Labour and the Economy — 17 March 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-03-17
Quebec — Committees
fait, c'est des frais administratifs. Quand, annuellement, les employeurs
reçoivent un avis de cotisation, il y a
toujours une
section frais administratifs
ou frais de gestion de dossier. C'est ce que cet article-là prévoit.
Actuellement, c'est un frais fixe qui est de 65 $, alors que, là,
ça permettrait à la commission de le faire varier par employeur en tenant compte des coûts qui sont engendrés par la
gestion de leurs dossiers qui leur sont propres. Et donc, plus ils utilisent
les technologies numériques, plus il y a un impact, donc le montant du frais de
gestion de dossier pourrait varier en tenant compte de la nouvelle réalité
technologique.
C'est fait de la même
façon, là, un peu partout, là, Hydro-Québec, RAMQ, la SAAQ, tous les organismes
gouvernementaux chargent aux employeurs un frais de gestion de dossier, ce
qu'on appelle un frais administratif. Voilà, c'est tout, c'est simplement le
but du changement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? Député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Oui, question de compréhension. Donc, quand on rajoute... vous l'avez peut-être
expliqué vite, vite, puis je l'ai
échappé, là, mais, quand on rajoute «qu'elle détermine par règlement», c'est
que ce n'était pas par règlement avant, donc c'était une politique
interne, c'était...
M. Boulet :
C'était annuellement puis c'était reconduit année après année, là. C'était le
montant de 65 $ qui s'appliquait uniformément à tous les employeurs, alors
que, là, ça pourra être un frais qui varie en fonction des coûts plus réels, là, par employeur. Et donc c'est pour
ça que je dis : Plus ils utiliseront les technologies numériques, plus ça
aura un impact, ils pourront bénéficier d'un frais de gestion de dossier qui va
varier en tenant compte des coûts réels.
M. Leduc :
Mais ça, c'est à déterminer dans le règlement, ce n'est pas dans le projet de
loi ici que vous voulez introduire d'autres variantes, là.
M. Boulet :
Non, ce serait déterminé par la commission, par règlement.
M. Leduc :
Ça fait qu'un autre ministre, par exemple, pourrait prendre d'autres
orientations.
M. Boulet : C'est la commission
qui va le déterminer par règlement.
M. Leduc :
Parfait. Ça vous fait rire. On commence bien. C'est parfait.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Y a-t-il d'autres interventions? Alors, s'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Oh!
pardon, député de Nelligan.
M. Derraji : Juste par rapport
à la structure de prix, le montant, il est fixe, donc, peu importe, il n'y a
pas un changement annuel, une indexation, donc, pour les employeurs, ça va
coûter 65 $.
M. Boulet :
Jusqu'à ce jour, c'est 65 $ par année, puis ça n'a pas changé depuis
plusieurs années, alors que, là, ça permettrait à la commission d'adopter un
règlement qui considérerait le niveau
d'utilisation des technologies par chaque employeur et de lui charger un
frais de gestion de dossier en tenant compte de sa réalité qui lui est propre.
M. Derraji : O.K. Et j'imagine
que ce genre de discussion va avoir lieu au sein du comité, soit au C.A. de la
CNESST ou bien au niveau du comité consultatif.
M. Boulet : Ah! tout à fait, tout
à fait.
M. Derraji : Parce que, vous le savez, ma sensibilité, comme
vous, par rapport au fardeau administratif, au fardeau
financier sur les épaules des employeurs... Ça a l'air que ce n'est pas un gros
montant, mais, si on cumule...
M. Boulet : Ah! tout à fait.
M. Derraji : ...ça pourrait
constituer quand même une bonne part de frais. Et je vois votre sourire
derrière les lignes, je sais que vous
m'appuyez dans ce sens, et on a les mêmes intérêts par rapport à ça. Donc, je tiens à vous demander, d'une manière très claire, qu'on va prendre en considération le point de vue des utilisateurs, à savoir les employeurs, et que ça ne
constitue pas un fardeau sur eux.
M. Boulet : Totalement. Il
faut, comme je viens de le mentionner, que ce règlement-là... les règlements de
la commission, il faut qu'ils soient adoptés par le C.A. qui, comme vous le
savez, est paritaire.
M. Boulet : Et les associations
patronales sont, bien sûr, représentées.
M. Derraji : Donc, ce règlement va passer par les procédures internes, comme à
l'image de tous les règlements
de la CNESST : rédigé, comité exécutif, j'imagine...
M. Derraji : ...C.A., où c'est paritaire. Si ça bloque, ça
bloque, on va vous contacter pour dénouer la situation, hein?
M. Boulet : Tout à fait.
M. Derraji : C'est bon. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Pour bien comprendre, là, il y a deux formes de règlement.
Il y a un règlement qui peut être adopté par le ministre, mais
là ce qui est ici, c'est un règlement de la commission.
M. Boulet : Oui, c'est un règlement
de la...
M. Leduc : Est-ce que c'est la même chose? Donc, est-ce que
le règlement de la commission a la même valeur
juridique qu'un règlement d'un ministère, du ministre, par exemple?
M. Boulet : Oui. Bien, le règlement
lie la commission.
M. Leduc : Tu sais, par
exemple, quand le ministre
publie un règlement, il y a 30 ou 40 jours de consultation, il y
a toute une procédure. Est-ce que la commission qui va avoir des règlements
va avoir la même procédure?
M. Boulet : Oui, c'est toujours
la même procédure, puis il y a une approbation gouvernementale ultime. Dans le processus, là, d'adoption d'un règlement
en vertu d'une disposition habilitante d'une loi, le règlement
chemine, après ça. Il est publié à la
Gazette officielle , il y a une période de 45 jours pour obtenir
les mémoires puis les consultations, puis, après ça, ça fait l'objet d'un dépôt initial
au Conseil des ministres puis, après ça, c'est republié, là. Il y a une prépublication puis il y a une publication. Ça
fait que, non, tout est en fonction de la
loi sur l'adoption des règlements.
M. Leduc :
Alors, si je comprends bien, un règlement, comme on entend par
l'article 313, la rédaction, on peut
imaginer qu'elle va provenir de la commission, mais ce que j'en déduis, c'est
qu'il y a l'approbation intégrale de son contenu du ministre.
M. Boulet :
Tout à fait.
M. Leduc :
Il n'y a rien, là, qui va être là-dedans que le ministre va dire : Bof!
Ça, je suis plus ou moins d'accord, mais je laisse la commission faire son bout
de chemin. Si c'est publié, là, c'est que le ministre est d'accord avec 100 %
du contenu.
M. Boulet :
Tout à fait. C'est publié à la Gazette officielle . Il y a des groupes
qui font des représentations, mais les
règlements adoptés par un C.A. qui est paritaire, comme la CNESST, dans les
matières qui la concernent, en général, ça va relativement bien.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est tout?
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 90 est adopté.
Nous allons poursuivre avec le sujet Soutien — au numéro 2 — retour
au travail, les services de réadaptation, c'est bien ça? Nous poursuivons avec
cette section. M. le ministre, oui.
M. Boulet : Avec votre permission, une suspension de deux
minutes, puis, après ça, on sera prêts. S'il vous plaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 43)
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous poursuivons, M.
le ministre. Alors, tel que
mentionné, nous sommes au sujet 2, Soutien, retour au travail.
Alors, M. le ministre, est-ce que vous pouvez lire l'article 16?
M. Boulet :
Oui. Merci, Mme la Présidente.
L'article 44
de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de la phrase
suivante : «Cet emploi devient, aux fins de l'application de la
présente loi, son emploi.»
L'article,
tel que modifié, se lirait comme suit :
«Le travailleur
victime d'une lésion professionnelle a droit à une indemnité de remplacement de
revenu s'il devient incapable d'exercer son emploi en raison de cette lésion.
«Le travailleur qui
n'a plus d'emploi lorsque se manifeste sa lésion professionnelle a droit à
cette indemnité s'il devient incapable
d'exercer l'emploi qu'il occupait habituellement.» L'ajout, donc, c'est : «Cet
emploi devient, aux fins de l'application de la présente loi, son
emploi.»
Donc, ça crée comme
une fiction, là, on vient dire «son emploi» parce que... vous allez voir le
sens dans la déclinaison des articles
qui suivent où on parle de réadaptation, et on réfère à «son emploi» pour
s'assurer qu'il y ait une concordance, qu'il y ait une cohésion entre
cet article-là et les autres.
Et ça me permet de
dire, Mme la Présidente, que, là, on aborde une section, le Soutien, retour au
travail. C'est ici qu'on va parler
d'assignation temporaire, donc la possibilité pour un employeur d'assigner un travail
temporairement à une personne qui est victime d'une lésion
professionnelle, une assignation qui doit respecter des conditions prévues à l'article 179
de la loi. C'est ici qu'on va venir parler de possibilité — un changement important dans la loi — de
faire... d'avoir accès à des mesures de réadaptation avant la
consolidation et la détermination d'une atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique. C'est ici qu'on
va venir parler de retour progressif au travail. C'est une notion qui est
complètement nouvelle, qui découle du devoir
d'accommodement, notamment, qui a été reconnu par la Cour suprême du
Canada dans l'affaire Caron.
va parler aussi d'emploi convenable, mais, essentiellement, on est au coeur de
l'indemnisation. Et simplement se rappeler, tous, qu'une indemnité de
remplacement de revenu, c'est versé à un travailleur dans la mesure où il ne
peut pas exercer d'emploi. Et, ici, en s'assurant de simplifier puis
d'écrire «son emploi», ça nous permet, encore une fois, d'assurer une
concordance et une cohésion avec les articles qui suivent.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? Député de Nelligan.
M. Derraji :
Juste une précision par rapport à l'emploi, parce que, là, on va aller dans des
définitions, surtout pour cette section. Emploi, peu importe, temps partiel,
temps plein, ou on parle du temps plein dans ce cas?
M. Boulet :
Oui, c'est «son emploi». Puis là, ici, ça réfère beaucoup... Tu sais, quand il
survient une lésion professionnelle, particulièrement ce qu'on appelle une rechute, récidive, aggravation, souvent, les
travailleurs ne sont pas en emploi. Et c'est la raison notamment
pour laquelle on réfère à l'emploi qu'il occupait habituellement. Puis on dit... on crée la
fiction juridique en disant : C'est ça, son emploi. Oui, mais peu importe
le statut, peu importe le nombre d'heures, là.
M. Derraji :
Je veux juste comprendre la fixation juridique de «son emploi». Pourquoi
sentez-vous le besoin d'ajouter cet aspect?
M. Boulet :
Bien, notamment pour éviter de répéter constamment dans les autres articles que
c'est de quoi qu'il est incapable... bien,
qu'il est incapable d'exercer l'emploi qu'il occupait habituellement, on réfère à «son emploi». C'est
pour ça qu'on dit : «Cet emploi devient, aux fins d'application de la
présente loi, son emploi.» Donc, ça simplifie.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est bien. Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme
la Présidente. Vous parliez des
définitions de l'article 2. C'est «emploi convenable» ou «emploi
équivalent», là, auquel on fait référence?
M. Boulet :
C'est «son emploi».
M. Leduc :
Oui, mais là je suis dans l'article 2 de la loi. On parle bien de LATMP
ici?
M. Boulet : Oui. On va le rajouter plus tard, mais, dans la
loi actuelle, vous avez certainement «emploi équivalent» puis «emploi
convenable», mais «emploi», on va le définir dans un
article qui va suivre.
M. Leduc :
Ça n'aurait pas été mieux de commencer par ça?
M. Boulet :
Bien, on le fait en ordre, là.
M. Leduc :
Bien, c'est parce que, là, on me demande de souscrire à quelque chose qui va
venir plus tard.
M. Boulet :
Non, mais c'est simplement par voie de référence, pour simplifier, quand on...
mais on va faire le débat, là, quand on va
définir l'emploi. Ça va venir. On aurait pu me dire : Vous auriez pu le
faire au départ, mais c'est en respectant l'ordre des articles, là.
M. Leduc : Bien, c'est ça que je questionne. Bref, ce n'est
pas la fin du monde, là, mais il me semble que ça aurait été plus
logique de définir...
M. Boulet :
Peut-être. Peut-être.
M. Leduc :
...ce à quoi on va référer, parce que, là, je ne sais même pas si je suis
d'accord avec la nouvelle définition...
M. Boulet : Je ne suis pas
contre ça, mais ça n'a pas rapport avec le contenu de la définition ou le sens
de la définition. C'est pour fins d'assurer
l'exercice des droits des travailleurs qui n'occupent pas d'emploi au moment de
la survenance de la lésion professionnelle. On dit : C'est l'emploi
qu'il occupait habituellement puis, pour éviter de le répéter constamment, on
va dire «son emploi», simplement.
M. Leduc : Et donc ça, ça vise
à corriger un réel problème? C'est-à-dire qu'il y a des gens qui n'avaient pas
d'emploi, qui n'avaient droit à rien?
M. Boulet : Oui, ça vise à
corriger... En fait, ça vise à mettre en place tout ce qui va suivre : la
réadapt avant consol, l'assignation
temporaire, le retour progressif au travail. On a besoin d'avoir un point
d'ancrage, qui est son emploi, puis, au lieu de constamment répéter,
c'est ce qu'il faisait habituellement, s'il n'occupait pas d'emploi au moment
de la rechute, récidive, aggravation, par exemple. C'est le cas classique.
M. Leduc : O.K., puis vraiment
sur le fond, là, s'il n'occupait pas d'emploi, qu'est-ce qui se passait?
M. Boulet : Il continue de
recevoir de l'indemnité, dans la mesure où il est incapable, puis c'est
l'emploi qu'il occupait habituellement. Par exemple, ça peut être l'emploi qu'il occupait au moment
de la survenance de la lésion...
M. Leduc : Donc, en fait...
M. Boulet : ...puis qui n'est pas nécessairement
le même emploi qu'il a occupé par la suite. Il a pu faire l'objet d'une assignation
temporaire.
Là, avec les
nouvelles mesures de réadaptation, il peut occuper un autre emploi, mais, aux
fins de détermination ou de calcul de
l'IRR, l'indemnité de remplacement de revenu, ce sera son emploi qu'il occupait habituellement, c'est-à-dire celui
qu'on détermine ici.
M. Leduc : Je pense que je suis
encore plus confus, là. Là, on vient corriger, avec ça, quelque chose de
théorique? Parce que, dans la pratique, ce que vous venez de me dire, c'est qu'il
y avait déjà la base de son ancien emploi comme calcul pour l'IRR.
M. Boulet : En fait, ce n'est
pas de corriger, c'est plus de créer une fiction, c'est de créer un terme qui
est simple, qui est réutilisable de façon
répétitive dans les articles de droit nouveau qui vont suivre en matière
d'assignation temporaire, réadaptation, et autres, comme j'ai mentionné.
C'est juste ça.
M. Leduc : Je pose ma question
autrement : Est-ce que ça change l'état actuel des choses?
M. Boulet : Mais ça permet une
application simplifiée de ce qui va suivre.
M. Boulet : Parce qu'on réfère
à «son emploi». On dit simplement...
M. Leduc : Mais c'était
implicite avant.
M. Boulet : C'est précisé. On dit : «Cet emploi devient,
aux fins de l'application de la présente loi, son emploi.»
M. Leduc : Oui, mais, actuellement,
c'était déjà le cas. C'est ça que je comprends.
M. Boulet : Bien, ça n'existait pas. C'est parce que ce qui
suit est de droit nouveau. L'assignation temporaire, il y a
des nouvelles dispositions. La réadaptation avant consolidation, ça
n'existait pas. Le retour progressif, ça n'existait pas. Le devoir d'accommodement, ça n'existait pas. Donc, tous ces
nouveaux articles là ont requis que nous utilisions le terme «son
emploi». Donc, c'était important de le préciser à l'article qu'on vient de
lire, que c'est son...
M. Leduc : ...passé si on
n'avait pas précisé?
M. Boulet : Bien, il aurait
fallu répéter constamment que c'est l'emploi qui était... puis ça aurait créé
de la confusion.
M. Leduc :
Dans les autres articles à venir.
M. Leduc : O.K. Je vais peut-être
prendre une petite suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Député d'Hochelaga-Maisonneuve,
avez-vous d'autres commentaires, d'autres interventions? Non. Y a-t-il
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 16
est adopté. Nous poursuivons avec l'article 27, M. le ministre, et
nous aurons un amendement.
M. Boulet :
Oui. Bien, il y en a... Merci, Mme la Présidente. Là, il y en a deux,
amendements, 145.1 puis 145.2, là. Il y en a un que le paragraphe
demeure tel quel, mais on ne fait qu'inverser, puis l'autre, il y a un petit
changement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Je vais vous demander de lire d'abord l'article 27.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
M. Boulet :
Merci. Cette loi est modifiée par le remplacement de l'intitulé de la
section I
du
chapitre IV et de l'article 145 par ce qui suit :
«Mesures de réadaptation avant la consolidation.
«145. La commission peut, dès qu'elle accepte
une réclamation pour une lésion professionnelle et avant la consolidation de cette lésion, accorder au
travailleur des mesures de réadaptation adaptées à son état et visant à
favoriser sa réinsertion professionnelle, dans les cas et aux conditions
prévus au présent
chapitre et par règlement.
«À cette fin, la commission peut, en
collaboration avec le travailleur et l'employeur, mettre en oeuvre chez
l'employeur des mesures favorisant la réintégration du travailleur, notamment
en développant sa capacité à reprendre graduellement les tâches que comporte
son emploi.
«145.1. La commission soumet les mesures de
réadaptation prévues à l'article 145 au médecin qui a charge du travailleur lorsqu'elle estime nécessaire qu'il
détermine si la mise en oeuvre des mesures est appropriée, compte tenu
de l'état de santé du travailleur.
«145.2.
Lorsque la commission estime, avant la consolidation de la lésion professionnelle
d'un travailleur, que celui-ci aura
vraisemblablement droit à un plan individualisé de réadaptation en raison de la
nature et de sa lésion professionnelle, elle peut, dans un but autre que
de favoriser la réinsertion professionnelle du travailleur, accorder à celui-ci
des mesures de réadaptation requises par son état de santé, dans les cas et aux
conditions prévus au présent
chapitre et par règlement.
«145.3. Les mesures
de réadaptation accordées par la commission en vertu de la présente
section
prennent fin à la première des dates suivantes :
«1° la date de la
consolidation de la lésion professionnelle du travailleur;
«2° la date à
laquelle les mesures sont réalisées;
«3° la date à
laquelle la commission détermine que les mesures ne sont plus nécessaires ou
appropriées.
«Malgré la
consolidation de la lésion professionnelle du travailleur, une mesure accordée
par la commission en vertu de la présente
section peut être maintenue ou incluse, le cas échéant, dans le plan
individualisé de réadaptation visé à l'article 146.
«145.4.
Lorsque l'employeur procède à une assignation temporaire durant la réalisation
de mesures de réadaptation prévues à la présente section, seules celles
qui compromettent cette assignation doivent être interrompues.
«145.5. Lorsque la
commission met en oeuvre des mesures en vertu du deuxième alinéa de
l'article 145, l'employeur peut
choisir, conformément aux règles établies par règlement, l'une des options
prévues au deuxième alinéa de l'article 180.
«Mesures de
réadaptation après la consolidation.»
Alors, ça complète
l'article 27. Donc, je présenterais les amendements avant de donner les
explications, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord. Parfait. Est-ce que vous voulez qu'on fonctionne comme hier,
étant donné qu'il y a plusieurs
articles? Est-ce qu'on y va un après l'autre? Oui? Parfait. Alors, M. le
ministre, nous allons y aller un après l'autre, si ça vous va.
Alors, est-ce qu'il y
a des questions ou des interventions à...
section ou à l'article 145?
M. Boulet :
Peut-être les explications de 145, là...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Les explications? D'accord. Oui. Bonne idée.
Merci.
M. Boulet : ...si vous me permettez. Donc, 145 vise à
permettre à la commission, en collaboration avec le travailleur et l'employeur,
d'accorder des mesures de réadaptation prévues dans la loi visant la
réinsertion professionnelle chez l'employeur
dès qu'elle accepte une réclamation pour une lésion professionnelle,
sous réserve de certaines conditions prévues dans le règlement. Voilà.
Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Donc, à 145, y a-t-il des interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Non, une suspension, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Ah! une suspension?
M. Leduc :
C'est parce que je veux qu'on s'y
retrouve, là. Il y a des amendements du ministre. Nous, on en a aussi.
Là, il y a comme un gros morceau, là.
M. Boulet :
Il n'y a pas d'amendement à 145.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Là, on y va par numéros.
M. Leduc :
Oui, mais c'est ça...
M. Boulet : C'est dans le p.l. n° 59,
ce que je viens de lire à 145. On va les faire
article par article. C'est ce
que vous avez demandé.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est ça.
M. Leduc :
C'est ça. J'ai besoin, moi, de me faire une tête sur où est-ce que
j'interviens.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Vous voulez... Parfait.
On va donc prendre
une pause.
(Suspension de la séance à
12 h 10)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, oui, député de Nelligan, à vous la parole.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Après discussion avec l'ensemble des collègues et le ministre, je pense que, pour le bien de cette
section qui
parle des mesures de réadaptation avant la consolidation, nous aimerions
avoir des clarifications de la part du ministre à l'ensemble des membres de
cette commission pour comprendre le bien-fondé de la réadaptation. Et, par la
suite, si on a des amendements, on va les proposer. Mais j'aimerais bien que le
ministre nous explique en ses mots — ah, toujours, il a l'art de
bien expliquer en ses mots — le
bien-fondé de ces articles. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, M. le ministre.
M. Boulet : Oui. Alors, je vais
y aller aussi par article, là, puis je vais y aller le plus
sommairement
possible. Donc, 145, c'est la possibilité d'accorder des mesures de réadaptation. Puis, je dis, ce n'est pas rien
que professionnelles, là, c'est toute la batterie des mesures de
réadaptation, ça peut être un environnement à la maison pour permettre à la personne
de se déplacer. Mais ces mesures-là sont accessibles dès la survenance de la
lésion professionnelle, alors que, dans
le régime actuel, on doit attendre la détermination d'une atteinte permanente
qui... consécutive à la guérison. Là, tout
est disponible avant, et ça, ça découle d'un consensus au CCTM. On veut
permettre à la personne d'éviter la chronicisation de sa lésion
professionnelle pour son intérêt et pour, bien sûr, sa famille.
Le 145.1,
c'est pour permettre à la commission de solliciter, puis mon collègue de
Nelligan en parlait, l'opinion du
professionnel de la santé qui a charge du travailleur pour s'assurer que la
mise en oeuvre des mesures soit appropriée à son état de santé.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, député de Nelligan.
M. Derraji : Juste sur
l'opinion du professionnel. Pour moi, le professionnel de la santé... et nous
avons déjà eu cette discussion au début, le professionnel de la santé, est-ce
que c'est à la lumière de la loi n° 6? Quand on dit : «l'opinion du
professionnel de la santé», vous voulez dire «médecin traitant»?
M. Boulet : C'est le médecin,
ici, dans le cas présent.
M. Derraji : Bien là, O.K.
Bien, dans l'explication, ça marque : «opinion du...»
M. Boulet : C'est le médecin
qui a charge.
M. Derraji : O.K., qui a
charge. Parce que ce n'est pas toujours un médecin qui donne l'opinion. Il y a,
par exemple... il y a plusieurs professionnels de la santé, pensons aux
professionnels en réadaptation, ce n'est pas uniquement le médecin, c'est... Je
parle de l'explication que j'ai.
M. Boulet : On va vérifier.
M. Derraji : Oui. Pourquoi je
ramène... Pourquoi je ramène cet enjeu, Mme la Présidente, sur la table? Parce que je me souviens, et je pense, la semaine
dernière, nous avons eu toute une discussion entre... sur les professionnels
de la santé et le médecin. Dans ce cas, si on parle d'une réadaptation, ça veut
dire que ce n'est pas uniquement le médecin qui va s'occuper de la réadaptation
et le retour du travailleur sur le lieu de travail. Le médecin traitant, oui, joue un rôle, mais parfois il y a d'autres
professionnels de la santé qui vont accompagner ce travailleur sur le lieu de
travail. Pensons à son poste de travail, ce n'est pas le médecin
traitant qui va le faire, c'est un autre professionnel de la santé. Et c'est là
où la clarification est nécessaire. Je vois le sourire du ministre. Voilà. O.K.
M. Boulet : Et vous allez le
voir, quand on va arriver à 145.2, on va le préciser, là, que c'est le
professionnel, puis 142 va remplacer le 145.1, mais on réfère au professionnel
de la santé qui a charge.
M. Derraji : Professionnel de
la santé en charge, selon... incluant la loi n° 6.
M. Boulet : Exact. Puis le
professionnel de la santé est défini comme incluant ce qui est prévu à
l'article 6, comme on a étudié dans la gouvernance, et ça comprend l'ergo,
le physio, le pharmacien puis l'IPS.
M. Derraji :
Donc, pour le législateur, il n'y a
aucune obligation de préciser le professionnel de la santé en charge.
M. Boulet :
Oui, vous allez le voir dans l'amendement... mais je ne sais pas si je peux les
déposer tout de suite, là. Mais je vais finir mes explications, puis j'ai deux
légers amendements, là, mais ça, c'en est un des deux.
M. Derraji :
Ah! ...dans vos pensées, M. le ministre, mais vous...
M. Boulet :
Non, mais vous avez un sens de l'anticipation, collègue, hein?
M. Derraji :
Oui, je sais, je sais. Mais, bon, écoute, c'est...
M. Boulet :
Vous travaillez de façon à prédire ce que nous allons faire.
M. Derraji :
Ah! bien, écoute, je lis dans vos pensées, hein? Je ne suis pas un champion,
mais bon.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : On poursuit.
M. Boulet : Donc... mais ça faisait quand même écho à une
préoccupation que vous exprimiez, que le professionnel de la santé soit
dans le coup. Il est dans le coup.
145.2,
celui sans amendement, là, c'est pour permettre à la commission
d'accorder des mesures de réadaptation avant la consol, en plus de la
réinsertion professionnelle quand le travailleur a besoin de réadapt, s'il est
possible de conserver... Bien, c'est ça, ça revient un peu à la même chose.
145.3,
c'est les différents moments qui mettent fin aux mesures de réadaptation. Donc,
ça permet de maintenir une mesure
malgré la survenance d'une des... Actuellement, il y avait fin des mesures parfois, malgré la
survenance d'une des situations qui
est énumérée là. Donc, on le prévoit en incluant, bien sûr... en l'incluant au plan individualisé de réadaptation.
L'assignation
temporaire, vous allez l'apprécier encore, je pense. À 145.4, on dit que la
réadapt avant la consol, ça n'empêche pas l'assignation temporaire. Je
le répète, l'assignation temporaire, les tribunaux disent toujours : C'est une prérogative de l'employeur. À l'époque, collègue,
on disait un travail léger, mais c'est ce qu'on appelle, dans le
jargon juridique puis dans la LATMP, une assignation temporaire. Ce n'est pas parce
que tu fais de la réadapt que l'employeur ne
pourra pas te proposer une assignation temporaire, toujours
en respectant les conditions, les trois conditions qui sont prévues à 179 de la
loi, et évidemment le médecin, le médecin qui donne son accord à
cette assignation-là.
145.5, bon, ça, je ne sais pas si j'ai besoin de l'expliquer, là, mais ça
permet à l'employeur de choisir parmi des
options de paiement du salaire offert dans le cadre de l'assignation
temporaire, quand la commission met en oeuvre des mesures visant la réinsertion
professionnelle.
Donc,
en gros, c'est les explications que je peux donner. Ça va tout dans le sens d'il
faut éviter que ça se chronicise puis
il faut éviter que le travailleur perde sa carrière à cause de son incapacité
de bénéficier du processus de réadaptation qui est prévu dans la loi.
C'est au coeur, en fait, de notre réforme en matière d'indemnisation
Puis il y avait les
deux... Ça, je vais attendre que vous me le...
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, député de Nelligan. Là,
nous allons poursuivre... Est-ce que nous allons poursuivre avec chacun
des articles?
M. Derraji :
On s'est dit, Mme la Présidente, qu'on va échanger avec le ministre sur
l'ensemble.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Il vient de le faire. Maintenant, on fait quoi?
M. Derraji :
Oui, oui, mais on a encore des questions par rapport à ça.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Ah! vous avez... sur l'ensemble. Parfait. O.K.
M. Derraji :
Et, j'imagine, l'ensemble des collègues ont des questions. En fait, pour aller
en bloc, le fait que le ministre nous explique... Il vient de nous dire
qu'il y a deux amendements? Ah! excellent. J'espère qu'il n'y a pas un
troisième ou un quatrième. Il y a uniquement deux, M. le ministre?
M. Derraji :
O.K., ce n'est pas grave.
M. Boulet :
...vu qu'il y en a deux, hein?
M. Derraji :
Ce n'est pas grave. Bon, voilà, il a deux.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, on y va. Député de...
M. Derraji :
Mais on va rester sur l'essence même de ces articles. Ça ne veut pas dire qu'on
ne va pas avoir des amendements,
mais le but, c'est vraiment qu'on s'entend sur le principe. Et, par la suite, s'il y a
des amendements, bien, on va les déposer...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Un après l'autre. Excellent.
M. Derraji : ...considérant le
temps qu'il nous reste dans nos interventions. C'est bon?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
C'est beau.
M. Boulet : Si vous me
permettez de faire une précision, parce que, des fois, je ne fais pas une
énumération, le professionnel de la santé, c'est le médecin, l'optométriste, le
dentiste, le pharmacien, mais ce n'est pas le physio ou l'ergo, là. Ils ne sont
pas là-dedans.
M. Derraji : O.K. Bien, merci
pour la clarification.
M. Derraji : Donc, vous êtes en train de me dire qu'en aucun
cas le physio et l'ergothérapeute ne seront impliqués dans un processus
de retour au travail d'un travailleur parce qu'ils ne sont pas mentionnés dans
l'article, parce qu'ils ne sont pas des...
ils ne peuvent pas être considérés comme des professionnels de la santé. Juste,
expliquez-moi pourquoi les deux sont exclus.
M. Boulet :
Bien, les principaux acteurs... En fait, les physios puis les ergos, là... nos
conseillers en réadaptation, c'est
soit des physios, soit des kinésiologues, soit des ergothérapeutes. Donc, eux,
ils mettent en place un plan individualisé, une réadaptation auquel collaborent le travailleur, l'employeur et le
médecin, le professionnel de la santé qui a charge du travailleur. Donc,
c'est un travail de collaboration, d'équipe entre tout ce monde-là,
essentiellement.
M. Derraji : Oui. En fait, j'ai
une question par rapport à la relation. C'est... Au fait, ce que vous essayez d'introduire, c'est une nouvelle façon de voir un
retour au travail et le fait d'éviter la chronicité... la carrière du
travailleur. La seule chose que j'aimerais, c'est qu'on s'entend sur un
retour au travail sécuritaire.
La chose que
je soulève, c'est le droit à la réadaptation... qu'après la consolidation de la
lésion. Donc, est-ce que l'atteinte, si elle est permanente ou aurait
été établie... là, on ne parle pas d'un retour au travail?
M. Boulet : Non. Mais là, ici,
on fait bénéficier le travailleur des mesures de réadaptation avant. Il y a un
continuum, en fait. Dès la survenance de son accident de travail, il peut en
bénéficier. Ultimement, au plan médical, il
est ce qu'on appelle consolidé, des fois sans atteinte permanente ni limitation
fonctionnelle, des fois il y a une atteinte permanente et des
limitations fonctionnelles qui l'empêchent de revenir à son travail, mais il y
a un continuum, là.
Quand il y a détermination de l'atteinte
permanente, on va déterminer... il continue encore d'en bénéficier, là, mais il y a détermination, ultimement, d'un emploi
convenable, donc un emploi qui respecte son atteinte permanente et ses limitations fonctionnelles, et là on va l'accompagner dans un processus de
recherche d'emploi, comme on a discuté hier, et ça peut être ailleurs
sur le marché de l'emploi, et c'est là qu'il va profiter des services publics
d'emploi.
Puis il
bénéfice de ça pendant, je pense qu'il faut que je le mentionne, pendant une
période d'une année, ce qu'on appelle l'indemnité pleine de recherche
d'emploi, alors que, dans les autres provinces au Canada, comme un rapport
d'actuaires le mentionnait, dont on a parlé, Morneau Shepell, il y a des
périodes de recherche d'emploi en Ontario puis
dans les autres provinces où c'est trois mois. Je pense que c'est six mois, la
province qui s'approche le plus de nous. Mais on n'a pas touché à ça. C'est une période qui est généreuse pour
les travailleurs, travailleuses, mais, bon, on fait une réforme pour le
bénéfice des travailleurs.
Puis là, ici, ce qui est visé, c'est qu'on les
aide. En fait, on leur donne la main, on les accompagne, on répond à leurs
besoins, on respecte leur capacité de travail, puis on les ramène soit à leur
travail, soit à un travail équivalent, soit
à une assignation temporaire, parce que, ça, c'est une prérogative de
l'employeur, ou un emploi convenable quand, ultimement, il y a une
atteinte puis des limitations qui sont incompatibles avec son emploi ou un
emploi équivalent.
M. Derraji : Et, justement, et c'est là où j'ai la question,
quand on parle d'une atteinte permanente et l'atteinte permanente aurait été
établi chez cet employeur, ce que vous venez de me dire : Il y a un an
pour une recherche d'emploi ailleurs.
Donc là, on ne parle pas de forcer le travailleur à revenir, l'atteinte, elle
est permanente, à moins d'une autre assignation à un autre poste de
travail pour ce travailleur à l'intérieur de l'entreprise.
M. Boulet : Ici, tout...
Derraji : Et c'est quoi...
en fait, parce que, le but, il ne faut pas qu'on envoie un message que... Je
comprends l'idée derrière, et surtout
dans le contexte de pénurie de main-d'oeuvre et de rareté de main-d'oeuvre, ou que ça soit
les employeurs eux-mêmes... où les
travailleurs veulent revenir à leur lieu de travail, mais ils veulent
revenir... Ils ne veulent pas revenir à n'importe quel prix, parce qu'il y a un
risque sur leur santé et la chronicité de la lésion. Donc, le but, c'est
d'éviter la chronicité liée à l'exercice d'une fonction.
Ma question,
c'est que, si l'atteinte, elle est établie et elle est permanente, c'est quoi,
les recours que ce travailleur a à sa disposition? Quand je dis «recours», les
moyens qu'on lui donne pour exercer un autre travail s'il le souhaite. Parce
que le but, c'est ne pas le laisser sur le
marché du travail et que, s'il veut surtout travailler et qu'il ne travaille
pas, qu'on ne puisse pas l'aider. Si c'est le
fondement du législateur, où on le trouve dans vos textes? Un. Deux, est-ce
qu'il y a moyen qu'on clarifie la relation?
M. Boulet : On n'est pas là
encore.
M. Derraji : Allez-y avec cette
question. Après...
M. Boulet : Non, mais vous avez encore raison, mais vous avez
encore un sens aiguisé de l'anticipation, parce qu'on va en traiter plus
tard. Là, on parle simplement de la réadapt avant consolidation.
Et je vous
rejoins quand vous dites : Quand il y aura une atteinte permanente. Quand il y a
une atteinte permanente, il est
forcément consolidé. Puis là le... Tu sais, il va y avoir un papier qui va dire...
qui va écrire l'atteinte, c'est quoi, le pourcentage, par exemple, d'atteinte, c'est quoi, les limitations fonctionnelles. Et, quand ça
devient permanent, il bénéficie d'un accompagnement, encore une fois, des mesures de réadaptation, mais là c'est pour identifier un emploi convenable.
Puis là ça va être de tenir compte, ce qu'on a parlé déjà, de son potentiel à
lui, de ses limitations, puis là on va l'accompagner, un, pour identifier un
emploi convenable qui va devoir offrir des perspectives intéressantes d'emploi,
mais dans un contexte...
M. Derraji : Tout ça avant la
consolidation. Donc, la CNESST...
M. Boulet : Mais ça, ça va être
après la consol.
M. Derraji : Après la
consolidation.
M. Boulet : Après la consol.
M. Derraji : Mais là on est
dans avant la consolidation.
M. Derraji : Je vous suis.
Donc, c'est excellent.
Là, vous me
ramenez à ma dernière question. Donc, la CNESST, en aucun cas, ne peut pas
imposer des mesures de réadaptation avant la consolidation.
M. Boulet : Non, au contraire, non. Avant la réadaptation, dès
le jour 1 d'absence suivant la lésion professionnelle, il y aura
la possibilité d'embarquer dans un processus de réadaptation en collaboration
avec un conseiller, conseillère de la
CNESST. Bon, je le répète souvent, là, mais c'est des kinésiologues, des ergothérapeutes,
des physiothérapeutes. Évidemment, ça
se fait avec le travailleur, ça se fait avec l'employeur puis le professionnel
de la santé qui a charge, et ça, c'est avant la consol.
Et ça, c'est véritablement le consensus du
Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre. On n'a pas eu l'occasion,
collègue de Bonaventure, d'en parler, mais cet article-là, c'est au coeur
de... il faut s'occuper des travailleurs avant qu'ils soient atteints d'une
atteinte permanente et avant qu'ils aient des limitations fonctionnelles qui
soient déterminées par leur professionnel de la santé. C'est ce que ça prévoit,
ces paragraphes-là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions ou nous procédons... Oui?
M. Derraji : Aux professionnels de la santé, je pense que c'est mieux de la
préciser. Je sens aller, encore une
fois, deux, trois coups de
plus. Ça, c'est...
M. Boulet : On est chanceux de
l'avoir, hein?
M. Derraji : Non, non, non, mais, je vais vous dire, ça, c'est
l'effet indésirable de trop jouer aux échecs, parce que je vois toujours
quatre, cinq coups, M. le ministre, avant, oui.
M. Boulet : Ah oui? Sérieux?
M. Derraji : Ça, c'est les
effets indésirables.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Derraji : Mais, si vous me
rassurez que... Parce que je ne veux juste pas que, quand on arrive à une situation
et on a déjà déterminé les ordres professionnels qui doivent venir dans le
processus de la réadaptation, qu'on ait les
mains liées que tel ordre ne veut pas intervenir. Si vous me dites que c'est
ouvert parce qu'on ne sait pas c'est quoi, la situation, le travailleur va faire appel à quel ordre, c'est rassurant.
C'est bon, j'arrête la discussion. En
temps et lieu, vous allez le clarifier. Merci beaucoup.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Y a-t-il... Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Je reviens un peu en arrière, à 145. Le ministre a parlé de différents types de
réadaptation... de réinsertion, pardon, de réinsertion.
On fait référence à la réinsertion professionnelle. Alors, le ministre
a fait référence à différents types de réinsertion verbalement
tantôt, mais là, dans l'article, c'est vraiment précisé «professionnelle».
C'est quoi, les autres types de réinsertion qui existent?
M. Boulet :
Il y a de la réadaptation sociale, professionnelle et physique.
M. Leduc :
Donc, les deux qui ne sont pas mentionnées, ça serait sociale et physique.
M. Leduc :
Pourquoi on ne les mentionnerait pas?
M. Boulet :
Bien, je ne vois pas, là... Bien, c'est la réinsertion en emploi, là, qui est
visée, là. C'est la réinsertion professionnelle.
En fait, c'est toutes les mesures de réadaptation, mais qui visent la réinsertion
professionnelle. Tu sais, peut-être que je ne me suis pas bien exprimé,
là, mais il y a de la réadaptation sociale, physique et professionnelle, mais
les trois visent la réinsertion professionnelle. C'est juste le langage qui
n'est pas le même. Vous comprenez?
M. Leduc :
Donc, je veux juste répéter. Il y a trois types de réadaptation, sociale,
physique et professionnelle...
M. Leduc :
...qui visent la réinsertion professionnelle.
M. Leduc :
La différence entre la réadaptation professionnelle et la réinsertion
professionnelle, c'est quoi?
M. Boulet :
Bien, c'est le terme qui était communément utilisé, là. La réinsertion au
travail, on appelle ça de la réinsertion professionnelle, là, pour éviter
d'utiliser un autre mot qui pourrait générer de la... Je pense, c'est clair
comme ça, là.
M. Leduc :
O.K. Je comprends. Donc, dans l'article, quand on dit, juste un peu plus tôt,
«accorder au travailleur des mesures de réadaptation», là on n'a pas
précisé réadaptation physique. C'est réadaptation...
M. Boulet :
Totalement, oui.
M. Leduc :
Les trois types que vous aviez?
M. Boulet :
Oui. Les mesures de réadaptation, c'est des moyens, puis la réinsertion, c'est
l'objectif, si je peux m'exprimer ainsi.
M. Leduc :
Donc, techniquement, on pourrait rajouter «mesures de réadaptation physique,
sociale et professionnelle dans un objectif de réinsertion
professionnelle».
M. Leduc :
Ça ferait du sens. Ça serait logique.
M. Boulet :
Bien, c'est... Là, tu sais, c'est droit aux mesures de réadaptation avant la
consolidation, là, mais c'est tout décliné
plus tard, là. C'est sûr que ça fait
partie d'un ensemble. On a mis à 145.2... Tu sais, on le dit même, là, les «mesures de réadaptation requises par son état
de santé, dans les cas», tu sais, tout est prévu, là. En fait, les mesures
qu'il aura besoin puis qui sont... elles sont déterminées dans son plan
individualisé de réadaptation, là.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : On n'a pas encore déposé l'amendement, hein,
à 155.2, là.
M. Leduc :
Bien, c'est ça.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Le ministre ne l'a pas fait encore.
M. Boulet :
145.1 puis 145.2, si vous me le demandez, je vais le faire.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, on aurait un amendement aussi à 145.1?
M. Boulet :
Oui. En fait, remplacer 145.1 de la LATMP par l'article 27 du projet
de loi par le suivant.
Donc, l'article, c'est exactement le libellé
actuel de 147.2. Donc, c'est un amendement qui vise à numéroter la
disposition de 145.2, qui devient 145.1. Et le libellé ne subit aucune, aucune
modification. C'est pour assurer la cohérence
dans la structure des dispositions de la loi, là. Ça fait que c'est une
technicalité, là. Puis je n'entrerai pas dans...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Non, non, non, on ne peut pas présenter deux amendements. Attendez, là. On
a un amendement à la fois.
M. Boulet : O.K. Parfait.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors là, on a l'amendement 145.1. Est-ce que, là, vous le déposez
officiellement, M. le ministre? Parce que, là, vous l'avez lu.
Donc, on va considérer qu'il est déposé.
M. Boulet : Oui. Puis...
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Est-ce qu'il y a des... Maintenant, on va y aller avec cet
amendement ici, là. On travaille sur
l'amendement 145.1. Alors, député de Bonaventure, et ensuite ça sera le
député de Robert-Baldwin.
M. Roy : Merci, Mme la Présidente. Bon, je pense que
l'enjeu, ici, là, c'est... on est vraiment dans le concept de... où on... bon, je vais essayer de m'expliquer
clairement, là, on essaie d'éviter la chronicisation des lésions en permettant
un retour progressif des travailleurs
accidentés via la réadaptation vers la consolidation. Ça touche combien de
monde, ça? C'est une question, là, mais, quand vous parlez de chronicisation
des lésions, combien d'individus, au Québec, par année, demeurent...
M. Boulet : Qui participent à
nos mesures de réadaptation?
M. Roy : Non, mais qui sont...
qu'on ne peut plus réintégrer à quelqu'emploi que ce soit.
M. Boulet : Ah, mon Dieu! Je ne
suis pas en mesure de dire ça, là.
M. Roy : Parce que
l'objectif, c'est... quand vous voulez... quand vous nous parlez de
réadaptation avant consolidation, vous
postulez qu'il y a danger de chronicisation. C'est ça que je comprends. O.K.?
Est-ce que ce qui est proposé ici n'est pas trop drastique pour les
besoins de la cause? On jase, là.
M. Boulet : Je n'ai pas de
chiffre précis, là, mais ça, au comité consultatif, les employeurs puis les
syndicats le revendiquent constamment. Ça n'a pas de bon sens qu'au Québec on soit en retard au point où les
travailleurs ne puissent pas bénéficier de mesures de réadaptation avant
la guérison puis l'atteinte permanente. Et le nombre de dossiers en réadaptation, il y en a actuellement 25 000, ça fait que c'est un nombre quand même assez imposant.
C'est une bonne question.
Puis j'aimerais ça, pour le collègue de
Bonaventure puis en même temps pour le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, lui
mentionner, parce que ça fait suite à votre question, les autres articles ne
sont pas modifiés, mais la réadaptation physique, 148, n'est pas changé, puis
ça, ça a pour but d'éliminer ou d'atténuer l'incapacité physique du travailleur
puis de développer une capacité résiduelle afin de pallier les limitations
fonctionnelles. 152, c'est le contenu pour
la réadaptation sociale. C'est des services professionnels, c'est du
paiement d'aide personnelle au domicile, remboursement de frais de garde
d'enfants, des coûts de travaux d'entretien courant à domicile, là, les
personnes qui ne sont pas capables de passer
la tondeuse ou autres. Puis l'autres article, c'est 166, ça, c'est la réadaptation
professionnelle. C'est
faciliter la réintégration du travailleur ou dans un emploi équivalent ou, si
ça ne peut pas être fait, dans un emploi convenable, puis ces
concepts-là sont définis.
Ça fait que tout demeure intégral, mais ce que
nous discutons ce matin, là, tout l'article 27, là, tout ça, là, c'est
dans le... c'est mis à la disposition du travailleur avant... dès le début de
son absence.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Attendez, il y a... On va terminer avec le député de
Bonaventure, et ensuite ça sera le député Robert-Baldwin.
M. Roy : Bien, écoutez, quand je regarde le libellé de l'amendement, «vraisemblablement,» «elle peut,» je ne sais pas, c'est comme...
M. Boulet : Non, mais on ne
forcera pas, là.
M. Roy : Non, mais je
comprends, là.
M. Boulet : C'est sûr, collègue, que ça, ça se fait dans la
collaboration, je vous dirais. Il n'y a pas... Tu sais, ce n'est pas non
plus coercitif, c'est fondamentalement incitatif, là.
M. Roy :
Ce n'est pas coercitif. Ce n'est pas obligatoire?
M. Boulet : Non, non, mais, je veux dire, on ne forcera pas
quelqu'un si ce n'est pas bénéfique à son état de santé ou si son professionnel
de la santé en vient à la conclusion que ce n'est pas compatible avec son état
de santé.
M. Roy :
C'est bon pour le moment. Je pense que mon collègue avait quelque chose à dire.
Je vais... Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, Mme la Présidente. Je pense que je suis un petit peu hors d'ordre,
mais... parce que moi, j'avais une question,
pas sur l'amendement, mais j'avais une question sur le... disons, une
question préliminaire sur 145, même, avant de
commencer, 145.1, 145.2, 145.3.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...aider à mieux comprendre l'amendement ou pas
du tout?
M. Leitão :
Moi, je pense que ça nous aiderait à mieux comprendre l'article au complet.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Au complet, bon.
M. Leitão :
Mais, écoutez, si vous voulez qu'on revienne après les amendements...
Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord, vous reviendrez. Tout
de suite, tout de suite après l'amendement, je vous promets que ça sera à vous la
parole.
M. Leitão :
Oui, ça risque d'être compliqué, parce que, là, déjà...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Après, vous allez partir.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, est-ce qu'on a le consentement de laisser parler le député de Robert-Baldwin? Oui? Allez-y.
M. Leitão :
C'est une question, comme je l'ai dit, M. le ministre, préliminaire, une question,
enfin, qui a l'air simple mais peut-être
n'est pas si simple que ça. À 145, donc, on commence cet
article
en disant : «La commission peut, dès qu'elle accepte une réclamation[...],
accorder au travailleur des mesures de réadaptation». Ça, c'est une question qui se pose souvent dans d'autres projets
de loi, cette distinction entre
«peut» et «doit». Est-ce que ça serait pertinent, ici, dans le cas de
ce projet de loi et surtout de l'article 145, qu'on soit plus explicites
que cela et qu'on dise : La commission doit accorder au travailleur des
mesures de réadaptation, etc.?
M. Boulet :
La seule réponse que je vous donnerais, puis ça fait suite au commentaire que
j'ai fait au collègue de Bonaventure, c'est tout
le temps «peut», puis c'était comme
ça dans le régime actuel, parce que ça doit être fait en tenant compte de
l'état de santé du travailleur puis ça doit viser à une réinsertion professionnelle.
Et, bien sûr, il faut tenir compte de cette réalité-là, parce que, si on dit
«doit» puis que le travailleur ne veut pas ou ne peut pas, ou que le professionnel de la santé ne veut pas ou ne peut pas, ou le
conseiller en réadapt dit : Il ne veut pas ou il ne peut pas...
c'est le terme qui est utilisé, là, constamment, dans la loi.
M. Leitão :
Plusieurs projets de loi, c'est...
M. Boulet :
Ah! totalement.
M. Leitão :
On dit «peut», mais...
M. Boulet : Puis, d'ailleurs, pour votre bénéfice,
l'assignation temporaire, l'employeur peut assigner temporairement un travail qui est compatible avec l'état de santé
du travailleur. On n'est pas dans un régime, là, où on impose,
on est dans un régime où on s'adapte. C'est une loi qui a cette
incidence-là.
M. Leitão :
Oui, bien, je terminerais avec ça, on verra plus tard, au deuxième amendement.
Là, on dit que la commission... le nouveau 145.2, on dit : «La
commission doit, avant d'accorder...» En tout cas.
M. Boulet : Oui, bien, il y a
des fois, ça s'impose.
M. Leitão :
C'est ça. Mais je pense que ça aurait été utile ici, tout de suite en partant.
Mais bon, on ne va pas faire une longue
discussion là-dessus, je vais juste mentionner cela, que je pense que ça aurait
été pertinent ici, à 145, en partant, de parler de «la commission
devrait».
M. Boulet :
Oui, vous allez voir, à 145.2, on revient là-dessus.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Nous poursuivons cette fois sur l'amendement. Député de...
Non? Alors, nous poursuivons sur l'amendement. Député de Bonaventure.
M. Roy : Bien, c'est sûr qu'on essaie de comprendre les
nuances, M. le ministre. Écoutez, la commission «peut», O.K.?
M. Boulet :
...sur l'amendement?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Nous sommes sur l'amendement. 145.1.
M. Boulet :
L'amendement, il n'y a aucun changement de texte, là. C17899'est juste un déplacement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est l'amendement.
M. Roy : Non, non, on est sur l'amendement. Excusez, là.
J'étais là, là. Mais «lorsque la commission estime», puis, avant, c'était «le travailleur [...] a
droit», est-ce que le travailleur... Le travailleur qui veut de la réadaptation
puis que... si la CNESST lui refuse, qu'est-ce qu'il gagne?
M. Boulet :
Excusez-moi, je n'ai pas bien compris.
M. Roy :
Bien, écoutez, peut-être que ma question n'est pas pertinente non plus.
M. Boulet :
Mais peut-être que je vais vous donner un élément de réponse...
M. Roy :
Non, mais mettons...
M. Boulet : ...mais, à 145.2, collègue, évidemment, «la
commission — on
le dit, là — doit,
avant d'accorder ou de mettre en
oeuvre une mesure de [réadap], soumettre celle-ci au professionnel de la santé
qui a charge du travailleur». Donc,
c'est la raison pour laquelle, ici, là, il faut d'abord que ce soit approprié,
adapté à l'état du travailleur, en collaboration avec son professionnel de la santé. Puis on dit bien, à 145.2, que le
professionnel de la santé... Mon Dieu! Ça, c'est dans mon amendement, mais ça va répondre, parce que
j'ai un autre amendement à 145.2 qui va répondre à votre question.
M. Roy :
Je cherche le lien entre les deux.
M. Roy :
Parce qu'on dirait que l'un dit le contraire de l'autre.
M. Boulet :
Vous allez voir, oui. Je pense que c'est compatible.
M. Roy :
Mais la question, je reviens encore : Est-ce que le travailleur perd un
droit?
M. Boulet : Non, au contraire, c'est une acquisition de
droit, et ça, je le répète, les associations tant patronales que syndicales le
requièrent. C'est un droit du travailleur, il a droit à la réadaptation. Le
droit à la réadaptation, c'est au bénéfice de l'employeur, au bénéfice du
régime, mais c'est un droit qui appartient, d'abord et avant tout, au
travailleur. L'assignation temporaire, je vous dirais, c'est un droit qui
appartient à l'employeur, parce que le travailleur, il ne peut pas exiger d'être assigné temporairement, il ne
peut pas dire à son employeur : Tu dois me donner un travail léger, entre
guillemets, mais la réadaptation, c'est un droit. D'ailleurs, c'est libellé
comme ça dans la loi.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Vous pouvez poursuivre,
député de Bonaventure.
M. Roy :
Vous êtes très généreuse, Mme la Présidente. Ce n'est pas... Je lis le 145.1
puis je ne vois pas... je ne le vois pas,
que le travailleur a droit. C'est le discrétionnaire de la commission qui
définit son droit. En tout cas... Puis, écoutez, je ne suis pas avocat, je ne
suis pas légiste, là, mais j'essaie juste de comprendre. Mais vous me dites
que... Puis je le vois, au 145.2, là,
bon : «La commission doit, avant d'accorder [et] de mettre en oeuvre une
mesure de réadaptation en vertu [...] soumettre [celui]-ci au
professionnel de la santé qui a charge du travailleur», bon. Ça, c'est clair.
M. Boulet :
...rapidement.
L'article 145 de la loi, et c'est le premier
article sur la
réadaptation, dit : «Le travailleur qui, en raison [d'une] lésion [...]
subit une atteinte [...] a droit, dans la mesure prévue [à la présente loi], à
la réadaptation...» C'est un droit qui est consenti aux travailleurs et c'est
dans le
chapitre IV, première section, droit à la réadaptation, et c'est un droit qui appartient aux travailleurs. Et
je sais que vous voulez que je le souligne, mais je le dis.
M. Roy :
C'est bon. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. C'est beau? Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 145.1 est...
Présidente (Mme IsaBelle) : L'amendement, mon Dieu, bien oui. L'amendement, oui, oui, l'amendement
de l'article 145... est adopté, effectivement. Merci. Mon Dieu, j'ai faim,
comme vous, hein? J'ai hâte.
Alors, écoutez,
compte tenu de l'heure, nous suspendons les travaux à cet après-midi. Merci.
Bon dîner.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Présidente (Mme IsaBelle) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Alors, nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 59, Loi
modernisant le régime de santé et de sécurité du travail.
Lors
de la suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous étions rendus à l'étude
de l'article 27. Nous avions adopté
l'amendement à l'article 145.1. Est-ce que, M. le ministre, vous voulez
maintenant présenter l'amendement de l'article 145.2?
M. Boulet :
Avec plaisir, Mme la Présidente. Rebonjour, tout le monde. Donc, remplacer
l'article 145.2 de la
Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles, proposé par
l'article 27 du projet de loi, par le suivant :
commission doit, avant d'accorder ou de mettre en oeuvre une mesure de
réadaptation en vertu de la présente section,
soumettre celle-ci au professionnel de la santé qui a charge du travailleur,
sauf si cette mesure n'a aucun effet sur l'état de santé de ce dernier.
professionnel de la santé approuve la mesure qui lui est soumise s'il est
d'avis qu'elle est appropriée à la santé du travailleur.»
Donc,
l'amendement, il est en concordance avec le 145.1, et ça vise
à élargir à toutes les mesures de réadaptation que la commission
fait avant... bien, accorde avant la consolidation, l'obligation
qu'elle soit soumise à l'approbation du personnel... du professionnel de la santé qui a charge du travailleur, et non plus seulement celle qui concerne la réinsertion professionnelle
de ce dernier. Cet amendement concorde avec le précédent, prévoit également la
renumérotation de cet article, donc.
Puis
ça me ramène à une précision, tu sais — je pense que j'ai compris,
après coup, mon collègue de Nelligan — oui,
dans les mesures de réadaptation, il peut y avoir des prescriptions de faire
des séances de physiothérapie ou des
séances d'ergothérapie, là. Peut-être que c'était un angle que vous vouliez couvrir par
une de vos interventions, et je pense que ça répond aussi à
certains des commentaires du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve et du collègue de
Bonaventure. Donc, je pense que le texte, il est simple, il n'est pas...
M. Boulet :
Est-ce que ça vous est arrivé?
M. Derraji :
Oui, plusieurs fois. Plusieurs fois.
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Je n'osais pas le dire, mais il l'a dit
lui-même.
M. Derraji :
Ah! ce n'est pas grave, Mme la Présidente...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Je n'aurais pas osé.
M. Boulet :
Ça les fait rire un peu quand on fait...
M. Derraji :
Oui, oui, oui.
M. Boulet :
Donc, je pense que le texte parle par lui-même, il est clair, c'est large, on
est toujours dans la
section réadapt, avant consol. Donc, c'est ouvert, c'est toutes
les mesures, c'est avec l'approbation du professionnel de la santé et ça ne
vise pas qu'un volet, ça vise tous les volets de la réadaptation.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Député de Nelligan.
M. Derraji :
Oui. Bien, en fait, ça répond en partie, je dis bien en partie, à mes questions
que j'ai posées avant la pause du midi. Je veux juste qu'on précise le
professionnel de la santé, est-ce que le... Je me rappelle qu'on a eu la discussion
par rapport à la loi, où on inclut, on limite le professionnel de la santé.
Puis je ne veux pas que demain on... face à une question d'interprétation
juridique : C'est qui, le professionnel de la santé? Le ministre, il est
très au courant de ça, et, j'en suis sûr et certain, il va nous éclairer par
ses réponses. Je veux juste ne pas laisser ça à l'arbitraire, donc, que ça soit la définition qu'on veut donner au
professionnel de la santé, surtout que le législateur a pris, je dirais,
le temps de définir ce professionnel de la santé, et on a eu la discussion au
tout début de ce projet de loi.
La crainte que
j'exprime, dans le cadre de 145.2, c'est définir le professionnel de la santé
si on le rattache à la loi ou qu'on définit les intervenants qui vont approuver
cette mesure. Comme ça, on ne va pas laisser le travailleur dans un vide.
Voilà.
M. Boulet : Oui. Bien, écoutez, c'est un bon commentaire, Mme la Présidente, si vous permettez. Maintenant
que la loi n° 6 est adoptée, et est en vigueur, et qu'elle définit le professionnel de la santé, ça nous permet
de ne pas le définir dans notre loi. Et ça
inclut le médecin, le dentiste, l'optométriste et le pharmacien, incluant le
féminin, bien sûr.
M. Derraji :
O.K. Donc, tout à l'heure, on parlait de l'ergothérapeute et d'autres
intervenants, que la loi ne les considère pas comme professionnels de la santé.
Ma question demeure la même : S'il s'agit, donc, des cas où l'intervenant,
il n'est pas professionnel de la santé selon la définition de la loi, on fera
quoi?
M. Boulet :
Bien, c'est des professionnels de la santé qui font le suivi. Avant, c'était
limité aux médecins, qui émettaient le papier, ce qu'on appelle l'attestation
médicale initiale, qui accompagnait le formulaire de réclamation du
travailleur. C'est les médecins qui, en vertu du Code des professions, qui ont
le pouvoir d'émettre des diagnostics et de
rendre des opinions ou des décisions sur les soins, la date de consolidation,
et autres, mais évidemment, avec la loi n° 6,
c'est élargi comme incluant les dentistes, les optométristes puis les
pharmaciens. Donc...
M. Derraji :
Oui, oui, mais ce n'est pas ça, l'enjeu, M. le ministre. On parle...
M. Boulet :
Puis, comme je le mentionnais un peu plus tôt, ils peuvent prescrire à des
physios puis à des ergothérapeutes, ça fait qu'ils font partie... à partir du
moment où la personne fait l'objet de traitements de physiothérapeute, bien, le
physiothérapeute est impliqué dans la bulle de réadaptation du travailleur.
M. Derraji : Oui.
Bien, parce que je veux juste comprendre une chose. Là, on parle de
réadaptation. La réadaptation, elle
n'est pas liée uniquement à une... Est-ce que la réadaptation — je retire ce que je viens de dire — est-ce que la réadaptation est
uniquement liée à une prescription, à l'opinion médicale, ou tout intervenant?
M. Derraji :
O.K. Bien, si c'est non, il y a d'autres intervenants de la santé qui seront
appelés dans ce plan de réadaptation.
M. Boulet :
Bien oui, tout à fait.
M. Derraji :
O.K. Bien, O.K, si c'est «tout à fait», on relit le texte : «La commission
doit, avant d'accorder ou de mettre en
oeuvre une mesure de réadaptation», donc, on parle de réadaptation, ce n'est
pas un diagnostic médical par un professionnel de la santé. On n'est pas
dans le diagnostic, on est dans le plan de réadaptation.
M. Boulet :
Oui, mais elle le soumet «au professionnel de la santé qui a charge du
travailleur», et le professionnel de
la santé qui a charge du travailleur, il peut être en contact ou en relation
avec un physiothérapeute ou un ergothérapeute.
M. Derraji :
Mais on ne fait pas référence à l'ergo dans le texte.
M. Boulet : Oui, mais la mesure de réadaptation... C'est parce que
le processus médical qui mène à la réclamation et aux versements des
indemnités et tout ce qui précède — par exemple, s'il y a un
désaccord, ça va au Bureau d'évaluation
médicale — c'est dirigé par un professionnel de la santé. Ce n'est
pas, par exemple, un autre professionnel de la santé, autre
que les quatre que je viens de mentionner, qui va émettre un diagnostic puis
qui va permettre à un travailleur de faire une réclamation à la CNESST.
tu veux faire une réclamation à la CNESST, ça prend... actuellement, c'est le médecin qui a charge, le médecin que tu choisis, là,
si c'est... et, maintenant, en raison de la loi n° 6,
ça peut être aussi un dentiste, un optométriste puis un pharmacien. Mais c'est
l'état du droit, actuellement, au Québec, là, je ne peux pas inclure... puis je
ne veux pas mésestimer quelque
professionnel de la santé que ce soit, mais ce n'est pas tous les
professionnels de la santé qui peuvent émettre des diagnostics et qui
peuvent...
M. Derraji :
O.K. Donc, juste pour qu'on précise, ici, on est dans l'opinion médicale
rédigée, prononcée par un professionnel de la santé. On ne parle pas des autres
professionnels qui peuvent intervenir dans le dossier.
M. Boulet : Non, exact, ils peuvent intervenir, mais celui
dont on parle ici, c'est le professionnel de la santé qui est requis pour faire
l'attestation médicale initiale ou pour permettre au travailleur d'intégrer son
dossier de réclamation à la CNESST.
M. Derraji :
O.K. C'est bon.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Pourquoi le ministre écrit, dans 145.2, dans son amendement, à la fin du
premier paragraphe, «sauf si cette mesure n'a aucun effet sur l'état de
santé de ce dernier»?
M. Boulet :
Bien, on pense notamment à l'aide au domicile. Tu sais, si la personne a besoin...
puis je référais... puis je vais reprendre
l'exemple que je donnais ce matin, si la personne n'est pas capable de
pelleter, pas capable de passer la tondeuse, si ça n'a pas d'effet sur son état
de santé, ils vont lui accorder sans nécessairement faire toute la procédure, sans nécessairement que ce soit soumis
au professionnel de la santé... si la personne n'est pas capable ou a des
incapacités, peu importe la nature de l'incapacité. C'est un exemple que j'ai
en tête, là, il peut y en avoir d'autres, là, mais sauf si ça n'a aucun
effet sur son état de santé, donc, ça n'a pas d'incidence sur son état de
santé.
M. Leduc :
Parce que la façon dont je le lis, c'est... Évidemment, il y a tout le débat,
là, sur le médecin traitant, médecin... professionnel à charge. Là, vous le
ramenez, mais... vous le ramenez, mais vous laissez une porte pour... il
n'a comme pas toute sa liberté d'action, là,
donc, «soumettre celle-ci au
professionnel de la santé qui a charge du travailleur, sauf si cette
mesure n'a aucun effet».
M. Boulet :
Bien, tout à fait. Puis on ne veut pas embourber le système de santé quand
c'est pour obtenir un service de
déneigement, ou déneiger son entrée, ou passer sa tondeuse. Effectivement, c'est l'approche : quand il n'y a pas d'impact, on y va pareil. Le travailleur en
bénéficie, de la mesure de réadaptation, il n'y a pas... ce n'est pas
pénalisant pour lui.
M. Leduc :
Mais donc le salarié l'obtient automatiquement sur demande?
M. Boulet :
Absolument. Il bénéficie, en fait, de la mesure de réadaptation, il bénéficie
de la mesure d'aide à domicile sans que nécessairement ça soit soumis au professionnel de la santé parce que... C'est un cas,
là, qui me vient à l'esprit ou qui nous vient à l'esprit, là, où il n'y
a pas d'impact sur l'état de santé du travailleur.
M. Leduc : Mais c'est parce que c'est écrit : «La
commission doit, avant d'accorder», donc, «accorder», c'est une
décision, ce n'est pas le salarié qui réclame quelque chose puis que ça lui est
donné automatiquement.
M. Boulet :
Non, mais avant d'«accorder ou de mettre en oeuvre [la] mesure de réadaptation»...
Tu sais, les travailleurs, vous le savez, en
pratique, collègue, les travailleurs, ils demandent un service x, y
ou z d'aide à la personne, d'aide à domicile, d'aide au réaménagement de
son... à l'intérieur de la maison. Tu sais, il y en a qui ont dû avoir des
systèmes particuliers pour monter les marches ou pour se déplacer. Il y a des
personnes, beaucoup d'accidentés, qui ont une mobilité réduite, et ça, ça
requiert des adaptations, puis, souvent, c'est consenti sans... Tu sais, c'est
analysé par le conseiller en réadaptation,
qui est un physio, ergo ou kinésiologue. Ne perdons jamais ça de vue, c'est
aussi des professionnels de la santé, au sens très large du terme, pas
au sens juridique ou légal, mais...
M. Boulet :
Pardon? C'est des intervenants.
M. Derraji :
C'est des intervenants. On ne peut pas dire «professionnels de la santé» parce
que c'est régi par la loi, mais probablement des «intervenants», parce que...
oui.
M. Boulet :
«Intervenants», j'aime mieux ça, c'est encore plus précis.
M. Leduc :
...connaissance fine de la personne, là, qui fait une réclamation.
Boulet : Oh! mais, mon Dieu!
moi, j'ai travaillé, tu sais, j'ai vu aller des conseillers, conseillères en
réadapt puis ils connaissent...
M. Leduc :
Bien là, je ne suis pas en train de dire que c'est des imbéciles, là, on
s'entend.
M. Boulet : Non, non, non, c'est des personnes éminemment
dévouées puis qui font un travail impeccable puis essentiel à
l'efficacité du régime d'indemnisation de la LATMP.
M. Leduc :
O.K. Prenons un exemple concret, parce qu'il y a quelque chose qui m'échappe
encore. La personne, elle considère qu'elle
est incapable de pelleter — vous
faisiez référence à ça tantôt — dans
le système actuel, elle doit aller
voir son médecin pour dire : Je suis incapable de pelleter. Le médecin
fait un billet, billet à la CNESST, fin de l'histoire. Là, ce que vous
proposez, c'est de substituer la commission au médecin.
M. Boulet :
Bien, dans le système actuel, je ne peux pas répondre, parce que c'est purement
hypothétique, il n'y en a pas, actuellement, de réadaptation avant la consolidation puis la
détermination d'une atteinte permanente. Mais, si vous voulez y aller
avec un cas dans la mesure où la loi est adoptée, bien, la personne est suivie
par son conseiller, conseillère en
réadaptation, qui est un intervenant spécialisé en la matière, et, si la
personne a un besoin particulier qui n'a aucun impact sur son état de santé, ce ne serait pas, en vertu de la loi, une obligation de le soumettre au professionnel de la
santé qui a charge du travailleur.
M. Leduc :
Mais il pourrait le faire quand même.
M. Boulet :
Il pourrait le faire quand même et il pourrait le faire même s'il y a un doute,
mais oui, tout à fait, c'est des... je le répète, c'est des intervenants quand
même spécialisés en matière de réadaptation.
M. Leduc :
Puis, s'il va voir un intervenant puis qu'il plaide son cas, l'intervenant lui
dit...
M. Boulet :
Le conseiller.
M. Leduc : Le conseiller, plutôt, oui, lui dit : Moi,
je trouve que ce n'est pas nécessaire, il peut se revirer de bord, aller
voir son médecin, obtenir un billet.
M. Boulet : Ah, mon Dieu! Ça se fait de manière humaine, oui. C'est sûr qu'on ne peut
pas tout prévoir, chaque petit cas, dans la loi.
M. Leduc :
Bien, c'est un peu notre travail, là, M. le ministre, là.
M. Boulet : Mais, dans ce cas-là, collègue, moi, c'est ce que
je recommanderais à la personne. Si l'intervenant dit : Non, «no way», oui, si le travailleur y
croit — des
fois, ça peut être de bonne foi — il va parler à son professionnel de la santé qui a charge,
puis lui va interréagir, va interpeler le conseiller en réadaptation, puis
c'est une discussion raisonnée, là,
totalement, oui, ça devrait se faire de cette manière-là. Et le professionnel
de la santé qui a charge, s'il dit : Écoutez, pour telle et telle raison, oui, c'est une mesure
de réadaptation qui s'impose, tenant compte de sa situation, le conseiller
en réadaptation va... tu sais, ça va être
intégré dans le plan individualisé, là. C'est vraiment des plans qui tiennent
compte de la personnalité propre à chaque travailleur accidenté, hein?
M. Leduc : Oui, puis je pense
que, dans la plupart des cas, ça va bien aller.
M. Boulet : Je n'ai jamais eu
d'enjeu, oui.
M. Leduc : Évidemment,
nous, on n'est pas là pour imaginer
les beaux scénarios où tout va bien, on est là pour imaginer les
scénarios où il y a des accrochages puis il y a des failles.
M. Boulet : Mais, ceci dit, là,
ça me permet de repréciser qu'on parle de droit nouveau, puis, dans deux ans,
dans trois ans, dans un certain nombre d'années, il y a des amendements qui
vont être apportés, éventuellement. Mon collègue
fait référence à vous, là, mais ça, c'est beaucoup plus d'années,
collègue, c'est dans beaucoup plus d'années.
M. Leduc : Tout est relatif.
M. Boulet : Non, mais soyons
sérieux, dans deux ans, il pourrait y avoir des amendements, il pourrait y
avoir huit amendements à la LATMP parce qu'on a vu que, dans l'application,
il y avait tel irritant ou tel... On ne pourra jamais tout prévoir, mais on est dans la bonne direction,
puis la façon actuelle de procéder en réadaptation ne nous permet pas de croire qu'il y a des obstacles, au
contraire.
Et là ce
qu'on fait, c'est qu'on ramène le processus au jour un, suivant la survenance
de la lésion professionnelle, on dit aux travailleurs,
travailleuses : Vous allez dorénavant pouvoir bénéficier de ces mesures-là
au début, pas à la fin. Quand on attend à la fin... puis tous les experts,
toute la littérature va dans la même direction, plus on attend, plus il y a de
risques de chronicisation, puis on perd notre monde. L'UTTAM — je
pense qu'on peut référer à des groupes — m'en parlait, justement, puis
ils adhèrent à ce discours-là — à moins qu'on ne se comprenne pas — tout le monde adhère : il faut prendre en charge,
il faut qu'il y ait des plans qui tiennent compte de la réalité propre à chaque
travailleur puis qu'il soit entouré de façon tout à fait convenable le plus
rapidement possible. Dans le projet de loi, on parlait d'un retour prompt et
durable. Si on veut que ce soit durable, il faut que ce soit prompt.
M. Leduc : ...«sauf si cette mesure n'a aucun effet». «Cette
mesure», c'est défini à quelque part, «cette mesure», ou la liste de ces mesures-là qui seront susceptibles de ne pas être
obligées d'être soumises à un professionnel de la santé?
M. Boulet : C'est vraiment du
cas par cas.
M. Boulet : Non, il n'y a pas
de liste, ce n'est pas défini.
M. Leduc : Bien, c'est
inquiétant, ça.
M. Boulet : «Sauf si cette
mesure n'a aucun...» Donc, quand on applique nos lois, c'est sûr qu'il y a un
certain pouvoir d'appréciation de la part des personnes qui l'appliquent. Si ça
n'a aucun effet sur l'état de santé du travailleur, oui, bon, on pourra avoir à
l'apprécier, de la part, par exemple, du conseiller ou de la commission, en
fait, la commission représentée par le
conseiller, mais, en cas de doute, puis vous avez soulevé cet exemple-là,
oui, il y aura consultation
du... En fait, il y a
une obligation de soumettre au professionnel de la santé. Ça,
c'est la règle. «Sauf», c'est exceptionnel,
puis, comme vous le savez, les exceptions s'interprètent restrictivement. Ça
fait qu'il y en a, c'est... La règle, c'est l'obligation de soumettre au
professionnel de la santé qui a charge.
Un autre exemple qui est intéressant, qu'on me
soumet : on ne veut pas consulter le médecin pour accorder les frais de
garde des enfants. Ça, des fois, c'est soumis. J'ai des frais de garde, la
personne n'est pas en mesure de s'occuper de la garde de ses enfants, il y a
des frais, puis c'est soumis à la CNESST. Ça, collègue, c'est un cas qui
m'apparaît clair. Actuellement, on n'obtient pas l'approbation du médecin,
maintenant, c'est le professionnel. Et, quand on va devancer, avant... Tu sais,
maintenant, la réadaptation, c'est dès que c'est envisageable. On ne veut pas le faire non plus puis on veut avoir cette opportunité-là. Parce que, mettez-vous dans les bottines de la commission, qui dit : Le travailleur nous soumet des frais de garde
d'enfant parce que le travailleur n'est pas en mesure de le faire, on va soumettre ça au professionnel de la santé. On
va engorger le système inutilement, puis ce n'est vraiment
pas nécessaire. Il y a des cas
où c'est à peu près noir ou blanc, c'est sûr, vous soumettez. Il peut y avoir
20 cas gris, mais les cas gris, moi, je me fie à nos intervenants ou
à nos conseillers qui vont...
M. Leduc : Je trouve ça juste
un peu surprenant, parce que, sur l'autre sujet de la maternité sans danger, vous avez voulu agir sur ce flou-là, des fois, des
zones grises, puis, sur des mêmes situations, deux médecins n'avaient pas la même
approche, alors que, là, il me semble que tout l'ingrédient est là pour qu'il y
ait une zone de flou puis que deux fonctionnaires
n'appliquent pas la même règle pour une même situation. Sur la maternité sans
danger, vous avez dit : On va faire un
guide qui va, grosso modo, circonscrire ces situations-là, mais là vous ouvrez
une porte sur cette mesure. Quelle mesure? Est-ce qu'elle peut varier
d'un fonctionnaire à l'autre, d'une situation à l'autre? C'est quand même un
peu flou, là, ce qu'on met sur la table.
M. Boulet : Non, moi, ça...
Écoutez, ceci dit, avec respect, je pense que les cas dont on vous parle, c'est
assez clair. Je dis : Dans
l'application des lois, il y a parfois des zones grises, il y a un pouvoir
d'appréciation qui s'exerce. On ne peut pas prévoir chaque hypothèse,
mais, en cas de doute, je vous ai donné ma réponse, on devrait respecter
l'obligation de soumettre au professionnel de la santé qui a charge. Puis,
ultimement, si jamais il y a un désaccord du travailleur, il peut toujours
contester, en vertu de 358 de la LATMP, en faisant une demande de révision,
parce que, je veux dire, on n'a pas... ce
n'est pas une décision ultime. Tout ce que la CNESST fait, c'est transformer en
décision, puis c'est révisable, ou, dans certains cas, ce sera possible
d'aller directement au Tribunal administratif du travail si on accepte l'option
qu'on propose par le p.l. n° 59.
Mais non, moi, je n'anticipe pas de... en fait,
il n'y en a pas, à moins que vous me référiez à des cas, là, tu sais, des fois, vous le faisiez, en équité
salariale ou dans d'autres projets de loi qu'on a travaillés, moi, on ne m'a
jamais parlé de cas actuels. Puis il
n'y a pas de raison que ce qu'on fait actuellement aille moins bien parce qu'on
le devance, vous comprenez? Moi, je n'ai aucune appréhension.
M. Leduc : Mme la Présidente,
je vais préparer un amendement, mais, s'il y a d'autres personnes qui ont des
questions sur 145.2, on peut les écouter avant, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Bien, d'abord, on est sur un amendement, là, présentement.
M. Leduc : Bien, un
sous-amendement, je voulais dire.
Présidente (Mme IsaBelle) : O.K. Alors, un sous-amendement à
l'amendement, O.K. Est-ce qu'il y a d'autres...
M. Leduc : Oui, c'est ça, s'il
y a d'autres personnes qui veulent intervenir avant, il n'y a pas de problème.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres intervenants? Député de Bonaventure.
M. Roy : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, peut-être que je n'étais pas là mentalement quand
vous l'avez expliqué, là, ça fait que... la
pédagogie, c'est important, bon. On lit l'article : «La commission doit,
avant d'accorder ou de mettre en
oeuvre une mesure de réadaptation en vertu de la présente section, soumettre
celle-ci au professionnel de la
santé — bon — qui a charge du travailleur, sauf si cette
mesure n'a aucun effet sur l'état de santé de ce dernier.» Qui
définit ça, «sauf si cette mesure n'a aucun effet sur l'état de santé de ce
dernier»? Est-ce que c'est le professionnel de la santé ou la commission
qui définit?
M. Boulet : Non, c'est la commission, par l'entremise de son
conseiller, conseillère en réadaptation, mais cette...
M. Boulet : Oui, tout à fait.
Comme je l'ai expliqué tout à l'heure, tu sais, par exemple, passer la
tondeuse, déneiger l'entrée, assumer les frais de garde d'enfant. Le
conseiller, qui est un intervenant spécialisé — c'est important de dire que
c'est généralement des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des
kinésiologues — il
décide que la mesure peut être accordée sans qu'on doive nécessairement
soumettre au professionnel de la santé, parce que ça n'a pas d'incidence sur la santé du travailleur. Puis les frais de
garde, je trouve que c'est l'exemple le plus classique.
Puis je veux juste vous redire, collègue,
qu'actuellement il n'y a pas d'irritant dans l'application puis on va continuer
d'appliquer de la même manière, sauf qu'actuellement la réadaptation, ce n'est
pas possible avant l'atteinte permanente,
alors que, là, ça va être possible dès le début de l'absence. Ça fait que je
pense que c'est un texte, et je le dis avec respect à mon collègue de Bonaventure,
c'est un texte de gros bon sens aussi, à quelque part.
M. Roy : On cherche toujours
ce qu'on n'avait pas prévu, tu sais, c'est rien que ça, le but du jeu, là. Et
puis vous me dites que ce sont des
professionnels aguerris qui vont définir si, oui ou non, on doit se référer à
un professionnel de la santé. Moi, j'aurais cru que c'était le médecin
traitant qui aurait dû définir si...
M. Boulet : Non, c'est la commission,
en fait.
M. Roy : C'est la
commission.
M. Boulet : Mais la règle, là, collègue,
c'est que tout doit obligatoirement être soumis au professionnel de la santé qui a charge. Professionnel de la santé qui
a charge, c'est médecin, dentiste, optométriste puis pharmacien. Donc,
tout doit passer par eux autres, puis c'est la personne qui s'occupe du
travailleur ou de la travailleuse, sauf si la commission décide ou considère
que ça n'a aucune incidence sur l'état de santé du travailleur, travailleuse.
Puis les cas les plus patents, c'est ceux que j'ai mentionnés, ça peut
être le déneigement, le jardinage, la tondeuse, les frais de garde, puis
c'est de l'aide à domicile, je pense, de façon générale.
Puis je pense
que c'est important de redire que, dans l'application, ça ne suscite pas
d'enjeu, mais absolument pas.
Puis il n'y a pas de raison que, dans l'avenir, ça puisse... en tout cas, que
ça puisse en susciter, puis, ultimement, collègue, si le travailleur n'est pas
satisfait de ce que la commission décide : demande de révision.
M. Roy : O.K., mais c'est là que je m'en venais, là, est-ce que
le travailleur a un recours par rapport à une décision que lui pourrait...
M. Boulet : Oui, en vertu de
l'article 358 de la loi, il peut faire une demande de révision, il peut
contester. Ça fait qu'il est protégé. Je
pense que le coeur de ce que nous proposons d'adopter, c'est vraiment le grand
mécanisme qui permet de faire
bénéficier des travailleurs d'une réadaptation avant consol et atteinte
permanente, avant que ce soit terminé au niveau médical, avant qu'il
soit guéri.
M. Roy : O.K. Autre
question, je pense que ça a été abordé tout à l'heure, le fameux... la
description des professionnels de la santé est assez restrictive, là, puis il y
a d'autres gens qui voudraient en faire partie, puis ils sont exclus, les
chiros, entre autres.
M. Boulet : Bien, la loi n° 6 a été... je ne sais pas, je n'étais pas à la
commission parlementaire de la loi n° 6, là, je ne sais pas qui l'était, là, mais la loi a
été adoptée, est entrée en vigueur, je pense, fin janvier ou début février,
puis le concept de professionnel de la santé est défini comme incluant
les quatre corps professionnels que j'ai indiqués.
M. Roy :
Oui, mais vous savez très bien comme moi que ce sont des négociations et un
petit peu de corporatisme. On jase, là, on est tout seuls, il n'y a personne
qui nous entend, là, mais vous savez très bien qu'à quelque part, là-dedans, il
y a des gens qui ont négocié fort. Les médecins, on s'entend-tu qu'ils sont
capables de veiller tard, là, les dentistes, etc.?
Ceci étant dit, il y a d'autres spécialistes
aussi qui pourraient avoir une place, les chiros, entre autres, qui ne font pas
partie... Tu sais, je ne sais pas, mais on peut-tu, comme, sans exclure la loi,
mais trouver une manière de formuler pour,
dans des cas exceptionnels, permettre à d'autres professionnels de faire
partie
des... Comprenez-vous ce que je veux dire?
M. Boulet : Oui, puis c'est un
point intéressant. En même temps, la loi n° 6
qui a été adoptée par nos collègues modifie la LATMP, modifie le concept de
médecin qui a charge, c'est le professionnel de la santé qui a charge et c'est
limité aux quatre, là, ça fait qu'on ne révisera pas une autre loi qui n'est
pas dans notre... à moins que Mme la Présidente ait une autre opinion, mais...
La Présidente (Mme IsaBelle) : ...celle-ci
avant.
M. Boulet : L'autre loi vient
d'être adoptée puis d'entrer en vigueur.
M. Roy : On va avoir la
barbe longue mais qu'on ait fini.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce que c'est tout, député de Bonaventure?
M. Roy : Bien, c'est encore un... Il y a...
O.K. Il n'y a aucune manière, vous me dites, là, d'essayer de... ou de
trouver une petite place pour d'autres professionnels de la santé qui
pourraient avoir un rôle significatif pour certaines personnes.
M. Boulet : Ah! tout à fait,
oui.
M. Roy : Bien, on
peut-tu trouver une...
M. Boulet : Il y en a dans les
mesures de réadaptation. S'il y a une prescription chez un chiropraticien, par exemple,
ou un ergothérapeute, ou un kinésiologue, ils font
partie de la dynamique. Moi,
j'appelle ça une bulle de réadaptation, là, ce qu'on appelle un PIR, là,
un parcours individualisé ou un plan individualisé de réadaptation. Il finit par y avoir quelques personnes,
dont des professionnels de la santé, au-delà de ceux qui sont dans la loi n° 6, qui sont impliqués, ce qu'on appelle des intervenants, puis, oui, les chiropraticiens, effectivement, puis c'est
reconnu, puis les kinésiologues. Il y en a qui sont référés à des
kinésiologues, puis le kinésiologue finit par... il s'implique dans la bulle,
puis le conseiller en réadaptation de la CNESST, il parle à toutes ces personnes-là.
M. Roy : C'est bon. Donc, il y a des mécanismes
de réquisition de d'autres spécialistes
qui ne sont pas dans la loi. Ils ne sont pas dans le petit groupe, là,
mais...
M. Boulet : Qui sont impliqués,
qui ne sont pas dans ce texte mais qui sont impliqués, je vous dirais, dans le
processus de réadaptation, soit social soit physique, soit professionnel, là,
oui, tout à fait. Puis ça peut être dans d'autres matières que la santé, là, ça peut être,
je ne sais pas, des psychologues, ça peut... tu sais, des travailleurs sociaux,
ça peut être... Tu sais, il n'y a pas que les thérapies physiques, là, il y a
des thérapies intellectuelles, ça fait que ça implique aussi d'autres
types de spécialistes, disons.
M. Roy :
Pour les chocs post-traumatiques, ça prend des psychologues aussi.
M. Roy :
C'est bon, c'est beau. Merci.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement?
M. Leduc :
...sous-amendement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
15 h 02)
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous avons reçu un sous-amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que vous voulez le lire et l'expliquer, s'il y a lieu?
M. Leduc : Certainement, Mme la
Présidente. C'est un sous-amendement qui va comme suit : Le premier alinéa de l'article 145.2
proposé par amendement est modifié par l'insertion, après le mot «de ce
dernier», des mots «, avec son accord».
Puis il faut juste
préciser, on parle, bien sûr, de l'accord de ce dernier, qui fait référence au travailleur
et non au professionnel de la santé à charge du travailleur... qui a charge du travailleur.
La logique est un peu
pour cristalliser ce que le ministre a dit, tantôt, verbalement dans l'échange,
en ce sens qu'il faut... c'est correct de
vouloir, peut-être, faciliter les procédures. On n'est pas dans la
perspective inverse, on ne veut pas mettre des bâtons dans les roues d'une institution qui est déjà bureaucratisée,
là. Je ne dis pas ça dans un sens négatif,
là, c'est une grosse machine, la CNESST, il y a beaucoup de roulement, beaucoup
de décisions à prendre. Mais, pour décider de sortir du professionnel de la
santé, de rendre effective une décision où on n'a plus besoin du médecin
à charge, du médecin traitant, nous, on
trouve ça important, même fondamental qu'il y ait l'accord du travailleur. Et
là on voit...
Donc, si l'objectif
réel du ministre, puis je le crois, quand il le disait tantôt, c'est en effet
que ça aille plus vite, et ce n'est pas d'imposer, par une autre manière, des
mesures ou des refus de mesures à des salariés, à des travailleurs, bien, dans
ce cas-là, je pense que ça respecte les deux objectifs, c'est-à-dire de
fonctionner plus vite sur certains trucs,
qui ne sont pas nécessairement définis, mais on comprend que ce n'est pas les
décisions fondamentales, mais, en
même temps, on se protège et on protège le travailleur en précisant qu'il faut
quand même qu'il y ait son accord pour aller plus vite là-dessus. Et on
s'assure que le travailleur a son mot à dire pour ne pas s'en faire passer une
petite vite, comme on dit, que ça ne
soit pas une petite... que ça ne soit pas juste une mesure simple, mais, des
fois, ça peut être une mesure plus structurante sur sa santé.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : M. le ministre.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. C'est important, quand on embarque dans un processus
de réadaptation, de ne pas le compliquer, de ne pas l'alourdir indûment. Et
moi, je pense que ça pourrait nuire à la diligence qui est voulue dans un cas
comme celui-là. Puis je redis que le travailleur qui n'est pas d'accord, il
peut toujours faire une demande de révision.
Mais
je vais parler des cas ultimes. Comment on peut demander à un travailleur qui
est accidenté : Il y a-tu une incidence sur ton état de santé? Quid? Qu'est-ce
qu'on fait avec tous ceux qui ont des traumatismes crâniens ou tous ceux
qui ont des déficits intellectuels? On va-tu lui demander : Il y a-tu un
impact sur ton état de santé si on paie tes frais
de garderie? C'est toujours des services de nature personnelle. Il y a le
risque de provoquer énormément d'insécurité chez nos travailleurs, puis ils vont systématiquement dire : Je ne
le sais pas, ou ils vont dire : Bien, parle à mon médecin, mais ce
n'est pas ça qui est voulu.
Puis j'ai
l'impression que, par votre amendement, non seulement on alourdit, mais on
pénalise. Parce que je ne m'objecte pas sur
le fait que le travailleur, soit... il ait... qu'il soit présent dans le
processus. Il est omniprésent dans le processus de réadaptation, on fait ça
pour lui, ultimement. Mais lui dire : On va... Non, on ne peut pas te
donner ça... Parce qu'ils le demandent, généralement, quand il
n'y a pas d'impact sur leur état de santé. Non, bien, sais-tu, maintenant, il va falloir que tu nous confirmes que ça n'a pas d'incidence sur ton
état de santé. Puis je le répète, puis je ne suis pas capable de donner
de pourcentage, mais il y a quand même beaucoup de travailleurs qui ont des
blessures corporelles graves et des
blessures psychiques graves, tu sais, on parle des troubles de stress
post-traumatiques. Moi, je ne demanderais pas au conseiller de la
CNESST : Va vérifier avant de t'assurer de payer pour que... il y a une
personne qui passe la tondeuse ou qui s'occupe de ta maison, ou... C'est des...
C'est
pour ça que je comprends que vous êtes de bonne foi puis que vous voulez vous
assurer que le travailleur soit au centre du processus, ce à quoi j'adhère,
mais il faut quand même faire confiance à des intervenants qui mesurent puis il ne faut pas présumer de la
mauvaise foi de nos conseillers, conseillères en réadaptation, ils font ça
pour le bénéfice du travailleur. Puis donc, pour toutes ces raisons, moi, je
pense que le texte, tel qu'il est proposé, est celui qui répond le mieux aux besoins des travailleurs dans un contexte
de réadaptation. Puis je ne le dis pas rien que... Actuellement, c'est
après la consol, mais maintenant c'est avant la consolidation. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
L'argument principal du ministre, c'est : on veut éviter des demandes, on
veut éviter de compliquer la chose, mais il me semble que, justement, déjà ça,
ce n'est pas très simple, ce qui nous est soumis à la base. Ça fait qu'on peut avoir une discussion sur la complication ou
pas, mais on ne part pas d'un truc simple. Ne pas donner, c'est... Ne
pas donner quelque chose, ce n'est pas la même chose que refuser. Et on a dit,
tantôt, vous avez dit, en tout cas, à une
question que j'ai posée, vous avez répondu : S'il n'est pas d'accord, le
travailleur, avec ce qui lui est soumis, il peut aller voir son médecin
et renverser la décision ou la non-décision de la commission.
M. Boulet :
Par la discussion, par le dialogue, il n'y a rien qui empêche ça, dans le cas
où il est capable.
M. Leduc :
Mais donc ça aussi, ça alourdit la chose, non? Puis là ce n'est pas mieux de
prévoir, tout de suite, son accord?
M. Boulet :
Quand c'est fait dans le dialogue... Là, c'est parce que ce que vous
dites : Sauf si cette mesure n'a aucun
effet sur son état de santé, avec son accord, c'est que, systématiquement, au
lieu d'obligatoirement emprunter le corridor de la soumission au
professionnel de la santé, il va falloir obtenir l'accord du travailleur.
Comme j'ai mentionné
tout à l'heure, la règle, c'est le professionnel de la santé, l'exception,
c'est quand il n'y a pas d'impact sur l'état de la santé. Puis toute l'équipe
qui m'entoure, les exemples classiques, on vous les a donnés. Et, je vous
assure, ça va pénaliser les travailleurs, ça va les insécuriser puis ça va
mettre de côté, ça va mésestimer tous ceux qui ont des problématiques de nature
psychique ou psychologique.
Je pense
qu'ultimement, oui, vous dites : Mon argument central, c'est d'alourdir,
c'est un argument parmi d'autres, ce n'est pas mon argument central. Je pense
que ce que je souhaite, comme tout le monde autour de la table, c'est qu'on ait un régime nouveau efficace puis
qu'on ait un régime nouveau qui permette un retour prompt et durable.
Puis je n'ai plus d'autre commentaire à faire, là.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Y a-t-il d'autres interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
C'est parce que vous me dites... Si le travailleur n'est pas d'accord à ce que
le fonctionnaire contourne l'obligation de présenter ça à son professionnel de
la santé, vous me dites : D'emblée, il y a deux options, il peut contester
cette décision-là ou il peut aller voir son médecin, qui, de facto, va
renverser cette décision-là.
M. Boulet :
Donnez-moi un exemple. Donnez-moi un exemple que, si on donne de quoi, puis il
dit : Je ne suis pas d'accord, passe...
Ce que je dis, c'est qu'on est tous des êtres humains, puis, dans l'application
d'une loi, il y a moyen de parler. Puis, si le travailleur dit :
J'ai peur que ça... j'ai peur que ce que tu me donnes ait un impact sur ma...
Puis là je n'ai pas d'exemple, là, peut-être que vous allez m'en donner un,
concret, mais le... puis qui dit au conseiller en réadapt : Il faudrait
suivre, vérifie donc avec mon professionnel de la santé, je vous dirais :
99,9 % des cas, à moins qu'il y ait de
l'abus ou de la mauvaise foi, le conseiller va dire : Parfait, si tu as
des doutes, tu as... Je veux dire, il
y a une question d'humanité, là, dans l'application d'une loi en matière
d'indemnisation des lésions professionnelles. Je vous dis juste, c'est le... dans le... sur le terrain, là, comment ça
peut se vivre. Je ne dis pas : Fais une demande de révision, mais,
s'il y a une mesure d'adaptation, c'est beaucoup plus large que ça. Une mesure
de réadaptation, à l'égard de laquelle tu n'es pas d'accord, ultimement, tu
peux faire une demande de révision puis la contester, mais bonyenne que... Moi, je ne me souviens pas d'en avoir vu en
pratique. Il y en a, je sais, mais ça ne se plaide pas, les parties
dialoguent, puis ils trouvent un terrain d'entente.
tout ce qu'on vient dire, c'est que... Puis ça, c'est un
principe qu'on a reconnu, puis je suis assez fier qu'on le
reconnaisse, avant de faire de la réadaptation... Puis ça, durant les consultations particulières, ça nous a été redit par un certain nombre de groupes. Avant, il faut que
le professionnel de la santé soit mis dans le coup, on le met dans le coup. La
seule réserve ou la seule exception, c'est s'il n'y a aucun effet sur l'état de
santé du travailleur. C'est un petit
peu... Je ne veux pas qu'on ait peur d'avoir peur, là, du travail des
conseillers, puis dire : Oui, tu auras décidé, tu l'as apprécié comme ça,
mais, attends, va vérifier avec le travailleur s'il est d'accord que tu ne
consultes pas son médecin parce qu'il n'y a pas d'impact sur ton état de santé.
Donc, le déneigement de ta cour, ça va retarder d'une journée, les frais de ta gardienne d'enfants, ça va retarder du
nombre de jours que c'est nécessaire. Quelqu'un qui, encore une fois, je
le répète, a des problèmes de nature psychologique, lui, on ne le consultera
pas, on va dire : Sauf avec l'accord du travailleur, sauf celui qui a des
problèmes psychologiques. Ultimement, là, ça ne finit plus, c'est juste ce que
je me dis. Si on veut être aussi prompts
comme législateurs, il faut faire confiance à ceux qui appliquent, c'est mon
opinion. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il... Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Vous me corrigerez si... Évidemment, j'ai des années de pratique en
syndicalisme, mais je n'ai pas votre niveau d'expertise sur la santé et
sécurité au travail, mais, quand on dit «une mesure de réadaptation», ça peut
inclure un retour au travail?
M. Boulet : Ça pourrait inclure
un retour progressif au travail, parce que le retour progressif pourrait être
accompagné d'un soutien de réadaptation, puis ça pourrait être un retour au
travail, oui, ça pourrait être accompagné de ça.
M. Leduc : Parce que, tantôt,
vous me donniez des exemples d'éléments sympathiques, là, frais de garde,
déneigement, mais un retour au travail, c'est dans une tout autre catégorie,
là. C'est une tout autre catégorie où est-ce que c'est là que le rapport de
force s'exprime souvent.
Et c'est là la question, c'est : Si vous
êtes pour accorder... puis le mot «accorder» est dit avec... est un choix de mot très positif, là, il y en a qui pourraient
utiliser le mot «imposer», mais on a eu le débat là-dessus hier, on ne le refera
pas aujourd'hui. Mais donc la commission
accorde un retour progressif. Si le salarié n'est pas d'accord avec ce retour
progressif, est-ce que c'est une mesure qui a un effet sur la santé du
travailleur?
C'est parce que
toute la question, c'est le médecin traitant, la prépondérance du
médecin traitant. On a eu des débats en
long et en large là-dessus. Vous nous avez entendus en partie. Là, vous le
ramenez, mais il y a comme une porte qui est ouverte. Puis
nous, on ne le sait pas, si la porte, elle est ouverte de cinq pouces ou de
cinq mètres.
M. Boulet : Et je ne comprends
pas votre question. Est-ce que vous pouvez redire votre préoccupation, s'il
vous plaît?
M. Leduc : Tantôt, quand on échangeait sur la mesure qui n'a
aucun effet sur la santé, la mesure de réadaptation, vous soumettiez des
exemples que j'appelle sympathiques, obtenir des remboursements de frais de
garde, obtenir des remboursements pour pelleter ou tondre le gazon, par
exemple. Mais, si «mesure de réadaptation», ça inclut aussi des choses comme un
retour au travail, qu'il soit progressif ou pas, là, on est dans une autre catégorie,
là. Le retour au travail, c'est le noeud du problème,
c'est le noeud du rapport de force, parfois, en milieu de la santé et sécurité
au travail.
Et, si vous me dites que, là, pour un retour au
travail... Est-ce que c'est contenu, ça, dans les mesures n'ayant aucun effet sur la santé de ce dernier? Est-ce que...
En anglais, on dit un «loophole», là, je ne me souviens pas c'est quoi,
en français... Une brèche, est-ce que la brèche, qui est ouverte par «sauf si
cette mesure n'a aucun effet sur [la santé du travail]»... est-ce que c'est...
M. Leduc : Comme je le disais,
c'est-tu... Bon. On peut peut-être suspendre un instant, Mme la Présidente.
M. Boulet : C'est ce que je
vous ai mentionné tout à l'heure, là, je ne sais pas si ça répond à votre questionnement,
mais, dès qu'il y a un retour au travail, ça a un impact sur son état de santé.
Dès qu'il y a un retour progressif au travail, ça a un impact sur son état de
santé. Donc, oui, il peut bénéficier des mesures de réadaptation. Puis, oui, il
faut que ça passe obligatoirement
par le professionnel de la santé qui a charge. Je pense
que je réponds précisément à votre question.
M. Leduc : Oui, exact. Bien, on
reste avec... bien, en tout cas, on reste avec l'impression qu'on ne sait pas
si, en laissant passer le «sauf si cette mesure n'a aucun effet»... Est-ce
qu'on entrouvre la porte de cinq pouces ou de cinq mètres? Ça, vous donnez des
exemples, mais ce n'est pas décrit nulle part.
M. Boulet : Je ne sais pas
si... lequel est positif et lequel est négatif, dans les deux unités de mesure,
mais je pense qu'ultimement on fait ça tous avec un but commun, c'est-à-dire
d'aider le travailleur. Puis, quand on voit les responsabilités puis le
travail quotidien, puis vous le savez, des conseillers, conseillères en
réadaptation, tout ce qu'ils font, c'est pour le bénéfice des travailleurs.
Mais je vous dirais qu'en pratique, là, la vaste, vaste majorité
des cas, c'est de l'aide au travailleur.
Puis, je le répète, je pense que deux éléments
qui m'ont été soulevés, c'est que ça risquerait d'insécuriser les personnes que de leur demander : Ça a-tu un
impact sur ton état de santé? Peut-être d'autres arguments... Trois, c'est que ça retarderait le processus de mise en application de la mesure de réadaptation. Puis, trois, ça fait... ça ne tient pas compte
des personnes qui ont des troubles psychologiques.
Moi, je vous dis, là, je suis sensible à votre
proposition, mais je trouve que c'est plus fluide, puis c'est plus facile
d'application comme c'est là, puis ça sert mieux les intérêts du travailleur.
M. Leduc : On a éclairci une
partie de la question, là, si on dit que le retour au travail n'est pas une
mesure qui a aucun effet sur la santé de ce dernier, il y a déjà une
partie qui
est clarifiée.
Je vais poser ma question différemment. Quand
quelqu'un se fait embaucher, là, à la CNESST, puis il va travailler à traiter
ces demandes-là, il va être formé. Et vous allez bien lui fournir une liste ou,
dans votre formation, vous allez bien lui
fournir un PowerPoint où il y aura une série d'exemples : «Sauf si cette
mesure n'a aucun effet sur», il va se faire informer sur qu'est-ce qui
n'a aucun effet sur la santé d'un travailleur.
M. Boulet :
Je pense qu'en pratique ça se fait simplement, naturellement. C'est
généralement à la demande du travailleur,
qui dit : Je ne suis pas en mesure de lever mon enfant — puis
là, j'y vais, là, de ce que j'ai pu voir — j'ai besoin d'une gardienne, puis c'est en
raison de mon état de santé. Puis le conseiller en réadaptation, s'il
dit : C'est évident, puis il n'y a pas
d'incidence, cette mesure de réadaptation là n'a pas d'incidence sur ton état
de santé, il va assumer les frais de gardiennage. Ça, c'est un exemple
classique. Mais je pense que ça se fait naturellement, puis ce n'est pas
compliqué dans l'application, je vous dirais.
M. Leduc : O.K. Mais ça ne répond quand même pas à ma
question de : Qu'est-ce qui constitue, exhaustivement, cette
chose-là? Puis je ne suis pas sûr...
M. Boulet : Tu sais, moi, ça m'apparaît évident, «sauf si
[ça] n'a aucun effet sur l'état de santé de ce dernier», ça veut dire qu'en lui
faisant bénéficier d'une mesure x, y ou z il n'y a pas d'impact sur son
état de santé. Ce que je vois comme
étant classique, c'est les services d'aide à domicile, puis là il y a une
variété de services d'aide à domicile, sans nécessairement les définir.
Et je pense que, fondamentalement, il faut faire confiance à ceux qui
appliquent, là, selon... tu sais, pour s'assurer... Je veux dire, la chose
parle par elle-même, généralement, quand il n'y a aucun effet sur l'état de
santé.
M. Leduc : C'est que, dans le
fond, dans le projet de loi, à plusieurs reprises, puis ça aussi on en a parlé
hier ou c'est la semaine dernière, à beaucoup de moments, on remet des
nouvelles fonctions puis des nouvelles charges à la commission à plusieurs endroits du projet de loi. C'est
discutable, il y en a qui apprécient, il y en a qui apprécient moins,
mais, moi, ce que je veux m'assurer, c'est, quand on donne un nouveau pouvoir
ou une nouvelle responsabilité à la commission, que ce soit très clair et très
circonscrit, c'est quoi, ces nouveaux pouvoirs-là, parce que...
Je ne suis pas en train de vous annoncer qu'il
va y avoir des centaines et des centaines de problèmes, là, à cause de cet article-là, mais je le vois
puis je me dis qu'avec quatre mots on peut s'assurer qu'il y en ait
le moins possible et que la
délégation de pouvoirs qu'on est en train de faire à la CNESST soit faite avec
la meilleure diligence possible, celle des parlementaires avec qui on
travaille aujourd'hui.
M. Boulet : Très rapidement,
bon, j'ai répondu souvent à ça, là. On aura les ressources pour répondre aux
besoins. Moi, je n'ai plus d'autre commentaire à faire. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Abstention.
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, le sous-amendement proposé est rejeté. Nous revenons à l'amendement,
l'amendement qui avait été proposé à 145.2. Y a-t-il d'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention à l'amendement, nous allons procéder à la mise
aux voix.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)
M. Derraji : Désolé, juste une question.
On précise 145.2, c'est ça?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui.
M. Derraji : O.K., désolé,
moment d'inattention. Pour.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire : Mme IsaBelle
(Huntingdon)?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement proposé à l'article 145.2 est adopté. Maintenant,
y a-t-il d'autres interventions pour l'article 47, autrement dit pour tous
les articles, là, 145, 145.1, 145.2, 145.3, etc., pour l'ensemble?
M. Derraji : Non, mais on...
bien, on vient de voter sur 145.2.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
On vient de voter un amendement.
M. Derraji : Oui, l'amendement,
O.K., désolé. O.K.
La Présidente (Mme IsaBelle) : L'amendement.
Alors, est-ce qu'il y a d'autres... Oui, alors, on a le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Oui?
M. Leduc : ...suspendre un
instant, parce qu'on va avoir un amendement à 145.5.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
145.5? D'accord. On demande donc une suspension.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 30)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, si j'ai bien compris, nous... Est-ce qu'il y a d'autres interventions
pour l'article 27? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention pour l'article 27,
nous allons procéder à la mise aux voix, donc, pour l'article 27 tel
qu'amendé.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 27, tel qu'amendé, est adopté.
Nous poursuivons avec l'article 28. M. le ministre.
M. Boulet :
Oui. Avec votre permission, une suspension de deux minutes, s'il vous plaît.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : C'est parfait. Alors, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à
15 h 48)
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, nous poursuivons. M. le ministre, nous
sommes à l'article 28.
M. Boulet :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc :
L'article 146 de cette loi est modifié :
1° par l'ajout, au
début, de l'alinéa suivant :
«Le travailleur qui,
en raison de la lésion professionnelle dont il a été victime, subit une
atteinte permanente à son intégrité physique ou psychique a droit, dans les cas
et aux conditions prévus à la présente
section et par règlement, à la
réadaptation.»;
2° dans le premier
alinéa :
par le remplacement de «son droit à la réadaptation, la commission prépare et
met en oeuvre, avec la collaboration du travailleur» par «ce droit, la
commission prépare et met en oeuvre, avec la collaboration du travailleur et
de l'employeur, si la participation de ce dernier est requise»;
b) par la suppression
de «physique,»;
3° par l'insertion,
dans le deuxième alinéa et après «travailleur», de «et de l'employeur, le cas
échéant».
L'article 146,
tel que modifié, se lirait comme suit :
«Le travailleur qui,
en raison de la lésion professionnelle dont il a été victime, subit une
atteinte permanente à son intégrité physique
ou psychique a droit, dans les cas et aux conditions prévus à la présente
section et par règlement, à la
réadaptation.
«Pour
assurer au travailleur l'exercice de ce droit, la commission
prépare et met en oeuvre, avec la collaboration
du travailleur et de l'employeur, si la participation de ce dernier est
requise, un plan individualisé de réadaptation qui peut comprendre,
selon les besoins du travailleur, un programme de réadaptation sociale et
professionnelle.
«Ce plan peut être
modifié, avec la collaboration du travailleur et de l'employeur, le cas
échéant, pour tenir compte de circonstances nouvelles.»
Explication. Cette
disposition prévoit les critères pour déterminer le droit à la réadaptation du
travailleur après la consolidation. On a vu
avant, maintenant, c'est après. Cette modification vise à prévoir qu'en plus
des mesures et des conditions prévues
dans la
section le travailleur aura aussi droit aux mesures prévues par le
règlement, selon les conditions qu'il prévoirait. Il prévoit aussi que
le droit à la réadaptation du travailleur, après la consolidation de sa lésion professionnelle, sera mis en oeuvre dans un
plan individualisé de réadaptation, qui peut comprendre un programme de
réadaptation sociale et professionnelle, et pourra être modifié, en
collaboration avec le travailleur et l'employeur, le cas échéant, pour tenir
compte de nouvelles circonstances.
Finalement, cette
disposition supprime la notion de réadaptation physique, qui sera dorénavant
incluse dans les services de santé et les équipements adaptés.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Avez-vous d'autres explications?
M. Boulet :
C'est important que je mentionne que l'inclusion... la réadaptation physique
est maintenant incluse dans les
services de santé. Ça va permettre d'assurer un continuum de soins au
travailleur avant même la consolidation de sa lésion. Donc, le droit du
travailleur va être... ne sera pas affecté. Puis l'exemple que j'avais à vous
fournir, c'est... Actuellement, l'assistance médicale s'applique avant la
consol puis la réadaptation s'applique après. Là, pour assurer un continuum, tu sais, mettons, en assistance
médicale avant consol, il bénéficiait de physio. Il fallait interrompre puis,
après ça, qu'il aille en réadapt et qu'il
bénéficie des services de physiothérapie. Là, on va les fusionner, et ça va
éviter qu'il y ait une rupture dans le continuum.
L'exemple, c'est bien
ça, là. Un travailleur reçoit des services... des soins de santé en assistance
médicale, exemple, physiothérapie. Ces soins cesseront au moment de la
consolidation de la lésion et, après avoir statué sur l'admissibilité à la
réadapt, la CNESST devra évaluer de nouveau son besoin et déterminer s'il y a
lieu d'offrir de nouveaux soins en physiothérapie
qui sont de la réadaptation physique. Donc, on fusionne les deux pour éviter
l'absence de possibilité pour le travailleur de bénéficier des services
de réadaptation avant la consolidation. Alors, c'est l'explication pratique. Et
ça va assurer beaucoup plus d'efficacité, et ça va assurer un continuum dans
les services, les soins de santé dont bénéficie le travailleur. C'est tout, Mme
la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il, donc, des interventions? Député
de Nelligan.
M. Derraji : Juste la notion du
plan individualisé, elle a été pas mal saluée. La seule chose... Est-ce que ce plan individualisé est prévu... est-ce que
c'est prévu, un moyen de le revoir, au cas où, une fois le plan ou le processus a été instauré entre l'employeur
et le travailleur? Est-ce qu'il y a un moyen de... je cherche le mot... C'est
que, rendu sur le lieu de travail... parce qu'on peut l'imaginer, mais une fois...
Parce que, ce que j'aime, c'est l'implication des deux. Donc, j'imagine que, parfois, même le syndicat
serait impliqué pour les milieux syndiqués, donc l'employeur, travailleur.
Et le programme de réadaptation sociale qui est sur la table, c'est quoi, les...
pas les garanties, c'est quoi, les recours que le travailleur ou l'employeur
ont si jamais le plan ne marche pas?
M. Derraji :
...là, quand même, on parle d'atteinte permanente à son intégrité physique ou psychique,
donc c'est...
M. Boulet :
En fait, il est revu en continu.
L'article 147 le dit déjà, en matière de
réadapt : «Le plan individualisé de réadaptation constitue — bon — la
décision de la commission...»
M. Derraji : Désolé, quel article?
Pas celui-là où on est maintenant, hein?
M. Boulet :
Non, c'est un autre
article de la loi actuelle, mais il est révisé en continu.
En fait, le plan individualisé de réadaptation, il est adapté en
continu, en tenant compte de l'évolution de l'état du travailleur.
M. Derraji :
La prochaine fois, avant de poser une question, je vais aller deux articles
plus loin pour chercher ma réponse. C'est bon, il a répondu à ma
question, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, je voudrais
aller sur la référence au règlement. Alors, quand on rajoute, là, dans
l'article 146, là, vers la fin du premier nouveau paragraphe, dans le
fond, là, «dans les cas et aux conditions prévus à la présente
section et par règlement, à la réadaptation», ça fait
partie
d'une discussion qu'on a, là, depuis certains temps, là, la place des règlements versus la loi. C'est
quoi l'avantage que vous voyez, vous, M. le ministre, d'y aller par règlement?
M. Boulet : Je vous dirais, là, vous
parleriez aux membres du C.A. de la CNESST... Le pouvoir réglementaire de la
CNESST, qui, bien sûr, après ça, fait l'objet du processus d'approbation
gouvernemental... mais il permet au C.A. de s'adapter à des nouvelles réalités
pour changer, pour s'assurer que les modalités — bon, ici, on parle de réadaptation — soient compatibles avec l'évolution du
marché du travail, disons. Et ça, les membres du C.A. considèrent, puis à juste titre... parce que c'est
cette institution-là qui doit appliquer, veiller à l'application correcte de la
loi. Bien, le pouvoir réglementaire qui leur est conféré est totalement
pertinent.
M. Leduc :
Vous me parlez du C.A. de la CNESST, mais c'est un peu étrange, parce que moi,
j'ai des centrales syndicales qui ont communiqué avec moi puis qui me
disent : À tout prix, là, il faut retirer la référence au règlement. Donc, visiblement, ce n'est pas une décision
unanime du C.A. de la CNESST. Puis une de leurs craintes, c'est que ça limite
substantiellement l'indépendance des tribunaux puis peut-être même l'avis du
médecin traitant, dépendamment de ce qu'il y
a dans ce règlement-là. Puis c'est souvent ça, avec ce projet de loi là, hein, on ouvre quelque chose puis on demande de signer
presque un chèque en blanc sur son contenu éventuel.
M. Boulet : Bien, ceci dit avec
respect pour les leaders syndicaux auxquels vous faites référence, ils sont ou elles sont membres du C.A. de la CNESST, puis des règlements,
à la CNESST, il y en a, puis il y en a, je ne peux pas dire combien, de règlements qui sont adaptés,
mais c'est un C.A. qui est paritaire puis qui tient compte de la réalité
changeante du milieu du travail. Vous me demandiez :
Pourquoi le pouvoir réglementaire de la commission? C'est essentiellement
pour s'adapter au caractère évolutif, non seulement du marché, mais, ici, en
tenant compte de la santé et sécurité du travail, là, qui implique l'analyse,
l'étude puis des réflexions sur des normes, là, qui sont constamment
évolutives.
M. Leduc : Parce que, dans le
fond, l'état actuel des choses est défini plus tard, là. C'est ce qu'on va
aborder à l'article suivant, à 30, dans, entre autres, dans réadaptation
physique, ou je me trompe, là, de sujet?
M. Boulet :
Oui. Plus tard, oui. La réadaptation physique intégrée dans l'assistance
médicale, oui, ça va venir plus tard.
M. Leduc : Donc, les normes
sont déjà prévues à la loi. Là, vous dites : Il faut qu'on réévalue ces
normes-là à travers un règlement.
M. Boulet : Non, non. Ah non!,
ça, je ne suis pas un partisan de ça. Quand j'ai fait mes cours de droit,
c'était bien important de comprendre qu'une loi établit des normes, une loi
établit des règles. Les règlements, c'est pour déterminer
les modalités d'application de ce qui est dans la loi. Il ne faut pas non plus,
comme parlementaires, se soustraire de notre devoir de parlementaires qui est
de faire des lois, donc, mais on ne fera pas des lois pour aller dans les
aspects... tous les petits aspects pratiques puis toutes les modalités
d'application.
D'où l'importance de
confier, d'avoir des dispositions habilitantes qui permettent à des
institutions... puis c'est des spécialistes, là, de la CNESST. En normes, en
équité puis en santé-sécurité, c'est l'institution spécialisée au Québec, et le C.A. est composé de personnes
compétentes, j'oserais dire, qui sont issues... bien, c'est presque tous les
leaders syndicaux et patronaux qui y siègent. Donc, c'est important d'avoir un
pouvoir réglementaire, parce qu'on ne pourrait pas discuter de la même façon un
règlement qu'une loi.
M. Leduc :
Pourquoi ils m'écrivent, d'abord, pour dire : Dépose un amendement pour
flusher le règlement?
M. Boulet :
Ah! je ne sais pas, je ne sais pas. Ils sont venus en commission parlementaire
lors des consultations particulières. Moi, je suis à l'étape de l'étude
détaillée puis je travaille avec des collègues