2017 QCCQ 9518, 2017 QCCQ 9518
Opinion
Protection de la jeunesse — 173973 2017 QCCQ 9518 JR-4867 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE [...] « Chambre de la jeunesse » N° : 155-41-000035-051 DATE : 16 juin 2017 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE KATHY BEAUMONT, J.C.Q. ______________________________________________________________________ [INTERVENANTE 1] Intervenante sociale, Conseil A, bureau A, district A; DEMANDERESSE; c. X né le [...] 2002; ADOLESCENT; -et- A MÈRE; -et- B PÈRE.
______________________________________________________________________ JUGEMENT (Art. 95.1 L.P.J.) ______________________________________________________________________ [ 1 ] L’adolescent a 15 ans.
La Directrice de la protection de la jeunesse (la Directrice) demande au Tribunal de réviser l’ordonnance du 4 novembre 2013 de la juge Sonia Rouleau qui ordonne son hébergement dans la famille d’accueil de Mme C jusqu’à sa majorité [ 2 ] La Directrice demande que l’adolescent soit hébergé en centre de réadaptation pour une période de six mois. [ 3 ] La mère et l’adolescent sont en accord avec les recommandations bien qu’ils souhaitent que la durée soit moindre. Le père est absent et non représenté à l’audience bien que la demande lui soit dûment signifiée.
Contexte et analyse [ 4 ] L‘adolescent présente des problèmes de comportement depuis plusieurs années qui nécessitent un encadrement ferme et constant. Cependant, la situation se détériore de plus en plus depuis quelques mois. Il a beaucoup de difficultés à respecter l’autorité, consomme régulièrement du cannabis et son niveau d’agressivité et de violence augmente. [ 5 ] Au printemps dernier, la situation devient intenable pour la responsable de la ressource.
En effet, au mois d’avril, l’adolescent fait une crise au cours de laquelle, il lance des objets et n’est plus en mesure de se contrôler si bien que la dame d’accueil craint d’être frappée. Il intègre dès lors le centre de réadaptation où il se trouve toujours. [ 6 ] L’adolescent démontre peu de reconnaissance de ses comportements inappropriés et affirme n’avoir aucunement l’intention de cesser sa consommation de drogue qui est quotidienne.
Selon lui, cela le calme et apaise ses souffrances intérieures. [ 7 ] Il demeure difficile d’intervenir efficacement auprès de lui puisqu’il se montre introverti et peu réceptif. Le volet scolaire est également problématique puisqu’il est non motivé, refuse de faire certains travaux, s’absente et consomme des drogues. [ 8 ]
Malgré que les relations soient affectées par les comportements inadéquats de l’adolescent, la famille d’accueil demeure impliquée auprès de lui. Elle ne veut plus tolérer cependant aucun geste de violence de sa part, s’attend à ce qu’il cesse sa consommation de drogue et qu’il s’implique dans un suivi en psychologie. Des rencontres avec un psychologue viennent par ailleurs de débuter. [ 9 ] La mère maintient des contacts avec son fils une fois aux six semaines sans coucher ainsi que par le biais des réseaux sociaux. Les liens sont peu développés, mais l’intérêt mutuel est présent.
Le père de son côté est complètement absent de la vie de l’adolescent. [ 10 ] Des efforts doivent être déployés de la part de l’adolescent et des résultats tangibles observés avant d’envisager qu’il puisse retourner dans son milieu d’accueil. Un mode de vie axé sur la consommation de drogue et la violence n’est pas compatible avec cet objectif. L’adolescent traîne un lourd bagage qui représente un frein à son évolution positive.
Son implication active dans une thérapie peut certainement l’aider et le faire cheminer. [ 11 ] Les recommandations répondent à l’intérêt de l’adolescent. [ 12 ] POUR CES MOTIFS, LE TRIBUNAL: [ 13 ] ACCUEILLE la requête; [ 14 ] RÉVISE l’ordonnance rendue le 4 novembre 2013 par la Juge Sonia Rouleau; [ 15 ] DÉCLARE que la sécurité et le développement de l’adolescent sont toujours compromis; [ 16 ] ORDONNE pour une période de six mois, l’exécution des mesures suivantes : [ 17 ] QUE l’adolescent soit hébergé en centre de réadaptation; [ 18 ] QUE les contacts de l’adolescent avec son père soient supervisés par la Directrice de la protection de la jeunesse; [ 19 ] QUE les contacts de l’adolescent avec sa mère soient établis selon entente entre les parties, ou à défaut, à être déterminés par le Tribunal; [ 20 ] PREND ACTE de l’engagement de l’adolescent de poursuivre son suivi en psychologie et de suivre les recommandations formulées par le professionnel consulté; [ 21 ] QUE l’adolescent participe activement à un suivi en toxicomanie et suive les recommandations du professionnel consulté; [ 22 ] QU'une personne travaillant à la Direction des services sociaux et de santé pour le Conseil A apporte aide, conseils et assistance à l'adolescent et à ses parents au cours de cette période; [ 23 ] QUE l’adolescent et ses parents collaborent avec les intervenants sociaux au cours de cette période;
[ 24 ] CONFIE la situation de l'adolescent à la directrice de la protection de la jeunesse pour l'exécution de la présente ordonnance; [ 25 ] ORDONNE aux personnes visées par la présente ordonnance de s'y conformer. _________________________________ KATHY BEAUMONT, J.C.Q. Centre jeunesse Me Annie Desrosiers (adolescent) Me Marie-Hélène Tremblay-Désy (mère) Père Me Marc Harvey (DPJ) /mjb Date d’audience : 13 juin 2017
Loading document…