2020 QCCQ 8567, 2020 QCCQ 8567
Opinion
Protection de la jeunesse — 206605 2020 QCCQ 8567 JL3827 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE […] LOCALITÉ DE […] « Chambre de la jeunesse »
N° : 760-41-005787-182 DATE : 3 juin 2020 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE GILBERT LANTHIER, J.C.Q. ______________________________________________________________________ X Née le […] 2003 Adolescente LA DIRECTRICE DE LA PROTECTION DE LA JEUNESSE, Demanderesse -et- A -et- B Parents de l’adolescente ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ MISE EN GARDE : Dans le cadre de la
Loi sur la protection de la jeunesse , nul ne peut publier ou diffuser une information permettant d’identifier un enfant ou ses parents. Quiconque contrevient à cette disposition commet une infraction et est passible d’une amende. [L.P.J.
article 11.2, 11.2.1 et 135] [ 1 ] Alléguant que l’adolescente X est confiée à sa mère qui présente toujours des difficultés personnelles qui affectent leur relation, la Directrice de la protection de la jeunesse (ci-après nommée la Directrice) recommande une prolongation de l’ordonnance afin de soutenir la mère dans la mise en place d’une routine et d’un cadre. [ 2 ] L’adolescente est en accord avec les recommandations.
[ 3 ] Le Tribunal déplore l’absence des parents parfaitement au courant de la présente audience. [ 4 ] Voici les motifs de cette décision. Aperçu [ 5 ] L’adolescente est à l’aube de ses dix-sept (17) ans. [ 6 ] Chez sa mère, X est bien consciente des difficultés affectives de cette dernière engendrant une désorganisation de l’équilibre familial. [ 7 ] La mère semble incapable à ce jour de mettre en place une routine et un cadre précis et constant.
Devant consacrer l’essentiel de son temps à sa fille cadette, elle a peu de temps à offrir à X. [ 8 ] La mère présente aussi des diagnostics de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et de personnalité limite. [ 9 ] Depuis janvier 2020, elle profite des services d’une éducatrice de milieu. [ 10 ] Face à la situation dans son ensemble, X demeure sereine, mais devient découragée à certains moments. Par chance, elle réussit au plan académique. [ 11 ] X est aussi l’objet d’un renversement de rôles au sein de son milieu. Le soutien éducateur lui permet de ventiler quant à sa situation familiale.
Analyse [ 12 ] La situation est toujours fragile. La relation mère-fille est précaire.
Des tensions se manifestent à l’occasion. [ 13 ] Comme le mentionne la Directrice, le manque de frontières entre les deux (2) en est un exemple. [ 14 ] Il sera primordial pour la mère de participer davantage à son suivi social et son suivi éducateur. [ 15 ] X manifeste le désir de travailler son autonomie dans un avenir rapproché, entre autres avec son intervenante et son éducatrice de milieu. [ 16 ] Cela ne dispense pas la mère de passer davantage de temps avec sa fille qui a besoin de sentir la présence de sa mère étant toujours une adolescente. [ 17 ] Le Tribunal considère que les mesures recommandées par la Directrice sont appropriées et dans l’intérêt de l’adolescente.
PAR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL : [ 18 ] ACCUEILLE la demande en prolongation; [ 19 ] DÉCLARE que la sécurité et le développement de l’adolescente, X, sont toujours compromis; [ 20 ] PROLONGE l’ordonnance rendue le 11 novembre 2019; [ 21 ] ORDONNE que l’adolescente soit maintenue dans son milieu familial maternel; [ 22 ] ORDONNE que les contacts entre l’adolescente et son père s’effectuent selon entente entre les parties; [ 23 ] ORDONNE que les parents fassent rapport à la Directrice sur les mesures qu’ils appliquent à eux-mêmes ou à l’adolescente pour mettre fin à la situation qui compromet sa sécurité et son développement; [ 24 ] ORDONNE que l’adolescente et ses parents participent activement aux mesures; [ 25 ] ORDONNE qu’une personne qui travaille pour un établissement ou un organisme apporte aide, conseil et assistance à l’adolescente et à sa famille pour une période de neuf (9) mois; [ 26 ] CONFIE la situation de l’adolescente à la Directrice de la protection de la jeunesse A pour l’exécution de la présente ordonnance. __________________________________ GILBERT LANTHIER, J.C.Q.
Chambre de la jeunesse Signé le 3 juillet 2020 Me Anne-Catherine Bujold Procureure de la directrice
Me Stéphanie Castagnier Procureure de l’adolescente Date d’audience : 3 juin 2020
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