2016 QCCQ 9743, 2016 QCCQ 9743
Opinion
Dupuis c. Smart Styles Inc. 2016 QCCQ 9743 COURT OF QUEBEC Small Claims Division CANADA PROVINCE OF QUEBEC DISTRICT OF MONTREAL Civil Division No: 500-32-148192-158 DATE: September 7, 2016 ______________________________________________________________________ BY THE HONOURABLE ELIANA MARENGO, J.C.Q. ______________________________________________________________________ FRANÇOIS DUPUIS Plaintiff v.
SMART STYLES INC. and LAWRENCE KHOURY and REGINA ANNE KHOURY and YASMEEN KHOURY Defendants ______________________________________________________________________ JUDGMENT ______________________________________________________________________ [ 1 ] Plaintiff, who is a notary, is suing defendants, on account, for professional services rendered. [ 2 ] Plaintiff's statement of account, in the amount of $2,311.87, filed as exhibit P-1, is dated July 26, 2012.
It is essentially for the drafting, preparation and execution of 3 deeds of mainlevée in relation to 3 collateral hypothecs registered on 3 residential properties belonging respectively to the 3 Khoury defendants. The statement was issued to defendant Smart Styles Inc. ("Smart"), for whose benefit the above securities were granted. [ 3 ] As it appears from statement P-1 and, as per plaintiff's admissions at trial, he received instructions to do this work from HSBC Bank Canada ("the Bank"), not from defendants.
It was also established that defendants received no prior notice either of the mandate or the price of the services to be rendered. [ 4 ] Statement P-1 was not acquitted by Smart. Subsequent demand letters, respectively dated January 30, 2014 and July 8, 2015 (exhibits P-2 to P-5), were sent to Smart and defendants Khoury. Plaintiff's claim was filed, on July 24, 2015. [ 5 ] Smart did not file a contestation.
[ 6 ] Defendants Khoury contested in writing and only Lawrence Khoury ("Lawrence") was present at trial. Lawrence denies the existence of a lien de droit between the parties. He does not deny that plaintiff rendered the services in question; but alleges that defendants owe nothing and that the fees are excessive. [ 7 ] Although, on July 14, 2004, defendants Khoury contractually undertook, in collateral hypothecs, exhibits P-7, P-8 and P-9 (par. 12), to "pay all costs related to (the) hypothec(
s) and to any discharge thereof", they did so vis-à-vis their co-contractor, the Bank, and not plaintiff. [ 8 ] A contract between a notary and a client constitutes a contract for services. Art. 2098 of the Civil Code of Quebec defines the parameters of the contract as follows: " 2098.
A contract of enterprise or for services is a contract by which a person, the contractor or the provider of services, as the case may be, undertakes to another person, the client, to carry out physical or intellectual work or to supply a service, for a price which the client binds himself to pay to him." [ 9 ] In the present case, in 2004, defendants bound themselves vis-à-vis the Bank to pay discharge costs, but did not bind themselves to pay plaintiff's fees, per se , which were never discussed or agreed upon. [ 10 ] Art. 51 of the Code of Ethics of Notaries [1] states: " 51.
Every notary shall inform his client of the approximate cost of his services. He shall not determine the amount of his fees without knowing all the elements required to establish the amount. He must promptly inform his client where he anticipates that the approximate cost will be exceeded." [ 11 ] Whether or not the amount of the claim is justified, if it was plaintiff's intention to invoice his services to defendants, they had a right to know the approximate cost thereof, beforehand. In fact, they had a right to decide whether or not to enter into a contract with plaintiff at all.
It was incumbent upon plaintiff to clarify these issues when he received instructions from the Bank, before executing the mandates, failing which he would only have a recourse for his fees, against the Bank; and the Bank could ultimately and potentially call defendants into warranty. [ 12 ] In an
article entitled " Le Contrat de service professionnel: précisez les attentes pour éviter les mauvaises surprises ", [2] the author notary François Bibeau writes: "3. LES RÈGLES DE BASE
a) L'engagement Les règles concernant les contrats de service professionnel sont établies par le Code civil du Québec . C'est l'
article 2098 qui nous en donne les éléments importants, soit: 1) Que le professionnel (appelé dans le Code civil, le prestataire de service) s'engage envers son client à accomplir un travail intellectuel ou à « fournir un service "; et 2) Que ce client « s'oblige » à payer au professionnel le prix convenu pour cette prestation. […]
e) Les honoraires […] Les honoraires pourraient en fait être déterminés par le contrat lui-même, la loi (par exemple en médiation familiale), les usages (en matière immobilière souvent en fonction de la concurrence dans une région donné
e) ou encore en fonction de la valeur du service (déterminée soit en fonction de la complexité du dossier ou de l'expertise du notaire). Il faudrait cependant faire attention si cette question prend la forme d'une estimation. Dans ce cas, toute augmentation devrait être justifiée par le professionnel. Si cette augmentation était prévisible lors de la signature du contrat et qu'elle n'a pas été spécifiée, le client ne sera pas tenu de l'assumer.
Précisons que l'article 51 du Code de déontologie des notaires prévoit que le notaire doit être en mesure de mentionner au client le « coût approximatif de ses services ». […] Lorsque le notaire fixe ses honoraires à forfait, il établit arbitrairement la valeur du travail qu'il devra accomplir. […] Le client devra alors payer les honoraires convenus même s'il lui semble que le notaire a eu moins de travail à accomplir dans le cadre de son dossier que ce qui avait été prévu au préalable .
De même, le notaire ne pourra exiger des honoraires supplémentaires dans le cas contraire." (emphasis added) The key words are "que ce qui avait été prévu au préalable". Here, nothing was established beforehand. [ 13 ] In Hébert v. Di Battista , [3] the Court decided as follows: " Le Code de déontologie des notaires prévoit : "Le notaire doit éviter de fixer le montant de ses honoraires sans connaître tous les éléments permettant de les établir. Il doit néanmoins voir à ce que son client soit averti du coût approximatif et prévisible de ses services." (Art. 3.07.01, c. N.2 r. 3)
Il est assez surprenant que le demandeur réponde candidement qu'il n'a pas fait connaître le coût de ses honoraires alors que leCode de déontologie en fait une obligation très claire. De fait, Madame Di Battista n'avait aucune idée de le valeur des honoraires qui lui seraient réclamés, pas plus que le base surlaquelle ceux-ci seraient calculés. Un pourcentage, un taux horaire, les deux? Est-il nécessaire de rappeler que le notaire a un devoir de renseignement et d'information et qu'aux termes de cet
article duCode de déontologie, il doit voir à faire connaître le coût approximatif et prévisible de ses services. C'est donc dire que même si le clientn'en fait pas la demande, c'est à lui de s'acquitter de ce devoir d'information. Comme l'écrit l'honorable juge Amédée Monet parlant d'un
article semblable du Code de déontologie des avocats : "Ces dispositions sont le reflet d'une règle de bon sens. Le client n'a-t-il pas intérêt à connaître de façon assez concrète ce à quoi il doits'engager? Cette connaissance lui permettra de prendre une décision éclairée. Parfois, il arrivera à la conclusion que le jeu ne vaut pas lachandelle. Parfois il croira bon de consulter quelqu'un d'autre. De toute façon, il est raisonnable qu'il soit placé dans une position dedécider en connaissance de cause. Ainsi, il y aura pas ou peu de surprise plus tard.
Ces dispositions ont pour effet d'imposer à l'avocat une obligation de renseignement. Dans le présent cas, le juge constate en définitivequ'il y a eu manquement à cette obligation. Quelle est la sanction? Le juge, me semble-t-il, est d'avis que la sanction est une réductiondes honoraires. Dans la relation avocat client, je ne vois pas d'autre sanction satisfaisante." (Mathieu c.
Marchand, (QC CA), [1986] R.D.J. p. 296-300)" (sic) [14] In the present case, however, not only were defendants not advised of the approximate cost of the services; they were notadvised that the services would be carried out at all. [15] Consequently, there is no consent (arts. 1385 ff C.C.Q.), and there is no lien de droit between the parties. WHEREFORE THE COURT HEREBY: DISMISSES plaintiff's claim, with legal costs in the amount of $100.00. __________________________________ ELIANA MARENGO, J.C.Q. Date of hearing: June 28, 2016 [3] Hébert c. Di Battista (Succession de), [1996] no AZ-50386176 (C.Q.).
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