2019 QCCS 5871, 2019 QCCS 5871
Opinion
Garceau c.
Collège Jésus-Marie de Sillery 2019 QCCS 5871 JL3207 COUR SUPÉRIEURE CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE QUÉBEC N°: 200-17-025916-172 DATE : 23 décembre 2019 ______________________________________________________________________ SOUS LA PRÉSIDENCE DE : L’HONORABLE MICHÈLE LACROIX, j.c.s. ______________________________________________________________________ MIREILLE GARCEAU, domiciliée et résidant au [...], Québec, district de Québec, [...] et LISA GIRARD, domiciliée et résidant au [...], Québec, district de Québec, [...] et MICHEL GARCEAU, domicilié et résidant au [...], Québec, district de Québec, [...] Demandeurs c.
COLLÈGE JÉSUS-MARIE DE SILLERY, ayant sa place d’affaires au 2047, chemin Saint-Louis, Québec, district de Québec, G1T 1P3 défendeur ______________________________________________________________________ JUGEMENT ______________________________________________________________________ 1- INTRODUCTION [ 1 ] Les demandeurs recherchent compensation pour des dommages causés des suites d’un accident subi par Mireille Garceau le 6 mai 2014 alors qu’elle participe à un cours d’éducation physique donné par une enseignante du défendeur, Collège Jésus-Marie de Sillery, [Collège Jésus-Marie]. 2- LES PARTIES [ 2 ] Au moment des événements, Mireille Garceau est étudiante au Collège Jésus-Marie. [ 3 ] Lisa Girard et Michel Garceau sont les parents de Mireille Garceau. [ 4 ] Collège Jésus-Marie est l’établissement d’enseignement de Mireille Garceau. 3- LES FAITS [ 5 ] Mireille Garceau est née le [...] 1998. [ 6 ] De 2004 à 2008, Mireille Garceau fréquente une école primaire de langue anglaise, l’École St-Vincent. [ 7 ] Dès le primaire, Mireille Garceau éprouve des difficultés d’apprentissage scolaire. [ 8 ] Dès son jeune âge, Mireille Garceau est ambitieuse, déterminée et travaillante. [ 9 ] En 2007, Mireille Garceau reçoit un diagnostic d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, [Tdah]. [ 10 ] L’extrait suivant est cité dans le rapport d’évaluation neuropsychologique du Dr Jacques Lussier, psychologue, neuropsychologue : [1] • Rapport d’évaluation neuropsychologique (2007-12-06) / Pierre Carpentier, M.Ps. :
Faiblesse marquée au niveau de l’acquisition des connaissances, du raisonnement par mots et de tous les aspects des mémoires immédiates auditives et de l’attention auditive. Vitesse de traitement de l’information supérieure à la moyenne. Niveau élevé de distractibilité, impulsivité et légère agitation. Mise en évidence de commissions à un niveau anormal et épuisement rapide du niveau de contrôle attentionnel. Donc, installation d’un déficit attentionnel important au plan auditif et modérément important au plan visuel, accompagné d’une légère hyperactivité. Difficultés de décodage en lecture et transposition phonème-graphème en écriture.
Malgré ses efforts, Mireille semble s’épuiser rapidement au niveau attentionnel, devient alors impulsive et commet des erreurs tout en devenant de moins en moins apte à intégrer les informations verbales et donc les connaissances qui lui sont transmises. [ 11 ] En 2008, dans le but de lui faciliter, entre autres, l’apprentissage de la langue française, ses parents décident d’un changement d’école. Ils sont également d’avis qu’elle pourra profiter d’un meilleur encadrement. De concert avec les autorités, ils décident de lui faire reprendre sa quatrième année.
Dès son entrée, et annuellement, elle bénéficiera d’un plan d’intervention. [ 12 ] Suite à une consultation médicale en 2008, Mireille Garceau reçoit une prescription psychostimulante, médication qui sera longtemps maintenue. [2] [ 13 ] Appuyée sans relâche par ses parents et personnes ressources, elle prend plus de temps pour exécuter tâches, travaux, leçons et devoirs. Sa volonté et sa persévérance l’aident à franchir les obstacles. [ 14 ] Mireille Garceau est quotidiennement nourrie de la même ambition de réussite. [ 15 ] Pour l’année scolaire 2008-2009, elle est pensionnaire.
L’année suivante, ses parents déménagent à proximité de l’institution scolaire. Elle n‘est donc plus pensionnaire. [ 16 ] En 2009, elle est évaluée en orthophonie. L’évaluation conclut à une difficulté de décodage en lecture, à une mémoire auditivo- verbale pauvre, à une mémoire visuelle excellente et à un profil s’apparentant à de la dyslexie et de la dysorthographie. [3] [ 17 ] Pour l’aider dans ses difficultés d’apprentissage à l’école, des mesures adaptatives sont instaurées. [ 18 ] Encadrée, secondée et motivée, Mireille Garceau poursuit son primaire et son secondaire au Collège Jésus-Marie.
Elle maintient des résultats scolaires généralement satisfaisants. [ 19 ] Mireille Garceau est une jeune fille active. [ 20 ] Lisa Girard, militaire de carrière, privilégie des activités sportives tels entraînement et course, activités que mère-fille se plaisent à faire ensemble. [ 21 ] Voyages en famille, voyages éducatifs, activités familiales, sociales, parascolaires, culturelles et sportives font
partie de la vie de Mireille Garceau. La vie au chalet est également remplie d’activités de plein air. [ 22 ] Outre le diagnostic de Tdah avec lequel Mireille Garceau compose à tous les jours, la vie est belle et sans trop d’embûches pour cette jeune fille ambitieuse et déterminée. [ 23 ] Le 6 mai 2014, Mireille Garceau est étudiante en troisième année secondaire.
Elle participe à un cours d’éducation physique, en gymnase. [ 24 ] Pendant ce cours sont pratiquées trois disciplines d’athlétisme : - Saut en hauteur; - Lancer du disque; - Lancer du poids. [ 25 ] Entre 30 et 36 élèves participent à ce cours. [ 26 ] En 1992 , Carole Émond obtient un baccalauréat en éducation physique, (enseignements primaire et secondaire), de l’Université de Sherbrooke.
Elle suit un cours d’athlétisme pendant son baccalauréat. [ 27 ] Depuis 1992, Carole Émond est à l’emploi du Collège Jésus-Marie. [ 28 ] De 1992 à 1998, elle fait de la suppléance aux études et en éducation physique. [ 29 ] En 1998, elle obtient une tâche d’enseignante en éducation physique à 64%. [ 30 ] Depuis 2001-2002, elle occupe un poste à temps plein de 80% et, depuis plusieurs années, à 100%. [ 31 ] Depuis son arrivée au Collège, elle enseigne à tous les niveaux du primaire et du secondaire sauf la première année. [ 32 ] Pour l’année scolaire 2013-2014, elle enseigne entre autres au troisième secondaire dans lequel se retrouve Mireille Garceau. [ 33 ] Chaque professeur d’éducation physique a la charge d’élaborer son programme.
Les objectifs à rencontrer fixés par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, [le Ministère], varient régulièrement. [ 34 ] Depuis au moins 2009, elle enseigne l’athlétisme aux troisième et quatrième secondaires.
[ 35 ] L’athlétisme est donné après la relâche scolaire, à la troisième étape, pour permettre, si la météo est clémente, de poursuivre les derniers cours à l’extérieur. [ 36 ] Les élèves participent à deux périodes d’éducation physique d’une durée de 75 minutes (60 minutes d’exercice actif) dans un cycle de neuf jours. [ 37 ] Les deux premiers cours après la relâche sont de l’entraînement physique pour les élèves. [ 38 ] Le 6 mai 2014, les élèves participent à leur septième cours de l’étape, le cinquième cours d’athlétisme. [ 39 ] Carole Émond détermine seule l’emplacement des installations de chaque discipline dans le gymnase.
Elle utilise son gros bon sens comme norme de sécurité. [ 40 ] Aucun règlement, directive ou consigne de sécurité n’est écrit par le Collège. [ 41 ] Elle ne connaît pas un document écrit et publié par le Ministère intitulé « Les gymnases - la pratique sécuritaire des activités sportives en gymnase ».
Même si l’accident est survenu en mai 2014, le document publié en décembre 2014 lui est encore inconnu à ce jour. [4] [ 42 ] Elle ne connaît pas le règlement de sécurité de la Fédération québécoise d’athlétisme. [5] [ 43 ] Lors du premier cours d’athlétisme, Carole Émond regroupe les 30 ou 36 élèves autour de chaque installation pour les trois disciplines à être enseignées : saut en hauteur, lancer du disque et lancer du poids. La durée de la pratique de chaque discipline pendant la période est de 20 minutes.
Elle siffle pour signifier aux élèves le moment pour changer de discipline. [ 44 ] Elle donne les explications qu’elle estime nécessaires et appropriées pour la pratique de la discipline en question. Elle donne également les consignes qu’elle estime nécessaires et appropriées concernant la sécurité entourant la pratique de la discipline. [ 45 ] Ainsi, pour le saut en hauteur, elle explique les instructions pour la technique du saut dorsal ou en ciseaux.
Elle accomplit devant toutes les élèves chaque mouvement de la discipline. [ 46 ] Elle donne les consignes de sécurité, quoi faire ou ne pas faire, l’endroit où attendre et quand exécuter sa performance une à la fois. [ 47 ] Pour le lancer du disque, elle explique les instructions pour la technique de la discipline. Les bâtons au sol indiquent l’endroit où les élèves doivent se positionner, les pieds parallèles au bâton. Elle accomplit devant toutes les élèves les mouvements à exécuter lors du lancer, quoi faire ou ne pas faire. Elle indique aux élèves où se positionner pour l’attente.
Elles doivent rester à l’arrière de chaque élève qui doit lancer. Lorsque les quatre lancers sont faits, les quatre élèves qui ont lancé vont chercher le disque. Quatre autres en attente relancent et ainsi de suite. [ 48 ] Pour le lancer du poids, elle explique les instructions pour la technique de la discipline. Elle effectue les mouvements. Elle donne les consignes relativement au moment à exécuter le lancer, rester dans la ou les deux files d’attente, attendre que les deux élèves aient terminé le lancer et revenir avec le poids.
Elles s’installent donc à l’endroit indiqué et lancent à tour de rôle. [ 49 ] Carole Émond témoigne que le groupe d’élèves est un groupe normal. Mireille Garceau est une étudiante qui respecte les consignes. [ 50 ] Concernant les enseignements, la théorie et la pratique, Carole Émond ne répète pas les consignes à chaque cours. Elle le fait lorsqu’elle observe que les élèves en ont besoin ou qu’une ou plusieurs ne font pas les manœuvres correctement. [ 51 ] Elle est seule avec son groupe. Il n’y a pas d’autres surveillants.
Elle se déplace et fait le tour des stations. 3.1 LE GYMNASE (le 6 mai 2014) [ 52 ] Carole Émond précise la superficie utilisée du gymnase, fait la description du gymnase, de l’emplacement des trois disciplines d’athlétisme à l’aide d’un plan. [6] 3.1.1 Le plan D-17 [ 53 ] Carole Émond indique et note sur le plan différentes informations : • Toutes les activités ont lieu dans la
partie Gymnase A; • Gymnase A et Gymnase B sont séparés par un rideau; • Gymnase B est utilisé majoritairement par le primaire; • Trois disciplines d’athlétisme sont pratiquées en même temps : - saut en hauteur; - lancer du disque; - lancer du poids;
• Les trois disciplines d’athlétisme sont pratiquées à aire ouverte, rien ne les sépare; • Il n’y a pas de filet ou autre mesure de protection entre les activités; • La dimension du gymnase A, calculée pendant la semaine de son témoignage à la Cour, est : - 22 mètres de largeur, (à partir du rideau jusqu’au mur vers le lancer du poids) - 32 mètres de longueur, (à partir du mur de la salle de danse, de repos et autres, jusqu’au mur vers les portes de sortie); • La largeur des portes de sortie est de deux mètres; • Les 30 ou 36 élèves pratiquent les trois disciplines divisées en nombre égal par activité. 3.1.2 Les disciplines Saut en hauteur • Deux tapis épais sont disposés l’un par-dessus l’autre; • Des petits tapis sont disposés de chaque côté des tapis épais; • Tous les tapis touchent le mur du côté de la salle de danse, de repos et autres; • L’équipement pour le saut en hauteur, soit la barre transversale et ce qui la retient; • La superficie totale estimée utilisée pour cette discipline est de cinq mètres; • Deux files d’attente pour les élèves pratiquant, soit le saut dorsal ou en ciseaux; • Les élèves en attente peuvent également être dans le milieu des deux files d’attente.
Lancer du disque • L’installation est décalée de deux mètres du rideau pour ne pas qu’un lancer atteigne et frappe la porte de sortie; • Quatre aires de lancement; • Quatre bâtons indiquent l’endroit où les élèves doivent être en position pour le lancer du disque, pieds en parallèle au bâton; • Quatre disques pesant un kilogramme chacun; • Quatre élèves lancent le disque une à la suite de l’autre; • Deux ou trois élèves sont en attente en arrière de chaque élève qui lance; • 11 mètres maximum correspond à la distance entre le premier bâton du lancer du disque vers le mur du lancer du poids; • 16 mètres correspond à la distance entre le bâton et le mur vers les portes de sortie; • 16 mètres correspond au début de la deuxième série de terrains de badminton; • Le lancer du disque a lieu vers le mur du fond (portes de sortie); • La distance à atteindre est de 20 mètres, mais, selon Carole Émond, n’est pas atteinte par les élèves à l’intérieur; • Le regard des élèves est en direction du mur du fond (portes de sortie); • Distances entre chaque bâton et entre l’élève au lancer du disque et celle derrière qui attend : à ce sujet, Carole Émond donne des versions différentes.
Lors de son contre-interrogatoire elle témoigne ainsi : CONTRE-INTERROGATOIRE DE CAROLE ÉMOND 20 novembre 2019 10h46 Q. : Vous diriez combien de mètres? R. : Moi, je dirais 2 là.
Q. : 2 mètres, donc on s’éloigne de 2 mètres. Q. : Au niveau du lancer du poids, R. : Oui. Q. : Vous avez fait deux lignes, R. : Oui. Q. : La première file, les filles sont le long du mur? R. : Oui. Q. : La deuxième file, il y a quelle distance entre les deux files? R. : Il n’y a pas un mètre de distance. Q. : Mireille vous l’avez positionnée dans la file qui est plus proche du lancer du disque? R. : Oui.
Q. : Il y a quelle distance entre les Le Tribunal : Reprenez ça parce je vois de loin, mais Q. : Donc, madame a dessiné deux files pour le lancer du poids et elle a indiqué que Mireille était dans la ligne, la plus proche qui n’est pas celle du mur. Le Tribunal : Qui n’est pas celle du mur. R. : Exact, c’est ça. Le Tribunal : Est-ce que c’est inscrit Mireille? R. : Oui. Me Dubois : Oui, c’est écrit en jaune. Le Tribunal : D’accord. Q. : Et la distance qui sépare chacun des bâtons au niveau des filles? R. : Il n’y a pas un mètre. Q. : Un mètre entre chaque? R. : Non, il n’y a pas un mètre.
Q. : Il n’y a pas un mètre. R. : Moins un mètre. Q. : OK. Le Tribunal : Entre chaque lanceuse. R. : C’est ça. Le Tribunal : En fait, entre chaque bâton ou pour … R. : Entre chaque bâton. Le Tribunal :
Chaque bâton. Q. : Les filles qui attendent pour lancer le disque? R. : Sont derrière les bâtons. Q. : Derrière les bâtons et il y a quatre bâtons. R. : Oui, donc trois filles par bâton. Q. : Quatre filles qui lancent, puis les trois filles qui attendent leur tour. R. : Non, sont trois en tout. Q. : Sont trois, OK. Q. : Si on a un groupe de 36. R. : Oui, si on a un groupe de 36. Sont trois par bâton. Ça fait 12 pour l’atelier. Le Tribunal : Il n’y a pas quatre bâtons. R. : Il y a quatre bâtons, quatre bâtons. Le Tribunal : Mais trois pour lancer à chaque bâton. R. : Oui c’est ça.
Le Tribunal : L’une à la suite de l’autre en arrière de chaque bâton. R. : C’est ça. Q. : Et quelle est la distance qui sépare la fille qui lance de celle qui attend son tour derrière? R. : Au moins un mètre, pour pas qu’elle puisse la toucher en faisant son mouvement. Le Tribunal : Alors il n’y a pas un mètre entre chaque lanceuse? R. : Chaque bâton. Le Tribunal : Ou chaque bâton, puis il y a R. : Au moins un mètre entre la personne qui lance puis la personne qui attend. Faut pas qu’elles puissent se toucher en faisant le mouvement.
Q. : Puis est-ce que c’était respectée cette consigne-là d’être vraiment une en arrière de l’autre ou les filles se ramassaient un peu n’importe comment en arrière des bâtons? R. : Ça peut arriver. 10h49.20 • Lors de son interrogatoire au préalable de la part de la demande tenu le 21 mars 2018, Carole Émond répond ainsi aux questions posées sur le même sujet : INTERROGATOIRE AU PRÉALABLE DE CAROLE ÉMOND 21 mars 2018 Page 32, lignes 21 à 25 Q. : Il y a quelle distance entre chaque élève qui lance le disque? R. : Bien, si on a dix (10) mètres puis… deux.
Q. : Deux mètres entre chaque étudiante? R. : Oui. [ 54 ] Compte tenu de la superficie du gymnase et de l’installation du saut en hauteur, il est beaucoup plus probable que la distance soit d’un mètre entre la personne qui lance et la personne qui attend au lancer du disque.
Lancer du poids • Deux aires de lancement; • Deux files d’attente; • Le lancer du poids est vers le mur de la salle de danse; • La distance à atteindre est de 10 mètres et le mur n’est pas touché; • Mireille Garceau serait dans la file d’attente la plus près du lancer du disque; [7] • Il y aurait cinq ou six élèves dans chaque file; • Chaque élève tire à son tour; • Le regard des élèves est en direction du mur de la salle de danse. [ 55 ] Outre les distances et mesures, Mireille Garceau, Aude Bank Fortin, Samuelle-Jeanne Fortier et Léonie Couture donnent la même description du gymnase et de l’emplacement des trois disciplines d’athlétisme dans le gymnase que celle donnée par Carole Émond. 3.2 L’ÉVÉNEMENT DU 6 MAI 2014 [ 56 ] Ce jour-là, vers midi, Mireille Garceau attend son tour dans la première ou deuxième file d’attente au lancer du poids. [ 57 ] Toutes les élèves entendues témoignent que Carole Émond est à la station du saut en hauteur, de dos au lancer du disque et du poids.
Carole Émond admet sa position. Toutefois, elle ne se souvient pas si elle était en évaluation. Ceci implique qu’elle se déplace moins aux autres stations. [ 58 ] Léonie Couture [8] se souvient d’avoir été évaluée au saut en hauteur. Son souvenir est précis puisqu’elle n’avait pas eu une bonne note. [ 59 ] Samuelle-Jeanne Fortier [9] est au lancer du disque. Elle serait dans la deuxième plus rapprochée des files d’attente du lancer du disque dans la lignée de quatre élèves. Le but de l’exercice est de lancer le plus loin possible. Elle essaie de frapper le mur. Elle l’a déjà atteint.
Elle prend la position enseignée. Droitière, elle rate son lancer. Catégorique, elle témoigne ne pas avoir fait de tour sur elle- même. Le disque prend une mauvaise trajectoire et bifurque à gauche. Il atteint Mireille Garceau à la tête qui s’effondre. Les élèves se regroupent autour d’elle. [ 60 ] Aude Bank Fortin [10] est dans la file d’attente au lancer du poids. Elle reçoit le disque lancé par Samuelle-Jeanne Fortier sur le bras droit à son souvenir. Elle a mal mais elle réalise tout de suite que tout le monde est autour de Mireille Garceau accroupie par terre et s’y dirige. Elle ne consulte pas un médecin.
À son souvenir, elle n’aurait eu qu’une ecchymose. [ 61 ] En entendant les cris des élèves, Carole Émond va rejoindre le groupe. Elle voit Mireille Garceau couchée par terre sur le dos dans le rang. Elle est consciente mais sonnée. Elle la relève. Elle l’accompagne en marchant à la salle de repos. Elle assoit ou couche Mireille Garceau. Elle ne voit pas de sang. Elle demande à une élève d’aller chercher de la glace. Elle compose le numéro de téléphone des parents que Mireille Garceau lui donne. Cette dernière parle à sa mère. [ 62 ] Samuelle-Jeanne Fortier se rend à la salle de repos pour voir Mireille Garceau.
Elle la voit blême. Clairement, elle ne va pas bien. Carole Émond lui demande de sortir. [ 63 ] Au souvenir de Carole Émond, Mireille Garceau reste dans le local jusqu’à la fin de la période qui se termine à 12h45. Normalement, Carole Émond laisse une ou des élèves en compagnie de l’élève blessée. Elle n’a pas de souvenir particulier. Mireille Garceau quitte le local en compagnie d’élèves pour se rendre à la vie scolaire ou à la réception. Carole Émond la voit quitter le gymnase.
Elle témoigne qu’elle est toujours sonnée. [ 64 ] 45 minutes environ s’écoulent entre l’accident et le départ du gymnase de Mireille Garceau. [ 65 ] Mireille Garceau ne se sent pas bien. Elle est étourdie, a mal à la tête et a envie de vomir. Elle a de la difficulté à marcher. Elle marche avec l’aide de deux étudiantes du gymnase au secondaire. Le trajet est un peu long. Elles traversent le tunnel pour se rendre au local 005, à son souvenir. [ 66 ] Incapable de marcher plus longtemps, elle monte l’ascenseur en chaise roulante. Elle attend. Sa mère arrive.
Elles quittent en direction de l’hôpital le plus proche, le Centre hospitalier de l’Université Laval, [CHUL]. [ 67 ] Après le cours, pendant l’heure du dîner, Carole Émond remplit le rapport d’accident. [11] On y lit le nom de l’élève, le niveau
du secondaire, la date et le lieu de l’événement, l’heure que les parents ont été contactés: 12h00. L’heure de l’événement est approximative. La description de l’événement qu’elle écrit dans le rapport lui est rapportée par les élèves et se lit ainsi : « les élèves pratiquaient l’athlétisme. Une élève a lâché son disque trop tard ce qui l’a fait dévier de son trajet normal. » [ 68 ] Le rapport est signé par Carole Émond et une élève témoin de l’accident.
Ce rapport est donné à la direction du Collège. [ 69 ] Carole Émond ne parle pas aux parents de Mireille Garceau de l’événement. [ 70 ] Au moment de l’événement, Carole Émond n’a aucune formation sur les commotions cérébrales.
Il n’y a aucun protocole mis en place par le Collège sur les commotions cérébrales. [ 71 ] Entre 2009 et 2014, aucun événement de cette nature n’est survenu au Collège lors de la pratique de l’athlétisme. [ 72 ] Depuis l’année scolaire 2017-2018, un protocole doit être suivi pour évaluer si possibilité de commotion cérébrale. [12] [ 73 ] Depuis l’étape 3 de l’année scolaire 2017-2018, Carole Émond témoigne qu’il n’y a plus de lancer du disque à l’intérieur parce qu’il y a de plus en plus de garçons.
Ils tirent plus fort que les filles. 3.3 LE TRAUMATISME CRÂNIO-CÉRÉBRAL [Tcc léger] [ 74 ] Le Tcc léger n’est pas remis en question, ce sont les conséquences qui le sont et bien entendu, la responsabilité. [ 75 ] Le 6 mai 2014, Mireille Garceau est victime d’un Tcc léger.
Les critères diagnostics du Tcc léger sont rencontrés : absence de perte de conscience, altération de la conscience (abasourdie, élocution difficile, fatigue, ralentissement, confusion), tomodensitométrie TDM normale, échelle de Glascow GCS à 15. [13] [ 76 ] Au cours du premier mois, l’évolution de la symptomatologie post-commotionnelle est graduelle. [ 77 ] Les céphalées persistent. Elles sont invalidantes et partiellement contrôlées par la médication.
Les vertiges, étourdissements et fatigue mentale sont toujours présents. [ 78 ] L’attention de Mireille Garceau est variable en fonction de la fatigue et des céphalées. [14] [ 79 ] Mireille Garceau est référée et suivie au programme Tcc de l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec [IRDPQ]. Elle le sera jusqu’à sa majorité. 3.4 APRÈS LE 6 MAI 2014 [ 80 ] Mireille Garceau ne retournera pas à l’école pour la fin du secondaire 3.
Elle passera en secondaire 4 puisque ses résultats cumulés pendant l’année 2013-2014 étaient suffisants. [ 81 ] Mireille Garceau décrit sa vie avant le 6 mai 2014 et après le 6 mai 2014. [ 82 ] Avant, elle était souriante, positive, à l’écoute des autres, sportive, artistique.
Elle faisait de la peinture et arts plastiques, photographie, équitation, ski, ballet, piscine, course et entraînement, voyages en famille et scolaires, camps d’été, bénévolat. [ 83 ] Elle n’avait pas besoin de se reposer et n’avait pas mal à la tête. [ 84 ] Elle avait un trouble déficitaire de l’attention avec une dyslexie et dysorthographie. Elle bénéficie depuis le primaire d’un plan d’intervention scolaire et d’intervenants qui l’aident. [ 85 ] Elle a toujours vécu avec ces troubles. Ils font
partie de sa vie. Elle a su s’adapter et mettre les efforts en conséquence. [ 86 ] Depuis le 6 mai 2014, sa vie est bouleversée. Elle n’est plus la même. [ 87 ] Elle n’a pas perdu la persévérance qui la caractérise. Son désir de réussite au prix de grands efforts est toujours présent. [ 88 ] Elle a dû apprendre à vivre avec les symptômes et adapter sa vie en conséquence. [ 89 ] Avant elle ne prenait que du Biphentin pour sa concentration et elle réussissait. Tout était contrôlé. [ 90 ] Maintenant tout est plus difficile. Ses études sont toujours sa priorité.
Elle concentre toute son énergie et tous ses efforts à sa scolarité au sacrifice des autres sphères de sa vie. Elle bénéficie de mesures adaptatives supplémentaires. [ 91 ] L’été, elle a moins mal à la tête, bien que présent. Elle travaille l’été tout en ménageant son énergie. [ 92 ] À l’Université Laval, en génie civil, elle a moins de cours par session et devra prendre plus que les quatre années prévues pour l’obtention du baccalauréat. [ 93 ] Son travail c’est l’école. Elle va à ses cours et se repose.
C’est le choix qu’elle fait pour sa réussite scolaire. [ 94 ] Au retour de l’école, l’intensité des symptômes fluctuent : maux de tête, fatigue, étourdissement, vertige, irritabilité, nausée. [ 95 ] Elle vit avec une pression constante qui entoure son cerveau. [ 96 ] Au niveau de la concentration affectée par les maux de tête et fatigue, elle explique entendre les moindres petits sons. Avant,
les bruits ne la dérangeaient pas. Maintenant elle entend la lumière. [ 97 ] Elle craint pour le futur. Sera-t-elle capable de finir ses études. Elle n’a jamais baissé les bras. Elle demeure positive. [ 98 ] Ses parents l’aident beaucoup. Ils sont toujours là pour elle. [ 99 ] Elle a réussi ses cours de conduite et obtenu son permis de conduire après le mois de mai 2014. Même si elle peut conduire, ses parents la véhiculent à l’Université pour qu’elle puisse conserver son énergie pour les études. Elle a l’utilisation personnelle d’une automobile. [ 100 ] Lisa Girard décrit sa fille Mireille avant le 6 mai 2014.
Elle est une enfant fière, heureuse, persistante, travaillante, aimable, fait ce qu’il faut pour réussir à l’école. [ 101 ] Quand les parents se sont aperçus que Mireille avait des difficultés d’apprentissage, ils l’ont fait investiguer.
Avec les diagnostics de Tdah, dyslexie et dysorthographie, ils ont tout mis en place pour aider leur fille dans la poursuite de sa réussite scolaire. [ 102 ] Le changement d’école pour le Collège Jésus-Marie était dans le but de lui faciliter l’apprentissage de la langue française et pour un meilleur encadrement. [ 103 ] Elle considère important que les enfants suivent des cours en dehors de l’école. Elle a toujours intéressé Mireille à plusieurs activités culturelles, sportives, éducatives. Mireille a participé annuellement à des camps d’été ou des voyages éducatifs.
Le but des parents étaient de rendre Mireille autonome et indépendante. [ 104 ] Mireille est une enfant qui travaille plus. Elle n’avait pas besoin de lui dire de faire ses devoirs. Elle a toujours été sérieuse et ambitieuse. L’école a toujours été sa priorité. [ 105 ] En pleurs, Lisa Girard témoigne que l’accident du 6 mai 2014 a complètement changé la vie de Mireille et la vie de toute la famille. [ 106 ] En pleurs, Michel Garceau témoigne que l’accident du 6 mai 2014 a complètement changé la vie de Mireille et la vie de toute la famille.
Ils n’avaient pas besoin de cela. [ 107 ] Lisa Girard et Michel Garceau facilitent la vie de tous les jours de leur fille dans le but qu’elle conserve son énergie pour sa scolarité. [ 108 ] Léonie Couture , amie de Mireille Garceau depuis le début du secondaire, témoigne avoir remarqué des changements chez elle. Avant, elle voyait Mireille Garceau courir dans les corridors de l’école. Depuis l’accident, elle la voit prendre l’ascenseur. [ 109 ] Elle appelait chez elle sur l’heure du souper. Avant, elle n’était pas couchée. Après, on lui répondait qu’elle dormait.
Avant, elle était énergique, après, plus fatiguée et maussade. Elle se plaint souvent de maux de tête. Elle remarquait qu’elle pouvait être moins concentrée, être dans la lune. Elle connaît le regard puisqu’elle a elle-même un diagnostic de Tdah. Elle est étudiante au baccalauréat en sciences infirmières à l’UQAR, campus de Lévis. Elle est toujours amie avec Mireille Garceau. Elles font des sorties à l’occasion, aux restaurants, magasins, spas. [ 110 ] Gaëlle Fortier est enseignante au Collège Mérici. Elle a enseigné la littérature québécoise à Mireille Garceau à la session hiver 2018.
Elle la décrit comme une étudiante de bonne humeur, participative, soucieuse du travail bien fait, avec une volonté de réussir. Elle est au courant que Mireille Garceau bénéficiait d’un plan d’intervention. Elle témoigne qu’à la fin de la semaine, durant le cours du vendredi en après-midi, elle se souvient avoir remarqué que Mireille Garceau était plus fatiguée. Elle s’est déjà plainte de maux de tête. Elle baissait son niveau de lumière de son ordinateur. Elle lui a enseigné également quelques cours à l’hiver 2017. Elle est au courant qu’elle travaillait au Centre sportif du collège.
Mireille Garceau a une belle personnalité. Elle aimait s’impliquer dans la vie du collège. Mireille Garceau a complété toutes les lectures qui lui ont été données pendant les cours. [ 111 ] Alexis Belle-Isle est étudiant en troisième année à la Faculté de génie civil à l’Université Laval. À l’automne 2018, il connaît Mireille Garceau.
Ils sont en couple depuis mars 2019. [ 112 ] Il la décrit comme une personne souriante, avec une belle énergie, un rayon de soleil, un peu timide. [ 113 ] En mars 2019, ils font un voyage en voiture à New York, accompagnés de leur sœur respective. [ 114 ] Il a compris pourquoi les sœurs faisaient
partie du voyage. Mireille Garceau avait demandé à sa sœur de l’accompagner pour avoir du soutien au cas où elle se sentirait fatiguée. [ 115 ] Rendus à New-York, il raconte qu’ils sont allés faire une grande marche. Ils sont revenus en taxi parce que Mireille ne pouvait plus continuer. [ 116 ] Elle s’est couchée en arrivant. Elle avait des maux de tête et des nausées. Elle voulait sortir avec eux le soir mais était très fatiguée.
Elle est sortie tout de même. [ 117 ] Mireille est très déterminée, toujours prête, mais elle ne peut tout faire. [ 118 ] Il explique que l’objectif de Mireille Garceau est d’atteindre son objectif en dépensant le moins d’énergie. [ 119 ] Il l’aide du mieux qu’il peut en lui faisant sauver son énergie. Il la reconduit et étudie avec elle. [ 120 ] Elle vit en fonction de dépenser le moins d’énergie possible pour accomplir ce qu’elle a à accomplir.
[ 121 ] Il décrit les trois phases de la journée de Mireille Garceau. Il est avec elle cinq à six jours par semaine. La première phase est le réveil. Elle a mal à la tête. Elle prend le temps de se lever. Elle peut prendre Tylenol. La deuxième phase est avant ou après le souper, elle se retire, elle a besoin de repos. La troisième phase est le coucher. Elle ne doit pas dépasser le stade de la fatigue sinon elle a des nausées et étourdissements. Si le sommeil de la nuit n’est pas réparateur, sa journée sera plus difficile. Avant de se lever le matin, elle s’assoit dans son lit pour éviter des étourdissements.
Les changements de position peuvent l’étourdir. Elle peut saigner du nez. [ 122 ] Chaque seconde est importante pour étudier pour Mireille Garceau. Fatiguée, une tâche simple devient compliquée. [ 123 ] Ils font des activités qui ne sont pas exigeantes au niveau physique. [ 124 ] À l’été 2019, elle travaille pour la compagnie Englobe. Elle l’appelait souvent pendant ses pauses.
Elle lui disait qu’elle s’assoyait sur sa glacière pour se reposer. [ 125 ] Deux kilomètres est la plus longue marche qu’il a faite avec Mireille. [ 126 ] En voyage cet été en Gaspésie pendant trois jours, il a vu une Mireille souriante, sans stress, libérée et en pause de tout. [ 127 ] Il ne connaît pas l’avenir et ignore s’il sera en mesure de lui apporter l’aide dont elle aura besoin. 3.5 LES CONSULTATIONS DE MIREILLE GARCEAU EN LIEN AVEC LE Tcc LÉGER 6 mai 2014 [15] Triage 13h45 : première rencontre médicale.
Notes infirmières : patiente a reçu un disque d’athlétisme avec chute au sol mais pas de perte de conscience. Symptômes : Céphalée, fatigue, étourdie, nausées, vertiges aux changements de position, ralentie.
Nauséeuse +++, pâle, orientée x3, ralentie, élocution difficile. 15h09 : mieux colorée, nausée résolue, discours plus fluide, Tcc bonne évolution. 16h00 : alerte, pas de céphalée. 20h00 : céphalée latente, désire quitter. 21 mai 2014 [16] Symptômes au moment de l’évaluation : fatigue, céphalée, étourdissements aux changements de position, dort plus. 23 mai 2014 [17] Consultation Dre Julie Lessard, pédiatre Symptômes : céphalées d’allures migraineuse incapacitantes++, fatigue, étourdissements, vertiges aux changements de position, photo/sono sensibilité. 26 mai 2014 [18] Physiothérapie Suivi en chiropraxie depuis jeune âge pour tensions au cou et engourdissement et froideur à la main à l’écriture.
Symptômes : maux de tête, étourdissements/vertiges, fatigue, nausées, sensibilité à la lumière, sensibilité au bruit, diplopie, diminution de l’équilibre, augmentation des oscillations posturales pouvant être attribuée à l’état post-commotionnel. Service social (document signé le 11 juillet 2014) Symptômes : fatigue, céphalées, étourdissements, irritabilité, dort plus.
Situation au moment de la référence Mireille est référée à notre équipe suite à un Tcc léger subi alors qu’elle était au gymnase dans le cadre du cours d’éducation physique. Elle discutait avec des amies lorsqu’elle a reçu un disque d’athlétisme à la tête lancé par une autre élève du groupe. Situation familiale, scolaire et sociale Mireille vit avec ses deux parents et sa sœur de 9 ans. Les deux parents sont à la retraite. La mère était dans l’armée. Actuellement elle s’occupe de la gestion des blocs appartements que possède le couple. Mireille fréquente le Collège Jésus-Marie en secondaire III.
La mère rapporte que sa fille réussit bien à l’école mais qu’elle doit travailler beaucoup. Elle a reçu un diagnostic de dyslexie en 5 e année et elle prend aussi du Biphentin depuis 3 ans pour traiter un TDA. Mireille a des amies à l’école mais elle ne les voit pas en dehors. Selon la mère, sa fille n’est pas une jeune de gang et elle est bien à la maison avec sa famille. Elle ne participe pas à des sports organisés, elle s’entraîne à la maison et fait un peu de course. Elle a commencé à faire du ski alpin ces dernières années.
Perception des parents concernant les difficultés que présente l’enfant La mère trouve que la récupération est lente. Mireille ne va pas à l’école depuis le Tcc et elle n’y retournera pas d’ici la fin de l’année scolaire. Compte tenu des résultats scolaires, le directeur a dispensé Mireille de ses examens de fin d’année ce qui lui enlève beaucoup de stress. Depuis qu’elle a rencontré le pédiatre de notre équipe et qu’elle lui a prescrit de l’Elavil la mère rapporte une amélioration. Les maux de tête ont diminué et elle dit commencer à retrouver sa fille ce qui la rassure beaucoup.
Elle demeure fatigable, est plus irritable et elle doit se reposer après le déjeuner sans toutefois dormir. Elle fait une sieste de 45-60 minutes en après-midi. La mère note qu’elle semble plus énergique en fin après-midi et début soirée. Elle fait très peu d’activités dans la journée : quelques minutes sur Facebook, un peu de télévision en après-midi et une petite marche chaque jour. Mireille doit partir à Hawaï à la mi-juillet pour un camp humanitaire de 18 jours. La mère espère qu’elle sera en mesure de faire le voyage.
La mère trouve que le professeur a été négligent de faire l’activité de tir du disque à l’intérieur du gymnase sans aucune mise en place de filet de sécurité. Elle a envisagé poursuivre l’école mais depuis que la condition de sa fille s’améliore, elle a mis cette option de côté. Relations familiales La mère rapporte que les relations familiales sont bonnes en particulier entre Mireille et son père. La mère ne rapporte pas de stress au niveau personnel et familial dans la dernière année. Elle décrit sa fille comme étant de tempérament joyeux, c’est une fonceuse et une travaillante.
Si elle a quelque chose à faire, il faut qu’elle le fasse et qu’elle le fasse bien. Elle peut travailler 4-5 heures par soir dans ses livres pour compenser sa dyslexie. Facteurs pouvant influencer la récupération Il n’y a pas de facteurs de stress au niveau familial qui pourrait interférer sur la récupération. La mère est encouragée par l’amélioration depuis que sa fille prend de l’Elavil. Elle dit voir la lumière au bout du tunnel. Cependant les traits perfectionnistes de la jeune fille seront à surveiller. Il n’y a pas de Tcc antérieur.
Interventions effectuées - Information-rassurance sur le Tcc léger; - Cueillette d’information sur le fonctionnement social.
Opinion professionnelle et recommandations Mireille a subi un Tcc léger il y a 3 semaines. Lors de notre première rencontre avec la mère celle-ci rapporte que sa fille est toujours fatigable, a des maux de tête et des étourdissements. Cependant avec la médication les maux de tête ont diminué et Mireille est plus en forme ce qui rassure grandement la mère. Comme Mireille semble bien répondre à la médication ceci devrait grandement aider à sa récupération. La mère comprend bien la récupération post-Tcc léger, ce qui devrait faciliter la gestion des activités quotidiennes.
Il n’y a pas de facteurs de stress au niveau familial. 28 mai 2014 [19] Symptômes : céphalées. 3 juin 2014 [20] Physiothérapie Symptômes : fatigue, étourdissements, céphalées. 10 juin 2014 [21] Physiothérapie Symptômes : céphalées (comme un fond en permanence), étourdissements. 17 juin 2014 [22] Symptômes : céphalées, étourdissements, fatigue à l’effort. Peu de symptômes résiduels, bonne réponse à l’Elavil, étourdissements pires le matin, probablement secondaires à l’Elavil, diminution de l’Elavil puis continuer sevrage au retour du Camp à Hawaï puis cesser, peut faire activités sportives selon sa tolérance.
Signature par la Dre Lessard d’un formulaire en anglais permettant le voyage à Hawaï. Conditions: post-concussional symptoms (headaches- dizziness- fatigue) symptoms had almost disappeared. Additional information for trip staff: she can do physical activity in respect of her tolerance. 2 juillet 2014 [23] Physiothérapie - Tcc léger Évaluation pour le retour au jeu. Cliente de 16 ans 2 mois, droitière, connue en physiothérapie depuis le 26 mai 2014. Vue en ce jour afin d’émettre les recommandations pour les activités à son camp Hawaï (15 juillet au 1 er août). Diagnostic/conditions associées
Tcc léger, dyslexie. Pratique sportive Jogging. Souhaite faire du surf à Hawaï. Évolution de la condition (des symptômes) Mireille note une amélioration de sa condition. Elle peut faire environ 3 km de jogging (vitesse plus lente qu’à l’habitude) sans symptôme. Lorsqu’elle a une céphalée, elle cesse l’activité. La céphalée disparaît avec le repos. Il lui est difficile de dire si elle a des étourdissements. Elle sent encore une douleur au cou lorsqu’elle tourne la tête. Symptômes actuels Céphalée à l’effort physique. Médication actuelle Elavil Biphentin Problèmes identifiés Équilibre à la limite de la normale.
Céphalées à l’effort (subjectif). Impression clinique Cliente qui présente une belle évolution chez qui il persiste un déficit d’équilibre et une céphalée à l’effort. Mirelle prend une médication pour céphalée. Donc amélioration mais non résolution du Tcc léger. L’endurance à l’effort est améliorée. Compte tenu que le rétablissement n’est pas complet, la prudence demeure recommandée et les activités de chute ou d’impact restreintes.
Plan de traitement Pas de recommandation pour la pratique du surf mais… Dans l’éventualité où Mireille n’aurait pas de symptôme en voyage, nous regardons la progression possible vers le surf en étapes…. Rappelons importance du repos/gestion de l’énergie. Interventions et recommandations Mireille est d’accord avec les recommandations et mentionne qu’il ne lui est pas nécessaire de faire du surf. [24] 8 juillet 2014 [25] Service social Notes Symptômes : maux de tête, fatigue.
2 septembre 2014 [26] Page 25 : Ce matin débutant école céphalées en rentrant et vision en tunnel. Pleure ce matin, en entrevue, découragée. Donc, céphalées persistantes et composante de rebond certaine. Clinique Dre Lessard : A sevré Elavil avant voyage à Hawaï. A pris Tylenol régulièrement depuis. Persistance de céphalées et difficultés de concentration. Est allée porter ses livres à l'école ce matin : s’est sentie mal, ne voyait plus rien, mère et fille attristées de la situation. Dre Lessard prescrit Elavil. Reprise de l’école selon tolérance sans éducation physique. Des moyens sont déjà en place vs dyslexie.
Discussion clinique avec travailleuse sociale (4 septembre 2014). 30 septembre 2014 [27] - ne prend plus ni Tylenol-Advil; - ne se sent pas bien comme avant; - tendue; - court 5 km par jour, un peu fatiguée ensuite, lui fait du bien; - persistance d’une fatigue cognitive et céphalées quasi constantes, mais n’a plus de céphalée rebond; moral atteint, croit que ça ne reviendra jamais.
Physiothérapie : Symptômes : fond de céphalées qui augmente à la troisième période de classe, étourdie, fatigue. 1 octobre 2014 [28] Note évolutive du 30 septembre 2019 Symptômes : fond de céphalées, fatigue, irritabilité, étourdissements. 15 octobre 2014 [29] Évaluation initiale neuropsychologique par Lynda Genois CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS Il s’agit d’une adolescente âgée de 16 ans qui a subi un Tcc léger le 6 mai 2014 (a reçu un disque de lancer à la tête à l’école). En pré- morbide, elle présente une dyslexie et un TDA (traité avec Biphentin).
Cinq mois post impact elle rapporte une amélioration de sa condition avec la reprise de l’Elavil. Elle rapporte surtout la présence de maux de tête et de la fatigabilité. Pour l’instant, les difficultés semblent s’inscrire dans une récupération post Tcc léger lente et elle devrait présenter une récupération au cours des prochains mois.
Afin de favoriser la récupération, il est recommandé : • Poursuivre la fréquentation scolaire à temps plein (avec l’exemption de l’éducation physique), les mesures d’adaptation à l’école et l’utilisation de stratégies d’études efficaces; • Poursuivre une bonne hygiène de vie; • Poursuivre une bonne gestion de l’énergie.
Physiothérapie : Symptômes : céphalées, fatigabilité. 4 novembre 2014 [30] - augmentation de Lyrica; - peu d’effet de l’augmentation de l’Elavil; - céphalées constantes 4/10; - difficultés scolaires de novo 65%; - sciences et mathématiques (avant 90%); - n’a plus l’impression d’être capable de suivre le rythme, moins d’énergie, moins de concentration, est très exigeante envers elle- même. 7 janvier 2015 [31] Notes d’évolution : Symptômes : céphalées, fatigue. 9 janvier 2015 [32] Modification Elavil. 15 janvier 2015 [33] Symptômes : céphalées, fatigabilité.
Biphentin 60 Lyrica 50 Elavil 30-35 13 mars 2015 [34] Pédiatrie : Céphalées après le diner 5-6/10 si grosse journée sinon 2/10 et si en congé 1/10
Biphentin 60 Lyrica 50-100 Elavil 35 6 avril 2015 [35] Triage : début 16h17 fin 16h19 (p.15).
Évaluation initiale du polytraumatisé (p.19-22) : Chute de sa hauteur; Douleur et plaintes spontanées tête et cou; Passé médical : Tcc suivi Dre Lessard; Évaluation primaire : 17h00; Examen neurologique primaire : - ouverture des yeux : spontanée; - réponse verbale : orientée; - réponse motrice : obéit; - pupilles droite et gauche normales; - impression diagnostique : trauma … cervical par traction, Tccl, …, stress, réaction aigue à trauma trivial? - observation : tableau s’améliorant spontanément +++; - évolution ou commentaires : 18h45 : va bcp mieux; 18h55 (p.23) : donc trauma mineur avec réaction stress aigue et amélioration spontanée+++; 20h15 (p.24) : va bien, n’a plus aucune douleur; observations neuro : a marché, s’est alimentée, très bon état général;…clinique Tcc… libérée. 14 avril 2015 [36] Évaluation initiale en kinésiologie : Analyse et commentaires : L’épreuve d’effort s’est bien déroulée. … Ses maux de tête ont diminué à l’effort à 5/10.
Le résultat place Mireille au 99 e percentile par rapport aux femmes de son groupe d’âge … ce qui démontre que sa condition physique est excellente…À la sortie du test elle présente des étourdissements, ce qui la faisait osciller. Elle nous semblait confuse. À noter qu’elle doit avertir son pharmacien qu’elle ne tolère pas le Naprocin et les médicaments de la même famille. Ces médicaments lui apportent des hallucinations nous rappelle Dr Robitaille. Symptômes : céphalées, fatigue physique et cognitive, étourdissements. 25 juin 2015 [37]
Symptômes : céphalées chroniques secondaires à Tcc, céphalées vont très bien, bien contrôlées. 30 juin 2015 [38] Évaluation finale en kinésiologie : Le test à l’effort s’est bien déroulé… Les céphalées ont augmenté en début de test pour atteindre un 3/10 a la 5 e minute et ils sont restés jusqu’à la fin. Les étourdissements ont également augmenté durant le test. Le résultat la place au 20 e percentile par rapport aux femmes de son groupe d’âge… Les étourdissements et la baisse de la TA à l’effort ont amené l’arrêt du test.
Nous observons une légère chute de pression en phase de récupération… Elle quitte l’IRDPQ avec des maux de tête de 2/10 et des étourdissements présents. Notes du Dre Robitaille : …étourdissement et baisse de la TA à l’effort demandant l’arrêt de l’effort, écho cardiaque demandée, diminution de la tolérance à l’effort par rapport au test précédent. Symptômes : céphalées, étourdissements, fatigue, trouble de concentration. Médication : Elavil, Lyrica, Biphentin. 27 août 2015 [39] Consultation en cardiologie pédiatrique : J’ai vu en consultation, Mireille, référée en raison d’un problème d’hypotension.
Cette jeune patiente a subi un traumatisme crânien, il y a maintenant 18 mois. Elle est donc en évaluation et en traitement depuis. Cette commotion cérébrale a transformé sa vie. Cette jeune patiente était très active, sportive, dynamique. Depuis, elle n’a plus d’énergie, elle ne peut pas faire d’exercices, car elle devient étourdie et elle se fatigue très rapidement. …Sa qualité de vie semble avoir été nettement modifiée depuis ce trauma crânien. Elle aimerait bien reprendre de l’activité physique et retrouver son énergie pour pouvoir poursuivre ses études éventuellement, en médecine.
Conclusion : Mireille présente naturellement, une évaluation cardiovasculaire normale, comme attendu. Son état est tout de même très modifié depuis sa commotion cérébrale avec un manque d’énergie, des symptômes d’hypotension orthostatique. Le tout possiblement secondaire à une dysautonomie reliée au traumatisme crânien. Elle peut aussi être légèrement ou modérément dépressive. 1 er septembre 2015 [40] Pédiatrie : A passé un bel été, a tout cessé ses médicaments en voyage. Céphalée occasionnelle pire le jour (école).
Pas de céphalée pendant son voyage en Italie malgré exercices, cours et alcool occas., peu de tolérance à l’effort, se sent fatiguée et faible. Dit qu’elle pourrait tomber dans les pommes, s’entraîne légèrement, marche, pas d’éducation physique. Moral bon. Sommeil bon. A projets de vie (Cégep, rentrer en médecine). Symptômes : Céphalées (mieux depuis l’été), fatigue, faible. Plan : cesser Biphentin Vyvanse Lyrica …
16 septembre 2015 [41] Détails de la consultation : …céphalée die, pire si doit se concentrer (école), Lyrica 50 mg et ne prend plus Elavil car aurait pris du poids; craint d’augmenter Lyrica car somnolence ++ et trouble de concentration malgré Biphentin; incapable de faire activité physique légère sans sxs post activité : étourdissement et grande fatigue, céphalée et aucune amélioration depuis un an selon patiente et mère…. Conclusion de la consultation : ..Céphalée sec. commotion cérébrale ant.; Commotion cérébrale évolution non favorable; Convenons de faire arrêt Biphentin : céphalée secondaire?
Revoir dans 2 semaines; Envisager essai au tricyclique qu’Elavil pour soigner céphalée (Aventyl, Desipramine); Mère avisée se dit en accord rv le 1 er octobre. 1 e octobre 2015 [42] Détails de la consultation : Avec mère N’a pas cessé Biphentin complètement, l’a diminué de moitié : affirme en avoir trop besoin pour réussir à l’école, prend très mal les échecs veut des bons résultats; Donc, Biphentin 30mg die, Elavil 10mg hs et Lyrica 50 mg hs; N’a pas noté diminution céphalée; Fatigue très grande après 1 journée d’école; Trouve que médication l’isole socialement.
Aurait tenté Vyvanse 1 sem. début sept. (rx par Dre Lessard IRPDQ). L’a cessé en 1 sem., trouvait que effet était trop long; Patiente pleure pendant entrevue : aimerait revenir comme avant, affirme ne pas pouvoir rien faire, se fatigue très vite, avoir céphalée et vertige si s’active le moindrement (marcher, escaliers).
Conclusion de la consultation : Discussion sur : impact dir. sur qualité vie vs effets secondaires, médication; Convenons que devons changer 1 chose à la fois si on diminue Biphentin pour augmenter sociabilité, on ne change pas rx dlr; Biphentin peut jouer sur céphalée; Patiente affirme d’abord vouloir contrôler douleur mieux possible, donc tenter Elavil 15 mg hs; Verrons conduite alors (augm. Lyrica, changer Elavil…?); Mère et patiente se disent en accord plan. 19 novembre 2015 [43]
Détails de consultation par inf. M. Gauthier-Gagnon : Avec mère 1) Suivi Tcc selon formulaire évaluation dlr, horaire dlr surtout fin journée, lors de jour d’école ou si beaucoup de devoirs; A eu 3 semaines de session d’examens, mère affirme qu’elle se demandait dans quel état elle allait retrouver sa fille, celle-ci était exténuée, en céphalée invalidante importante; A tout de même bien réussi; Si on refait hx des sxs avec Mireille, sxs semblent surtout être invalidants lors de période de stress. Conclusion de la consultation par inf. M.
Gauthier-Gagnon : Tcc : sxs relié niveau stress et travail intellectuel; Non acceptance de sa situation; Humeur triste colère; …. Discussion pour psychologue : 1) pour mieux gérer stress et donc diminuer apparition sxs; 2) travailler l’acceptation de sa nouvelle situation se dit ouverte… 26 novembre 2015 [44] Discussion entre infirmière et Dr Fallu : Conclusion de la consultation : ….
Appel fait à la mère : référence #1 = Cortex, prise en charge interdisciplinaire avec priorité neuropsy; Mère se dit en accord, aimerait quand-même tenter d’avoir RV neuropsy au CHUL : … Patiente a eu discussion avec orienteur de l’École : celui-ci lui a suggéré d’alléger son parcours scolaire en retirant de son cursus un cours non obligatoire à l’obtention de son diplôme : doit par contre avoir papier médical; Papier fait indiquant : allègement trajectoire scolaire sans impact pour obtention DES RE : trbl fonction cognitive sec.
Tcc; … Mère se dit très satisfaite du plan. 5 février 2016 [45] Notes d’évolution : Céphalées persistent dans le temps; Pas d’amélioration avec le temps malgré les essais de mdx tels que : Lyrica, Elavil et Naprosyn; À l’école, est exemptée de son cours d’anglais, d’éducation physique et autre cours; Prend actuellement Biphentin 60 mg et 0 autre mdx; … Dre Lessard réfère en neuroped au CHUL pour les maux de tête. Donc md prescrite, soit Lyrica 25 mg le matin et 50 mg hs avec Biphentin 60 mg le matin et ajout d’une dose de 10 mg le midi PRN.
Si Lyrica inefficace : sevrage graduel et débuter le Topamax. 10 février 2016 [46]
Céphalées persistent malgré Lyrica et mère dit que Mireille ne veut pas essayer le Topamax car Dre Lessard lui aurait dit qu’elle perdrait se cheveux; Elle accepte que Dre Lessard la réfère en neuroped même si elle aurait préféré que Mireille soit vue à l’HEJ en clinique des céphalées. 22 février 2016 [47] Consultation neurologique Dre Myriam Pétrin, neurologue Transcrit le 23 février 2016 … Impression Il s’agit donc d’une jeune fille de 17 ans qui présente des symptômes post-commotionnels résiduels tels que des céphalées de type tensionnel mal contrôlées avec la médication actuelle.
L’examen neurologique est normal ainsi que l’Imagerie faite. La suite du Tcc. Les céphalées sont mieux contrôlées lors des périodes estivales où elle a un repos cognitif. Je trouve toutefois étonnant qu’elle performe à un aussi grand niveau dans une école privée alors qu’elle ne fonctionne pas du tout dans les autres composantes de sa vie. Nous avons longuement discuté. Il y a très peu d’alternatives possibles mis à
part les traitements préventifs pharmacologiques. Elle a déjà tenté plusieurs médicaments. Elle n’est pas très enthousiaste au traitement pharmacologique à cause des effets secondaires. Le prochain essai pourrait être le Topamax tel que suggéré par son médecin. Les effets secondaires lui ont été expliqués tels que perte de poids, engourdissement et ralentissement cognitif. Je lui ai suggéré que si elle devait essayer un nouveau traitement que ceci pourrait se faire lors de la période estivale après la fin des examens afin d’éviter les mauvaises performances scolaires ainsi que les effets secondaires.
Il y a peu d’autres alternatives possibles. On a discuté également du fait qu’à chaque période estivale, ses céphalées sont nettement réduites. Il faudrait évaluer si un congé scolaire d’une session collégiale pourrait être bénéfique chez elle afin de prendre le dessus sur ses maux de tête. Toutefois, il n’y a aucune garantie qu’ils se résolvent malgré tout. Je lui ai également recommandé de prendre des Tylenol moins de 15 jours par mois pour éviter une céphalée de surconsommation surajoutée.
Il y a peut-être les infiltrations de cortisone dans la région du nerf d’Arnold qui pourraient être tentées, lesquelles sont parfois utilisées lorsque les céphalées sont réfractaires à toute médication. 25 juillet 2016 [48] Questionnaire santé : Raison de la consultation : commotion cérébrale. … Avez-vous subi des chirurgies dans le passé ? Oui, augmentation mammaire (il y a 3 semaines p-20). … Prenez-vous présentement des médicaments? Non.
Avez-vous souffert ou souffrez-vous de : Oui : étourdissements, hépatite, maux de tête maux d’oreille/mâchoire. 3 août 2016 [49] Ostéopathie : Symptômes immédiats (accident) : mal de tête, étourdie, équilibre, vision floue, nausée; Symptômes actuels: céphalées, étourdissements, vision floue : lunettes avec prisme; concentration, mémoire, irritable, déprimée.
12 août, 25 août, 15 septembre, 29 septembre, 13 octobre, 12 décembre 2016 [50] Consultation pour évaluation symptômes : étourdissements aux changements de position, céphalées. 11 août, 14 août, 17 août, 24 août, 7 septembre, 28 septembre, 12 octobre, 26 octobre, 7 novembre, 27 novembre, 7 décembre, 12 décembre, 21 décembre 2017, 15 janvier, 1 er février, 15 février, 22 février 2018 [51] Symptômes : maux de tête, fatigue, étourdissements/vertiges, augmentation de la douleur avec études, diminution de la douleur avec repos, nausées. 12 septembre, 26 septembre, octobre 2017 [52] Symptômes : maux de tête, vertiges, concentration.
Antécédents : dents sagesse, tubes oreilles, chute ski 2 ans. 12 janvier, 7 février, 8 février, 15 février, 17 février 2018 [53] Symptômes : maux de tête, étourdissements, anxiété.
Février 2019 à septembre 2019 [54] Symptômes : maux de tête, nausées, vertiges, fatigue concentration; Constatations objectives mensuelles voir au dossier. 3.6 CHEMINEMENT SCOLAIRE [ 128 ] Dès la quatrième année du primaire, Mireille Garceau bénéficie d’un plan d’intervention pour le Tdah et la dyslexie. [55] [ 129 ] Suite à l’événement du 6 mai 2014, sur le plan du cheminement académique, Mireille Garceau complète ses études secondaires avec un allègement de son horaire.
Elle bénéficie également de mesures supplémentaires adaptatives, soit le tiers de temps supplémentaire pour compléter ses examens, accès à un local isolé et accès à un ordinateur pour les examens et les travaux (avec logiciel de correction du français en secondaires 4 et 5). [56] [ 130 ] Au niveau collégial, elle bénéfice d’accommodations pendant ses études (50% de temps additionnel aux examens, accès à un local où règne la tranquillité pour la passation des examens, accès à un ordinateur portable avec logiciels de correction du français). [ 131 ] Mireille Garceau a d’abord entrepris des études en sciences de la nature.
Elle obtient un DEC sans mention compte tenu qu’il lui manque deux cours en sciences de la nature. Elle a allégé ses sessions puisque la charge de travail était trop grande pour elle. [57] [ 132 ] À l’automne 2018, Mireille Garceau débute un baccalauréat en génie civil à l’Université Laval. Elle prévoit prendre une plus longue période que celle prévue de quatre ans pour compléter son baccalauréat. [58] 3.7 RÉSULTATS SCOLAIRES [ 133 ] Mireille Garceau, non sans effort, a des résultats scolaires satisfaisants. [59] 4.
LES RAPPORTS D’EXPERTISE 4.1 Dr JACQUES LUSSIER, D.Psy., NEUROPSYCHOLOGUE [60] Rapport daté du 7 octobre 2016
[ 134 ] Le mandat consiste à déterminer les séquelles permanentes attribuables à l’accident du 6 mai 2014 et de déterminer, le cas échéant, les limitations fonctionnelles et les besoins futurs au niveau des études et du travail. [ 135 ] L’expertise est réalisée le 24 septembre 2016. Mireille Garceau est alors âgée de 17 ans. [ 136 ] La période d’évaluation dure trois heures environ. [ 137 ] Dr Jacques Lussier énumère les documents consultés par ordre chronologique. La période s’échelonne de 2007 jusqu’à la date de la rencontre.
Il énumère également les questionnaires et tests administrés. [ 138 ] Il résume ainsi la condition actuelle et présentation en entrevue de Mireille Garceau (pages 8 et 9) : Mireille a terminé son secondaire V en horaire réduit car elle présentait des signes d’épuisement en fin d’année. Elle croit que cela a aidé à sa réussite. Elle rapporte un été 2016 difficile avec céphalées persistantes en raison de séances d’entraînement cérébral suivi à la clinique APEXK. Les traitements auraient été cessés en raison de l’importance des céphalées. Elle consulte actuellement en ostéopathie.
Elle en est à sa première session collégiale en science nature au collège Mérici et poursuit toujours l’objectif de compléter des études en médecine. Actuellement, elle se donne un horaire strict d’étude. Elle rapporte étudier 4 à 5 heures tous les soirs et également les fins de semaine afin de suivre le rythme. Elle rapporte toujours des céphalées persistantes secondaires à l’effort cognitif de même que de la fatigue mentale. Elle rapporte des étourdissements, des pertes d’équilibre à la marche (dit se sentir comme sur un bateau) de même que des engourdissements à l’hémicorps droit.
Le niveau d’attention varierait proportionnellement en fonction de la fatigue et des céphalées. Mireille présente généralement une bonne collaboration en entrevue. Il n’y a pas de fatigabilité franche à l’examen mais elle se plaint régulièrement de maux de têtes ou de leur amplification au fil de la rencontre. Afin d’organiser sa pensée, Mireille réfléchit tout haut en cours de tâches. Elle coupe parfois la parole et termine les consignes à notre place. Elle démontre de l’agitation aux tâches visuelles lorsque la consigne demande de procéder le plus rapidement possible.
Elle est distractible aux stimuli externes et présente des sursauts occasionnels.
Lors de la passation des questionnaires la lecture est peu fluide et la compréhension limitée. [ 139 ] Dr Lussier traite des fonctions intellectuelles de Mireille Garceau : il écrit en page 10 du rapport : Le profil intellectuel obtenu converge étroitement avec celui décrit à l’évaluation neuropsychologique de 2007 : • L’Indice de Compréhension verbale est au niveau de la moyenne inférieure – 12 e rang centile. • L’Indice de Raisonnement perceptuel est dans la moyenne – 52 e rang centile. • L’Indice de Mémoire de travail est extrêmement faible – 2 e rang centile. • L’Indice de Vitesse de traitement est supérieur à la moyenne – 94 e rang centile.
Nous retrouvons donc un profil compatible avec un déficit attentionnel auditivo-verbal significatif et dont l’impact sur les apprentissages est mesurable plus spécifiquement sous modalité verbale – faiblesses de toutes les dimensions évaluées soit, le niveau de langage oral, l’expression et l’organisation des idées, la capacité d’abstraction et de généralisation ainsi que l’intégration des connaissances. Il est relevé en plus de très faibles résultats en calcul mental. Mireille fait répéter systématiquement l’information afin de l’intégrer en mémoire de travail et de procéder.
Elle utilise ses doigts comme support visuel au calcul. Qualitativement, elle démontre une habileté limitée en mathématique pour son âge. Il n’y a pas de ralentissement au niveau du traitement des informations tel qu’il aurait pu être attendu en fonction d’une atteinte cérébrale acquise (TCCL). Au contraire, cette dimension du fonctionnement apparaît surinvestie. Au plan normatif, Mireille démontre ainsi des habiletés de coordination visuo-motrice et de recherche et balayage visuels de niveau supérieur. Au plan qualitatif, elle démontre des indices d’impulsivité ainsi que de l’agitation.
Un tel profil, faiblesse attentionnelle marquée / rapidité du traitement de l’information / impulsivité, est typique du trouble déficitaire de l’attention / hyperactivité.
Par ailleurs, les difficultés sous modalité verbale semblent quant à elles représentatives des difficultés d’apprentissage de Mireille. [ 140 ] Quant à la vitesse de traitement de Mireille Garceau, il écrit en page 11 qu’« Il n’y a pas évidence de trouble visuel primaire à l’examen neuropsychologique . » [ 141 ] Au dernier paragraphe de cette section, il écrit : Par ailleurs, le croisement des résultats obtenus au CPT-II et au test d’attention sélective de Ruff rend compte chez Mireille d’une plus grande capacité d’autorégulation de ses performances lorsque la pression est diminuée et que le sentiment de contrôle sur les conditions de réalisation de la tâche est augmenté.
Ainsi, au CPT-II, le rythme de travail est imposé par l’ordinateur. Au test d’attention sélective de Ruff, bien que la consigne soit d’aller le plus rapidement possible tout en minimisant les erreurs, le rythme de traitement demeure sous contrôle de la répondante. [ 142 ] Il constate que les fonctions attentionnelles auditivo-verbale et visuelle sont déficitaires. [ 143 ] En pages 12 et 13, il traite des fonctions exécutives , fonctions mnésiques et capacités d’apprentissage et écrit : Fonctions exécutives
Tel qu’objectivité antérieurement, les aspects non verbaux du raisonnement ressortent comme une force relative pour Mireille. L’organisation / planification en tâche visuelle est adéquate. L’habileté visuo-constructive est satisfaisante. La capacité de résolution de problème se situe dans la norme. Par ailleurs, elle apparaît sensible à l’interférence au plan attentionnel, elle démontre de la distractibilité, de l’impulsivité ainsi qu’une difficulté d’autorégulation de ses performances.
Finalement, elle présente des comportements hors-tâches – procède à voix haute afin de structurer sa pensée – phénomène évocateur d’un manque de ressource au plan exécutif. Fonctions mnésiques et capacités d’apprentissage La tâche d’apprentissage verbal confirme des difficultés importantes en mémoire auditive court-terme. La capacité globale d’apprentissage est également clairement déficitaire en fonction de la norme. C’est le processus d’encodage de l’information qui semble responsable des contreperformances, problématique typique de difficultés attentionnelles.
En cours d’apprentissage, il est noté une faible autorégulation des performances, des intrusions ainsi qu’une faible mobilisation aux stratégies d’apprentissage. En reconnaissance, la capacité à discriminer l’information source des distracteurs apparaît faible. Par ailleurs, bien que Mireille performe à un niveau moindre, l’information apprise est tout de même maintenue à long terme. La mémoire visuelle est fonctionnelle et se situe à la limite de la normale pour l’âge.
Toutefois, la tâche de copie de la figure complexe rend compte de la présence d’impulsivité, d’une vitesse de traitement rapide et qui semble peu fonctionnelle au détriment du souci du détail. L’intégration et le rappel de l’information se trouvent ainsi limités par le niveau superficiel de l’encodage. Humeur et affect Mireille se révèle émotive à quelques reprises en entrevue et rapporte une atteinte à son image personnelle. Elle se dit plus irritable et se sent fragilisée au plan adaptatif par la symptomatologie persistante. Elle rapporte de l’anxiété de performance.
Au IASTA, Mireille rapporte une anxiété de trait significative par rapport à la norme. Au BDI-II, Mireille rapporte un niveau de symptomatologie compatible avec un état dépressif sévère. C’est la dimension somatique-affective qui est la composante principale : perte d’énergie, modifications de l’appétit, fatigue, perte de plaisir, agitation, indécision et irritabilité. Mireille rapporte également des difficultés de concentration, une attitude très critique envers elle-même ainsi que des sentiments de culpabilité.
Des idéations suicidaires sont présentes à un stade embryonnaire, sans réel désir de passage à l’acte. [ 144 ] À la
section discussion , il écrit en pages 14 et 15 : Les résultats de la présente évaluation convergent étroitement avec ceux obtenus en 2007 et mettent clairement en évidence les impacts du TDA/H et des difficultés d’apprentissage sur la performance. Mireille a été évaluée sans médication psychostimulante.
L’évaluation met en lumière de très faible capacité attentionnelle auditivo-verbale, des déficits de l’attention sélective sous modalité visuelle, une faible attention soutenue, un déficit important en mémoire de travail, de l’impulsivité, une faible autorégulation des performances et une capacité d’encodage en mémoire verbale déficitaire. L’évaluation permet également de relever des indicateurs de difficultés d’apprentissage. Rappelons que tous ces éléments avaient été objectivés à l’évaluation de 2007.
Par ailleurs, il est rapporté à l’historique que Mireille investissait déjà 4 à 5 heures par soir dans ses études avant l’accident pour compenser sa dyslexie.
Aussi, en ce qui a trait à la fatigabilité cognitive, l’évaluation de 2007 concluait que Mireille semble s’épuiser rapidement au niveau attentionnel, elle devient alors impulsive et commet des erreurs tout en devenant de moins en moins apte à intégrer les informations verbales et donc les connaissances qui lui sont transmises . [ 145 ] Ses conclusions et recommandations se lisent ainsi : Le TDA/H et la dyslexie/dysorthographie, le TCCL survenu le 6 mai 2014 et les maux de têtes quotidiens et autres symptômes persistants, la médication (susceptible de causer de la fatigabilité et des difficultés de concentration ou par effet rebond des céphalées réfractaires), les standards élevés et attentes de Mireille et de son milieu en regard de sa performance scolaire, le surinvestissement dans les études et l’épuisement consécutif, les difficultés adaptatives, le faible sentiment d’efficacité personnelle, l’altération significative de l’humeur et la réactivité au stress, tous ces éléments contribuent de façon probable aux difficultés rapportées et sont à même d’être responsables, en
partie du moins, de l’installation, de l’exacerbation ou de la persistance de la symptomatologie et des difficultés fonctionnelles dans le temps. La problématique actuelle apparaît multifactorielle et déborde du cadre de la neuropsychologie. Tel que discuté précédemment, les difficultés cognitives objectivées ici étaient présentes également à l’évaluation de 2007.
Par ailleurs, les difficultés adaptatives, l’altération significative de l’humeur et la réactivité au stress, les céphalées et le syndrome visuel post-commotionnel suspecté sont des éléments qui sont de façon probable associés à l’événement du 6 mai 2014 et qui devraient être revus en spécialité médicale au moment de leur consolidation : • de nouveaux essais thérapeutiques sont en cours en physiothérapie, ostéopathie et orthoptique et la cliente est référée pour investigation en ORL; • l’impact de la médication sur la condition est en investigation et des ajustements demeurent à être complétés au niveau du TDA/H et du contrôle des céphalées; • un état anxio-dépressif semble manifeste et non traité actuellement tant au plan pharmacologique que psychothérapeutique.
Le pronostic de réussite au programme scolaire actuel est peu favorable sans le contrôle pharmacologique du TDA/H et la résorption des maux de tête et autres symptômes physiques. Mireille présente des troubles d’apprentissage de longue date et a cheminé jusqu’à présent dans ce qui semble un programme compréhensif de sa situation. Il est probable que le cheminement au CEGEP sera beaucoup plus exigeant pour elle. Actuellement, elle se retrouve donc à haut risque d’épuisement et d’échec.
Nous recommandons qu’elle soit étroitement accompagnée au scolaire par le bureau d’aide aux études de son institution et qu’elle soit référée pour suivi psychologique afin, le cas échéant, d’amorcer
le processus de deuil et d’acceptation de sa situation. Nous croyons finalement que l’ajustement pharmacologique devrait être revu à la lumière des présents résultats et tenir compte également, selon l’avis médical, de la condition affective de la cliente.
Le témoignage du Dr Lussier [ 146 ] Le Tcc est une perturbation de la fonction physiologique normale du cerveau causée par une impulsion transmise à la tête directement au cerveau par un choc. [ 147 ] Les symptômes se retrouvent généralement sous trois sphères : - Sphère physique : céphalées, nausées, vomissements, fatigue; - Sphère vestibulaire : perte d’équilibre, vertiges; - Sphère cognitive : élocution au niveau du langage, attention. [ 148 ] L’attention est la fonction la plus fragile du cerveau. [ 149 ] Il y a trois catégories de Tcc : léger, modéré et grave. [ 150 ] Au départ, les symptômes les plus présents pour le Tcc léger sont au niveau de la sphère physique.
Selon l’évolution, des symptômes peuvent apparaître dans le cours du développement de la condition. [ 151 ] Mireille Garceau présente des fragilités préaccidentelles importantes sur les plans neurologique et neuropsychologique : - Trouble déficitaire de l’attention TDA; - Hyperactivité; - Trouble du langage modérément sévère au niveau réceptif et expressif diagnostiqué en orthophonie; - Dyslexie; - Dysorthographie. [ 152 ] Sur le plan psychologique, Mireille Garceau est une personne perfectionniste de nature qui présente des éléments anxieux avant l’événement. [ 153 ] Au niveau de l’événement, les données confirment un Tcc léger.
Les symptômes sont présents : céphalées, étourdissements, vertiges, fatigabilité, difficulté attentionnelle, fatigue cognitive. [ 154 ] Sur le plan évolutif, une anxiété de performance se développe et de la dépression.
Le 24 septembre 2016, Dr Lussier évalue son niveau de dépression à sévère avec présence d’idéations suicidaires à un niveau embryonnaire. [ 155 ] Plusieurs facteurs contributifs expliquent la persistance des symptômes chez Mireille Garceau : - Persistance des céphalées lors d’efforts cognitifs; - Présence de vertiges et de fatigue lors d’efforts cognitifs soutenus. [ 156 ] Au moment de l’évaluation par le Dr Lussier, la situation de Mireille Garceau n’est pas consolidée.
Il reste plusieurs traitements en cours à venir : physiothérapie, ostéopathie, orthoptique, otorhinolaryngologie, ajustements de médication. [61] [ 157 ] Selon le Dr Lussier, il est clair et certain que la présence d’une fatigabilité cognitive accrue et de céphalées est attribuable au Tcc léger. [ 158 ] En ce qui concerne l’attention, la fonction la plus fragile du cerveau, en présence de céphalées, de fatigue cognitive, il est certain qu’il y aura des altérations au niveau de la capacité attentionnelle à porter un effort cognitif soutenu.
Pour Mireille Garceau, le Tcc léger a exacerbé ces symptômes préexistants. [ 159 ] Lors de l’évaluation, Mireille Garceau s’est plainte de céphalées, de fatigue. Elle a pris du Tylenol. Il se souvient qu’elle lui a mentionné en prendre huit par jour lorsque l’effort cognitif est plus soutenu. [ 160 ] Il considère que la prise en charge est bonne.
Elle a participé à beaucoup de traitements : physiothérapie, ostéopathie, acupuncture, orthoptique, visite à la clinique APEXK, ajustements de médication, suivi à la clinique de Tcc léger de l’IRPDQ, neuropsychologue, travailleur social et après son évaluation, elle a consulté à l’Université Laval, en psychologie. [ 161 ] Une symptomatologie persistante comme dans le cas de Mireille Garceau s’explique par le retour à l’école lors des efforts cognitifs. La résorption des symptômes pendant l’été est normale puisque l’effort cognitif n’est pas sollicité.
L’augmentation des symptômes est logique avec les efforts cognitifs soutenus. [ 162 ] Les céphalées sont toujours présentes en bruit de fond, mais moins intenses pendant l’été alors que l’effort cognitif n’est pas sollicité. [ 163 ] La fatigabilité, l’étourdissement, les céphalées, les nausées, les vertiges n’étaient pas présents avant le Tcc.
[ 164 ] Le Tcc subi a exacerbé les problèmes préexistants de Mireille Garceau principalement au niveau attentionnel. [ 165 ] L’exacerbation des problèmes existant peut entraîner des difficultés à poursuivre un cheminement de manière normale. Mireille Garceau recevait déjà des mesures adaptatives mises en place à l’école. S’il y a exacerbation au niveau de l’étude, des mesures supplémentaires doivent être mises en place.
Mireille Garceau doit fournir davantage d’efforts. [ 166 ] L’anxiété de Mireille Garceau, son style de personnalité, son ambition de réussir, sa façon de réagir, la conduisent à travailler davantage et à fournir plus d’efforts. [ 167 ] L’événement du 6 avril 2015 a été discuté avec Mireille Garceau et est bien documenté dans son dossier. [ 168 ] Mireille Garceau chute en ski d’une arbalète. Elle est tractée par le cou. Elle est transportée en ambulance. Elle est dans un état de stress aigu. Au dossier, on lit Tcc léger. Il y a, selon lui, plus un état de stress aigu.
Il lit au dossier médical, le même jour, qu’il y a résorption rapide et pas de difficulté fonctionnelle. Il n’y a aucun symptôme qui suit cet événement ou d’exacerbation de symptômes. On parle plus de récupération+++. [ 169 ] Le pronostic concernant Mireille Garceau est qu’elle demeurera toujours avec des difficultés fonctionnelles et devra toujours fournir davantage d’efforts.
Ses efforts seront entremêlés de symptomatologie persistante, céphalées, étourdissements, difficultés attentionnelles sur le plan cognitif. [ 170 ] Par rapport à sa qualité de vie, à son sentiment d’efficacité personnelle, il y a une atteinte permanente au niveau psychologique. [ 171 ] Au niveau professionnel, Mireille Garceau devra toujours fournir davantage d’efforts pour réussir. [ 172 ] Comme sa qualité de vie est considérablement atteinte. En réadaptation, le langage est de dire que ce n’est pas fonctionnel.
Il faut avoir un équilibre de vie autre que le travail. [ 173 ] À une question posée par le Tribunal, Dr Lussier répond : [62] Le Tribunal : Q. : Sans Tcc aurait-elle pu atteindre plus facilement ses objectifs? R. : Tout à fait. Parce qu’en raison de sa personnalité, du soutien qu’elle a aussi de son environnement, de son milieu. On sait en réadaptation que le soutien de la famille, le soutien des proches, c’est extrêmement important dans l’intégration sociale des personnes qui présentent un profil particulier. Moi, je pense qu’elle aurait réussi plus facilement. Encore là, c’est un cas d’exception.
C’est exceptionnel de voir à quel point Mireille réussit bien malgré les diagnostics qui ont déjà été posés et le Tcc léger, mais je pense que le mérite lui revient entièrement à elle, par les efforts qu’elle fournit et à son milieu qui est très soutenant. [ 174 ] Il est inexact qu’il n’a pas collecté des indices de collaboration plutôt que des tests de validité. [ 175 ] Il a procédé à la collecte de ce genre de données. [ 176 ] Il recense au moins onze endroits de convergences de données. [ 177 ] Quant à la simulation de la part de Mireille Garceau, il ne peut pas être d’accord avec cette affirmation par Dre Desrochers et Dr L’Espérance.
Il a l’impression qu’on cherche à la prendre en défaut sur quelque chose qui est inexistant. [ 178 ] Les mesures de validité administrées sont pour vérifier deux choses : y a-t-il fabrication de symptômes? Et, est ce qu’il y a une exagération de symptômes? [ 179 ] Les tests de validité administrés par Dre Desrochers vont tout à fait dans le sens contraire. [ 180 ] Six mesures vont dans un sens favorable à Mireille Garceau. Il est certain qu’on ne fait pas face ni à de la simulation ni à la distorsion de symptômes.
Selon lui, c’est une évidence. [ 181 ] La recherche de gains secondaires absolus est une façon de faire d’une autre époque. Sans être naïf, il faut surtout chercher à comprendre ce qui explique la persistance des symptômes. [ 182 ] La conversion est un diagnostic psychiatrique non présent avec le Tcc léger, s’il en est un. [ 183 ] La simulation de la part d’un individu va se traduire régulièrement par des problèmes de mémoire.
En ce qui concerne Mireille, il n’y a pas de difficulté importante. [ 184 ] Il a fait un test de choix forcés et il n’y a eu aucun problème. [ 185 ] En toute fin, il opine que le DAP de 10% quant à la détérioration du trouble d’attention lui apparaît raisonnable. 4.2 Dr ROBERT FILIATRAULT, MD FRCPC, NEUROLOGUE Rapport daté du 1 er octobre 2018 [63] Modifications apportées au rapport
[ 186 ] Dr Filiatrault apporte une modification à son rapport concernant l’incapacité présente chez Mireille Garceau détaillée ainsi : • Des céphalées post-trauma crânien sont présentes Page 343, table 13-18, classe 2 DAP 4% • Le DAP total est de 19% Mandat [ 187 ] Dr Filiatrault a pour mandat d’évaluer Mireille Garceau aux points de vue diagnostics neurologiques impliqués dans l’accident, évaluer sa condition médicale, de voir à la véracité des événements et de déterminer quels sont les degrés d’incapacités associées en fonction de barèmes reconnus. [ 188 ] Le rapport est daté du 1 er octobre 2018.
Les conclusions sont concomitantes avec la confection du rapport. [ 189 ] Le 9 août 2018, Dr Filiatrault rencontre Mireille Garceau. [ 190 ] Quelque temps après la rencontre et l’administration des tests, il consulte tous les documents énumérés dans le rapport. [ 191 ] Il écrit à la page 2 de son rapport : Avant l’accident, elle avait un trouble d’attention pour lequel elle a pris du Biphentin qui ne l’a pas vraiment aidée et qui était mal toléré. Après l’accident, elle a pris le Vyvanse, ce qui l’a aidée quelque peu et également s’est soumise à l’utilisation d’Elavil et Lyrica qui l’endormaient.
Aux antécédents personnels , elle a une dyslexie en plus de son trouble d’attention.
[…]
Loading document…