Health and Social Services — 7 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-06-07
Quebec — Committees
(Quinze heures quinze minutes)
Président (M. Merlini) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare donc la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle des
Premiers-Ministres de bien vouloir éteindre toutes les sonneries de tous leurs
appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 130, Loi modifiant certaines
dispositions relatives à l'organisation clinique et à la gestion des
établissements de santé et de services sociaux.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements
aujourd'hui?
La Secrétaire : Non, M. le
Président, il n'y a pas de remplacement.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la secrétaire. Avant de débuter la
séance, je dépose le document suivant, dont vous avez obtenu copie.
C'est une lettre de l'Association médicale du Québec.
Faire un état de situation où nous sommes rendus
présentement avec le projet de loi n° 130. Nous avons quatre articles suspendus, soit les articles 7, 8,
9 et 23, dans l'attente du ministre, et les articles adoptés sont les 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 11, 11.1 amendé, 12, 13, 14, 15
amendé, 16 amendé, 17, 18, 19 amendé, 20 amendé, 21 amendé et 22. Alors,
nous avons adopté l'article 22, c'était
le dernier
article que nous avions adopté, et suspendu l'étude de
l'article 23. Nous sommes donc rendus à l'étude de l'article 24. M. le
ministre, la parole est à vous pour la lecture de l'article 24 ou des nouvelles
sur les articles suspendus.
Barrette : Oui. M. le Président, je vous suggère et aux collègues,
s'il y a consentement, de revenir à 7, que nous avions suspendu parce
qu'il nous fallait un amendement qui devait passer au Conseil des ministres, et
c'est fait. Alors, nous pourrions traiter 7
et 8. 9 ne peut pas être traité tout de suite parce qu'il faut se rendre à 44
pour des raisons de concordance. Et,
après 7 et 8, si nous les adoptons, nous pourrions revenir à 23 pour revenir à
9 lorsqu'on sera rendus après 44.
Président (M. Merlini) : Très bien. Alors, nous allons distribuer les
amendements, Mme la secrétaire, de l'article...
M. Barrette : Si tout le monde est
d'accord.
Président (M. Merlini) : Ça va pour tout le monde? On va aller à
l'article 7. Alors, on va faire la distribution des copies de l'amendement
proposé par M. le ministre à l'article 7, Mme la secrétaire. Alors, M. le
ministre, pour la lecture de l'article 7 et ensuite la lecture de votre
proposition d'amendement.
Barrette : Alors, l'article 7 de départ, M. le Président :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 60, du
suivant :
«60.1. Afin
d'assurer le respect du plan de répartition des médecins de famille en première
ligne prévu au deuxième alinéa de
l'article 91, le ministre peut, lorsqu'il donne l'approbation requise en
vertu de l'article 240 de cette loi, exiger l'ajout de certaines obligations aux privilèges que le conseil
d'administration compte octroyer au médecin. Ces obligations doivent
avoir pour but de combler les besoins en médecine de famille de première
ligne.»
Le Président (M. Merlini) : ...votre
amendement.
Barrette : Oui. Alors, l'amendement que l'on propose est un amendement
dont tout le monde a copie, je pense, à
cette étape-ci. C'est un amendement qui a la même teneur, mais une portée plus
grande parce qu'il fait la même chose, mais on y ajoute le médecin
spécialiste.
Alors, l'amendement se lirait comme suit :
Remplacer l'article 7 du projet de loi par le suivant :
7. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 60, du suivant :
«60.1. Afin
de combler les besoins en médecine de famille ou en médecine spécialisée, le
ministre peut, lorsqu'il donne
l'approbation requise en vertu de l'article 240 de cette loi, exiger
l'ajout de certaines obligations aux privilèges que le conseil
d'administration compte octroyer au médecin.»
Le Président (M.
Merlini) : Maintenant, pour vos explications, M. le ministre.
Barrette : Alors, quand on a débattu de ce projet de loi là, ou de
l'article 7, ou le projet de loi n° 130 un peu dans son ensemble à date, j'ai souvent fait
référence au fait que l'octroi de
privilèges non seulement pourrait, mais devrait être associé à
certaines obligations. Quand on regarde la situation des médecins de famille,
on vit aujourd'hui des obligations. Des
obligations, ça existe et les plus historiques sont celles des activités
médicales, particulières ou prioritaires, là, selon le jargon que plusieurs personnes utilisent, mais c'est la
même chose, là, qu'elles soient prioritaires ou particulières, ce sont
des obligations.
On a aussi,
du côté de la médecine de famille, ces AMP, mais on a aussi des obligations
territoriales, comme, par
exemple, l'obligation de pratiquer 75 % du temps... c'est-à-dire du volume
de la pratique dans un territoire de RLS. Pourquoi
on fait ça? Évidemment, on fait ça pour avoir un volume d'activités qui soit
suffisant et des activités qui soient réparties
adéquatement sur le territoire du Québec. Aucune provision de ce type
n'existait pour les médecins spécialistes. Est-ce qu'on doit avoir précisément, pour chaque médecin spécialiste,
des obligations similaires? Pas nécessairement. Mais devrions-nous avoir
la possibilité, dans un territoire donné, d'en avoir? Nous, on considère que
oui.
Alors, vous
voyez que l'article n'est pas précis sur les obligations, parce que les
obligations, c'est quelque chose qui
doit être taillé sur mesure sur la situation d'un territoire donné. Alors, je
vous donne un exemple. On ne demande pas nécessairement à un médecin d'avoir une pratique extrahospitalière. Si
un médecin a une pratique extrahospitalière, on pourrait lui dire : Bon, bien, sur notre territoire donné, on accepte
d'avoir tel volume d'activités à tel endroit. Puis je vais prendre un
exemple simple. Admettons, là, qu'on est dans une banlieue, dans un territoire
qui a beaucoup de jeunes familles, donc
beaucoup d'enfants. Alors, ne serait-il pas, par exemple, pertinent de dire à
des jeunes pédiatres qui s'installent dans
un territoire donné : Bien là, dans vos obligations, là, on aimerait, là,
que vous alliez faire la clinique externe que vous choisissez de faire. On ne vous impose pas nécessairement un
volume de clinique externe, mais on aimerait que ça se fasse dans
la superclinique, par exemple, la
partie sans rendez-vous du territoire. Alors,
c'est ce genre de choses là auxquelles on doit s'adresser.
C'est sûr que cet article-là est un
article qui
ouvre la porte à plusieurs choses. Donc, il doit y avoir une réglementation éventuellement qui soit écrite, et
qui permette des choses, et qui empêche des abus. Mais encore faut-il avoir un point de départ, qui est celui du levier,
qui fait en sorte qu'on a la possibilité d'aller dans un règlement, mettre
quelque chose en place.
C'est quelque
chose aujourd'hui d'évident, qu'on a fait et qu'on a convenu avec les
fédérations médicales ou, du moins,
avec une des deux. On a convenu ça, là, avec les fédérations, la FMOQ, que non
seulement... Juste pour faire un peu d'historique, M. le Président, pour
que tout le monde comprenne bien la situation, avec les médecins de famille,
là, quand moi, j'étais en pratique il y a 15 ans, les médecins de famille
se voyaient octroyer une région administrative. Progressivement, c'est devenu une sous-région puis un RLS. Maintenant,
on est même sous RLS. On le sait, on ne peut pas imposer une adresse, mais on peut imposer une distribution
géographique qui soit appropriée, là, adaptée, en miroir de la
distribution populationnelle.
Alors, ça, ça s'est convenu avec la FMOQ. Tout
le monde a accepté ça et on vit là-dedans. Il n'y a pas de correspondance ou d'image en miroir chez le
médecin spécialiste. Est-ce qu'il doit y une image en miroir parfaitement
miroir? Non, parce que la médecine de
famille est quelque chose de beaucoup plus uniforme, quoique pas imparfaitement
uniforme, que la médecine spécialisée. Donc,
en médecine spécialisée, il doit y avoir quelque chose de flexible. Ça sera
dans un règlement, mais je pense qu'il doit
y avoir quelque chose tout court. On ne peut pas aller dans un grand niveau de
détail, mais on se donne la possibilité d'avoir cette influence-là par la voie
législative et réglementaire.
Alors, voilà
un peu où on s'en va avec ça et voilà aussi pourquoi l'article n'est pas
extrêmement détaillé. C'est un
règlement qui doit traiter du détail et non le projet de loi, mais on
comprendra que l'article qui est déposé ici, lui, vient changer la donne
de façon significative.
Je termine.
C'est clair que j'ai pris, par exemple, dans une banlieue, l'exemple de la pédiatrie, mais on peut prendre
le même exemple, mais dans un quartier défavorisé où la population
est plus âgée, dans lequel, bien, c'est peut-être plus un pneumologue, un cardiologue, un autre genre de
spécialiste qu'on aurait de besoin à l'extérieur de l'hôpital,
parce que quartier industriel, population plus âgée qui ont
d'autres types de maladies chroniques ou des maladies chroniques tout court.
Alors, c'est
vers ça que ça nous dirige, et ça, c'est une transformation ultime du réseau
qui, à mon avis, est souhaitable et bienvenue pour ceux qui
ont à gérer ce réseau-là. Voilà.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Merci, M. le Président. Le ministre avait suspendu l'article
7. Là, il le réintroduit, et, entre-temps, on a reçu un avis de l'Association
médicale du Québec qui réitère, pour les médecins de famille, parce qu'à ce
moment-là l'article 7 ne visait que
les médecins de famille, qui réitère sa demande de retirer l'article 7 du
projet de loi, parce que ça confère un pouvoir important au ministre et
parce que ce pouvoir-là, il est très, très, très large, pas défini.
Alors, au
même moment, le ministre non seulement il ne retire pas l'article 7, alors
qu'il l'avait suspendu... on aurait
pu penser que peut-être qu'il aurait eu l'intention éventuellement de le
suspendre, mais il ajoute tout un groupe de professionnels qui sont tous les médecins qui exercent en spécialité. Et
ces gens-là, lorsqu'ils sont venus nous présenter leur mémoire, lorsqu'ils sont venus, en commission
parlementaire, donner leurs commentaires sur un projet de loi, eh bien,
ils n'étaient pas visés par cet article-là.
Alors, ça me semble être une atteinte grave au
processus démocratique qui est associé à nos commissions parlementaires, et je pense qu'avant de poursuivre
l'analyse de cet
article 7 amendé par le ministre, nous devons demander à
la Fédération des
médecins spécialistes du Québec de nous... on doit leur donner la possibilité
de nous donner d'autres exemples que ceux que le ministre présente, des
impacts que d'être intégrés dans l'article 7 comporteraient.
Alors,
est-ce que le ministre est prêt à nous... Donc, premièrement, moi, je demande,
dans un premier temps, à ce qu'on puisse permettre à la FMSQ de nous
donner ses commentaires puisque, lorsqu'on l'a invitée en commission parlementaire, ce n'était pas sur le programme, ce
n'était pas dans le projet de loi. C'est un ajout majeur, le ministre le
reconnaît lui-même, là, c'est une modification qui change vraiment la donne au
niveau de la répartition des effectifs.
je vous dirais que, dans la catégorie répartition des effectifs, là, avec ce
que le ministre a fait avec les médecins à l'urgence, avec ce qu'on a vu
récemment entre les médecins à l'urgence qu'il a forcés à sortir des urgences
et qu'il a incités à être en prise en charge, alors que là il est obligé de
faire marche arrière puis de les ramener, parce que nos urgences risquent d'être en découverture cet été, moi, je pense que la
moindre des choses, c'est qu'on entende la FMSQ dans un contexte très particulier qui est celui où le ministre... ce
n'est pas juste un amendement, l