House Proceedings — 26 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-11-26
Quebec — Debates (Hansard)
En terminant,
permettez-moi d'adresser une salutation spéciale aux quatre membres
fondatrices, toujours aussi actives, Mmes Huguette Mailhot,
Thérèse Randlett ainsi que Cécile et Irène Anctil. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée. Et, pour la prochaine
déclaration, je reconnais M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Merci,
Mme la Présidente. Alors, c'est avec plaisir que je souligne le 40e
anniversaire de l'Ensemble folklorique
Mackinaw. Cette compagnie culturelle a été fondée en 1974 par la fusion de deux
groupes de danse folklorique, soit
l'Alunelul de Drummondville, et le Tovarich d'Acton Vale. Fondateur du
Festival mondial de folklore en 1982,
devenu le Mondial des cultures en 1998, Mackinaw demeure le partenaire
artistique de premier plan. Démontrant qu'on
atteint l'universel en étant soi-même, il contribue au rayonnement du Québec
au-delà des frontières. Perpétuant les
traditions d'ici et d'ailleurs par la danse et la musique, Mackinaw a amené Drummondville
à faire
partie du réseau sélect des capitales folkloriques.
À l'occasion
de son 40e anniversaire, Mackinaw s'est démarqué par une importante implication
du milieu culturel québécois. Permettez-moi de saluer la présidente de
l'ensemble, Suzette Joyal, et son directeur artistique, Mihai Muntean.
Grand bravo et merci à Mackinaw, qui est la fierté de notre patrimoine
folklorique!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le
député. Et, toujours à la rubrique de déclarations de députés, je
reconnais M. le député de Laval-des-Rapides.
Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je tenais à adresser mon
soutien et mes félicitations aux différents organismes qui se mobilisent à Laval-des-Rapides en cette période des
fêtes afin d'apporter un peu de réconfort et de soutien aux personnes
démunies et dans le besoin.
Mon équipe et
moi-même, accompagnés de bénévoles de notre comté, avons participé, dimanche
dernier, à la guignolée de la
Saint-Vincent-de-Paul, église Saint-Louis. Nous avons apporté des denrées non
périssables ainsi que des jouets que
nous avons recueillis auprès de généreux citoyens. Nous participerons
également, les prochaines semaines, à plusieurs
activités dans le comté afin de contribuer à redonner un peu le sourire à ceux
qui, dans cette période des fêtes, en ont grand besoin. À cet effet, j'invite
tous les citoyens de Laval-des-Rapides à prendre part aux différentes activités
et guignolées. Que ce soit en faisant du
bénévolat ou par des petites contributions, ces petits gestes ont des grands
impacts et redonnent le sourire à ceux qui l'ont perdu. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. M. le député
de Matane-Matapédia, c'est à vous la parole.
Bérubé :
Merci, Mme la Présidente. Je désire souligner le travail exceptionnel d'un
jeune historien originaire de Price,
dans La Mitis, M. Samuel Côté. Ce passionné de recherche et de trésors
sous-marins présente aux Québécois la
nouvelle série télévisée Chasseurs d'épaves , diffusée sur la chaîne
Historia. Entouré d'une équipe de plongeurs chevronnés, Samuel dirige l'ensemble des opérations de
recherche des épaves enfouies dans les profondeurs du fleuve Saint-Laurent.
Dans cette
série hors du commun, Samuel met en lumière les différents aspects de son
métier, que très peu de gens pratiquent.
Il redonne également à notre majestueux fleuve Saint-Laurent son histoire et
ses lettres de noblesse. Auteur du
livre Les naufrages du Québec au XXe siècle , Samuel Côté a déjà
plusieurs découvertes à son actif. Il est rapidement devenu une référence en matière d'histoire
maritime au Québec. Sachant qu'il a toujours plusieurs projets sur sa table
à dessin, je lui souhaite beaucoup de succès
dans ses aventures à venir, et je me ferai un plaisir de suivre son journal de
bord avec attention. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le
député. Et, M. le député de Louis-Hébert, à vous la parole.
Hamad : Mme la Présidente, La Société historique de Cap-Rouge célèbre cette année son
40e anniversaire d'existence. Voué à la sauvegarde et à la mise en
valeur du patrimoine de Cap-Rouge, cet organisme travaille depuis quatre décennies déjà à faire découvrir son
histoire et à protéger son patrimoine. Est-il besoin de rappeler que c'est près
de l'embouchure de la rivière de Cap-Rouge
que Jacques Cartier a fait la première tentative d'implantation française au
Québec en 1541? Que ce soit par son
engagement et sa contribution dans plusieurs projets ou encore par la publication de
nombreux ouvrages, La Société historique de Cap-Rouge révèle à la population ce
merveilleux petit coin du pays.
profite donc de l'occasion, Mme la
Présidente, pour souligner le travail
et l'apport des dirigeants de La Société
historique de Cap-Rouge et de saluer ses
400 membres actuels. Et ils sont présents avec nous aujourd'hui, Mme la Présidente. Je tiens particulièrement à mentionner le travail de Mme Louise
Slater, qui a été présidente de la société pendant plus de 17 ans, de M. Yvon
Lirette, membre actif depuis le début, et celui de la présidente actuelle,
Mme Linda Even, qui assure la continuité. Longue vie à La Société
historique de Cap-Rouge!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le
député. Alors, messieurs et mesdames,
bienvenue à l'Assemblée nationale. Et, pour poursuivre les déclarations de députés, je vais maintenant reconnaître M. le
député de Masson.
Lemay : Mme la Présidente, le 16 novembre dernier marquait les
15 ans de la disparition de Julie Surprenant. Pour souligner ce triste anniversaire, la
communauté moulinoise s'est montrée solidaire et s'est recueillie à l'occasion
de la cérémonie d'inauguration du monument
érigé en sa mémoire, une initiative de sa soeur, Andréanne Surprenant. Le
monument est éclairé en permanence par un
lampadaire afin de symboliser l'espoir de retrouver la jeune femme disparue
en novembre 1996.
Face
à une telle épreuve qui, pour la grande majorité d'entre nous, semble
insurmontable, je tiens à souligner et saluer le courage incommensurable
de la famille de Julie, soit sa soeur Andréanne, son père Michel Surprenant et
sa mère Francine Desautels. Nous sommes tous
très touchés par l'épreuve que vous surmontez depuis maintenant 15 ans,
et soyez assurés que nous partagerons à jamais l'espoir de retrouver Julie.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Maintenant, M.
le député de Robert-Baldwin, je vous cède la parole.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est avec grand plaisir que
je tiens aujourd'hui à saluer et à féliciter M. Edward Janiszewski,
qui souligne cette année 30 ans de service à la communauté à
titre de
maire de la ville de Dollard-des-Ormeaux.
carrière politique a connu un succès retentissant. Élu tout d'abord comme
conseiller municipal à la ville de Dollard-des-Ormeaux en 1978, réélu
aux élections municipales successives jusqu'en 1984, année où il devient maire jusqu'à ce jour, il est aujourd'hui le maire qui a
servi pendant le plus grand nombre d'années à Dollard-des-Ormeaux ainsi
que dans toute la grande région de Montréal. C'est un
accomplissement extraordinaire.
Mr. Janiszewski,
Ed, I'd like to thank you for all the hard work you've done over the past
30 years for your community. Et je souhaite travailler encore
longtemps avec vous. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le député de
Robert-Baldwin. Et je cède maintenant la parole à M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Une entreprise de
Rivière-du-Loup dans ma circonscription,
au Bas-Saint-Laurent, s'est vu récemment remettre le prix entrepreneurs
Desjardins dans la catégorie Innovation et productivité, petite
entreprise.
Spécialisée en usinage, soudure,
mécanique de chantier et tuyauterie pour l'industrie lourde du Nord-du-Québec,
l'entreprise Soucy industriel se distingue
entre autres par la mobilité de ses services. Comptant aujourd'hui plus de 80
années d'existence, Soucy industriel
a débuté ses opérations en 1931, où l'on fabriquait alors des sertisseuses à
manivelle pour sceller les couvercles
des boîtes de conserve domestiques. Par la suite, l'entreprise louperivoise a fait
sa renommée en devenant fabricant de planeurs. Ceux-ci seront vendus à
travers le pays et, fait à noter, certains planeurs Soucy sont toujours en
fonction, en opération à ce jour.
M. Frédérick
Soucy, au nom de la population que je représente et de cette Assemblée, je vous
offre mes plus sincères félicitations! Je
vous souhaite le meilleur des succès pour vos projets en cours et à venir, et
une longue vie à l'entreprise Soucy industriel. Alors, je vous remercie,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député.
Ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés, et je vais suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9
h 57)
Le Président :
Bon mercredi matin, chers collègues. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
la rubrique Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement... Mme
la leader du gouvernement.
Mme Vallée :
Je vous demanderais, M. le Président, d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, M. le
ministre des Finances présente le projet de loi n° 28, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de
certaines dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant
le retour à l'équilibre budgétaire en 2015‑2016. M. le ministre.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, le projet de loi n° 28
concerne principalement la mise en oeuvre de certaines dispositions du
discours sur le budget du 4 juin et visant le retour à l'équilibre budgétaire
en 2015‑2016.
Alors,
ce projet de loi modifie ou édicte plusieurs dispositions législatives afin
principalement de mettre en oeuvre certaines
dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et d'assurer la mise
en place de mesures visant le redressement des finances de l'État.
Ainsi,
le projet de loi modifie la
Loi sur l'équilibre budgétaire afin de prévoir le
retour à l'équilibre budgétaire pour
l'année financière 2015‑2016 et de fixer le montant en deçà duquel doit se
trouver le déficit budgétaire pour l'année financière 2014‑2015. Il modifie la
Loi sur la réduction de la dette et
en instituant le Fonds des générations afin que le montant de la taxe
spécifique sur les boissons alcooliques, porté annuellement au crédit du fonds,
soit, à compter au 1er avril 2016, augmenté à 500 millions de dollars.
projet de loi reconduit pour un an le gel de la rémunération additionnelle
fondée sur le rendement du personnel de direction et du personnel
d'encadrement des ministères et de certains organismes de même qu'à celui des
cabinets ministériels. Il prévoit que la
rémunération additionnelle fondée sur le rendement versée au personnel de
direction et au personnel d'encadrement de certaines sociétés d'État est
conditionnelle à l'atteinte de cibles de résultat net.
projet de loi confie au ministre des Finances la préparation et la publication
d'un rapport préélectoral sur la situation
financière du gouvernement et confie au Vérificateur général la préparation
d'un rapport portant sur la plausibilité des prévisions et hypothèses
présentées dans le rapport préélectoral.
ce qui concerne l'énergie, le projet de loi modifie la
Loi sur la Régie de
l'énergie afin de suspendre la mise en
place de tout mécanisme de partage des écarts de rendement par la Régie de
l'énergie jusqu'à ce que l'équilibre budgétaire soit atteint et de prévoir qu'Hydro-Québec conservera tout écart de
rendement. La même loi est également modifiée afin de réserver la
fourniture d'électricité à la satisfaction des marchés québécois.
En matière de
ressources naturelles, le projet de loi modifie la
Loi sur Investissement
Québec afin d'instituer Capital Mines
Hydrocarbures, un fonds spécial permettant principalement la prise de
participation dans les entreprises qui
exploitent des substances minérales du domaine de l'État et, à certaines
conditions, dans des entreprises qui les transforment. Il
prévoit, par ailleurs, le transfert à l'Agence du revenu du Québec des
responsabilités relatives à l'application de la
Loi sur l'impôt minier.
En matière de
lutte contre l'évasion fiscale et le travail non déclaré, le projet de loi
modifie la
Loi sur les impôts afin de
prévoir l'obligation pour un fournisseur de services d'obtenir, sous certaines
conditions, une attestation de Revenu Québec dans le cadre de la conclusion d'un
contrat de travaux de construction ou d'un contrat de services de placement
ou de location de personnel. Ce projet de loi modifie également la
Loi sur la
taxe de vente du Québec afin de prévoir l'implantation de modules
d'enregistrement des ventes dans le secteur des bars et des restobars.
projet de loi modifie la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance
afin de revoir les règles déterminant la
contribution exigée d'un parent dont l'enfant bénéficie de services de garde
fournis par un prestataire de service de garde subventionné.
matière de santé, le projet de loi prévoit que, lorsqu'un service fourni
par un professionnel de la santé cesse d'être
un service assuré, les sommes prévues pour le financement de sa rémunération
soient maintenues au fonds consolidé du revenu et soumises au pouvoir
d'allocation du Parlement.
Deuxièmement, le projet de loi permet au ministre de la Santé et des Services sociaux, avant l'inscription d'un médicament à la liste des médicaments dont le coût
est garanti par le régime général d'assurance
médicaments, de conclure une entente d'inscription avec le fabricant de ces
médicaments, autorise le gouvernement à étendre les garanties du régime général d'assurance
médicaments aux services
pharmaceutiques déterminés par règlement
et confère au ministre, pour une période
limitée et en certaines circonstances, le pouvoir de prévoir ou de modifier les
modalités de rémunération applicables aux pharmaciens.
projet de loi apporte diverses modifications concernant la
gouvernance municipale en matière de développement
local et régional.
Le projet de loi
propose des modifications touchant les fonds spéciaux suivants :
1° le
Fonds Avenir Mécénat Culture, qu'il institue au ministère de la Culture et des Communications, affecté aux mesures prises en vue d'encourager certains organismes à développer des méthodes de diversification de
leurs sources de financement et à capitaliser une part de leurs revenus
provenant des collectes de fonds;
le Fonds du développement nordique, notamment pour lui redonner le nom du Fonds
du Plan Nord et de remplacer
dans sa loi constitutive l'expression «territoire du développement nordique»
par celle de «territoire du Plan Nord»;
3° le
Fonds pour le développement du sport et de l'activité physique afin
d'augmenter la
partie du produit de l'impôt sur le tabac portée annuellement
à son crédit;
4° le
Fonds de financement des établissements de
santé et de services sociaux afin notamment de porter à son crédit, pour les années financières 2014‑2015 à 2016‑2017,
la
partie qui est précisée du Transfert canadien en matière de santé.
projet de loi modifie les règles de gouvernance applicables à Fondaction, le
Fonds de développement de la Confédération
des syndicats nationaux pour la coopération et l'emploi, ainsi qu'au Fonds de
solidarité des travailleurs du
Québec — FTQ. Il
revoit également la composition du conseil d'administration de
Financement-Québec afin qu'elle
puisse être modifiée sans intervention
législative lorsque les fonctions des différents ministres
responsables des organismes qui en reçoivent les services sont modifiées
ou lorsque les organismes bénéficiant de ses services changent.
Le projet de loi
modifie certaines autres dispositions législatives afin notamment :
d'intégrer dans la
Loi sur les
matériaux de rembourrage et les articles rembourrés les droits exigibles pour la
délivrance des permis actuellement prévus par règlement;
2° d'augmenter la
contribution pénale prévue par le Code de procédure pénale;
3° de
donner au ministre responsable de la
Loi sur l'immigration au Québec
le pouvoir de déterminer les modalités d'un
dépôt de garantie par les entrepreneurs immigrants qui assurent les sommes
nécessaires au développement d'un projet d'affaires au Québec, pour prévoir l'habilitation nécessaire afin de
permettre au gouvernement de déterminer un mécanisme de répartition des dossiers d'immigrants investisseurs
entre les intermédiaires financiers et, enfin, pour faire passer de 10 000 $
à 15 000 $ les droits exigibles pour l'examen d'une demande de
certificat de sélection d'un ressortissant étranger de la catégorie de
l'immigration économique présentée à
titre d'investisseur;
4° de permettre au
ministre des Finances de grever d'une hypothèque certaines créances
pécuniaires, de lui permettre de verser et
de recevoir des sommes à
titre de garantie accessoirement à certaines
transactions financières ainsi que de permettre, dans ce contexte, la
compensation contre l'État;
5° d'introduire
dans le Code civil des modifications en matière d'hypothèque, principalement en
ce qui a trait aux hypothèques
constituées en faveur d'un fonds de pouvoir et aux hypothèques mobilières avec
dépossession sur certaines créances pécuniaires;
6° de
prévoir qu'une société
de gestion de portefeuille contrôlée par une coopérative de services financiers
peut, à certaines conditions, être
assujettie à la surveillance de l'Autorité
des marchés financiers comme si elle
était une institution
financière.
Finalement,
M. le Président, ce projet
de loi apporte des modifications de concordance à plusieurs lois et comporte des dispositions de
nature transitoire.
Président : Évidemment, ma question, c'est : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la leader de
l'opposition.
Maltais : Bien sûr, M. le Président. Mais évidemment on est
habitués à un projet de loi de mise en oeuvre de certaines dispositions du discours du budget, mais ça semble être un
projet de loi fourre-tout, alors il y aura sûrement des consultations
particulières.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Avant de parler des consultations particulières,
j'aurais peut-être une autre façon de désigner la chose que ma collègue. Il s'agit d'une
loi sur le
retour à l'équilibre budgétaire, loi qui fait suite à une motion qui a été
adoptée ici, à l'Assemblée, retour pour 2015‑2016. Alors,
2015‑2016, c'est bientôt, M. le Président, 2015 arrive très rapidement. Alors, oui, on va discuter avec les
oppositions pour qu'il y ait des consultations, d'ailleurs qu'on prévoit, là,
assez tôt en janvier.
Le Président :
Est-ce que je comprends que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de
loi?
Le Président :
Alors, c'est adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Je vous demanderais d'appeler l'article b, M. le Président.
Le Président :
Je ne sais pas si je peux l'adopter, mais je peux l'apporter. Alors, à
l'article b du feuilleton, Mme la ministre de la Famille présente le projet
de loi n° 27,
Loi sur l'optimisation des services de garde éducatifs à
l'enfance subventionnés. Mme la ministre.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. J'ai le privilège de déposer en cette Chambre la loi n° 27, Loi
sur l'optimisation des services de garde éducatifs à l'enfance
subventionnés.
Ce projet de loi
modifie la
Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance afin d'obliger
tout prestataire de services de garde à conclure avec un parent qui utilise ces
services de garde subventionnés une entente de services de garde éducatifs
subventionnés dont la forme et le contenu sont déterminés par le ministre
responsable de cette loi. Il interdit de plus
à toute personne d'inciter un parent à inscrire des renseignements faux ou trompeurs dans cette entente.
Dans le cas où cette
entente de services de garde éducatifs subventionnés n'est pas utilisée,
qu'elle n'est pas remplie entièrement ou que des renseignements faux ou trompeurs y sont inscrits, le projet de loi prévoit des sanctions applicables au parent ou au prestataire de
services de garde. Des sanctions pourront également être applicables en cas d'inscription de renseignements faux ou
trompeurs sur tout autre document requis en vertu de la loi ou d'un règlement pris pour son application.
Plus particulièrement,
il accorde au ministre le pouvoir de retirer au parent, pour une période de
trois mois, la possibilité de bénéficier
d'une place dont les services de garde sont subventionnés à l'égard de son
enfant. De plus, il prévoit des sanctions pénales pour le prestataire de
services de garde fautif et permet au ministre d'annuler et de diminuer la
subvention consentie à ce prestataire de services de garde ou de suspendre son
versement.
Le Président :
Et voilà.
Charbonneau :
Et voilà.
Président : Merci. Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie
de ce projet de loi? Mme la leader du gouvernement... de l'opposition.
Maltais :
Nous allons avoir, bien sûr, des consultations particulières sur ce sujet?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Il va de soi, M. le Président.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Alors, c'est adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Permettez-moi de déposer la réponse du
gouvernement à la pétition déposée par le député de Rimouski le
23 octobre 2014.
Le Président :
Alors, ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la Commission des institutions
et député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission
des institutions qui a procédé à des
consultations particulières et tenu des auditions publiques le
25 novembre 2014, hier, sur le projet de loi n° 21, Loi concernant
principalement la mise en oeuvre d'ententes en matière de travail entre le
gouvernement du Québec et le Conseil Mohawk de Kahnawake, conformément
au mandat de l'Assemblée.
Le Président :
Alors, le rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, j'ai une pétition de la part de M. le député Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, il me fait plaisir de vous déposer l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 252 pétitionnaires.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que l'analyse coût-bénéfice
contenue dans le rapport de la firme AECOM, commandée par l'AMT, conclut que le système léger sur rail — SLR — serait le choix le plus judicieux en termes
d'efficacité et de coût à long terme;
«Considérant
que les 1 200 passages d'autobus actuels qui traversent Griffintown et
Ville-Marie en provenance de la Rive-Sud démontrent que ce mode de transport en
milieu urbain dense a atteint ses limites et crée des nuisances à la qualité de vie
de milliers de résidents tout en hypothéquant le redéveloppement du
centre-ville, du havre et des futures zones d'emploi;
«Considérant
que le SLR permettra de relier la Rive-Sud en plus de nouveaux secteurs
montréalais, dont L'Île-des-Soeurs et
Griffintown, à l'ensemble du réseau de transport collectif existant, selon les
principes [du] "Transit-Oriented Development" promus dans le Plan
métropolitain d'aménagement et de développement de la Communauté
métropolitaine de Montréal;
«Considérant
qu'il y a non seulement unanimité chez les maires et mairesses de la région de
Montréal depuis 20 ans autour du
SLR, mais que cette même unanimité règne chez tous les partis à l'Assemblée
nationale comme en fait foi la résolution adoptée le
27 novembre 2013;
«Considérant
que l'implantation du SLR contribuera à l'électrification des transports, une
action incontournable pour contrer le réchauffement climatique,
diminuant ainsi notre dépendance aux hydrocarbures;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de prendre position en faveur
d'un SLR comme mode de transport collectif sur le pont de remplacement
du pont Champlain.»
Je certifie, M. le
Président, que cet extrait est conforme de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc rendus
à la période de questions et de réponses orales. Et je cède la parole au chef
de l'opposition officielle.
Bédard :
Demain, M. le Président, nous présenterons une motion de censure pour que les
masques tombent. Tous les Québécois
ont en mémoire la promesse du premier ministre, qui s'est fait élire en
s'engageant, souvenez-vous, à annuler la hausse du tarif de garde de 2 $
qui avait été annoncée avant les élections. Je voudrais juste rappeler au
premier ministre qu'il a fait cette
promesse tout en répétant pendant toute la campagne électorale qu'il estimait
le déficit à 3 milliards, ce qui
est effectivement autour du résultat, que l'année financière... et ça, même
sept jours avant l'élection.
D'ailleurs,
lors du lancement de son cadre financier, à trois semaines du vote, il avait
dit : «On va atteindre nos objectifs,
on va remplir nos engagements.» «S'il faut faire encore plus d'efforts de
rationalisation, on le fera. On n'ira pas
demander aux contribuables de mettre la main dans leurs poches davantage.»
C'est incroyable, M. le Président, hein? Je le lis puis, même moi, je n'en reviens pas. Le premier ministre aura
sa photo sûrement dans le dictionnaire juste à côté du mot «cynisme»
s'il ne reconsidère pas sa décision, M. le Président.
La ministre et le premier ministre nous ont dit
que la proposition sur les tarifs de garde, c'était, à ce que j'ai compris, une proposition. Ce qu'on lui demande
aujourd'hui pour mettre fin au chaos, pour mettre fin au recul : Est-ce
qu'il peut renoncer à sa proposition et
revenir à un tarif égal pour tous les Québécois et toutes les familles
québécoises, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Alors, je ne veux pas
reprendre tout le contenu de la question de notre collègue, mais j'ai cru entendre «les masques tombent». Effectivement, il aurait fallu qu'ils tombassent avant, ces masques, puisqu'on
aurait alors su qu'il y avait 5,8 milliards de déficit pour l'année
en cours, 7,2 milliards pour l'année suivante.
Couillard : Et malheureusement je les entends nier l'évidence, mais je leur demande de relire le
rapport du Vérificateur général. S'ils ne veulent pas relire celui de M. Godbout et
de M. Montmarquette, qu'ils prennent au moins la peine de relire celui
du Vérificateur général. Voilà donc la situation dans laquelle nous nous
trouvons.
Nous avons également, à plusieurs reprises,
indiqué le fait que nous voulions protéger les personnes les plus vulnérables de la société, notamment
les familles à bas revenus. Et c'est là que le discours de l'opposition est en totale contradiction
avec les principes qu'ils disent représenter. C'est rendu qu'il faut faire le
travail de la gauche, M. le Président, ici. Parce que,
quand on fait... quand on met en place une contribution uniforme pour toutes
les familles, à 9 $, qui touche...
Couillard : J'entends «l'égalité
des chances». Égalité des chances à 50 000 $ par année, une famille?
De passer de 7 $ à 9 $, c'est l'égalité des chances, ça? Non.
Non. Non.
Couillard : Alors, ce que je
voudrais dire, en concluant, M. le Président, c'est que ce n'est pas de gaieté
de coeur qu'on pose ces gestes. Il
faut les poser pour être responsables devant le défi des finances publiques.
Mais il y a une chose que je vais
dire, je veux le répéter, ce que j'ai dit hier : C'est la dernière fois
qu'un gouvernement n'a pas révélé l'état des finances publiques avant
d'aller en élection. On va y voir très bientôt.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
On sait que la parole du candidat ne valait pas grand-chose. Je veux savoir si
la parole du premier ministre, elle, elle a une valeur.
Le premier
ministre a la mémoire courte. Dans son discours d'assermentation au Conseil des
ministres, le 23 avril, alors qu'il
était déjà au pouvoir, qu'il connaissait l'état des finances publiques, il a
demandé à la ministre de la Famille — et là
je vais le citer encore au mot : «Vous verrez à poursuivre le
développement des places en garderie et évitererez un choc tarifaire aux
familles de la classe moyenne, en optant pour une indexation des tarifs.»
Comment le premier ministre peut manquer deux
fois à sa parole, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le Président, contrairement à ceux qui nous ont précédés, qui ont laissé miroiter
pour les familles du Québec l'espoir
de nouvelles places non budgétées — parce
qu'il n'y avait plus d'argent dans la caisse, on le sait maintenant — il y aura, cette année, je suis heureux de le rappeler, le développement de 6 300 postes à contribution réduite... 6 300 places payées avec du vrai argent, pas de
l'argent imaginaire comme ce qu'on a eu dans le dernier exercice du gouvernement.
Maintenant,
je vais répéter, puis je suis content qu'on ait rappelé cette préoccupation
pour les familles de la classe moyenne et les familles à bas revenus. Je
ne peux pas... comment on peut vraiment se prétendre de gauche...
M. Couillard : ...mais la gauche, au
PQ, c'est dans l'opposition, pas au gouvernement.
Président : La question a été très bien posée. J'aimerais entendre la réponse. Et c'est bruyant quand le premier ministre répond. Je n'endurerais
pas que ce soit...
Président : Je
n'endurerais pas que ce soit bruyant quand c'est le chef de l'opposition qui
pose sa question. Je n'endure pas
plus que ce soit bruyant quand c'est le premier ministre qui répond.
Couillard : ...à l'ordre, M. le Président. Alors, la véritable justice sociale, le véritable progressiste, c'est
celui qui se donne les moyens de l'être et de protéger les gens à bas
revenus.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : ...c'est : Qui va le rappeler à l'ordre, M. le Président, lui? Le coq chante trois fois, M. le Président. Troisième recul. Comble du cynisme, dans une
petite ligne de son communiqué de
presse du 20 novembre, le premier ministre
annonce un arrêt du développement des places en services de garde à
contribution réduite, sauf celles qui sont en construction ou un contrat signé. C'est écrit noir sur blanc. Ça veut
dire que les 15 000 places sont arrêtées, mais, plus encore,
les trois quarts des 13 000 places de 2011 sont aussi arrêtées.
Comment un premier ministre peut manquer trois
fois à sa parole, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je n'en reviens pas non plus. Comment peut-on avoir le front de parler de
promesse de places pour lesquelles il n'y avait pas d'argent public de
réservé? Si c'était le cas...
Je vais leur
lancer un petit défi, d'expliquer à la population et aux parlementaires ici
aujourd'hui : Si effectivement il
y avait de l'argent, pourquoi n'ont-ils pas publié de cahiers de crédits dans
lesquels on aurait trouvé le financement de ces 15 000 places de
façon claire? La question, c'est la réponse, M. le Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Pas de
parole! M. le Président, les conseillers du ministère de la Famille sont en
train d'appeler aujourd'hui, là, depuis hier, les responsables de projets en
services de garde pour leur dire que leur projet ne se fera pas, hier puis aujourd'hui.
Le premier ministre ne l'a pas
dit, évidemment, là. À Montréal, 2 692
places ont été octroyées; on arrête les projets. À Laval, c'est tous les
projets qui sont bloqués.
Pourquoi le premier ministre manque-t-il trois
fois à sa parole, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je comprends qu'on a les questions écrites devant soi puis qu'on n'écoute pas
les réponses, là, mais je vais répéter
encore une fois que les espoirs donnés aux familles par le gouvernement
précédent sur les places, c'était du
vent, M. le Président, de la poudre aux yeux. Il n'y avait pas d'argent dans
les caisses de l'État identifié pour ça.
Nous, on
a dit clairement aux familles du Québec : Cette année, il y a
6 300 — la
vérité fait mal, M. le Président — ...
M. Couillard : ...il y a 6 300 places véritablement
budgétées qui vont être créées. Et je dirais que l'aveuglement, l'aveuglement du Parti québécois sur ce dossier-là
mettait en danger la pérennité de ce régime, que nous avons sauvé, M. le
Président.
Président : Principale, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Les dissensions au Parti libéral émergent de toutes parts. Le ministre de
la Santé a qualifié l'informatisation du
réseau — et je le cite — vendredi dernier, d'«échec retentissant dont
il sera difficile de se sortir», ajoutant
même que «le projet devrait être abandonné et restructuré». Il décrit le bilan
de son premier ministre qui, en 2006, avait lancé le Dossier santé
Québec et promis sa livraison pour 2010 à un coût de 547 millions de
dollars. On parle maintenant de coût de
1,6 milliard de dollars et de délais jusqu'en 2021. Pourtant, son premier
ministre, en 2007, martelait que
l'informatisation du dossier médical des Québécois n'entraînerait pas de
dépassement des coûts. En
2009, son collègue maintenant
ministre de l'Éducation répétait : Le projet suit son cours et nous sommes
dans nos balises budgétaires. Le lien de confiance est brisé.
Comment
le ministre va-t-il corriger la mauvaise gestion de son premier ministre et de
son collègue ministre de l'Éducation?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
...avez-vous fini, là?
Le Président :
Est-ce que ça vous intéresse d'entendre une réponse? Le temps passe.
Président : M. le député de Sanguinet, je ne vous apprends rien
en vous disant que le temps passe. Peut-être... La question a été posée
correctement, j'aimerais pouvoir entendre la réponse.
Barrette : M. le Président, la députée de Taillon nous pose une
question assez large. Elle me pose la question de savoir comment qu'on va corriger la situation, elle étend même sa
question au ministre de l'Éducation. Alors, je vais répondre d'une façon
aussi large, M. le Président.
Alors,
c'est vrai qu'il y a des choses à corriger, comme, évidemment, le déficit
budgétaire que le Parti québécois nous
a laissé. Et ça me fait rire beaucoup, M. le Président, parce que, cette
semaine, c'est ma première question, et j'ai entendu beaucoup de questions, et on a fait plusieurs réponses, et on
entend toujours l'opposition officielle s'époumoner lorsqu'on fait référence au déficit budgétaire.
Moi, M. le Président, là, à tous les soirs je me demande... Et j'aimerais être
dans le passé, dans le bureau et du chef de l'opposition officielle et du
député de Rousseau lorsqu'il était ministre des Finances, alors qu'ils savaient très bien qu'ils créaient un déficit
budgétaire parce qu'ils avaient des contrats, des ententes qui...
M. Barrette :
M. le Président...
Le Président :
Mme la leader de l'opposition.
Maltais : M. le Président, la députée de Taillon a posé une
question sur le fiasco libéral. On attend toujours un début de réponse
sur les problèmes...
Le Président :
M. le ministre de la...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : L'utilisation du recours à un appel au règlement
pour essayer de placer une ligne, M. le Président, pour essayer de passer un message n'est pas utile.
Il y a une question qui a été posée... Et je le souligne, M. le Président,
permettez-moi de le
faire parce que ce n'est pas la première occasion. Et je le fais, ma foi, pour
les oppositions qui ont le droit de
poser des questions et qui ont le droit à des réponses. Il serait préférable
qu'on laisse le ministre répondre à la question
posée, plutôt que d'inventer de nouveaux sobriquets. Ici, une question est
posée, qu'on y réponde. C'est ça, la démocratie, monsieur...
Le Président :
M. le ministre, veuillez terminer votre réponse, s'il vous plaît.
Le Président :
J'attends que le ministre réponde. C'est ça que j'ai demandé.
Barrette : Non, non, juste il y a 18 mois. Ce n'est pas en 1638, c'est
il y a 18 mois, M. le Président, alors qu'ils créaient... Les deux, là,
qui sont ici, M. le Président, créaient des arrérages et, donc, un déficit qui
nous a amenés là.
Pour ce qui est de
l'informatisation, compte tenu que...
M. Barrette :
On m'a fait perdre le...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, calendrier de réalisation du DSQ 2007‑2010,
où il devait être terminé, 2010, je
le dépose. Il déclarait d'ailleurs, en 2010, le ministre, que les ratés du
fameux dossier santé électronique étaient un autre exemple des problèmes de leadership du
gouvernement libéral. En 2012, il est allé jusqu'à dire que le Québec était la
risée du reste du Canada en matière
d'informatisation. C'est sérieux! Quand un Québécois arrive inconscient à
l'urgence, le DSQ, ça peut sauver une vie.
Qu'est-ce
que le ministre compte faire pour rattraper le retard informatique du Québec
maintenant que le président du Conseil du trésor...
Président : D'abord, est-ce qu'il y a consentement sur le
dépôt? Consentement sur le dépôt. Alors, le dépôt est fait. Sur la
question, M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je compte ne pas faire ce que mon
prédécesseur a fait lorsque le Parti québécois était au pouvoir. Et une des choses que je ne ferai pas, M. le
Président, c'est annoncer des choses qui ne se réaliseront pas telles qu'elles ont été annoncées. Je
rappellerai que le Parti québécois, M. le Président, lorsqu'il était au pouvoir,
en ce qui a trait au DSQ, avait
annoncé que le DSQ allait être fonctionnel et de façon imminente, M. le
Président, et évidemment, sous le gouvernement du Parti québécois, ça ne
s'est pas réalisé.
Nous avons
l'intention, M. le Président, d'apporter...
Président : Je pense qu'on a plusieurs places en garderie ici
aujourd'hui, là. M. le ministre, veuillez terminer, s'il vous plaît, sur
la question.
Barrette : Et j'ose espérer, M. le Président, que la collaboration du
Parti québécois sera meilleure dans ce dossier-là que dans le projet de
loi n° 10.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Bonaventure.
Roy : M. le Président, dans la même thématique, on nous
apprend, dans Le Journal de Québec de ce matin, qu'à la CSST il y a eu un appel d'offres
informatique de 5,5 millions où, selon certaines sources, nous pouvions
déjà prédire le gagnant. L'appel
d'offres était fait pour qu'une seule compagnie soumissionne; elle l'a fait et
devrait l'emporter si la soumission est conforme. La concurrence est
inexistante, les contribuables sont perdants, car les prix explosent.
Est-ce
que le ministre du Travail peut expliquer pourquoi de tels appels d'offres se
produisent encore dans un organisme sous sa responsabilité?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Hamad : Merci, M. le Président. Moi aussi, à la lecture du
même article, je partageais ces inquiétudes. Alors, nous avons communiqué avec la CSST pour comprendre
exactement le processus qui a été mis en place. Premièrement, c'est un appel d'offres pour répondre à
1,3 million d'appels, 5 600 postes. Alors, qu'est-ce que la CSST a
fait pour répondre aux normes et les critères les plus importants?
Premièrement,
il y a eu des commentaires des fournisseurs avant de préparer l'appel d'offres.
Deuxièmement, il y a eu un expert
indépendant pour préparer les clauses contractuelles. Troisièmement, il y a eu
un expert indépendant pour parler des
clauses techniques de l'appel d'offres. Quatrièmement, il y a un comité
juridique qui a vérifié l'ensemble des aspects juridiques de l'appel
d'offres...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
Cinquièmement, M. le Président, le comité de direction a approuvé l'appel
d'offres.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le chef du Parti libéral, durant la
campagne électorale, a écrit, dans son programme, et je
le cite : «[Les familles] éviteront [...] le choc tarifaire — donc, c'est le mot qu'il a utilisé — découlant de la décision du Parti
québécois de porter à [...] 9 $ les tarifs de garde.» C'est ce qu'il
disait, c'était un «choc tarifaire».
M. le Président, lors du discours d'ouverture le 21 mai dernier, donc un mois
et demi après avoir été élu, à un moment
solonel où il a sûrement, avant de prendre des engagements, pris connaissance
des finances publiques du Québec, il
a dit, et je le cite : «Nous poursuivrons le développement des services de
garde en mettant les familles de [la] classe moyenne ou à bas revenus à
l'abri d'un choc tarifaire.»
le Président, ça, c'était le 21 mai dernier. Qu'est-ce qui est arrivé entre le
21 mai et aujourd'hui? Quel est le vrai visage du premier ministre?
Est-ce qu'il peut au moins avouer qu'il a renié sa parole puis s'excuser?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je note que notre collègue est un peu plus réservé dans ses
propos aujourd'hui, puis je l'en félicite. Ça n'aidait pas, hier, la
façon dont il menait ce débat-là. Mais je vais...
M. Couillard : Il s'améliore. C'est ça, effectivement. Mais je vais répondre à sa
question. Effectivement, on a réussi à
épargner les gens à revenus moyens et bas, au Québec, du choc tarifaire, et
c'est ce qu'on voulait faire, et c'est ce que nous avons fait.
vais lui rappeler certains faits importants. 30 % des familles du Québec
restent à 7,30 $. À 50 000 $, 55 000 $ par année pour une famille, passer de 7 $ à
9 $, c'est très difficile. 60 % des familles du Québec restent en dessous
de 9 $ que leur annonçait le gouvernement précédent. Le revenu moyen des
familles est de 70 000 $. On a vraiment mis en place une politique, M. le Président, non seulement pour
avoir la pérennité, que le système de garde dure au Québec, qu'on puisse en
développer non seulement pour les enfants d'aujourd'hui, mais ceux de demain,
mais je suis fier de dire qu'on a épargné le choc tarifaire pour les
gens à revenus moyens et bas, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le 21 mai dernier, au moment où il
connaissait les finances publiques, la situation, il a pris l'engagement de ne pas créer de choc
tarifaire pour la classe moyenne. Une classe moyenne, là, qui gagne
50 000 $ par parent va payer 2 000 $ de plus, c'est
un choc tarifaire.
Est-ce qu'il peut au
moins avouer aux familles du Québec de la classe moyenne, là, qu'il a renié sa
parole?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Alors, je vais répéter qu'on a effectivement protégé les gens
particulièrement à bas revenus et la
partie à bas revenus de la classe
moyenne du choc tarifaire que leur réservaient nos prédécesseurs.
Maintenant,
ce que j'ai dit encore une fois, c'est que ces décisions, M. le Président, ne
sont pas faciles à prendre. Je note,
dans le ton des interventions de notre collègue, l'évidence que je crois qu'il
n'aurait pas eu le courage de procéder aux
changements nécessaires pour atteindre l'équilibre budgétaire; ça m'apparaît
très clair. Le courage s'est interrompu le jour de la chicane avec la
mascotte.
Maintenant,
ce que je veux également répéter, ce que je veux répéter, c'est que c'est la
dernière fois — puis je
pense qu'il devrait m'appuyer là-dessus — c'est la dernière fois qu'un gouvernement
est allé en élection sans donner le parfait portrait des finances
publiques.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
On va y voir très bientôt. J'espère qu'il va m'appuyer.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le 21 mai dernier, il connaissait
les finances publiques du Québec, il connaissait la situation. Il a promis aux familles de la classe moyenne qu'il n'y
aurait pas de choc tarifaire. Les Québécois ne sont pas dupes, M. le Président. Maintenant, ils voient
le vrai visage du premier ministre. Maintenant, ils voient que la parole
du premier ministre n'a plus de valeur.
Pourrait-il au moins
s'excuser auprès des Québécois de ne pas leur avoir dit la vérité au discours
inaugural?
Le Président :
M. le premier ministre. En vous demandant de faire attention, M. le chef...
M. Couillard : Alors, M. le Président, notre collègue se rapproche encore une fois de
l'exagération, qui traduit la vacuité des propos. Malheureusement, je
suis obligé de répéter ce que j'ai dit hier.
Alors,
je vais lui répéter parce qu'il ne semble pas avoir compris la réponse.
Effectivement, on a réussi, on a réussi, M. le Président — et je vais remercier tous mes collègues du caucus qui ont
participé, je suis très fier que chacun des députés ait eu l'occasion de participer à ce
débat-là — on a
réussi, tous ensemble, à épargner les gens à bas revenus et la
partie de
la classe moyenne à plus bas revenus de tout
choc tarifaire. À 55 000 $ par année pour une famille, 7 $ à
9 $, c'était trop.
Le Président :
Principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, pendant que les contribuables
sont fortement touchés par des hausses de taxes et tarifs et malgré les deux visages du Parti libéral en campagne
électorale et aujourd'hui, l'État continue de verser des bonis à ses
employés.
la Société des alcools du Québec, c'est 3,5 millions en bonis en 2013 et
38 millions depuis les cinq dernières années. Chez Loto-Québec, c'est 51 millions de dollars lors des
cinq dernières années. Chez
Hydro-Québec, la société d'État ne verse plus, depuis 2013, les primes
moyennes de 90 millions de dollars qui étaient auparavant versées à ses
employés, puisqu'elles ont été converties en salaires, maintenant des primes
déguisées.
président du Conseil du trésor a dit hier : Alors que tout le monde doit
faire sa part, pourquoi nous verserions des bonis aux cadres et aux
gestionnaires? Toutefois, il ne semble pas être en mesure de s'attaquer aux
bonis dans les sociétés d'État puisqu'il a
aussi dit, et je le cite : «Concernant les sociétés d'État, elles devront
identifier des mesures dont les
effets sont au moins comparables à ce qui est exigé [...] des ministères, des
organismes [...] et des cabinets ministériels.» Il y en a qui doivent
être pas mal «shakés» dans les sociétés d'État.
Dans
un contexte où le gouvernement n'hésite pas à piger dans les poches des
contribuables, comment le président du...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Je pense que mon collègue de la deuxième opposition n'a pas
tout écouté ce qu'on a annoncé hier. Ce
qu'on a annoncé hier aux Québécois, c'est que la pensée magique... Parce que la
deuxième opposition dit qu'elle est en
faveur du retour à l'équilibre budgétaire, mais, chaque fois qu'on fait des
propositions : Ah non! Non, nous, on ne joue pas dans ce film-là.
On veut l'équilibre budgétaire par magie.
Alors, qu'est ce que j'ai dit hier, M.
le Président? J'ai dit que la pensée magique ne suffira pas. Ça ne fonctionnait
pas avec le gouvernement précédent et ça ne
fonctionne pas aussi avec la façon de voir de la CAQ. J'ai dit hier que
l'appareil de tout l'État allait se serrer la ceinture. J'ai dit qu'on
allait rénover la maison, qu'on allait réduire les effectifs dans l'ensemble du
secteur public.
en ce qui concerne les bonis, eh bien, on les a resserrés complètement, 2014‑2015
et 2015‑2016, et ça inclut les
sociétés d'État, en fonction de leur réalité qui est propre. Alors, s'il vous
plaît, si vous êtes en faveur de l'équilibre budgétaire, bien vous
devriez nous appuyer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, si le président du Conseil du
trésor manque de pouvoir pour mettre au pas les sociétés d'État, on peut l'aider. Je le répète, c'est 51 millions
de dollars chez Loto-Québec. Il y a eu des pertes de 100 millions chez JoaGroupe. On a investi des millions de
dollars dans les casinos; c'est un échec. On a aussi donné énormément d'argent
à la Société des alcools du Québec.
Est-ce qu'il entend
mettre fin aux bonis dans les sociétés d'État qui gèrent des monopoles?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Écoutez, ce qu'il demande, là, ici sur les bonis, c'est
exactement ce qu'on a annoncé qu'on faisait, c'est ça. Alors, il faut écouter l'ensemble de l'annonce. C'est
intéressant de parler de retour à l'équilibre budgétaire, c'est intéressant d'y penser, c'est même intéressant,
semble-t-il, d'y rêver. Parce que ce que nous dit la deuxième opposition
ici, c'est qu'ils en rêvent, mais qu'ils sont contre toute mesure pour y
arriver.
Alors, nous, c'est du
sérieux. Chaque jour, chaque jour, M. le Président, on se lève en pensant...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Coiteux :
Chaque jour...
Président : M. le député de La Peltrie, je vous entends
bien. Vous avez une belle voix. Je vous entends bien.
Le Président :
Oui, oui, vous avez une belle voix. M. le ministre.
Coiteux : Chaque jour, M. le Président, quand on se lève pour
travailler au service de l'ensemble des Québécois, on pense à ces
7 milliards, le 7 milliards de dollars qui se serait ajouté à la
dette du Québec...
Le Président :
En terminant.
Coiteux : ...avec le plan du gouvernement précédent, qui était un
non-plan, par ailleurs, il n'y avait même pas de crédits.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : La
vérité, M. le Président, c'est que le ministre n'a pas de pouvoir pour
mettre au pas les sociétés d'État.
Chez Hydro-Québec, ça a été, en moyenne, 90 millions de dollars depuis 10 ans. Là, ce qu'on a fait? Bien, on a
pris des primes déguisées, on a augmenté le salaire de 4,2 %. C'est
ça qui est arrivé.
Alors,
je répète ma question fort simple : Est-ce qu'il entend mettre fin aux
bonis des sociétés d'État qui gèrent des monopoles?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Coiteux : Alors, on parle de
pouvoir ici, et je pense que la...
Coiteux : Écoutez un peu les réponses, s'il vous plaît! Un peu
d'éducation! Un peu de sens civique parlementaire! Les Québécois nous regardent, M. le Président, les
Québécois veulent qu'on travaille ensemble pour retourner à l'équilibre
budgétaire.
Et il y a un projet
de loi, qui s'appelle le projet de loi n° 15, dont on est en train de
discuter actuellement en commission
parlementaire et, avec la collaboration de tout le monde, on pourrait l'adopter
rapidement. Ça vise à faire quoi
justement? Ça vise à étendre les pouvoirs du Conseil du trésor à l'ensemble des
réseaux pour connaître, suivre et contrôler les effectifs.
Le Président :
Principale, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, les histoires se suivent et se
ressemblent dans le dossier informatique au gouvernement.
On apprend effectivement, ce matin, qu'en septembre dernier la CSST a fait un
appel d'offres de 5,5 millions dont
les conditions avantageaient clairement
Telus. Comme dans beaucoup d'autres contrats informatiques, ces conditions
étaient tellement spécifiques qu'on
pouvait déterminer le gagnant bien à l'avance. Cette façon de faire ne favorise
ni la libre concurrence ni les économies
d'argent. Ce matin, plusieurs acteurs de l'industrie se disent
découragés et voient comme une perte de temps de soumissionner sur ce
genre de contrat.
Alors,
est-ce que le président du Conseil du trésor va demander
des comptes à la CSST pour cet appel
d'offres dont les dés semblent piqués
et va-t-il demander à l'organisme de
refaire ses devoirs et de retourner en appel d'offres, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Hamad : Alors, M. le Président, c'est à peu près la même
réponse, mais j'ai plus de temps de lui répondre. Quand j'ai lu l'article, M. le Président, je partageais
la même inquiétude que le deuxième député ici, M. le Président. Nous avons demandé à la CSST de nous donner exactement
les démarches suivies pour aller en appel d'offres. Les démarches sont
les suivantes selon la CSST. Premièrement, ils ont consulté tous les
fournisseurs potentiels pour préparer l'appel d'offres.
Deuxièmement, ils ont nommé un expert indépendant pour la
partie contractuelle.
Troisièmement, ils ont nommé un
expert indépendant pour la
partie technologique. Quatrièmement, il y a eu un comité...
le service juridique, ils ont vérifié la
partie juridique de l'appel d'offres. Et, à la fin, M. le Président, il y a un
comité du conseil paritaire de la CSST, les syndicats et les patronats,
et il y a un comité technologie qui ont approuvé l'appel d'offres.
Maintenant, M. le
Président, en plus je peux ajouter aussi que les résultats de l'appel d'offres
actuellement, c'est à peu près 12 % à
15 % de moins que les coûts estimés des travaux à faire. Actuellement, la
CSST est en train de valider la
conformité de l'appel d'offres, et, selon l'information que j'ai obtenue de la
CSST, ils ont suivi les démarches.
Le Président :
En terminant.
Hamad : Maintenant, M. le Président, on ne pouvait pas
obliger le monde de soumissionner. Ce que nous avons actuellement, nous
sommes en train de vérifier...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, dès le lancement de l'appel d'offres, il
était possible de prévoir que Telus le remporterait. Les conditions
demandées par la CSST favorisaient clairement cette entreprise. Alors, le
président du Conseil du trésor doit condamner
vivement ce genre de pratique et demander à la CSST de retourner en appel
d'offres.
Enfin, le président
du Conseil du trésor, M. le Président, peut-il nous assurer qu'il n'y a pas de
copinage avec quelque fournisseur technologique de l'État qui soit?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Hamad : Je
pense que ça prend un moindre effort
d'écouter la réponse. Je vais la répéter. M. le Président, il y a
eu un expert dans la
partie contractuelle... indépendant qui a évalué la
partie
contractuelle, un autre expert dans la
partie technologique. Après ça, les services
juridiques, ils ont validé les aspects légaux de l'appel d'offres. Le comité du conseil d'administration, qui est composé des
partie patronale et
partie
syndicale, ils ont approuvé l'appel
d'offres. Il y a eu des discussions avec les fournisseurs. La durée
de l'appel d'offres a pris 88 jours, avec 16 addendas pour
répondre à des questions des soumissionnaires, et, finalement, ils ont
eu une soumission...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...qui correspond à peu près à 15 % de moins que les valeurs estimées.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, ça va prendre un comité pour revoir tous
ces comités-là. En fait, il y a deux ans, le Vérificateur général avait fait rapport sur les contrats
informatiques en dénonçant le manque flagrant de concurrence. Il recommandait — et je cite — de «s'assurer que la sollicitation favorise
le libre jeu de la concurrence». Alors, force est de constater que peu
de choses ont changé depuis, l'histoire se répète, le problème est généralisé.
Alors,
combien de temps encore ce gouvernement va-t-il résister avant de déclencher
une commission d'enquête, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre du Travail.
Hamad : M. le Président, ce n'est pas parce que la question est écrite par une recherchiste qu'il faut la
répéter. M. le Président, il
faut comprendre la réponse. La
réponse est simple : Il y a un expert dans les technologies qui a donné
son opinion. Il y a un
expert dans l'aspect contractuel, il a travaillé dans l'appel d'offres. Le service juridique, il a validé le côté légal. À la fin, M. le
Président, il y a
un comité du conseil paritaire, les syndicats et les patronats, il y a
un comité qui a regardé puis approuvé
l'appel d'offres. Ils sont allés en appel d'offres, ça a pris
88 jours. Ils ont invité tout le
monde, ils ont fait 16 addendas
pour répondre aux questions des soumissionnaires. Il y a
eu un soumissionnaire. Cependant, le prix du soumissionnaire...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...c'est 15 % de moins que l'estimait la CSST.
Le Président :
Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. La semaine passée, le
ministre de l'Environnement a fixé sept conditions sur le projet d'Énergie Est. Une de ces
conditions, c'est d'avoir un BAPE sur l'ensemble du projet et de faire une
évaluation de la contribution globale
aux émissions de GES, mais le gouvernement fédéral a dit très clairement que lui ne se sentirait pas lié par le BAPE fait au Québec. Donc, sans
surprise, encore une fois, le gouvernement
fédéral fait très peu de cas de la
situation ou de la position du Québec. Mais
il reste un flou, M. le Président, c'est la volonté réelle de ce gouvernement de défendre le Québec dans le
dossier. Il faut que le gouvernement mette ses divisions de côté pour que,
finalement, le Québec ait le dernier mot.
Quand
le ministre dit qu'il veut assumer ses compétences en environnement, ça veut
dire quoi au juste? Est-ce que ça signifie le pouvoir de dire non? Qui,
en bout de ligne, M. le Président, aura le dernier mot? Est-ce que c'est le
gouvernement fédéral ou le gouvernement du Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. En effet, nous avons, le
18 novembre dernier, envoyé une lettre au président et chef de la direction de TransCanada pour lui
présenter nos sept conditions qui guideront les choix du gouvernement sur le projet TransCanada, mais, depuis ce
temps-là, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'il s'est passé quand même
quelques événements majeurs, depuis que le
Québec a indiqué clairement son leadership dans ce dossier. Depuis, il y a
eu une entente historique entre l'Ontario et
le Québec qui a été annoncée vendredi dernier à Toronto, où ces conditions-là
ont été reprises comme principes communs
pour l'ensemble du Canada central. Donc, l'Ontario et le Québec, 60 % de
la population canadienne, 54 % de
l'économie du Canada, partagent les mêmes principes en matière d'oléoduc.
Ensuite de ça,
l'Alberta, le Nouveau-Brunswick ont également dit, affirmé clairement qu'ils ne
voyaient aucun problème avec le fait que nous imposions les conditions
que nous avons imposées.
Donc,
M. le Président, il faut lire de façon très sérieuse l'ensemble des conditions
que nous avons imposées. Et, de plus, il faut lire l'ensemble de la
lettre que j'ai envoyée le 18 novembre...
Le Président :
En terminant.
Heurtel : ...où on dit clairement que le BAPE va affirmer clairement
les compétences du Québec en matière...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : M. le Président, peut-être que le ministre ne s'en est
pas aperçu, là, mais c'est au Québec qu'on est, là, ce n'est pas en Ontario, ce
n'est pas en Saskatchewan, ce n'est pas au Nouveau-Brunswick. Il y a un
sondage, le 21 novembre dernier, qui démontre... un sondage SOM qui
démontre que 87 %, 87 % des Québécois croient que c'est au Québec,
c'est au Québec de décider sur le
projet d'Énergie Est. Assumer ses compétences, M. le Président, ce n'est
pas s'en tenir strictement au BAPE.
Alors, en bout de
ligne, qui aura le dernier mot? Est-ce que c'est le fédéral ou le Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, je vais rappeler au député de Jonquière...
et je vais citer un extrait de la lettre que j'ai déposée la semaine dernière à cette Assemblée : «Quant à la
portion québécoise de l'oléoduc, elle est assujettie à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement en vertu de l'article 2, paragraphe j, du Règlement
sur l'évaluation et l'examen des impacts sur
l'environnement. Il est dans votre intérêt de respecter la volonté des Québécoises et Québécois de faire la lumière sur
l'ensemble de la portion québécoise du projet en déposant sans délai, au
[ministère], l'étude d'impact sur l'environnement...»
Qu'est-ce
que le député de Jonquière ne comprend pas, M. le Président? Le Québec va
affirmer clairement ses compétences en matière environnementale sur
l'ensemble de la portion québécoise du projet.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville :
M. le Président, le premier ministre déclarait hier : «Le Québec, comme
d'autres provinces, est bénéficiaire
de la richesse générée dans l'ouest du pays, notamment avec l'exploitation du
pétrole. [...]ce pétrole va devoir se déplacer
d'une façon ou d'une autre...» Et, dans une autre réponse, le premier ministre
a ajouté : «Le projet de pipeline va se réaliser», M. le
Président. Le gouvernement libéral, c'est clair, est pour le pipeline de
TransCanada, mais les Québécois n'en veulent pas.
Péréquation ou pas,
office canadien de l'énergie ou pas, est-ce que le gouvernement libéral
reconnaît que le territoire québécois...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : On pourrait commencer par s'étonner que le Parti
québécois, maintenant, semble avoir une position bien différente de celle qu'il avait lorsqu'il était question de Kildair
ou bien d'Anticosti. Ils sont vraiment dans une autre zone.
Mais,
ceci étant, les changements climatiques, ce n'est pas juste au Québec, ce n'est
pas juste au Canada, c'est dans le
monde. On a la capacité d'intervenir plus largement. Lorsque mon collègue parle
de l'entente avec l'Ontario, lorsqu'il cite le fait que le Nouveau-Brunswick et l'Alberta appuient ces principes,
lorsqu'on sait que la Colombie-Britannique — dont vous parliez, mais vous ne parlez plus — avait déjà commencé à appliquer ces principes,
ce qu'on est en train de voir, c'est
que près de 88 % de la population canadienne représentée par ces
gouvernements ont la même idée que nous. Alors, si on fait front commun,
on va être à l'avantage pour les changements climatiques.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
L'annonce des fusions des commissions scolaires s'est faite, comme le reste des
dossiers abordés par ce gouvernement
cet automne, dans le flou, la confusion et la dissension. De la dissension, il
y en a notamment dans le Conseil des ministres. Hier, le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs a affirmé qu'il s'opposait au regroupement des commissions scolaires dans sa région. Dans une vidéo de Courrier
Frontenac , le journal de sa région, datant de la campagne électorale, on entend le ministre dire
mot pour mot : «...je tiens à vous mentionner immédiatement que je vais
m'opposer farouchement et férocement à toute fusion forcée [de la commission
scolaire]...»
Maintenant
que son gouvernement veut faire exactement ce à quoi s'oppose le ministre,
qu'est-ce qu'il va faire? Va-t-il
faire le bon garçon libéral, se taire et renier son engagement solennel auprès
de ses électeurs de Lotbinière-Frontenac?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, avant de penser à du
découpage géographique, il faut penser au bien de l'élève, à la réussite scolaire, puis j'aurais apprécié peut-être une
question sur la réussite scolaire — pour nous, c'est la priorité — peut-être
aussi une question sur la valorisation des enseignants, qui est aussi une
priorité, et également l'organisation au
niveau de la classe, de l'école où c'est à cet endroit que ça se passe par
rapport à la réussite scolaire. M. le Président, notre priorité va être
la réussite scolaire.
J'ai une question à poser à la députée de
Pointe-aux-Trembles.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, j'ai une question à poser à
la députée de Pointe-aux-Trembles. Ils ont voulu faire la fusion des
commissions scolaires, ils se sont positionnés pour les fusions des commissions
scolaires. Aujourd'hui, est-ce qu'elle est
d'accord pour qu'on fasse des fusions scolaires qui vont, justement, répondre
aux besoins de réussite de nos jeunes?
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Je veux bien
croire, M. le Président, que le ministre veut faire de la diversion — le
ministre de l'Éducation — mais
ma question est au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Va-t-il accorder plus d'importance aux électeurs
de sa circonscription ou à sa famille libérale? Va-t-il se tenir debout ou va-t-il se taire en bredouillant des
excuses? Qu'est-ce qui est le plus important pour le ministre des Forêts?
Est-ce que c'est ses citoyens ou le Parti libéral?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Premièrement, M. le Président, dans notre parti, on peut discuter. On a déposé
un document de travail, chacun peut donner son opinion. J'ai d'ailleurs
rencontré mon collègue, et on a fait des discussions. Ce que l'on veut, lui et moi, et tout le caucus
libéral, c'est la réussite scolaire, et on veut également diminuer la bureaucratie. Et tous sont conscients, en faisant des fusions logiques et
intelligentes, on peut diminuer la bureaucratie.
D'ailleurs, on est en consultations,
c'est un document de travail. J'invite les gens à donner leur opinion, mais je
dois vous avouer que, jusqu'à date, 90 %, 95 % des
propositions, d'après moi, sont très acceptables.
Le Président : Principale, M.
le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, la semaine dernière, nous avons demandé au
ministre de l'Éducation comment il pensait
donner plus d'autonomie aux écoles en fusionnant les commissions scolaires.
Nous n'avons pas eu de réponse compréhensible
à cette question. Nous lui avons aussi demandé combien d'argent les fusions de
commissions scolaires permettraient
d'économiser. Là encore, ce n'est pas clair. Je vous rappelle, les dernières
fusions de commissions scolaires ont
engendré des coûts, pas des économies. Même son collègue le ministre des
Forêts, de la Faune et des Parcs s'oppose clairement aux fusions de
commissions scolaires, et je vais le citer à nouveau : «...je vais
m'opposer farouchement et férocement à toute
fusion forcée des commissions scolaires...» Voilà ce qu'il a dit. Dans La Presse
ce matin, la journaliste Mme Pascale Breton qualifie les fusions de
coûteuses et inutiles.
Comment le
ministre de l'Éducation pense-t-il rassurer et rallier les Québécois à sa
réforme de fusions forcées et improvisées si, à l'intérieur même de son
caucus, les ministres contestent sa démarche?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, je répéterais le message de
mon collègue : La CAQ, ils ont des idées, mais, quand arrive le temps d'agir, ils ne sont pas là. On veut réformer
nos commissions scolaires, on veut travailler, on veut décentraliser. Je vais vous donner un exemple,
M. le Président. J'étais au Saguenay—Lac-Saint-Jean cette semaine puis j'ai eu l'occasion de rencontrer des
commissions scolaires du Lac-Saint-Jean, celle de Saint-Félicien puis également
celle d'Alma, et ils m'ont dit qu'eux, ils
pratiquent le fonctionnement au niveau de la classe, de l'école, et ça
fonctionne. D'ailleurs, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, la couverture pour les
regroupements des commissions scolaires est très positive. Pourquoi? Parce qu'ils ne s'attaquent pas à la
grosseur de la commission scolaire, ils ont mis leur intérêt directement au
niveau de l'enseignant, au niveau de la
classe et au niveau de l'école. C'est ça, le modèle qu'on veut. Et, en même
temps, on va économiser au niveau de la bureaucratie.
La CAQ, ils ont des idées, mais, quand arrive le temps d'agir, ils ne sont
jamais là.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, je pense que, quand le premier
ministre parle de la vacuité des
propos, il devrait regarder dans sa
cour, tout près de lui. Le ministre
de la Forêt, de la Faune et des Parcs
a même dit qu'il était prêt à se battre
pour défendre ce qu'il appelle l'identité scolaire. Il en a rajouté hier en
disant : «Je suis pour le maintien de l'intégralité des
territoires.» C'est très clair.
Quelle
crédibilité le ministre de
l'Éducation peut-il avoir dans la population
quand, au sein même de son caucus, on refuse ces fusions forcées et
improvisées?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, lorsqu'on dépose un document de travail, c'est normal qu'on reçoive
des suggestions, c'est normal qu'on en fasse une discussion. On sait qu'il y a
d'autres partis que c'est beaucoup plus l'imposition
dans les idées, tandis que nous, du Parti
libéral, on est capables de discuter et on est capables de s'entendre.
Il y a une
chose, par contre, M. le Président, au niveau du Parti libéral, par contre, il
y a une position qu'on prend. Une fois qu'on s'est entendus puis qu'on a
fait le consensus, la totalité du caucus est en arrière de la décision.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, le ministre parle de document de travail,
mais la vérité, là, c'est un scénario broche à foin qu'on a devant nous. Dans mon comté, les élèves de secondaire 4
et 5, je ne sais pas à quoi on s'attend, s'ils vont décrocher, là, mais, avec le redécoupage, ils ne
peuvent même pas poursuivre leur éducation. Le secondaire 1, 2, 3, c'est
dans une commission scolaire, 4 et 5, c'est dans une autre commission scolaire.
La commission scolaire dit : Il va
falloir bâtir une nouvelle école avec ce que propose le ministre. Clairement,
le ministre n'est pas l'homme de la situation.
Quand le premier ministre va-t-il prendre la
décision qui s'impose?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Bien, M. le Président, je comprends que le
député, sa seule phrase, c'est toujours de dire : Bien, pourquoi est-ce qu'on ne le remplace pas? Pourquoi
est-ce qu'on ne le remplace pas? Mais je vais lui répondre...
Bolduc
(Jean-Talon) :
...je vais lui répondre, M. le Président...
Bolduc
(Jean-Talon) :
M. le Président...
Le Président : M. le
ministre.
Bolduc
(Jean-Talon) : Je vais lui répondre : Qu'il prenne le
temps de regarder les suggestions. Comme je lui ai dit, l'ensemble de
l'oeuvre va probablement être accepté, mais nous acceptons qu'il y ait des
discussions. Mais j'aimerais
que le député revienne à la base. C'est quoi, les critères pour la réussite, au
niveau de l'élève? Comment peut-on avoir
une école qui fonctionne mieux? Comment peut-on mieux organiser les services?
Et également comment peut-on diminuer les coûts en diminuant non pas les
services à l'élève, mais la bureaucratie?
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci, M. le Président. Nous allons, dans quelques
minutes, débattre d'une motion sur l'avenir de Radio-Canada en demandant au gouvernement fédéral de cesser les
compressions dramatiques imposées au diffuseur public qui mettent en péril autant la production culturelle que, bien
sûr, l'accès à de l'information de qualité localement, nationalement, internationalement,
en français, partout au Québec, dans toutes les régions du Québec, sans
oublier, bien sûr, tous les emplois qui sont
en jeu. Nous espérons que nous saurons tous parler d'une voix forte et unie
pour que l'Assemblée nationale, pour
que le Québec envoie un message clair au gouvernement fédéral quant au
caractère inadmissible de ces compressions.
Maintenant
que la ministre de la Culture et des Communications, par sa présence au point
de presse de ce matin, s'est associée au mouvement — et on la remercie — peut-elle nous dire quels gestes concrets
elle a posés à ce jour, quelle démarche
concrète elle a faite auprès de son homologue fédérale pour obtenir des
résultats tangibles et répondre aux milliers de voix qui se sont
exprimées au Québec?
Le Président :
Mme la ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, M. le Président, je suis vraiment
enchantée de la question de la collègue
députée de Joliette parce que, justement, nous étions ensemble ce matin. Non
seulement nous étions ensemble ce matin, mais nous sommes, avec mon
collègue le ministre au Secrétariat aux Affaires intergouvernementales, nous sommes au travail depuis plusieurs mois pour
sensibiliser, justement, le gouvernement fédéral à l'importance de cette
institution extraordinaire que représente Radio-Canada, que ça soit pour
la francophonie au Québec, que pour la francophonie
dans l'ensemble du Canada. Nous étions en réunion à Toronto, et mon collègue a
eu l'occasion, justement, de faire
vraiment une prestation extraordinaire pour la protection de la langue
française partout au Canada et au Québec aussi.
Donc,
je remercie la collègue de me poser la question parce que Radio-Canada est
vraiment un vecteur de culture, de création, d'innovation extrêmement
important, d'information, et partout dans les régions du Québec. Alors, merci
beaucoup, M. le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes
reportés, nous allons passer à la rubrique
des motions sans préavis. Et, en
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je suis prête à reconnaître un membre du groupe
formant l'opposition officielle, et je cède la parole à M. le député de
Verchères.
Bergeron : Mme la Présidente, je sollicite le consentement
des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la
députée de Montarville et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle au premier ministre et chef du Parti libéral du Québec son
mot d'ordre adressé à l'ensemble des anciens
et actuels ministres, députés, dirigeants et employés du Parti libéral du
Québec selon lequel ils doivent collaborer aux enquêtes de l'UPAC.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
député. Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Il y a une autre motion qui s'en vient sur le
même sujet. Pas de consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Mme la leader de l'opposition officielle.
Maltais : Mme la Présidente, l'autre motion est différente,
elle s'adresse à tous les Québécois, alors que ce sont les libéraux qui
sont filés actuellement et qui sont...
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Merci. Alors, il n'y a pas de consentement. Et nous
allons passer à la prochaine motion sans
préavis, et je suis prête à reconnaître un membre du deuxième groupe
d'opposition. M. le député de Groulx, la parole est à vous.
Surprenant : Mme la Présidente, je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des nombreuses dérives financières dans les
projets de développement et de gestion informatique, de technologie, et
de communication des ministères et organismes du gouvernement;
«Qu'elle
reconnaisse qu'il s'agit d'un problème grave et persistant dont l'ampleur exige
de prendre des mesures fortes afin d'en identifier les sources et de
trouver les solutions appropriées;
«Qu'elle
demande au gouvernement de déclencher dans les plus brefs délais une commission
d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans
l'industrie des technologies de l'information et des communications.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Groulx.
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Nous allons passer à la prochaine motion sans préavis. Je suis prête à reconnaître un membre formant le
gouvernement. Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Verchères et la députée de Montarville :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle aux Québécois et Québécoises l'importance de
transmettre les informations qu'ils possèdent aux autorités et de
collaborer aux enquêtes de l'UPAC.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup. Cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, pour la
prochaine motion sans préavis, je vais reconnaître Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec la ministre de la Culture et des Communications, la députée
de Joliette et la députée d'Iberville. Et
j'aimerais, bien sûr, souligner la présence de Mme Isabelle Montpetit,
présidente de... Syndicat des communications Radio-Canada, Jacques Létourneau, président de la CSN, et M. et Mme
Pierre Roger et Pascale St-Onge, de la Fédération nationale des
communications qui sont là-bas.
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse le rôle essentiel de la Société Radio-Canada en matière
d'information, de contenu culturel et de divertissement destinés aux
francophones du Québec et aux 2,6 millions de francophones et francophiles
hors Québec;
«Que l'Assemblée
nationale affirme que les compressions effectuées dans les services en français
de la Société Radio-Canada suscitent une grande inquiétude au Québec et
à travers le Canada;
«Que l'Assemblée nationale réitère la pertinence
d'un diffuseur public francophone fort et l'importance de l'information
régionale;
«Que
l'Assemblée nationale presse le gouvernement fédéral d'appuyer la Société
Radio-Canada dans la réalisation de son mandat et de lui fournir les
moyens nécessaires afin qu'elle puisse respecter ses obligations en vertu des
lois fédérales.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui,
madame...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Monsieur le...
Sklavounos :
Oui, Mme la Présidente, il y a un consentement pour le débat. Deux minutes par
intervenant, à commencer par la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la députée de Joliette, suivie de la députée d'Iberville et, finalement,
notre ministre de la Culture et des Communications.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le leader
adjoint. Je vais maintenant vous céder la parole, Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Alors, je me réjouis vraiment de
l'appui de mes collègues à cette motion parce qu'ensemble on envoie clairement un signal au premier ministre et
au P.D.G. de Radio-Canada, M. Hubert Lacroix, à l'effet que, les coupes annoncées, on n'en veut pas parce qu'elles
accélèrent le démantèlement de notre télévision publique, de notre radio publique, et que ce
démantèlement-là transforme lentement cette télé publique vers une télé d'État
qui se met parfois de plus en plus au service du pouvoir à Ottawa, et
ça, ça nous rappelle d'anciens régimes passés date et inacceptables en
démocratie du XXIe siècle.
Ce nouvel
appui de Québec à Radio-Canada, CBC, arrive à un moment crucial
où la population se mobilise de plus en plus pour défendre ici notre production, notre
diffusion publique. À l'instar des 25 000
qui ont manifesté à Montréal et
plusieurs milliers d'autres ici même, à Québec, et à travers le Québec le
16 novembre dernier, j'invite donc Ottawa à répondre favorablement à notre demande, des parlementaires, et à celle
de la CSN et de Radio-Canada de surseoir aux mises à pied.
Il faut des journalistes pour faire du journalisme, des présentateurs et
présentatrices pour informer, vulgariser. Il faut des réalisatrices, des monteurs, des artistes de son, des
animateurs, des comédiens et comédiennes pour nous offrir des émissions bien de chez nous qui expriment
notre culture en français. Le gouvernement prétend réaliser des économies
en coupant les budgets de Radio-Canada. C'est une culture qu'il déstructure. Dans les faits, des économies, à
elle seule, l'émission Enquête
a permis d'en économiser plusieurs dizaines de milliers uniquement
en dévoilant les stratagèmes de corruption.
J'invite donc
la population et mes collègues de
l'Assemblée à faire un geste de plus et à signer la pétition pour un moratoire sur les compressions et une
commission parlementaire sur l'avenir du diffuseur public. Et je remercie
encore sincèrement, au nom de nos amis et alliés, mes collègues de l'Assemblée
nationale.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Et je vais maintenant céder la parole à Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, à mon tour, je suis très heureuse d'appuyer,
au nom de l'opposition officielle,
cette motion, cette motion qui est très importante parce qu'aujourd'hui nous
parlons d'une seule voix, une voix unie,
une voix forte, celle de l'Assemblée nationale, mais à travers nous, bien sûr,
celle du Québec qui veut se tenir debout face à ces compressions dramatiques pour l'avenir du diffuseur public.
Dramatiques pourquoi? Parce que,
d'une part, c'est la production culturelle qui est mise en péril, c'est le travail de nos
artistes et de nos artisans, mais c'est aussi, comme on l'a déjà mentionné, mettre en péril la qualité de
l'accès à une information diversifiée, une information publique de
qualité en français. Qu'elle soit
locale, régionale, nationale ou internationale, on sait tous à quel point
l'accès à cette information-là est
fondamental en démocratie, à quel point c'est un pilier de pouvoir avoir des
citoyens informés pour être capable de débattre
correctement. Et il y a, par les temps qui courent, de nombreux débats,
donc nous avons besoin de cette information
de qualité partout au Québec, partout, dans toutes les régions du Québec.
Déjà, ces
compressions dramatiques sans précédent se font sentir : des pertes
d'emploi, des pertes d'accès à de l'information en région notamment. On a même vu jusqu'au
costumier qui est mis de côté par le diffuseur public, alors que c'est un symbole d'énormément d'années de
patrimoine, de culture au Québec. Alors, c'est rendu très loin, et aujourd'hui c'est important qu'on se fasse ici, à l'Assemblée nationale, le
relais de ces milliers de voix qui se sont fait entendre il y a une dizaine de jours à Montréal,
mais partout au Québec en soutien aux gens de Radio-Canada, aux gens dont les emplois
sont directement touchés, mais surtout en soutien à ce diffuseur
public, à ce pilier, donc, pour le rayonnement
du Québec, des francophones du Québec.
Et donc je suis heureuse qu'on puisse se faire le relais de ces milliers de
voix et envoyer un message clair au gouvernement
fédéral, que j'invite ma collègue de
la Culture et des Communications à
porter haut et fort et à demander clairement au gouvernement
fédéral de faire marche arrière, et
de réduire, et d'annuler ces compressions qui, déjà, ont des impacts
majeurs. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée de Joliette.
Et je cède maintenant la
parole à Mme la députée d'Iberville.
Samson : Merci, Mme la Présidente. Mes collègues et les différentes formations politiques reconnaissent que Radio-Canada, c'est un joyau. C'est notre diffuseur public et
qui est un agent d'expression culturelle du Québec et des
francophones ailleurs au Canada. C'est un diffuseur qui produit un contenu
d'une très haute qualité, reconnu mondialement,
et nous pouvons en être fiers. Il est indéniable que Radio-Canada, au fil des ans et des décennies, a énormément contribué au
dynamisme de notre culture, de son expression et à son succès. C'est une situation
qui est unique au Canada.
C'est également
la société qui joue un rôle clé au niveau
de l'information internationale, en assurant la majeure
partie de la
couverture étrangère à laquelle nous avons accès.
C'est aussi
une institution importante et fondamentale en
matière d'information régionale, secteur déjà fragilisé par le désistement ou la fermeture en région de
d'autres diffuseurs privés. Les ressources doivent être conservées afin
que Radio-Canada puisse continuer à diffuser une information locale de qualité.
C'est vital pour le développement et l'épanouissement des régions.
Il est
vraiment dommage que Radio-Canada soit si dépendante et vulnérable aux revenus
d'une seule propriété sportive. La
perte de la diffusion du hockey, entre autres, à la CBC, a créé un manque à
gagner excessivement important dont on voit les conséquences
aujourd'hui.
Nous croyons
qu'il serait sage que le gouvernement
fédéral demeure attentif aux besoins
de Radio-Canada et lui alloue
les ressources nécessaires pour assurer sa pérennité. Mais le gouvernement doit également lui allouer les ressources pour assurer son développement, son
épanouissement et lui permettre d'assumer ses mandats en termes de couverture régionale et internationale ainsi que le rayonnement de la culture francophone. Nous croyons également
très fermement, comme le demande le
mouvement Tous amis de Radio-Canada,
qu'il est grand temps que le gouvernement fédéral tienne une commission
parlementaire publique sur l'avenir de notre radiodiffuseur pour se pencher sur
son financement, sa gouvernance et sa mission. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée
d'Iberville. Et, toujours sur cette motion, je cède maintenant la parole
à Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme David
(Outremont) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis extrêmement
heureuse de m'associer à mes collègues pour parler de Radio-Canada, pour
parler de l'importance de Radio-Canada dans notre société.
Radio-Canada
nous a, tous et toutes, passablement bâtis à travers les années, ce que nous
sommes, la francophonie que nous
portons fièrement ici, au Québec et à travers le Canada. La langue et la
culture francophone, c'est ça, Radio-Canada. Radio-Canada, c'est un moteur central historique, national de la culture
francophone, c'est un vecteur de création, c'est un vecteur d'innovation en langue française. Radio-Canada, c'est une
présence absolument fondamentale pour la présence et la consolidation du fait français d'un océan à
l'autre. C'est une présence partout en région, on l'a souligné, l'importance
de Radio-Canada en région, on ne le dira
jamais assez. C'est aussi, évidemment, la qualité de l'information en français,
une information qui provient, est-il
nécessaire de le souligner, de partout au monde, et ce n'est pas nécessairement
le cas de tous les diffuseurs d'information.
Je pense
que la mobilisation de la population québécoise démontre l'importance du télédiffuseur
et du radiodiffuseur pour les Québécois de tous les horizons. Qu'il
suffise de rappeler, comme exemple extrêmement récent, la mise en nomination, aux Emmy Awards — je
le dis en anglais puisque c'est un événement américain — de
deux séries diffusées sur les ondes
de Radio-Canada, soit la série 30 vies ainsi que Unité
9 , et particulièrement un acteur que nous aimons tous énormément, Claude Legault, ce qui est vraiment tout à l'honneur de la production et des artisans
québécois. Ces deux séries figuraient au centre de productions parmi les plus prestigieuses au
monde. Et, même s'ils n'ont pas obtenu le grand honneur,
nous sommes extrêmement fiers qu'ils aient été mis en nomination.
On doit dire, c'est ça aussi, Radio-Canada. Et Radio-Canada,
c'est aussi... évidemment, ce sont les émissions scientifiques, les documentaires,
RDI, et j'en passe. Il est vraiment nécessaire et important de sensibiliser le gouvernement fédéral quant à son mandat essentiel de protection de l'information, de protection de la langue, de la
culture et de la création francophones, et ce, tant au Québec que
partout au Canada. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Adopté. Alors, nous allons maintenant passer...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui, M. le leader adjoint de l'opposition officielle.
Bergeron : Mme la Présidente, simplement pour nous assurer
que cette motion sera bel et bien acheminée à la Chambre des communes et
au Sénat du Canada.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci, M. le leader adjoint. Ce sera fait.
Alors, nous
en sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des
commissions. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement. Et ceux qui
doivent quitter la salle, s'il vous plaît, faites-le dans le silence et le
calme.
Sklavounos : Merci,
Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des transports et
de l'environnement entreprendra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 16, Loi modifiant la
Loi sur les
véhicules hors route et d'autres
dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
à la salle du Conseil législatif, ainsi
que de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de l'édifice
Pamphile-Le May;
La Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
poursuivra, elle, l'étude détaillée
du projet de loi n° 11,
Loi sur la Société du Plan Nord, aujourd'hui,
de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 3, Loi favorisant la santé
financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du
secteur municipal, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des finances publiques, quant à elle, poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 15,
Loi sur la gestion et
le contrôle des effectifs des ministères, des organismes et des réseaux du
secteur public ainsi que des sociétés d'État, aujourd'hui, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à
la salle du Conseil législatif;
La Commission de l'aménagement du territoire
entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée des projets de loi
d'intérêt privé suivants, et ce, dans l'ordre ci-après indiqué : le projet
de loi n° 200, Loi concernant la Municipalité
de Lac-Simon; le projet de loi n° 201, Loi concernant la Ville de
Westmount; le projet de loi n° 202, Loi concernant la Régie intermunicipale de valorisation des matières
organiques de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon, mercredi le 3 décembre 2014, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et, si nécessaire, de 15 heures
à 16 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau; et finalement
La Commission
de la culture et de l'éducation entendra les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 203, Loi concernant la vente d'un immeuble situé dans le site
patrimonial de La Grave, mercredi le
3 décembre 2014, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, M. le leader adjoint du gouvernement.
Et nous sommes maintenant à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente. Auriez-vous l'amabilité d'appeler l'article 4 de
notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Article 4. Merci beaucoup.
Alors, à l'article 4 du feuilleton, M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire propose l'adoption du principe du projet de loi n° 23, Loi
modifiant la Charte de la Ville de
Montréal relativement à la composition du comité exécutif. Et, sans plus
tarder, je cède la parole à M. le ministre des Affaires municipales.
M. Moreau :
Merci, Mme la Présidente. C'est très agréable de retrouver les travaux du salon
bleu, étant concentré depuis plusieurs semaines maintenant aux travaux
des commissions parlementaires, particulièrement sur l'étude en commission
parlementaire du projet de loi n° 3, que nous avons bon espoir, suivant
une entente intervenue avec l'opposition officielle, de faire adopter la
semaine prochaine.
Mme la
Présidente, ce matin, nous sommes à l'étude pour l'adoption du principe du
projet de loi n° 23, qui est un petit projet de loi mais qui est supporté
par un grand principe, celui de l'autonomie des municipalités. C'est un petit projet de loi puisqu'il ne contient que deux
articles, Mme la Présidente, et c'est un projet de loi qui est intitulé Loi
modifiant la Charte de la Ville de Montréal relativement à la
composition du comité exécutif.
C'est
une demande que nous avons eue de la ville de Montréal. La charte actuelle de
la ville de Montréal, et la raison
pour laquelle nous la modifions par un projet de loi public... La Charte de la
Ville de Montréal est une loi publique. Et historiquement tous les gouvernements du Québec ont fait une
modification... lorsqu'ils ont fait des modifications à la Charte de la Ville de Montréal, ça a été fait
par projet de loi public. Et je le précise parce que, dans bien des cas, les
villes au Québec ont des projets de loi
d'intérêt privé pour se voir attribuer des pouvoirs additionnels à ce que leur
charte, pour celles qui en ont, prévoit et à ce que la
Loi sur les cités
et villes ou le Code municipal prévoient pour les autres municipalités au
Québec.
La ville de
Montréal a déjà, donc, ce statut particulier d'avoir une charte publique, et,
dans sa charte, on prévoit la composition du comité exécutif. La
disposition actuelle qui s'applique prévoit que le comité exécutif est composé
d'au moins sept personnes et d'au plus
11 personnes désignées par le maire et que le comité exécutif est composé
d'un président et de deux vice-présidents. Ce que le projet de loi
n° 23 vient faire, c'est de répondre à une demande de la ville de Montréal pour éliminer le nombre minimum
et maximum de membres qui composent le comité exécutif. Et déjà, Mme la Présidente, en vous ayant dit tout ça, mon
discours est plus long que le projet de loi lui-même. Essentiellement,
ce qu'on vient faire, c'est qu'on dit au maire de la ville de Montréal, pour
qui le comité exécutif est l'équivalent de la composition
du Conseil des ministres pour le gouvernement du Québec ou pour le gouvernement
fédéral : Vous n'avez pas à vous
faire dicter par une loi adoptée par Assemblée nationale la composition
minimale et maximale de ceux que vous estimez nécessaires à l'accession
au comité exécutif pour la bonne marche des affaires de la ville de Montréal.
Vous savez,
Mme la Présidente, nous avons entrepris une démarche beaucoup plus large en ce
qui a trait Montréal, Québec et
l'ensemble des municipalités du Québec. Et j'insiste sur «l'ensemble des
municipalités du Québec», parce qu'on a entendu : Ah! vous êtes très occupé avec Montréal et Québec. C'est
une démarche que nous allons faire avec toutes les municipalités du Québec, parce que c'est le mandat
que m'a confié le premier ministre du Québec, de redéfinir la relation entre le gouvernement du Québec et les
municipalités en leur conférant une plus grande autonomie. Le projet de loi
n° 23 va dans ce sens-là.
Pour quelle raison intervenons-nous maintenant?
Parce que la ville nous en a fait la demande et parce que nous estimons que cette demande est tout à fait
légitime. Il ne nous viendrait pas à l'esprit qu'un autre Parlement dicte
à l'Assemblée nationale du Québec ou au
premier ministre du Québec quelle devrait être la composition de son Conseil
des ministres.
Si on est
d'accord avec le principe de l'autonomie des municipalités, si on est d'accord
de reconnaître le palier municipal
comme étant un palier de gouvernance de proximité, bien, il faut redonner aussi
à ce palier de gouvernance la
capacité, les moyens et l'autonomie qui caractérisent l'autonomie
gouvernementale. Ça ne veut pas dire que Québec tourne le dos aux municipalités,
ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas un examen ou une collaboration avec les
élus municipaux de ce qui doit être fait,
mais ça veut dire qu'on doit aller vers un mouvement qui reconnaît plus
d'autonomie au fonctionnement des
municipalités. Ça veut dire, pour la ville de Montréal, puisque c'est d'elle
dont on parle ce matin avec le projet
de loi n° 23, de reconnaître aussi, plus tard dans une loi, son statut
extrêmement particulier et unique de métropole du Québec.
Et le statut
de métropole confère à Montréal des obligations qui dépassent largement les
obligations des autres municipalités
au Québec. Et on ne dit pas ça pour dire que Montréal est meilleure que les
autres, on dit ça pour reconnaître une
situation de fait que personne ne conteste et qui fait que Montréal a des
obligations inhérentes à son rôle de métropole, inhérentes à la
composition de son territoire, inhérentes au fait qu'elle est, on le dit, un
moteur économique pour l'ensemble du Québec.
Je repassais les chiffres récemment. Strictement
en matière d'immigration, il y a, bon an, mal an, à peu près 50 000 personnes qui choisissent de
quitter leur terre d'origine, partout dans le monde, pour venir s'établir au
Québec. 85 % d'entre elles
choisissent de s'établir à Montréal. Donc, la ville de Montréal, de facto, joue
un rôle important dans l'accueil et l'intégration des immigrants.
gouvernement du Québec a des compétences en ce domaine-là. Est-ce que certaines
des compétences exercées par le gouvernement du Québec ne devraient pas
être transférées directement à la ville de Montréal, avec la capacité économique qui, à l'heure actuelle, est mise à la
disposition du gouvernement pour le faire, mais qui pourrait être transférée
à la ville de Montréal si, dorénavant,
c'était elle qui devait occuper ce palier ou ce champ de compétence ou une
partie de ce champ de compétence?
La réflexion dans laquelle nous nous sommes
engagés avec le maire de Montréal, avec le maire de Québec, avec le président de la Fédération québécoise des
municipalités, avec la présidente de l'Union des municipalités du Québec,
c'est une réflexion qui veut nous amener à
nous assurer que le service est rendu au meilleur endroit possible, au bénéfice
des citoyens, avec la capacité... en tenant
compte de la capacité de payer de ce citoyen, qu'il soit un contribuable
municipal ou qu'il soit un contribuable qui paie ses impôts au
gouvernement du Québec.
La réalité de
la chose, Mme la Présidente, c'est que par ce petit principe nous venons de
poser une autre pierre dans un
édifice qui est beaucoup plus grand que nous tous, celui de la démocratie
municipale au Québec, celui qui va faire en sorte que nous pourrons, et
j'en suis convaincu, avant la fin du présent mandat, livrer
clés en main à la ville de Montréal, à la
ville de Québec et à l'ensemble des municipalités du Québec des dispositions législatives qui reconnaîtront enfin le palier
municipal comme étant un véritable palier de gouvernance locale.
Le projet de loi n° 23 libérera donc le maire de Montréal
des contraintes liées à la composition du comité exécutif, qui sera composé minimalement de trois personnes, puisque
les dispositions relatives à la présence d'un président et de
deux vice-présidents demeurent,
mais qui ne sera pas limité dans le nombre de personnes non plus que dans
l'utilité et, je dirais, dans
l'exercice des compétences qu'il estime devoir faire jouer au comité exécutif.
Alors, nous sommes heureux, par ce projet de loi, de répondre à la demande faite, formulée en ce sens par la ville de Montréal.
Et j'invite mes collègues porte-parole de l'opposition officielle, porte-parole du deuxième
groupe d'opposition de même que tous les collègues de l'Assemblée nationale à s'unir au gouvernement pour assurer non seulement l'adoption du principe, ce matin, de ce projet de loi, mais assurer son cheminement rapide dans nos instances en vue de son adoption.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
ministre des Affaires municipales.
Et je vais maintenant céder la parole à M. le député de Rosemont.
M. Lisée : Mme la
Présidente, je n'arriverai pas à
parler aussi longtemps que le ministre, qui, sur un projet de loi d'un article, a quand même fait une douzaine
de minutes. Évidemment, ça dépend de l'article. Il y a
des articles qui modifient des choses
fondamentales, et d'autres, non. Mais le législateur ne parle jamais pour ne rien dire, et, lorsqu'il décide de retirer des balises, il faut s'attacher
à la raison pour laquelle c'est fait, dans quel contexte c'est apporté, quel
objectif on essaie d'atteindre et est-ce qu'il a raison de le faire.
Alors, dans
ce cas-ci, on est effectivement, comme le ministre l'a indiqué, dans un
processus plus large où nous voulons
revoir l'autonomie des municipalités et arrêter de les considérer, comme ça a
été fait dans le passé, comme des créatures
du gouvernement du Québec, où le gouvernement du Québec ou l'Assemblée
nationale devaient dicter jusque dans
le menu détail le fonctionnement. Et on disait souvent qu'à chaque année, deux
fois par année, un bill omnibus est présenté
ici par le ministre des Municipalités pour modifier, faire un peu de
microgestion sur les chartes des municipalités, des réglementations, des lois qui sont très complexes, qui couvrent
l'ensemble de l'activité municipale au Québec, et que... donc, oui, le gouvernement du Parti québécois
était tout à fait d'accord. Mon ancien collègue ministre responsable des
Municipalités avait d'ailleurs accueilli favorablement
le rapport, le livre blanc de l'Union des municipalités qui demandait un
nouvel arrangement, un nouveau respect, du
respect pour les gouvernements municipaux, du respect pour leur autonomie et
du respect pour le droit qu'ils doivent avoir de prendre des décisions qui
n'auraient pas été celles de l'Assemblée nationale.
Et, comme le ministre l'a dit, bien, parfois il y a des gens qui pensent que
l'Assemblée nationale ne prend pas les décisions
qu'ils auraient prises. Alors, s'il y a du respect mutuel, il faut aussi avoir
l'ouverture d'esprit de dire : Bon, bien, si on donne de l'autonomie, on s'attend bien à ce que les choses ne
soient pas faites exactement comme on aurait voulu qu'elles se fassent.
Alors, dans cas-ci, ce qui est particulier avec
ce projet de loi, c'est qu'il nous arrive à la pièce, qu'il modifie seulement un aspect de la charte de Montréal,
alors qu'on sait que le gouvernement est engagé, comme le gouvernement du Parti québécois voulait le faire aussi, dans un
exercice beaucoup plus large de revue du statut de la métropole, du statut
de la capitale et des responsabilités des
municipalités. Alors, il faut bien dire le vrai, Mme la Présidente : C'est
parce que le maire de Montréal voulait modifier la composition de son comité
exécutif pour ajouter une personne, et le maire avait décidé qu'il ne pouvait pas faire une substitution
à l'intérieur des balises de sept à 11 qui lui étaient données par la loi
actuelle. C'est un peu particulier. Moi,
j'admets que c'est un peu particulier que, pour des raisons de régie interne,
et en attendant une réforme plus large dans laquelle cette disposition
aurait pu être modifiée pour donner de la latitude au maire d'avoir plus ou moins de membres du comité exécutif, le maire se
tourne vers l'Assemblée nationale et disant : Bon, pouvez-vous régler mon problème? On est dans une
disposition de bonne volonté et puis on veut bien régler des problèmes à
mesure qu'ils se présentent, et j'indique à mon collègue le ministre des Municipalités
que nous allons voter pour le principe, mais
nous devons quand même souligner que c'est particulier, c'est particulier. Nous pensons que
le maire de Montréal aurait pu
trouver une autre façon de régler son problème, qui était de vouloir intégrer
au comité exécutif quelqu'un qui,
jusque-là, était membre de l'opposition. C'est très bien. C'est à lui de le
décider. Nous n'avons pas à poser de jugement là-dessus, mais il aurait pu procéder autrement et dire : Bon,
bien, on attendra la réforme du statut de Montréal pour ajouter une
personne de plus, ou deux, ou trois. Bon.
Alors, parce que
nous sommes bons joueurs, parce que nous voulons le succès de la métropole, parce que
nous ne voulons pas mettre de bâtons
dans les roues, nous allons accepter ce principe. Mais nous allons ajouter
aussi que nous aurions préféré que la législation
soit adoptée avant qu'une annonce ne soit faite à Montréal
sur la façon dont cette disposition allait être utilisée, si tant est que nous allions l'adopter. Parce que, tant que
l'Assemblée ne s'est pas prononcée, le droit n'a pas changé.
M. Lisée :
Et puis il y a un précédent. D'ailleurs, j'entends le ministre chuchoter qu'il
y avait même un précédent. Alors, ça,
il faut quand même dire que le respect, ce n'est pas à sens unique, ça va dans
les deux sens, et on aime bien que les formes soient respectées, et nous
voulons exprimer cela.
Maintenant,
le gouvernement aurait pu procéder autrement aussi. Il aurait pu dire :
Bon, les balises, en ce moment, c'est
de sept à 11. On a un cas particulier, on pourra décider que ça va être de six
à 12 ou de cinq à 13, parce que le débat sur le comité exécutif n'est pas fait dans l'ensemble de la législation
sur les statuts des villes, et la question se pose. Nous savons que, dans l'ensemble des discussions sur la
bonne gouvernance, il y a des masses critiques : en bas d'un certain
nombre, ça ne suffit pas; en haut d'un
certain nombre, il y en a trop. Et nous aurions pu discuter entre nous :
Est-ce que, dans cette volonté de
donner plus d'autonomie aux villes, il faut quand même donner une balise qui
ressemble à ce que sont les masses
critiques pour des comités exécutifs? Puisque nous sommes des législateurs et
que... Si nous voulons donner plus de
flexibilité, faut-il donner la totale flexibilité? Ce qui est le cas
maintenant, nous enlevons ces balises. Et tout ce qu'on peut dire, c'est ce que le ministre a
dit : Bien, trois, c'est minimum, parce que ça prend un président et deux
vice-présidents. Et là il n'y a plus
de maximum. Donc, théoriquement, il pourrait y avoir 100 personnes au
comité exécutif, ce qui serait vraiment très mauvais pour la
gouvernance, puisque l'imputabilité serait trop diluée. Bon. Nous acceptons le
fait que rien n'empêcherait le premier
ministre, ici, de nommer tous les membres de son caucus au Conseil des
ministres, il n'y a rien qui
l'interdit. Il pourrait même nommer l'ensemble des parlementaires, rien ne
l'interdit dans la constitution. Mais on
pense bien... et je vois que le goût pour cette hypothèse, de mon collègue de
Beauce, n'est pas très grand, mais enfin c'est un peu la question qu'on
se pose.
Alors, nous
voulons, dans ce cas-ci, accepter la proposition que fait le gouvernement, mais
nous pensons qu'il aurait pu agir autrement et nous aimerions aussi
savoir ce qu'en pensent les autres membres du conseil municipal de Montréal qui
sont intéressés par cette question. Alors, nous allons probablement le
proposer, lors de l'ouverture de la commission...
qu'en pensent les organisations politiques qui sont membres du conseil
municipal de Montréal, pour qu'ils nous
éclairent sur cette question. Mais nous ne sommes pas opposés au principe, et
je tiens à assurer le ministre
de notre collaboration. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
député de Rosemont
et porte-parole de l'opposition
officielle pour la métropole. Et je vais maintenant céder la parole à M. le député
de Blainville, qui est aussi porte-parole du deuxième groupe
d'opposition pour les affaires municipales.
Laframboise : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bon, il me fait
plaisir de prendre la parole sur le projet de loi n° 23,
évidemment, un projet de loi qui a très peu de volume, deux articles.
Je pense
qu'on a bien saisi le principe, c'est-à-dire que, présentement, la Charte de la
Ville de Montréal encadre le comité
exécutif, un minimum de sept membres, un maximum de 11. Ce que nous demande la
ville de Montréal, c'est tout simplement
d'abolir ce paragraphe-là qui fixe un nombre. Donc, la liberté serait entière
au maire de la ville de Montréal.
Je vous dis
ça, évidemment on sera... J'ai entendu le ministre nous faire une petite
analyse par rapport à l'autonomie municipale.
Vous avez compris que, s'il y a un parti politique, dans cette Chambre, qui est
pour l'autonomie municipale, c'est
bien la Coalition avenir Québec. On avait déjà déposé un projet de loi, dans
l'ancienne législature, pour adopter la charte des municipalités. On a déjà été le premier parti à déposer un projet de loi pour régler les déficits des fonds de pension. Donc, je pense que de donner de l'autonomie à la
ville de Montréal, là... je pense que ça va de soi pour nous, donc
on sera en faveur du projet de loi.
Par contre,
il faut quand même, aussi... J'espère qu'on aura la possibilité de questionner le maire, parce
qu'il y a aussi des contraintes
budgétaires, je veux dire, on passe... Il n'y a pas personne qui... En tout
cas, ceux qui ont suivi le dossier, je
pense que la seule raison pourquoi le maire nous le demande, c'est pour ajouter
un siège qui était pour M. Richard Bergeron, je pense que c'était
clair. Évidemment, quand on rajoute un siège, bien, on rajoute une prime, parce qu'il y a une prime quand on s'en va au
comité exécutif, donc il y aura des dépenses supplémentaires à la ville de
Montréal. Donc, c'est ces choses-là qui sont plus agaçantes.
Et, pour moi,
ce qui est encore plus agaçant, c'est que M. Bergeron a déjà commencé à
siéger, puis théoriquement, selon la
loi, il n'a pas le droit, là. On a vu qu'il avait voté sur... au comité
exécutif, il était membre, puis qu'il a voté. En tout cas, c'est toutes ces petites choses là, dans le cadre d'une
journée de grand dérangement... Pour lesquelles la Coalition avenir Québec est contre toute manifestation, là,
syndicale qui aurait pour effet d'empêcher les travailleurs, en tout cas,
d'aller au travail ou des contribuables
d'avoir accès, là, à leurs résidences ou aux lieux de travail. Moi, je pense
que tout ce qui se fait doit se faire
dans le respect des contribuables, parce que c'est pour eux, ces hommes et ces
femmes-là qui travaillent fort le
matin, qu'on est ici, pour essayer de défendre leurs droits. Mais, quand on
discute dans une journée comme aujourd'hui
d'une situation où le maire de la ville demande de grossir son exécutif, bon,
augmenter les dépenses, quand on veut
contraindre les employés, donc, je pense que... Il n'y a pas de mauvais moment,
on dira, pour faire de la politique, mais il y a d'autres moments, des
fois, où est-ce que c'est plus difficile, puis aujourd'hui c'en est un.
Parce que,
pour la ville de Montréal, ce n'est pas la première fois, là, et je veux le
dire au ministre, parce que, quand on
a adopté le projet de
loi sur l'inspecteur général de la ville de Montréal, la
ville avait déjà engagé M. Denis Gallant, là, tu sais. Ce n'est pas la première fois que la
ville de Montréal fait des dépenses avant que la loi ne l'autorise. Et là c'est
sûr que, comme je vous dis, là, quand on
demande aux employés municipaux de respecter la loi, il faut surtout donner
l'exemple. Donc, si j'ai un message à livrer
au maire de Montréal puis au parti du maire, c'est de dire : Avant
d'effectuer des dépenses, en tout cas,
assurez-vous que la loi vous permet de le faire. Puis c'est un peu le message
que je livre aujourd'hui, évidemment,
à la ville de Montréal, tout en leur disant que, oui, pour nous, l'autonomie,
elle est là puis elle était là.
Dans le
projet de loi n° 3, le ministre le soulignait tantôt, le projet de
loi n° 3 sur les fonds de pension... D'abord, nous, on l'a toujours dit, on veut la pérennité
des régimes de fonds de pension puis on veut assurer, évidemment, qu'ils
soient renfloués pour que justement les
employés municipaux aient des pensions, pas juste pour ceux qui sont pensionnés
présentement, mais tous les travailleurs du
monde municipal puissent avoir accès au même régime. Donc, c'est important.
Mais ce qui est d'autant plus important par
rapport à l'autonomie, c'est que nous avions proposé un amendement au projet
de loi n° 3, qu'à la fin, plutôt
que ce soit un arbitre qui tranche, ce soit la ville qui tranche. Donc, ça a
toujours été dans un souci
d'autonomie municipale. Comme au gouvernement avec les employés, bien, quand
les employés du gouvernement ne
s'entendent pas, le gouvernement passe un projet de loi, puis c'est lui qui
décide. Donc, nous, l'autonomie municipale, on était prêts à la donner
au projet de loi n° 3.
Évidemment, notre amendement n'a pas
été jugé recevable quant à la forme, parce qu'on demandait l'abolition de tout un pan du projet de loi. Donc, vous avez
compris : quand on n'est pas au gouvernement, on ne peut pas faire ce
qu'on veut. Donc, ça arrivera dans la
prochaine... après les prochaines élections, on sera au gouvernement et on
pourra être capables de donner
l'autonomie nécessaire aux villes. Mais présentement, là, on est obligés de
vivre avec les projets de loi que le gouvernement dépose.
Donc,
encore une fois, au point de vue de l'autonomie municipale, je pense que vous
avez... j'espère que... Les citoyens,
les contribuables qui nous écoutent et puis les représentants de toutes les
villes du Québec, je veux que vous sachiez
que la Coalition avenir Québec, quant à l'autonomie municipale, nous serons
toujours là pour leur donner l'autonomie
qu'elles ont besoin, qu'elles demandent, à charge de rendre des comptes. Et
c'est ce que je dis aux élus de la ville
de Montréal aujourd'hui : Assurez-vous que, quand vous adoptez les
mesures, bien, légalement vous soyez capables d'enclencher, donc que M. Bergeron qui siège à l'exécutif en tout
cas ne vote pas, parce que présentement il y a... bon, qu'il siège à
titre d'observateur, parce qu'il n'a
pas le droit de voter, tout simplement. Ça fait que, s'il vote... Il n'a pas le
droit tant que ce projet de loi là... Parce qu'évidemment
il y en a juste 11, ils sont connus. Puis il aura sa place quand le
projet de loi sera déposé. Donc, c'est le message qu'on veut livrer, dans le
respect de la législation.
Quand
on demande aux employés de respecter les lois... Puis c'est ce que la Coalition
avenir Québec demande aux
employés : Respectez les lois qui vous gouvernent, et on demande aussi aux
élus municipaux de faire la même chose. Et, dans ce souci-là, bien on va leur donner l'autonomie qu'ils
demandent et on sera en faveur du projet de loi n° 23. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député de Blainville.
Alors,
je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, je suis prête à vous proposer
que... Le principe du projet de loi
n° 23, Loi modifiant la Charte de la Ville de Montréal relativement à la
composition du comité exécutif, est-il adopté?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente. Conformément à
l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que ce projet de
loi soit déféré à la Commission de l'aménagement du territoire pour étude
détaillée.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, pour la poursuite des choses, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article 1, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat,
ajourné le 25 novembre 2014, sur la
motion de report présentée par M. le
député de Labelle dans le cadre de l'adoption du principe du projet de loi n° 10, Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des
services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales.
Lors
de l'ajournement, Mme la
députée de Taillon
n'avait pas terminé son intervention. Et, avant de lui céder la parole, je vous indique qu'il reste
36 min 53 s au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 25 min 51 s au groupe
parlementaire formant l'opposition
officielle et six minutes aux députés indépendants. Et, sans plus tarder, je
cède la parole à Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'abord, faire un bref rappel sur ce qui
justifie cette motion de report.
D'abord, 64 organismes ou
individus sont venus présenter à cette commission
parlementaire du projet de loi n° 10 qui
dépasse largement le
titre qui est
évoqué dans son appellation pour vraiment venir modifier en profondeur chacun
des liens qui unissent les organismes qui
travaillent dans le domaine de la santé et des services sociaux pour le Québec.
Donc, 60 présentations. Sur ces 64 présentations, seulement trois ont
indiqué clairement qu'elles étaient en faveur du projet de loi n° 10, 13 ont émis des commentaires ambigus,
mais 48, 48 sur 64, ont dit être contre. Alors, ça m'apparaît être
quelque chose qui mérite, du côté du ministre, un moment de réflexion, une
opportunité de pouvoir revenir à sa planche
à dessin et à réécrire certains éléments de ce projet de loi. En plus des
64 organismes qui se sont présentés, 64 autres ont voulu rédiger
un mémoire, ce qui fait qu'on a reçu en tout 128 mémoires
pour ce projet de loi. Or, j'indique que, dans les gens qui ont écrit ces projets de loi, ce sont des gens qui n'ont pas eu le privilège d'être entendus mais qui
se sentent quand même tellement concernés ou préoccupés par le projet de loi qu'ils ont pris le temps d'écrire, de rédiger des mises en
garde, des avertissements, des améliorations potentielles sur ce projet de loi.
cours de notre commission
parlementaire, le ministre
a plusieurs fois fait référence au fait qu'il serait ouvert
aux amendements, mais, quand on regarde, et
j'ai assisté à toutes les minutes de cette commission parlementaire, cette
ouverture se manifeste principalement