2021 QCCQ 9968, 2021 QCCQ 9968
Opinion
Protection de la jeunesse — 215064 2021 QCCQ 9968 JT-1425 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] « Chambre de la jeunesse » N° : 150-41-002950-209 DATE : 23 juillet 2021 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE L’HONORABLE DORIS THIBAULT, J.C.Q. ______________________________________________________________________ LA DIRECTRICE DE LA PROTECTION DE LA JEUNESSE, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux A, bureau [...], DEMANDERESSE et X, né le [...] 2004, ADOLESCENT; et A, PÈRE; et B, MÈRE. ____________________________________________________________________
JUGEMENT (art. 95.2 L.P.J.) ______________________________________________________________________ MISE EN GARDE : La
Loi sur la protection de la jeunesse interdit la publication ou la diffusion de toute information permettant d’identifier un enfant ou ses parents.
Quiconque contrevient à cette disposition est passible d’une amende (art. 11.2, 11.2.1 et 135 L.P.J.). ____________________________________ [ 1 ] La Directrice de la protection de la jeunesse (la Directrice) demande au Tribunal de prolonger la décision prononcée par la soussignée le 28 août 2020 qui ordonne l’hébergement de X ([...] 2004) en centre de réadaptation pendant une période de dix mois, son intégration progressive en famille d’accueil au cours de cette période si la permet la permet, en sus de la poursuite des services.
Alléguant que la persistance des difficultés comportementales de l’adolescent n’a pas permis son intégration en famille d’accueil, la Directrice recommande que son hébergement au centre de réadaptation se prolonge de nouveau pour six mois. [ 2 ] Le père et la mère à qui la demande a été dûment notifiée. sont absents. L’adolescent, qui souhaiterait intégrer dès maintenant une famille d’accueil, comprend les recommandations de la Directrice qu'il soumet au Tribunal. Il consent à collaborer avec les services peu importe la décision ainsi qu'au dépôt du rapport pour valoir témoignage de leur auteur.
L’historique [ 3 ] Ce sont les problèmes de comportement présentés par l’adolescent qui justifient l’intervention de la Directrice auprès de la famille en 2018. Il consomme, est opposant, impulsif et fait des crises. [ 4 ] Il est hébergé en centre de réadaptation en avril 2019. [ 5 ] En février 2020, il améliore la gestion de ses émotions et ne consomme plus de drogues. Son attitude dans ses différents milieux de vie est positive. [ 6 ] C’est dans ce contexte que lors de la dernière ordonnance, une intégration progressive en famille d’accueil est envisagée.
L’évolution de la situation [ 7 ] D’août 2020 à avril 2021, il est hébergé en famille d’accueil, mais ses comportements négatifs ressurgissent. Il refuse de faire des efforts pour demeurer dans son milieu d'accueil et au début du mois d'avril son retour en centre de réadaptation est incontournable. [ 8 ] La preuve démontre que malgré les suivis en toxicomanie, en psychologie et en réadaptation dans lesquels s’implique l’adolescent, il ne réussit pas à stabiliser ses comportements.
Il est très opposant et rigide. [ 9 ] L’intervenant observe qu’il s’autosabote depuis longtemps et ce, même avant son premier hébergement en famille d’accueil. Il écrit « il en est pleinement conscient et malgré tout il préfère bousiller ses opportunités plutôt que d’assumer une réussite ». [ 10 ] C’est un adolescent qui a de la difficulté à se responsabiliser et se présente en victime. Il manipule les autres pour se faciliter la vie. [ 11 ] Il visite sa mère une fin de semaine sur trois et de façon générale les sorties se déroulent bien.
La relation entre eux est positive. [ 12 ] L’adolescent est en colère contre son père à qui il reproche de préférer sa sœur. Leurs contacts se limitent uniquement à des téléphones jusqu’à maintenant. Le père se montre intéressé par le cheminement de son fils. [ 13 ] Les parents reconnaissent ne pas être en mesure de reprendre leur fils auprès d'eux compte tenu de ses importantes difficultés. [ 14 ] L’intervenant ne croit pas réaliste de tenter d’intégrer l’adolescent en famille d’accueil.
Il projette plutôt de lui permettre d’acquérir plus d’autonomie et de développer son sens des responsabilités au cours des prochains mois. [ 15 ] Dans ce contexte, les recommandations rencontrent l’intérêt de l’adolescent. [ 16 ] POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL :
[ 17 ] ACCUEILLE la demande; [ 18 ] DÉCLARE que la sécurité et le développement de l’adolescent sont toujours compromis; [ 19 ] PROLONGE l'ordonnance prononcée le 28 août 2020; [ 20 ] ORDONNE l'hébergement de l'adolescent en centre de réadaptation pour une période de six mois; [ 21 ] ORDONNE que les contacts de l'adolescent avec ses parents soient établis selon entente entre les parties; [ 22 ] ORDONNE que l’adolescent bénéficie de tous les soins et services de santé requis par son état, notamment un suivi en psychologie et en toxicomanie et que soient respectées toutes les recommandations des professionnels consultés; [ 23 ] ORDONNE qu’une personne travaillant pour un organisme ou un établissement apporte aide, conseils et assistance à l'adolescent et à sa famille; [ 24 ] ORDONNE que les parents et l'adolescent participent activement à l'application des mesures ordonnées; [ 25 ] CONFIE la situation de l’adolescent à la Directrice de la protection de la jeunesse pour l'exécution de la présente ordonnance; ORDONNE aux parties concernées de s'y conformer. ______________________________ DORIS THIBAULT, J.C.Q.
Centre jeunesse Me Joanie Labrecque-Tremblay (DPJ) Me Jessica Boucher (adolescent) mère père /ng Date d’audience : 19 juillet 2021
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