2010 QCCQ 3692, 2010 QCCQ 3692
Opinion
R. c. Pagé 2010 QCCQ 3692 JL-3223 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE CHICOUTIMI Chambre criminelle et pénale N° : 150-01-023431-084 DATE : 5 mai 2010 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DU JUGE PIERRE LORTIE ______________________________________________________________________ LA REINE Poursuivante c.
YVES PAGÉ Accusé ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ INTRODUCTION [ 1 ] Yves Pagé [l'accusé] est inculpé comme suit: Le ou vers le 22 mai 2008, à Saguenay (Chicoutimi), district de Chicoutimi, s'est livré à des voies de fait contre [la plaignante] et lui a infligé par là des lésions corporelles, commettant ainsi l'infraction punissable sur déclaration
sommaire de culpabilité prévue à l'
article 267
b) du Code criminel . [ 2 ] Au procès, trois témoins ont été entendus. D’une part, la poursuite a appelé la présumée victime et un dénommé Christian Brisson, témoin de faits postérieurs. D’autre part, l'accusé, qui nie sa culpabilité, a donné sa version. Son avocat plaide la légitime défense. LA PREUVE [ 3 ] Plusieurs éléments de la preuve administrée par la poursuite et la défense se rejoignent. En voici le résumé. [ 4 ] La plaignante [madame], aujourd’hui âgée de 37 ans, travaille comme infirmière dans la région de Saguenay. [ 5 ] L'accusé [monsieur], 38 ans, est policier militaire.
Il a un garçon issu d’une union antérieure. [ 6 ] Autour du mois de juillet 2007, les parties font connaissance par l’entremise d’un réseau internet. C’est le coup de foudre. Après une période de fréquentation, monsieur emménage dans la maison de madame à Jonquière vers novembre 2007. [ 7 ] Les premiers mois, tout fonctionne bien. Toutefois, au fil du temps, les différences de caractère apparaissent. D’une part, madame est très émotive et pleure facilement lorsqu’un conflit éclate.
En de telles circonstances, « je veux régler les choses tout de suite, je veux parler […] c’est important pour moi d’aller au fond des choses […] ». D’autre part, monsieur se tait et se renferme lorsqu’un litige surgit. Madame précise à ce sujet : « Ça l’agresse si je vais au fond des choses ». En outre, l'accusé devient encore plus irrité quand la plaignante pleure. À l’occasion, il sacre, ce qui déplaît grandement à madame qui formule alors des reproches. Par ailleurs, le différend de l'accusé avec son ex-conjointe, concernant la garde de leur enfant, affecte indirectement la plaignante.
Par surcroît, à quelques reprises, monsieur menace de quitter madame. Au total, la plaignante parle d’une relation « intense ». [ 8 ] Tous ces éléments, pris dans leur ensemble, conduisent à un arrêt de travail de la plaignante vers décembre 2007. Le médecin diagnostique une dépression majeure et prescrit des antidépresseurs. Sa sensibilité et son émotivité augmentent. [ 9 ] Au procès, les parties se reprochent mutuellement d’être à l’origine d’échanges musclés, dont un au début du mois de mai 2008. Le couple réalise que cela n’a pas de sens.
Comme ils tiennent l’un à l’autre, l'accusé, après discussion, décide de consulter une psychologue qui tiendra quelques rencontres, dont une en compagnie de la plaignante. En apparence, la situation s’améliore. [ 10 ] Les parties planifient alors un séjour familial à l’extérieur de la région. Le 22 mai, elles se rendent faire des achats dans un grand magasin situé dans un centre commercial à Chicoutimi, près d’un boulevard achalandé.
[ 11 ] En circulant dans les rayons du magasin, le couple se perd de vue. Alors que madame examine certains articles dans un rayon, elle est saisie en entendant la voix brusque de son conjoint : « Aïe! Qu’est-ce que tu fais? ». Elle se retourne et constate que monsieur a l’air fâché. Subitement, il disparaît. [ 12 ] À ce moment, compte tenu de la fragilité du couple, madame devient très anxieuse. Elle finit par retrouver monsieur dans un autre rayon et lui lance en sacrant : « Christ de baveux! ». Frustré, monsieur répond : « Tu sacres! Toi qui me demande de ne pas sacrer ».
Il remet brusquement ses articles dans un rayon, tourne les talons et quitte les lieux. [ 13 ] Extrêmement stressée, madame se rend à la caisse payer ses articles, se demandant si son conjoint l’attend à l’extérieur. Elle se dirige vers le camion de monsieur (un Dodge Ram) et constate qu’il est toujours là. Selon madame, monsieur démarre brusquement le véhicule. Pour sa part, monsieur témoigne qu’il ne pouvait « circuler en fou » car le stationnement était plein et qu’il devait suivre le trafic. [ 14 ] Pendant que le camion circule, madame présente des excuses.
Elle constate la froideur de monsieur et lui demande « on peut tu se parler? ». Monsieur reste de marbre et madame lui prend la main pour le calmer. Le camion circule sur le boulevard et le trafic est dense. [ 15 ] À cette étape, les parties présentent leur version que le Tribunal résume ainsi : ▪ Version de la plaignante : Je prends sa main droite avec ma main gauche pour le calmer. Je mets ma main sur sa jambe. Il retire brusquement ma main. Son poing est fermé, il est fâché. Je remets ma main, au moins trois fois. Je lui parle pour le calmer. Je pleure. Comme il ne se calme pas, j’ai encore plus de peine.
Je lui dis de ne pas briser notre fin de semaine. Ensuite, il me donne trois coups avec sa main droite. Les deux premiers coups m’atteignent à l’abdomen et je lui dis : « T’as pas d’affaire à me faire ça ». Le troisième coup arrive plus haut, sur le nez. Je ressens une chaleur. Le sang gicle sur le tableau de bord. Le camion roule toujours. ▪ Version de l'accusé : Pendant que je conduis, elle me tire sur la main. Il y a beaucoup de trafic sur le boulevard. Elle insiste pour que je lui parle et moi je garde silence. Elle met sa main sur moi et je lui demande de me lâcher.
Je mets les mains sur le volant et elle tire sur ma main. Le volant tourne et il y a un risque d’accident. La situation est dangereuse. Je saisis son poignet pour la repousser et elle me dit « T’as pas le droit ». Elle me donne un coup de poing sur le bras. Je crie « Assez ». Elle me redonne un coup de poing. Je la repousse en faisant un geste horizontal avec mon bras. Elle s’avance vers moi. Je veux la tasser. À trois reprises, je fais un balayage. Les deux premières fois, je l’atteins à l’épaule. La troisième fois, comme je suis incliné, mon bras arrive plus haut.
Quand je la repousse, je regarde en direction du trafic. Je pense que je l’ai atteint au visage avec la paume de ma main. Je portais alors un bracelet magnétique assez épais. Mon intention était de repousser madame. « Jamais, jamais j’ai voulu lui faire mal, je voulais qu’elle se tasse parce que c’était dangereux, j’étais au volant ». [ 16 ] Suite au troisième mouvement, madame crie : « Tu m’as cassé le nez! » Monsieur panique et répond avec étonnement : « Tabarnak, qu’est-ce que tu as là? ». Elle répond : « Tu m’as fait mal ». Il immobilise son camion près d’un commerce et porte assistance à madame.
Elle sort du camion et saigne abondamment. Elle voit un homme inconnu (il s’agit de Christian Brisson) et lui dit que l'accusé lui a cassé le nez. L'accusé déclare spontanément à M. Brisson : « J’ai paniqué, je lui ai crissé un coup de même ». [ 17 ] Avec son cellulaire, l'accusé appelle l’ambulance, mais madame conclut qu’il est plus utile d’aller directement à l’hôpital. Monsieur acquiesce et la conduit à toute vitesse à l’urgence. Les intervenants prennent charge puis, après examen, le médecin diagnostique une fracture du nez [1] .
De plus, il constate un œdème à la paupière droite. [ 18 ] Madame accepte de rencontrer monsieur et lui dit de façon répétitive : « Tu m’as cassé le nez ». Une travailleuse sociale intervient et suggère à madame de séjourner dans une maison qui accueille les femmes victimes de violence conjugale. En outre, la travailleuse propose à monsieur de suivre une thérapie offerte aux hommes violents et impulsifs. Démoli, convaincu qu’il a un problème, il accepte la proposition. [ 19 ] Le soir de l’événement, madame et monsieur reviennent à la maison. L’ambiance est froide.
À un certain moment, il regarde le visage tuméfié de sa compagne et se met à pleurer. [ 20 ] Le lendemain, madame se présente pour quelques jours à la maison d’hébergement. En parallèle, elle se prend en photo sur sa Webcam [2] . Les lésions au visage sont apparentes. Saisissantes. [ 21 ] À cette étape, madame ne porte pas plainte. Elle veut voir comment les choses vont évoluer et quelle sera l’attitude de monsieur. Se reprendra-t-il en main? [ 22 ] Rempli de remords, monsieur tente de rétablir la communication. Il se fait conseiller de dire à madame ce qu’elle veut entendre.
Dans ce contexte, le 26 mai, il envoie un message par courrier électronique dont le texte est reproduit en
annexe [3] . [ 23 ] Au début du mois de juin, madame reçoit la visite de policiers militaires qui recueillent sa déclaration. En outre, les agents prennent des photos [4] . Des lésions sont visibles autour des deux yeux, principalement du côté droit. En outre, des bleus apparaissent sur le bras gauche. [ 24 ] Sur les conseils de certaines personnes, madame décide de porter plainte. Elle rencontre l’enquêteur de la sûreté municipale et, le 11 juin, ce dernier remet à l'accusé une promesse de comparaître à la Cour le 6 août.
Parmi les conditions, on retrouve une interdiction de communiquer avec la plaignante. [ 25 ] Éprouvant le besoin de parler à l'accusé, la plaignante demande le 27 juin d’enlever la condition. Un juge accueille cette demande et il sera uniquement interdit d’importuner ou harceler madame.
[ 26 ] À la mi-juillet, les parties tentent de reprendre la vie commune mais l’union se termine définitivement le 31 juillet 2008. [ 27 ] Au procès, l'accusé apporte la précision suivante. Il a mesuré l’intérieur d’un gros camion identique au sien, comportant une console entre les deux sièges. Sur cette base, il conclut que le conducteur ne peut atteindre le visage du passager, à moins que ce dernier se rapproche. À l’appui de son constat, il dépose une photo [5] . ANALYSE ET DÉCISION [ 28 ] L'
article 267 C.cr ., texte créateur de l’infraction, se lit comme suit : Est coupable […] d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure
sommaire et passible d’un emprisonnement maximal de dix-huit mois quiconque, en se livrant à des voies de fait, selon le cas : a) […];
b) inflige des lésions corporelles au plaignant. [ 29 ]
La définition générale de « voies de fait » se retrouve à l'
article 265 C.cr . Ainsi, commet des voies de fait quiconque « d’une manière intentionnelle, emploie la force, directement ou indirectement, contre une autre personne sans son consentement ». Par ailleurs, selon l'
article 2 C.cr ., les « lésions corporelles » correspondent à une « [b]lessure qui nuit à la santé ou au bien-être d’une personne et qui n’est pas de nature passagère ou sans importance ». [ 30 ] Le moyen de légitime défense invoqué par l'accusé est prévu à l' article 34(1) C.cr ., au
chapitre de la défense de la personne : Toute personne illégalement attaquée sans provocation de sa part est fondée à employer la force qui est nécessaire pour repousser l’attaque si, en ce faisant, elle n’a pas l’intention de causer la mort ni des lésions corporelles graves. [ 31 ] Quels sont les éléments essentiels de cette défense?
La juge Sophie Bourque développe les principes suivants dans le recueil Droit pénal, lorsque l'accusé est agressé [6] : Avant de passer à l'étude de ces dispositions, rappelons que, lorsque la légitime défense est invoquée par l'accusé, celui-ci n'a qu'à soulever un doute raisonnable qu'il a agi en légitime défense .
Le fardeau demeure donc entier pour la poursuite de convaincre le juge des faits hors de tout doute raisonnable que l'accusé ne se trouvait pas en état de légitime défense. […] L' article 34 (1) C.cr . donne l'autorisation à toute personne illégalement attaquée, sans provocation de sa part, d'employer la force nécessaire pour repousser l'attaque dans la mesure où elle n'a pas, ce faisant, l'intention de causer la mort ou des lésions corporelles graves. Il faut donc une analyse progressive de la preuve. Premièrement, il faut déterminer si l'accusé est illégalement « attaqué » par la victime.
Afin de déterminer le caractère illégal de l'attaque, on doit considérer si le comportement de cette dernière entre dans les paramètres des articles 265 et suivants C. cr. lesquels définissent le crime de voies de fait. Par exemple, l'accusé ne peut invoquer l' article 34 (1) C.cr . si, au départ, il consent à l'application de la force. Par ailleurs, il a été reconnu que la défense d'erreur de fait s'applique à l'accusé qui croit sincèrement et honnêtement qu'il est illégalement attaqué .
Ainsi, si l'accusé croit sincèrement, mais faussement, que la victime le menace d'appliquer la force et qu'il a des motifs raisonnables de croire que la victime est en mesure de le faire, alors l' article 34 (1) C.cr . s'applique. Mentionnons également qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait une attaque illégale réelle, que des menaces peuvent très bien constituer une attaque illégale . Deuxièmement, il ne faut pas que l'accusé provoque cette attaque. […].
La force utilisée ne peut dépasser ce qui est nécessaire pour repousser l'attaque et ne doit pas l'être avec l'intention de causer la mort ou des lésions corporelles graves. Toute force qui va au-delà de la force nécessaire est injustifiée et entraîne un verdict de culpabilité. Les facteurs à considérer pour déterminer si la force est nécessaire sont sensiblement les mêmes que dans le cas de personnes utilisant la force dans l'application de la loi. Une approche tolérante à l'évaluation objective de la force nécessaire cependant doit être favorisée.
Ainsi, il fut déterminé que le seul fait que des blessures sérieuses résultent de l'application de la force ne doit pas automatiquement entraîner une conclusion qu'elle n'était pas nécessaire . […].
Finalement, tout comme dans le cas des personnes autorisées, on ne s'attend pas non plus à ce que l'accusé mesure avec exactitude la force nécessaire. […] Rappelons en terminant que pour bénéficier de la protection de l' article 34 (1) C.cr ., l'accusé ne doit pas avoir l'intention de causer la mort ou des lésions corporelles graves. [7] [ 32 ] La question de l’importance des blessures qui résultent de l’application de la force a été analysée dans l’arrêt de la Cour d’appel R. c. Gilbert [8] .
La juge Tourigny exprime alors l’opinion qu’il est erroné de tirer des conséquences juridiques, à partir des blessures subies, quant à la détermination de la force excessive. Ainsi : « […] on ne peut s'attendre à ce qu'une personne mesure à la perfection la portée de ceux [les coups] qu'elle donne ». [ 33 ] Le présent Tribunal doit donc appliquer tous ces principes au cas d’espèce. [ 34 ] Dans sa plaidoirie, la poursuite fait grand état de la conduite postérieure de l'accusé : déclaration spontanée au témoin Brisson, expression de regrets à la plaignante, envoi du courriel, thérapie.
Le Tribunal estime qu’à cet égard la prudence s’impose. Il serait risqué d’attribuer une responsabilité pénale en raison de propos tenus sous le coup de la panique ou d’excuses et de tentatives de réconciliation. Dans la même logique, le Tribunal ne pourrait conclure à l’absence de voies de fait lorsque madame tente de reprendre avec l'accusé et demande d’assouplir les conditions de mise en liberté.
[ 35 ] Par ailleurs, certains éléments contextuels doivent ici être soulignés :
a) La scène se déroule en quelques secondes et le Tribunal, pendant des heures, a décortiqué de façon microscopique le fil des événements. Par analogie, comme l’énonce la Cour suprême dans Gill succession c. Canadian Pacific ltée [9] , il faut éviter le piège d’évaluer l’action en donnant trop de poids au recul confortable de l’audition et du délibéré par opposition à l’action elle-même. Le véritable test est d’évaluer les actes au moment où ils se produisent [10] .
b) Le Tribunal ne peut faire abstraction du caractère des parties. Ainsi, madame est une personne qui réagit fortement aux émotions et veut aller immédiatement au fond des choses sur-le-champ. L'accusé, en de telles circonstances, a tendance à se replier. Tout cela, sur fond d’une relation « intense » selon le qualificatif utilisé par madame. [ 36 ] Cela étant, le Tribunal, dans son analyse, retient les éléments suivants. [ 37 ] Premièrement, l'accusé pouvait raisonnablement croire qu’il se sentait attaqué par la plaignante :
a) Les événements survenus dans le magasin ont accentué la tension qui existait déjà au sein du couple.
b) Monsieur conduit son camion sur le boulevard et la circulation est dense.
c) Madame est assise du côté passager. L’intérieur du camion, selon le témoignage de l'accusé, compte une certaine largeur. Il y avait donc une bonne distance entre le conducteur et la passagère. Or, madame a été blessée du côté droit du visage. Monsieur témoigne qu’elle ne pouvait être touchée du côté droit si elle conserve sa position de passagère. Ainsi, il est plausible de croire que madame se soit rapprochée de monsieur.
d) Elle touche monsieur qui repousse la main. De son propre aveu, elle persiste à toucher monsieur.
e) En prenant la main de monsieur, elle fait tourner le volant.
f) Elle était en situation de panique. Dans ce contexte, il est possible, comme l’affirme monsieur, qu’elle ait porté des coups ou, du moins, que l'accusé ait perçu une menace. [ 38 ] Deuxièmement, la preuve ne révèle pas que l'accusé ait provoqué la force utilisée par la plaignante. [ 39 ] Troisièmement, comme l'accusé a perçu honnêtement une menace, alors qu’il conduisait le camion dans une circulation dense, il était bien fondé d’utiliser la force nécessaire pour repousser madame. L'accusé a-t-il posé un geste qui va au-delà de la « force nécessaire »?
Tel que mentionné, la jurisprudence enseigne que les blessures sérieuses n’emportent pas automatiquement une conclusion défavorable à l'accusé. En l’espèce les facteurs suivants doivent être considérés :
a) Tel que mentionné, madame s’est approchée de monsieur.
b) Lorsqu’il la repousse, il ne la regarde pas. Son attention est portée vers la circulation.
c) Il portait une grosse montre bracelet. Il est possible que l’instrument ait causé les blessures, en repoussant madame avec la main.
d) Lorsque madame se plaint de la blessure au nez, monsieur réagit avec étonnement. Elle-même témoigne de la surprise de son conjoint. [ 40 ] Quatrièmement, les facteurs qui viennent d’être exposés, conjugués au témoignage de l'accusé, créent un doute à l’égard du caractère intentionnel de causer des lésions. ◊ [ 41 ] Au total, la défense de l'accusé soulève un doute raisonnable. Il doit donc être acquitté. CONCLUSION [ 42 ] PAR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL : [ 43 ] PRONONCE un verdict d’acquittement.
__________________________________ PIERRE LORTIE Juge à la Cour du Québec M e Nicole Ouellet Procureur aux poursuites criminelles et pénales M e Julien Boulianne Avocat de l'accusé Dates d’audience : 1 er et 5 mars 2010 COURRIEL TRANSMIS PAR L'ACCUSÉ À LA PLAIGNANTE Bonjour ma belle […], Je t'écris ces quelques ligne pour essayer de soulager ma peine, ma peine de t'avoir blessée… physiquement ainsi que mentalement.
Je suis découragé et je ne sais plus du tout ou j'en suis rendu dans ma vie, on dirait qu'il n'y aura pas de lendemain, tu n'es pas là et le goût de vivre n'y est plus non plus, je m'ennui énormément, mais je comprend ton besoin. J'essai de trouver tout les moyens pour me sortir de là, j'en ai parlé à mon chiro ce matin, il m'a fait des techniques qui, il m'a dit, vont peut-être m'aider à savoir ce qui ce passe quand j'ai trop de stress émotionel, il m'a dit que cela va m'aider à me contrôler en quelques mots, ça avait l'air compliquer ce qu'il me disait mais en résumé je crois que c'est bon pour mes émotions.
J'ai pris des informations pour m'inscrire à des cours de Karaté, on apprend à ce contrôler dans cette discipline aussi. Mais ça m'intéresse plus ou moins. Je vais rencontrer le travailleur social mardi pm, je vais prendre rendez-vous avez ma psy un peu plus tard et je me demande si je n'irai pas en parler à un médecin sur la base, parce que là, j'ai vraiment pas la tête au travail, je ne dors plus et je revois sans cesse les images de ce qui c'est passé dans le camion jeudi.
Je revois aussi toutes nos chicanes… pis je me dis "maudit, à la grosseur que tu as, réveille toi, elle est si fragile et douce" ensuite je me demande, mais pourquoi en sommes nous rendu là et la réponse est que j'ai été méchant et je savais quoi dire pour te faire du mal, te faire perdre le contrôle, tout comme moi je le perd. Tout ça à cause du maudit "Pattern", tu veux me ramener, arranger les choses et moi je suis borné à augmenter le niveau de tension jusqu'à ce que ça éclate.
Ensuite, je t'en veux parce que tu es méchante avec moi pour une situation quelconque, mais c'est à cause de ce que j'ai fais avant (il y a quelques mois) et que j'avais oublié. Au Walmart, quand tu m'a traité de christ de baveu alors que tout était super pour moi, ça allait bien, j'étais content que nous soyons en harmonies, ben j'étais tellement surpris de tes mots, que tu sois si fâché, j'en étais bouchebé.
Je n'étais même pas vraiment fâché, j'ai juste voulu faire le gars fâché parce que tu m'avais sacré après, pour te montrer que tu ne veux pas que je sacre après toi dans cette situation, mais je comprend que c'est à cause des choses que j'ai faites dans le passé qui t'ont fais pensé que j'étais fâché. Le fameu cercle vicieu.
Je me demande sans cesse également pourquoi j'ai fais cela… Peut-être que je suis fais pour vivre seul et être malheureux… j'ai le droit d'être heureux, tout comme toi, je vais avoir 37 ans la semaine prochaine et on dirait que j'ai tellement perdu d'années… J'aimerais tellement me rattrapper et passé le reste de mes jours heureux avec toi, mais le plus important pour moi, est que TU sois heureuse. Je pleure chaque jours depuis que tu es parti, je m'en veux tellement. Je n'ose même plus regarder personne dans les yeux. Je ne me sens pas bien du tout, je perd un peu chaque jour, ta présence me manque tellement.
Je sais que je t'ai dit que je dirais à n'importe qui, qui vit cette situation de sacrer son chum qui la frappé là, le laisser. Mais, elle ne le font pas, elles croient presque tous qu'il peut devenir meilleur et ne plus jamais faire cela, parfois c'est vrai et d'autres fois non. Mais si un gars veux vraiment changer et s'améliorer, qu'il va chercher de l'aide et fait les efforts nécessaire, je crois qu'il mérite sa chance.
Ma mère m'a confiée que mon père l'a déjà frappé comme ça avant qu'elle se marie, mon père lui a promis de ne plus jamais faire cela, ils se sont marié quelques mois plus tard et il n'a jamais recommis un tel acte, c'est la preuve qu'on peut se reprendre. Tu le demanderas à ma mère, j'ai tellement été surpris d'entendre ça. Daccord, c'était pas la première fois, je t'ai peut-être déjà dit que je ne le ferais plus, mais mettons que je ne me prenais pas au sérieux, ou je ne voyais pas ça aussi grave. Là je le réalise.
Nous sommes encore ensemble aujourd'hui et c'est grâce à toi ma belle, tu y as toujours cur, mais je t'en suppli, n'arrête pas d'y croire, pas cette fois si, donne moi une autre chance de te rendre heureuse comme tu le mérite, je ne serai pas parfais, mais je serai mieux, ça, je peux te le promettre, je ne léverai plus jamais la main sur toi et c'est certain, je vais chercher les outils nécesaire pour changer cela. Pour cesser cette violence physique et psychologique.
Si j'ai voulu te quitté dans le passé et qui te rend si insécure aujourd'hui, c'étais parce que j'avais fais des erreurs qui ton rendu malheureuse et je pensais que je ne te méritais pas. Mais tu m'as toujours ramené. Aujourd'hui, c'est moi qui essai de te ramener, j'ai fais une grave erreur, mais j'ai appris beaucoup, je veux dire, je vais apprendre encore beaucoup de cette erreur qui me fais souffrir. Je ne suis pas la victime, je souffre en dedans, mais rien de comparable à ce que tu peux vivre, tout ce que je peux faire est de te demander pardon et de te demander de m'accorder une dernier chance.
Je t'aime ma belle […], crois moi, s'il te plaît.
xxx
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