, là, d'obtenir des sommes d'argent suffisantes pour nous permettre d'arriver.

Alors, quand je regarde la belle aventure du secteur de la Mauricie dans le programme ACCORD, eh bien, c'est mis en veilleuse présentement. Quand je regarde également le programme du Fonds local d'investissement et que je pense à ma toute petite MRC des Chenaux ? c'est plaisant pour nos citoyens de voir et de nous entendre sur des dossiers qui les interpellent particulièrement ? eh bien, ces gens-là font

partie de ceux qui sont dans une inquiétude particulière aujourd'hui, et de façon formelle depuis hier, avec leur demande d'accréditation. Eh bien, ces gens-là, M. le Président, vont se retrouver avec un 100 000 $ sur lequel ils vont devoir jouer.

Et je relevais, dans le rapport annuel qui nous a été déposé il n'y a pas très longtemps, le nombre d'entreprises, à coups de millions de dollars, qui sont nées grâce à de tout petits montants d'appui. On a véhiculé, du côté du parti au pouvoir, que le gouvernement investissait plus que ce que l'entreprise privée en demandait. Eh bien, je regrette, M. le Président, la réalité est tout autre.

Et, dans une région comme la mienne, on peut dire que mes neuf petites municipalités rurales, même une dixième du comté de mon collègue de Saint-Maurice, n'auraient pas eu cet engouement-là pour le développement local et régional si elles n'avaient pas été supportées par le gouvernement du Parti québécois dans le temps. Or, depuis un an, ce n'est pas le cas, et l'année qui vient ? parce qu'il y a un budget qui vient d'être déposé ? j'ai beau chercher, j'ai beau relire, je ne retrouve aucun espace financier pour leur donner, je dirais, un espoir le moindrement tangible.

Alors, vous savez, M. le Président, on a peu de temps pour commenter le budget, et je voulais bien faire ressortir que nos régions, les régions particulièrement plus... avec des moyens plus petits, sont dans une impasse inquiétante et que le dynamisme du grand Trois-Rivières métropolitain, le dynamisme de notre région avait pris un envol depuis quelques années grâce à un appui certain. Ces gens-là se posent de nombreuses questions, ces gens-là sont en train de se demander s'ils vont arriver à quelque chose. Alors, M. Normand Roux, de Trois-Rivières Ouest, dans Le Nouvelliste du 1er avril, se questionnait sur le miracle, il a bien raison.

Et je termine, M. le Président, en vous disant que la FEUQ, n'est-ce pas ? organisme que nous connaissons bien, qui est venu rencontrer les parlementaires dans le cadre de la Commission de l'éducation ? dit ceci, et je le cite: « Le premier ministre Charest se trompe en endettant la jeune génération. C'est un tout petit créneau. Au contraire, la FEUQ, les étudiants qu'elle représente et plusieurs Québécoises et Québécois considèrent que l'endettement des jeunes n'était pas, n'est pas et ne sera jamais un gage de prospérité dans une société qui aspire à briller parmi les meilleures. »

Bien, M. le Président, dernière petite phrase, si vous permettez: Oui, on va briller un jour parmi les meilleurs, on va briller quand nous serons une nation, M. le Président. Merci beaucoup.

Le Vice-Président (M. Sirros): Merci, Mme la députée de Champlain. La parole va être maintenant au député de Masson. M. le député.

M. Luc Thériault

M. Thériault: Oui, M. le Président, compte tenu du temps qui m'est imparti, je vais faire une brève allocution.

Beaucoup de choses ont été dites à propos du budget libéral. Beaucoup de faits ont été établis, pas seulement que par l'opposition officielle, mais aussi par les observateurs et les analystes de la scène politique et économique. Alors, ma contribution à la réplique de l'opposition officielle, eu égard au discours du budget, je vais la faire sous l'angle d'un des enjeux du dossier dont je suis le porteur, à savoir la nécessaire réforme des institutions démocratiques, surtout face à la désaffection grandissante de la population eu égard à la politique.

J'aurais pu intituler mon allocution ce matin... J'avais le choix. Peut-être que vous pourriez m'aider dans mon choix: De la grande séduction électoraliste à la grande illusion budgétaire ; ou encore Quand la fin justifie les moyens ; ou encore Le peuple ne se trompe jamais, mais il peut être trompé ; ou encore Du danger d'une désaffection générale du peuple face aux institutions démocratiques .

En effet, M. le Président, qui n'a pas entendu un jour un de ses proches ? ami, parent ou voisin ? dire l'énoncé suivant: La politique, c'est tout du pareil au même. Ils sont tous pareils. Des promesses, des promesses, mais ça ne livre pas. Je ne suis pas devenu député, M. le Président, pour me laisser confondre avec ceux qui, depuis le 30 mars dernier, valsent avec les faits. Ils nous voilent la dure réalité d'un lendemain de veille électoral par leur effet de toge. Et, pour ne pas être confondu, il faut se souvenir.

Je me souviens, M. le Président, et les Québécoises et les Québécois se souviendront longtemps du cadre financier électoral du Parti libéral. Nous sommes prêts, disaient-ils, à baisser les impôts de 1 milliard pendant cinq ans, à investir massivement en santé, 2,2 milliards en 2004, à investir massivement en éducation.

Je me souviens des paroles de l'actuel premier ministre, au débat des chefs ? il faudrait peut-être les traduire aujourd'hui, à la lumière du budget qui a été déposé le 30 mars dernier ? ce chef libéral, à ce débat, qui assurait que son cadre financier tenait la route. Où sont-ils ces experts, aujourd'hui, qui lui faisaient dire: Nous sommes prêts?

Je me souviens de son attitude outrée devant les explications de l'actuel chef de l'opposition qui expliquait l'étranglement fiscal de l'État québécois. C'est ça, disait-il, c'est encore la faute à Ottawa.

Je me souviens de sa prétention à pouvoir obtenir plus d'argent d'Ottawa avec son Conseil de la fédération. Où sont les résultats aujourd'hui, M. le Président?

n (11 h 30) n

D'abord, pour justifier, au lendemain de l'élection, un cadre financier irréaliste, on se souviendra que, pour éviter de ne pas avoir l'air d'un gouvernement qui n'est pas prêt... on se souviendra ? et on a y eu droit, vous vous en souviendrez ? de l'opération comptable politique du rapport Breton. Alors, ce gouvernement se retrouvait, disait-il, devant une impasse budgétaire de 3 milliards. C'est drôle, aujourd'hui, en appliquant les mêmes paramètres comptables du rapport Breton, avec le budget du 30 mars dernier, c'est 6 milliards d'impasse que l'on retrouve.

Où sont aujourd'hui les baisses d'impôts de 1 milliard? Ce n'est pas 1 milliard qu'on a cette année: 220 millions, dont l'effet majeur est reporté à 2006.

Imaginez, M. le Président, l'actuel premier ministre dire, au débat des chefs, après avoir créé ces illusions de baisses d'impôts massives: Je baisserai les impôts de 220 millions, mais vous en verrez les effets en 2006 ? trois ans plus tard dans les Maritimes, j'imagine que ça aurait eu l'effet électoral qu'il souhaitait; je vais investir 2,2 milliards sur deux ans en santé, tout juste pour couvrir un peu plus que les coûts de système en santé mais sans budgéter les hausses salariales nécessaires; je vais investir 2,7 en éducation, tout juste les coûts de système, et je vais endetter un peu plus les étudiants en baissant les bourses et en augmentant les prêts; je vais vendre les meubles pour payer l'épicerie pour me permettre une marge de manoeuvre, 880 millions d'actif, 880 millions net d'actif; je vais inscrire dans mon budget un plaidoyer sur le déséquilibre fiscal ? hein, c'est la faute à Ottawa, on le reconnaît, c'est la faute à Ottawa ? et je vais me croiser les doigts pour que le rapport de force que j'espère créer avec le Conseil de la fédération me donne l'argent souhaité d'Ottawa.

M. le Président, les citoyens et les citoyennes du Québec ne sont pas dupes. Le résultat, depuis un an, c'est que deux Québécoises et Québécois sur trois sont insatisfaits des mesures en santé. Quand on n'a pas d'argent, on fait dans la structure. Après un an de gouvernance libérale, 70 % des Québécoises et des Québécois sont insatisfaits de cette gouvernance.

M. le Président, devant un tel cynisme, la leçon qu'il faut retenir eu égard aux institutions démocratiques: même si une telle réforme s'impose pour améliorer la vie démocratique de la société québécoise, même si une telle réforme s'impose, même s'il faut remanier les structures, ce ne sera pas suffisant, M. le Président, il faut aussi que les gens qui occupent cette structure respectent les aspirations du peuple. Quelle que soit la structure, c'est la manière dont on l'occupe qui va faire en sorte que les gens pourront un jour retrouver confiance aux institutions démocratiques.

M. le Président, je vois une solution très, très simple et à portée de main pour les Québécois.

Une voix: ...

M. Thériault: On a déjà trouvé la solution, de l'autre côté. J'imagine, M. le Président, qu'on va finir par avoir des adeptes. M. le Président, la première chose qu'il faut faire, et peut-être qu'on ne s'en aperçoit pas, de l'autre côté, c'est qu'il faudra renvoyer l'actuel gouvernement d'où il vient, c'est-à-dire dans l'opposition, et ça, c'est à portée de main de la population du Québec.

La deuxième chose dont il va falloir s'occuper, c'est d'enclencher le plus rapidement possible le processus normal et irréversible d'un peuple qui a envie de s'assumer et de s'épanouir en gardant pour lui tous ses pouvoirs et en se donnant pour lui tous ses pouvoirs politiques et économiques, qu'il garde toutes ses taxes et tous ses impôts, et ça, ça s'appelle évidemment la souveraineté du Québec. Ce n'est pas un choix entre la souveraineté et la santé que les Québécoises et les Québécois ont.

Aujourd'hui, il me semble que ça ne peut plus être aussi clair et plus clair, c'est la souveraineté pour la santé, la souveraineté pour l'éducation, pour les familles, pour l'épanouissement de la population du Québec. M. le Président, il est grand temps que les Québécoises et les Québécois volent de leurs propres ailes.

Le Vice-Président (M. Sirros): Merci beaucoup, M. le député de Masson. La prochaine intervenante serait la députée de La Peltrie. Mme la députée.

Mme France Hamel

Mme Hamel: Merci, M. le Président. Je suis très heureuse encore une fois de prendre la parole en cette Assemblée. Mais j'aimerais, dans un premier temps, offrir mes meilleurs voeux de prompt rétablissement au ministre de la Faune et des Parcs et député de Louis-Hébert. Alors, qu'il nous revienne le plus rapidement possible.

L'an dernier, M. le Président, nous avions déposé un budget transitoire qui s'avérait être le premier pas vers le redressement de la situation budgétaire du gouvernement. Les objectifs que nous nous étions fixés sont atteints. Le budget 2004-2005 nous permettra de poursuivre dans la même voie et avec la même détermination.

Le budget 2004-2005 en est un de changement que notre gouvernement a élaboré en tenant compte des capacités financières du Québec ainsi que des priorités manifestées par les Québécois et les Québécoises lors des consultations que notre chef et premier ministre avait faites à la grandeur du Québec avant la préparation de notre programme électoral présenté en septembre 2002. Le ministre des Finances et député d'Outremont s'est également basé sur des consultations prébudgétaires qu'il a tenues dans toute la province avant la préparation de son budget.

Ces consultations ont permis à près de 300 groupes de présenter leur mémoire. Nous avons tenu compte de leurs priorités.

Hier, M. le Président, le député de Sainte-Marie ? Saint-Jacques, dans son intervention, se demandait s'il avait le recul nécessaire en tant que membre d'un groupe politique pour donner son avis sur un budget. Alors, il a très judicieusement écouté les lignes ouvertes à la radio, il a lu les journaux, il a regardé la télévision pour se faire une idée. Alors, M. le Président, je pourrais faire la même chose également. Écoutez, je me pose la question, si, en tant que nouvelle élue, j'ai vraiment le recul pour émettre une opinion sur un budget.

Je pourrais, moi aussi, me baser sur des écrits dans les journaux, du genre « Françoise David félicite le ministre des Finances » , ou Henri Massé, président de la FTQ, qui dit de notre budget « une bouffée d'air frais pour les régions » , ou encore l'Association des hôpitaux du Québec qui dit que le budget, c'est « un effort important fait en santé » .

Mais, M. le Président, j'ai préféré baser mon jugement sur l'avis des citoyens de La Peltrie. En effet, tout le monde est maintenant au courant que je mène des consultations, des sondages, dans mon comté, à partir de mon site Internet mais aussi par la poste. Alors, au cours de la période du 15 janvier au 19 février, j'ai convié près de 1 500 personnes dans mon comté, et je précise immédiatement que je ne connais pas l'allégeance de ces citoyens, et je les ai conviés à me donner leurs priorités.

Je leur ai posé des questions sur justement la situation financière du Québec et quels seraient les choix qu'ils prioriseraient. Alors, je vais baser mon intervention sur justement les choix des résidents de La Peltrie.

n (11 h 40) n

Alors, avec le dépôt du budget, M. le Président, les Québécoises et les Québécois ont eu la démonstration que le ministre des Finances a tenu compte de leurs choix et de leurs commentaires. Alors, je peux vous dire, M. le Président, et vous allez vous en rendre compte, que le budget qui a été déposé rend heureuse la population du comté de La Peltrie. Je vous fais la lecture de la première question que je leur avais posée: Avez-vous une bonne idée de la situation financière du Québec? 75 % des répondants ont répondu oui.

Croyez-vous que des réformes profondes soient nécessaires dans l'administration des finances du Québec? 90 % d'entre eux ont répondu oui. Alors, je les comprends parce que, après plusieurs années de gestion déficiente des dépenses publiques par le gouvernement précédent, le Québec en subit actuellement les graves conséquences.

Le piège budgétaire dans lequel nous sommes pris est facile à décrire: les dépenses du gouvernement augmentent plus vite que les revenus, ce qui nous mène tout droit à des déficits et à un endettement accru si les correctifs nécessaires ne sont pas apportés. Le gouvernement du Parti québécois ne contrôlait plus vraiment les dépenses de l'État. Le vrai bilan de ce gouvernement se résume à une série de mauvaises décisions qui ont hypothéqué la génération future en augmentant sans cesse le niveau d'endettement des Québécoises et des Québécois.

M. le Président, je vous en nomme quelques-unes: dépassements de coûts du métro de Laval; perte à la SGF totalisant 771 millions de dollars; gestion déficiente à la Caisse de dépôt et placement du Québec ? avant notre arrivée, la caisse avait perdu 13,2 milliards de dollars; un système de santé ravagé suite à la mise à la retraite massive des médecins et des infirmières; un gouvernement qui n'a pas été transparent avec la population du Québec, qui ne lui a pas dit toute la vérité sur l'état des finances publiques et qui n'a pas eu le courage d'entreprendre les changements que leur proposait l'ancien président du Conseil du trésor.

Alors, je comprends les citoyens de La Peltrie dans leurs réponses face à des choix qui ont été faits par le gouvernement précédent.

Alors, dans notre budget, il fallait donc maintenir un ferme contrôle sur la croissance des dépenses et recentrer le gouvernement sur les priorités des Québécoises et des Québécois en révisant nos façons de faire. Notre budget 2004-2005 favorisera l'atteinte de ces objectifs.

M. le Président, je vous reporte au sondage fait dans La Peltrie. Et j'avais une question: Si vous aviez à privilégier cinq choix financiers parmi les 16 qu'on proposait, lesquels favoriseriez-vous? Le choix numéro un, M. le Président, dans La Peltrie, c'était la santé. M. le Président, c'est aussi la première priorité pour le gouvernement. Notre première priorité, c'est un Québec en santé avec des services accessibles et de qualité. Pour y arriver, nous avons promis de remettre sur pied ce système de santé auquel tiennent tant les Québécoises et les Québécois.

Grâce à la volonté de notre gouvernement, nous commençons à voir les premiers résultats concrets de notre action. Au cours de l'année qui vient de s'écouler, il y a eu au total 19 000 chirurgies de plus que l'année précédente. Pour les chirurgies plus prioritaires, l'accroissement est très important. En effet, il s'est effectué 2 000 interventions supplémentaires en cardiologie et 1 400 de plus pour des prothèses du genou ou de la hanche. Dans un autre domaine prioritaire, 140 000 personnes âgées auront reçu des services de maintien à domicile. C'est une augmentation de 9 % par rapport à l'année passée.

M. le Président, le budget alloué à la santé pour 2004-2005 est de 20,1 milliards de dollars. Cela représente une augmentation de 1 milliard de dollars par rapport à 2003-2004 et de 2,2 milliards de dollars en deux ans.

Ces sommes seront allouées en fonction de priorités comme traiter dans les meilleurs délais les personnes ayant besoin d'une intervention chirurgicale, mieux soutenir les équipes de lutte contre le cancer, désengorger les urgences, améliorer les services de première ligne, donner de meilleurs services aux jeunes en difficulté, aux femmes victimes de violence et aux personnes ayant des problèmes de santé mentale ou de déficience intellectuelle, assurer la pérennité du système de santé. Voilà la première priorité et des citoyens de La Peltrie et de notre gouvernement.

Les citoyens de La Peltrie, M. le Président, ont choisi en deuxième priorité l'éducation, et c'est aussi la priorité de notre gouvernement. M. le Président, notre deuxième priorité, c'est l'éducation, car elle incarne de manière concrète les valeurs, l'égalité des chances et de justice sociale aussi bien pour chaque individu que pour la société québécoise. La vision de notre gouvernement repose sur ces valeurs.

En 2004-2005, malgré le peu de marge de manoeuvre dont dispose le gouvernement, ce sont 11,8 milliards de dollars qui seront consacrés pour l'éducation, soit 309 millions de dollars de plus qu'en 2003-2004 ou une augmentation de 2,7 %. Ce budget servira à assurer des services éducatifs de qualité résolument orientés vers la réussite. Nous établirons des mesures incitatives pour améliorer la réussite des étudiants au collégial, un programme d'aide aux devoirs au primaire et au secondaire, un programme Écoles en forme et en santé afin d'encourager les saines habitudes de vie.

De plus, il y aura embauche de professionnels pour assurer un dépistage précoce et un suivi approprié des élèves éprouvant des difficultés d'apprentissage et de comportement.

M. le Président, la troisième priorité des citoyens de La Peltrie était une réduction des dépenses gouvernementales. Alors, c'est important également pour le gouvernement. Le statu quo en effet n'est plus possible, M. le Président. La modernisation de l'État est incontournable si nous voulons à la fois répondre aux besoins essentiels de la population dans les meilleurs conditions possible et respecter la capacité de payer des citoyens. Afin de briller parmi les meilleurs, nous devons moderniser notre gestion des dépenses publiques pour le meilleur intérêt de l'ensemble des Québécoises et des Québécois.

Pour y arriver, nous devons avoir une meilleure gestion de nos ressources humaines, réévaluer nos structures, réviser nos programmes et améliorer nos façons de faire.

Le quatrième choix des citoyens de La Peltrie était une baisse d'impôts des particuliers. C'est aussi une des priorités du gouvernement, M. le Président, c'est d'avoir une réduction du fardeau fiscal. Ainsi, un retour de 1 milliard de dollars sera fait aux contribuables à compter de janvier 2005.

Cela veut dire, M. le Président, que 550 millions de dollars seront versés à près de 1 million de familles, avec la création du Soutien aux enfants, que 240 millions de dollars appuieront les efforts de plus de 500 000 travailleuses et travailleurs à faibles revenus sous la forme d'une prime au travail, que 220 millions de dollars en baisses d'impôts iront à l'ensemble des contribuables québécois, tout en simplifiant le régime fiscal.

Le Vice-Président (M. Sirros): En conclusion, Mme la députée.

Mme Hamel: Merci, M. le Président. Alors, je conclus. Je voulais simplement démontrer que, grâce à la consultation que j'ai faite dans le comté de La Peltrie, les priorités pour les citoyens sont vraiment celles du gouvernement. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Sirros): Merci, Mme la députée. Le député de Berthier sera le suivant intervenant. M. le député.

M. Alexandre Bourdeau

M. Bourdeau: Merci, M. le Président. Lorsqu'on fait face à un gouvernement irresponsable et sans vision d'avenir, cela nous donne un budget sans vision d'avenir et irresponsable. On a en face de nous un gouvernement qui a fait le choix du fédéralisme avant le bien-être et les besoins du Québec. Le gouvernement, au niveau de la jeunesse, a tenté de masquer ses tours de passe-passe en augmentant le budget du Secrétariat à la jeunesse, sauf que, quand on regarde plus précisément, M. le Président, le budget, on voit les conséquences à long terme que ce budget-là aura sur les générations futures.

Premièrement, on fait une vente de feu, 880 millions d'actifs seront vendus. Nous allons vendre des bâtisses que les Québécois et les Québécoises ont payées au cours des dernières années. Ceci, M. le Président, sera très désastreux pour la jeunesse étant donné que ces bâtisses-là, nous allons les louer par la suite. Pour les libéraux de Jean Lesage, le leitmotiv était Maîtres chez nous . Pour les libéraux, aujourd'hui, de Jean Charest, le leitmotiv, c'est plutôt: Locataires chez nous. En plus de ça, M. le Président, on sait qu'il y aura 1,6 milliard de difficultés...

Le Vice-Président (M. Sirros): Il y a question de règlement, je... Alors, et allez-y, M. le député.

M. Cholette: ...soupçonnez, j'im

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2004-04-08
Typehansard
Volume / chapteren travaux-parlementaires assemblee-nationale 37-1 journal-debats 20040408 2581
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
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