2013 QCCQ 8786, 2013 QCCQ 8786
Opinion
Protection de la jeunesse — 131838 2013 QCCQ 8786 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE [...] ''Chambre de la Jeunesse'' No : 105-41-000342-130 DATE : Le 10 juin 2013 ______________________________________________________________________ sous la présidence de MADAME LA JUGE JANICK POIRIER, j.c.Q . ______________________________________________________________________ Dans la situation de: X , née le […] 1996 Adolescente [INTERVENANTE 1] Personne autorisée par la Directrice de la protection de la jeunesse Requérante et A Mère et B Père ______________________________________________________________________ JUGEMENT [ 1 ] X est une adolescente de 17 ans qui a toujours vécu avec son père.
La mère est pratiquement absente de la vie de sa fille.
[ 2 ] La situation de l'adolescente a été signalée à la directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) en raison des problèmes de comportement de la jeune fille et de carences dans le milieu familial. [ 3 ] Le Tribunal est maintenant saisi d'une requête en protection. [ 4 ] L'adolescente et son père admettent l'existence de certaines difficultés.
Ils expriment d'ailleurs tous deux leur accord aux recommandations présentées par la DPJ. [ 5 ] La preuve révèle que l'adolescente est colérique, contrôle difficilement ses impulsions et utilise parfois la violence afin de régler des conflits. [ 6 ] À l'hiver 2013, elle est d'ailleurs suspendue de l'école durant quelques jours après s'être battue avec une autre étudiante. X mentionne à l'intervenante sociale qu'elle garde un couteau sur elle afin de se défendre. [ 7 ] Par ailleurs, la consommation de stupéfiants de l'adolescente est très préoccupante.
Elle consomme du cannabis quotidiennement, parfois même à l'école. L'adolescente ne qualifie pas cette consommation de problématique mais elle consent, tout de même, à recevoir des services d'aide en toxicomanie. [ 8 ] En ce qui concerne l'école, l'adolescente a un retard important sur le plan académique. Elle se comporte toutefois généralement bien en classe. Elle fréquente l'école à raison de trois jours semaine. Les deux autres jours devraient être consacrés à des stages en milieu travail, mais X refuse d'y participer.
Elle demeure donc à la maison. [ 9 ] Lorsqu'elle est chez elle, l'adolescente fait ce qu'elle veut, lorsqu'elle le veut et son père n'a aucune autorité sur elle. Le père admet d'ailleurs avoir lâché prise car sa fille ne l'écoute pas. Le père est préoccupé par la consommation de stupéfiants de sa fille. Malheureusement, il ne prêche pas par l'exemple à cet égard. [ 10 ] En effet, monsieur B fume du cannabis tous les soirs. Il affirme toutefois ne jamais consommer en compagnie ou même en présence de sa fille. Le père souhaite que sa fille ne suive pas ses traces, affirmant lui-même ne pas être un bon exemple.
Le père, malgré ses difficultés, est très attaché à sa fille et il souhaite le mieux pour elle. [ 11 ] L'adolescente est toutefois le reflet de son milieu, de l'éducation reçue et des valeurs transmises.
Malgré ses 17 ans, elle se retrouve dans une situation de vulnérabilité. X a besoin d'aide, mais les résultats seront tributaires de sa collaboration et de son réel désir de changement. La participation du père aux mesures sera également indispensable. [ 12 ] La requête est donc bien fondée et les mesures proposées sont conformes à l'intérêt de l'adolescente.
POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL: [13] ACCUEILLE la présente requête; [14] DÉCLARE la sécurité et le développement de X compromis au sens de l'article 38 de la Loi sur la protection de la jeunesse; [15] ORDONNE que X soit confiée à son père; [16] ORDONNE que X et son père participent activement aux mesures proposées par la directrice de la protection de la jeunesse afin de corriger la situation de compromission; [17] ORDONNE que X bénéficie d'une évaluation en toxicomanie et d'un suivi, et qu'elle s'y implique aussi longtemps que jugé nécessaire par le professionnel concerné;
[18] ORDONNE qu'une personne oeuvrant au sein d'un organisme ou d'un établissement apporte à X ainsi qu'à sa famille, aide, conseil et assistance jusqu’au 29 avril 2014, date de sa majorité; [19] CONFIE la situation de X à la directrice de la protection de la jeunesse du Centre Jeunesse A pour l'exécution de la présente ordonnance. __________________________________ JANICK POIRIER, J.C.Q. ME LOUYSE A. LEMIEUX Procureure de la requérante ME FLORENCE FRAPPIER-ROUTHIER Procureure de l'adolescente MADAME A Mère (absente) MONSIEUR B Père Motifs déposés le 11 juin 2013
Loading document…