Public Finance — 24 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CFP 2026-03-24
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36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
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14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 24 mars 2026
Vol. 48 N° 34
Étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l’efficacité de l’État et à renforcer l’imputabilité des hauts fonctionnaires
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante-trois minutes)
Le Président (M. Laframboise) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des finances publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes
dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à
accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts
fonctionnaires.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Lemieux
(Saint-Jean); Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré); par Mme Lachance (Bellechasse); et Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont); par M. Morin (Acadie).
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, M. le secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 19 mars
dernier, la commission... en était à débuter l'étude d'un amendement de la
ministre introduisant un nouvel
article 383.6. Mme la ministre, veuillez nous
en faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Duranceau : Bonjour. Bon
début de semaine, tout le monde, hein, on est en forme modérément. Alors donc,
deux sujets, là, avant de conclure ce projet de
loi sur l'efficacité de l'État.
Donc, là on parle de l'amendement concernant la CDPDJ, c'est-à-dire la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
Alors,
article 383.6, donc, 62 de la
Charte des droits et libertés de la personne : Insérer, après l'article...
Mme Duranceau : ...383.5 du
projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«Chapitre XI
«Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse «Section I
«Membres du personnel de la Commission des
droits de la personne et des droits de la jeunesse
«Charte des droits et libertés de la
personne
383.6.
L'article 62 de la Charte des
droits et libertés de la personne est modifié par le remplacement du premier
alinéa par le suivant :
«Les membres du personnel de la commission
sont nommés suivant la
Loi sur la fonction publique.»
Alors, commentaire. L'amendement vise à
prévoir que les membres du personnel de la Commission des droits de la personne
et des droits de la jeunesse soient désormais nommés suivant la
Loi sur la
fonction publique.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions, commentaires? Allez-y, M. le député.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, bonjour. Alors, je comprends que, présentement,
évidemment, les membres, le personnel de la commission ne sont pas nommés
suivant la
Loi sur la fonction publique, ils ont un régime particulier.
Mme Duranceau : Oui, un régime
qui leur était propre et qui était un peu fastidieux... en fait, qui limitait
surtout la possibilité des employés de cette... de cette organisation-là, de
postuler dans d'autres postes à l'intérieur du gouvernement. Alors, on vient
leur donner plus de souplesse.
M. Morin : Donc, cette
modification-là va évidemment leur permettre, comme vous l'avez dit, plus de
souplesse, va leur permettre d'être capables, évidemment, de postuler dans d'autres...
d'autres postes dans la fonction publique. Donc, au fond, je comprends que
c'est aussi aux avantages des employés...
Mme Duranceau : Tout à fait.
C'est ça.
M. Morin : ...dans leur
progression de carrière.
Mme Duranceau : Au niveau de
la gestion, ce sera... ça va offrir plus de flexibilité puis, pour les
employés, ça va permettre de migrer vers la fonction publique sans craindre de
perdre leurs privilèges.
M. Morin : Parfait. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
D'autres questions, M. le député de l'Acadie? Ça va?
M. Morin : Oui, merci.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, ça va? Donc, est-ce que l'amendement qui
introduit l'article 383.6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Article... un nouvel amendement qui introduit l'article 383.7, Mme la
ministre.
Mme Duranceau : Alors, 383.7,
article 63 de la Charte des droits et libertés de la personne.
Insérer, après l'article 383 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant : 383.7.
L'article 63
de cette charte est modifié par la suppression de «des membres de son
personnel».
Alors, l'amendement en est un de
concordance, puisque, dorénavant ce seront les conventions collectives de la
fonction publique qui réjouiront les conditions de travail des membres du
personnel de la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions, commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Est-ce que,
Mme la ministre, vous pouvez me dire ici, encore une fois, les conditions de
travail, les salaires et tout? Qu'est-ce qui arrive? Est-ce qu'on se trouve à,
finalement, monter le salaire de ce monde-là?
Mme Duranceau : Bien, je pense
que c'est relativement comparable. Pour certaines personnes, ça se peut qu'il y
ait une petite augmentation, pour d'autres, ça se peut... Bien, évidemment, il
n'y a jamais de... il n'y a jamais de réduction, mais c'est surtout que ça va
permettre à la commission de revoir aussi la composition de ses effectifs et
de, graduellement, ne pas remplacer certains postes ou permettre à certaines
personnes dont peut-être elle n'a plus besoin, de la même façon, de
transitionner vers la fonction publique. Sinon, la permanence étant acquise
dans cette entité-là, après un an, bien, c'était plutôt difficile de...Tu sais,
quelqu'un peut être très bon, mais les tâches évoluent, puis on n'a plus besoin
de cette personne-là. Mais dans ce contexte-là, ce n'est pas une condition pour
pour... voyons, renvoyer quelqu'un.
Alors là, le fait que cette personne-là
puisse devenir mobile dans la fonction publique, on pense qu'à terme il va
avoir un effet à la baisse sur le nombre d'effectifs dans la commission.
M. Beauchemin : OK.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions commentaires, encore, M. le député de Marguerite-Bourgeoys? M. le
député d'Acadie, ça va? Est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 383.7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, l'amendement... vous avez un nouvel amendement qui introduit
383.8.
Mme Duranceau : Alors donc,
article 383.8. Insérer, après l'article 383.7 du projet de loi tel
qu'amendé, le suivant :
L'article 64 de cette charte est
modifié par la suppression de «, les membres de son personnel».
Alors, commentaire. L'amendement en est un
de concordance puisque, dorénavant, ce seront les obligations prévues à la Loi
sur la fonction publique, y compris le serment qui est prévu par cette dernière
ainsi que les obligations...
Mme Duranceau : ...prévues au
Règlement sur l'éthique et la discipline dans la fonction publique, qui
s'appliqueront aux membres du personnel de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Bien, petite,
technique, le personnel, là, qui ne sera plus sous l'égide de la commission
vont-ils quand même avoir un serment quelconque à prêter, là, dans tout ça?
• (12 heures) •
Mme Duranceau : Bien là, ce
n'est pas un... ce n'est pas un serment, dans le fond, c'est la loi le... la
Loi sur la fonction publique prévoit déjà les règles... tu sais, on en a parlé
aussi, d'ailleurs, là, quand on parlait d'imputabilité. Donc, la
Loi sur la
fonction publique a déjà des balises, on pourrait peut-être vous donner les
articles, là, qui prévoient l'éthique, puis la notion de neutralité, puis...
Donc, comme c'est déjà bien enchâssé dans l'autre loi, on n'a pas besoin de
l'histoire du serment.
M. Beauchemin : OK, mais il y
a comme...
Mme Duranceau : C'est les
articles 4 à 11 de la
Loi sur la fonction publique.
M. Beauchemin : Mais, tu
sais, le fait qu'il avait comme à prêter serment avant, là, ils ne l'ont plus,
ils ont-tu comme à signer un document juste pour dire qu'ils sont...
Des voix : ...
Mme Duranceau : Bon. Alors,
on me dit que... bien, évidemment, dès que tu transfères dans la fonction
publique, ça va s'appliquer d'emblée, là, les articles 4 à 11, mais il y a
effectivement certaines organisations... ministères ou organisations de la
fonction publique qui font signer, dans le fond, qui viennent reprendre
probablement les éléments de la loi pour que chacun soit bien conscient de ce
dans quoi il s'engage.
M. Beauchemin : Ça fait que
c'est le cas dans ce qu'on discute actuellement.
Mme Duranceau : Bien là, ça
dépend où il transfère, ce n'est pas nécessairement une pratique qui... Ça doit
être dans les conditions d'embauche, dans les pratiques générales, tu sais,
quand... tu sais, ton code d'éthique dans la cour d'école ou dans ton nouvel
emploi, d'habitude...
M. Beauchemin : Non, non, je
comprends, mais c'est juste que... spécifiquement pour eux, les gens de la
commission, là.
Mme Duranceau : Ah! non, ce
n'est pas lié au fait que... ils viennent de la commission, ils vont avoir
quelque chose de plus à signer. Je pense que c'est lié aux conditions
d'embauche dans la nouvelle entité, puis ses pratiques d'embauche.
M. Beauchemin : OK.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? Autres questions, commentaires? Est-ce que l'article... Est-ce que
l'amendement qui introduit l'article 383.8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, prochain amendement, qui introduit 383.9.
Mme Duranceau : Donc,
insérer, après l'article 383.8 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
«383.9.
L'article 92 de cette charte est
modifié par l'insertion, à la fin du deuxième alinéa, de, «à l'exception du
programme que cette dernière implante».»
L'amendement vise à prévoir que la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse soit
dispensée de procéder à une consultation aux fins de l'implantation de son
propre programme d'accès à l'égalité. Bon, parce qu'il y en a un dans la
fonction publique, alors c'est ce qui va dorénavant s'appliquer à la
commission, à la CDPDJ.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Excusez, Mme
la Présidente du Conseil du trésor, je ne suis pas certain, là, de comprendre
exactement pourquoi, là. Pouvez-vous me le réexpliquer
Mme Duranceau : OK.
L'article,
si on le lit, là : «Le gouvernement doit exiger de ces ministères et
organismes dont le personnel est nommé, suivant la
Loi sur la fonction
publique, l'implantation de programmes d'accès à l'égalité dans le délai qu'il
fixe.», OK? Donc, les articles 87 à 91 ne s'appliquent pas aux programmes visés
dans le présent article. «Ceux-ci doivent toutefois faire l'objet d'une consultation
auprès de la commission avant d'être implantés, à l'exception du programme que
cette dernière implante.
Des voix : ...
Mme Duranceau : C'est ça.
Effectivement, c'est exactement ça. C'est un peu... ça tourne un peu en rond,
là, mais c'est pour éviter que la CDPDJ ait à se consulter elle-même si elle
implante un programme.
M. Beauchemin : Mais si on
n'avait pas mis cet article-là, il aurait fallu qu'elle se consulte elle-même?
C'est un peu ça, ma question, en fait, là. Je comprends ce qu'on... je
comprends l'objectif, mais je me pose la question, si on ne l'avait pas mis,
automatiquement, ils se seraient consultés eux-mêmes?
Mme Duranceau : On la
dispense... Bien là, ça a l'air à ça parce que... Oui, je pense, comme c'est un
peu technique, je vais laisser Me Plante, si vous voulez bien, vous rassasier
en termes d'explications.
M. Beauchemin : Bien, je suis
juste curieux.
Le Président (M. Laframboise) : Consentement
pour entendre...
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement. Donc, vous vous présentez puis donnez votre titre.
Mme Plante (Kathy): Oui. Bonjour. Kathy
Plante, je suis sous-ministre associée au ministère de la Justice. En fait,
c'est quand même un peu technique, c'est qu'en partant il y a un programme sur
l'accès à l'égalité à l'emploi. Au niveau des ministères et organismes, les
articles 87 à 91 ne s'appliquent pas aux ministères et organismes qui sont
nommés par la...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) Mme Plante (Kathy): ...Loi sur la fonction
publique. Donc, ce qu'on vient faire avec la CDPDJ ici, mais, vu que 87 à 91 ne
s'appliquent pas aux ministères et organismes sous la
Loi sur la fonction
publique, ils peuvent aller consulter au niveau de la commission pour faire
leur programme puis pour l'appliquer. Sauf que, là, ici, bien, on soustrait la
commission à s'autoconsulter elle-même.
M. Beauchemin : OK. Il faut
vraiment penser, comme, tous les scénarios, parce que, si on ne l'avait pas fait,
là, les gens se seraient consultés eux-mêmes.
Mme Duranceau : Peut-être pas,
là. C'est pour tout... c'est pour dissiper tout doute.
M. Beauchemin : Oui. OK.
Le Président (M. Laframboise) :
M. Beauchemin : Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, prochain amendement, qui introduit 383.10. Mme la ministre.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.9 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«Section 2. Dispositions modificatives
particulières,
Loi sur le Protecteur du citoyen
383.10.
L'article 14 de la
Loi sur le
Protecteur du citoyen est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 2, de
«et du Conseil du trésor» par «du Conseil du trésor et de la Commission des
droits de la personne et de la jeunesse».»
Alors, l'amendement... en commentaires :
L'amendement vise à exclure la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse de la définition d'organisme public au sens de la
Loi sur
le Protecteur du citoyen. Bon. Là, on va m'expliquer ça. Allez-y, prenez le...
on va sauver du temps.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Plante.
Mme Plante (Kathy): Oui, Alors, c'est
simplement le maintien du statu quo. Actuellement, la CDPDJ n'est pas soumise
au Protecteur du citoyen, vu son statut indépendant, membres nommés par l'Assemblée
nationale. C'est aussi similaire à ce qu'il y a de prévu pour le Directeur
général des élections ou le Commissaire à l'éthique et à la déontologie. Donc,
c'est un statu quo, seulement, pour continuer comme ils font là.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Je vous... je vous
remercie. Merci, M. le Président. Donc, je comprends, Mme la ministre, qu'avec
cet amendement-là le Protecteur du citoyen ne pourrait pas enquêter s'il y
avait des plaintes visant, par exemple, du personnel de la Commission des
droits de la personne.
Mme Duranceau : Bien, je
comprends, moi, que... pas plus qu'avant. Donc, on vient juste... Vu que, là,
maintenant, l'organisation est visée par la
Loi sur la fonction publique, il
faut venir l'exclure pour qu'elle demeure dans toute son indépendance, comme
elle avait avant. Alors, c'est pour ça qu'on est venu préciser ça ici.
M. Morin : Puis, en matière
de protection de la jeunesse, s'il y a des plaintes de citoyens reliées au
fonctionnement, à ce moment-là, le Protecteur du citoyen... on ne pourrait pas
déposer une plainte là, il faudrait la déposer à la Commission des droits de la
personne?
Mme Duranceau : Là, je vais
me référer à mon avocate.
Le Président (M. Laframboise) : Me
Plante.
Mme Plante (Kathy): Oui, en fait, la
commission, la CDPDJ, a comme mission de traiter les plaintes en lien avec une
discrimination ou atteinte aux droits de la charte, incluant ceux de la
protection de la jeunesse. Ça, ça ne change pas. Aujourd'hui, le Protecteur du
citoyen ne traite pas les plaintes en vertu de la
Loi sur la protection de la
jeunesse.
M. Morin : Donc, s'il y a un
citoyen qui veut se plaindre de la faction... de la façon, par exemple, dont la
DPJ ou ses employés fonctionnent, je comprends que, présentement, la personne
ne pourrait pas s'en plaindre au Protecteur du citoyen.
Mme Plante (Kathy): C'est dans la mission de
la CDPDJ.
M. Morin : Parfait. Donc, d'enquêter
sur toutes les questions qui touchent la protection de la jeunesse.
Mme Plante (Kathy): Exact.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va? Donc, ça va? Donc, est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.10
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, un nouvel amendement qui introduit 383.11. Mme la ministre.
Mme Duranceau : Donc,
insérer, après l'article 383.10 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«Section 3. Autres dispositions
modificatives et dispositions transitoires particulières. 383.11. Toute
référence à la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse est supprimée dans les annexes suivantes :
1 l'annexe 1 de la
Loi sur la négociation
et la détermination des conditions de travail requérant une coordination
nationale, notamment dans les secteurs public et parapublic;
2 l'annexe 1 de la
Loi sur le régime de
retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes publics;
3 l'annexe 2 de la
Loi sur le régime de
retraite du personnel d'encadrement.»
Alors, commentaires : L'amendement en
est un de concordance visant à retirer la référence à la Commission des droits
de la personne et de la... et des droits de la jeunesse à l'annexe 1. Bon. Je ne
vais pas...
Mme Duranceau : ...tout ça,
là, mais pourquoi? Parce que la commission sera désormais visée par d'autres
dispositions de ces annexes. Donc, parce qu'elle est devenue un organisme
public, hein, si je ne me trompe pas, elle est intégrée à la fonction publique,
donc, elle n'a pas besoin d'être visée distinctement par les annexes en
question. Elle va être visée par les annexes sur la... de la
Loi sur la
fonction publique.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : ...M. le
Président, qu'est-ce qui serait arrivé si on ne l'avait pas fait? Ça aurait été
visé comment?
• (12 h 10) •
Mme Duranceau : Bien là, ça
aurait été visé comme deux fois, ça fait qu'il y aurait eu comme une erreur
dans la rédaction de... Parce qu'on a changé le statut, ça fait que tout ça
existait parce que la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse avait son statut hors fonction publique, là elle devient fonction
publique, alors elle est assujettie à un autre régime.
M. Beauchemin : OK. OK. Puis
ça... ça va... On n'alourdit pas, là, la fonction publique en faisant ça, là?
Mme Duranceau : Non, bien
là...
M. Beauchemin : Bien, on
l'augmente de...
Mme Duranceau : De quelques
ETC, mais, ce que je dis, c'est que ça va permettre de drainer le bassin, qui
peut... qui est peut-être trop grand à la CDPDJ, vers la fonction publique.
Puis, on se rappelle qu'il y a un gel de recrutement, alors on n'embauche pas à
l'externe. Donc, il y a possibilité d'embauche à l'interne. Ça fait qu'on vient
se donner la... la chance d'avoir un bassin un petit peu plus grand, avec des
gens qui sont... qui sont compétents, qui peuvent être utilisés ailleurs dans
la fonction publique.
M. Beauchemin : OK.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? D'autres questions, commentaires? Est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 383.11 est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, vous avez un nouvel amendement qui introduit 383.12. Mme la ministre.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.11 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
383.12. Les membres du personnel de la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en fonction,
à la date qui précède celle de l'entrée en vigueur des dispositions du
chapitre XI, du
titre V de la présente loi, sont réputés avoir été
nommés suivant la
Loi sur la fonction publique. Le Conseil du trésor détermine
leur rémunération, leur classement et toutes autres conditions de travail qui
leur est applicable.
Alors, bien, l'amendement vise à prévoir
que le personnel de la commission, en fonction à la date d'entrée en vigueur de
l'article, soit réputé ayant été nommé suivant la
Loi sur la fonction publique.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député d'Acadie .
M. Morin : Merci, M. le
Président. Mme la ministre, en faisant ça, est-ce qu'il y a une analyse qui a
été faite et qui démontre que ces employés-là, le personnel de la commission,
ne... ne perdront rien, c'est-à-dire qu'ils vont avoir des droits acquis qui va
protéger ce qu'ils ont. Puis, évidemment, si c'est bonifié, bien, normalement,
ils devraient... ils devraient en bénéficier. Mais est-ce que cette analyse-la
a été faite? Est-ce qu'on sait ce que ça va donner?
Mme Duranceau : Bien, il y a
une analyse qui a été faite effectivement puis c'est soit similaire, là, égale,
ou même légèrement avantageux pour... pour les employés.
M. Morin : Et est-ce qu'il y
a des dispositions dans la loi qui protègent les employés de la commission qui
vont devenir des employés de la fonction publique pour s'assurer qu'ils ne
perdront rien? Est-ce qu'il y a une disposition législative qui le prévoit?
Mme Duranceau : Bien là, en
fait, ce qu'on dit, c'est qu'on n'a pas besoin de prévoir quoi que ce soit,
parce que là, il transite vers la loi... la
loi sur la fonction publique. Et
ceux qui ont leur permanence en vertu des règles qui étaient applicables dans
la commission, mais ils continuent d'avoir leur permanence. C'est un an dans la
commission, alors que c'est deux ans dans la fonction publique, mais, s'ils
l'avaient, ils la gardent.
M. Morin : Et au niveau... Et
je comprends pour...
Mme Duranceau : OK. Ce qu'on
me dit, c'est que, puis ce n'est pas pour rien qu'on mentionne le Conseil du
trésor, tout ça va se faire par un décret du... une décision du Conseil du
trésor. Toutes les... les règles d'intégration selon les classes salariales,
tout ça, ça va se faire par l'équipe au Trésor.
M. Morin : Et ça n'aura pas
d'impact non plus sur les avantages sociaux que les employés ont en termes de
journées de vacances, maladie, etc. Donc, ils ne vont rien perdre?
Mme Duranceau : Ce n'est pas
l'objectif.
M. Morin : Non, je comprends.
Des voix : ...
Mme Duranceau : OK. Alors, ce
qu'on me précise, c'est que, tu sais, la mécanique, elle n'est plus la même
qu'avant, nécessairement, c'est un autre régime, mais congés, vacances sont
identiques, ensuite de ça, régimes de retraite sont les mêmes que celui de la
fonction publique, soit le RREGOP, le RRPE, l'assurance collective actuelle et
celle de la CSN...
Mme Duranceau : ...assurances.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Ça, il faut
le changer? Bon, on change d'assurance collective, mais il n'y a pas de... il
n'y a pas d'impact négatif anticipé.
M. Morin : Très bien, je vous
remercie.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Vous avez des amendements et là, je crois qu'on change de sujet.
Mme Duranceau : OK, là, on
change de sujet.
Le Président (M. Laframboise) : C'est
ça, donc, un amendement qui introduit l'article...
Mme Duranceau : Ah, il en
reste un?
Le Président (M. Laframboise) :
Non. On change de sujet. Moi, je suis... je suis au ministère de la Justice.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : 13,
C'est
Loi sur le ministère de la Justice.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : Avez-vous
un autre amendement?
Mme Duranceau : Non, non,
non...
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va?
Mme Duranceau : ...on était
d'avance.
Le Président (M. Laframboise) : OK,
donc...
Mme Duranceau : Alors...
Le Président (M. Laframboise) :
...l'amendement qui introduit l'article 383.13, et c'est à vous, Mme la
ministre.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.12 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«CHAPITRE XII
«FONDS... FONDS ACCÈS JUSTICE
«SECTION 1
«AFFECTATION ET FINANCEMENT DU FONDS ACCÈS JUSTICE
«LOI SUR LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE
«383.13.
L'article 32.0.2 de la
Loi sur le
ministère de la Justice est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant:
«Le Fonds est également affecté au financement, en tout ou en partie, de la
différence entre les besoins financiers de la Commission des services juridiques
et ses revenus au cours d'une année financière ou, le cas échéant, pour
résorber le déficit accumulé de celle-ci.».».
Le Président (M. Laframboise) :
Cumulé.
Mme Duranceau : Cumulé,
cumulé, je m'excuse, «le déficit cumulé de celle-ci.» Commentaire. Cet
amendement vise à permettre que le fonds Accès Justice soit affecté au
financement, en totalité ou en partie, à tout déficit de la Commission des
services juridiques. Alors, on introduit le concept et on en parle au fil des
prochains articles sur les montants et la mécanique de tout ça.
Le Président (M. Laframboise) :
Questions, commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Écoutez, d'emblée, je vais, je vais vous souligner. Je ne plaiderai
pas la... la non-recevabilité de ces amendements-là, cependant, j'aimerais
comprendre davantage ce qui arrive, parce que je lis le
titre du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, accroître
l'efficacité de l'État et l'imputabilité des hauts fonctionnaires, donc,
notamment, renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, et j'essaie de
comprendre comment ces amendements là, parce que là, il y en a plusieurs qui
s'en viennent, sont en lien avec l'objectif poursuivi par le projet de loi n° 7?
Mme Duranceau : Bien,
l'efficacité de l'État, c'est large, hein? Puis toute mécanique qui nous permet
d'être plus agile pour... pour obtenir des résultats, bien, je pense que c'est
souhaitable, puis ça, c'est un bel exemple, ici, où on veut se donner... on
veut... on veut... faire en sorte de financer autrement l'aide juridique. Donc,
pour ça, il y a une mécanique qu'il faut se... se donner ou se permettre, comme
gouvernement, et c'est ce qu'on vient faire avec les articles qui s'en
viennent.
M. Morin : Le Fonds Accès
Justice du ministère de la Justice, présentement, est-ce qu'il est déficitaire?
Mme Duranceau : Il... le
Fonds Accès Justice, oui, il est déficitaire. De combien, j'imagine, vous allez
me demander?
M. Morin : Oui. Là, vous
anticipez ma prochaine... ma prochaine question : De combien? Tout à fait.
Mme Duranceau : Je vais vous
donner ce chiffre-là, là, je vais être précise, j'en ai plusieurs. Alors.
Des voix : ...
Mme Duranceau : La terminologie
comptable est bonne aussi.
Des voix : ...
Mme Duranceau : On vous
cherche ça, le déficit cumulé, parce qu'on l'avait à différentes dates, là, on
va vous donner ça. On avait un beau tableau la semaine passée sur ça.
Des voix : ...
Mme Duranceau : On va vous le
trouver. Voulez-vous me donner une autre question, en attendant?
M. Morin : Oui, en fait, ça
fait depuis combien d'années qu'il est déficitaire?
Des voix : ...
Mme Duranceau : OK,
attendez, je l'ai.
Des voix : ...
Mme Duranceau : Donc... OK,
c'est ça. Alors, c'est... en fait, on est... on est même prévoyants dans la...
Mme Duranceau : ...donc, 2025‑2026,
on est on est à peu près «break-even», là. Ça, c'est en millions?
Une voix : Oui.
Mme Duranceau : Ça fait que
3,6 millions d'excédents; 2026‑2027, on anticipe
118 000 d'excédents; puis, 2027‑2028 et suivantes, là il y aura...
Mais le déficit... Il y a un déficit de l'exercice ici...
Une voix : Oui, le déficit
d'exercice est là.
Mme Duranceau : ...c'est ça,
c'est ça, c'est le cumulé. Donc, il y a un déficit d'exercice annuel... Là,
j'ai, 2023‑2024, il y avait un déficit de 3,7; 2024‑2025, j'avais un déficit de
5,9; puis, 2025‑2026, de 3,9. Donc, pourquoi il y a un déficit annuel...
M. Morin : Excusez-moi, Mme
la ministre, 5,9, 3,9 c'est en millions de dollars?
Mme Duranceau : Oui.
M. Morin : Merci.
• (12 h 20) •
Mme Duranceau : Oui. Puis
pourquoi j'ai un déficit annuel qui croît ou qu'on n'anticipe pas résorber?
C'est qu'on a beaucoup accru les services aux différentes clientèles
vulnérables. Alors, ça coûte plus cher.
M. Morin : Et ça, évidemment,
c'est très bien, c'est très important qu'on s'occupe des populations les plus
vulnérables dans notre société. Mais vous êtes présidente du Conseil du trésor,
quand un ministère cumule des déficits comme ça, si ça arrive dans d'autres
ministères, qu'est-ce que vous faites?
Mme Duranceau : Bien là,
écoutez...
M. Morin : C'est votre
tableau de bord.
Mme Duranceau : ...chaque
contexte a ses solutions. Là, dans ce cas-ci, dans ce cas-ci, il y a un déficit
annuel, là, qui semble récurrent et qui ne se résorbera pas. Donc, il faut
envisager des solutions. Dans certains ministères, on va réduire les dépenses
pour certaines choses, dans d'autres cas, on pourrait dire qu'on va augmenter
des tarifs. Dans ce cas-ci, si on réduit les services, ça veut dire qu'on
réduit les services juridiques qu'on rend aux populations, aux clientèles
vulnérables. Alors, je pense qu'on a fait beaucoup dans les dernières années.
Vous étiez sans doute aux premières loges sur ça aussi. Alors là, il n'est pas
question de réduire ces services-là, donc.
M. Morin : Mais ma question,
si vous permettez, on n'est pas du tout sur la réduction des services. Et
évidemment je peux très bien comprendre que l'État ne veut pas réduire les
services qui sont donnés, particulièrement des populations vulnérables, ça,
c'est clair. Maintenant, il y a plein de services qui sont donnés à des
populations vulnérables, pas uniquement au ministère de la Justice, il y a
sécurité sociale, aide sociale... Il y en a plein, plein, plein dans l'ensemble
du gouvernement. Alors, quand vous avez un ministère qui, année après année,
vous fait des déficits avec son fonds, qu'est-ce que vous faites? Parce que là
je comprends que ce n'est pas la première année que ça arrive, là. Et quelles
sont les mesures qui ont été mises en place ou explorées...
Mme Duranceau : Mais qu'est-ce
qu'on fait...
M. Morin : ...pour essayer de
réduire ou d'enlever ce déficit-là avant qu'on en arrive à l'amendement d'aujourd'hui?
Mme Duranceau : On fait deux
choses, soit qu'on essaie d'augmenter les revenus, soit qu'on essaie de réduire
les dépenses, hein? Donc là, dans ce cas-ci, on a... on a, un, augmenté les
services qu'on rendait. Deuxièmement, on a aussi augmenté les taux horaires des
avocats de l'aide juridique pour aider, aussi — on a besoin d'avocats
qui sont payés, là, ils ne font pas ça bénévolement — pour faire...
rendre les services. Alors, on est dans une situation, on a un contexte où ce
n'est pas en réduisant les dépenses dans... Il y a des dépenses à surveiller,
là, fiez-vous sur moi. Mais, de manière générale, dans ce contexte-ci, ce n'est
pas les dépenses qu'il nous faut augmenter, c'est les revenus qu'il faut
augmenter, et on a de l'argent qui dort, hein, dans les fonds d'études
notariales puis le Fonds d'études juridiques. Alors, cet argent-là dort et
n'est pas utilisé au bénéfice de qui que ce soit. Et, en fait, c'est à se
demander comment ça se fait que personne n'a pensé à ça avant, hein? Je ne
voudrais pas vous lancer la balle, mais ça existe depuis longtemps, ces deux
fonds du Barreau et de la Chambre des notaires.
Et c'est sûr que les dernières années ont
été beaucoup plus lucratives en termes d'accumulation d'intérêt, compte tenu du
volume de transactions immobilières. Mais toujours est-il qu'il y a de l'argent
qui dort et qui peut être utilisé au bénéfice de notre population qui est la
plus vulnérable. Et puis là, bien, on aimerait ça se donner le crédit d'avoir
pensé à ça les premiers, mais, dans tous les autres États fédérés au Canada,
c'est une pratique qui est déjà courante depuis de nombreuses années. Alors, on
pense que c'est très...
Mme Duranceau : ...c'est très
raisonnable, et surtout, très efficace de procéder de cette façon-là.
M. Morin : Quand vous dites,
Mme la ministre : Il y a de l'argent qui dort dans ces fonds-là, est-ce
que vous avez fait une évaluation des différents projets qui sont financés par
ces fonds, par ailleurs?
Mme Duranceau : Bien là,
chacun des fonds a sa mission, là, puis soutient, je pense, différentes
activités en lien avec... avec leur mission, là, au niveau de l'accès à la
justice, et tout. Donc, ce qu'on vient proposer ici, c'est d'ajouter le
pouvoir, bien, du Fonds Accès Justice, on vient lui ajouter la possibilité de
financer l'aide juridique, parce qu'on pense que c'est là qu'il y a un besoin
qui est important. Après ça, le Barreau, les notaires...
L'idée, ce n'est pas d'épuiser ce
fonds-là, hein? On s'est entendus sur des sommes minimales qui devaient rester
dans le fonds. Alors, amplement d'argent... En fait, je pense qu'ils ne savent
plus exactement où déployer ces sommes-là, parce qu'il y en a tellement. Donc,
il va en rester amplement pour des missions éducatives et de... tu sais, vous
le savez mieux que moi, là, hein, sur les services professionnels. Mais on
pense qu'il y avait des petites choses à resserrer, par ailleurs, pour ramener
ça justement, aux missions essentielles.
M. Morin : Le fonds d'accès
justice... le fonds d'accès justice, à part ça, il est financé comment, et par
qui?
Mme Duranceau : Le fonds
d'accès justice, c'est un fonds du ministère de la Justice. Il est financé par
des contributions pénales.
M. Morin : Donc, ça, ce sont
des amendes.
Mme Duranceau : OK, puis là,
c'est ça, c'est des amendes. Il y a une portion de chaque amende qui va au
fonds d'accès justice.
M. Morin : OK. Est-ce qu'il y
a d'autres sources de financement?
Mme Duranceau : Non, c'est
juste les contributions pénales de la
Loi sur le ministère de la Justice. Bien,
il peut y avoir des crédits, là, les sommes virées par le ministre de la
Justice sur les crédits alloués à cette fin par le Parlement, les sommes
perçues en vertu de l'article 8.1 du Code de procédure pénale, les montants des
amendes versés en vertu des articles 24, 26 de la Loi favorisant l'accès à la
justice, et... les services administratifs de rajustement des pensions
alimentaires pour enfants. Bien, c'est des exemples, là, il y en a six, là.
Vous voulez que je les lise tous?
M. Morin : Non, mais... non,
ce n'est pas nécessaire, vous avez... vous avez répondu à ma question, mais je
comprends que... Quand il y a... il y a une amende qui est imposée dans un
dossier, c'est toute l'amende ou une
partie de l'amende qui va dans le fond
d'accès à la justice?
Mme Duranceau : C'est une
portion. On m'indique que c'est une portion de l'amende.
M. Morin : Et ça, ça inclut
les amendes qui sont versées en vertu du Code de procédure pénale et du Code
criminel, ou juste le Code de procédure pénale?
Mme Duranceau : Code de
procédure pénale.
M. Morin : Uniquement.
Mme Duranceau : Oui.
M. Morin : OK, parfait. Donc,
ça, c'est toutes des infractions pénales québécoises?
Mme Duranceau : Infractions
pénales québécoises? Attendez, on va préciser... Oui.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, commentaires? Donc, est-ce que l'amendement qui... Oui, d'autres questions?
M. Morin : J'avais... si
vous permettez, M. le Président, j'avais encore une question.
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, M. le député d'Acadie.
M. Morin : Merci. Donc,
quelles sont les analyses que vous avez faites avant d'en arriver à cet
amendement-là?
Mme Duranceau : Pardon?
Répétez ça.
M. Morin : Quelles sont les
analyses que vous avez faites avant d'arriver à cet amendement-là, donc de
permettre, finalement, à ce que le ministère de la Justice utilise des sommes
qui sont dans d'autres fonds pour accroître les sommes qui sont versées au
Fonds Accès Justice?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que, tu sais, à partir du moment où tu constates que tu as augmenté les
services, qu'il y a des dépenses importantes qui en découlent, qui sont
justifiées, on l'a dit, puis qu'il va manquer de sous dans le fonds pour la
CSJ... c'est ça, là, il faut se... je veux juste référer aux bons... aux bons
organismes... qu'il va manquer de sous dans la CSJ pour soutenir l'aide
juridique, bien là il faut que tu te poses des questions, comment on va y
arriver. Ça fait qu'on en a parlé. Je réduis les dépenses, oui, dans la mesure
de ce qui est faisable, et comment j'augmente les revenus. Ça peut être, tout
simplement, de dire : Ce n'est pas grave, on va faire payer les
contribuables, on va...
Mme Duranceau : ...augmenter
les impôts, on va voter ça via des crédits parlementaires, hein? Parce que
c'est ça, ultimement, tu peux voter des crédits puis dire : Ça va être
comme ça qu'on va régler le problème puis... ou tu peux regarder ce qu'il se
fait comme bonnes pratiques dans les autres... dans les autres provinces
notamment, puis constater aussi qu'il y a de l'argent qui dort, des dizaines et
centaines de millions qui dorment dans ces fonds-là et qui n'appartiennent pas
ni aux avocats ni aux notaires, qui appartiennent aux contribuables,
ultimement, et tu peux interroger sur la meilleure façon d'utiliser ces
sommes-là. Puis je pense que c'est ce que le ministre de la Justice a fait.
Et...
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
je vous remercie pour votre collaboration.
Mme Duranceau : Déjà?
Le Président (M. Laframboise) :
Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à jusqu'après
les affaires courantes.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
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15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 35)
Le Président (M. Laframboise) :
La Commission des finances publiques reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à
accroître l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts
fonctionnaires. Lors de la suspension de nos travaux, ce matin, nous en étions
à l'étude d'un amendement de la ministre introduisant un nouvel article, 383.3.
La parole était à Mme la ministre, qui était dans une envolée. Vous pouvez
continuer.
Une voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Point 13, oui, c'est ça, excuse-moi, 383.13, et Mme la ministre était dans une
envolée oratoire. Vous pouvez la poursuivre.
Mme Duranceau : Ça me surprendrait
de ma part, bien franchement. Bien là, je ne sais plus quel était notre sujet,
mais je veux peut-être préciser une chose, parce que, tu sais, vous m'avez
amenée tantôt sur les déficits, là, puis qui avait un déficit, puis j'ai
répondu pour le Fonds d'accès à la justice, hein, j'ai dit, bon, léger déficit
qui va être compensé de manière générale par les sanctions administratives
pécuniaires, là, qui est un nouveau régime qui va entrer en vigueur. Alors, les
sommes d'argent qui vont découler de ce régime-là vont... considérant les
montants en cause, vont permettre de renflouer le Fonds d'accès à la justice.
Par contre, la Commission des services juridiques, qui, elle, finance l'aide
juridique, elle, on parle de déficits plus importants. Alors, la commission
des... Puis c'est ce qu'on cherche à faire, hein, tout ça, l'idée, c'est d'aller
ponctionner l'excédent d'intérêts puis de mettre ça dans le Fonds d'aide
juridique qui, lui, va financer la Commission des services juridiques qui... le
déficit, qui, elle, paie pour l'aide juridique, donc. Puis le déficit de la
Commission des services juridiques, lui, s'élève à...
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK, ça fait
que... 30 millions pour l'année prochaine, puis, après ça, c'est une
soixantaine de millions. Puis pourquoi? Bien, ça découle des services
additionnels qui sont rendus. Ça fait que je... peut-être, dans mon propos, là,
c'était... tantôt, j'ai répondu vraiment sur le Fonds d'accès à la justice,
mais là l'objectif ultime, c'est la Commission des services juridiques qui va
financer l'aide juridique. C'est ça qu'on veut atteindre et non de renflouer le
Fonds d'accès justice, ce n'est pas... L'argent va transiter par là, mais ça va
être pour financer l'aide juridique à travers la Commission des services
juridiques.
Le Président (M. Laframboise) : D'autres
questions, M. le député de l'Acadie?
M. Morin : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? M. le député de Marguerite-Bourgeoys, ça va? Nous allons saluer l'ancien
ministre, M. Trudel, qui est avec sûrement ses étudiants de l'ENAP. Ça nous
fait plaisir de vous saluer.
Mme Duranceau : Ah bon! Voilà.
Des voix : ...
Une voix : Merci de nous
accueillir.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça fait plaisir, ça fait plaisir.
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) :
Ça fait plaisir. Donc, est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.13
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, nous arrivons maintenant au prochain article, qui est l'article...
un amendement qui va introduire 383.14. Mme la ministre.
Mme Duranceau : Alors, 383.14.
Insérer, après l'article 383.13 du projet de loi, tel qu'amendé, le suivant :
383.14.
L'article 32.0.3 de cette loi est
modifié par l'insertion, après le paragraphe 2.2, des suivants :
«2.3. Les sommes provenant du Fonds d'études
juridiques et versées en application de l'article 15.1 de la
Loi sur le Barreau.
«2.4. Les sommes provenant du Fonds d'études
notariales et versées en application de l'article 6.1 de la
Loi sur le
notariat.
«2.5. Les autres sommes provenant du Fonds
d'études juridiques et du Fonds d'études notariales.»
Commentaires : Cet amendement vise à
faire porter aux crédits du Fonds Accès Justice les sommes provenant du Fonds d'études
juridiques et du Fonds d'études notariales.
Notes additionnelles :
Le paragraphe
2.5 est ajouté, puisque d'autres sommes que celles récurrentes, prises en vertu
des articles 15.1 de la
Loi sur le Barreau et 6.1 de la
Loi sur le notariat,
pourraient être versées pour certaines autres initiatives financées par le
Fonds d'accès justice. Ces autres sommes sont isolées puisqu'elles ne seront
pas obligatoirement affectées en priorité au déficit...
Mme Duranceau : ...la
Commission des services juridiques.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, Mme la ministre, à 2.5, quand vous référez aux autres sommes,
lesquels?
Mme Duranceau : Oui, on va
vous préciser ça.
• (15 h 40) •
Une voix : ...
Mme Duranceau : OK, on va
préciser si on lit ça. Donc, l'article au complet, lui, ce qu'il dit, c'est que
les sommes suivantes sont portées au crédit du fond... qui est le Fonds d'accès
à la justice. Là, on rajoute...
Une voix : ...
Mme Duranceau : C'est ça. Ça
fait que 15.1, on va le voir dans les articles suivants. Ça fait que 15.1,
c'est le calcul... ça, c'est les sommes qui viennent du fond... du...
Une voix : ...
Mme Duranceau : Oui, pour
le... C'est... c'est le nouveau calcul, là, c'est le 50 % des intérêts
au-delà d'un... jusqu'à un certain seuil, puis l'excédent, 75 %, c'est ces
sommes-là, puis il y avait une autre somme après qui pouvait être ponctionné
sur consultation par le ministre.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Peut-être
vous pouvez les... prendre la parole.
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
juste vous présenter et puis donner votre titre, s'il vous plaît. Consentement,
avant. Vous avez...
M. Morin : Il y a
consentement, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement. Allez-y. Merci.
M. Tessier (Philippe-André) : Oui,
bonjour, Philippe-André Tessier, sous-ministre associé au ministère de la
Justice du Québec. Essentiellement, c'est pour d'autres initiatives qui sont
financées par le Fonds Accès Justice. Le Fonds Accès Justice ne va pas
uniquement financer les fins que sont les... le déficit de la Commission des
services juridiques, mais vont... ont d'autres... ont d'autres finalités. Donc,
ici, on vient modifier, effectivement, comme le dit Mme la ministre, s'assurer
que les... que les sommes qui proviennent du FEJ et du FEN par l'opération des
autres articles dont on a fait référence. Évidemment, ces éléments-là sont
portés au crédit du FAJ et que ces éléments-là vont pouvoir... après ça, on va
pouvoir financer d'autres initiatives, comme c'est le cas présentement, par le
Fonds Accès Justice.
M. Morin : Et qui va décider
de quelles autres initiatives on va pouvoir utiliser l'argent des deux fonds,
des deux ordres professionnels pour financer d'autres programmes.
M. Tessier (Philippe-André) : C'est...
Évidemment, c'est sur une base, évidemment, volontaire des ordres, à ce
moment-là, pour financer le... le fonds Accès Justice, c'est après, il y a...
par exemple, il y a l'entente justice citoyen présentement qui existe. Ces
sommes-là, évidemment, sont financés, pour ce qui est du fonds Accès Justice,
il y a un comité consultatif sur l'accès à la justice qui, lui, est consulté
par rapport au fond, mais le fond est sous l'autorité du ministère de la
Justice.
M. Morin : Et donc, quelle
est la discrétion du ministre pour décider où ça va être affecté?
M. Tessier (Philippe-André) : Les
sommes qui sont versées au Fonds Accès Justice sont... sont versées en fonction
de ce qu'on prévoit à l'article 32.0. Donc, vous avez la liste, là, à l'amendement
précédent. Donc, il est affecté au financement de projets d'activités destinés
aux citoyens sur l'accès à la justice. Donc, une meilleure connaissance,
compréhension du droit, meilleure connaissance des tribunaux, réalisation de
l'information juridique, réalisation d'outils juridiques. Donc, tous ces
objets-là, qui sont les objets du Fonds Accès Justice, sont les fins pour
lesquels le ministère est autorisé à dépenser des sommes du Fonds Accès
Justice. Et là, comme on vient de le faire, bien, évidemment, on va aussi
affecter le Fonds Accès Justice à un nouvel objet qui est de financer en tout
et en
partie la différence pour ce qui est des... entre les revenus puis les
dépenses de la Commission des services juridiques ou son déficit.
M. Morin : Et un peu plus tôt
aujourd'hui, avant de suspendre pour le repas, on avait parlé des sommes
perçues en vertu du Code de procédure pénale pour les infractions pénales
provinciales. Est-ce que ça inclut les amendes qui sont obtenues suite à
l'utilisation des photoradars?
Mme Duranceau : Je ne suis
pas sûr de ça. Les photoradars, l'argent, s'il transite par là.
M. Tessier (Philippe-André) : Les
photoradars, donc, les sanctions administratives pécuniaires... potentiellement
des photoradars, ce genre d'éléments là.
M. Morin : ...il y en a
présentement qui sont en service.
M. Tessier (Philippe-André) : Oui,
tout à fait, il y en a.
M. Morin : Mais le
gouvernement avait l'intention d'en ajouter...
M. Tessier (Philippe-André) : Effectivement,
mais le gros...
M. Morin : ...ce qui devrait
avoir... une augmentation des revenus.
M. Tessier (Philippe-André) : Mais
là, pour le... pour le... au moment où on se parle, les gros des revenus du
Fonds Accès Justice, c'est le 8 $ de contribution pénale à travers....
comme on l'a dit tout à l'heure, à travers les constats d'infraction en vertu
du Code de procédure pénale. Donc, c'est 8 $...
M. Tessier (Philippe-André) :
...par constat.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le de Marguerite-Bourgeoys, ça va? Donc, est-ce que... Oui, M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Je pense
qu'où mon collègue, mon distingué collègue, veut aller dans sa ligne de
questionnement, c'est, grosso modo, là, toute dépense ou allocation des fonds à
l'intérieur même du fonds vont rester dans le domaine ici, qu'on s'entend qui
sont reliés aux missions mêmes, là, de ce que ces deux fonds-là avaient
initialement, n'est-ce pas? On n'est pas en train d'élargir le champ, là.
Mme Duranceau : Des missions
juridiques.
M. Beauchemin : Oui, c'est
ça, on n'est pas en train d'élargir. Donc, en d'autres mots, le ministre de la
Justice ne peut pas décider d'appliquer ailleurs, à l'extérieur du champ qui
était déjà entendu au préalable, c'est ça?
Mme Duranceau : Non.
M. Tessier (Philippe-André) : On
ne change pas 32.0.2, là, à part pour financer le déficit de l'aide juridique.
C'est la seule... la seule modification aux objets du FAJ qui est effectuée.
M. Beauchemin : Puis les
déficits à l'aide... du Fonds à l'aide juridique, on s'entend, là, ça, c'est
parce que, justement, c'est dans l'opérationnel du fonds juridique avec sa
mission qui se dégage, donc un déficit. Il n'y aura pas une intervention du
ministre qui va pouvoir faire l'utilisation de fonds additionnels pour autre
cause que ceci, là.
M. Tessier (Philippe-André) : Bien,
pour les fins visées au Fonds Accès justice, les autres fins que je vous ai
nommées tout à l'heure, on n'a pas... on ne modifie pas les autres objets du
Fonds Accès justice. Le Fonds Accès Justice, avec les revenus qu'il va
recevoir, il pourra effectivement, un, financer le déficit de l'aide juridique,
mais il pourra aussi financer les autres projets pour lesquels... qu'il finance
présentement...
M. Beauchemin : OK, je pense,
c'est clair.
M. Tessier (Philippe-André) :
...qui sont tous des projets d'accès à la justice. Je pourrais vous donner des
exemples si vous le souhaitez, là.
M. Beauchemin : Non, ce n'est
pas nécessaire.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va? Est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Article... Le prochain amendement qui introduit l'article 383.15. Mme la
ministre, en faire la lecture.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.14 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
383.15.
L'article 32.0.5 de cette loi
est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «par» par «au premier... au premier alinéa de»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le ministre peut verser à la Commission
des services juridiques toute somme aux fins visées au deuxième alinéa de
l'article 32.0.2.»
Alors, cet amendement est en concordance
avec l'ajout, à l'article 32.0.2, de la
Loi sur le ministère de la Justice
proposé par l'article 383.13 du projet de loi de l'alinéa portant sur le
financement accordé à la CSJ... à la Commission des services juridiques.
Le Président (M. Laframboise) : Des
questions, M. le député de l'Acadie?
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, je comprends que quand... on vient te voir dans l'article
précédent, donc à 383.13, donc là vous venez de créer que le fonds, comme vous
l'avez mentionné, va être également affecté au financement en tout ou en
partie
de la différence entre les besoins financiers de la Commission des services
juridiques, et c'est revenu au cours d'une année financière. Et donc là, ce que
vous faites avec 383.15, c'est au fonds de permettre au ministre de prendre
l'argent qui va être versé et de l'envoyer à la Commission des services
juridiques. Est-ce que je comprends bien la mécanique?
M. Tessier (Philippe-André) : C'est
la...
Mme Duranceau : Oui, oui,
allez-y. Moi, c'est ça que je comprends, mais là...
M. Tessier (Philippe-André) : Oui,
bon, tout à fait...
Le Président (M. Laframboise) :
Me Tessier.
M. Tessier (Philippe-André) :
Oui, pardonnez-moi, M. le Président. Oui, vous avez tout à fait raison, c'est
donc la séquence logique de 3.0.2 et de 3.0.3. Et là vous êtes à 3.0.5, donc
les activités au premier alinéa de 3.0.2, donc les fins du Fonds Accès Justice
que j'ai énumérés tout à l'heure, donc l'information juridique, les ordres, les
CJP, peu importe, donc plusieurs programmes, et là on fait un... il y a le
deuxième alinéa qui a été ajouté tout à l'heure. Ce deuxième alinéa, il est
dédié à la CSJ, au déficit de la CSJ...
M. Morin : C'est ça, exact.
M. Tessier (Philippe-André) : OK?
Et là, donc, à l'alinéa précédent dont on discutait, ce qu'on est venu dire,
c'est que les... on va pouvoir financer à la fois le déficit de la CSJ, mais
également les autres fins du Fonds Accès Justice. Et là ce qu'on vient dire,
c'est effectivement... donc là, c'est l'article pour être sûr qu'il y a une
concordance avec 3.02 et ce qu'on vient de vous... ce qu'on vient dire là. En
gros, c'est un
article de concordance, là.
M. Morin : Exact. Parce que
je comprends que 32.0.5, le ministre a déjà une autorité pour verser des sommes
du fonds qui sont énoncées à 32.0.2 qu'on vient de modifier par 383.13...
M. Morin : ...c'est ça?
Des voix : ...
Mme Duranceau : ... allez-y.
M. Tessier (Philippe-André) : Oui,
c'est... Donc, c'est, en gros, vous le voyez à 32.0.5 : Le ministre peut
accorder une aide financière, toute personne, tout organisme pour favoriser la
réalisation de projets, d'activité visés.... Et là, ça va être modifié au
premier alinéa, le 3.02, il détermine conditions par règlement pour recevoir
une telle aide et tout, comme je disais, il y a un processus par rapport au
FAJ. Et là, ce qu'on vient ajouter, c'est : Le ministre peut verser à la
CSJ toute somme aux fins visées au deuxième alinéa, parce que là, évidemment,
il faut... il faut adapter cet article-là au fait que, là, on ajoute un
deuxième alinéa, une deuxième fin au FAJ.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Laframboise) :
D'autres questions, commentaires? Est-ce que l'amendement... qui introduit
l'article 383,15 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté.
Donc, nous passons à l'amendement suivant, qui introduit l'article 383.16.
Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui.
Insérer, après l'article 383.15 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«383.16. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 32.0.5.1, du suivant :
«32.0.5.2. Les sommes visées aux
paragraphes 2.3° et 2.4° de l'article 32.0.3
sont affectées en priorité aux fins visées au
deuxième alinéa de l'article 32.0.2.».».
Alors, cet amendement propose que les
sommes provenant du Fonds d'études juridiques et du Fonds d'études notariales,
en vertu de l'article 15.1 de la
Loi sur le Barreau et de
l'article 6.1 de la
Loi sur le notariat soient utilisées en priorité pour
le financement de tout déficit cumulé ou anticipé de la Commission des services
juridiques. C'est le lien...
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? Ça va?
Mme Duranceau : On poursuit
le lien.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.16 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté.
Donc, prochain amendement qui introduit l'article 383.17, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.16 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit:
«SECTION Il
«AFFECTATION DU FONDS D'ÉTUDES JURIDIQUES
«LOI SUR LE BARREAU
«383.17. L'intitulé de la sous-section 3 de
la
section III de la
Loi sur le Barreau
(chapitre B-1) est modifié par l'ajout, à la
fin, de «et obligations».».
Donc, ça disait «pouvoirs», mais là on met
«pouvoirs et obligations». Alors, cet amendement modifie le titre, considérant
les nouvelles obligations qui y sont ajoutées.
Le Président (M. Laframboise) : Question,
commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : On va voir, à
votre amendement suivant, Mme la ministre... Et là, je veux juste bien
comprendre. Ça dit, à 15.1, et là, on fait référence à la
Loi sur le
Barreau : Le conseil d'administration peut, et entre autres, financer le
fonds Accès justice. Là, on vient ajouter le mot «obligation». Donc c'est
«peut» ou «doit»?
Mme Duranceau : On est où,
là? Vous êtes dans...
M. Morin : Bien, en fait, je
référais... C'est parce qu'on va voir, bientôt, à votre prochain amendement,
là, que... Là, je comprends que ce que vous faites, c'est que vous... vous
changez le nom ou l'intitulé d'une section, d'une sous-section, en fait.
Présentement, dans la loi, ça dit : Le... Dans la
Loi sur le Barreau, ça
dit : Le conseil d'administration «peut». Alors, si vous mettez «pouvoirs»
et «obligations», ils «peuvent» ou ils «doivent»?
Mme Duranceau : Je vais
laisser Maître...
Le Président (M. Laframboise) :
Me Tessier.
M. Tessier (Philippe-André) : Merci,
Mme la ministre, M. le Président. Alors, ici, on fait référence, le «peut»
faire référence à «peut établir et administrer un fonds d'études juridiques»,
ce qu'il a déjà fait par règlement. Donc, ici, on ajoute un objet, donc, parce
que... donc la... l'amendement qui... dont on discute, donc «pouvoirs et obligations»,
il y a une obligation qui est... il y a une... une possibilité qui est mise à
l'article suivant de financer le fonds accès Justice, donc un objet, OK? Et à
l'article suivant, il faut comme prendre ça comme un tout, on crée, ici, une
obligation, à 15.1, qui est «au plus tard le 30 septembre de chaque année» est
prise sur le fonds d'étude juridique une somme. Mais évidemment que le fonds...
ce que la Chambre ou le Barreau peuvent faire, c'est créer un fonds, mais ils
doivent financer, mais ça, c'est plus tard.
M. Morin : OK, donc, ce n'est
pas discrétionnaire, ils vont devoir le faire.
M. Tessier (Philippe-André) : À
15... pour... pour financer, oui, à 15.1, oui, tout à fait.
M. Morin : C'est ça, donc il
n'y aura pas... ils n'auront pas de discrétion.
M. Tessier (Philippe-André) : Il
n'y aura pas de discrétion des...
M. Morin : Alors, quand on
dit... OK, donc... obligation, parfait, alors, je n'ai pas d'autres... je n'ai
pas d'autres questions.
M. Tessier (Philippe-André) : Le
... est pour constituer le fonds, ils ont déjà été constitués.
M. Morin : OK...
Le Président (M. Laframboise) : ...d'autres
questions, commentaires? Ça va. Est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 383.17 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté.
Donc, maintenant, le prochain amendement, Mme la ministre, qui introduit
l'article 383.18.
Mme Duranceau : ...après
l'article 383.17 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«383.18.
L'article 15 de cette loi
est modifié par l'insertion, à la fin du sous-paragraphe h du paragraphe deux,
du sous-paragraphe suivant :
«"iii de financer le Fonds Accès
Justice".»
Alors, cet amendement permet le
financement du Fonds Accès Justice à même le Fonds d'études juridiques.
Le Président (M. Laframboise) : ...M.
le député de l'Acadie.
M. Morin : ...merci.
Le Président (M. Laframboise) : Ça
va. Donc, est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.18 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) : Adopté.
Donc, maintenant, l'amendement qui introduit 383.19, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oh! ça, c'est
un long. Donc là, ça, c'est le cœur de ce qui est... ce qu'on est en train de
faire. Puis là c'est la modification qu'on fait dans la
Loi sur le Barreau pour
refléter l'objectif, là, de la mécanique de la ponction. Donc : Insérer,
après l'article 383.18 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
383.19. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 15, des suivants :
«15.1. Au plus tard le 30 septembre
de chaque année est prise sur le Fonds d'études juridiques et versée au Fonds
d'Accès Justice une somme correspondant à ce qui suit :
«1 50 % des revenus d'intérêts des
comptes en fidéicommis des avocats apparaissant aux plus récents états
financiers audités du Fonds d'études juridiques jusqu'à concurrence de
75 millions de tels revenus;
«2 75 % des revenus d'intérêts
excédant ces 75 millions le cas échéant.
«Malgré le premier alinéa, si le total des
revenus d'intérêts des comptes en fidéicommis est inférieur à 14 millions,
le Fonds d'études juridiques en conserve 7 millions, et la somme versée au
Fonds Accès Justice correspond à la différence entre ce total et
7 millions.
«Le ministre de la Justice peut
déterminer, après consultation du Barreau, qu'une somme différente de celle
déterminée en vertu du premier alinéa doit être versée pour une année
financière donnée selon les modalités qu'il détermine. Une... Une telle somme
n'est pas limitée aux revenus d'intérêts des comptes en fidéicommis, mais ne
peut avoir pour effet que les sommes constituant le Fonds d'études juridiques
soient inférieures à 75 millions à la suite du versement.
«Les montants prévus au deuxième alinéa
sont ajustés le 1er janvier de chaque année selon le taux correspondant à
la variation de l'indice moyen des prix à la consommation pour la période de
12 mois qui se termine le 30 septembre de l'année qui précède celle
de l'ajustement en prenant comme base d'indice moyen d'ensemble pour le
Québec... pardon, en prenant comme base l'indice moyen d'ensemble pour le
Québec établi par Statistique Canada.
«15.2. Toute sortie de fonds du Fonds
d'études juridiques ou tout engagement financier ne doit pas être susceptible
de compromettre tout versement exigible en vertu de l'article 15.1.
«15.3. Aux fins de l'application du
sous-paragraphe h du paragraphe deux de l'article 15 et des
articles 15.1 et 15.2, le Barreau doit transmettre au ministre de la
Justice tout renseignement ou tout document que ce dernier requiert concernant
le Fonds d'études juridiques.»
Alors, commentaires sur 15.1 : Donc,
sur 15.1, cet amendement prévoit qu'une somme est prise annuellement sur le
Fonds d'études juridiques et versée au Fonds d'Accès Justice, prévoit les
modalités permettant d'établir une telle somme. Il accorde aussi au ministre de
la Justice le pouvoir d'établir, après consultation du Barreau, une somme
différente de celle établie en vertu de la formule prévue par la loi. Cette
somme n'est pas limitée aux revenus d'intérêts des comptes en fidéicommis.
15.2 : Cet amendement vise à assurer
la pérennité du Fonds d'études juridiques pour préserver sa capacité à honorer
tout versement prévu à l'article 15.1 de la
Loi sur le Barreau.
Et 15.3 : Cet amendement accorde au
ministre de la Justice le pouvoir d'exiger tout document ou renseignement qu'il
requiert concernant le Fonds d'études juridiques. OK.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, merci, M.
le Président. Comment êtes-vous arrivés à ces chiffres et à ces pourcentages?
Mme Duranceau : Bien, c'est
le... le fruit, là...
Mme Duranceau : ...d'une...
d'une conversation, d'une entente avec le Barreau. Les... les pourcentages
initiaux étaient différents ou les seuils étaient différents. Puis il y a aussi
un... une comparaison qui a été faite avec ce qui était prélevé dans les
autres... dans les autres provinces... à ce qu'on voit dans d'autres provinces.
M. Morin : Donc, je
comprends qu'il y a eu des négociations...
Mme Duranceau : Bien...
Oui, tout à fait.
M. Morin : ...en amont
entre le ministère et le Barreau?
Mme Duranceau : Oui, en
amont ou en parallèle, ou en continu, dans les derniers jours. Mais
effectivement...
M. Morin : Dans les
derniers jours. Mais... mais le projet de loi, les amendements n'ont pas été
écrits dans les derniers jours. Donc, avant... avant le dépôt du projet de loi,
est-ce qu'il y a eu des négociations avec le Barreau?
Mme Duranceau : Ça fait
longtemps que c'est des choses qui se discutent. On n'était pas prêts avant.
Là, on l'est. Les discussions se sont intensifiées dans les derniers... dans
les derniers jours et semaines, et on a accouché de ces amendements-là.
• (16 heures) •
M. Morin : D'accord.
Dans votre amendement, ça dit : «Le ministre de la Justice peut
déterminer, après consultation du Barreau, qu'une somme différente de celle
déterminée en vertu du premier alinéa doit être versée.» Donc, je comprends que
ça laisse un pouvoir et une discrétion au ministre, qui est à peu près absolus,
parce qu'il peut, après consultation. Mais si le Barreau dit, par exemple, puis
ce serait... ça va être pareil tout à l'heure pour la Chambre des notaires,
là : Écoutez, non, ne faites pas ça. Ministre peut quand même le faire,
non?
Mme Duranceau : Oui.
Bien là, c'est après consultation. Donc, il y a consultation avec le Barreau.
Il y a l'enjeu de pérennité, là, qu'on est venus mettre dans la loi. On veut
s'assurer que... qu'il y a un fond qui est là puis qui est maintenu, puis ça
peut être à la hausse ou à la baisse, le montant, tu sais. Donc, il y a
consultation, puis c'est à la discrétion, oui, du ministre, peut-être, mais ça
peut être aussi pour assurer la pérennité du Fonds. Donc, ça va être moins.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Juste
clarifier quelque chose, là. Justement, dans... dans ce même paragraphe-là,
quand vous dites : «Une telle somme n'est pas limitée aux revenus
d'intérêts des comptes en fidéicommis.» Ça vient d'où ailleurs? Ce serait de...
ça viendrait d'où, si ce n'était pas de là?
Mme Duranceau : Bien,
c'est qu'il y a du capital qui est accumulé déjà. Puis on veut... on dit qu'on
va... on va maintenir un capital qui est à hauteur de 75 millions. Mais,
s'il y avait des sommes... À un moment donné, l'intérêt, l'intérêt qui n'est...
qui ne sera pas prélevé, continue de s'accumuler, puis lui, il s'accumule sur
le capital l'année suivante. Je n'ai pas besoin de vous expliquer ça.
M. Beauchemin : Non,
mais... Parce que ce que je vois, c'est que ça, c'est... c'est juste du... de
l'intérêt sur l'intérêt. On ne parle pas de... Mais la source même, c'est
encore la même chose, c'est de la...
Mme Duranceau : C'est
les mêmes dépôts, qui... Bien, les dépôts...
M. Beauchemin : C'est
les mêmes dépôts. Parce que quand c'est écrit comme ça, je me pose la question.
Ça peut sous-entendre que ça peut venir d'ailleurs.
Mme Duranceau : Lequel,
M. Beauchemin : «Une
telle somme n'est pas limitée aux revenus d'intérêts des comptes en
fidéicommis». Donc, je me pose la question... Ça peut peut-être venir
d'ailleurs. Et donc, d'où est-ce que ça peut venir?
Mme Duranceau : Là, en
fait, il n'y a rien de sorcier, là. Il y a de l'intérêt, il y a du capital, il
y avait du capital, il y a de l'intérêt qui s'accumule. Puis, l'année d'après,
l'intérêt devient capital, l'intérêt non ponctionné devient capital. Ça fait
qu'en bout de ligne, dans 10 ans, à un moment donné, ce sol de là va... tu
sais, il y aura eu une croissance. Puis là, on va peut-être être bien au-delà
du 75 millions minimum à conserver. Alors, le ministre se garde une... une
marge de manœuvre. Là, on va voir le Barreau, c'est ces chiffres-là. Mais, du
côté du Fonds d'études notariales, c'est énorme, là. Alors, on se garde une
marge de manœuvre pour ponctionner davantage des sommes après consultation.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...merci.
Merci, M. le Président. Donc, je comprends que, pour en arriver à ce modèle-là,
il y a des... des mécaniques ou des procédures semblables qui existent dans
quelques autres provinces. Et je comprends que vous vous êtes inspirés de ce
qui se fait dans les autres provinces pour développer la procédure ou la
mécanique que vous présentez aujourd'hui en projet de loi. Avez-vous regardé si
dans les autres provinces... Parce que je comprends que... Évidemment, dans les
autres...
Haut de la page
16 h (version non révisé
e) M. Morin : ...c'est
différent. C'est des provinces de common law, donc, des transactions
immobilières, ce sont les avocats qui les font. Il n'y a pas de notaire, il n'y
a pas cette institution fantastique que nous avons ici en droit civil. Mais est-ce
que dans les autres provinces, les membres ou les administrateurs des Law
Society siègent au conseil d'administration des fonds d'aide juridique?
Mme Duranceau : Là, on va
prendre votre question, on va regarder ça. Mais ce que je peux peut-être
fournir comme information, au-delà des... qui siège sur quoi, là on va le
vérifier, en Alberta, la formule, c'est 50 % des intérêts perçus sur les
comptes en... en fiducie commun des avocats, sous réserve de la possibilité
pour le ministre de déterminer un montant moindre. En Colombie-Britannique, c'est
50 % des revenus de la Notary Foundation. Au Manitoba, c'est 50 % des
intérêts perçus sur les comptes en fiducie commun des avocats ou un montant de
1,7 million... 629, selon lequel est le plus élevé... lequel des deux plus
élevés. En Ontario, c'est 75 % du revenu net, perçu chaque année au terme
des alinéas, 2b, c et d, sont versés à l'aide juridique Ontario, correspondant
aux intérêts perçus. Puis Terre-Neuve, c'est deux tiers du revenu net que la Law
Foundation reçoit chaque année. Ça fait qu'on voit qu'on n'est pas en dehors de
la track, comme on dit.
M. Morin : ...si vous me
permettez, puis c'est ce que je disais précédemment, en Ontario, notamment,
bon, c'est une province qui est plus populeuse, mais c'est les avocats qui, n'est-ce
pas, procèdent avec toutes les transactions immobilières. Donc, dans les
comptes en fidéicommis des avocats ou dans leurs fondations, ils vont avoir un
montant beaucoup plus élevé que dans celui du Barreau du Québec parce qu'ils n'ont
pas de Chambre des notaires.
Mme Duranceau : Oui, donc...
M. Morin : Bien, c'est ça,
donc. Alors, quand vous dites vous n'êtes pas loin, mais l'impact n'est pas...
n'est pas le même. Mais je reviens, je reviens...
Mme Duranceau : Bien, l'impact
total, il doit se ressembler. Il y a pas mal plus de transactions en Ontario
que chez nous. Je veux dire, si tout passe par le compte des avocats, bien,
globalement, ça va donner la somme de nos deux fonds, là.
M. Morin : D'accord. Mais je
reviens à ma question de tout à l'heure, parce que je n'ai pas vu, dans votre
projet de loi, de dispositions qui permettraient à des membres du Barreau de
siéger à la Commission des services juridiques, puisque vous allez utiliser les
intérêts des comptes en fidéicommis pour pouvoir renflouer la commission.
Mme Duranceau : Mais là la
gouvernance de la Commission des services juridiques, là...
Une voix : ...
Mme Duranceau : ...OK, c'est
un CA avec des avocats qu'on me dit. Ça fait que je ne comprends pas ce que
vous voulez me...
M. Morin : Bien, en fait, ce
que je comprends, c'est que... ce que je comprends, c'est que, dans d'autres
provinces, ils ont des sièges qui sont réservés pour des membres du Barreau et...
ou des fondations, ce serait à vérifier. Vous nous reviendrez avec la question
précédemment. Moi, ce que je dis, c'est que, si vous avez pris le modèle des
autres provinces, avez-vous pris aussi le modèle de la gouvernance des autres
provinces? C'est ça, ma question.
Mme Duranceau : Mais là on ne
change pas, à ma connaissance, la gouvernance de la Commission des services
juridiques. Là, ce qu'on vient... ni des fonds, à part d'ajouter la notion que
le... on va soutenir l'aide juridique. Mais là c'est vraiment la mécanique pour
ponctionner l'excédent d'intérêts et parfois le capital excédentaire de manière
à diriger ça vers le Fonds Accès Justice qui, lui, va financer la Commission
des services juridiques.
M. Morin : Oui, ça, j'ai bien
compris la mécanique, là, ça, c'est clair. Maintenant, 15.3, le ministre, de
toute façon, il va en prendre, une ponction, alors il a besoin de tout
renseignement ou du document qui le requiert concernant le Fonds d'études
juridiques. Est-ce qu'il y a une raison particulière?
Mme Duranceau : Bien là, la
note que j'ai sur ça, c'est... L'objectif est de permettre de faire des
prévisions budgétaires pour les prochaines années, considérant que ce sont les
revenus d'années antérieurs qui servent de base de calcul. Par exemple, les
données de l'exercice financier 2024‑2025 serviraient pour déterminer le
montant exigible au 30 septembre 2026. Alors, ça permet au ministre de s'assurer...
de s'assurer que son autorisation a été obtenue lorsqu'elle devait l'être.
M. Morin : Son autorisation
sera obtenue lorsqu'elle devait l'être...
Mme Duranceau : Oui, ça, je ne
suis pas trop sûre de cette logique.
M. Morin : Ce n'est pas très
clair pour moi, je suis désolé.
Mme Duranceau : Non, moi non
plus.
(Consultation)
Mme Duranceau : ...là, je ne
sais pas pourquoi cette note-là, là, mais quand on lit le texte : «aux
fins de l'application du sous-paragraphe h du paragraphe deux, de
l'article 15 et des articles 15.1, 15.2, le Barreau doit transmettre
au ministre de la Justice tout renseignement ou tout document que ce dernier
requiert concernant le Fonds d'études d'aide juridique», bien... oui, c'est ça,
c'est une coquille, ça, ça n'avait pas rapport la dernière phrase. Je pense, le
contenu de l'article est... du paragraphe, là, est assez... article, est assez
clair, là. Puis il y a peut-être eu des cas où le ministre considérait qu'il
n'avait pas reçu toute l'information ou qu'il n'avait pas accès à toute
l'information, puis ce n'est peut-être pas avec le Barreau, j'imagine qu'on va
avoir des articles qui sont copiés-collés du côté du Fonds d'études notariales,
alors on a déjà vécu d'autres choses de ce côté-là. Ça fait qu'on applique
probablement les règles miroirs aux deux, puis c'est normal que le ministre
puisse s'enquérir de ce qu'il y a dans le fond puis comment il est géré,
puis... pour une équité, une pleine transparence envers les citoyens parce que
ce n'est pas de l'argent, des ordres professionnels, là, ça, c'est de l'argent
des citoyens, là.
Une voix : ...
Mme Duranceau : Aussi vous
pouvez le prendre à sa plus simple expression, là, 15.3, ultimement, c'est un
calcul basé sur des états financiers puis des chiffres d'une année X. Bien, le
ministre peut tout simplement demander les états financiers, là, tu sais, ça
peut être aussi simple que ça pour s'assurer que le calcul est bien fait, là.
• (16 h 10) •
M. Morin : D'accord. Et
comment le... Pour prendre la fonction, comment le ministre va évaluer si la
ponction n'aura pas un impact négatif sur les engagements qui sont déjà pris,
parce que, présentement, ma compréhension, c'est que, dans le fond du Barreau,
il y a aussi des sommes qui sont versés à différents organismes qui aident à
l'accès à la justice, etc. Donc, comment... comment ils vont faire pour
s'assurer que, par la ponction, ça ne mettra pas en défaut le fonds, par
exemple, du Barreau ou de la fondation?
Mme Duranceau : Bien, on a...
Tu sais, en fait, les montants ont été convenus, là, puis le seuil minimum de
75 millions a été convenu avec le Barreau, donc ils considèrent que, tu
sais, c'est... que c'est... c'est faisable de leur côté, considérant leur
engagement. Puis on a pris la peine de l'écrire aussi, là, je me souviens plus
à quel paragraphe, là, qu'il fallait être en mesure de...
Une voix : ...
Mme Duranceau : C'est à 15.2?
Oui, «que toute sortie de fonds du... de toute sortie de fonds du fonds d'étude
juridique ou tout engagement financier ne doit pas être susceptible de
compromettre tout versement exigible en vertu de 15.1.»
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? Ça va? Donc, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 383.19 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté.
Donc, amendement, Mme la ministre, qui
introduit l'article 383.20.
Mme Duranceau : OK, maintenant
on passe du côté des notaires. Donc, insérer, après l'article 383.19 du
projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
Section trois Affectation du Fonds d'étude
notariale,
Loi sur le notariat
383.20. L'intitulé de la sous-section deux
de la
section deux du
chapitre un de la
Loi sur le notariat est modifié par
l'ajout à la fin de «et obligation».
Donc même... même modification que du côté
du Barreau pour prévoir l'obligation de verser...
Une voix : ...
Mme Duranceau : Oui, c'est ça,
même... l'obligation de verser la somme, là, au Fonds Accès justice.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires?
M. Morin : Juste pour être
clair, donc c'est un... c'est un copié-collé de ce que vous avez fait pour le
Barreau qui va être applicable à la Chambre des notaires, exact?
Mme Duranceau : Oui.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) : Est-ce
que l'amendement qui introduit l'article 383.20 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté.
Donc, maintenant, là, vous avez un
amendement qui introduit l'article 383.21, Mme la ministre.
Mme Duranceau : Insérer,
après l'article 383.20 du projet de loi tel qu'amendé le suivant :
383.21.
L'article six de cette loi est
modifié par le remplacement du sous-paragraphe B du paragraphe deux du premier
alinéa par le paragraphe suivant :
«b. de financer :
«i. des mesures visant à favoriser l'accès
à la justice;
«ii. la numérisation et la conservation
des greffes... notorio;
«iii. le fonds d'indemnisation de l'ordre,
conformément au paragraphe cinq de l'article huit;
«iv. le Fonds Accès Justice;
«v. les dépenses des notaires liées à
l'inspection d'un compte général en fidéicommis que l'ordre juge nécessaire...
Mme Duranceau : ...l'assumer.»
Alors, commentaire. Cet amendement
autorise l'utilisation des sommes constituant le Fonds d'études notariales pour
financer le Fonds Accès Justice, de même que certaines dépenses des notaires
liées à l'inspection d'un compte général en fidéicommis.
Donc, on vient prévoir ici, là, comment
les sommes accumulées dans le Fonds d'études notariales peuvent être utilisées,
OK, on vient resserrer ou préciser davantage, et on vient aussi en profiter
pour introduire le fait que le Fonds Accès Justice puisse être financé par...
par le Fonds d'études notariales.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? Allez-y.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Donc, Mme la ministre, évidemment, là, il y a une ponction qui va
être faite dans le Fonds d'études notariales. Il y a, présentement... et là
vous l'amenez avec votre amendement... il y a aussi des sommes qui vont être
utilisées à la numérisation et la conservation des greffes notariaux. À ce
niveau-là, est-ce que vous avez une idée des sommes qui vont être nécessaires?
Est-ce que ça va avoir un impact sur le fonds? Vous êtes rendus où avec ça? Et
est-ce que les calculs ou les pourcentages que vous suggérez vont faire en
sorte que ça pourrait retarder la numérisation et la conservation des greffes
notariaux?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, c'était déjà là. Ça fait que, tu sais, dans le fond, on a enlevé
l'ancien petit b, qui disait de financer des mesures visant à favoriser l'accès
à la justice ainsi que la numérisation et la conservation des greffes notariaux
et, conformément au paragraphe 5° de l'article 8, les fonds d'indemnisation de
l'ordre. On a remplacé ce paragraphe-là par l'énumération que je vous ai faite.
Donc, la numérisation et conservation des greffes notariaux, c'était déjà
prévu, cette même mécanique, alors je ne m'attends pas à ce qu'il y ait des
dépenses additionnelles ou des ralentissements de l'action.
M. Morin : C'est vrai que la
numérisation et la conservation des greffes notariaux étaient prévues, mais la
ponction, elle, dans le fonds ne l'était pas. Alors, quel va être l'impact de
la ponction?
Mme Duranceau : ...on va
laisser aussi un 75 millions, là, de la même façon, du côté de... Hein, je
présume que tout est miroir. Donc, il va y avoir un 75 millions qui va
être laissé du côté... dans le fonds aussi. Ça fait qu'il va être capable
d'assumer ses engagements.
M. Morin : Sauf qu'avez-vous
une idée du coût de la numérisation et de la conservation des greffes?
Mme Duranceau : ...état
financier. On va aller vous le chercher dans l'état financier de la chambre ou
du fonds, là.
M. Morin : Et à 5°, quand
vous parlez des dépenses des notaires liées à l'inspection d'un compte général
en fidéicommis que l'ordre juge nécessaire d'assumer, est-ce que c'est les
dépenses des notaires ou les dépenses de la chambre? Qui met la terre?
Le Président (M. Laframboise) :
...c'est le notaire qui vous parle. C'est les notaires, c'est les dépenses des
notaires.
Mme Duranceau : ...le Fonds
d'études notariales peut payer les dépenses des notaires liées à l'inspection
d'un compte général en fidéicommis que l'ordre juge nécessaire d'assumer. Donc,
ça, ça rentre dans les dépenses qui sont... qui sont acceptables de payer à
même le Fonds d'études notariales.
M. Morin : Merci. Pour cet
aspect-là. M. le Président, est-ce que je peux vous demander une courte
suspension, s'il vous plaît? Il y a une chose que...
Le Président (M. Laframboise) :
Oui.
Suspension demandée et accordée.
(Suspension de la séance à 16 h 19)
(Reprise à 16 h 24)
Le Président (M. Laframboise) : Lors
de la suspension, nous en étions à l'étude de l'article 383.21, et la
parole était au député de l'Acadie. M. le député.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Simplement, une précision, quand on parle des dépenses des notaires,
ma compréhension, après vérification, c'est qu'à l'article 6,
présentement, compte tenu de son libellé actuel, la Chambre peut aussi se
financer quant à l'inspection des notaires. Si on vient mettre à 5 uniquement
les dépenses d'un notaire, est-ce que ça exclut la Chambre?
Mme Duranceau : Non. Là...
M. Morin : Non?
Mme Duranceau : Parce que ce
qui arrive là, puis là vous me corrigerez, là, vous êtes plus notaire... vous
êtes plus notaire que moi, là, en tout cas plus proche, mais là ce qu'on... on
m'indique, c'est que... En fait, votre question, c'est quoi? C'est la dépense
que les notaires ont à engager parce qu'ils font vérifier leurs comptes, ou
bien c'est la dépense qui résulte d'être obligé de faire...
Mme Duranceau : ...vérifier
ton compte, laquelle dépense pourrait être... pourrait être assumée par le
fonds. C'est ça qu'on vient dire.
M. Morin : Ma compréhension,
c'est que le libellé actuel de l'article 6 permet, entre autres, à la
chambre, lorsqu'il y a des inspections, d'obtenir un remboursement. Si, là,
vous parlez simplement des dépenses des notaires et pas de la chambre, est-ce
qu'ils vont pouvoir continuer à le faire? C'est ça, ma question.
(Consultation)
Le Président (M. Laframboise) : Me
Tessier.
M. Tessier (Philippe-André) :
Oui, bonjour. Peut-être préciser qu'ici l'ajout en question, c'est de permettre
à l'ordre de financer des dépenses que les notaires ont obligation d'assumer,
parce que les notaires sont les professionnels dont l'audit annuel, leur
comptabilité est obligatoire en vertu du règlement. Et ici, donc, ce qu'on
vient simplement faire, on ne modifie pas les objets du fonds autres, on
précise, parce qu'ici ce n'est pas un transfert à l'ordre, c'est un transfert
au notaire, parce que c'est les notaires qui ont cette obligation-là. Donc,
c'est la précision que 5 apporte.
M. Morin : OK, je vous
remercie. Je n'ai pas d'autre question.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Donc, est-ce que l'amendement qui introduit l'article 383.21 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté. Donc, Mme la ministre, vous avez un nouvel amendement qui introduit
l'article 383.22.
Mme Duranceau : Oui. Alors,
c'est vraiment miroir, là, de ce qu'on a lu concernant le Barreau, donc la
mécanique de ponction, le calcul, comment il se fait.
Alors, insérer, après
l'article 383.21 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«383.22. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 6, des suivants :
«6.1. Au plus tard le 30 septembre de
chaque année, est prise sur le fonds d'études notariales et versée au Fonds
Accès Justice une somme correspondant à ce qui suit :
1° 50 % des revenus d'intérêts des
comptes en fidéicommis des notaires apparaissant aux plus récents états
financiers audités du fonds d'études notariales, jusqu'à concurrence de
75 millions de tels revenus;
2° 75 % des revenus d'intérêt
excédant ces 75 millions, le cas échéant.
Malgré le premier alinéa, si
le total des revenus d'intérêts des comptes en fidéicommis est inférieur à
14 millions, le fonds d'études notariales en conserve 7 millions et
la somme versée au Fonds Accès Justice correspond à la différence entre ce
total et 7 millions.
Le ministre de la Justice peut déterminer,
après consultation de l'Ordre, qu'une somme différente de celle déterminée en
vertu du premier alinéa doit être versée pour une année financière donnée,
selon les modalités qu'il détermine. Une telle somme n'est pas limitée aux
revenus d'intérêts des comptes en fidéicommis, mais ne peut avoir pour effet
que les sommes constituant le fonds d'études notariales soient inférieures à
75 millions à la suite du versement.
Les montants prévus au deuxième alinéa
sont ajustés le 1er janvier de chaque année selon le taux correspondant à
la variation de l'indice moyen des prix à la consommation pour la période de
12 mois qui se termine le 30 septembre de l'année qui précède celle
de l'ajustement en prenant comme base l'indice moyen d'ensemble pour le Québec
établi par Statistique Canada.
«6.2 Toute sortie de fonds du fonds
d'études notariales ou tout engagement financier ne doit pas être susceptible
de compromettre tout versement exigible en vertu de l'article 6.1.
«6.3 Aux fins de l'application du
paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 6 et des articles 6.1 et
6.2, l'Ordre doit transmettre au ministre de la Justice tout renseignement ou
tout document que ce dernier requiert concernant le fonds d'études notariales
que le ministre requiert.» Alors, voilà.
Le Président (M. Laframboise) : Questions,
commentaires? M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Alors, je
comprends que c'est un copier-coller de ce qu'on vient de lire pour le barreau.
Maintenant, est-ce qu'à votre connaissance il y a eu des négociations ou des
pourparlers avec la Chambre des notaires?
Mme Duranceau : Il y a eu des
discussions entre, effectivement, le ministre de la Justice puis la Chambre des
notaires.
M. Morin : Vous savez s'ils
sont arrivés à une entente sur la mécanique et les pourcentages et les
montants?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que c'est moins consensuel, mais c'est ce qu'on propose.
M. Morin : D'accord. Et
est-ce que vous avez une ouverture pour qu'on puisse discuter s'il y a des
modifications qui pourraient être apportées aux montants ou aux pourcentages?
Mme Duranceau : Je pense que
ça, le ministre de la Justice a été très clair sur ces éléments-là. Et, en
fait, il n'y a rien qui justifie que les seuils soient différents d'un côté ou
de l'autre. Alors, ultimement, là, les ordres ont la même...
Mme Duranceau : ...la même
mission. Alors, je ne vois pas pourquoi un aurait 400 millions dans son
compte puis l'autre en aurait 75, là. Donc, on ramène ça égale des deux côtés
et l'argent va être utilisé à bon escient pour aider la... une clientèle qui
est vulnérable. Et je pense que ça va être plus... en termes de gouvernance
aussi, on va s'assurer qu'on est à la bonne place.
M. Morin : En termes de... de
gouvernance, je comprends que là, le... le fonds notarial va contribuer à
l'accès à la justice et donc au budget de la Commission des services
juridiques, est-ce que je me trompe?
Mme Duranceau : Là, je
m'excuse, je ne vais pas faire semblant, je vais vous demander de répéter la
question.
M. Morin : Oui. Je comprends
qu'avec la ponction qui va être prise à partir du fonds, donc le fonds notarial
va contribuer au budget de la Commission des services juridiques, est-ce que
j'ai raison?
Mme Duranceau : Bien, il va
contribuer à financer le... C'est comme on a dit tantôt, là, il y a un déficit
accumulé à la Commission des services juridiques, il y a des services
additionnels qui sont rendus par l'aide juridique. Donc, on vient financer ça à
même les intérêts ponctionnés.
• (16 h 30) •
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va?
M. Morin : Donc, à la
Commission des services juridiques, je comprends que, la commission, il y a des
notaires qui vont rendre des services et dont les services vont être remboursés
par la commission, est-ce que j'ai... j'ai tort ou j'ai raison?
Mme Duranceau : ...qui
travaillent à l'aide juridique?
M. Morin : Oui. Est-ce qu'il
y a des notaires qui prennent des mandats d'aide juridique puis ils sont payés
par...
Mme Duranceau : ...s'il y a
des... Il y a effectivement des notaires qui travaillent à l'aide juridique, on
me le confirme. C'est un plus faible pourcentage que du côté des... des
avocats, mais c'est...
Des voix : ...
Mme Duranceau : Il y a des
mandats d'être juridiques qui sont pris, mais il n'y a pas de notaire
permanent.
M. Morin : Il n'y a pas de
permanents, mais il y a des notaires de pratique privée qui prennent des
mandats d'aide juridique. OK. Parfait.
Est-ce que présentement, la commission
des... Parce que là, je comprends. Est-ce que vous avez une idée du montant qui
va être pris du fonds notarial pour être versé à la Commission des services
juridiques?
Mme Duranceau : ...un
instant, un instant. Je regarde ça. OK. Les revenus du fonds d'étude notariale
qui proviennent des intérêts des comptes en fidéicommis des notaires
correspondent pour 2024-2025 à 130 millions puis pour 2023-2024 à
132 millions. Ça commence à faire du revenu, ça.
M. Morin : Oui. Avez-vous
également le montant que le fonds verse présentement à différentes activités
qui prévoient, encouragent, permettent l'accès à la justice?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, ce que j'ai, c'est un solde, dans ce fond-là, là, de
457 millions, OK, incluant ce qui a été transféré à leur fondation, là.
Donc, ça commence à faire beaucoup d'argent pour soutenir l'accès à la justice,
là. Donc, honnêtement, je ne sais pas comment on peut justifier ça quand on
considère qu'il y a des victimes de toutes sortes qui ont besoin d'aide
juridique. Je vais vous laisser le justifier, là, parce que...
M. Morin : ...justifier avec
respect, Mme la ministre. Moi, ce que j'essaie de comprendre, c'est ce que vous
allez faire. C'est une action du gouvernement.
Mme Duranceau : ...
M. Morin : Oui.
Mme Duranceau : Les dépenses
courantes de la Chambre ne devraient pas être assumées par le fonds d'études
notariales, ça, c'est l'autre affaire aussi.
M. Morin : Oui.
Mme Duranceau : Donc, ça, on
vient juste venir préciser ça.
M. Morin : Oui, merci. Mais
ma question, c'est : Avec la mécanique prévue dans la loi, combien
d'argent du fonds vont être versés à... j'imagine, à la Commission des services
juridiques pour, après, être capable de financer les activités de l'aide
juridique? C'est ça, ma question.
Mme Duranceau : Bien là, on
va renflouer le déficit accumulé puis on va... en fait, annuellement, s'assurer
de couvrir le... le déficit. Là, on parlait d'une soixantaine de millions par
année, donc...
Des voix : ...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
parce que là, j'ai... j'ai le député de Jean-Talon qui voudrait parler. Vous
pourriez...
M. Morin : Mais en fait, moi,
j'avais... j'avais une autre question. Présentement, la commission du service
juridique, parce que là, je comprends qu'ils vont payer l'accès aux services
juridiques...
Haut de la page
16 h 30 (version non révisé
e) M. Morin : ...est tout à fait
correct. Parfait. Est-ce qu'il y a un notaire qui siège au conseil d'administration?
Mme Duranceau : De la
Commission des services juridiques? On va vérifier ça. Ce serait-tu bien
important?
M. Morin : Parce que tout à l'heure...
Mme Duranceau : Ce serait-tu
bien important?
M. Morin : Bien, c'est tout à
l'heure, vous aviez dit : Écoutez, pour les avocats, il y a déjà des
avocats qui siègent au conseil. Ça fait que c'est... c'est correct. Parfait.
Maintenant, ma question, puisqu'on fait du copier-coller, est-ce qu'il y a des
notaires?
Mme Duranceau : ...en même
temps, là, qu'est-ce ça change? Parce qu'ultimement c'est comment notre
Commission de services juridiques est gérée pour administrer ou chapeauter l'aide
juridique. Là, si les notaires n'étaient pas là avant puis ils n'avaient pas l'intérêt
d'être là avant, je ne comprends pas pourquoi, tout d'un coup, là, ils
voudraient être là. Tu sais, à un moment donné, il n'y a pas de lien de... il n'y
a pas de lien juridique, là, entre l'intérêt généré dans les comptes en
fidéicommis des notaires, l'Ordre des notaires, le notaire puis ce qui s'en va
là, là. Donc, il ne faut pas mélanger les choses, là. Je comprends qu'on essaie
de faire des liens, mais...
M. Morin : ...si le Fonds d'études
notariales contribue d'une façon significative, à coup de millions, à la
Commission des services juridiques et que la Commission des services juridiques
offre des services de notaire, ça pourrait être intéressant qu'il y ait un
notaire au conseil d'administration. C'est juste ça, ma question.
Mme Duranceau : Je comprends,
mais...
M. Morin : Peut-être qu'il n'y
en a pas, mais c'est juste...
Mme Duranceau : ...limite,
là... (panne de son) ...pour aller financer d'autres choses, là. Tu sais, il n'y
a pas de lien entre l'Ordre des notaires ou le Barreau et ces sommes-là, autre
que c'étaient de leurs clients qui ont déposé des sommes en fidéicommis puis
qui ont généré du revenu d'intérêt. Tu sais, ils sont comme chanceux, là, que
tout ça se passe dans leur compte de banque. Alors là, ce qu'on vient faire, c'est
prendre les sommes puis les mettre à meilleure utilisation que ce qui est prévu
actuellement... (panne de son) ...qui... par ailleurs, qui siège à la
commission.
M. Morin : ...
Le Président (M. Laframboise) : OK.
Parfait. M. le député de Jean-Talon, la parole est à vous.
M. Paradis : Merci. Mme la
ministre, donc, vous avez mentionné tout à l'heure qu'en ce qui concerne les
dispositions miroirs, comme vous l'avez mentionné, en ce qui concerne le
Barreau du Québec, il y a eu une entente entre le ministre de la Justice et le
Barreau du Québec sur les amendements que vous avez proposés. C'est bien ça?
Mme Duranceau : C'est bien
M. Paradis : Vous confirmez
que vous n'avez pas de telle entente avec la Chambre des notaires en ce qui
concerne les fonds d'études notariales?
Mme Duranceau : Écoutez, moi,
je n'ai pas parlé, là, à la Chambre des notaires. Le ministre de la Justice
leur a parlé. Ce que je comprends, c'est qu'ils étaient moins en accord, mais
je... je ne sais pas. Vous me direz s'ils sont d'accord ou pas, là.
M. Paradis : À votre
connaissance, est-ce qu'il y a une...
Mme Duranceau : Mais, sur le
principe, je pense qu'ils sont d'accord. Là, après ça, ils ont évoqué... des
seuils ou des pourcentages différents. Mais nous, on souhaite garder ça
équitable entre les deux, et surtout simple.
M. Paradis : Donc, à votre
connaissance, est-ce qu'il y a actuellement une entente entre le gouvernement,
votre gouvernement et la Chambre des notaires sur les dispositions de l'amendement
que vous proposez en ce qui concerne la Chambre des notaires?
Mme Duranceau : Je répète ce
que j'ai dit : une entente sur le principe, il y a un désaccord sur soit
le seuil ou le pourcentage. Mais c'est la... On propose d'assujettir le Fonds d'études
notariales aux mêmes règles que le Fonds d'études juridiques.
M. Paradis : Mais le... Quel
est le principe sur lequel il y a entente selon vous? Est-ce que c'est le
principe qu'il y ait un versement d'une
partie des sommes dans le Fonds d'études
notariales vers le Fonds d'Accès Justice ou est-ce que c'est sur le principe de
l'effet miroir quant au Barreau... quant au Fonds d'études juridiques du
Barreau du Québec et le Fonds d'études notariales de la Chambre des notaires?
Mme Duranceau : ...ce n'est
pas moi qui ai pris la parole, là, sur cet appel-là, je vais laisser Maître
Tessier commenter.
M. Tessier (Philippe-André) : Alors,
la question du financement de l'aide juridique par le Fonds d'études
notariales, donc le principe.
M. Paradis : Est est ce qu'il
y a accord avec la Chambre des notaires quant au principe que ce soient les
mêmes montants, donc effet miroir entre le Barreau du Québec et la Chambre des
notaires?
Mme Duranceau : ...dit, là,
ils n'étaient pas d'accord. Mais moi, je vais vous relancer la question :
Qu'est-ce que vous proposez, vous? Parce qu'il y a de l'argent qui dort en
grande quantité dans le Fonds d'études notariales, OK. Je pense que la
gouvernance s'est redressée, là, ou est en voie de se redresser, mais il y a
des sommes importantes qui dorment de ce côté-là. Et on va allouer ça à des
services juridiques qui, à mon avis, devraient vous... qui sont importants pour
vous aussi, là, je pense.
M. Paradis : Tout à fait, Mme
la ministre. Puis c'est pour ça, et mon collègue l'a confirmé, il y a une entente
sur le principe. Mais là c'est sur la façon de faire dont on discute
actuellement. Et, moi, je vous propose puis je vous pose la question...
M. Paradis : ...ici, ce sont
des actifs de la Chambre des notaires dont on parle, puis c'est pour ça...
Mme Duranceau : Non, non,
non...
M. Paradis : Laissez-moi,
laissez-moi terminer, Mme la ministre. Je vous pose la question justement...
Bien, je vais vous la poser, la question, vous me direz ce que vous en pensez.
Parce que les montants, dans le Fonds d'études notariales de la Chambre des
notaires puis les montants dans le Fonds d'études juridiques du Barreau du
Québec, ce n'est pas la même chose. Mais là vous avez un accord avec le Barreau
du Québec, et ça, c'est très important. Vous n'avez pas d'accord avec la
Chambre des notaires sur les modalités. Et vous allez me dire comment vous
considérez les sommes qui sont dans le Fonds d'études notariales de la Chambre
des notaires, parce qu'aux dernières nouvelles ce ne sont pas des fonds qui
sont levés à l'aide de taxes ou d'impôts du gouvernement du Québec. Donc, ce ne
sont pas des deniers publics sur lesquels le gouvernement du Québec a l'entière
discrétion, comme il peut le faire sur les autres montants qui sont au fonds
consolidé ou dans d'autres fonds gouvernementaux.
Donc, est-ce que vous considérez que vous
pouvez procéder de manière unilatérale ou vous devriez avoir l'entente avec la
Chambre des notaires? Et comment considérez-vous les fonds qui sont dans...
actuellement, dans le Fonds d'études notariales de la Chambre des notaires?
• (16 h 40) •
Mme Duranceau : Bien, ce n'est
très certainement pas des sommes qui appartiennent non plus à l'ordre... à la
Chambre des notaires, soyons clairs, c'est dans un fonds, le Fonds d'études
notariales. Et on considère qu'on propose quelque chose qui est très acceptable
et très raisonnable et que la mission, la mission du fonds n'est pas compromise
par ce qu'on propose, absolument pas. Donc, si vous voulez me faire la
démonstration...
M. Paradis : Non, non, mais
je comprends que vous me retournez la balle, mais c'est vous la ministre, puis
c'est vous, actuellement, qui êtes dans l'action gouvernementale, et vous avez
une entente avec le Barreau du Québec, vous n'en avez pas avec la Chambre des
notaires. Je vous suggère que, s'agissant de deniers qui ne sont pas levés à
l'aide des taxes et les impôts du gouvernement du Québec, on est d'accord que
ce sont des intérêts sur des sommes déposées dans les comptes en fidéicommis
gérés par les notaires. Je pense qu'il n'y a personne qui prétend ici que c'est
de l'argent qui appartient aux notaires, mais ce sont des actifs qui sont gérés
actuellement par la Chambre des notaires, et là vous n'avez pas d'entente avec
eux.
Est-ce que vous avez considéré la
différence aussi entre, donc, les sommes dans le Fonds d'études juridiques puis
les sommes dans le Fonds d'études notariales et sur la question de la
prévisibilité et des besoins respectifs des deux? Parce que vous dites, vous
avez fait miroir. Or, est-ce que vous considérez que les fonds qui doivent
demeurer dans le Fonds d'études notariales, c'est exactement la même chose que
sur le Fonds d'études juridiques ou que c'est différent?
Mme Duranceau : Écoutez, je
considère qu'il y a amplement d'argent dans ce compte-là. Les intérêts, sur
130 millions, là, le calcul qu'on me fait, c'est qu'il va quand même leur
en rester, avec le calcul proposé, il va en rester quand même 51 millions
par année, OK, en plus du capital qui reste...qui est dans le compte, là, qui
est de l'ordre de 311 millions, avec l'argent qui était allé à la
fondation de 457 millions. Voulez-vous bien me dire qu'est-ce que la
Chambre des notaires va faire avec tout cet argent-là? Il va falloir qu'ils
diversifient leurs missions si on laisse ça là.
M. Paradis : Mais moi, je
vous pose les questions à vous sur comment vous avez établi vos seuils, parce
que vous dites : Moi, je veux reproduire la même chose, effet miroir pour
les deux. Le Barreau du Québec a accepté votre proposition, donc ça, c'est
réglé. La Chambre des notaires, elle dit, une des choses qu'elle dit, c'est que
le seuil de 75 millions que vous instaurez avec cet amendement-là, ce
n'est pas adapté à la réalité de la Chambre des notaires en raison de leurs
obligations de gestion du patrimoine notarial. Est-ce que vous avez étudié ces
questions-là, ou vous arrivez simplement en disant : Bien, ça va être la
même règle pour les deux grandes institutions juridiques du Québec?
Mme Duranceau : Il y a trop de
trop de discussions en parallèle, là, ça fait que j'ai manqué... Répétez-moi
votre question.
M. Paradis : Je vous
demandais de comment vous avez fait pour fixer vos seuils, outre le fait que
vous avez dit : C'est la même chose pour les deux. Est-ce que vous avez
considéré, dans vos discussions avec la Chambre des notaires, les réalités
notariales? Parce que la Chambre des notaires, elle dit que le seuil de
75 millions qui peut être adapté pour le Barreau...Vous avez une entente
avec le Barreau, donc, ça va. Mais les notaires, ils vous disent que ça, ce
n'est pas adapté à leurs réalités, notamment en raison de leurs obligations de
gestion du patrimoine notarial. Donc, la Chambre des notaires dit : Bien,
vous n'auriez pas dû utiliser les mêmes seuils que pour le Barreau du Québec
parce qu'on ne gère pas la même réalité.
Je vous demande si vous avez regardé ces
questions-là, et la réponse est peut-être oui. Dans ce cas-là, quelles
conclusions tirez-vous et que répondez-vous à la Chambre des notaires?
Mme Duranceau : Mais là vous
me direz c'est leur réalité est...
Mme Duranceau : ...complètement
différente, mais je ne pense pas. Puis, par ailleurs, ce qu'on a dit tantôt,
avant votre arrivée, c'était aussi quand on s'appuyait au niveau du pourcentage
ou, en tout cas, on s'appuie, puis on a comparé avec les autres provinces, puis
on est tout à fait... Je sais que ce qui se passe dans les autres provinces,
des fois, c'est moins votre intérêt, là, mais, dans les États fédérés
canadiens, toutes les provinces ont des pourcentages qui ressemblent à ceux-là.
Alors, on est dans la limite du très... On est dans... à l'intérieur des
balises qui sont très raisonnables et comparables. Donc, c'est... tu sais, ce
n'est pas scientifique, là, on s'est appuyés sur ça. Et, par ailleurs, on fait
les calculs puis on voit qu'il reste amplement d'argent dans le compte malgré
cette ponction-là.
M. Paradis : Vous me parlez
de comparatif pour la Chambre des notaires dans d'autres provinces du Canada,
vous êtes certaine?
Mme Duranceau : Bien, je
vais... Si vous aviez été là au début de la conversation, on a effectivement
fait le parallèle qu'ailleurs au Canada la notion de notaire n'existait pas,
puis c'est tout fait chez les avocats. Vous connaissez ça mieux que moi, le...
qu'il n'y avait pas de Code civil, que c'est la common law.
Ceci dit, l'ensemble des transactions se
fait sous un même chapeau dans les autres provinces. Ça fait que, si on
compare, là, on va parler de montants globalement comparables et très
certainement en dessous de ce qui se passe en Ontario en termes de valeur de
transactions. Donc, nos pourcentages sont collés sur l'Ontario, avec des
transactions probablement, en dollars, beaucoup moindre. Donc, ce n'est pas
farfelu, là, ce qu'on fait là.
M. Paradis : M. le Président,
je n'ai pas de problème à admettre que j'étais dans une autre commission
parlementaire juste avant d'arriver ici, mais vous savez que, généralement,
d'évoquer directement ou indirectement le fait qu'un député n'était pas là, ce
n'est pas quelque chose qui se fait. Mais ça me va, c'est vrai que j'ai manqué
une
partie de la conversation, Mme la ministre, mais je vous réitère quand même
la question parce que je veux savoir sur quelle base... Là, vous dites «les
autres provinces», là, mais, ici, il y a une chambre des notaires, puis il y a
un barreau du Québec. La Chambre des notaires vous dit : Le seuil de
75 millions que vous utilisez, pour eux, n'est pas le bon, parce que leur
réalité n'est pas la même, et les fonds qu'ils doivent gérer et leurs
obligations envers ces fonds-là ne sont pas les mêmes qu'avec le Barreau du
Québec. Ça fait deux fois que vous me retournez la question, mais c'est vous
qui fixez la norme. Je vous pose la question sur la façon dont vous l'avez
fixé. Est-ce que c'est simplement pour dire : Miroir, miroir, Barreau du
Québec, Chambre des notaires.
Mme Duranceau : ...miroir et
capital accumulé, là. Je veux dire, il y a 400 millions, dans le compte,
là, donc, si l'intérêt annuel qui leur est laissé n'est pas suffisant, ils
jouissent toujours bien d'une petite cagnotte assez importante, là.
On prend juste, là... on va se parler de
vrais chiffres, là, si on parle... l'année 2025, intérêts en fidéicommis,
130 millions de revenus d'intérêts, et les revenus de placements,
là-dessus, 36, sur le... sur le capital, 36. Alors, ce n'est pas comme si,
annuellement, c'est difficile, là. Donc, il y a un énorme capital accumulé qui
est là pour servir les missions à l'intérieur d'une gouvernance qui est
étoffée, et raisonnable, et transparente. Et là on vient ponctionner la portion
intérêts qui dépasse le seuil de 75 millions. Il n'y a absolument rien de
déraisonnable, là, dans le... dans le contexte.
M. Paradis : Il n'y a
personne, encore une fois, qui conteste le principe sur lequel vous basez cette
action-là. La Chambre des notaires a accepté le principe de transférer une
partie des sommes, le Barreau du Québec aussi. Vous avez une entente avec le
Barreau du Québec. Moi, ce que je vous suggère, c'est que l'idée, étant donné
que ce ne sont pas des taxes et impôts directement levés par le gouvernement du
Québec, que vous devriez chercher à vous entendre avec la Chambre des notaires,
qui rappelle qu'elle a des obligations de surveillance sur des montants en
fidéicommis qui, ensemble, dépassent 100 milliards de dollars par
année, qu'elle a des obligations déjà conclues avec des organisations externes
à même leurs fonds d'études notariales, à hauteur de 155 millions pour les
cinq prochaines années. Et ce que la Chambre des notaires dit, c'est : Si
le gouvernement agit de manière unilatérale, comme vous le faites actuellement,
vous mettez en cause la prévisibilité de la gestion de ces sommes-là et vous
pouvez nuire, donc, à la capacité de la Chambre des notaires de satisfaire à
ses obligations. C'est ça que la Chambre des notaires vous dit.
Alors, je vous demande comment vous
réagissez à cette position de la Chambre des notaires puis est-ce que vous ne
devriez pas suspendre l'amendement pour laisser le temps de vous entendre avec
la Chambre des notaires?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, je pense que les discussions qui avaient à avoir lieu ont eu lieu, OK?
On parle de revenus annuels de 130 millions au niveau des intérêts,
revenus...
Mme Duranceau : ...placement
sur le capital de 36 millions, on est à 167 millions globalement.
Donc, on va aller ponctionner sur le 130 millions et, on l'a bien dit, le
ministre peut prélever plus, peut prélever moins, l'objectif, c'est de
s'assurer que les missions vont... vont pouvoir être respectées. Donc, il y
aura conversation en temps et lieu s'il y a une problématique, mais il y a
beaucoup, beaucoup d'argent dans ce fonds-là et je pense que ce qui est proposé
est tout à fait raisonnable et si vous n'êtes pas d'accord avec moi, comme vous
semblez ne pas l'être, bien, je vous demande ce que vous proposez à 383.22.
• (16 h 50) •
M. Paradis : Mme la ministre,
ça fait plusieurs fois que vous me retourner les questions, puis je vous l'ai
même dit, là, je vous ai même fait cadeau de ce que je vous propose, c'est de
suspendre l'amendement puis de discuter avec la Chambre des notaires qui sont
d'accord... qui est d'accord avec le principe. Vous avez une entente avec le
Barreau du Québec, donc les amendements ont procédé, mais vous avez aussi ici
la Chambre des notaires qui s'inquiète du paragraphe qui donne le pouvoir au
gouvernement de décider d'un autre montant sans que ce soit avec l'accord de la
Chambre des notaires et sans que ce soit dans le cadre que vous fixez. Donc,
vous... vous fixez des règles, mais à même l'article, vous vous donnez la
possibilité de faire autrement et ce n'est que sur consultation, donc la
Chambre des notaires n'a absolument rien à dire. Parce que, là, vous me
dites : il y a beaucoup d'argent. Vous pourriez décider d'aller chercher
beaucoup plus que ce qu'il y a là, puis vous n'avez même pas besoin