2016 QCCQ 17165, 2016 QCCQ 17165
Opinion
Protection de la jeunesse — 168243 2016 QCCQ 17165 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] LOCALITÉ DE [...] « Chambre de la jeunesse »
N° : 550-41-002379-160 DATE : 23 novembre 2016 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE L’HONORABLE MARIE PRATTE, J.C.Q. ______________________________________________________________________ LA Directrice de la protection de la jeunesse A Demanderesse et X Adolescent et A B En qualité de parents ______________________________________________________________________ JUGEMENT (Art. 38 de la Loi sur la protection de la jeunesse ) ______________________________________________________________________ MISE EN GARDE : La
Loi sur la protection de la jeunesse interdit la publication ou la diffusion de toute information permettant d’identifier un enfant ou ses parents. Quiconque contrevient à cette disposition est passible d’une amende (art. 11.2, 11.2.1 et 135 L.P.J.). [ 1 ] Invoquant une situation de troubles de comportement sérieux, la Directrice de la protection de la jeunesse demande au Tribunal de déclarer compromis la sécurité et le développement de X, âgée de 16 ans. À
titre de mesures, elle recommande l’hébergement de l’adolescente en centre de réadaptation pour une période de six mois et un suivi social de neuf mois. [ 2 ] Les parents ainsi que l’adolescente assistent à l’audience; ils reconnaissent que la sécurité et que le développement de X sont compromis pour les motifs allégués par la Directrice et consentent aux mesures recherchées. [ 3 ] La preuve révèle clairement l’existence d’une situation de compromission.
X présente de sérieux troubles de comportement, qui mettent sa sécurité à risque. [ 4 ] L’adolescente, expulsée du Collège A et présentement inscrite à l’école B, fugue fréquemment (plus de 12 fois depuis juillet 2016), consomme des stupéfiants – hash, speed, cocaïne, moly, morphine, Adéral et Vivance – et a des fréquentations peu recommandables. Elle a, en effet, les coordonnées de plusieurs trafiquants de stupéfiants. Elle peut devenir violente. [ 5 ] Elle défie l’autorité et ses parents sont dépassés par la situation.
Son père insiste d’ailleurs pour que sa fille reçoive les soins psychologiques appropriés et suive une cure de désintoxication. [ 6 ] Le 23 septembre 2016, la juge Line Gosselin ordonnait l’hébergement provisoire de l’adolescente en centre de réadaptation. Elle fugue dès le 26 septembre; les policiers la ramènent en plein milieu de la nuit; elle fugue à nouveau le lendemain. [ 7 ] Le 16 octobre, elle fugue de nouveau alors qu’elle visite son père; il la retrouve et la ramène au centre d’où elle repart encore une fois sans permission.
À son retour, elle admet avoir consommé de la marijuana et des speed. [ 8 ] Lors de la dernière date d’audience, X est de nouveau en fugue; elle retourne toutefois d’elle-même au centre. Lors de l’audience, elle dit – du bout des lèvres – être prête à recevoir les services qui lui seront offerts en centre de réadaptation. Sa participation est évidemment nécessaire pour qu’elle puisse recevoir des services qui lui seront profitables.
L’intervenante l’accompagnera dans ses démarches et le Tribunal encourage fortement X à accepter le soutien de celle-ci. [ 9 ] Dans ces circonstances, le Tribunal n'a aucune hésitation à déclarer la sécurité et le développement de l’adolescente compromis et à faire droit aux mesures de protection suggérées qui, selon la preuve, sont appropriées à ses besoins.
[ 10 ] La demande est fondée; elle est dans l’intérêt de l'adolescente et respecte ses droits. [ 11 ] POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL : [ 12 ] ACCUEILLE la demande; [ 13 ] DÉCLARE la sécurité et le développement de l'adolescente compromis en raison d’une situation de troubles de comportement sérieux; [ 14 ] ORDONNE l’exécution des mesures de protection suivantes :
a) Que l’adolescent soit hébergée en centre de réadaptation pour une période de six mois et qu’elle réintègre par la suite son milieu familial;
b) Qu’ une personne qui travaille pour un établissement ou un organisme du CISSSA/CJA apporte aide, conseils ou assistance à l’adolescente et à sa famille pour la période de neuf mois;
c) Que les modalités des contacts entre l’adolescente et son père soient fixées par entente entre les parties; tout différend à cet égard devant être soumis au Tribunal;
d) Que l’adolescente, madame A et monsieur B participent activement à l'application des mesures visant à mettre fin à la situation de compromission, notamment en collaborant avec l'intervenante sociale dans le cadre de l'élaboration et de l'application du plan d'intervention;
e) Que l’adolescente fréquente un milieu scolaire; [ 15 ] RECOMMANDE :
a) Que l’adolescente reçoive les soins et services de santé requis par son état (CRDA, suivi psychologique); [ 16 ] CONFIE la situation de l'adolescente à la Directrice de la protection de la jeunesse pour l’exécution de la présente décision. __________________________________ MARIE PRATTE, J.C.Q.
M e Ariane Beaulieu Procureure de la Directrice de la protection de la jeunesse M e Daniel Lessard Procureur de l'adolescente Madame A Mère - personnellement Monsieur B Père - personnellement Date d’audience : 23 novembre 2016 COURT OF QUÉBEC CANADA PROVINCE OF QUÉBEC DISTRICT OF [...] LOCALITY OF [...] Youth Division No. 550-41-002379-160 DATE: November 23, 2016 ______________________________________________________________________ PRESENT: THE HONOURABLE MARIE PRATTE J.C.Q. ______________________________________________________________________ DIRECTOR OF YOUTH PROTECTION FOR THE A REGION Applicant
and X Adolescent and A B In their capacity as parents ______________________________________________________________________ JUDGMENT (section 38, Youth Protection Act ) ______________________________________________________________________ WARNING: The Youth Protection Act prohibits the publication or broadcast of information allowing a child or the child’s parents to be identified.
Every person who contravenes this provision is liable to a fine (sections 11.2, 11.2.1 and 135 Y.P.A.). [1] Invoking a situation of serious behavioural disturbances, the Director of Youth Protection asked the Court to declare that the security and development of X, 16 years old, are in danger. As measures, the Director recommended that the adolescent be placed in a rehabilitation centre for six months, with social follow-up for nine months. [2] The parents and the adolescent attended the hearing.
They acknowledged that X's security and development are in danger for the reasons alleged by the Director, and they agreed to the measures sought. [3] The evidence clearly shows the existence of a situation of endangerment. X presents with serious behavioural disturbances that endanger her security. [4] The adolescent, who was expelled from Collège A and who is currently enrolled at B High School, runs away frequently (more than 12 times since July 2016), does drugs—hash, speed, cocaine, moly, morphine, Aderal and Vivance—and frequents undesirable individuals.
She has the contact information for several drug dealers. She can be violent. [5] She defies authority and her parents are overwhelmed by the situation. Her father insists that his daughter be given appropriate psychological care and that she undergo detoxification treatment. [6] On September 23, 2016, Line Gosselin J. ordered that the adolescent be pro-visionally placed in a rehabilitation centre. On September 26, she ran away. The police officers brought her back in the middle of the night. The day after, she ran away again. [7] On October 16, she ran away while visiting her father.
He found her and returned to the centre, which she left again without permission. On her return, she admitted to having done marijuana and speed. [8] At the last hearing date, X was once again on the run. However, she returned to the centre on her own. At the hearing, she said —reluctantly—that she was ready to receive the services offered in a rehabilitation centre. Evidently, her participation is necessary so she can obtain services of benefit to her.
The caseworker will accompany her in her steps, and the Court strongly encourages X to accept her support. [9] In the circumstances, the Court has no hesitation in declaring that the adolescent's security and development are in danger and in allowing the proposed protective measures, which, according to the evidence, are suited to her needs. [10] The application is founded and is in the adolescent's interest and in keeping with her rights. [11] THEREFORE, THE COURT : [12] ALLOWS the application; [13] DECLARES that the security and development of the adolescent are in danger because of her situation of serious behavioural disturbances; [14] ORDERS the execution of the following protective measures:
a) That the adolescent be placed in a rehabilitation centre for six months, following which she be returned to her family environment;
b) That a person working for a CISSSA/CJA institution or body provide aid, counselling or assistance to the adolescent and her family for nine months;
c) That the terms of contact between the adolescent and her father be determined by agreement between the parties, with any dispute in that regard being submitted to the Court;
d) That the adolescent, Ms. AA and Mr. B take an active
part in the application of the measures aimed at ending the situation of endangerment, particularly by cooperating with the social worker in the development and application of the intervention plan;
e) That the adolescent attend a school; [15] RECOMMENDS:
a) That the adolescent receive the health care and services required by her condition (CRDA, psychological follow-up); [16] ENTRUSTS the situation of the adolescent to the Director of Youth Protection for the execution of this decision. MARIE PRATTE J.C.Q. Mtre. Ariane Beaulieu Counsel for the Director of Youth Protection Mtre. Daniel Lessard Counsel for the adolescent A Mother - representing herself B Father - representing himself Date of hearing: November 23, 2016
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