2015 QCCQ 19557, 2015 QCCQ 19557
Opinion
Protection de la jeunesse — 154768 2015 QCCQ 19557 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] LOCALITÉ DE [...] « Chambre de la jeunesse » N°: 525-41-030208-151 Date: 20 octobre 2015 SOUS LA PRÉSIDENCE DE L’HONORABLE TAYA DI PIETRO, J.C.Q. Dans le cas de: X Né le [...] 2000 [INTERVENANTE 1] , personne autorisée par la Directrice de la protection de la jeunesse des Centres de la jeunesse et de la famille A Personne requérante -et- A , la mère -et- B , le père Les parents JUGEMENT
Article 38 de la
Loi sur la protection de la jeunesse (L.R.Q., c. P-34.1 ) MISE EN GARDE: Dans le cadre de la
Loi sur la protection de la jeunesse , nul ne peut publier ou diffuser une information permettant d'identifier un enfant ou ses parents. Quiconque contrevient à cette disposition commet une infraction et est passible d'une amende. [ L.P.J.
article 11.2.1 et 135 ] [ 1 ] JD2620 Par la présente, le Tribunal confirme, motive et précise une décision rendue séance tenante le 20 octobre 2015. [ 2 ] Le Tribunal est saisi d'une requête en vertu de l'
article 38 de la
Loi sur la protection de la jeunesse [1] visant à faire déclarer que la sécurité et le développement de l'adolescent, X , âgé de quinze ans, sont compromis en raison de ses troubles sérieux de comportement. [ 3 ] Les faits allégués à l'appui de la requête datée du 23 septembre 2015 sont les suivants: 3.1. as relevant background information, the parents are separated and the mother has custody of the adolescent while the father has access rights every Monday night and every other Sunday as per a Superior Court order ; 3.2. the adolescent has serious behavioural disturbances and objects to steps taken by the parents to put an end to the situation, more particularly but not restrictively in that :
a) the adolescent has ongoing behavioural issues ;
b) in July 2014, the adolescent was diagnosed with Attention Deficit Disorder and Language Delays along with possible Obsessive Compulsive Disorder and Oppositional Defiance Disorder ;
c) in April 2015, the family attempted to have the adolescent followed by the psychoeducational team at the CLSC to no avail as the adolescent refused treatment ;
d) in May 2015, the adolescent was arrested and charged following an incident whereby he threatened the mother with a knife ;
e) the adolescent is physically and verbally abusive towards his siblings ;
f) the adolescent punches walls and makes holes in furniture when tempered ;
g) on three (3) occasions, the adolescent was found in the home and in the community with pocket knives ;
h) the adolescent does not respect parental authority ;
i) the adolescent comes and goes as he pleases ; 3.3. in August 2015, the psychiatrist at the CLSC recommended that the adolescent be prescribed medication coupled with therapy to address his conditions ; 3.4. the adolescent is irregularly complying with his Attention Deficit Disorder medication ; 3.5. the parents express being overwhelmed with the adolescent’s behaviours ; 3.6. given the adolescent’s deteriorating behaviours, placement in a rehabilitation centre is warranted (reproduit avec erreurs et/ou omissions). [ 4 ] À la lumière de ce qui précède, ainsi que de l'évolution de la situation depuis le dépôt de la requête, la Directrice de la protection de la jeunesse recommande que l’adolescent soit confié à un centre de réadaptation pour une période de six mois et qu'il bénéficie d'un suivi social, ainsi que d'autres mesures correctives, pour une période d’une année. [ 5 ] La mère, qui a choisi de procéder sans l'assistance d'un avocat, admet tous les faits allégués et consent aux mesures proposées. [ 6 ] Le père ne s’est pas présenté à l’audience, mais consent néanmoins aux mesures proposées tel qu’il appert de sa lettre datée du 16 octobre 2015 [2] . [ 7 ] L'adolescent, assisté de Me Benoit, admet la majorité des faits allégués et consent également aux mesures proposées. [ 8 ] De consentement et pour valoir preuve, la Directrice dépose les pièces D-1 à D-5: D-1: Birth certificate ; D-2: Court report, written by [social worker 1], dated October 13, 2015 ; D-3: Initial Psychiatric Assessment of X, signed by Zoe Thomas and Dr.
Judy Vogel, date July 25, 2014 ; D-4: Rapport d’évaluation psychologique, written by Martin Provencher, dated March 20, 2013 ; D-5: Police Report event […] . [ 9 ] En résumé, la preuve établit la situation de compromission qui justifie le placement de l’adolescent en centre de réadaptation et l'intervention de la Directrice de la protection de la jeunesse pour le motif allégué. [ 10 ] L’évaluation psychiatrique de l’adolescent décrit l’effet néfaste des conflits familiaux sur son fonctionnement: X is a 14 year-old boy with a 3 years history of fear of contamination, several compulsions, and oppositional behaviour at home.
He has previously diagnosed language disorder, learning disabilities and ADHD, as well as persistent social difficulties. Because of these genetic and developmental conditions, since a young age, X has been different from his other siblings. He has required multiple evaluations, support at school, and medication, and has been categorized by his family as a “difficult child”. In addition to resenting his challenges with learning, attention and socializing, X appears to harbour rage towards himself for being a misfit.
This anger leads him to act out in various ways that paradoxically escalate his family’s level of frustration towards him. X has had a fear of contamination for the past few years, as well as several behaviours that resemble compulsions; however, he does not report any preceding anxiety and can provide no information as to the origin of his distorted beliefs. He is not psychologically-minded and remains resistant to intervention. He does not seem to exhibit any psychotic phenomena or any worrisome suicidality. More significantly, the home environment is incredibly tense.
X’s father is undergoing a major depressive episode for which he is refusing treatment. X’s father is also physically abusive towards X, leading to X feeling targeted and unappreciated by his father. X states he responds to the abuse by feeling severely angry and deliberatly misbehaving. The couple have longstanding difficulties for which the father refuses to acquire couple counselling. They engage in frequent arguing which make the children constantly fearful of a separation. In fact, the parents have decided to separate but they have not taken any measures in this direction as of yet.
As such, X’s challenging temperament and the tense home environment are embedded in a vicious cycle, where each component reciprocally exacerbates the other. Since the parents are neither truly together but neither truly apart, the family is stuck in a stress- laden abyss which, at this point, is worse than the potential relief that would come with separation. Despite the prominence of his symptoms, no significant improvement can be anticipated as long as the home environment remains toxic.
Of the home tensions are maintained, the expectation is that his behaviour will worsen, become manifest in the school environment and become even less manageable. Currently, X’s positive behaviour in the school and camp environments represent optimistic indicators that if the family environment were more harmonious, he may be able to function more adequately. After the eventual separation, his fears and compulsions may decrease. He may then be re-evaluated for further treatment recommendations.
However, for the time being, medication is thought to confer little benefit, and psychotherapy would be ill-advised as X does not engage in the therapeutic process. [3] [ 11 ] Le diagnostic suivant est posé: • Parent-Child Relational Conflict
• R/O Obsessive-Compulsive Disorder • R/O Oppositional Defiant Disorder • Language disorder • Attention-Deficit Disorder [4] [ 12 ] Par ailleurs, l’évaluation psychologique de l’adolescent fait état des forces et faiblesses cognitives avec lesquelles il doit composer: Les résultats obtenus par X au WISC-IV, le situent majoritairement dans la « Moyenne faible » quant à ses capacités intellectuelles et cognitives. Ses difficultés d’abstraction et de généralisation quant au raisonnement verbal et à la formation de concepts altèrent et diminuent sa capacité à bien intégrer l’information.
Cependant, sa capacité supérieure à la moyenne de ses pairs à rester attentif, à emmagasiner de l’information à court terme et à démontrer de la flexibilité cognitive vient supporter et compenser sa difficulté d’intégration de l’information. Donc, X est un bon candidat à la poursuite de sa scolarité secondaire à l’école A.
Ce milieu offrant des conditions d’apprentissage optimales pour ce type de difficultés est et demeure l’endroit le plus bénéfique pour la poursuite de sa scolarité. [5] [ 13 ] Il y est recommandé qu’il continue à évoluer dans un milieu spécialisé pour les troubles de l’apprentissage et qu’il bénéficie de mesures de soutien adaptées, telles le recours à « beaucoup d’information visuelles » et des « schémas graphiques ». [ 14 ] Depuis l’hébergement de son fils en foyer de groupe, la mère constate une certaine amélioration et estime que les intervenants font un « très bon travail ».
L’adolescent concède aussi que son placement « n’est pas mauvais ». [ 15 ] Il bénéficie de contacts réguliers et fréquents avec ses deux parents qui se déroulent de façon positive. [ 16 ] Sa médication vient d’être ajustée (Prozac augmenté à 20 mg) et les intervenants attendent de voir si des bienfaits seront observés. [ 17 ] La famille souhaite le retour de l’adolescent auprès de sa mère et de sa fratrie le plus rapidement possible et il est à espérer qu’il pourra se réaliser au cours de l’ordonnance dans des conditions sécuritaires pour l’adolescent et sa famille. [ 18 ] Dans les circonstances, considérant les admissions et les consentements exprimés par chacune des parties, l'ensemble de la preuve convainc le Tribunal du bien-fondé de la requête et des conclusions recherchées.
PAR CONSÉQUENT ET POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL: [ 19 ] ACCUEILLE la requête; [ 20 ] DÉCLARE que la sécurité et le développement de l’adolescent, X , sont compromis en vertu de l'
article 38
f) de la
Loi sur la protection de la jeunesse ; QUANT AUX MESURES, LE TRIBUNAL ESTIME ÊTRE DANS L'INTÉRÊT DE L’ADOLESCENT D'ORDONNER LES MESURES CORRECTIVES SUIVANTES: [ 21 ] ORDONNE que l'adolescent soit confié à un établissement qui exploite un centre de réadaptation choisi par le centre de protection de l'enfance et de la jeunesse pour une période de six mois avec la possibilité d’une réintégration progressive dans son milieu familial dans trois mois, si la situation le permet; [ 22 ] ORDONNE que la fréquence et les modalités des contacts entre l’adolescent et ses parents soient déterminées après entente entre les parties; [ 23 ] ORDONNE que l’adolescent respecte les règles de la maison et qu’il s’abstienne d’agressivité verbale et physique envers sa fratrie et ses parents; [ 24 ] RECOMMANDE que l’adolescent continue à recevoir des services en lien avec sa santé mentale pour qu’il apprenne à mieux gérer ses émotions et impulsions et que la famille suive les recommandations des professionnels impliqués auprès de la famille; [ 25 ] RECOMMANDE FORTEMENT que l’adolescent prenne la médication prescrite par son médecin traitant pour son trouble de déficit de l’attention et son trouble obsessionnel compulsif; [ 26 ] RECOMMANDE FORTEMENT que les parents continuent de recevoir des services afin d’améliorer leurs capacités parentales; [ 27 ] AUTORISE la Directrice de la protection de la jeunesse à échanger des informations pertinentes avec les professionnels traitants impliqués auprès de la famille en PRENANT ACTE du consentement des parties; [ 28 ] ORDONNE qu'une personne oeuvrant au sein d'un établissement ou d'un organisme apporte aide, conseil et assistance à l'adolescent et à sa famille; [ 29 ] CONFIE la situation de l'adolescent, X , à la Directrice de la protection de la jeunesse des Centres de la jeunesse et de la famille A;
[ 30 ] ORDONNE l'exécution de la présente décision par tout agent de la paix, si nécessaire; [ 31 ] LE TOUT pour une période d’une année. TAYA DI PIETRO, J.C.Q. Me Edith Zadvoni Avocate de la Directrice de la protection de la jeunesse Me Christian Benoit Avocat de l’adolescent TD/vl
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