2023 QCCQ 174, 2023 QCCQ 174
Opinion
9365-2949 Québec inc. c. 8190321 Canada inc. (Dark Horse Express) 2023 QCCQ 174 COUR DU QUÉBEC « Division des petites créances » CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL « Chambre civile » N° : 500-32-162409-215 DATE : 27 janvier 2023 _____________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DU JUGE HENRI RICHARD, J.C.Q. _____________________________________________________________________ 9365-2949 QUÉBEC INC.
Demanderesse / Plaintiff c. 8190321 CANADA INC. (DARK HORSE EXPRESS) Défenderesse / Defendant _____________________________________________________________________ JUGEMENT [1] _____________________________________________________________________ [ 1 ] La demanderesse exploite une entreprise de transport de marchandises par camion. Son seul administrateur et actionnaire, M.
Jagrup Singh, soutient que des services de camionnage sont rendus au bénéfice de la défenderesse qui fait défaut de payer, d’où sa réclamation de 1 385 $. [ 2 ] À sa contestation, la défenderesse plaide que toutes les sommes réclamées ont déjà été payées et dépose une série de factures de la demanderesse avec les preuves de paiement. [ 3 ] Le seul administrateur et actionnaire de la défenderesse, M. Kamaljeet Singh Sanghera, précise qu’à la dernière facture reçue de la demanderesse, en date du 13 septembre 2020, apparait la mention « ALL CLEAR LAST PAY CHEQUE ».
La preuve démontre que cette dernière facture a dûment été payée à la demanderesse. [ 4 ] Devant cette preuve documentaire incontournable, le Tribunal s’adresse au représentant de la demanderesse afin qu’il justifie sa réclamation. [ 5 ] En matière civile, la charge de la preuve repose sur les épaules de la
partie demanderesse en vertu du principe prévu à l'
article 2803 du Code civil du Québec ( C.c.Q. ) qui établit que « celui qui veut faire valoir un droit doit prouver les faits qui soutiennent sa prétention ». [ 6 ] Le Tribunal décide selon la prépondérance des probabilités que prévoit l'
article 2804 C.c.Q. et qui veut que « la preuve qui rend l'existence d'un fait plus probable que son inexistence est suffisante ». En d'autres termes, le Tribunal doit déterminer ce qui est plus probable et vraisemblable, qu'improbable ou invraisemblable. [ 7 ] Après le procès, le représentant de la demanderesse transmet au Tribunal des documents intitulés « Driver’s daily log / Registre journalier » faisant état des services rendus entre les 2 et 11 septembre 2020.
Il ne produit aucune facture qui aurait été envoyée à la défenderesse en conséquence des services rendus. [ 8 ] Après analyse, le Tribunal conclut que la demanderesse ne se décharge pas de son fardeau d’établir, par prépondérance de preuve, le bien-fondé de sa réclamation. [ 9 ] Il en est ainsi puisque la défenderesse établit que la facture du 13 septembre 2020 constitue la dernière qu’elle reçoit de la demanderesse et que toutes les factures reçues font l’objet d’un paiement. [ 10 ] Conséquemment, le Tribunal n’a d’autre choix que de rejeter la demande de la demanderesse.
Cependant, exerçant sa discrétion judiciaire, il n’impose aucuns frais. POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL : REJETTE la demande de la demanderesse contre la défenderesse, chaque
partie payant ses frais.
__________________________________ Henri Richard, J.C.Q. Date d’audience : 13 décembre 2022 _____________________________________________________________________ JUDGMENT _____________________________________________________________________ [1] The Plaintiff operates a freight transport business. Its sole director and shareholder, Mr.
Jagrup Singh, contends that trucking services are rendered for the benefit of the Defendant who is in default of payment, hence its claim for $1,385. [2] In its contestation, the Defendant pleads that all the amounts claimed have already been paid and submits a series of invoices from the Plaintiff with proof of payment. [3] The only director and shareholder of the Defendant, Mr. Kamaljeet Singh Sanghera, states that on the last invoice received from the Plaintiff, dated September 13, 2020, appears the mention "ALL CLEAR LAST PAY CHEQUE".
The evidence shows that this last invoice was duly paid to the Plaintiff. [4] In light of this inescapable documentary evidence, the Court asked the Plaintiff's representative to justify its claim. [5] In civil matters, the burden of proof is on Plaintiff’s shoulders in accordance with the principle provided in
article 2803 of the Civil Code of Québec ( C.C.Q. ), which states that “A person seeking to assert a right shall prove the facts on which his claim is based.” [6] The Court decides on the balance of probabilities, pursuant to
article 2804 C.C.Q., which states that “Evidence is sufficient if it renders the existence of a fact more probable than its non-existence.” In other words, the Court must determine what is more probable and plausible, rather than improbable and implausible. [7] After the trial, the Plaintiff's representative provides the Court with documents entitled "Driver’s daily log / Registre journalier " showing the services rendered between September 2 and 11, 2020.
He does not produce any invoice that was sent to the defendant as a result of the services rendered. [8] After analysis, the Court concludes that the Plaintiff does not discharge its burden of establishing, by a preponderance of evidence, the merits of its claim. [9] This is so because the Defendant establishes that the invoice of September 13, 2020 is the last one it receives from the Plaintiff and that all invoices received are subject to payment. [10] Consequently, the Court has no choice but to dismiss the Plaintiff's claim. However, exercising its judicial discretion, it does not impose any costs.
FOR THESE REASONS, THE COURT : DISMISSES the Plaintiff's claim against the Defendant, each party paying its own costs. Date of hearing : December 13, 2022
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