2014 QCCA 876, 2014 QCCA 876
Opinion
Leduc c. Montréal (Ville de) 2014 QCCA 876 COUR D’APPEL CANADA PROVINCE DE QUÉBEC GREFFE DE MONTRÉAL N° : 500-09-022698-120 (500-17-067736-119) DATE : 5 MAI 2014 CORAM : LES HONORABLES ALLAN R. HILTON, J.C.A. FRANÇOIS DOYON, J.C.A. MARIE-FRANCE BICH, J.C.A. JACQUELINE LEDUC APPELANTE – mise en cause c.
VILLE DE MONTRÉAL INTIMÉE - demanderesse et COMMISSION DES RELATIONS DU TRAVAIL MISE EN CAUSE - défenderesse ARRÊT [ 1 ] L'appelante se pourvoit contre un jugement de la Cour supérieure, district de Montréal (l'honorable Mark Schrager), rendu le 25 avril 2012, accueillant la requête en révision judiciaire de l'intimée et annulant la décision de la Commission des relations du travail (le commissaire Mario Chaumont) rendu le 15 août 2011 accueillant la plainte de l'appelante en vertu de l'
article 72 de la
Loi sur les cités et villes (RLRQ c. C-19). [ 2 ] Pour les motifs du juge Hilton, auxquels souscrit le juge Doyon, et pour les motifs de la juge Bich, LA COUR: [ 3 ] REJETTE l'appel avec dépens. ALLAN R. HILTON, J.C.A. FRANÇOIS DOYON, J.C.A. MARIE-FRANCE BICH, J.C.A. Me Joël Mercier CASAVANT MERCIER Pour l'appelante Me Jean Rochette DAGENAIS, GAGNIER, BIRON Pour l'intimée Date d’audience : Le 5 février 2014
REASONS OF HILTON, J.A. I INTRODUCTION [ 4 ] A decision of the Commission des relations du Travail held that a senior municipal employee of the City of Montreal had been "dismissed/destitué" within the meaning of
section 72 of the Cities and Towns Act [1] when, from its perspective, her fixed term contract was not renewed for an unjustified reason that was unrelated to the expiry of the term of the contract. The issue in this appeal is whether that conclusion was or was not a possible acceptable outcome of the adjudication of the employee's complaint in the context of the employer's judicial review proceedings. [ 5 ] The provision on which the complaint was based, as well as
section 71 to which subsection 72(1) refers, are as follows: 71. The council shall appoint by resolution such officers and employees as it deems necessary for the administration of the municipality, and shall fix their salaries.
An absolute majority of the votes of the members of the council is required in order that the council may dismiss, suspend without pay or reduce the salary of an officer or employee who is not an employee within the meaning of the Labour Code (chapter C-27 ) and who has held a position for at least six months or has held, within the municipality, a position the holder of which is not an employee within the meaning of that Code. However, in the case of the chief auditor, a two-thirds majority of the votes of the members is required.
The second paragraph also applies to any officer or employee who is not an employee represented by a certified association within the meaning of the Labour Code , who is designated under paragraph 7 of
section 119 of the Act respecting land use planning and development (chapter A- 19.1 ), designated under
section 35 of the Municipal Powers Act (chapter C-47.1 ), responsible for the issuance of the authorization required under
section 3 of the Groundwater Catchment Regulation (
chapter Q-2 , r. 6), or responsible for the issuance of a permit required under
section 4 of the Regulation respecting waste water disposal systems for isolated dwellings (chapter Q-2, r. 22), and who, for at least six months, has held that position or a position, within the municipality, referred to in the second paragraph. 71. Le conseil nomme par résolution les fonctionnaires et employés qu'il juge nécessaires à l'administration de la municipalité, et fixe leur traitement.
Un vote à la majorité absolue des voix des membres du conseil est requis pour que ce dernier puisse destituer, suspendre sans traitement ou réduire le traitement d'un fonctionnaire ou employé qui n'est pas un salarié au sens du Code du travail (chapitre C-27 ) et qui, depuis au moins six mois, occupe son poste ou a occupé, au sein de la municipalité, un poste dont le titulaire n'est pas un tel salarié. Toutefois, dans le cas du vérificateur général, un vote à la majorité des deux tiers des voix des membres est requis.
Le deuxième alinéa s'applique également à l'égard de tout fonctionnaire ou employé qui n'est pas un salarié représenté par une association accréditée au sens du Code du travail , qui est, soit visé par le paragraphe 7° de l'
article 119 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1 ), soit désigné en vertu de l'
article 35 de la
Loi sur les compétences municipales (chapitre C- 47.1 ), soit chargé de la délivrance d'une autorisation prévue à l'article 3 du Règlement sur le captage des eaux souterraines (
chapitre Q-2 , r. 6), soit chargé de la délivrance d'un permis prévu à l'article 4 du Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (chapitre Q-2, r. 22) et qui, depuis au moins six mois, occupe son poste ou a occupé un poste visé au deuxième alinéa au sein de la municipalité. 72. A resolution dismissing, suspending without pay or reducing the salary of an officer or employee referred to in the second or third paragraph of
section 71, shall be served on the officer or employee in the same manner as a summons under the Code of Civil Procedure (chapter C-25 ). Subject to
section 89 of the Police Act (chapter P-13.1 ), a person on whom a measure described in the first paragraph has been imposed may, within 30 days following service of the resolution, file a complaint in writing with the Commission des relations du travail established by the Labour Code (chapter C-27 ) to make an inquiry and dispose of the complaint. 72. La résolution destituant un fonctionnaire ou employé visé au deuxième ou au troisième alinéa de l'article 71, le suspendant sans traitement ou réduisant son traitement doit lui être signifiée de la même façon qu'une assignation en vertu du Code de procédure civile (chapitre C-25 ). Sous réserve de l'
article 89 de la
Loi sur la police (chapitre P-13.1 ), la personne qui fait l'objet d'une mesure visée au premier alinéa peut, dans les 30 jours qui suivent la signification de la résolution, soumettre une plainte par écrit à la Commission des relations du travail instituée par le Code du travail (chapitre C-27 ) pour qu'elle fasse enquête et dispose de sa plainte.
[ 6 ] The outcome of the complaint and the judicial review proceedings that followed hinged largely on the judgment of Bishop, J. in Chambly (Ville de) v. Gagnon , [2] which, although reversed by this Court, [3] was restored by the Supreme Court of Canada.
In brief reasons, that court affirmed his reasons as to the meaning of the word "dismissal / destitution". [4] II THE FACTS AND THE PROCEEDINGS [ 7 ] As a result of the legislative merger of all Montreal island suburban municipalities with the then existing City of Montreal that was to come into force on January 1, 2002, the appellant Mtre Jacqueline Leduc was hired by the transition committee of the newly created city contemplated by the legislation [5] to occupy the position of City Clerk for a maximum duration of five years. [6] The term of the contract was fixed as running between October 23, 2001 and October 23, 2006. [ 8 ] The principal provision of the contract that is relevant to the litigation between the parties is
section 3.1, which is to the following effect: 3.1 Salaire annuel de base Le salaire de base est fixé è compter du 1 er janvier 2002 à 120 000 $ dans la fourchette salariale du groupe de traitement CD – III des cadres de direction. L'Employée sera évaluée annuellement, pendant la durée du contrat, sur l'atteinte des objectifs qui lui auront été fixés par son supérieure immédiat pour l'année écoulée. Sur la base d'une telle évaluation, le salaire annuel de base pourra être révisé en conformité avec la politique de rémunération des cadres de direction de la nouvelle ville de Montréal.
À la fin de la deuxième période d'évaluation, les parties conviennent de réévaluer les dispositions du contrat portant sur la rémunération et la durée du contrat. Cette réévaluation doit avoir lieu dans les trois (3) mois qui suivent la fin de la deuxième période d'évaluation. La révision du contrat qui découle de cette réévaluation est décidée par l'instance décisionnelle compétente de la Ville, sur la recommandation du directeur général.
Pour les fins de l'application de l'article 6, le terme du contrat est réputé être la fin de la deuxième période d'évaluation ou la date de la fin du contrat de cinq ans, selon le cas. [Emphasis added.] [ 9 ] It is to be further noted that
section 5 of the contract contemplated the possibility of Mtre Leduc being dismissed during its term without notice or indemnification for "malversation ou autre cause de négligence caracterisée et incompatible avec les responsabilités rattachées à sa fonction". [ 10 ] As matters evolved, Mtre Leduc's salary was adjusted upwards.
Although there were various undertakings by her immediate supervisors to recommend a transformation of the five-year term into one of indeterminate duration, no such recommendation was ever submitted to the competent decision-making authority of the City. [ 11 ] From the onset of the contract until May of 2006, the overall evaluation of Mtre Leduc's performance as City Clerk was very favourable.
Her already demanding task was rendered even more challenging by the referendum process engaged pursuant to subsequent provincial legislation that contemplated the possible de-merger of suburban municipalities, [7] some of which had opposed the legislative merger. [8] She was especially diligent in the exercise of her duties, even at one point preferring to take prescribed medication instead of a medically recommended leave of absence owing to her exhaustion. [ 12 ] The situation, unfortunately, began to take a different turn in May of 2006.
As the result of what Mtre Leduc perceived as an unjustified intrusion into her responsibilities by a workplace colleague in the special projects division concerning the hiring of a chief of staff of the leader of the opposition, her exchanges with him relating to jurisdictional issues were so vehement that he was reduced to tears. Then, on June 19, 2006, another incident occurred, this time between Mtre Leduc and her immediate supervisor, Mtre Robert Cassius de Linval.
She had telephoned him while he was in New York City on business to express her frustration about a perceived error that the director of the City's legal department would have committed, during which she observed that she was fed up being treated as a "fille de cuisine". [ 13 ] Mtre Cassius de Linval did not take well to her complaint, or the manner by which it was transmitted to him.
He told her that he had had enough defending her during the preceding four years, and that they would discuss the matter upon his return to Montreal. [ 14 ] It should be noted here that Mtre Cassius de Linval had sent Mtre Leduc a most eloquent Christmas card in December of 2005 in which he spoke of her immense courage, devotion without limits, tireless work habits and unequalled loyalty, adding that it was an immense privilege and above all a great pleasure for him to be able to work with her.
Moreover, earlier in June of 2006, he had indicated his wish to renew her contract, on the condition, however, that she participate in "coaching" sessions in order to improve her interaction with others. Despite Mtre Leduc's refusal to do so on the basis that she was too old to change, Mtre Cassius de Linval indicated to her that he still intended to recommend the renewal of her contract. [ 15 ] Despite that, on June 29, he informed her that he was not going to do so.
He then secured the approval of his superiors not to recommend the renewal of Mtre Leduc's contract, the effect of which would still leave her as a senior employee of the municipality, albeit in a different role than that of City Clerk. [ 16 ] Between September 7 and 18, several meetings took place between them. Mtre Leduc expressed the view that the term of her contract should already have been changed by then, in accordance with the negotiations that would have taken place before she signed
the contract. At the latter meeting, she also expressed a willingness to undergo the "coaching" she had earlier refused. [ 17 ] Despite having told her that a final decision had not yet been reached, Mtre Cassius de Linval wrote to her on September 21 informing her formally that subsequent to their discussions that had begun in early June, he would not be recommending the execution of a new contract with her for the position of City Clerk. The decision, he wrote, was taken in particular for the reasons given in their meetings and the outcome of those meetings.
He then went on to explain the consequences of her non-renewal, which included the maintenance of her existing salary and workplace benefits, and that she would be offered an available position compatible with her credentials in a para-municipal entity affiliated with the City of Montreal. [ 18 ] On September 25, Mtre Cassius de Linval prepared a detailed recommendation to the City Council in which he noted that the contract of the City Clerk (that is, Mtre Leduc) was to expire on October 23, and that it was therefore necessary to nominate someone to fill the position as of October 24.
The person so recommended, for a period of 6 to 12 months, was Mtre Yves Saindon, and Mtre Cassius de Linval provided an outline of Mtre Saindon's qualifications to hold the position. The Executive Committee of the City of Montreal adopted a resolution giving effect to his recommendation, and the City Council followed suit with its own resolution later the same day. [ 19 ] On October 17, counsel for Mtre Leduc filed a complaint on her behalf with the Commission based on
section 72 of the Act . The City's immediate reaction was to seek its dismissal based on its submission that Mtre Leduc had not been dismissed, but that the fixed term of her contract had expired.
Commissioner Michel Denis granted the application and dismissed the complaint for that reason. [9] The ratio of his conclusion is well expressed in the concluding three paragraphs of his decision: [39] Des jugements de la Cour suprême et de la Cour supérieure, dans l'affaire Chambly, il faut conclure, d'une part, qu'il ne peut y avoir destitution sans que la ville commette un acte visant à priver l'employé de sa fonction ou de sa charge dans le but de le sanctionner.
D'autre part, l'absence de renouvellement d'un contrat ne constitue pas un tel acte, à moins de circonstances telles la présence d'une clause de renouvellement automatique ou d'un renouvellement tacite, d'un contrat qui s'est renouvelé par le passé et a cessé de l'être à la suite d'une pratique interdite par la loi, ... [40] Dans le présent cas, il n'y a aucune preuve que la plaignante a été privée de sa fonction de greffier, ayant rempli cette charge jusqu'au terme de son contrat.
De plus, la preuve n'établit aucune circonstance semblable à celles mentionnées au paragraphe précédent et qui permettrait de contester l'absence de renouvellement. [41] Que monsieur Robert Cassius de Linval ait, lors des communications ou rencontres avec la plaignante, formulé ou non des insatisfactions à l'égard de celle-ci ou qu'il ait refusé ou non de reconnaître ses mérites n'est d'aucune importance pour la solution du dossier.
Le contrat de la plaignante expirait, la plaignante n'était donc pas privée de la fonction qui lui était confiée pour cette durée, et l'absence de renouvellement ne peut, à elle seule, constituer une destitution. [ 20 ] Mtre Leduc then undertook judicial review proceedings to nullify that decision and thus to permit her complaint to proceed with the adduction of evidence that would tend to show she was dismissed rather having reached the expiry of the term of her contract.
Lemelin, J. granted her motion, and the ratio of her judgment is reflected in the following extract from her reasons: [45] Le commissaire Denis s'appuie sur l'arrêt de la Cour suprême dans Ville de Chambly pour conclure qu'il n'y a pas destitution. L'honorable juge Gonthier conclut, pour les motifs énoncés par le juge Bishop en première instance, qu'il n'y a pas eu de destitution, la Ville n'ayant commis aucun acte qui a privé l'intimée de sa charge.
Le contrat a pris fin à l'expiration du terme. [46] Le Tribunal ne croit pas nécessaire à ce moment de discuter de l'application faite par le commissaire Denis de l'arrêt Chambly mais une lecture des motifs résumés par le juge Bishop permet d'apprécier l'utilité d'une audition de témoins. [47] Après une studieuse revue de la jurisprudence, il retient entre autres que l'expiration du terme d'un contrat d'emploi à durée fixe, en l'absence d'une clause de renouvellement automatique ou d'un renouvellement tacite, met fin au contrat d'emploi.
Comme le souligne justement la mise en cause, le non-renouvellement de ce contrat d'emploi ne constitue pas une destitution. [48] Le juge Bishop assujettit cette dernière conclusion à une condition importante : Ce dernier principe ne s'appliquera pas si la preuve démontre que le non-renouvellement du contrat est, en réalité, un congédiement ou une destitution déguisée, par exemple lorsque le non-renouvellement est relié à une faute commise par l'employé et une mesure disciplinaire imposée par l'employeur. (Nos soulignements) [49] C'est précisément l'objectif poursuivi par la requérante, elle annonce vouloir démontrer les raisons véritables de la fin de son emploi ou du non-renouvellement de son contrat.
Si l'
article 185 de la Charte de la Ville de Montréal prévoyait que le contrat du greffier devait être pour une durée maximale de 5 ans, il ne prohibait pas le renouvellement du contrat. [50] Le droit au travail est certes important pour tous. Il demeure que l'article 72 de la L.C.V. confère une protection spécifique aux fonctionnaires pour leur permettre d'agir avec sérénité et à l'abri d'ingérence ou de manœuvres politiques.
Le Tribunal ne présume pas que ce fût le cas en l'espèce et il faut donner à la requérante la possibilité de faire sa preuve sur ce qui est arrivé et l'origine de ses attentes. [51] Bref, prenant en compte toutes les circonstances du dossier, le Tribunal conclut que la règle audi alteram partem n'a pas été respectée.
Cette seule conclusion justifie la révision judiciaire de la décision de l'arbitre. [10] [ 21 ] Morissette, J.A. then dismissed the City's application for leave to appeal, [11] as did the Supreme Court of Canada. [12] The matter was therefore returned to the Commission, and the matter came on for hearing before Commissioner Mario Chaumont. Mtre Leduc and Mtre Cassius de Linval were the only two witnesses to testify. The Court was informed at the hearing that both of them
were called by counsel on behalf of Mtre Leduc, and that the City led no evidence with a view to justifying its decision to appoint Mtre Saindon as City Clerk beyond that of the expiry of the term of Mtre Leduc's contract. [13] [ 22 ] The commissioner's decision focuses in the main on the context of the contract of employment that governed the relationship between the parties, the undertakings prior to June of 2006 to extend its term and the nature of the incidents that prompted Mtre Cassius de Linval not to recommend that Mtre Leduc's contract be extended. In light of what the commissioner considered to be an appropriate
interpretation of the reasons of Bishop, J. in Chambly , [14] as endorsed by the Supreme Court, [15] he concluded that what happened to Mtre Leduc was a disguised dismissal. The essence of his reasons for reaching that conclusion are as follows: [100] Le 29 juin 2006, le directeur principal signifie à la plaignante qu'il n'a pas l'intention de renouveler son contrat parce qu'elle n'est pas assez rassembleuse, qualité requise chez un greffier, et, de surcroît, qu'elle a refusé de changer. [101] Il s'agit là d'un revirement surprenant de la part du directeur principal.
De son arrivé en poste comme directeur principal jusqu'en juin 2006, il a toujours manifesté sa satisfaction à l'endroit du travail de la plaignante. [102] Certes, il lui a demandé, à une occasion, en mai 2005, d'éviter de s'attaquer à la personne même lorsqu'elle doit régler un problème avec quelqu'un.
Toutefois, il n'est jamais revenu sur cette question par la suite, sauf lors de l'annonce de sa décision du 29 juin 2006. [103] Rappelons aussi les termes élogieux qu'utilise le directeur principal lorsqu'il lui adresse ses voeux de fin d'année 2005: immense courage, dévotion sans borne, infatigable travail et inégalable loyauté.
Sans oublier sa conclusion: "Ta présence rend la ville meilleure!" [104] De plus, en mai 2006, il lui déclare qu'elle est la meilleure personne pour occuper le poste de greffier et qu'elle doit demeurer en poste. [105] Le 8 juin 2006, il lui réitère son intention de modifier la durée de son contrat, mais assortie de la condition qu'elle participe à une démarche de "coaching".
Malgré son refus, il lui dit qu'ils en reparleront, car il a toujours l'intention de la renouveler. [106] Ce refus n'est donc pas considéré comme définitif, pas plus qu'il n'entraîne la perte de son poste de greffière. [107] Que se passe-t-il donc pour que le directeur principal change à ce point de position?
Un seul événement l'explique, soit la communication téléphonique de quelques minutes du 19 juin 2006, alors qu'il est à New York. [108] Selon lui, la plaignante est en crise, utilise un ton élevé, se plaint d'être négligée et d'être traitée comme une "fille de cuisine". [109] Il met fin à la discussion, déclarant qu'il en a assez, qu'il l'a défendu depuis quatre ans, mais que cette fois c'est terminé. [110] Cette crise est occasionnée par l'absence de consultation de la part du contentieux avant la production d'une opinion juridique qui affecte le travail de la plaignante.
Le directeur principal reconnaît qu'il s'agit d'une erreur du contentieux. [111] Sans excuser complètement la conduite de la plaignante, sa crise peut s'expliquer aussi par ce qui s'est passé récemment. En effet, quelques semaines auparavant, elle apprend que le directeur de la Division des projets spéciaux et de l'administration, voire même le directeur principal, a interféré dans ses activités.
Il s'agissait du contrat de travail de la chef de cabinet de la chef de l'opposition. [112] Si l'on ajoute à cela la fatigue qu'elle éprouvait, nous avons là les éléments annonciateurs d'une crise sous une forme ou une autre. [113] L'employeur a échoué à démontrer que la plaignante n'était pas rassembleuse. Les attaques personnelles qu'elle aurait proférées ne sont pas prouvées, les allégations contenues dans le témoignage du directeur principal ou dans le rapport du psychologue ne sont pas appuyées par des faits.
Il y a eu des commentaires concernant ses collègues, mais ils ont été prononcés au directeur principal, dans le cadre d'une discussion, le 15 septembre, survenant après l'annonce de son intention de ne pas le renouveler. [114] Son refus de participer à un exercice de "coaching" a été expliqué et, surtout, il n'a pas été maintenu. [115] Quoi qu'il en soit, même si l'employeur avait démontré les motifs qu'il reproche à la plaignante, la Commission ne pourrait les retenir comme justifiant sa destitution. [116] Sauf en cas de faute grave ou d'incompétence majeur, un employeur doit aviser un employé des fautes ou des manquements qui lui sont reprochés afin de lui permettre d'apporter des corrections.
De même, il sera avisé des conséquences de son défaut de ne pas se corriger ou d'effectuer des modifications. Selon le type de manquement et le type de poste occupé, l'employeur doit aussi lui accorder le temps de s'amender. Il doit même l'aider (voir à
titre d'exemple: Cotsco Wholesale Canada LTD c. Gérard Laplante , 2005 QCCRT 0788 ). [117] Dans le présent dossier, l'employeur a toujours manifesté sa satisfaction à l'endroit du travail de la plaignante. Ce fût donc une surprise pour elle d'apprendre l'existence de reproches suffisamment graves en même temps que l'annonce du retrait de sa charge de greffière . [Emphasis added.] [ 23 ] Accordingly, the commissioner annulled the dismissal of Mtre Leduc that, from his perspective, occurred on the day she was replaced as City Clerk, that is, October 24, 2006.
He further reserved jurisdiction to determine the relief to which she would be entitled in the absence of an agreement between the parties. [ 24 ] The City then undertook judicial review proceedings to annul the decision of Commissioner Chaumont. Without having
formally granted the City's motion in the disposition of his judgment, the motion's judge nevertheless annulled the decision under review and dismissed Mtre Leduc's complaint. The motion's judge wrote that he applied the standard of reasonableness to his review of the decision, and accepted all of the conclusions of fact at which the commissioner arrived. [ 25 ] Nevertheless, he held the decision was unreasonable, and that the outcome was not amongst those that was possible.
In reaching this conclusion, he viewed the exception referred to in the judgment of Bishop, J. that was relied on in the decision of the commissioner in a more limitative manner. His reasoning is well summed up in the following extract: [44] En conséquence, dans l'opinion du Tribunal, pour prouver que le non-renouvellement de son contrat constituait une destitution déguisée, Leduc aurait dû établir que ce non-renouvellement était dû à l'exercice par elle d'un droit d'ordre public ou autre cause similaire. Le fardeau de cette preuve incombait à Leduc.
L'insatisfaction avec la performance d'un employé comme motif de non- renouvellement ne transforme pas le non-renouvellement en destitution, même si cette non-performance serait un motif insuffisant pour terminer un contrat d'emploi à durée indéterminée. [45] Dans la présente cause, le juge administratif [16] a traité le contrat comme un contrat à durée indéterminée et a jugé que les motifs de non-satisfaction étaient insuffisants pour justifier le congédiement.
L'ensemble de la preuve indique que le supérieur immédiat de Leduc était insatisfait de sa performance et se questionnait afin de savoir si son caractère était apte pour un tel poste. Cette position n'enfreignait aucun droit d'ordre public de Leduc et ne tombe pas dans l'exception prévue dans l'arrêt Chambly c.
Gagnon . [ 26 ] After Dufresne, J.A, granted leave to appeal from the Superior Court judgment in this case, [17] thereby suspending its execution, Commissioner Chaumont rendered a decision determining the extensive relief to which Mtre Leduc was entitled, including in particular an order that she be reinstated as City Clerk. In addition, there were various orders of a financial and compensatory nature as follows: [18] FIXE le salaire que Jacqueline Leduc aurait dû gagner en 2011 à 143 274,73 $ et à 149 722,09 $ en 2012; FIXE à 113 450 $ l'indemnité à
titre de président d'élection; FIXE à 80 464,16 $ l'indemnité pour la somme dépensée pour l'exercice du recours; FIXE à 10 000 $ l'indemnité pour dommages moraux; ORDONNE à Ville de Montréal de verser à Jacqueline Leduc, dans les quinze (15) jours de la signification de la présente décision, la somme de 113 450 $ ainsi que, s'il y a lieu, toute autre rémunération à
titre de président d'élection ayant été versée après le 20 février 2012, le tout portant intérêt conformément à l'
article 100.12 du Code du travail à compter de la date de chacun des paiements effectués par Ville de Montréal au greffier qui a remplacé la plaignante; ORDONNE à Ville de Montréal de verser à Jacqueline Leduc la somme totale de 90 464,16 $ (80 464,16 $ + 10 000 $) dans les quinze (15) jours de la signification de la présente décision; ORDONNE à Ville de Montréal de verser à Jacqueline Leduc, dans les quinze (15) jours de la signification de la présente décision, la différence entre le salaire réellement gagné en 2011 et 2012 et celui fixé par cette décision pour la même période, le tout portant intérêt conformément à l'
article 100.12 du Code du travail à compter du moment où le salaire aurait dû être versé; DÉCLARE qu'à défaut d'être indemnisée dans les délais prescrits, Jacqueline Leduc sera en droit d'exiger de Ville de Montréal pour chaque journée de retard, un intérêt sur l'indemnité due au taux fixé suivant l'article 28 de la
Loi sur l'administration fiscale; [ 27 ] The City attacked that decision by judicial review proceedings in the Superior Court, [19] after which Wagner, J.A., then a judge of this Court, suspended Commissioner Chaumont's order granting relief to Mtre Leduc. [20] These proceedings remain pending in the Superior Court, presumably awaiting the outcome of this appeal.
III CONTENTIONS OF THE PARTIES [ 28 ] Mtre Leduc argues that although the motion's judge said he was applying the standard of reasonableness to his review of the decision, in fact he improperly applied a standard of correctness, and did not show an appropriate degree of deference to it.
A proper application of the standard of reasonableness leads to the conclusion that the decision falls within the range of possible acceptable outcomes, especially keeping in mind the expertise of the decision-maker in interpreting contracts of employment. [ 29 ] The City urges the Court to hold that the proper standard of review is that of correctness, with the result that the appeal should be dismissed.
Nevertheless, it argues that even on an application of the standard of reasonableness, the decision falls outside the range of possible acceptable outcomes by assessing the basis on which the contract of employment came to an end as if it were one of indeterminate duration, thus placing the evidentiary burden on the employer to justify the non-renewal. IV ANALYSIS AND DISCUSSION [ 30 ] To begin with, I agree with Mtre Leduc that the proper standard of review is that of reasonableness. [ 31 ] The law in effect at the time precluded the possibility of Mtre Leduc being hired as City Clerk for an indeterminate term.
The only live issue before Commissioner Chaumont was whether the non-renewal of her fixed term contract amounted to a disguised dismissal rather than the expiry of its term on October 23, 2006. The matter to be resolved required Commissioner Chaumont to interpret and apply the principles of Chambly to the facts as he found them. To the extent that the decision was based on conclusions of fact, such
an undertaking was eminently within his expertise. [21] [ 32 ] Assessing whether or not his conclusion was reasonable, however, also invites the Court to analyse what transpired in Chambly , since a conclusion as to what the law means must be seen in relation to the facts on which that conclusion was based.
It also requires an examination of applicable principles of Quebec municipal law, which are not within the commissioner's range of expertise. [ 33 ] Chambly was a case in which Fernand Gagnon, the city's police chief, had a fixed term contract of five years beginning on July 1, 1989 that did not contain a provision providing for its automatic renewal. On May 3, 1994, Chambly's municipal council adopted a resolution to the effect that his contract would not be renewed when it expired later that year on June 30. Mr. Gagnon then initiated proceedings in the Court of Quebec under
section 79 of the Police Act then in force [22] in which he sought to have the resolution annulled and claimed damages. The statute contemplated recourse before three judges of the Court of Quebec when a police officer had been "destituté / dismissed". [ 34 ] Before the Court of Quebec, Chambly contested the jurisdiction of the Court since the resolution it adopted merely noted the expiry of Mr. Gagnon's contract of employment and its decision not to renew it. It had adopted the resolution to avoid the application of
article 2090 C.C.Q ., which could have led to Mr. Gagnon to argue his contract had been renewed tacitly if he had continued in his position for a minimum of five days without opposition from the municipality. [ 35 ] The judgment of the Court of Quebec rejected Chambly's submissions and held, insofar as relevant to this appeal, that: •
section 79 of the Police Act should be given a liberal
interpretation in order to achieve its objectives; • the word "destitution / dismissal" should be interpreted to mean depriving someone "de sa charge, de sa fonction ou de son emploi", without being limited to disciplinary circumstances in which Mr. Gagnon would have committed a fault; • the members of the municipal council who testified had nothing to reproach Mr. Gagnon and had not shown any valid or serious reason to justify their decision not to renew his contract other than the expiry of its term. [23] [ 36 ] Accordingly, the Court of Quebec annulled Chambly's resolution with respect to Mr.
Gagnon, ordered his reinstatement as chief of police, and further ordered the payment of his salary as such from the date of the resolution, along with the payment to him of $20,000 for the expenses he incurred in the prosecution of his appeal. Chambly then undertook judicial review proceedings in the Superior Court. After an extensive analysis of the meaning of "destitution / dismissal", Bishop, J. concluded, however, that Mr. Gagnon had not been the dismissed.
He thus revised and annulled the judgment of the Court of Quebec. [ 37 ] His reasoning is summarized in the following extract from his judgment: En résumé, les décisions ci-haut citées établissent les principes de droit civil suivants : 1. La "destitution" ou "dismissal" d'un employé comporte les éléments suivants : (
a) un acte par l'employeur qui prive l'employé de sa fonction ou charge; et (
b) une sanction imposée à l'employé par l'employeur comme mesure disciplinaire. (Voir: les définitions sous (
D) ci-haut, et les arrêts Laprairie - C.S., Beaudry - C.P., Drouin - C.M.Q., Gélinas - C.P., Dubé - C.P., Pelland - C.Q., Gareau - C.Q., L'Assomption - C.S., Lessard C.S., Essex - Ont., et McLeod-Allen - N.B.). 2. L'expiration du terme d'un contrat d'emploi à durée fixe, en l'absence d'une clause de renouvellement automatique ou d'un renouvellement tacite, met fin au contrat d'emploi (les arrêts Laprairie - C.S., P.G. Québec - C.A., Tinker - Labrecque - C.A.). 3. Le non-renouvellement d'un tel contrat ne constitue pas un "congédiement" (les arrêts P.G.
Québec - C.A., Tinker - Labrecque - C.A., United Talmud - C.S., Fayek - C.S.), ou un "dismissal" ( Essex County - D.C. Ont.), ou une "destitution" ( Laprairie - C.S., Groulx - C.S., Gingras - C.Q., Drouin - C.M.Q., Beaudry - C.P., Gélinas - C.P. et Dubé - C.P.; Contra: les arrêts Tessier - C.P., et Proulx - C.M.Q.).
Ce dernier principe ne s'appliquera pas si la preuve démontre que le non-renouvellement du contrat est, en réalité, un congédiement ou une destitution déguisée, par exemple lorsque le non-renouvellement est relié à une faute commise par l'employé et une mesure disciplinaire imposée par l'employeur (voir les arrêts : Bonhomme - supra ; École Weston - supra ; et Moore - supra ) . En appliquant ces principes de droit civil aux faits du présent dossier, la Cour conclut que : (
i) La Ville n'a commis aucun acte qui a privé M. Gagnon de sa charge ou de sa fonction; sa fonction comme chef de police a cessé à cause de l'expiration du terme fixe établi dans son contrat d'emploi, sans qu'un nouveau contrat intervienne. (ii) Selon le Jugement, le non-renouvellement du contrat n'était pas une sanction imposée à M. Gagnon comme mesure disciplinaire. (iii) Selon le Jugement, le non-renouvellement n'était pas un congédiement ou une destitution déguisée. (iv) Par conséquent, la Ville n'a pas-"destitué" M.
Gagnon de son emploi comme chef de police. [24] [References omitted, empahsis added.] [ 38 ] The case for Mtre Leduc before the Commission and the Superior Court was based on the applicability of the underlined exception to the principles in the second and third of the enumerated list, namely, that a fixed term contract expires at the end of the term unless there is an automatic renewal clause or it is tacitly renewed, and, the non-renewal of such a contract (that is, one without an automatic renewal clause or one that has been tacitly renewed) does not constitute dismissal.
[ 39 ] In the latter two respects, I note that Bishop, J. referred in his jurisprudential analysis to two judgments of this Court: P.G. Quebec v. Tribunal du travail [25] and Tinker-Labrècque v. Corp. de l'hôpital de Youville de Sherbrooke . [26] [ 40 ] In the former, Casey, J.A. was quoted as having written this: Allard was employed for a fixed period ... on which latter date his contract expired automatically and without any obligation on the part of the employer to renew.
In the absence of evidence to the contrary, this was the contract between these parties and the relationship thus set up cannot be affected by the employer's alleged habit of usually renewing the contracts of those so employed or by his reasons for not renewing this particular contract . [27] [ 41 ] In the latter, Tyndale, J.A. was faced with an issue as to whether a disagreement as to whether an arbitration clause in a fixed term contract of employment could be invoked when notice was given that the contract would not be renewed.
He said this: It may be that in employment agreements in general, a contract with a fixed term is the exception, and one with no fixed term the rule, but when a fixed term is encountered, it is to be respected, and no untenable assertion that the expiry of the term amounts to a congédiement or mise à pied can constitute a bona fide mésentente . [28] [Emphasis added.] [ 42 ] As far as the exception is concerned on which Mtre Leduc relies, Bishop, J. referenced three other judgments of this Court. [ 43 ] First, Bonhomme v.
Montréal (Ville) [29] had nothing to do with the expiry of a fixed term contract but rather with a jurisdictional issue relating to whether the apparently cavalier transfer of a municipal employee from one position to another because of his allegedly unsatisfactory managerial skills constituted a dismissal. [ 44 ] Next, École Weston inc. v. Tribunal du travail [30] was a case in which the Court held that an employer could not validly refuse to renew an expired fixed term contract of employees who had been engaged in the creation of a union at the school.
Speaking for the Court, Deschamps, J.A., then a judge of this Court, observed that it was repugnant for civil law jurists to impose terms on a contract that the parties had not contemplated, [31] however, she further noted this: Les dispositions du Code du travail , et plus spécifiquement les articles 15 à 17 s'appliquent à tous les salariés, qu'ils soient engagés pour une période fixe ou indéterminée. Ce serait nier leur application que de permettre à un employeur de prendre la décision de ne pas renouveler un contrat parce que le salarié a exercé des activités syndicales.
Permettre à un employeur de patienter jusqu'à l'arrivée du terme pour éviter le renouvellement ou pour rendre moins évidente sa décision de congédier serait refuser à ces salariés la protection offerte par le Code du travail à tous les autres employés . La protection accordée aux salariés qui exercent des activités syndicales ne prive pas les employeurs de prouver que le contrat n'est pas renouvelé pour une cause qui est étrangère à l'activité syndicale des salariés.
Le contrat à durée déterminée peut très bien être terminé parce que la fonction a été abolie ou parce que des compressions budgétaires ont entraîné une diminution du nombre de postes ou pour quelque autre raison. L'employeur doit cependant justifier le non-renouvellement afin d'assurer que l'objectif fondamental recherché par les articles 15 et 16 C.tr. ne soit pas contourné. [32] [Emphasis added.] [ 45 ] Similarly, in Moore v.
Cie Montréal Trust , [33] the Court held that an employer had invalidly failed to renew a fixed term contract of an employee who had undertaken a class action against it arising out of a dispute over his refusal to acquiesce to a request from his employer to provide it with security for advances against future income.
Writing for the Court on this point, here is what Mailhot, J.A. said: Sans nier l'existence du droit d'un employeur ou d'un employé de ne pas renouveler un contrat d'emploi à durée déterminée, ce droit ne peut être utilisé par l'employeur comme prétexte pour terminer l'emploi d'un employé à cause de l'exercice par celui-ci d'un droit qui lui résulte de la
Loi sur les normes du travail (art. 122) . [34] [Emphasis added.] [ 46 ] She went on to note the following, in distinguishing the judgment of the Supreme Court of Canada in Stewart v. Hanover Fire Insurance [35] that had been relied on by the employer: Mais l'effet de cet arrêt n'était sûrement pas de signifier qu'un employeur qui utilise une clause de non-renouvellement de contrat est à l'abri de tout examen judiciaire si le but visé par l'employeur est d'éluder une disposition d'une loi d'ordre public tels par exemple, les articles du Code du travail relatifs au congédiement suite à l'exercice légitime de droits prévus au Code du travail ou encore les articles 122 et ss. de la
Loi sur les normes du travail ou de punir un employé qui a exercé de tels droits. [36] [Emphasis added.] [ 47 ] It will be seen that two of the judgments to which Bishop, J. referred in support of the exception now relied on by Mtre Leduc related to an employee's exercise of legislatively protected activity, while the third one seems to have had a less obvious relationship to the exception.
Nevertheless, Commissioner Chaumont saw in the wording of what Bishop, J. wrote by his use of the words "par exemple" what I consider to be an open-ended invitation to subject any reason for non-renewal other than expiry of the term to the Commission's scrutiny upon the filing of a complaint, with the burden of proof falling on the employer. [ 48 ] At a minimum, it is worth noting that at least one prior decision of the Commission rendered after Chambly but before that of Commissioner Chaumont suggests otherwise.
[ 49 ] In Blouin v. Ville de Richelieu , [37] the complainant filed a complaint based on
section 72 of the Act (as did Mtre Leduc) following the non-renewal of her contract as City Clerk, Director General and Treasurer of the municipality. The contract of employment, which had already been once renewed, contained a provision that it would be renewed unless either party gave notice of non-renewal. After the parties negotiated an improvement to the complainant's pension provisions during the first renewal term, the contract was again renewed, but on this occasion without a renewal clause.
Despite the contrary wish of the complainant, the municipality did not renew the contract again, thus bringing it to an end. [ 50 ] Although the complainant had a spotless disciplinary record, the municipality had decided it wanted to change its "modèle de leadership". In dismissing the complaint and interpreting the most recent fixed term contract without a renewal clause (such as that of Mtre Leduc), Commissioner Gilberte Béchara noted the following: 41 Cette clause nous semble claire, il s'agit d'un contrat à durée déterminée qui expire de plein droit le 31 décembre 2006.
Bien plus, si l'on compare les termes utilisés dans la rédaction de cette clause avec ceux utilisés dans les contrats précédents, on ne peut que conclure que les parties ont voulu changer quelque chose. On est passé d'un contrat que l'on aurait pu qualifier de contrat à durée indéterminée à un contrat à durée déterminée. 42 De façon plus spécifique, dans le dernier contrat, on ne mentionne plus la durée de validité du contrat en terme de "période" mais on fixe des dates soit du 1er janvier 2002 jusqu'au 31 décembre 2006.
On y spécifie qu'il est à durée déterminée alors que l'on ne retrouve pas cette mention dans les contrats précédents. On précise qu'il expire de plein droit le 31 décembre 2006.
Autre particularité dans le texte du dernier contrat, les dates y apparaissent en caractères gras. 43 Enfin et surtout, alors que dans les contrats précédents on prévoyait le renouvellement du contrat à moins d'avis contraire, six mois avant l'expiration desdits contrats, dans le contrat sous étude on ne retrouve plus cette mention. [ 51 ] Despite the security of employment the complainant had acquired over the years by the successive renewals of his contract, the exclusion of a renewal clause changed the circumstances.
Moreover, the evidence had not disclosed an intention on the part of the municipality to create a pretext to relieve him of his duties. The result was expressed with clarity as follows: 54 Ainsi que le souligne la Cour d'appel dans l'affaire Tinker-Labrecque c. Corporation de l'Hôpital d'Youville de Sherbrooke
(1986) RJQ 1283 : It may be that in employment agreements in general, a contract with a fixed term is the exception, and one with no fixed terms the rule; but when a fixed term is encountered, it is to be respected, and no untenable assertion that the expiry of the term amounts to a congédiement or mise à pied can constitute a bona fide mésentente . 55 La Commission conclut que le libellé du contrat signé le 17 juillet 2002 est clair et ne se prête à aucune interprétation. Il s'agit d'un contrat à durée déterminée qui a expiré le 31 décembre 2006.
Le lien d'emploi a pris fin à cette date non pas à cause d'une destitution, mais à cause de l'arrivée du terme dont les parties avaient convenu. [ 52 ] Inevitably, the determination of whether a decision subject to judicial review is reasonable must consider the following analytical framework from the majority reasons of Bastarache and LeBel, JJ. in Dunsmuir v. New Brunswick : [38] [46] What does this revised reasonableness standard mean? Reasonableness is one of the most widely used and yet most complex legal concepts.
In any area of the law we turn our attention to, we find ourselves dealing with the reasonable, reasonableness or rationality. But what is a reasonable decision? How are reviewing courts to identify an unreasonable decision in the context of administrative law and, especially, of judicial review? [46] En quoi consiste cette nouvelle norme de la raisonnabilité? Bien que la raisonnabilité figure parmi les notions juridiques les plus usitées, elle est l’une des plus complexes. La question de ce qui est raisonnable, de la raisonnabilité ou de la rationalité nous interpelle dans tous les domaines du droit.
Mais qu’est-ce qu’une décision raisonnable? Comment la cour de révision reconnaît-elle une décision déraisonnable dans le contexte du droit administratif et, plus particulièrement, dans celui du contrôle judiciaire?
[47] Reasonableness is a deferential standardanimated by the principle that underlies thedevelopment of the two previous standards ofreasonableness: certain questions that comebefore administrative tribunals do not lendthemselves to one specific, particular result.Instead, they may give rise to a number ofpossible, reasonable conclusions. Tribunals havea margin of appreciation within the range ofacceptable and rational solutions. A courtconducting a review for reasonableness inquiresinto the qualities that make a decisionreasonable, referring both to the process ofarticulating the reasons and to outcomes.
Injudicial review, reasonableness is concernedmostly with the existence of justification,transparency and intelligibility within thedecision-making process.
But it is alsoconcerned with whether the decision falls withina range of possible, acceptable outcomes whichare defensible in respect of the facts and law. [Emphasis added.] [47] La norme déférente du caractèreraisonnable procède du principe à l’origine desdeux normes antérieures de raisonnabilité :certaines questions soumises aux tribunauxadministratifs n’appellent pas une seule solutionprécise, mais peuvent plutôt donner lieu à uncertain nombre de conclusions raisonnables. Ilest loisible au tribunal administratif d’opter pourl’une ou l’autre des différentes solutionsrationnelles acceptables.
La cour de révision sedemande dès lors si la décision et sa justificationpossèdent les attributs de la raisonnabilité. Lecaractère raisonnable tient principalement à lajustification de la décision, à la transparence et àl’intelligibilité du processus décisionnel, ainsiqu’à l’appartenance de la décision aux issuespossibles acceptables pouvant se justifier auregard des faits et du droit. [Soulignage ajouté.] [53] First, I would reject the argument that the motion's judge did not show adequate deference to the commissioner's decision.
Themajority opinion in Dunsmuir[39] elaborated on the concept as follows: [48] The move towards a singlereasonableness standard does not pave the wayfor a more intrusive review by courts and doesnot represent a return to pre-Southam formalism.In this respect, the concept of deference, socentral to judicial review in administrative law,has perhaps been insufficiently explored in thecase law. What does deference mean in thiscontext? Deference is both an attitude of thecourt and a requirement of the law of judicialreview.
It does not mean that courts aresubservient to the determinations of decisionmakers, or that courts must show blind reverenceto their
interpretations, or that they may becontent to pay lip service to the concept ofreasonableness review while in fact imposingtheir own view. Rather, deference importsrespect for the decision-making process ofadjudicative bodies with regard to both the factsand the law. The notion of deference “is rootedin
part in a respect for governmental decisions tocreate administrative bodies with delegatedpowers” (Canada (Attorney General) v. Mossop, (SCC), [1993] 1 S.C.R. 554, atp. 596, per L’Heureux-Dubé J., dissenting). Weagree with David Dyzenhaus where he states thatthe concept of “deference as respect” requires ofthe courts “not submission but a respectfulattention to the reasons offered or which could beoffered in support of a decision”: “The Politics ofDeference: Judicial Review and Democracy”, inM.
Taggart, ed., The Province of AdministrativeLaw (1997), 279, at p. 286 (quoted with approvalin Baker, at para. 65, per L’Heureux-Dubé J.;Ryan, at para. 49). [48] L’application d’une seule norme deraisonnabilité n’ouvre pas la voie à une plusgrande immixtion judiciaire ni ne constitue unretour au formalisme d’avant l’arrêt Southam. Àcet égard, les décisions judiciaires n’ont peut-être pas exploré suffisamment la notion dedéférence, si fondamentale au contrôle judiciaireen droit administratif. Que faut-il entendre pardéférence dans ce contexte?
C’est à la fois uneattitude de la cour et une exigence du droitrégissant le contrôle judiciaire. Il ne s’ensuit pasque les cours de justice doivent s’incliner devantles conclusions des décideurs ni qu’elles doiventrespecter aveuglément leurs interprétations. Ellesne peuvent pas non plus invoquer la notion deraisonnabilité pour imposer dans les faits leurspropres vues. La déférence suppose plutôt lerespect du processus décisionnel au regard desfaits et du droit. Elle « repose en
partie sur lerespect des décisions du gouvernement deconstituer des organismes administratifs assortisde pouvoirs délégués » : Canada (Procureurgénéral) c. Mossop, (SCC),[1993] 1 R.C.S. 554, p. 596, la juge L’Heureux-Dubé, dissidente.
Nous convenons avec DavidDyzenhaus que la notion de [traduction] «retenue au sens de respect » n’exige pas de lacour de révision [traduction] « la soumission,mais une attention respectueuse aux motifsdonnés ou qui pourraient être donnés à l’appuid’une décision » : « The Politics of Deference :Judicial Review and Democracy », dans M.Taggart, dir., The Province of AdministrativeLaw (1997), 279, p. 286 (cité avec approbationpar la juge L’Heureux-Dubé dans l’arrêt Baker,par. 65; Ryan, par. 49). [54] Thus, it is not the task of a reviewing court to compare the decision under review with its concept of the correct outcome.
Onthe other hand, displaying deference does not exempt the reviewing court from engaging in the necessary analysis of the decision. Thetask at hand, as stated by Iacobucci, J. for the Supreme Court in Law Society of New Brunswick v. Ryan, is to determine "[…] whetherthe reasons, taken as a whole, are tenable as support for the decision / […] si les motifs, considérés dans leur ensemble, sont soutenablescomme assise de la decision." [40]
[ 55 ] In this respect, it is important to consider whether the commissioner's
interpretation of
section 72 of the Act is consistent with the legislature's intention, as evidence by its purpose, text and historical context. In this respect, it is apparent that the legislature has sought to offer municipal employees a degree of stability that insulates them from the winds of political change, and provides them with an efficient recourse before a neutral decision-maker. On the other hand, the second paragraph of
section 185 of the City's Charter [41] gives it the latitude to manage its affairs in a broad manner in terms of its senior management: 185. … The transition committee may create the various departments within the city, and determine the scope of their activities. It may appoint the department heads and assistant heads as well as the other officers and employees not represented by a certified association, and define their functions. 185. (…) Il peut créer les différents services de la ville et établir leurs champs d'activités.
Il peut nommer les directeurs de ces services, les directeurs adjoints ainsi que les autres fonctionnaires et employés non représentés par une association accréditée et définir leurs fonctions. [ 56 ] How then does the commissioner's decision measure up? [ 57 ] In my view, it adequately satisfies the three criteria mentioned in the first sentence underlined above: justification, transparency and intelligibility.
Where it fails, however, is that the reasons, taken as a whole, fall outside the range of possible acceptable outcomes that are defensible in respect of the facts and the law. [ 58 ] First, it is important to note that the exception in Chambly relied on by the commissioner is arguably obiter dicta since it was not essential to the determination of whether the police officer had been subject to a disguised dismissal.
In any event, Chambly was decided in the context of cases in which this Court had previously found the non-renewal of fixed term contracts to be invalid because the employees in question had engaged in legislatively protected activity.
Nothing in the reasons of Bishop, J. or those of the Supreme Court suggest the appropriateness of curial review of the kind in which the commissioner engaged when an employer chooses not to renew a fixed term contract for reasons other than those of a failure to respect the laws of public order. [ 59 ] In this respect, I agree with the motion's judge when he wrote: [50] Le législateur a permis et a même imposé dans l'article 185 de la CVM que certains cadres de la Ville soient nommés pour des termes déterminés.
Il semble au soussigné que l'intention du législateur était d'éviter exactement ce qui est arrivé ici avec la Décision - à savoir, d'éviter l'impossibilité de terminer l'emploi d'un haut fonctionnaire quand il n'existe pas des motifs sérieux pour justifier une destitution, mais quand ce fonctionnaire n'est pas la meilleure personne pour occuper le poste dans l'opinion de ses supérieurs. De cette façon, les dirigeants de la Ville ne sont pas pris en permanence avec des hauts fonctionnaires. Si la Décision était correcte, le contrat à durée déterminée devient en effet indéterminé malgré l'article 185 de la CVM.
C'est un peu le contrepoids de la raison d'être de l'article 72 LCV qui a été créé pour protéger des fonctionnaires contre des destitutions stratégiques par des politiciens municipaux nouvellement élus. [51] Même si la Commission avait la juridiction pour appliquer l'article 72 LCV et qu'elle a entendu la preuve, ce Tribunal considère qu'aucune déférence n'est due à la décision vu qu'elle est dénuée d'un fondement rationnel dû à une application incorrecte de la loi. [ 60 ] Moreover, the outcome of the commissioner's decision seems to emphasize his finding that the renewal of Mtre Leduc's fixed term contract should have been resolved in her favour long before May and June of 2006 when things began to go awry.
To the extent that emphasis is placed on the assurances that Mtre Leduc may have received prior to then, applicable principles of Quebec municipal law are clear that the doctrine of legitimate expectations cannot be successfully invoked when, as here, the ultimate decision making authority resides with duly elected members of the Executive Committee and the City Council of the City of Montreal. [42] The fourth paragraph of
section 3.1 of Mtre Leduc's contract that I have reproduced at paragraph [8] makes that clear.
In any event, there is no evidence in the record that any such elected officials, acting collectively in an appropriately official capacity, were ever aware of any supposed undertakings of Mtre Cassius de Linval to recommend the renewal of her contract, much less that they acted on them in that capacity. [43] [ 61 ] Furthermore, the evidence does not reveal that the reasons given to Mtre Leduc for the non-renewal of her contract were a pretext to facilitate the City ridding itself of someone who was unwelcome for reasons contrary to public order. [ 62 ] The effect of the commissioner's decision is to create an evidentiary burden on the employer in a fixed term contract relationship to justify whatever reason the employer might have had not to renew the contract, as if there had been a violation of a rule of public order.
In doing so, the commissioner applied the principles governing an employee's dismissal as if Mtre Leduc's contract of employment was one of indeterminate duration. [ 63 ] The inevitable consequence of this approach, as the motion's judge pointed out in the extract from his reasons which I have quoted at paragraph [25], is that an employer with no reason not to renew other than the expiry of the term is exempt from having its decision successfully attacked.
An employer with a reason it considers to be valid that is unrelated to public order, on the other hand, is exposed to a complaint that may be granted if the employer does not satisfy the Commission on the basis of criteria relating to employment contracts of indeterminate duration.
In short, the Commission has no jurisdiction to change the fundamental nature of the contract, which is precisely what it did. [ 64 ] In that respect, the City can hardly be blamed for having failed to lead evidence that would justify the non-renewal of Mtre Leduc's contract as if she were an employee with a contract of indeterminate duration, since the commissioner's decision is the very first one that creates such an evidentiary burden on an employer.
The fact that, as the motion's judge mentioned, the City was unsatisfied with the recent turn of events relating to the performance of Mtre Leduc, although not strictly necessary to establish, was in any event more than enough to let the expiry of the fixed term contract run its course.
V PROPOSED DISPOSITION [ 65 ] Taken as a whole, the commissioner's reasons offer untenable support for the conclusion he reached. In my respectful view, in agreement with the motion's judge, I conclude that the decision under review cannot be sustained as a possible acceptable outcome of Mtre Leduc's complaint. No deference is due in such circumstances. The only possible acceptable outcome was the dismissal of the complaint. [ 66 ] I would accordingly dismiss the appeal, with costs. ALLAN R. HILTON, J.C.A.
MOTIFS DE LA JUGE BICH, J.C.A. [ 67 ] Quoique je souscrive à la conclusion de mon collègue le juge Hilton, je me permets de ne pas partager l'entièreté de ses motifs et quelques observations supplémentaires me semblent utiles. [ 68 ] Je suis en effet préoccupée par la possibilité que les municipalités voient dans le contrat à durée déterminée le moyen d'échapper aux contraintes des articles 71, 2 e al., et 72 de la
Loi sur les cités et villes (« L.c.v. ») et, ce faisant, puissent contourner l'esprit de ces dispositions par lesquelles le législateur a voulu protéger les fonctionnaires contre la « politicisation » de leur embauche, leur emploi et leur renvoi, ainsi que l'arbitraire des conseils municipaux (même bien intentionnés). Il ne peut suffire d'embaucher ces fonctionnaires par voie de contrat à durée déterminée pour qu'aussitôt soit éludé le contrôle que la Commission des relations du travail peut exercer en cas de destitution, en vertu des articles 71 et 72 L.c.v.
À mon avis, on ne peut interpréter ces dispositions comme excluant d'emblée, et dans tous les cas, les situations d'emploi régies par un contrat à durée déterminée ou comme signifiant que le non-renouvellement d'un tel contrat ne peut jamais constituer une destitution.
En ce sens, la rarissime exception avalisée par une certaine jurisprudence [44] (lorsque le non-renouvellement du contrat est dû à l'exercice par le fonctionnaire d'un droit prévu par la loi) ne me paraît pas devoir épuiser la portée du recours prévu par ces dispositions ni la compétence de la Commission de déterminer que le non- renouvellement d'un contrat à durée déterminée équivaut (ou n'équivaut pas) à destitution. Du moins, si l'on devait éventuellement conclure ainsi [45] , la présente affaire n'est pas le lieu d'en décider. [ 69 ] Car la situation de l'appelante est particulière, en effet.
Les visées des articles 71, 2 e al., et 72 L.c.v. sont neutralisées ici par celles de l'
article 185 de la Charte de la Ville de Montréal [46] (la « Charte ») et, du reste, par l'ensemble du
chapitre que cette loi consacre au comité créé par ses articles 153 et s., en vue de faciliter, comme l'indique l'article 165, « la transition entre les administrations existantes et la ville nouvelle ». C'est ce comité de transition qui a embauché l'appelante et il ressort des dispositions consacrées à sa mission et à ses pouvoirs que l'on entendait justement qu'il ne ligote pas le conseil municipal en lui imposant de manière permanente (et sauf cause juste et suffisante au sens usuel du terme) le recrutement de certains fonctionnaires.
Le premier alinéa de l'article 185 (qui prévoit la durée maximale du contrat de certains hauts fonctionnaires embauchés par le comité de transition, dont le greffier) participe clairement à cette idée qu'une latitude est laissée à la ville (et à son conseil) consécutivement aux décisions du comité : 185. Le comité de transition doit nommer pour une durée maximale de cinq ans le directeur général, le greffier et le trésorier de la ville . Il peut créer les différents services de la ville et établir leurs champs d'activités.
Il peut nommer les directeurs de ces services, les directeurs adjoints ainsi que les autres fonctionnaires et employés non représentés par une association accréditée et définir leurs fonctions. 185. The transition committee shall appoint the director general, the clerk and the treasurer of the city for a term not to exceed five years . The transition committee may create the various departments within the city, and determine the scope of their activities.
It may appoint the department heads and assistant heads as well as the other officers and employees not represented by a certified association, and define their functions. [Je souligne.] [ 70 ] Dans ces circonstances, que le commissaire Chaumont a largement négligées, on ne pouvait pas raisonnablement conclure à une destitution déguisée de l'appelante, qui a accepté la fonction de greffier dans le cadre d'un contrat dont la loi prescrit impérativement la durée et que la ville n'était en effet pas tenue de renouveler, et ce, quels que soient les termes de ce contrat (qui ne peuvent contredire la loi et sont sans effet le cas échéant).
On ne peut par ailleurs pas dire que le conseil a « refusé » ici de renouveler le contrat : ce dernier est tout simplement venu à échéance, la ville n'était ni tenue de le renouveler ni tenue de considérer la chose et, du reste, le dossier de l'appelante n'a pas même été porté à son attention. Le contexte législatif établi par l'
article 185 de la Charte fait donc échec à la réclamation de l'appelante et, en conséquence, à son pourvoi.
MARIE-FRANCE BICH, J.C.A.
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