Labour and the Economy — 20 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2020-08-20
Quebec — Committees
Alors,
M. le ministre, nous allons avoir plusieurs blocs d'intervention. Dans ce premier bloc, je veux vous
parler un petit peu des choses un peu plus... de façon générale, un peu
plus macroéconomiques. Nous nous sommes... nous avions parlé de ça un peu lors de nos premières commissions
parlementaires virtuelles au mois de mai, je pense, c'était ça, et, à ce moment-là, bon, on était encore en
pleine urgence sanitaire, l'avenir était quand même encore très brouillé,
on ne savait pas trop, trop comment on
allait s'en sortir, de tout ça. Et, à ce moment-là, je vous avais posé la
question : Qu'est-ce que vous... comment vous voyez l'évolution des
choses dans un contexte très incertain, mais quand est-ce que vous pensiez que le Québec, le Canada seraient
revenus à une situation qui ressemblerait un peu plus à ce qu'on avait au mois de février? Vous m'aviez dit, à ce
moment-là, que bien sûr qu'il y avait de l'incertitude, mais que vous pensiez
que, quelque part à la fin 2020, premier trimestre de 2021, on serait de retour
plus ou moins là où on était. Est-ce que c'est toujours votre appréciation des
choses? Est-ce que vous pensez toujours que, disons, rendu à mars 2021, on va
être rendus là où on était en février en termes d'activité économique, d'emplois,
etc.?
M. Fitzgibbon :
Bien, effectivement, j'avais dit que... moi, je pensais, j'avais dit, en fait,
qu'on serait probablement de retour
au PIB de la fin 2019 quelque part dans l'été 2021. Évidemment, je n'ai pas la
boule de cristal, comme personne, ici,
dans la salle. Je regarde les indicatifs, que je suis de très près, au niveau
des entreprises. Je suis aussi, évidemment, ce qui se passe dans le reste du monde, bon, on peut apprendre ce qui se
passe. Notre ministre des Finances a mentionné, lui, qu'il prévoyait, à
la fin 2021, qu'on pourrait être de retour à un niveau de PIB semblable à la
fin 2019.
Écoutez,
à ce moment-ci, ce qui me rend confortable, relativement confortable... Je
regarde le niveau d'emploi, parce
qu'évidemment tout est relié, il y a deux éléments importants : la
productivité de nos entreprises, d'une part, et, d'autre part, la
confiance des consommateurs. Bon, quand on regarde, dans le monde, ce qui se
passe, je suis favorablement étonné de voir
la liquidité, hein? On l'a vu dans le dossier du Cirque du Soleil, par exemple,
où on pensait, au mois de mars, qu'il
y aurait probablement un acheteur, il y en a eu six qui se sont présentés. Il y
a beaucoup d'argent dans le système. Les gouvernements, comme vous savez
très bien, se financent à des taux historiquement bas. Donc, ça, c'est
précurseur de ça, c'est qu'il y a une confiance de la part des consommateurs.
On le voit, d'ailleurs, comment les consommateurs
veulent revenir où ils étaient après
l'intermission qu'on a eue pendant quelques mois. Alors, il y a
un bon esprit de ce côté-là.
Au niveau de l'emploi, nous sommes aujourd'hui... à la fin juillet, là — je
n'ai pas les chiffres du mois d'août encore, de toute évidence — on
est à 244 000 emplois de moins que nous avions en février 2020. Ça,
pour moi, c'est un très bon indicateur. On était
quasiment à 800 000 de déficit. Alors, moi, je pense qu'on voit un retour.
Alors, moi, je suis encore confiant qu'à quelque part à la fin 2021 on
devrait revenir où nous étions.
La problématique,
évidemment, c'est qu'il y a des secteurs qui vont être beaucoup affectés, qui
vont... plus longs : le
tourisme, la culture et l'aéronautique, les trois principaux, eux autres, ça va
être plus tard que ça, mais la construction, la pharmaceutique est déjà dans une situation de surplus. Alors, moi, je
pense qu'il faut faire attention aux moyennes, mais je suis encore
confortable que 2021 va être l'année où on devrait revenir où nous étions.
M. Leitão : Très bien, merci.
O.K., vous avez mentionné plusieurs choses, justement, là où je voulais y
aller, donc on va continuer.
Juste rapidement, et ce n'est pas un sujet que
je veux élaborer longuement, mais vous avez mentionné le Cirque du Soleil. Juste pour vous dire que, tout
dernièrement, l'échéance du 17 août est passée, il n'y a pas eu d'autres
acheteurs qui se sont présentés, donc il n'y
a pas tellement d'engouement de la part d'autres opérateurs pour le cirque.
Mais ce n'est pas de ça que je vais parler ici aujourd'hui.
Vous avez mentionné emploi et confiance. Tout à
fait d'accord avec vous, la clé de tout... enfin, la clé de l'économie, dans un système comme le nôtre, la
clé, c'est la confiance — confiance des consommateurs, confiance des investisseurs,
confiance de tout le monde — et
la confiance dépend en grande
partie de l'emploi. Si on a un très haut taux de chômage, bien, la confiance ne va pas être
très forte. Alors donc, tout revient... enfin, pas tout, mais en grande
partie revient à l'emploi. Vous avez mentionné,
avec raison, que, rendu au mois de juillet, c'étaient les derniers chiffres
qui ont été publiés au début du mois d'août,
le niveau de l'emploi au Québec, maintenant à 4,1 millions d'emplois,
c'est 240 000 quelques de moins
qu'au sommet du cycle en février. Et vous et votre collègue le ministre des
Finances, parce qu'on en a parlé, de ça aussi, lundi dernier, vous
trouvez que c'est une très bonne performance, qu'on a récupéré 70 % des
jobs perdues en mars et avril et qu'il ne nous reste que 240 000. Et,
comme j'avais dit à votre collègue des Finances, il ne reste que 240 000,
mais 240 000, c'est beaucoup, là. Et, quand l'économie, au Québec, roule
de façon normale, 2011, 2012, 2013, 2014,
2015, la question de l'emploi, annuellement, au Québec, on est dans les
30 000 jobs par année. Donc, pour récupérer les
240 000 qu'il nous manque, juste pour arriver là où on était, ça ne
se fera pas... ce n'est pas si facile que ça, en temps normal. En temps normal,
même si certains secteurs vont très bien, dans une bonne année, on va créer 50 000 jobs, c'est une bonne année.
Donc, ça prendra du temps, là. C'est pour ça que je pense que, le gouvernement, votre collègue des Finances,
vous, le premier ministre, je vous trouve un petit peu optimistes en
pensant qu'on peut arriver, d'ici la fin 2021, à une situation où on
était. Mais, bon, vous êtes optimistes, tant mieux.
Alors, la grande question, c'est : Mais
comment? Quel est le plan? Comment est-ce qu'on va y arriver, là? Les 240 000 jobs qu'il nous manque, ça
ne va pas arriver automatiquement et rapidement. Alors donc, vous devez avoir
un plan, vous devez avoir une approche pour soutenir la création d'emplois. Je
sais que c'est une question très vague, vous pouvez y aller pendant une
demi-heure, ce n'est pas ça l'objectif. Plus ou moins rapidement, si vous
pouvez nous parler un peu de quel est votre plan pour soutenir la création
d'emplois dans les prochains six mois.
M. Fitzgibbon : O.K. Un commentaire, juste d'emblée, vous avez
dit quelque chose au début, je veux corriger, vous avez dit qu'il n'y a
pas beaucoup d'engouement pour le Cirque du Soleil. Vous êtes dans l'erreur, il
y a eu six parties prenantes qui se sont
présentées avec des offres. Par contre, Catalyst a mis sa créance, 1,2 milliard.
Donc, effectivement, personne d'autre, incluant le gouvernement, n'a voulu
participer, mais c'est faux de dire qu'il n'y a pas d'intérêt. Il y
avait un intérêt énorme pour le cirque, c'est Catalyst qui a réussi à l'avoir
pour 1,2 milliard, un chiffre assez exorbitant.
Pour les emplois, écoutez, je ne banalise pas.
Vous avez raison, là, 240 000 emplois qui... est en déficit par
rapport au mois de février. Définitivement, on est focalisés sur ça. Je vais
donner une petite fleur au gouvernement, on est la province du Canada qui a eu
le plus gros taux de réduction du chômage, hein? On a été... on a eu un taux
très élevé au début parce qu'on a fermé beaucoup d'entreprises, mais on est un
des taux les plus bas, maintenant. Donc, je pense qu'on peut être fiers de ce
que le gouvernement a fait pour déconfiner.
Maintenant,
ce qui reste, pour donner des chiffres, là, il reste encore
57 000 personnes sur le 244 000 qui proviennent de l'industrie
de l'hébergement et de la restauration. La plupart viennent des grands centres.
La première affaire qu'il faut faire, là, il faut retourner le monde dans les bureaux.
Le jour où on va retourner le monde dans les bureaux — je
parle de la ville de Montréal — vous allez voir 20 000,
30 000 qui vont revenir automatiquement. Et ça, c'est un de mes focus principaux, il faut que le monde travaille dans
les bureaux, parce que sinon, si tout le monde reste chez eux, à Terrebonne,
puis dans les Laurentides, puis partout, bien, le centre-ville de Montréal, on
a beau faire de la magie... je n'ai pas de bâton magique pour que les restaurants de Montréal repartent. Alors, ça, c'est
la première chose que le gouvernement focalise. Il faut garder,
évidemment, l'équilibre entre retourner le monde dans les bureaux et,
évidemment, la pandémie puis la deuxième crise qu'on pourrait avoir. De toute
évidence, mon collègue M. Dubé est en train d'évaluer les pour et les
contre, mais, au niveau économique, numéro un, le monde dans les bureaux, ça va
aller bien.
Après ça, il y a le côté innovation. Vous vous
rappelez qu'un des créneaux, développement économique de la province de Québec, c'était de rendre nos sociétés
plus productives, parce qu'elles sont sous-productives, présentement. Alors, heureusement, dans le budget, tout ce qui
touche l'innovation... Puis hier on avait une station PME innovation, mais, malheureusement... parlé du Cirque du
Soleil... surpris de voir qu'on ne parle pas d'innovation, là. Moi, j'aurais
aimé parler de ça, mais on va en parler à matin. Alors, l'innovation, là, nous,
on est focalisés sur ça et on va mettre de
l'argent dans nos entreprises pour qu'elles soient plus productives. Si elles
sont plus productives, elles vont pouvoir mieux exporter, puis, dans certains cas, on va importer moins. Alors,
moi, je suis très confiant. Ça va être du travail, et le plan, c'est de mettre de l'argent dans les
entreprises pour qu'elles soient plus productives. Ça, c'est le plan numéro un.
ça, il faut ajouter les secteurs stratégiques pour le Québec. On parle de
l'aérospatiale, l'aéronautique. Définitivement,
c'est un des secteurs, comme la culture et le tourisme, qui est très affecté.
On travaille à lancer des programmes d'appels d'offres d'innovation pour que
nos ingénieurs retournent travailler et fassent des projets futuristes pour l'industrie. On travaille beaucoup avec... au
niveau aérospatial. On a des dossiers, là, qui vont être probablement
annoncés bientôt, qui vont donner un peu d'engouement de ce côté-là.
Sciences de
la vie, on a, comme vous savez, perdu beaucoup de momentum. Là, on est en train
d'en reprendre, puis merci au Mila, merci à la médecine personnalisée. On
est focus sur l'innovation, en sciences de la vie.
L'aluminium,
on travaille beaucoup avec la transformation de l'aluminium. Évidemment, ça
fait 10 ans qu'on en parle, il est temps qu'on agisse. Et, quand on
regarde, avec ce qui se passe avec les douanes, qu'on a présentement, avec...
de toute évidence, faire des commodités, ça
ne marche plus, il faut améliorer ça. On a un plan, on travaille avec
l'industrie pour ça.
Et je
rajouterais à ça la filière d'électrification du Québec, une filière qui va être,
j'espère, le legs du gouvernement, un dossier qui accapare beaucoup de
mon temps.
Alors, je
pense qu'il y a beaucoup de programmes qui vont être en place pour stimuler
l'emploi, puis en même temps, bien, retournons le monde dans les
bureaux, puis ça va aller bien.
M. Leitão : Très bien, merci.
Parfait. Vous avez vraiment couvert des choses que je voulais en parler, en
tous les cas, alors, bravo! On va y aller parce que, vous avez raison, ce sont
tous des éléments très importants, et je pense que notre avenir collectif, en
grande partie, va dépendre de notre succès