2012 QCCQ 8517, 2012 QCCQ 8517
Opinion
Protection de la jeunesse — 12770 2012 QCCQ 8517 JM2109 COUR DU QUÉBEC CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LOCALITÉ DE […] […] « Chambre de la Jeunesse » Nº : 405-41-002071-111 DATE : 13 février 2012 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE MARIE-JOSÉE MÉNARD, J.C.Q. ______________________________________________________________________ DANS LA SITUATION DE L’ADOLESCENT: X Né le […] 1996 et [INTERVENANT 1], personne dûment autorisée par la Directrice de la protection de la jeunesse des Centres jeunesse A et du Centre B, exerçant sa profession au […], à ville A, district A, […]
Partie requérante Et A , résidant au […], à ville A, district A, […] Et B , résidant au […], à ville A, district A, […] Les parents ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ [ 1 ] La Directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) demande, de façon amendée, l’examen de la situation de l’adolescent X, né le […] 1996 et âgé de 16 ans. [ 2 ] Elle allègue la présence de sérieux troubles de comportement liés à la consommation abusive de drogues et l’impulsivité de l’adolescent. [ 3 ] Le 11 octobre 2011, les parties signent une entente sur des mesures volontaires. [ 4 ] Le 29 décembre 2011, le juge Gilles Lafrenière, de façon provisoire, confie l’adolescent en centre de réadaptation. [ 5 ] Le 16 janvier 2012, le Tribunal maintient le statu quo. [ 6 ] À l’audience, les parents et l’adolescent sont présents, mais seul l’adolescent est représenté par avocate. [ 7 ] Toutes les parties sont en accord avec les mesures de protection suggérées par le Tribunal, à savoir confier l’adolescent en centre de réadaptation.
Situation de l’adolescent [ 8 ] La consommation abusive de drogues (marihuana et amphétamines) fait
partie du mode de vie de cet adolescent causant de nombreux impacts négatifs dans les différentes sphères de sa vie. [ 9 ] En juin 2011, les policiers ont dû amener l’adolescent à l’hôpital en raison de sa surconsommation de drogues et de sa
désorganisation violente dans le milieu familial. [ 10 ] En août 2011, l’adolescent est encore retrouvé par les policiers fortement intoxiqué aux stupéfiants. [ 11 ] Suite à ce second événement, les parents consentent au placement de leur fils en famille d’accueil. [ 12 ] En septembre 2011, l’adolescent participe à une thérapie fermée qu’il ne complète pas. [ 13 ] L’adolescent ne fait aucun suivi avec l’organisme A et refuse l’aide du CSSS et sa participation aux Narcotiques anonymes est avant tout cosmétique. [ 14 ] Bref, l’adolescent prend peu au sérieux sa dépendance aux drogues. [ 15 ] Après la signature de la mesure volontaire, X continue à faire la pluie et le beau temps dans le milieu familial et maintient sa consommation de drogues : - rencontre l’infirmière de la pédopsychiatrie en état de consommation; - quitte le domicile des parents avec un joint à l’oreille et se rend prendre l’autobus scolaire; - fait l’école buissonnière; - le 23 décembre 2011, il revient du travail en état de consommation et défie l’autorité de ses parents, ce qui nécessite une intervention policière. [ 16 ] Au plan académique, X est en échec et souhaite intégrer le marché du travail. [ 17 ] X ne réalise pas ses difficultés liées à sa consommation et vit avec la fausse impression qu’il peut arrêter de consommer facilement. [ 18 ] En centre de réadaptation, l’adolescent fonctionne bien.
Situation des parents [ 19 ] Les parents sont dépassés par les difficultés de leur fils et sont conscients qu’il a besoin de soutien pour régler sa dépendance à la drogue.
Mesures de protection [ 20 ] La récurrence et l’ampleur des difficultés de cet adolescent nous empêchent d’envisager son retour dans son milieu familial à court terme. [ 21 ] À ce stade-ci, le Tribunal conclut que l’adolescent n’a pas fait de réelle prise de conscience face à ses difficultés personnelles. [ 22 ] Ses propos et ses agirs sont avant tout pour se conformer tout simplement et ainsi reprendre ses bons vieux « patterns » où il mène sa vie sans se soucier des conséquences. [ 23 ] À l’audience, il exprime le souhait de changer de mode de vie.
Le Tribunal espère que ses actions seront en cohérence avec ses propos. [ 24 ] Le présent jugement complète et confirme chacune des observations faites séance tenante en présence des parents et de l’adolescent.
POUR TOUS CES MOTIFS, LE TRIBUNAL : [ 25 ] ACCUEILLE la requête amendée; [ 26 ] DÉCLARE la sécurité et le développement de l’adolescent X compromis; [ 27 ] ORDONNE l’hébergement de l’adolescent X en centre de réadaptation pour une période de quatre mois, soit jusqu’au 13 juin 2012 et AUTORISE l’hébergement de l’adolescent à L'Hébergement A si celui-ci en fait la demande; [ 28 ] ORONNE que les contacts entre les parents et l’adolescent X aient lieu selon entente entre les parties et, à défaut d’entente, le Tribunal les précisera à la demande de l’une ou l’autre des parties; [ 29 ] ORDONNE que l’adolescent X reçoive les soins et services de santé requis par son état, notamment un suivi en psychologie et en toxicomanie, s’il en fait la demande; [ 30 ] ORDONNE qu’une personne ou des personnes, oeuvrant au sein des Centres jeunesse A ou de tout autre établissement ou organisme, soient désignées pour apporter aide, conseils et assistance à l’adolescent X et à sa famille, et ce, pour une période d’une année, soit jusqu’au 13 février 2013; [ 31 ] CONFIE la situation de l’adolescent X à la Directrice de la protection de la jeunesse des Centres jeunesse A pour l’exécution de la présente ordonnance.
__________________________________ MARIE-JOSÉE MÉNARD, J.C.Q. M e Marie-Josée Rioux Avocate de la Directrice de la protection de la jeunesse A Mère non représentée B Père non représenté M e Catherine Brousseau Avocate de l’adolescent Date d’audience : 13 février 2012
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