2013 QCCQ 17010, 2013 QCCQ 17010
Opinion
Protection de la jeunesse — 135683 2013 QCCQ 17010 JL3199 COUR DU QUÉBEC Canada PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] LOCALITÉ DE […] « Chambre de la jeunesse » N° : 200-41-011317-120 DATE : 21 octobre 2013 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE JEAN LEBEL ______________________________________________________________________ LA DIRECTRICE DE LA PROTECTION DE LA JEUNESSE Requérante c. X ([…].98) En qualité d’adolescente et A «père» et B «mère»
En qualité de parents ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ [ 1 ] La directrice de la protection de la jeunesse demande la prolongation de mesures de protection prononcées le 28 février 2013 où l'adolescente était confiée en centre de réadaptation pour six mois. On réclame le maintien de X en centre de réadaptation pour neuf mois additionnels, l'adolescente propose six mois.
Le père assiste à l'audience, rend témoignage et il est de façon générale en accord avec les prétentions de la directrice de la protection de la jeunesse. Quant à la mère, elle n'assiste pas à l'audience. [ 2 ] À la mi-février 2013, X a réintégré le centre de réadaptation après son séjour au [centre A].
Elle a, par la suite, à nouveau intégré le milieu thérapeutique à la mi-mai pour y demeurer jusqu'au 26 juin, moment où le [centre A] a mis fin à sa thérapie. [ 3 ] Le parcours de X dans les derniers mois a été plutôt laborieux, ponctué de consommation, de gestes d'automutilation, d'idéations et de gestes suicidaires. X a également fugué, a eu des fréquentations à risque. Cette adolescente fuit sous la pression, est très influençable. Elle pose des gestes autodestructeurs. X est très fragile au niveau émotionnel, recherche beaucoup l'attention. [ 4 ] De nombreuses consultations ont eu lieu en milieu hospitalier.
Le docteur Charland, psychiatre, indique que la problématique actuelle de X semble être un trouble de personnalité limite en voie de se cristalliser. Ses comportements excessifs surviennent de façon prépondérante dans des épisodes d'intoxication ou de sevrage. On observe une diminution de symptômes en période d'abstinence et on croit qu'on pourra obtenir une mobilisation par des interventions psychosociales. X peut avoir beaucoup de projets, mais a tendance à se décourager assez rapidement. [ 5 ] Le père de X voit sa fille régulièrement et ils maintiennent également des contacts téléphoniques entre eux.
Le père offre une
bonne collaboration avec les services. Quant à la relation mère-fille, elle est plutôt tendue et elles ont très peu de contacts ensemble. Il existe un lien certain entre la nature de la relation mère-adolescente et les difficultés de X. [ 6 ] X est actuellement en encadrement intensif et il est prépondérant qu'elle doit être maintenue en centre de réadaptation ne serait- ce que pour sa propre sécurité. Elle requiert un encadrement ainsi qu'une surveillance de tous les instants.
Cependant, le Tribunal considère que doivent être privilégiées des mesures de courte durée pour suivre de très près l'évolution de cette adolescente. X doit se prendre en main, se motiver, le demeurer, faire des petits pas, être encouragée et, en ce sens, le Tribunal estime plus porteur de changement de courtes mesures d'hébergement ou le point sera fait à l'échéance.
POUR CES MOTIFS , le Tribunal: [ 7 ] DÉCLARE la sécurité ou le développement de l'adolescente toujours compromis. [ 8 ] ORDONNE l'exécution des mesures suivantes jusqu'au 21 janvier 2014: - Que l'adolescente soit confiée à un centre de réadaptation; - Qu' une personne qui travaille pour un établissement ou un organisme apporte aide, conseils et assistance à l'adolescente et à sa famille; - Que l'adolescente reçoive les soins et services de santé requis par son état; - Que l'adolescente bénéficie de services pour son problème de consommation et prend acte du consentement de l'adolescente à cet effet; - Que les parents fassent rapport périodiquement sur les mesures qu'ils appliquent à eux-mêmes ou à leur adolescente pour corriger la situation; - Que l'adolescente et ses parents participent activement aux mesures ordonnées; - Que l'adolescente et ses parents se présentent à intervalles réguliers chez la directrice de la protection de la jeunesse pour lui faire par de l'évolution de la situation; - Que l'adolescente fréquente un milieu scolaire; - Que les contacts parents-adolescente s'effectuent suivant entente entre les parties, à défaut, que ces contacts aient lieu en milieu approuvé par la directrice de la protection de la jeunesse et tiennent compte de l'évolution de la situation de X; [ 9 ] PREND ACTE du consentement de l'adolescente à poursuivre son suivi psychologique. [ 10 ] PREND ACTE du consentement de l'adolescente à ce que les professionnels consultés informent le directeur de la protection de la jeunesse de sa participation, de sa collaboration et de son évolution dans les différents suivis. [ 11 ] FIXE la suite de l'audition au 21 janvier 2014, 9h30, chambre 2.48 . [ 12 ] CONFIE la situation de l'adolescente à la directrice de la protection de la jeunesse pour l'exécution de l'ordonnance. __________________________________ Jean Lebel, j.c.Q.
Me Pascal Bérubé, pour la directrice de la protection de la jeunesse Me Bruno Riopel, pour l’adolescente /jb Date d’audience : 2013-10-21
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