2013 QCCQ 7735, 2013 QCCQ 7735
Opinion
Protection de la jeunesse — 131313 2013 QCCQ 7735 JL3199 COUR DU QUÉBEC Canada PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] LOCALITÉ DE […] « Chambre de la jeunesse » N° : 200-41-011788-130 DATE : 18 mars 2013 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE JEAN LEBEL ______________________________________________________________________ LA DIRECTRICE DE LA PROTECTION DE LA JEUNESSE Requérante c. X ([...].96) En qualité d’adolescente et A «père» et B «mère»
En qualité de parents ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ [ 1 ] Une requête en protection est présentée relativement à X, âgée de 16 ½ ans. La directrice de la protection de la jeunesse recommande un hébergement en centre de réadaptation pour six mois avec diverses mesures de soutien social. Mère et adolescente demandent qu'elle soit maintenue au domicile maternel jusqu'à son intégration en milieu de thérapie. Le milieu de thérapie, soit le [centre A], est considéré comme un centre de réadaptation.
Le père de X n'assiste pas à l'audience et est d'ailleurs peu impliqué dans la vie de sa fille. [ 2 ] L'évaluation, suite au signalement du 4 octobre 2012, ainsi que l'enquête tenue ce jour ont fait ressortir de nombreuses difficultés chez l'adolescente et sa mère. X a un important problème de consommation de drogue.
Elle consomme depuis l'âge de 12 ans diverses drogues, soit speed, cocaïne, ecstasy, et ce, de façon variable, mais le fait de façon suffisamment sérieuse pour porter atteinte à sa sécurité ou son développement. [ 3 ] Depuis des années, X s'automutille, dit le faire autant quand elle est heureuse que lorsque malheureuse. Elle dit avoir un mal de vivre depuis de nombreuses années. La mère déclare, de son côté, qu'elle aussi a le mal de vivre depuis 41 ans.
De façon générale, par ailleurs, elle banalise tant la consommation de sa fille que ses gestes d'automutilation et son mal de vivre. [ 4 ] X a des problèmes d'apprentissage, elle est sans occupation, emploi, scolarisation. Elle apparaît plutôt perdue, même si elle semble avoir des ressources personnelles intéressantes. Vers la fin de l'été, X se croyait enceinte et semblait l'être. Quelques mois plus tard, il a été confirmé qu'elle ne l'était pas ou ne l'était plus. Difficile de savoir clairement.
[ 5 ] Depuis l'intervention de la directrice de la protection de la jeunesse dans les derniers mois, X n'a, de façon générale, pas tenu ses engagements, tant sur le plan scolaire que médical ou relativement aux tests de dépistage. [ 6 ] La mère de X a aussi un problème de consommation, elle consomme du cannabis tous les jours et de la cocaïne quelques fois par année. La mère dit aussi avoir un diagnostic d'angoisse sévère chronique. La relation mère-fille est mal définie avec peu de frontières selon le rapport éducateur. X agit, dans les faits, pas mal à sa guise.
La mère intervient de façon insuffisante face aux difficultés de sa fille et sur le plan de la consommation en particulier, est très peu crédible pour demander à sa fille de ne pas consommer. [ 7 ] La mère n'a pas démontré dans les derniers mois une volonté et/ou une capacité à redresser la situation de sa fille.
La motivation de X, relativement au [centre A], si cette motivation existe, est des plus récentes et remonte à peine à quelques jours. [ 8 ] La preuve prépondérante est à l'effet que X a de grands besoins qui ne peuvent être comblés que par un placement en centre de réadaptation à l'interne pour la période proposée. À l'intérieur de ce placement de six mois, X pourra intégrer une ressource spécialisée pour fins de désintoxication si elle le désire et si elle se qualifie pour telle démarche. [ 9 ] Ainsi le Tribunal considère que les mesures proposées sont bien fondées et dans le meilleur intérêt de l'adolescente.
POUR CES MOTIFS , le Tribunal: [ 10 ] DÉCLARE la sécurité ou le développement de l'adolescente compromis. [ 11 ] ORDONNE l'exécution des mesures suivantes pour une période de six (6) mois: - Que l'adolescente soit confiée à un centre de réadaptation; - Qu' une personne qui travaille pour un établissement ou un organisme apporte aide, conseils et assistance à l'adolescente et à sa famille; - Que les parents fassent rapport périodiquement sur les mesures qu'ils appliquent à eux-mêmes ou à leur adolescente pour corriger la situation; - Que les contacts mère-adolescente se déroulent suivant entente entre la mère, l'adolescente et la directrice de la protection de la jeunesse, selon l'évolution de la situation; - Que les contacts père-adolescente s'effectuent suivant entente entre les parties; - Que l'adolescente et ses parents participent activement aux mesures ordonnées; - Que l'adolescente reçoive les soins et services de santé requis par son état et qu'elle bénéficie de services spécialisés pour fins de désintoxication, dont une thérapie à l'interne si elle en manifeste le désir et se qualifie pour telle thérapie; - Que l'adolescente fréquente un milieu scolaire ou un autre milieu d'apprentissage ou qu'elle participe à un programme visant l'apprentissage à l'autonomie; [ 12 ] PREND ACTE du consentement de la mère à se soumettre à des tests de dépistage sur demande de la personne chargée du suivi social. [ 13 ] RECOMMANDE que les parents et l'adolescente autorisent la personne chargée du suivi social à entrer en contact avec les professionnels consultés afin d'en recevoir des rapports bilan. [ 14 ] CONFIE la situation de l'adolescente à la directrice de la protection de la jeunesse pour l'exécution de l'ordonnance. __________________________________ Jean Lebel, j.c.Q.
Me Philippe Bélanger, pour la directrice de la protection de la jeunesse Me Stéphanie Dion, pour l’adolescente Me Cynthia Brière, pour la mère /jb Date d’audience : 2013-03-18
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